LES ANNÉES DE FORMATION (1883-1905)
Jean (Georges, Henri) Walter est né le 10 mai 1883 à midi au domicile de ses parents, rue des Jardins (ou Desjardins ?) à Montbéliard. Ainsi l’écrit, au lendemain du modeste événement, sur le registre d’état-civil, Charles Goguel, maire de la petite cité franc-comtoise. Le père du nouveau-né, Georges, 29 ans, est “entrepreneur de travaux publics”, et sa mère Amélie, née Weber, 23 ans, est dite “sans profession”. Les témoins venus accompagner le père de l’enfant (et celui-ci avec, puisqu’il a été, selon la coutume de l’époque, “présenté” à l’officier municipal) sont Charles Walter, 26 ans, très certainement un frère plus jeune, également “entrepreneur de travaux publics”, et Georges Walter, 68 ans, “propriétaire” - selon toute vraisemblance le grand-père du nouveau-né. Et c’est aussi loin qu’on peut aller sur ce moment idyllique qu’est la plupart du temps une naissance et les années qui ont suivi car, de l’enfance de Jean Walter, on ne sait strictement rien. Jamais il ne l’a évoquée. En particulier pas un mot ne nous est parvenu sur sa mère (une fois, cependant, il a publiquement dit (écrit, plutôt) : “mes parents”). À propos de ses trois frères, de ces grands jeux qu’on pratique dans presque toutes les fratries : rien. Etaient-ils plus âgés, plus jeunes ? Lui-même était-il un puîné, le cadet, le benjamin ? On ne sait. Seulement apprendra-t-on, de façon incidente, que deux d’entre eux, Pierre et Georges,ont été tués pendant la guerre de 14-18... On aurait sans doute pu en savoir davantage, mais comment faire pour tout vérifier ? Il faut donc faire alors un saut d’environ treize ans. Ecolier studieux, Jean Walter ? Plausible. Par nature ou sans doute parce que le père est sévère (risquons la brève de comptoir : en bon protestant...) Il est entré en 6ème au collège Cuvier de Montbéliard, où il a, selon la plupart des versions, étudié jusqu’à la fin de son cursus secondaire (selon une autre, il aurait terminé au lycée de Besançon). La seule certitude est que le système scolaire républicain, laïc, obligatoire et gratuit, qui lui permettra tout de même d’accéder à l’École spéciale des Beaux-Arts – ne soulève pas en lui l’enthousiasme, on y reviendra. 1