Nomad'us 10

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ens » Bulletin d’inform n « Les Nomades Algéri

ation ~ Numéro 10 | Décem

bre 2015

ALGÉRIENS » S E D A M O N S LE « D N QUA LGÉRIENS3 A S E D A M O N S E D T N E Page RENCONTR Par Issam BEKHTI RÉHABILITONS ET CONSTRUISONS NOTRE HISTOIRE

Par Amina HADJI La statue de La Liberté s a été constr uite par de en ns français, les américai sont très fiers. Les maures ont bâti la rté Alhambra, elle fait la fie ls. no ag des esp Pourtant, souvent nous ger portons un regard étran ué lég été a us sur ce qui no s nte ére diff les durant es. ial on col s période s Si on ne considère pa l ura ect hit arc le patrimoine me com ial on et urbain col ile étant algérien, il sera fac s no s sou r ite ffr s’e r de le laisse yeu x. , Au nord comme au sud uit str con ns ce que nous avo avons comme ce que nous notre est er ilit ab hérité, réh iter bil ha Ré , ité bil responsa c’est reconstr uire. ssé, Réhabiliter notre pa nir, ave tre no mais aussi, bâtir des ur po uit str un fut ur con des ur po s pa n no personnes chiffres ou des profits. tà Bien bâtir sa vil le rev ien mieu x y viv re.

10ème

NUMÉRO ons nos lecteurs que les * Nous avis tenus dans le Nomad’us con ions opin leurs auteurs. que t gen nga e n’

ECTURE DU IT H C R ’A D N O Ç LE E N U : «KSAR D’AGHLAD ROUR » H A M I C A K N IE R E LG A 6 MA ALEM - ARCHITECTE li MAHROUR - Page Par Illi


Association «Les Nomades Algériens» - Nomad’us N°10

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RÉHABILITER... POURQUOI ?

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ran, tout comme quelques grandes villes du pays, a connu la succession de plusieurs civilisations : ottomane, espagnole et française. Ces civilisations lui ont légué un riche patrimoine qui est désigné par le terme « vieux bâti ».

L’image des architectes est encore aujourd’hui excessivement liée à la construction neuve. Or, la réhabilitation des bâtiments existants représente pour eux un enjeu à la fois économique, social, culturel et environnemental : il y a urgence à le prendre au sérieux.

LE MC ROAD FAIT DES SIENNES ! / MODESTIE QUAND TU NOUS TIENS ! Connue pour être la pâtisserie traditionnelle par excellence au Maghreb, je suis généralement préparé par vos grands-mères lors des fêtes religieuses telles que l’Aid el Fitr. Je suis certain que vous m’avez reconnue, il n’y en a pas dix d’aussi sucrées que moi. Eh oui ! C’est moi, ‫املقروض‬, connu aussi sous le nom de Mkirat ou de Magroud. Mais savez-vous réellement d’où je viens ? L’histoire est toute simple. Mes ancêtres ont vu le jour en Tunisie à Kairouan au IX e siècle, puis se sont décidés à voyager en bons nomades un peu partout au Maghreb et même au-delà. Figurez-vous que je suis même consommé à Malte grâce à la dynastie arabe des Aghlabides qui m’y ont emmené.

La réhabilitation est aujourd’hui en plein essor à Oran. La wilaya a bénéficié d’une enveloppe financière équivalente à (700+1500) millions de dinars pour faire face à la réhabilitation de 200 à 400 immeubles, dans le but de donner plus d’impact à cette opération.. Oran comptabilise quelque 54 000 constructions classées vieux bâti avec 10% estampillées « à détruire » et 27% classées orange nécessitant leur réhabilitation. A ce propos, un programme de 200 immeubles à rénover dans le centre-ville d’El Bahia est réparti à travers trois zones dans le vieil Oran, avec notamment 31 immeubles à Sidi El Houari, 49 au quartier Derb et 120 immeubles à travers le centre-ville. Par la suite, 400 autres immeubles recensés dans les vieux quartiers de Sidi El Houari et Derb seront pris en charge par les services techniques de l'OPGI (Office de Promotion et de Gestion Immobilière) dont l’expérience n’est

plus à prouver. L’OPGI a lancé l’opération de réhabilitation des 600 immeubles qui ont été confiés à des entreprises spécialisées. D’autres actions de requalification urbaine du patrimoine ancien ainsi que la mise en valeur des espaces sensibles sont en cours dans le centre-ville d’Oran. Dans notre manque d’architectes spécialisés dans le domaine , à jusque là poussé les autorités à recourir à des spécialistes étrangers, d’ailleurs les étudiants voulant se spécialiser dans la réhabilitation partaient conquérir ce savoir sous d’autres cieux, fort heureusement ce manque sera supplée grâce à la sortie de la première promotion d’architectes spécialistes en patrimoine en 2015; ces architectes aurons les aptitudes et qualifications requises afin de mener à bien les opérations de réhabilitation.

Si l’on parle de réhabilitation, il faut aussi évoquer la question des quartiers sensibles ou la dégradation des équipements et de l’habitat avec la relégation des résidents. La dimension culturelle du bâti dans ces quartiers est incontournable et les architectes constatent à quel point compte pour les habitants la reconnaissance d’un patrimoine dans leur quartier et l’urgence qu’il y a à le valoriser et souvent à le réhabiliter.

Si l’on prend au sérieux cette demande de réhabilitation dans ses multiples facettes, l’intervention des architectes est tout autant salutaire. Par Ikram KOHLI Batiment réalisé par l’architecte Fernand Pouillon - Photo par Mourad HAMDAN

QUAND « LES NOMADES ALGÉRIENS » RENCONTRENT DES NOMADES ALGÉRIENS N’avez-vous jamais pensé à faire l’Algérie d’est en ouest ? Certainement, oui. C’est passé dans la tête de chaque Algérien un jour quelque part. Moi, je voulais découvrir autre chose, un autre défi, une autre folie : l’Algérie du nordouest à l’extrême sud-est. Destination Djanet.

