Master degree thesis

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mémoire projet de fin d’études site / porte lavagine ENSAPL juin 2008 PFE /// S10 david vincent / svetlin peev /

P11

AF

Porta Lavagine



SOMMAIRE

ECHELLE GLOBALE David Vincent

5

Introduction / Histoire de la ville Economie, infrastructures. Plans régulateurs (PRG) 64 – 84 Présentation du PRG 2008 et enjeux

5 6 7 8

ECHELLE LOCALE Svetlin Peev

11

Introduction Historique Analyse – éléments Ville Mur Porte Glacis Route Paysage Problématiques Enjeux - Programme Projet Urbain Couches : reconstitution // passage ville : paysage Enrichissement // nouvel usage contemporain Basculement // réinterprétation par le retournement

11 13 15 15 17 19 21 23 25 27 29 33 33 34 35

Connexion // urbain et périurbain Plans et coupes / Projet Urbain

36 36

ECHELLE MICRO LOCALE / Complexe commercial de la porte Lavagine David Vincent

43

ECHELLE MICRO LOCALE //// Porte / Esplanade / Tours Svetlin Peev

44 3


SOMMAIRE

ECHELLE GLOBALE David Vincent

5

Introduction / Histoire de la ville Economie, infrastructures. Plans régulateurs (PRG) 64 – 84 Présentation du PRG 2008 et enjeux

5 6 7 8

ECHELLE LOCALE Svetlin Peev

11

Introduction Historique Analyse – éléments Ville Mur Porte Glacis Route Paysage Problématiques Enjeux - Programme Projet Urbain Couches : reconstitution // passage ville : paysage Enrichissement // nouvel usage contemporain Basculement // réinterprétation par le retournement

11 13 15 15 17 19 21 23 25 27 29 33 33 34 35

Connexion // urbain et périurbain Plans et coupes / Projet Urbain

36 36

ECHELLE MICRO LOCALE / Complexe commercial de la porte Lavagine David Vincent

43

ECHELLE MICRO LOCALE //// Porte / Esplanade / Tours Svetlin Peev

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Germany Austria

Villes

Hungary

Switzerland

Jonction entre la région d’Urbino etc...

Slovenia

Legende

Croatia

Cities City Size Capital

France

>500,000

Bosnia and Hercegovina

ECHELLE NATIONALE

>100,000 >50,000

Italy

URBINO Yugoslavia Albania Rome

Réseau routier Périphérie d’Urbino

0

62,5

125

250

375

500 Kilometers

URBINO


ECHELLE GLOBALE Introduction / Histoire de la ville Urbino est une ville fortifiée, capitale de la région des Marches, située au sud ouest de Pesaro, 40 km de la cote adriatique, au pied des Apennins, dans la moitié Nord de l’Italie. La ville et son paysage sont classés au tableau du patrimoine mondial de l’UNESCO pour leur caractère historique concernant les particularités héritées de l’époque de la Renaissance et plus particulièrement celle marqué par Frederico de Montelfeltro, duc d’Urbino de 1444 à 1482. La ville, perchée sur des hauteurs, a conservé beaucoup de son caractère renaissant. C’est une ville de science et de culture. Elle a d’ailleurs sa propre université depuis 1502. Urvinum Mataurense se trouve sur le tracé de la Via Flamina, importante route romaine qui relie Rome à la côte de la mer adriatique. C’est une ville modeste fondée par les romains qui la battissent sur le modèle de la grille formée par le decumanus et cardo. Comme toute ville romaine de son époque, elle sera plus qu’un agglomérat d’habitations, et proposera un modèle de vie social et spirituel, avec des équipements collectifs, son forum, ses temples, le marché et autres lieux de distractions tels que le théâtre ou les thermes. Urbino prendra une importance régionale dès le VIe siècle lors des invasions barbares. La situation géographique d’Urbino sur la Via Flamina, à l’intérieur des terres et perchée sur ses collines, en fera une ville de passage et la protégera des agressions. C’est au Moyen Age que La ville se tourne vers les byzantins. C’est un moment de croissance économique et donc d’expansion urbaine de la ville qui grandit anarchiquement en direction de Fano. C’est la création du quartier Lavagine. Les rues ne respectent plus les principes de la grille romaine, mais suivent les routes, s’adaptant aux axes extérieurs et au relief. C’est en 1234 que la famille noble et guerrière des Montefeltro reçoit l’investiture d’Urbino en récompense par l’empereur du saint empire romain germanique. Mais les urbinates, peuple libre, sont très attachés à leur indépendance et se rebellent à plusieurs occasions le long du Moyen Age. Urbino est alors une commune représentée par un consul, élu. Il y a donc 3 pouvoirs parallèles qui s’expriment alors dans la ville : la papauté pour le religieux, le suzerain pour le féodal, le consul pour le commerce. C’est Frederico III Montefeltro qui sera le plus renommé des Montéfeltro. Duc d’Urbino de 1444 à 1482, il est un puissant condottiere (chef mercenaire), un diplomate hors pair, et un érudit d’art et de littérature. Il aspirait à faire d’Urbino une cité idéale et en fait une ville de culture de premier ordre. Sa cour sera fréquentée par quelques grands artistes et écrivains de son temps, entre autre le père de Raphaël et Piero della Francesca. Sa bibliothèque est une des plus grande d’Italie. C’est à cette époque que sont construits le palais ducal, le Mercatale et les fortifications. Urbino devient une ville-palais. Centre administratif de la région de Marches, la ville bénéficie d’une position dominante en matière de culture et de politique sur le territoire.À la suite de Frederico, l’ensemble de la ville ne change que très peu hormis le système de fortification (murailles et bastions) qui est partiellement modifié, créant ainsi une meilleure orientation sur le paysage. La période des Montefeltro fut suivie d’une période papale qui figea la ville. Ses influences politique et culturelle se perdirent au cours des siècles suivants, au bénéfice d’autres villes tel que Sienne, Florence ou Pérouse. Les axes de circulation importants n’y passant plus, Urbino devint un territoire isolé. Son activité se recentra sur l’agriculture et la ville sombra doucement dans l’oubli. Affaiblie et isolée, la ville ne jouira aucunement de l’essor économique de la révolution industrielle. Celle-ci profitera à d’autres villes régionales, mieux situées ou mieux connectées. Même l’agriculture décline suite aux remembrements agricoles et à la mécanisation. En effet, la campagne urbinate ne peut pas s’y adapter à cause de sa topographie accidentée. C’est en 1950, que Carlo Bô, recteur de l’université d’Urbino, fit visiter sa ville à Giancarlo De Carlo, alors tout jeune architecte. La ville est au bord du gouffre, faisant face à une situation économique déplorable. Aussi la ville doit faire face à de nombreux problèmes d’ordre sanitaire, à la vétusté des bâtiments et des équipements. Les élus urbinates sont alors des enseignants, professeurs de l’université. Ils veulent développer leur université et leur ville par la même occasion. De Carlo présentera son plan régulateur général en 1964, en insistant sur les potentiels développements de la ville au travers de l’université. 5


