Écrit par Dante_Sparda_62 pour Metal Gear Generation et Dante_Sparda_62's Novels. Aucune copie sans citer le nom de l'auteur et sans son accord, ni aucune utilisation commerciale ne sauront être tolérées. Ce roman est sous copyleft.
Note de l'auteur : « Ce roman, comme tous les autres romans sur la saga que j'ai écrits, est avant tout un hommage d'un fan au jeu d'Hidéo Kojima. Je ne prétends en rien vous fournir une oeuvre de qualité. Je suis également preneur de toute critique si tant est qu'elle est constructive. En vous souhaitant une bonne lecture, Dante. »
par Dante_Sparda_62
Outer Heaven. Un nom qui depuis des années, faisait parler de lui. Les rumeurs allaient bon train concernant cette étrange forteresse armée apparue autour de 1990 aux confins de l'Afrique du Sud, loin du contrôle des grandes puissances. Outer Heaven était une Société Militaire Privée qui se servait avec brio de sa neutralité politique afin d'essayer d'équilibrer les pouvoirs sur les champs de bataille, envoyant des soldats là où tel camp de telle zone dévastée en avait besoin. Certains prétendaient qu'il s'agissait, à la base, d'un véritable paradis. Une utopie concrétisée. Un lieu libéré de tout contrôle, où chaque soldat aurait sa place et pourrait remplir sa fonction première : combattre. Jusqu'au jour où la vérité éclata. Nous sommes en 1995 lorsque Solid Snake, vingt-trois ans, nouvelle recrue de Fox Hound – unité de forces d'élite créée par le soldat légendaire Big Boss – apprend qu'il va partir en mission pour la forteresse de Outer Heaven. On lui passa au téléphone le légendaire patron de l'unité, qui lui exposa comme suit la situation. - Tout d'abord, Snake, je suis désolé de ne pas pouvoir te parler en face à face de cette mission, mais je suis actuellement en déplacement. - Monsieur, c'est toujours un honneur, répondit le jeune homme fasciné par Big Boss depuis longtemps. - J'ai décidé que cette mission te serait confiée parce que je pense que tu as suffisamment de potentiel. Notre meilleur homme, Gray Fox, a déjà échoué à la tâche... - Fox, échouer ? Monsieur, vous êtes bien certain que c'est une mission à ma portée ? - Chaque chose est à la portée de chacun, Snake, si tant est qu'il daigne tendre le bras. Tu as sans doute entendu parler de la forteresse de Outer Heaven, non ? - Oui, Monsieur. - Il semble que finalement, les inquiétudes des Etats du monde entier soient avérées. Il y a cinq jours, le gouvernement américain a reçu des menaces pour le moins troublantes. - Quel type de menaces ? - Ils réclament l'indépendance totale, sous peine de tirer un missile nucléaire. - Un missile nucléaire ? Et on en sait plus ? demanda Snake surpris. - Pas du tout. Nous avons donc décidé d'agir logiquement : il faut vérifier qu'en effet, Outer Heaven possède l'arme nucléaire. C'était justement la mission de Gray Fox. Après vingt-quatre heures sans nouvelles, nous avons enfin reçu un message radio de sa part. Il n'a eu le temps de prononcer que deux mots avant que nous n'entendions un coup de feu : « Metal Gear ». - Metal Gear ? Drôle de nom... a-t-on idée de ce que ça veut dire ? Ça n'est pas une espèce de code ou quelque chose ? - Il semblerait que non, répondit Big Boss. En tout cas, l'opération Intrude N313 comporte deux objectifs majeurs : premièrement, découvrir ce qu'est ce « Metal Gear ». Deuxièmement, empêcher ces terroristes de lancer un missile s'ils en ont effectivement la capacité. Et, accessoirement, découvrir ce qui est arrivé à Gray Fox... Snake émergea la tête de l'eau. Le hangar par lequel il allait entrer n'était apparemment pas gardé. Il sortit et retira son masque une fois sur la terre ferme. Son premier réflexe : se plaquer derrière le container le plus proche afin d'observer plus discrètement les lieux. Après avoir prévenu Big Boss qu'il était sur place, et avoir été une énième fois sermonné par ce dernier, « ne te fais pas