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l est très impressionnant d’ouvrir la carte du plus grand pays d’Afrique et de mettre un doigt sur Oran et un autre sur Djanet. 2600 kilomètres, un pays de long en large, en diagonale. Prendre son sac avec ses amis et que l’aventure commence ! En démarrant, il fallait bien se préparer à passer plus de 24 heures sur les routes. Première étape : OranAlger par train, assez confortable je l’avoue et dans une ambiance bonne enfant. On fait escale dans la capitale. Chacun passe la nuit de son côté chez de la famille ou des amis.

Depuis, je suis devenu la vedette des pâtisseries traditionnelles. Vêtu en hiver comme en été d’une tenue modeste à base de pâte de semoule et de blé dur, décoré par une autre pâte de dattes, d’amandes ou de figues, je reste fidèle à moi-même, toujours bien découpé, toujours bien frit et surtout toujours bien siroté.

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Je parie que vous avez l’eau à la bouche rien qu’à l’idée de m’imaginer ! Qu’attendez-vous pour transmettre ma recette aux autres générations ? Je tiens à rester éternel MOI ! Par Hayet KERRAS

Photo par Mourad HAMDAN

Le lendemain, le rendez-vous est pris à la gare routière de Kharrouba pour prendre le car de 10h à destination d’Illizi. Derniers achats, tout le

Photo par Mourad HAMDAN

il était furtif mais très reconnaissable avec ses grandes oreilles. Le chauffeur nous dit que c’est rare de pouvoir les voir parce qu’ils appréhendent de très monde est là, on monte et par curio- loin la présence des humains. Les sité je demande au chauffeur quand surprises ne font que commencer. est ce qu’on arrivera en principe, il me répond sans sourciller « Demain à C’est vers les coups de minuit que 13h », après un petit exercice mental, nous sommes finalement arrivés à j’ai compris que ce sera plus long que Djanet et ça nous faisait environ 36 long et c’était assez amusant de savoir heures de route en tout. Inutile de qu’on allait passer 27 heures dans vous dire que nous étions lessivés. un car tout en sachant qu’à la fin, il Dès qu’on a mis les pieds dans le faudra aussi prendre un autre trans- village, nous avions déjà trouvé une porteur pour faire les 405 kilomètres famille qui nous invitait à dîner. La qui relient Illizi à Djanet. On pensait femme qui nous accueillait venait tous qu’on allait s’ennuyer, mais fina- d’Oran et on lui rappelait bien sa lement avec l’ambiance à l’intérieur région. C’était très touchant, surdu véhicule, la musique et surtout les tout à cette heure si tardive de la différents types de paysages qu’on a nuit. Tout de suite après, direction parcouru, de la verdure au désert tout l’auberge de jeunes du village. en passant par le désert rocheux, on Bonne nuit. A demain. peut dire que c’était moins difficile que ce que l’on pensait. Le lendemain, chacun se réveille comme il peut. On a quarNous sommes arrivés à Illizi vers tier libre, une occasion de visiter les environs de 13h et le dernier car le village. Mon premier réflexe à destination de Djanet était parti a été d’aller au café principal vers midi. Le temps de manger dans de Djanet, histoire de se fondre un petit restaurant et de commencer dans la masse, même si j’étais à chercher un moyen de traverser le bien reconnaissable comme parc national Tassili N’Ajjer et de étant un touriste. Mais d’abord, relier l’oasis. Après plusieurs heures j’ai pris le temps d’admirer la de négociations, nous avons décidé vue depuis l’auberge de jeunes d’y aller avec des 4X4 aux alentours qui dominait tout le village de 17h. Ce qu’on ne savait pas, c’est depuis la falaise. Rapidement, qu’une grande partie de la route était je me suis retrouvé assis avec en chantier et nous avons dû suivre un Targui qui me parlait de un chemin bosselé et sinueux à petite la région puis de sa femme vitesse, ce qui nous a permis aussi qui accouchait à l’hôpital d’en d’admirer le décor lunaire au coucher face. Après un passage par le du soleil avec de la roche à perte de marché des Touaregs, avec vue, et là, on avait vraiment l’impres- des tenues propres à la région sion d’être sortis de la partie sablée du et une musique spécifique si désert et qu’on était en train de fran- variée, j’ai jeté un coup d’œil chir un nouveau rideau. Sur la route, à la maison de jeunes et j’y à la tombée de la nuit, nous avons pu ai vu des artistes pleins de surprendre sur le bas-côté un fennec,

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Finalement, le jour de la sortie au désert est venu. Nous rencontrons l’agence de tourisme de bon matin. Après une bonne heure d’inscription à l’office de protection des parcs nationaux qui nous a donné les autorisations pour accéder au parc national du Tassili N’Ajjer, nous sommes sortis pour 6 jours et 5 nuits faire le circuit nommé « La Tadrart ». La première station nommée Moul N’aga symbolisant l’immersion totale dans le circuit n’a été prévue que par 4X4 vu la distance qui sépare la station de la ville de Djanet et là, la vue était tellement belle, le lieu était tellement serein, le silence était tellement imposant qu’il aurait été insolent d’élever la voix. Une fois gagnés par l’euphorie de la nature, la réalité nous rattrape et on se met vite à faire nos tentes avant que la nuit ne tombe. L’équipe de Touaregs venue nous accompagner est réglée comme une horloge, même si le temps là-bas défile doucement. Chacun à sa mission, entre le cuisinier, l’aide cuisinier et quelqu’un pour allumer le feu et décharger les voitures. Il y’avait des ratios de nourriture et d’eau pour tout le groupe jusqu’à la fin du séjour. Ni plus, ni moins.