0

12,5 Taglio Corelli

25

50

75

AlfonsineFerrara Glorie

0

12,5

Ravenna

100 Kilometers 25

50

75

100 Kilometers

Mezzano Camerlona

Ravenna

Taglio Corelli

Réseau autoroutier

AlfonsineFerrara

Porto Fuori

Glorie

Réseau Local

Ravenna

Mezzano

Ghibullo Coccolia Durazzanino

Vilanova

Porto Fuori

Ghibullo

Forlì

Savio

Coccolia Durazzanino

Ronco

Rovere

Camerlona

Ravenna

Savio

Vilanova

Forlimpopoli Diegaro Capocolle

Forlì Ronco

Rovere

Cesena

Forlimpopoli

Cesena

Diegaro Capocolle

Sant'Egidio

Sant'Egidio

Savignano sul Rubico

Savignano sul Rubico

Forlì-Cesena

Forlì-Cesena

Santa Giustina

Rimini

Santa Giustina

Rimini Rimini

Lamoli

Sansepolcro

Arezzo

Sodo

Ville

Perugia

Farneto

Perugia

CastiglionePontericcioli del Lago

Siena

Castiglion Fiorentino

Moiano Po Bandino

Gubbio

Passaggio d'Assisi

Fabriano

Terni

Sigillo Città dellaCostacciaro Pieve

Ponte d'Assi

Camucia

Casalina

Perugia Castiglione del Lago

Siena

Terni

0

12,5 Taglio Corelli

25

AlfonsineFerrara Glorie

0

12,5

Ravenna

Mezzano Camerlona

Ravenna

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50

<1k Places

>500k >100k

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>50k

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>20k >5k >1k <1k

75

100 Kilometers

Réseau ferroviaire Réseau Local

Ravenna Porto Fuori

Ghibullo Savio

Coccolia Durazzanino

Forlì Ronco

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Ravenna

Vilanova

Forlì Ronco

Rovere

Forlimpopoli Diegaro Capocolle

Forlimpopoli Diegaro Capocolle

Cesena

Cesena Sant'Egidio

Savignano sul Rubico

Sant'Egidio

Savignano sul Rubico Forlì-Cesena

Forlì-Cesena

Santa Giustina

Rimini

Santa Giustina

Rimini

Rimini

URBINOCattabrighe

Urbania

Intoppo

Lamoli

Pontedazzo

Fermignano

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PerugiaPontedazzo

Ville

Farneto

Nocera Umbra

Perugia Stazione Pontericcioli

Assisi

Santa Maria degli Angeli

Siena

Scheggia Moiano Po Bandino

Gubbio

Terni

Città della Pieve

Castiglion Fiorentino Camucia

Perugia

Perugia Stazione

Borgo Sant'AntonioVisso

Nocera Umbra

Siena

Città della Pieve

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Villa Potenza

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Macerata

>50k

<1k

Local Road Other Road Car Ferry Cargo Ferry Aeroports Chemins de fer

Places City Size >500k >100k

Sfercia

Borgo Sant'AntonioVisso

>100k

Regional Road

Capital

Colfiorito

Foligno

>500k

>1k

Macerata

CasavecchiaSorti

Capital

>5k

Bavareto

Valico Colfiorito Casenove

Federal Highway

>20k

Sambucheto

Polverina Muccia Gelagna BassaPieve Torina

Assisi

Passaggio d'Assisi

Terni

Loreto

Sforzacosta

Santa Maria degli Angeli Moiano Po Bandino

CasavecchiaSorti

Rigali Corcia Gaifana

Farneto

Osimo Stazione

Polverina Muccia Gelagna BassaPieve Torina

Federal Highway (dual)

Aeroports

City Size

Sforzacosta

Bavareto

Osteria del Gatto

Scritto Belvedere

Perugia

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Motor Way

Cargo Ferry

Places

Ancona

Macerata

BorghettoPurello

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Car Ferry

Chemins de fer

Macerata

Colfiorito Valico Colfiorito

Other Road

Osimo Stazione

Sfercia

Falcioni

Casenove Fabriano Foligno

Casalina Sigillo

Costacciaro

Ponte d'Assi

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Passaggio d'Assisi

Local Road

Sambucheto

Rigali Corcia Gaifana

Perugia

Castiglione del Lago

Intoppo

Castiglione del Lago

Osteria del Gatto

Routes Road Type

Regional Road

Villa Potenza Torrette

Ancona

BorghettoPurello

Mengara

Riccic

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CostacciaroSigillo

Federal Highway

Ancona

Loreto Marzocca Marina di Montemarciano

Falcioni

Gubbio Ponte d'Assi

Camucia

Jesi

Senigallia

Legend

Federal Highway (dual)

Torrette

Pontericcioli

Scheggia

Castiglion Fiorentino

San Giustino

Marotta

Ancona

in Vado Mercatello sul Metauro

Motor Way

Marzocca Marina di Montemarciano

Torrette

Metaurilia

PalazziSant'Angelo

Sodo

Marotta

Senigallia

San Giustino

Ranco

Sansepolcro

Gallo

Routes Road Type

Torrette

Madonna del Ponte

PalazziSant'Angelo in Vado Mercatello sul Metauro

URBINO

Pesaro e Urbino Ville Felcino

Urbania

Sansepolcro

Legend

Madonna del Ponte Metaurilia

Fano

Osteria Nuova Fermignano

Felcino

Fano

Osteria Nuova

Pesaro

Gallo

Montecchio Pesaro e Urbino Lamoli

Arezzo

Pesaro

Cattabrighe

Montecchio

Rimini

San Marino

Bagno di Romagna

Riccione Cattolica

Riccione San Marino Cattolica

Bagno di Romagna

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>1k

100 Kilometers

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Macerata

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Passaggio d'Assisi

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Santa Maria degli Angeli Moiano Po Bandino

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Rigali Corcia Gaifana

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Sambucheto

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Loreto

Colfiorito Valico Colfiorito Casenove

Chemins de fer Regional

Macerata

Osimo Stazione

Macerata

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Sforzacosta

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Mengara

Villa Potenza

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Bavareto

Federal Highway (dual)