repérer, ce n'est pas une mission officielle, tu dois te procurer l'équipement sur place, blablabla », Solid Snake entra dans le hangar. Trois tanks étaient garés là afin que l'endroit semble plus accueillant aux étrangers sans doute. Plus loin, deux hommes armés faisaient leur ronde, sillonnant entre les tanks et les containers du hangar. Apparemment, le premier point que Snake allait devoir atteindre était un ascenseur, droit devant. Mais il décida avant tout d'inspecter plus en profondeur ce hangar. C'est ainsi qu'il trouva une mine et un pistolet sans balles – ce qui vous en conviendrez est fort utile face à des hommes sur-entraînés armés de mitrailleuses – au fin fond d'un vieux camion qui n'avait pas dû bouger de là depuis quelques siècles. Cela étant fait, il décida de ne pas s'attarder ici et de prendre l'ascenseur, en toute discrétion. Le premier étage ressemblait fortement au rez-de-chaussée. Sobre, pas spécialement beau. Carrelé aussi bien au sol que sur les murs en vert et en orange. Le type qui avait choisi les couleurs était soit daltonien, soit très drôle. Deux caméras de surveillances couvraient la zone, et Snake s'empressa donc de passer en priant tous les dieux de toutes les religions pour qu'on ne l'ait pas vu. Cela étant fait, il repéra un homme posté devant une porte. Une porte gardée signifiant forcément qu'il y avait donc quelque chose – ou quelqu'un – d'intéressant derrière. Il fit diversion afin de réveiller le garde, qui se dirigea alors bêtement, canon tendu, vers le lieu d'où venait l'étrange bruit qu'il venait d'entendre. Le serpent se faufila sans bruit dans son dos et franchit la porte. Par terre se trouvait un tissus blanc très sale qui s'était habillé avec des bras, des jambes, et une tête pleine de cheveux noirs mal coiffés. Le pauvre homme était en mauvais état. Snake l'aida à se relever et tenta de lui poser quelques questions, mais l'otage semblait perdu. On eut dit un enfant qui n'avait pas encore fini d'apprendre à parler tant il balbutiait un charabia incompréhensible. Pour couronner le tout, Solid s'aperçut après quelques dizaines de secondes que l'homme en question ne parlait pas américain, mais une langue locale que le serpent maîtrisait peu. Snake mit le garde devant la porte hors d'état de nuire et montra la voie à suivre à l'otage en lui souhaitant bonne chance. Lorsqu'il ouvrit la porte qui semblait mener aux cellules où était supposé être Gray Fox, l'agent de Fox Hound fut si surpris qu'il eut le souffle coupé. Et tant mieux, d'ailleurs : la pièce était remplie d'un gaz mortel. Il s'empressa de refermer et de retourner sur ses pas pour reprendre son souffle. La radio sonna dans son oreille : - Ici Big Boss. Quelle est la situation, Snake ? - Il semble que Gray Fox ne soit pas le seul prisonnier, et il semble aussi qu'ils aient entrepris de ne laisser passer personne : il y a du gaz dans la salle suivante. - Hm... Tu sais, Snake, les terroristes ont beau être des terroristes, il ne faut pas croire qu'ils sont idiots. Ils ne prendraient pas le risque de perdre l'accès à une partie de leur précieuse forteresse. - Vous voulez dire qu'ils ont sans doute des masques à gaz ? - Exactement. Ou alors un système qui contrôle l'échappement des gaz. - Je préfère opter pour le masque. Imaginez que je traverse au moment où l'on s'aperçoit que les gaz ne sont plus activés... - Mauvaise idée, Snake. Tu n'as pas le temps de t'amuser à chercher bêtement un masque. Coupe le gaz et passe. Je dois stopper la communication pour le moment. Surpris, Solid se demanda si Big Boss ne perdait pas la raison. Trouver un masque n'était après tout pas plus difficile que de trouver un levier commandant l'arrivée d'un stupide gaz, et comportait l'avantage d'être bien plus sûr pour sa vie. Son intuition lui disait que son idée était de toute façon bonne, et il retourna donc sur ses pas pour se diriger vers une sorte d'armurerie. Il eut la bonne surprise d'y trouver des balles et un silencieux pour son arme, ainsi qu'une mitrailleuse légère... sans munitions, elle. Après avoir ouvert l'une des petites portes de l'armurerie, il tomba nez à nez avec pas moins de trente grands yeux jaunes qui l'observaient. Il attrapa l'un des quinze