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Réveil le matin, soleil doux. On défait nos tentes, fait notre petite toilette matinale et on prend notre café. Le guide Cherif est déjà prêt pour la randonnée et nous attend patiemment. Une fois le café terminé, pas de place pour le bavardage, chacun prend son petit sac avec une bouteille d’eau et de quoi reprendre de l’énergie et un chèche ou un chapeau de quoi de se protéger des insolations car le soleil tape fort en milieu de journée. Nous marchons longuement dans un décor époustouflant, de temps en temps le guide nous fait des petits arrêts pour prendre quelques photos de certains endroits et aussi pour reprendre notre souffle un peu. Les 4X4 chargés passaient rapidement s’enquérir de nous puis partent vers le lieu prévu pour le déjeuner. Une fois arrivés sur

place, fatigués de toute une matinée de marche, on trouve un déjeuner bien servi au fin fond du désert et on commence à se rendre compte du luxe dans lequel on vit au quotidien sans s’en rendre compte. Après un bon déjeuner, c’est l’heure du thé. Le fameux thé en trois étapes préparé à la braise par Hadj Abdelkader. Quel honneur ! Être servi par un notable de la ville de Djanet venu nous accompagner. La cinquantaine, sourire ravageur, tenue blanche, chèche bleu azur, assis sur le sable à écouter la radio et à discuter un peu avec nous, d’une simplicité impressionnante, il dégage une classe que j’ai rarement vu. Peu à peu, la fatigue s’en prend de nous et chacun commence à prendre un matelas pour se reposer un peu. C’est l’heure de la sieste. Photo par Mourad HAMDAN

Photo par Mourad HAMDAN

Une bonne demi-heure plus tard, le temps est à la reprise de la marche. Toute une après-midi à explorer un désert aussi vide que riche. Il faut faire la différence entre voir et regarder. Le décor planté est tellement beau et imposant qu’on a l’impression d’être dans une carte postale à 360 degrés. Les mots ne suffisent pas. 17h, on arrive à notre point de bivouac, chacun plante sa tente puis va prendre son café de l’après-midi. Tout de suite après, on se retrouve autour du feu de camp avec les Touaregs et là, place à l’improvisation, à la discussion, aux jeux et aux blagues. Et ce n’est pas le sens de l’humour qui manque de ce côté du pays. Petit à petit, chacun s’efface à mesure que le feu baisse, c’est l’heure de dormir pour certains. Pour d’autres, l’heure est à la contemplation du ciel plein

d’étoiles. Toute la nuit. Comme une prière. Et chaque jour, c’est les mêmes sensations : la surprise de se réveiller dans un endroit magnifique, de marcher, de voir des peintures et des gravures rupestres datant de milliers d’années, de l’air frais et le souffle coupé par la beauté du paysage. Et au fil du temps, on commence à comprendre pourquoi le Tadrart a cette réputation d’être l’un des plus beaux déserts au monde. C’est ce mélange entre le sable jaune, rouge et noir avec la roche dans une même région. Cette roche taillée par les vents pendant des millénaires ayant créé des sculptures et des formes si évidentes pour notre imaginaire qu’on a l’impression d’être dans un musée à ciel ouvert. Cette expression n’a jamais eu autant de sens pour moi que lorsque je marchais dans cette région et que Chérif s’est arrêté d’un coup, s’est baissé vers le sol et ramassé un bout de poterie datant d’au moins 4 mille ans pour me le montrer. Afin de le préserver de la nature, on a marché quelques centaines de mètres et il l’a déposé sur une très grande pierre où il y’avait plein d’autres morceaux de poterie. « C’est un musée » me dit-il. Impressionnant comme concept ! Au fond, c’est un musée de 80 kilomètres carrés. La marche a eu raison de moi après plusieurs jours d’efforts, une tendinite m’oblige à fausser compagnie au groupe et à rester avec les Touaregs et là, c’était tout aussi enrichissant. Les voir aussi heureux d’être ensemble dans le désert, à décamper en dansant sur la musique targui blues après la sortie du groupe en randonnée. Chacun connait sa mission d’une manière très précise tout en apportant son aide à l’autre quand il le faut. Et le chef de l’agence de voyage, debout à observer timidement comme un patriarche, chuchote quelques recommandations qui sont exécutées sur le coup. Il n’y a pas d’ordres, mais une autorité morale et des regards complices. Quelle finesse ! Tout de suite après, c’est le départ vers notre prochain campement. Je suis à l’arrière du 4X4 conduit par Kader, grand et athlétique gaillard, très vif et souriant avec un état d’esprit méditerranéen, Ray-Ban, musique touareg à fond et paysages magnifiques tout au long du chemin. Nous dépassons le groupe en plein randonnée après avoir demandé s’ils ne manquaient de rien, puis nous

avançons petit à petit en groupe de véhicules et soudain, les chauffeurs se font des signes entre eux, se rapprochent et commencent à parler le tamasheq puis redémarrent et on a l’impression qu’ils font un détour quelque part. Quelques centaines de mètres après, on trouve une grosse branche d’un arbre mort de sècheresse. Il s’agissait de ça, tout de suite toute une logistique se met en place pour découper l’arbre en plusieurs troncs à la hache. Kader se blesse à la main avec un bout de bois, Youcef de son tempérament très sobre lui enlève la hache des mains et l’oblige à aller se soigner. La blessure n’à pas l’air d’inquiéter Kader. Une fois fait, on charge le bois. On aura de quoi se réchauffer pendant tout ce qui reste du séjour.