Cargo Ferry

Ancona

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Car Ferry

Sambucheto

Torrette

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Nocera Umbra

Perugia Stazione

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Aeroports

Rigali Corcia Gaifana

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Marzocca Loreto Marina di Montemarciano

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Federal Highway Routes Regional Road Road Type

Torrette

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Marzocca Marina di Montemarciano

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Routes Road Type

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Montecchio Felcino

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>50k >20k >5k >1k <1k


Economie, infrastructures. Aujourd’hui Urbino souffre de son isolement. Le réseau d’infrastructures de transport est défaillant sur plusieurs points de vue. La situation géographique d’Urbino aux pieds des Apennins rend son accès délicat. Le réseau ferroviaire local a connu de nombreux projets qui n’ont pas abouti et finalement Urbino n’est plus desservie par le train depuis 1987. La connexion routière fonctionne mieux que le train, mais elle est limitée car la ville n’est pas desservie par l’autoroute. Aussi Urbino subit une situation de cul-de-sac. Le manque de moyens et de motivation des régions politiques, qui financent les développements des réseaux de transport, est en partie responsable de la situation. L’économie locale est traditionnellement tournée vers l’agriculture. La région des Marches est un important producteur de produits de l’agriculture biologique. L’agriculture, qui n’a pas pu appliquer la réforme agricole, est aujourd’hui mourante. Le paysage traditionnel agricole disparaît parce qu’il n’est plus entretenu, malgré son classement au patrimoine mondial de l’UNESCO au même titre que la ville. Les plus grands employeurs de la ville sont le centre hospitalier universitaire, l’université, et la ville elle-même. La situation économique italienne actuelle et les réformes universitaires sont défavorables à la fréquentation de l’université, la population étudiante est passée de 25000 à 18000. Les activités hospitalières connaissent actuellement de la croissance et donc du développement. La région est un bon pôle touristique, la côte est très attractive et des villes comme Rimini en font une activité importante. Son passé historique fait d’Urbino une étape touristique intéressante mais Urbino souffre à nouveau de problèmes d’accès et de manque d’équipement.

7


Le plan directeur général de 1964

Le plan directeur général de 1984 8


Plans régulateurs (PRG) 64 – 84 Le plan directeur général de 1964 : Avant 1964 la municipalité est déjà dans un mouvement de dynamisation économique et de valorisation de son patrimoine. L’université entame un processus de développement avec une première opération concernant des logements destinés au personnel qui sera réalisé en 1955, et sera suivi en 1962 par la construction de résidences universitaires à l’extérieur de la vieille ville. Un palais est réhabilité en centre historique entre 1952 et 1960. Au même moment, la municipalité, l’université et De Carlo vont coopérer pour implanter les institutions universitaires nécessaires dans les bâtiments en ruines récupérés dans le centre historique. En 1964, un PRG est mis en place par De Carlo dont les principaux objectifs sont : - Requalifier différents hameaux comme zones potentielles de développement. - Relier le centre historique à un axe touristique majeur (Rimini-Rome) et à un axe d’activités commerciales, artisanales et industrielles (Pesaro-Fano). - Réorienter la ville selon un pôle unique d’attraction : la porte Est. - Contrôler l’expansion urbaine selon les critères physiques (lignes de crêtes, dénivellation, ensoleillement, vues, repères dans le paysage). - Intervenir en trois phases, tout d’abord l’infrastructure, puis un pôle d’activité et enfin des logements (8000 personnes). Le plan directeur général de 1984 : Entre 1967 et 1976, des logements sociaux sont construits, une gare routière est aménagée, le magistère est réhabilité. En raison d’un manque de financements, de nombreux objectifs ne seront pas atteints comme le renfort des axes routiers aux axes majeurs. En 1983, Benevolo propose un PRG comprenant : - La mise en place d’une tutelle du paysage urbinate, 90% du territoire est non constructible. - La reprise des grandes lignes du PRG de De Carlo. - La continuité du développement urbain le long de la ligne de crête. - Un plan de classification et d’intervention sur les typologies du centre historique. - Un respect de la structure complète des bâtiments. Aussi il crée des logements en terrasses le long de la ligne de crête au Nord, un premier satellite de logements au Sud, l’institut d’Art, un nouveau collège universitaire selon la syntaxe architecturale de De Carlo. Les interventions de Benevolo ne permettront pas de développer de manière conséquente la ville, mais elles ont plutôt contraint son expansion.

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URBINO PROJET URBAIN : PLAN REGULATEUR 2008 0

50

100

200

500m

ZONE A DENSIFIER

0

Périmètre de sauvegarde du paysage

Ville récente 14000 + 6000 = 20000 habitants

ZONE A DENSIFIER

200

500

Tutelle intégrale

Aire protégée UNESCO

Tutelle orientée

Paysage perçu depuis la ville historique

Parc des Cesanes

Lignes de crête

HOPITAL CONTREPOINT A L’HEGEMONIE ECONOMIQUE DE L’UNIVERSITE

1000m

N

OBJECTIFS : 30 000 habitants + 10 000 pendulaires

Zones à densifier

VERS PESARO CONNEXION REGIONALE ET NATIONALE

Couloirs visuels

PORTA SANTA LUCIA NOUVEAU FORUM URBAIN POINT DE CONNEXION ENTRE LA VILLE ANCIENNE ET LA VILLE MODERNE LIEU DU SACRE, DE L’INSTITUTION ET DU COMMERCE

Périmètres d'intervention PORTA LAVAGINE ENTREE ALTERNATIVE SUR LE DECUMANUS CONNEXION REGIONALE

Glacis des fortifications

Lignes de crête Lignes de talweg

RESEAUX Axes principaux Axes secondaires Axes locaux

VERS ROME, ANCONA, FANO CONNEXION REGIONALE ET NATIONALE

Parkings Voie ferrée remise en service

ZONE A DENSIFIER

Prolongement de la voie ferrée Centre historique 500 + 7500 = 8000 habitants

FORTERESSE ALBORNOZ LIEU DE DIVERTISSEMENT ET DE CULTURE REGARD SUR LA VILLE

Funiculaire

CONSORZIO AGRARIO CULTURE ET COMMERCE

Connexions

SANTA CHIARA TERRASSE SUR LE PAYSAGE TOURISME ET PATRIMOINE CONNEXION VERS LA FORNACE

MERCATALE ENTREE DE VILLE LIEU DE THEATRALITE ET DE REPRESENTATION DE LA VILLE liaison avec le Mercatale