masques à gaz (oui, quinze... deux yeux par masque), et se remit en route. Une fois la salle gazée traversée, il trouva dans une nouvelle cellule un autre otage. Celui-ci semblait plus apte à parler, et avant de partir en courant, il dit à Snake : « Vous dites être de FoxHound ? Alors sachez ceci : un autre membre de votre unité est venu ici il y a quelques jours. Je crois qu'il va bien, mais il a été capturé par l'ennemi... ». Alors que le serpent poursuivait sa route à la recherche de Gray Fox, il tomba nez à nez avec un sol électrifié, visiblement à très haut voltage. Remarquez que le sol n'avait en fait pas de nez. Simple bizarrerie de notre langue. Big Boss le contacta alors et Snake lui expliqua la situation. Apparemment le seul moyen de traverser était de détruire le panneau de contrôle qui, afin de rendre les choses plus faciles encore, se trouvait de l'autre côté du couloir électrifié. Après quelques siècles de recherche, Solid revint armé d'un lance-missiles téléguidés et réussit à détruire le panneau à quelques cent mètres devant en le faisant exploser. Aussi étonnant que cela puisse paraître, les quelques gardes qui se trouvaient dans les parages n'arrivèrent pas en courant fusil à pompe à la main et talonnés par une armée de chars d'assaut. Non, ils envoyèrent l'un d'entre eux enquêter, et il ne revint jamais. Ceux qui l'attendaient en déduirent donc qu'il n'y avait rien de grave car si ç'eut été le cas, l'éclaireur les aurait bien sûr prévenus. Snake trouva un nouvel otage et le libéra. Décidemment, ces mercenaires les collectionnaient. Celui-ci indiqua à l'infiltré de Fox Hound la fréquence radio de Diane, une membre de la résistance qui pourrait lui être d'un grand secours en ces lieux. Il tenta de l'appeler et elle ne répondit pas, ce qui incita le serpent à lancer un commentaire désobligeant sur les femmes en général. Un nouvel ascenseur se présentait à lui mais il tenait à terminer sa visite de cet étage. C'est alors que Solid fit une rencontre surprenante. Une rencontre qui changerait sa vie. Elle était là. Belle... non, magnifique. Se tenant fièrement, et semblant n'attendre qu'une chose, que l'on se cache dessous. Je veux parler de la boîte en carton. Ainsi caché, le serpent avançait, s'arrêtant dès qu'un bruit suspect lui signalait l'arrivée d'un garde. Il ne craignait qu'une chose, c'était que l'on abîme sa boîte si on le surprenait à bouger. Il dut toutefois s'en débarasser à contrecoeur afin de franchir une porte. Et lorsqu'il fut derrière celle-ci, ce fut la confusion totale. Quatre fous couraient dans tous les sens, se cachant derrière tous les murs, et mitraillaint en direction de tous les Solid Snake de la pièce. Ce dernier manqua de rire tant la situation était d'une absurdité improbable. Démuni d'armes, il hurla qu'il se rendait après s'être mis à couvert. On l'attrapa violemment, on lui donna un énome coup de crosse dans l'arrière du crâne, et on lui posa des questions auxquelles ils ne répondit pas non pas par bravoure mais par impossibilité : il était inconscient. Son premier réflexe lorsque son cerveau repassa sur « marche » fut de toucher l'arrière de sa tête douloureuse, comme pour vérifier qu'il n'y avait pas quelque trou qui se baladait là. Ouf, il était entier. Tout était noir. Il ouvrit les yeux, et tout devint blanc. Le temps que sa pupille se dilatte et il commença à discerner quatre murs autour de lui. Une petite fenêtre, des barreaux la protégeant, éclairait la pièce. Il fallut quelques secondes à Snake pour qu'il s'aperçoive qu'il manquait à cette pièce une porte d'entrée... et accessoirement de sortie. Par chance, il avait toujours sa radio sur lui. Il contacta Big Boss. - Capturé ? répéta ce dernier. - Oui, je n'ai rien vu venir... J'ai à peine eu franchi cette porte que... Bon sang, est-ce que vous pensez qu'ils savaient que j'allais passer par là ? - C'est une possibilité, mais je ne vois pas bien comment à vrai dire. En tout cas, écoute-moi bien. Malgré de longues heures de recherche, tu n'as toujours pas mis la main sur Gray Fox. Il faut que tu trouves à tout prix le moyen de sortir d'ici ou on court droit à la catastrophe. - Je vais faire mon possible.