Photo par Mourad HAMDAN

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isiter une ville, c’est comme faire un voyage dans le temps, lire son histoire à travers ses sources d’eau, ses ruines et son architecture. En se promenant à Oran par exemple, partant du quartier de Sidi El Houari (construction ottomane et espagnole) jusqu’au centre-ville haussmannien (construction française), puis passant par la partie est de la ville (construction post-indépendance) et au-delà de l’état des constructions les plus anciennes qui tombent en ruine, nous pouvons constater que la dernière couche est la moins esthétique et la moins appropriée et pourtant, jamais l’Algérie n’a été aussi riche de son histoire. Le constat est que nous construisons depuis plus d’un demi-siècle des cités dortoirs, des ghettos et non des espaces de vie, mais plutôt de survie. On confond toujours le rezde-chaussée avec le premier étage. Les espaces dits « verts » sont plutôt

Photo par Mourad HAMDAN

Nous avons redémarré à destination de la plus grande dune de la région, Tin Marzouga. On est à l’endroit le plus reculé du sud-est algérien, à 20 kilomètres de la Libye et à 10 Kilomètres du Niger. On installe rapidement nos tentes et on va à la rude montée de la dune jusqu’en haut. Nous y parvenons à quelques minutes du coucher du soleil… et quel coucher de soleil! Des montagnes en roche à perte de vue et ce jaune doré qui devient orange puis rouge, puis disparait petit à petit, laissant le noir prendre leur place. Le lendemain, nous continuons l’aventure et nous sommes tellement sous le charme de la région et de son mode de vie que nous la troquerons bien avec le nôtre sans conditions,

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talent où le tamasheq est roi tout en restant ouvert au blues, au rap et aux différentes musiques et cultures algériennes. On se rend vraiment compte de la diversité de la population algérienne, cette diversité qui nous offre une si grande richesse.

mais hélas, chaque chose a une fin, notre séjour se termine. Nous avons parcouru plus de 60 kilomètres pour revenir à Djanet, le temps d’une douche et d’un saut au marché pour acheter quelques souvenirs. C’est le temps des au revoir. Demain très tôt, on démarrera pour 36 heures de route encore vers Oran. Le temps de se remettre émotionnellement de ce voyage. Tel un pèlerinage. Qui de nous va oublier Nadia, Hadj Baba, Cherif, Clay, Youcef, les deux Salah, Kader et Hadj Abdelkader ? Qui va oublier les 63 kilomètres de marche dans une nature si imposante ? Ce qui est sûr, c’est que quelque chose en nous a changé à Djanet. Par Issam BEKHTI

L’HABITAT ET LE VIVRE ENSEMBLE EN ALGÉRIE

pouvoir exprimer leur métier, loin de leur frustration de ne pouvoir bâtir leur pays, au lieu de se résiPar Issam BEKHTI gner à refaire du logement social ocres et poussiéreux, pas d’airs de qui est complètement antisocial. jeux entretenus pour les enfants, tout ce qui est espace commun est abanL’habitat n’est pas une donné à lui-même, souvent à cause question de chiffres, c’est une d’un voisin qui ne veut pas contribuer question trop sérieuse pour à payer les charges d’entretien ou être réduite à cela. C’est toute par manque d’engagement social des une histoire, un présent et des copropriétaires. Devons-nous leur en aspirations futures, une vision. vouloir ? L’art ne peut se dissocier de l’architecture et plus on réduit Des études ont démontré que sa part dans une bâtisse, moins l’habitat HLM en France a causé c’est habitable. Alors, complusieurs dégâts à moyen terme en ment pouvons-nous espérer matière d’échec scolaire, de délin- que la lumière pénètre et quance et actuellement, ils sont en illumine nos maisons et nos train de préparer leur destruction cœurs à partir de cubes en pour mieux faire. Ce qui est inquié- béton dont les fenêtres sont tant chez nous, c’est qu’on peut faire si étroites ? Et pourtant, on y plus adapté à notre société et pour croit. L’histoire retiendra que moins cher si l’on s’ouvre à la nou- les 54 premières années de velle vague d’architectes algériens l’Algérie indépendante, on a qui partent souvent à l’étranger pour si mal bâti.

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En parallèle, de nombreux travaux universitaires et recherches doctorales abordent la question de la « quête d’identité architecturale algérienne contemporaine » en questionnant l’héritage des architectures traditionnelles algériennes.

KSAR D’AGHLAD

Photo par Jawed ZENNAKI Photo par Jawed ZENNAKI

UNE LEÇON D’ARCHITECTURE DU MAALEM - ARCHITECTE ALGÉRIEN KACI MAHROUR lanches casbahs, médinas d’acceptation afin d’exister en contre- reliaient le Nord au Sud de l’Afrique à l’abri de hauts remparts, pouvoir aux stéréotypes architectu- subsaharienne. Leurs différents disterrasses où se languissent les raux qui réduisent l’architecture de positifs défensifs ont suscité l’intérêt femmes, oasis, souks et épices l’Afrique du Nord à des arcades et à des chercheurs quant à leurs origines enivrantes représentent pour beau- des coupoles. Souvent dans l’imagi- historiques, leurs modes de construccoup1 l’habiter en Afrique du Nord. naire collectif, dans le désert on vit tion et les coutumes des groupes sous une tente, non loin d’un palmier ethniques qui les créèrent4. Ces Seulement, l’architecture et et avec de la chance, tout près d’une ensembles architecturaux et urbains sahariens sont des composants du l’urbanisme de cette région ne oasis ! patrimoine historique algérien. Afin peuvent se réduire à ces images d’Epinal. Le patrimoine architecPourtant la réalité est toute autre de préserver et de promouvoir ces tural et urbain algérien, témoin aujourd’hui : le Sahara algérien lieux d’exception architecturale, de d’une histoire séculaire, demeure est bel et bien urbanisé. On peut nombreuses manifestations cultuméconnu et l’ingéniosité créative de remettre en question le type d’urba- relles, des colloques nationaux et ses maâlems2 reste à découvrir. Du nisation et l’architecture produite de internationaux et des démarches Sud au Nord de l’Algérie, l’héri- nos jours dans ses nouvelles villes, de classement sont fréquemment tage architectural urbain est riche mais le fait urbain y est une réalité organisés, notamment dans les secet varié, les habitations, en nombre indéniable. Malheureusement, la teurs de Taghit, de Tinerkouk et de important, sont représentatives de la notion d’urbanité inhérente au Sahara Tèmacine. Le projet « La route des dimension intrinsèque d’une identité depuis de nombreux siècles demeure ksour », initié par l’UNESCO et le culturelle urbaine vernaculaire. Elles méconnue. Dès que l’homme s’est PNUD en 2003 et soutenu par la fonidentifient des savoirs et des savoir- établi durablement dans ce territoire, dation des Déserts du Monde, a été faire, des modes de vie, des systèmes son habitat s’est formalisé en noyau l’un des premiers projets à remettre d’occupation et de gestion de l’espace et urbain : l’Aghem3. les ksour en réseau à l’échelle terripar là, un langage architectural propre toriale en réintroduisant la notion Les Aghems ou les ksour sont ces qui identifie l’art d’habiter en Algérie. Nous estimons que cette esthétique est imprenables forteresses érigées sur toujours en quête de reconnaissance et les grands parcours caravaniers qui