FONCTIONS Habitations Ruines

Via della Stazione : de la voie rapide au pôle d'échanges et à la ville

Activité Industrie Commerce

Collegi universitari 1000 + 1000 = 2000 étudiants

Bureaux Equipements Hôpital Administration Ecoles

Nouveau tracé routier

GARE ROUTIERE ET FERROVIAIRE CONNEXION ENTRE LE RESEAU NATIONAL ET LE RESEAU LOCAL

Université Annexes de l'université Equipements sportifs

Voie rapide (en construction)

Théâtre, cinémas Edifices techniques Tourisme

Nouveau tracé routier

VERS FERMIGNANO CONNEXION LOCALE

10

Musées VERS ROME, ANCONA, FANO CONNEXION REGIONALE ET NATIONALE

Lieux de culte Hôtellerie / hébergement


Présentation du PRG 2008 et enjeux La stratégie entreprise par l’atelier vise à établir un plan régulateur utilisant comme base un certain nombre d’hypothèses d’expansion urbaine. La première est celle d’un triplement de la population habitant Urbino et ses alentours. Le rôle des infrastructures de transport et leur connexion avec la ville sont essentiels. Le développement des transports en commun, ainsi que le rétablissement de la ligne de chemin de fer et la réouverture de la gare sont primordiales pour la réussite de cette entreprise. La ville d’Urbino est un centre régional administratif mais ne joue pas son rôle en tant que ville principale. Pour rétablir un intérêt économique et culturel vis-à-vis de la région, un certain nombre d’équipements économiques, publics et culturels est programmé. Depuis 1998 la ville et son paysage sont inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco. Le PRG 2008 vise à mettre en œuvre ses prescriptions et à les inclure dans les projets développés par l’atelier. Les sites et les programmes de l’atelier visent à mettre en place la politique du PRG. La grande majorité des projets produits par l’atelier concerne des activités culturelles, touristiques, économiques et se situe à proximité de la muraille.


12


ECHELLE LOCALE Introduction Le site de la porte Lavagine est situé au nord-est de la ville, et à l’opposé du Mercatale et de la porte Valbona. Établie au milieu du rempart le plus long, elle se trouve entre les bastions de Santa Lucia et San Bartolo. Devant la porte, le glacis s’étale le long de la muraille. La Via dei Morti longe l’extérieur de la muraille. Les terrains occupés par le glacis historique sont des talus en forte pente, plantés d’arbres à hauts fûts. Au nord de la porte, le glacis est situé en contre haut, sur un terrain instable, susceptible de s’effondrer. Devant la porte et au sud, le glacis est segmenté par les voies de dessertes qui permettent au trafic de circuler entre la porte et la route périphérique (Viale Guiseppe di Vittorio). Par ailleurs 7 bâtisses occupent le pied de la muraille au sud de la porte.

11


Cité romaine IIIeme et IIeme s. av JC Ligne de crête

12

Ligne de talweg

Moyen age XIeme et XIIeme s.

Renaissance XVeme s.


35

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0

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450

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Le bastion est détruit au XIXe et a donné naissance à la porte telle qu’elle est aujourd’hui. Lors de la première moitié du XXe commence le mitage de la ville et la construction des quelques maisons longeant la route, ainsi que de constructions agraires et commerciales au contrebas. De nouvelles infrastructures sont créées pendant les années 60. La route départementale est construite en contrebas et dédouble la route au pied de la muraille. Plus tardivement sont apparus les parkings devant la porte autour du rond point et le stationnement sauvage au bord des routes. Le paysage urbinate a également évolué avec l’intensification et l’industrialisation de l’agriculture. Les champs environnant la ville deviennent contraignants pour un usage industrialisé. Ils sont d’abord plantés avec des vignes puis certains sont laissés comme pâturages ou tout simplement non exploités. Le glacis, jadis entretenu en tant que zone dépourvue d’obstacles, s’est enfriché et comporte une masse boisée considérable.

5

La porte Lavagine apparaît au Moyen Age et est située dans le prolongement du Decumanus, suite à l’agrandissement de la ville. A cette époque la ville d’Urbino garde des liens étroits avec l’empire Byzantin et la porte se tourne à la fois vers ce dernier et en direction de la mer. Très vite la porte devient le point d’entrée principal, en raison de son implantation, de sa position stratégique et de sa proximité aux axes routiers. A l’intérieur de la ville elle définit l’axe principal avec la porte Valbona située à l’extrémité opposée. Avec l’arrivée de Fréderic de Montefeltre elle perd son statut d’entrée officielle au profit de la porte Valbona et du complexe de Mercatale. A cette époque Urbino se tourne vers Rome et la papauté. Mais la porte Lavagine reste néanmoins la porte d’usage et garde ses liens étroits avec la province environnante. Lors de la construction de la muraille actuelle, la porte, disposée au milieu de la façade urbaine la plus longue et avec un relief plus accidenté que le reste, entre dans un complexe défensif particulier. Cette portion de la muraille est défendue par trois bastions : deux aux extrémités et un central comportant la porte Lavagine. La route qui mène à la porte est la seule, dans tout Urbino, qui longe la muraille tandis que le glacis est quasi inexistant.

44

Historique


14


Analyse – éléments Le site de la porte Lavagine est composé de plusieurs éléments typo morphologiques : ville, mur, porte, glacis, routes, et campagne. Chacun de ces éléments constitue un espace qui possède sa propre identité :

Ville L’image de la ville d’Urbino est constituée de rapports de contrastes et de jeux avec des spatialités opposées et complémentaires. Ces spatialités se constituent par sa lecture dans le paysage qu’elle soit proche ou lointaine, ainsi que par les situations urbaines qu’elle génère à l’intérieur de ses remparts. Relations paysage -> ville Perçue dans le paysage lointain, l’image de la ville est celle d’une nappe surélevée et installée sur les pentes des collines qu’elle épouse. Une image qui a servi à constituer sa légende de ville suspendue dans le ciel. Au pied des remparts la perception de suspension joue avec la verticalité et l’ascension constituée par les maisons qui se superposent, dominent les remparts et dont on ne voit pas l’assise. L’écart entre la muraille et les premières maisons renforce encore plus cette verticalité et laisse apercevoir la juxtaposition et la superposition verticale des nappes bâties. Perceptions à l’intérieur La ville donne également une double lecture à ses espaces intérieurs en mêlant espaces clos et renfermés sur eux-mêmes et lieux complètement ouverts sur le paysage qui donnent l’impression de surélévation et de domination. Le terrain accidenté sur lequel s’est constituée la ville renforce cet aspect de densité par l’accumulation des volumes bâtis. Cette dualité espace ouvert vers le paysage et clos sur lui-même est à mettre en rapport avec les maisons en U d’Urbino.