Le possible de Snake étant restreint, il se mit à faire les cent pas avant de s'allonger sur le carrelage bleu-gris. La douleur au niveau de sa tête ne semblait pas vouloir se calmer et l'empêcher de penser correctement. Il n'y avait pas de porte. Pourtant il était entré. Il n'avait vu aucune porte qui aurait éventuellement pu mener à Gray Fox. Donc... oui ! Jamais il n'y avait eu de porte. Il était juste emmuré vivant. Et sans doute en était-il de même pour Fox. Se levant d'un bond, il sauta sur l'un des barreaux de fenêtre qui semblait moins bien tenir que les autres. Il tira de toute ses forces et le barreau finit par se détacher. Deuxième étape, vérifier les murs. L'oreille collée à ceux-ci, le poing y cognant doucement, il cherchait un endroit qui sonnerait plus creux que les autres. Lorsqu'il eut trouvé, il attrapa son barreau et frappa de toutes ses forces. Tant pis si un garde se trouvait derrière, il devait de toute façon essayer de sortir. Il réussit à faire un trou suffisamment grand pour qu'il puisse s'y engouffrer. Ce n'était pas un garde qui se trouvait derrière, mais un homme assis au sol, au milieu de la pièce. Visibilement, il avait été blessé, mais sa vie ne semblait pas en danger. Snake s'approcha. - Fox ? - Grey Fox. C'est bien moi, répondit l'homme de sa voix profonde. Au vu de ta tenue, j'en déduis que tu viens toi aussi de Fox Hound... mais je ne t'ai jamais vu. - Je suis nouveau, s'empressa de préciser le serpent. Solid Snake. On m'a envoyé chercher des informations, notamment en te retrouvant. - Foutaises. Pourquoi enverraient-ils un nouveau là où le meilleur a échoué ? Rentre chez toi petit, c'est pas pour les enfants ici. - Écoute, j'ai survécu pendant des heures sur cette base. Je n'ai pas besoin de ton avis, juste de tes infos. Je peux te passer Big Boss via ma radio si vraiment tu n'as pas confiance. - Fais donc, demanda Fox se calmant peu à peu. - Ici Snake, j'ai trouvé notre homme. Big Boss sembla rassuré de le savoir en vie. Et la réponse à la question qui animait tous les esprits ne tarderait pas à être révélée. Qu'est-ce que « Metal Gear » ? - Metal Gear... répéta Fox d'un air sombre. C'est l'arme ultime. Un tank mobile, bipède... à capacité nucléaire. Capable de tirer un missile depuis n'importe quel point du globe... vers n'importe quel autre point. Choqué Snake le regarda comme s'il était simplement devenu fou enfermé entre ces quatre murs. Mais le renard semblait avoir toute sa tête... et c'était donc d'autant plus inquiétant. Metal Gear n'était pas encore complet, par chance. Mais lorsque ce serait le cas, plus rien ne pourrait arrêter ces mercenaires. Ils lanceraient un missile nucléaire si on ne leur accordait pas l'indépendance. « Snake, Metal Gear doit être détruit, continua Fox. Et ce avant sa complétition. Il n'y a qu'un moyen d'arrêter cette machine infernale. Il faut que tu trouves l'ingénieur en chef du projet, un dénommé Pettrovich. Il est détenu quelque part sur cette base. » Fox décida de rester là encore un moment, afin de recouvrer ses forces. Il partirait après Snake. Ce dernier s'acharna de nouveau sur un