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de route, d’itinéraires et de chemins historiques. En outre, l’Etat algérien a mis en place un vaste programme de restauration de centres historiques des villes du Sud dans le but de sensibiliser la population d’une part, à leur patrimoine et d’autre part, à une meilleure exploitation touristique dans l’optique d’un développement durable5.

Dans ce contexte de réflexion, il nous semble pertinent de revenir sur la démarche de « projetation » architecturale qu’a entrepris l’architectemaâlem algérien Kaci MAHROUR (1944-2004) dans la conception de son œuvre manifeste : le projet de restauration d’une partie de l’aile extérieure du Ksar d’Aghlad Aghriben6. En tant qu’expert Patrimoine auprès de l’UNESCO et fin connaisseur des architectures du Sud algérien, Kaci MAHROUR révèle à travers ce projet de restauration la complexité conceptuelle que nécessite toute approche de sauvegarde du patrimoine architectural vernaculaire algérien. La revitalisation se distingue par sa réappropriation des échelles combinées du territoire et de la cité. Le proche et le lointain se mêlent dans l’éternité de chaque espace recréé. En Afrique du Nord, le mâalem7 est l’architecte incontesté du patrimoine bâti vernaculaire. Il est le détenteur des savoir-faire et des savoir-vivre inhérents à l’art de bâtir à travers ce territoire. En Algérie, le patrimoine architectural et urbain, témoin d’une histoire séculaire, demeure méconnu. C’est à la découverte de l’ingéniosité créative de ses maâlemin8, que l’architecte - urbaniste Kaci MAHROUR a consacré sa vie de théoricien et de praticien de l’art de bâtir en Afrique du Nord. L’originalité de son travail tient principalement de sa démarche « d’homme de terrain » où il a mis en place une analyse architecturale et urbaine fondée sur le travail de relevé systématique des espaces de vie, la connaissance topographique des lieux et l’étude de la morphogenèse des centres urbains historiques.

Photo par Jawed ZENNAKI

Nous vous invitons à une « leçon d’architecture » par la découverte de ce projet architectural de restauration d’une partie de l’aile extérieure du Ksar d’Aghlad Aghriben9. Ici, son approche projetationnelle illustre la complexité conceptuelle que nécessite impérativement la sauvegarde du patrimoine architectural algérien. En privilégiant une démarche de bonne gouvernance et avec un souci de développement durable, son approche associe la maîtrise des techniques constructives traditionnelles aux subtilités des espaces archétypiques de l’architecture savante du Sahara algérien.

Photo par Jawed ZENNAKI

Les travaux de l’architecte Kaci MAHROUR se distinguent par une approche pragmatique qui nous offre un regard nouveau axé sur l’inventivité du patrimoine algérien. Le projet de réhabilitation de l’aile extérieure du Ksar d’Aghlad Aghriben est représentatif de l’aboutissement d’une réflexion, développée pendant plus de trente années d’études et de recherches sur la morphogenèse et la question de l’habité dans les cités du

Sud algérien, à savoir les régions du Touat, du Gourara, du Tidikelt et du M’Zab. Son parcours à valeur initiatique, fait de patience et de passion, nous dévoile une dimension nouvelle de cet habitat, souvent en contrepied des interprétations formulées à ce jour. Afin d’appréhender la complexité de l’architecture vernaculaire algérienne et d’attester de l’urgence de sa sauvegarde, le ksar d’Aghlad a été choisi comme site pilote d’intervention pour une revitalisation après plusieurs enquêtes réalisées par l’architecte sur les ksour de la région comme ceux de Kali, Ouled Saïd (palmeraie), Ighzer et Hadj Guelmane10. Ce site a été considéré par Kaci MAHROUR comme le lieu le plus porteur de lisibilité car il fait partie d’un ensemble d’une grande unité paysagère et environnementale que l’on découvre brusquement au détour d’un virage de la route «goudronnée»11. C’est un ensemble de sept «Ighamawen»12 qui abritaient une population installée dans une dépression dans laquelle se trouve une grande palmeraie ensevelie par les sables. La bordure du Grand Erg occidental n’est pas étrangère à cet abandon des populations de leur habitat. On dénombre dans la région plusieurs unités d’habitats fortifiés abandonnées dont la lecture architecturale et archéologique est intéressante à plus d’un titre. Aghem Amokrane est le site d’intervention, car il se trouve sur un piton rocheux qui s’élève à une trentaine de mètres. Son aménagement spatial reflète encore tous les éléments de

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particulièrement à l’Ouest vers le grand «Aghem». Ainsi, la revitalisation de l’Aghem Amokrane n’Aghled du maâlemarchitecte Kaci MAHROUR en tant qu’œuvre architecturale et acte de bâtir selon un savoir-faire ancestral, vient donner forme à une architecture moderne consciente du pouvoir « projetationnel » des archétypes architecturaux gourari dans l’espoir de redonner vie aux architectures majestueuses du Par Illili MAHROUR désert algérien.