15


16


Mur

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mittage

Les remparts de la ville constituent sa ceinture et mettent en rapport direct la ville et le paysage. La limite qu’ils définissent donne aussi deux espaces complémentaires qui sont le chemin de ronde en partie haute, et le pied de la muraille. La partie haute appartient physiquement à la ville, mais se tourne visuellement vers le paysage. Les jardins qui la longent préfigurent le paysage rural environnant et constituent symboliquement son passage dans la ville. Le pied des remparts se situe physiquement à l’extérieur de la ville et en fait partie intégrante, mais il est dominé par la présence imminente et monumentale de la ville. Dans l’état actuel, la lecture des remparts est obstruée par la végétation abondante qui pousse à ses pieds, et son intégrité linéaire est interrompue par l’installation progressive de maisons individuelles qui y sont adossées.

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limites de l’espace extensibles

careffour / rond point etc.

point de congestion

l’esplanade est aujourd’hui un parking, lui même étant une extension des routes de desserte de la porte. C’est avant tout une «surface» continue dédiée aux automobiles. Il introduit la possibilité d’un glissement de la ville vers l’extérieur, s’affranchissant de la limite franche de la muraille.

l’esplanade, n’est pas seulement un parking mais un vrai noeud routier qui permet le passage des axes régionaux aux axes ultra locaux (les voies carrossables le long des murailles).

l’interface automobile/piétons qu’est la porte et son esplanade présente une utilisation élevée tout au long de la journée. Malgré une rotation rapide des stationnements, l’espace de parking est saturé.


Porte La porte Lavagine constitue un ensemble qui comprend d’un côté l’intérieur de la ville avec les rues qu’y émergent et la campagne et les routes de l’autre. C’est un lieu de congestion et de passage qui établit un lien direct entre la ville et la campagne L’espace de la porte se caractérise par la rencontre de deux paysages fondamentalement opposés : d’un côté la rue intérieure avec le paysage dense, construit et rectiligne de la ville, et l’autre le paysage urbinate, la campagne, les collines, étendues et lignes courbes et fluides. L’esplanade devant la porte est le lieu de rencontre de ces deux entités. Malgré leur importance dans la structure urbaine, la porte et son esplanade ne constituent pas de spatialités à la hauteur de leur valeur urbaine et patrimoniale. Actuellement l’esplanade est transformée en parking anarchique où personne ne sait où il faut aller ou quoi faire et les seuls repères sont les panneaux routiers qui indiquent la direction qu’il faut prendre pour aller à Rome, Bologne ou autre. La porte ne constitue plus un repère en elle-même pour plusieurs raisons : obstruction par les constructions qui la jouxtent, envahissement de la végétation et stationnement des voitures devant.

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Glacis Le glacis fut jadis la zone militaire non aedificandi qui entourait les murailles. Sa fonction était de préserver et de dissimuler la muraille. Aujourd’hui le lieu a perdu sa fonction initiale et ne possède plus son aspect lisse et dépourvu d’obstacles. Lors du XXe siècle plusieurs constructions viennent ainsi grignoter sa surface. La route départementale créée dans les années 60 notamment, qui a morcelé la structure unitaire du glacis. Quant à son aspect dégagé, il disparaît progressivement en raison de son enfrichement, ce qui a pour résultat une rupture du lien visuel entre la ville et la campagne.

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Route

les parkings se trouvent en périphérie, à proximité des portes de la vieille ville. Dans le cas de la porte Lavagine, le parking s’étend sur les 2 tiers de la surface de l’esplanade, et se prolonge sauvagement le long des bretelles d’accès à la porte.

parkings

(Prolifération non maîtrisée de constructions en milieu rural ou périurbain). Le mitage à proximité de la porte prend 2 formes différentes : une rangée mixte de maisons et de commerces édifiaient le long de la muraille un mitage le long des axes qui desservent la porte.

mittage

la via C.Batista est un axe historique des commerces. Aujourd’hui, on trouve des commerces de part et d’autre de la porte Lavagine.

commerces

La création de la route départementale qui contourne Urbino a introduit un dédoublement des voiries sur le site ainsi qu’une connexion directe entre la porte et les infrastructures régionales. Le résultat de cette opération est l’obstruction du paysage rural par la présence des routes et des embranchements. Le deuxième impact paysager de l’infrastructure se situe aux abords de la porte Lavagine. La limitation de la circulation automobile dans Urbino, associée à l’insuffisance des transports en commun et des places de parking en périphérie rendent les abords de la ville des endroits privilégiés par les automobilistes pour y garer leurs voitures.

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24


Paysage L’élément paysager ne concerne pas physiquement le projet urbain mais constitue un des ces éléments visuels les plus forts. Il donne une forte valeur à tous les autres éléments et dirige leur ouverture et orientation. Le paysage rural urbinate présente à cet endroit l’un des panoramiques le plus spectaculaire, avec des éléments typiques pour l’Italie et pour la région : cimetière du Bramante, alignements de cyprès, trame agricole, mais aussi 2 routes départementales avec des bretelles et les ronds-points qui les joignent.

porte lavagine

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debordement de la ville

interface pietons /voitures

limite obsolète ville / campagne

étalement urbain

à travers le mitage, le long des axes de différentes natures, il est évident que la vieille ville tend à sortir de ses limites historiques.

l’esplanade à l’extérieur actuellement saturée, indique la nécessité d’une extension de ses capacités automobiles, mais aussi un meilleur aménagement des facilités adressées aux pietons.

historiquement et métaphoriquement, Urbino était la ville dans le ciel. Aujourd’hui, a proximité de la porte Lavagine, la limite entre la ville et son environnement semble se fragmenté.

le développement de la ville qui a eu lieu depuis sa création jusqu’à la renaissance (avec l’édification du contour actuel) s’est produit autour de cette logique d’étalement urbain le long des axes routiers. Le mitage actuel le long des axes routiers périphériques rappelle que cette extension est enla porte comme possibilité d’expension core une possibilité.

la ville qui deborde de ses murs.

