mensuel de l’Union des progressistes juifs de Belgique octobre 2013 • numéro 339
éditorial La monarchie belge ou le retour du refoulé Bureau de dépôt: 1060 Bruxelles 6 - P008 166 - mensuel (sauf juillet et août)
Anne Grauwels
O
n connaissait déjà le rôle trouble de Léopold III durant la Deuxième Guerre mondiale qui a mené finalement à la « question royale » et à l’abdication du roi en 1951. Léopold III, avant la venue des nazis, était déjà un homme de l’Ordre Nouveau, partisan d’un État fort, sans partis politiques et sans syndicats. En s’opposant à la décision du gouvernement Pierlot de ne pas démissionner et de continuer son travail en exil à Londres, il s’est rangé, au moins de façon passive, du côté de la collaboration avec l’occupant nazi. Raison officielle : protéger ses soldats et la population belge. On apprend aujourd’hui que pour les
Juifs de son Royaume, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’a été d’aucune aide. C’est ce qu’explique, preuves à l’appui, Sylvie Lausberg, dans un dossier publié dans l’hebdo Marianne (édition belge)1. L’historienne a eu accès à un dossier contenant 65 lettres adressées au roi Léopold III « pour solliciter son appui afin d’échapper aux rigueurs des mesures prises par l’occupant à l’égard des Juifs ». La particularité des auteurs de ces lettres, c’est qu’ils sont de nationalité belge – une infime minorité des Juifs le sont à l’époque – et que certains d’entre eux font d’ailleurs partie de l’élite de la société belge, comme par exemple la famille Errera ou la famille Wiener. Tous
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BELGIQUE-BELGIE P.P. 1060 Bruxelles 6 1/1511
octobre 2013 * n°339 • page 1