En référence aux stéréotypes occidentaux basés sur les images créées depuis les orientalistes et entretenues de nos jours par les agences de voyages et le tourisme de masse. 2 Maitre-maçon traditionnel détenteur des savoir-vivre et savoir-faire ancestraux. 3 Aghem : terme berbère désignant le noyau originel des villes sahariennes fortifiées de l’Afrique du Nord. 4 Notre travail de recherche en magistère nous a permis de revenir sur l’ensemble des travaux de classification et de typification des ksour mis en place par les différents historiens, géographes, sociologues et architectes afin de mettre en avant la complexité de cette architecture trop souvent marginalisée. Source : Illili MAHROUR, « Contribution à l’élaboration d’une typologie umranique des ksour du Gourara », Magistère EPAU d’Alger, mai 2008. 5 En référence aux travaux de restauration des centres historiques des villes algériennes à partir de l’enveloppe budgétaire émanant du prélèvement de « 1% des revenus du pétrole ». De même pour la création du centre Capterre : centre algérien du patrimoine culturel bâti en terre, dirigé par l’architecte algérienne Yasmine TERKI. 6 Ksar d’Aghlad Aghriben dans la Daïra de Timimoun, commune de Ouled Saïd , Wilaya d’Adrar. 7 Maitre-maçon traditionnel détenteur des savoir-vivre et savoir-faire ancestraux. 8 Pluriel de mâalem. 9 En tant qu’expert patrimoine auprès de l’UNESCO, Kaci MAHROUR a réalisé cette revitalisation dans le cadre du projet PNUD/ALGERIE 2000/04, dans la wilaya de Timimoun, commune de Ouled Said, wilaya d’Adrar. 10 Tous ces ksour se trouvent au nord de la ville de Timimoun et ont fait l’objet d’études menées par Kaci MAHROUR de 1988 à 2004. 11 Comme dans l’ensemble des villes africaines, l’arrivée du « goudron » est synonyme de désenclavement et de développement des villages les plus reculés dans l’espoir de combattre une grande misère. Il est vrai que l’aspect poétique des espaces désertiques du XIX siècle y perd de son charme, mais « rien n’arrête le progrès » ! 12 Ighamawen, pluriel d’Aghem, fortin en Zénète. 13 Cette configuration de ksar fait partie d’un ensemble typologique complexe que nous avons définit dans notre recherche architecturale : « Contribution à l’élaboration d’une typologie umranique des ksour du Gourara », Magistère EPAU d’Alger, mai 2008. 14 Ce genre d’établissement architectural nécessiterait un programme complexe de revitalisation et de réhabilitation au profit des populations locales d’une extrême pauvreté. 15 Les travaux de désensablement ont été en partie réalisés par les bénévoles de l’Association Touiza et les ouvriers de la région. 16 Mouloud MAMMERI, L’Ahellil du Gourara, Paris, éd.de la Maison des Sciences de l’Homme, 1985. 1

Photo par Jawed ZENNAKI

chacune des périodes historiques de sa croissance, à savoir un seuil unique avec un pont-levis, des murs remparts rehaussant l’aspect défensif du piton rocheux et des tours de garde situées au nord et au sud contrôlant l’entrée unique13. Pour recevoir le projet, le choix s’est porté sur la partie de l’aile extérieure du ksar qui est une petite éminence rocheuse éloignée du grand ensemble construit sur le piton rocheux.

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toujours surmontées d’aérations pour permettre l’évacuation de l’air chaud en été et une certaine ventilation même avec une porte fermée. Un escalier d’une seule volée relie la partie inférieure à la partie supérieure de l’édifice où se trouvent les toilettes traditionnelles modernisées et un troisième bureau qui s’ouvre sur le «stah». Celui-ci est architecturé par « une banquette » périphérique et une porte symbolique qui permet de profiter de la vue panoramique sur le Grand Erg Occidental et plus

plus grande envergure concernant le corps principal de l’Aghem situé sur le piton rocheux14. L’architecte a effectué un relevé systématique de cette éminence rocheuse et de ses ruines pour proposer l’aménagement des locaux en respect de la mémoire de l’occupation ancienne.

La proposition architecturale de Kaci MAHROUR résulte d’une synthèse typologique des espaces ksouriens émanant d’une connaissance fine du mode d’habiter gourari. Le projet permet une accessibilité aux locaux qui se trouvent au sommet de l’éminence rocheuse qui rappelle les espaces spécifiques aux constructions du Gourara. Ici, l’entrée symbolique est formalisée par un portique de maçonnerie de pierres locales, suivie d’un escalier qui mène à un Asseklou, un espace couvert ouvert servant d’accueil et une Rahba. Les chemins, les rues et les ruelles ont été désensablés15 pour permettre une déambulation aisée des visiteurs et une appréciation juste de la valeur des espaces architecturaux de cet ensemble. De même, les espaces intérieurs et extérieurs ont été projetés dans la perspective d’y accueillir l’ensemble des pratiques urbaines chères aux Gouraris et tout particulièrement l’Ahellil. Etudiés avec Photo par Jawed ZENNAKI minutie par M. MAMMERI depuis L’opération de revitalisation de cette les années 1980 et plus tard par R. partie de l’aile extérieure avec le pro- BELLIL, les cérémonies et chants gramme de l’ONG locale avait l’ambition sacrés de l’Ahellil16 ont été classés de devenir l’amorce d’une opération de patrimoine mondial immatériel par

l’Unesco en 2005. Dans les ksour du Gourara, cette musique publique se pratique dans les cours des maisons où les soirées durent jusqu’à l’aube. Pour ce faire, le projet accueillant les locaux d’une ONG, les espaces tels que l’Asseklou, la Rahba et la terrasse ont été architecturés de manière à accueillir les soirées d’Ahellil. Ainsi, le programme du projet architectural combine des éléments fonctionnels et des espaces structurant la réhabilitation. Le projet est constitué d’un portique d’entrée, d’un escalier menant à l’Asseklou qui est l’espace de repos à l’ombre, d’une Rahba pour exposition à l’extérieur, des locaux de l’ONG constitués de deux bureaux, d’un espace d’aisance, d’un escalier menant à un espace de rangement en étages et d’un accès à la terrasse qui permet d’apprécier les espaces environnants jusqu’à l’horizon. La construction a été envisagée par l’architecte Kaci MAHROUR dans le respect de l’architecture locale, caractérisée par une maçonnerie de pierre calcaire de couleur bleutée, jointoyée avec un mortier à base d’argile verte stabilisée à la chaux. Les planchers ont été réalisés avec des troncs de palmier et différentes couches de stipes de feuilles de palmier, d’argile stabilisée et de chaux permettant leur isolation et leur imperméabilisation. Les murs des différents espaces internes ont