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la porte comme interface piétons/voitures

la porte comme limite obsoléte “ville/campagne”


Problématiques Infrastructure La route périphérique réalisée à l’occasion du plan régulateur générale de 1965, a été la source d’un dédoublement des voiries automobiles en contre bas de la porte Lavagine. Cette route qui avait comme but louable de désenclaver la ville, s’est affirmée comme une nouvelle limite, séparant la ville de son paysage en rendant son accès pédestre difficile. Opposition voiture/piétons Un rapport de force oppose piétons et voitures : l’intérieur de la ville est réservé aux piétons, alors que l’extérieur est entièrement occupé par les voitures (l’aménagement du parking sur l’esplanade devant la porte et les voies d’accès). Cette opposition est stigmatisée par la congestion du trafic automobile aux pieds de la ville. Elle est le résultat combiné de la grande proximité des infrastructures routières aux quelles s’ajoutent la circulation sortante d’Urbino. Restauration du patrimoine La restitution du caractère historique et unitaire de l’ensemble muraille/glacis fait partie des enjeux du plan régulateur. La présence de des bâtisses installées le long la Via dei Morti est incompatible avec ces enjeux. En effet, les maisons perturbent la lecture de la muraille sur l’ensemble de son linéaire et contribuent au morcellement du glacis. Les voies de desserte entre la porte et la route ont littéralement haché la zone du glacis, créant de multiples petites parcelles difficiles à entretenir. Ces parcelles qui sont actuellement couvertes d’arbres qui perturbent la perception de la muraille.

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Enjeux - Programme La stratégie adoptée est directement issue des constats relevés et intègre étroitement les directives établies par le plan régulateur. Elle se décline sur trois axes majeurs : - l’extension de la ville tout en préservant le caractère paysager et patrimonial du site, les remparts et la ville - la régulation de la congestion automobile et des problèmes de parking présents sur le site - le prolongement de l’axe commercial intérieur et sa connexion avec le complexe cinématographique Ces directions ont permis de dégager trois groupes d’éléments programmatiques : fonctionnels, urbains et paysagers. Les éléments fonctionnels permettent le financement du projet urbain et la génération d’activités commerciales, tout en appuyant les éléments urbains et paysagers et en utilisant leur potentiel. Ces éléments sont regroupés dans un mécanisme qui comprend : parking souterrain, petite station de bus avec ses services auxiliaires, supermarché, commerces, tours d’habitation et hôtel. Le projet s’adresse essentiellement à deux groupes de personnes : ceux qui se déplacent quotidiennement à Urbino pour y travailler ou étudier et ceux qui visitent la ville occasionnellement. Le mouvement pendulaire généré par les différents groupes permet d’utiliser le parking de manière optimale et les commerces, tels que le supermarché, donnent la possibilité aux gens de faire leurs courses avant de prendre leur voiture et repartir. L’habitat joue un rôle important dans la polyvalence du projet et son maintien sur le site permet une diversification des usages et des flux en le combinant avec des activités tertiaires. Le flux occasionné par les éléments fonctionnels permet de constituer plusieurs entités urbaines qui servent d’interface et permettent le passage entre les différents lieux. Les éléments urbains sont : l’esplanade devant la porte Lavagine et la constitution des axes qui y mènent. L’esplanade devant la porte devient une place urbaine à part entière, qui sert à articuler le passage entre la ville et le complexe tout en gardant son ouverture sur le paysage. Le statut des routes qui mènent vers la porte évolue également. Le déplacement et la régulation des flux automobiles permettent de limiter le passage et de transformer les routes en rues piétonnes. La création d’activités commerciales et la connexion avec le parcours paysager de la muraille d’un côté et le complexe cinématographique de l’autre renforcent leur caractère piéton et permettent d’effectuer des promenades entre l’intérieur et l’extérieur de la ville. Le déplacement de la route au pied de la muraille donne une nouvelle vision à cette dernière et permet de l’intérioriser et de renforcer son aspect urbain. Les enjeux paysagers visent le rétablissement du glacis en tant que promontoire de la ville d’Urbino et la création des parcours piétons vers la campagne urbinate et autour de la ville. Ces enjeux sont primordiaux et participent à la reconstitution de l’image de la ville en tant que complexe unitaire et synergique.

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parking souterrain: 300 places , épaisseur de 30m sur 2 niveaux décalés,permettant un parking plus compact et très peu visible depuis la surface en adéquation avec la pente naturelle du glacis,~ 8000m². Le parking souterrain permet de resoudre partielement les problemes de circulation en surface tout en exploitant au maximun les opportunités offert par la pente forte du glacis. réaménagement de l’esplanade devant la porte Lavagine et sa transformation en place urbaine. l’aménagement d’un arrêt de bus en surface pour les transports en commun urbinates et halte minute pour les cars touristiques à proximité de la porte. La taille de la partie carrosssable de l’esplanade est dimensionnée pour qu’un bus puisse y exécuté un demi tour dans de bonne condition.

commerces : services / shops / resto / café etc... supermarché – 1200 m² : entrée en surface, connection direct au parking sousterrain. Sa taille nous impose de le placer entre le parking souterrain et le niveau de la Via dei Morti.

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logements : services auxilières logements (remplacer les logements existants) ~ 1700m² : la surface nécessaire pour remplacer les logements détruits. Une tour adjacente au coté sud de l’esplanade permet d’apporter une ombre confortable sur l’espace public

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espace urbain : place / arret de bus / aménagement paysager restauration du glacis parcours de promenade (chemin de ronde, parcours sur le glacis, continuité des chemins et possibilités de passerm²d’un côté à l’autre du mur) es 300 c i rv g ~ réaménagement et revalorisation des jardins ducaux e s kin dans le même cadre du parcours paysager r pa éventuellement instauration des parcours piétons pour découvrir la campagne proche urbinate avec point de départ la porte Lavagine (petit équipement touristique avec des abris pour les St-bernards)

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Projet Urbain Couches : reconstitution // passage ville : paysage Les éléments analysés lors du chapitre dernier forment des strates parallèles qui constituent la structure urbaine du site et lui donnent sa propre lisibilité. Leur juxtaposition et les relations qui s’établissent entre eux contribuent à leur cohérence en tant qu’unité et ensemble singulier. Dans le contexte actuel, cette lisibilité et cette structure sont obstruées par la perte de fonctionnalité de ces éléments d’une part, et par l’insertion de nouveaux éléments d’autre part. Le mitage, les bretelles routières, les voitures en stationnement et l’enfrichement du glacis ont contribué au morcèlement de ces strates et à la perte de leur lisibilité. Progressivement les éléments suivants ont vu leur statut et leur image se transformer : le glacis est aujourd’hui un espace résiduel morcelée et une surface foncière disponible le mur est un point d’appui pour les constructions qui se sont installées à sa base (maisons individuelles) l’esplanade devant la porte s’est transformée en carrefour et en parking périurbain L’intention première du projet urbain est de redonner lisibilité et cohérence à ses éléments constitutifs. Il s’agit de libérer le linéaire des remparts, de reconstituer l’entité du glacis, et de redonner le statut d’esplanade et de seuil à la porte Lavagine, en minimisant le trafic automobile ainsi que les stationnement, afin d’en simplifier la lecture et de l’ouvrir sur le paysage.