Association «Les Nomades Algériens» - Nomad’us N°10

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reçu un enduit frotassé et certaines parties laissent apparaître la maçonnerie. La menuiserie a été réalisée en bois de palmier plaqué sur du bois rouge en référence aux anciennes techniques de fabrication des portes. Les fenêtres, les portes et certaines parties des murs sont entourées d’un liseré de décorations géométriques spécifiques à cette région du Gourara. Ce décor simple est encore visible dans les ruines avoisinantes sur les murs des habitations et de la vieille mosquée. Les fenêtres sont

Photo par Jawed ZENNAKI

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STRATEGIE.COM

De nos jours, les médias sociaux gagnent une place importante et même de choix dans la stratégie de communication d’un organisme, qu’il soit une entreprise ou bien une association. Ne pas être présent sur le web signifie actuellement ne pas être répertorié par les moteurs de recherche ou alors être dans l’ombre de leurs projecteurs.

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nternet en Algérie a un taux de pénétration qui ne cesse d’augmenter surtout avec l’arrivée de la 3G. « L’internaute » représente la cible de toute entreprise ou organisme et il est plus facile de l’atteindre sur les différents réseaux sociaux à savoir Facebook, Twitter, LinkedIn, etc. Quand on parle de « cible » ce n’est pas forcément d’un point de vue commercial ou vendeur, mais plutôt dans le sens de « cible d’information » car aujourd’hui, l’internaute est passif, ce n’est pas lui qui va vers l’information mais l’information qui vient à lui.

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Il faut savoir que la visibilité sur le web repose sur le contenu (texte, photos ou vidéos) et surtout sur sa carte de visite virtuelle qui n’est autre que le site web. Ce dernier est très important pour n’importe quel organisme afin d’affirmer sa présence sur les moteurs de recherche. Pour booster sa visibilité, l’organisme

doit également être présent sur les différentes plateformes sociales en y publiant différents articles d’actualités, chose qui va créer du contenu dynamique et générer du trafic vers le site vitrine de l’organisme. Le relai de cette information doit se faire de façon étudiée sur les différents médias sociaux car le comportement de l’utilisateur est différent sur chaque plateforme : l’heure de connexion, la fréquence des publications, la fréquence des rappels, sont par exemple différents d’un internaute à un autre. Être présent sur les réseaux sociaux ne peut se faire de façon aléatoire car avoir un compte quelque part et ne pas l’alimenter pourra se retourner contre l’organisme et sera jugé comme inactif. Cela doit donc être étudié au préalable en établissant une stratégie de communication web qui répondra à ces questions : qui est ma cible ? Etre présent sur quel réseau ? Quoi partager ? Quand partager ? Comment générer un bon buzz et gérer un bad buzz ? En répondant à ces questions, nous préparons une stratégie correcte pour un début.

L de communication tient la route si l’on dispose aussi d’une bonne équipe, à savoir un social media strategist, un content manager, un graphic ou web designer et pour finir un community manager . Tous ces postes sont primordiaux et complémentaires afin d’avoir une équipe de choc s’occupant de l’e-reputation de l’organisme. Le buzz (terme anglais signifiant « bourdonnement » d’insecte) est une technique de marketing consistant, comme le terme l’indique, à faire du bruit autour d’un événement, d’un nouveau produit ou d’une offre. Assimilée au marketing viral, cette pratique en diffère par le contrôle du contenu (message publicitaire ou de communication).

Bien sûr, dans le domaine associatif, on n’a pas forcément les moyens de se payer les services d’une telle équipe, mais il est possible de faire un bon travail de rédaction, de graphisme et de gestion de communauté pour arriver à cela. Cette dernière est importante car un CM représente le porte parole de l’association et Maintenant, il existe de nouveaux son rôle principal est d’informer, de métiers qui sont apparus avec cette répondre aux différentes questions, évolution web. Une bonne stratégie de tenir un calendrier de publications

e 25 et 26 septembre 2014, l’association Les Nomades Algériens s’est vue invitée à participer à la 2ème édition de la foire aux métiers traditionnels du bâti, organisée par son partenaire de référence l’association SDH (Santé Sidi el Houari). Ayant pour but de promouvoir le savoir et savoir-faire tels que la maçonnerie, la taille de pierre, la

L’e-reputation, parfois appelée webreputation, cyber-réputation, réputation numérique, sur le Web, sur Internet ou en ligne, est la réputation, l’opinion commune (informations, avis, échanges, commentaires, rumeurs…) sur le web d’une entité (marque, personne, morale (entreprise) ou physique (particulier), réelle (représentée par un nom ou un pseudonyme) ou imaginaire). Elle correspond à l’identité de cette marque ou de cette personne associée à la perception que les internautes s’en font. Cette notoriété numérique, qui peut constituer un facteur de différenciation et présenter un avantage concurrentiel dans le cas des marques, se façonne par la mise en place d’éléments positifs et la surveillance des éléments négatifs. L’e-réputation peut aussi désigner sa gestion, via une stratégie globale et grâce à des outils spécifiques (activité à l’origine de nouveaux métiers) pour la pérennité de l’identité numérique.