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Enrichissement // nouvel usage contemporain La deuxième intention du projet urbain est de réinterpréter les éléments existants par un usage contemporain. Il s’agit de donner une valeur et un usage actuels aux éléments historiques rendus résiduels par leur absence de fonction. - la fonction défensive et militaire de la muraille est obsolète depuis longtemps. Son intégration dans le projet permet d’inscrire les remparts dans un parcours paysager et de les transformer en lieu de promenade et déambulation. La diversité des vues et les rapports spatiaux sont en jeu pour créer un parcours hétérogène et rythmé. - le glacis en tant qu’élément indissociable des remparts participe au parcours paysager, mais il joue aussi le rôle de séparateur entre la route et la ville. Son statut de talus est transformé en élément d’enveloppe et de couverture pour les fonctions qu’il abrite tout en leur apportant air et lumière. - la porte Lavagine retrouve sa fonction primaire d’entrée de ville et de seuil. Lui donner des repères spatiaux et l’affirmer en tant que point singulier dans le paysage.

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Basculement // réinterprétation par le retournement Les strates forment un équilibre et une transition qui leur sont propres. C’est l’homogénéité de l’ensemble qui constitue sa valeur urbaine, paysagère et patrimoniale. La juxtaposition des strates et leurs relations ont été établies pendant la Renaissance Italienne et correspondent à la vision urbaine de cette époque. Or aujourd’hui l’expansion urbaine est régie par des règles qui lui sont contemporaines et la question de l’insertion et de la cohésion de l’ensemble est essentielle : il s’agit d’intégrer aux formes existantes sur le site celles issues de l’expansion urbaine. Pour préserver les relations entre les strates constitutives du site et leur cohésion, l’idée est d’empiler les nouvelles entités (commerces, logements, parkings et services) pour éviter la création d’une nouvelle strate qui altérerait la lisibilité d’ensemble. La juxtaposition présente jusqu’à maintenant sur le site bascule et se transforme en superposition qui se glisse sous la strate du glacis. Ce dernier n’est plus un simple talus mais devient l’enveloppe du projet. L’esplanade constitue l’endroit d’articulation entre les strates existantes et l’empilement vertical généré par le projet. En tant lieu de congestion elle abrite la seule partie émergente du projet. Son statut d’entrée urbaine est marqué par l’édification de deux tours qui entrent en dialogue avec la porte Lavagine et constituent un repère dans le paysage.

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Connexion // urbain et périurbain Il s’agit de relier les éléments apportés aux strates existantes. De part leur nature, une série de binômes se forme : Route / parking : cette connexion semble naturelle et évidente. Afin de dégager le parvis de la porte Lavagine, elle est déplacée plus en amont, en bas du glacis. Mur / commerces : la liaison des commerces avec le mur donne une nouvelle valeur à ce dernier et permet de l’inscrire dans un rapport plus étroit et intériorisé avec son vis-à-vis. Ainsi, la route se transforme en rue piétonne et commerciale. Logements / ville : la nature de cette connexion questionne directement le statut du site. Autant son statut actuel est périurbain et les fonctions annoncées précédemment sont de la même nature, autant l’insertion de l’habitat nécessite sa transformation en lieu urbain et cherche à inscrire les logements dans la limite de la ville. Cette inscription a une double nature : physique et visuelle. La connexion physique nécessite la proximité de la porte et une relation directe à cette dernière via l’esplanade. La connexion visuelle et spatiale cherche à donner les mêmes qualités aux nouveaux logements qu’à ceux à l’intérieur de l’enceinte d’Urbino. Ces qualités sont le rapport à la ville et au paysage, la vue et la lumière. La situation du site en contrebas de la ville et la nécessité de préserver la surface du glacis en tant qu’élément constitutif de la porte Lavagine vont de paire avec la superposition verticale des éléments du projet urbain. Ainsi, logements et hôtel sont réunis en deux immeubles de 12 niveaux chacun. De ces connexions découle deux entités distinctes sur le site : une première constituée par l’ensemble muraille/glacis/commerces, la seconde par l’ensemble porte/esplanade/tours.

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parking 1 / -3 : + 388.00

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parking 2 / - 2 : + 392.00

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ECHELLE MICRO LOCALE / Complexe commercial de la porte Lavagine. David Vincent le complexe commercial et le parking sont intégrés au projet urbain de la porte Lavagine comme des éléments attracteurs majeurs. Ils vont générer les flux les plus importants et se nourrissent de leurs activités respectives. Les centres commerciaux ont longtemps été les chantres de l’architecture. Ils sont bien souvent des objets posés, dé-contextualisés ou plutôt sans contexte. Le parking est son environnement direct. Traditionnellement, ces architectures sont des objets de banlieue. Depuis le milieu des années 80, les villes sont devenues intéressantes pour ces grandes surfaces. Le cas de celui ci est particulier, c’est le besoin de la ville en parking qui permet l’apparition des commerces qui vont financer l’opération. le parking est l’élément générateur du projet. Face à la croissance de la population et du trafic induit par l’hypothèse haute. Le parking est un espace fonctionnel qui s’intègre parfaitement au système de voirie dont il est une extension. Sa fonction d’interface piéton/automobile en fait un espace de distribution complexe. Les parkings en périphérie des villes sont les symboles de la reconquête des villes par les piétons et garantissent une certaine idée du confort urbain. Sa situation basse (au niveau -3 et -2), parallèle à la route, lui donne une valeur de dalle supportant physiquement et symboliquement l’ensemble de l’opération. La mini gare de bus est une infrastructure complémentaire du parking qui offre la possibilité aux cars de tourisme de stationner à proximité de la porte, renforçant ainsi la fréquentation touristique du site de la porte Lavagine. Cet équipement renforce l’axe historique et l’opposition symbolique de la porte Lavagine au Mercatale. Elle se situe au niveau -2, a proximité des Escalators et de l’ascenseur, facilitant ainsi l’accès des touristes à la surface. le complexe commercial est une nécessité sur 2 plans : tout d’abord, il participe au financement des parkings. Par ailleurs, ce type de complexe n’existe pas dans l’Urbino actuel, et sera nécessaire dans le cas de l’aboutissement du plan régulateur. C’est avant tout un équipement de proximité qui s’inscrit dans la continuité historique du développement de l’axe commercial du quartier Lavagine. Le supermarché se trouve au niveau -1et ses accès depuis le parking et l’esplanade se font par 3 voies distinctes : les escalators, l’ascenseur, et place basse. Les multiples possibilités d’accès tendent à intégrer le plus efficacement possible au tissu urbain, tout en affirmant son intégration paysagère la Via Dei Morti est déplacée au pied des murailles et offre une façade commercial de détaillants. Elle permet des flux piétons en direct du Consorzio et du complexe cinématographique. Les commerces ainsi situés, renforcent l’urbanité de cette rue et respectent l’environnement en restant invisible du paysage, et très peu visible la ville. La place basse (ou balcon) est l’élément urbain qui permet d’articuler le supermarché, avec la place haute. Sa situation à l’écart des flux importants, dominant le paysage, en fait un lieu idéal pour installer des terrasses de cafés et restaurants. La passerelle relie la place basse à la campagne environnante. Elle devient le symbole du rétablissement de la connexion entre la ville et son paysage. Elle confirme le monde rural urbinate comme vecteur de développement local. La couverture présente l’un des enjeux majeur du projet architectural : elle couvre les parkings et le complexe commercial sur leur quasi totalité tout en permettant l’accès et la visibilité de chacun de ses éléments programmatique. De plus elle est percée afin de permettre les passages techniques ainsi l’usage de la lumière naturelle. Elle doit garantir la parfaite intégration paysagère de l’ensemble, et symbolisera la restauration du glacis comme promontoire de la ville. 43


ECHELLE MICRO LOCALE //// Porte / Esplanade / Tours Svetlin Peev

Le projet architectural porte sur la formalisation de l’ensemble des deux tours et leur intégration dans le contexte urbain et paysager avec la constitution de l’esplanade devant la porte Lavagine. Les tours poursuivent les enjeux du projet urbain de maintien de l’habitat présent sur le site tout en minimisant son impact sur l’entité linéaire des remparts et l’intégrité du glacis. L’avantage qu’elles présentent est double : d’un côté réduire la surface construite au sol et de l’autre établir un signal fédérateur pour la ville. Elles s’inscrivent dans la tradition italienne de la ville commerçante, à travers notamment des exemples comme Bologne et San Gemignano. Le complexe formé par l’ensemble tours/esplanade/porte constitue un signal fort d’entrée de ville. Il établit un seuil entre ville et paysage mais aussi entre le site existant et le projet. Il est l’articulation entre le mouvement horizontal de la ville organisé en strates parallèles : muraille, glacis, route, et le mouvement vertical généré par les éléments superposés du projet : logements, hôtel, restaurant, parking, supermarché et commerces. Cette articulation se décline sur trois échelles : paysagère, urbaine et architecturale. Echelle du grand paysage L’articulation esplanade/tours permet un dialogue entre la ville et le paysage alentour. Depuis le paysage lointain et la route périphérique, les deux tours constituent un appel visuel et marquent ainsi l’entrée de la ville. De par leur géométrie et leur élancement, il s’agit d’un repère à l’échelle du grand paysage, même si elles se fondent à la ville en arrière plan grâce à leur enveloppe qui reprend le matériau –terre cuite- des façades urbinates. Ainsi, de loin, les tours s’intègrent à la skyline de la ville alors que depuis la route en contrebas elles deviennent monumentales et soulignent l’entrée urbinate. A l’inverse, lorsqu’on se trouve au niveau de la porte Lavagine, l’esplanade permet une vision panoramique sur le paysage environnant. Elle offre une situation de promontoire urbain. Echelle urbaine L’esplanade, à cette échelle, permet de créer une fonction de parvis et de seuil devant la porte Lavagine. C’est elle qui fait la jonction entre grand paysage et espace urbain : partant de la porte, elle s’ouvre sur le paysage puis s’enroule entre les deux tours pour former à leur pied un espace plus confiné de l’ordre du square. C’est aussi un espace de respiration, un vide qui permet d’organiser et de concentrer les éléments constructifs. Elle offre le point d’équilibre entre l’horizontalité des strates existantes et la verticalité du projet. Dans cette optique, les tours apparaissent comme des émergences du sous-sol qui se dressent pour créer un écho contemporain à la porte Lavagine. Elle est le catalyseur des différents éléments installés autour : tours, route, porte, escalators menant au parking et au supermarché, et agit comme une plate-forme qui répartit les flux et fonctions du site. Son aspect unitaire permet de raccorder les circulations automobiles et piétonnes. Ainsi, la route menant à la porte n’est plus un élément de morcellement du parvis puisqu’elle fait partie intégrante de l’esplanade. De la même façon, entre les deux tours, la surface de l’esplanade se soulève pour permettre l’accès au supermarché souterrain par le biais des escalators. Cette entrée réintroduit une échelle intermédiaire au pied des tours et, tournée vers la porte, elle entre en dialogue avec elle.

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A l’échelle architecturale L’ensemble des deux tours comporte un programme composé de logements et la création d’un hôtel avec ses structures annexes. Le projet architectural porte son attention sur la polyvalence et l’articulation des espaces qu’ils soient intérieurs ou extérieurs. Ainsi l’utilisation de la circulation verticale des tours ainsi que leur structure leur permet une polyvalence et la possibilité de plusieurs aménagements différents. La volumétrie et leur aspect effilé leur permet des vues multiples orientées vers la ville et le paysage. L’emplacement et le développé des façades leur donne cet avantage ainsi qu’une quantité de lumière abondante. La mise en place d’une gradation programmatique verticale va dans le sens de la superposition d’éléments abordée par le projet urbain. L’introduction de programmes publics ou semi publics dans les premiers étages des tours leur permet d’effectuer un passage graduel de l’espace public vers l’espace privé des logements et chambres d’hôtel. L’enveloppe des bâtiments, leur structure ainsi que les détails de mise en œuvre des espaces urbains constituent l’apogée du projet architectural. Les façades des tours ont de multiples fonctions et jouent sur les différentes échelles du projet. Elles donnent leur image générale et leur permettent ainsi de s’inscrire dans l’environnement urbain. A l’échelle du logement elles apportent ou protègent de la lumière, la chaleur et apportent de l’air frais.

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