Association «Les Nomades Algériens» - Nomad’us N°10

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et de surtout de gérer l’e-reputation les tâches et en sachant gérer une de son association. équipe de communication, le travail sera plus facile et plus rapide à faire Community manager (CM en et l’équipe pourra ainsi faire évoluer abrégé) ou Gestionnaire de commu- cette cellule de communication et nauté est un métier qui consiste à ani- travailler sur de nouveaux concepts, mer et à fédérer des communautés sur de nouvelles activations digitales, Internet pour le compte d’une société etc. On peut très bien être polyvalent ou d’une marque. Profondément et maîtriser plusieurs tâches, mais on lié au web 2.0 et au développement ne pourra jamais s’y donner à 100%, des réseaux sociaux, le métier est d’où l’importance de travailler en aujourd’hui encore en évolution. équipe. Le cœur de la profession réside dans Pour résumer, une association a l’interaction et l’échange avec les internautes (animation, modération) besoin des réseaux sociaux pour faire ; mais le gestionnaire de communauté parler de ses activités, évènements peut occuper des activités diverses et projets. Elle doit travailler sur sa cellule de communication afin de selon les contextes. produire du contenu de qualité et Certaines personnes peuvent se savoir comment, quand et où le pardémarquer dans le milieu associatif tager afin de mieux interagir avec sa en étant « la » personne qu’il faut pour communauté. Elle pourra ensuite un tel poste et c’est très bien, sauf analyser cet échange afin de mieux que je conseillerais fortement de tra- répondre à ses besoins et de mieux Par Mehdi LAGHA vailler en équipe car en répartissant collaborer.

PARTENARIAT

C’est dans un cadre agréable que les participants ont pu redécouvrir les métiers du bâti et évaluer le travail de l’école chantier de l’association hôte. Cette dernière œuvre depuis des années Par Hayet KERRAS pour la formation de jeunes forge et la menuiserie, SDH a compté exclus du système scolaire, ainsi sur la participation de plusieurs asso- que pour leur insertion sociale, ciations œuvrant dans le domaine du mais aussi professionnelle. patrimoine et de la citoyenneté.

LES MÉTIERS TRADITIONNELS FONT FUREUR À SIDI EL HOUARI

Photo par Mourad HAMDAN

POUILLON « C’est un Pouillon ! », expression utilisée par des Algériens connaisseurs pour désigner certains bâtiments dans différentes régions du pays. L’expression fait référence à Fernand Pouillon, architecte français (1912-1986) connu en Algérie pour ses travaux qui ont traversé le temps, tels que l’hôtel M’zab (Ghardaia), la cité Valmy (Oran), le port de Sidi Fred, etc. Ce grand bâtisseur est surtout réputé pour son souci d’intégrer ses œuvres dans leur contexte, construisant des bâtiments qui s’insèrent sur le site pour mieux le mettre en valeur. Sami LOUCIF

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ECO-CAMP

été réservé par le personnel de l’étaous le thème de blissement qui leur a remis les clefs l ’ éco-responsabilité, des chambres afin qu’ils puissent s’y l’association « Les Nomades installer. Quelques heures plus tard Algériens » a organisé le l’ouverture de « l’écoweek end du 13, 14 camp » a été annonet 15 novembre cée, commençant un camp où le par la prémot d’ordre sentation de était l’écol ’association logie, avec la organisatrice participation et du projet des associalui-même tions partepour ensuite naires, soit laisser la l ’a s s o c i a t i o n parole au Santé Sidi El for mateu r, Houari (SDH), un expert en l ’a ssoc iat ion environnement SMILE, l’Associaet en écologie, et Photo par Saad Taleb bendiab tion pour la jeunesse et la c’est ainsi que s ’est achecitoyenneté « AJC », AIESEC vée la première journée de travail in Algeria, et Le Souk d’Oran cédant place à l’échange de liens et et ce, en profitant d’un joli d’idées entre les différents membres carde qu’a offert le complexe des associations et à la découverte "Les Andalouse" d’Oran. des lieux. Après une courte nuit, le travail a repris en mettant l’accent Et en voiture Simone ! sur les piliers et les principes du développement durable, des ateliers En empruntant le bus les cam- ont été organisés sur l’éco-responpeurs ont eu un avant-goût de sabilité, qui ont été adaptés par cerl’ambiance qui allait régner durant tains sous forme de petites mises en cette formation. Arrivés à desti- scène, et qui s’est suivi d'un débat et nation, un agréable accueil leur a d'une récolte d'idées. Troisième et

S

Bulletin d’information de l’association culturelle Les Nomades Algériens Rédactrice en chef: Amina Hadji Bulletin Numéro 10 Edité à 1000 exemplaires +213 (0) 541-66-16-82 contact@nomades-algeriens.com www.nomades-algeriens.com Oran, Algérie

dernier jour, quoi de mieux que de commencer par des petits jeux briseglace, qui ont contribué au réveil des troupes, ce qui a permis de former un réseau éco-responsable et de travailler sur la mise en place d’une charte écologique qui n’attend plus qu’à être peaufinée. Pour conclure et rester fidèle à l’intitulé du projet « Associations Oranaises Eco-responsables », la citation d’un grand homme « vivre simplement pour que simplement d’autres puissent vivre » Gandhi. Par Lina BENDIMERAD

Photo par Jawed ZENNAKI

NOM DE VILLE ET HISTOIRE TÉNÈS On disait qu’au temps de Moise, les habitants de Ténès étaient des magiciens adroits. Le Pharaon d’Egypte aurait même fait venir quelques-uns pour les opposer au prophète israélite. Vieille ville, Ténès était déjà connue en ce temps-là.

Appelée jadis «Carthennas»–«Carth» qui signifie «Cap», et «Thennas» qui était le nom que portait la rivière qui pénétrait la région–la ville était occupée par les Phéniciens, qui l’ont transformée en comptoir commercial. Elle connut par la suite la domination berbère et romaine et fut appelée définitivement Ténès.

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Suite à l’arrivée des Andalous en l’an 300,une nouvelle ville a été construite. C’est là-bas où se trouve actuellement la mosquée de «Sidi Maiza». Considérée comme l’une des plus anciennes mosquées du pays, elle a été construite sous le règne des Arabes au 10ème siècle. Un brassage de civilisations est instantanément remarqué dans cette ville qui a résisté à la montée et à la chute des puissances coloniales, telles que l’Empire ottoman et la colonisation française.

Par Sakhreddine Fenara


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