faux mur et se retrouva en dehors de la cellule. Il y avait une salle. Une salle devant une cellule. Ceci évoqua au serpent l'éventuelle présence d'un éventuel gardien, évidemment. Et avouons que sans son équipement, il n'irait pas loin. Pourtant, la pièce semblait totalement vide, calme. Trop calme. Sortant de nulle part, un mercenaire braqua une sorte de fusil de chasse et se mit à tirer. Cet homme, un peu fou sur les bords, était surnommé le Shotmaker. Depuis sa plus « tendre » enfance, il développait une passion, une obsession pour les fusils. La routine quoi. Sauf que, comme je l'ai déjà signalé, il était aussi un peu dingue : pour lui, mourir d'un coup de fusil était le plus grand des honneurs. Il a ainsi fait honneur à son père, puis à sa mère, etc. Jusqu'à ce qu'un jour « on » lui apprenne à contrôler ses pulsions et à diriger ses
cartouches vers des personnes bien particulières. Shotmaker était clairement manipulé par quelqu'un. Mais par qui ? Pas le temps d'y réfléchir. Solid défonça la porte en face de lui, et tomba nez-à-nez avec son équipement. Quelle chance. Il attrapa le pistolet, se retourna, et tira. L'adversaire tomba au sol, grièvement blessé. Snake s'en approcha. Merde. Il n'avait jamais tué auparavant. Son regard se plongea au plus profond des yeux grands ouverts de Shotmaker. Des yeux effrayants, exprimant à la fois la douleur, la peur, la folie, et peut-être même une certaine haine. Paralysé devant ce spectacle, il sembla à Snake que le regard de l'homme qu'il venait de descendre le suppliait de l'achever. Il pointa d'abord son arme de poing, puis, réfléchissant, il comprit que Shotmaker voulait sans doute être abattu par son fusil favori. Il lui tendait effectivement l'arme. Solid avait peine à tenir debout. Il attrapa la machine à tuer, visa, posa l'index sur la gachette, et tira. C'est du moins ce qu'il croyait avoir fait, mais la dernière étape semblait poser problème à son index. Une voix profonde retentit alors derrière-lui. « Laisse-moi faire. » lança calmement Gray Fox qui observait la scène depuis quelques secondes déjà. Il prit le fusil des mains de Snake et tira sans cérémonie. A partir de ce moment, un lien très particulier s'installa entre les deux soldats. D'un côté le bleu, de l'autre l'homme d'expérience. Le second guidant le premier. Gray Fox conseilla à Solid de fouiller son propre équipement.. et ce dernier y trouva une sorte d'émetteur glissé là par l'ennemi. Je vous épargnerai la façon dont Snake est sorti d'un labyrinthe énorme et gardé par des chiens affamés, le moment où un prisonnier - autre résistant – lui a expliqué que Madna était détenu dans une cour entourée de murs impossible à escalader, ou même la difficulté qu'il a eu à affronter Machinegun Kid, un jeunot fana de mitrailleuses et à peu près aussi taré que Shotmaker. Lorsqu'il arriva sur le toît, l'espion eut peine à progresser à cause du vent, traîtrement puissant. Il approcha du bord. Un Hind D, hélicoptère de combat, survolait la zone : il lui faudrait faire vite. La cour menant à la cellule de Drago Pettrovich Madnar se trouvait en contrebas, à environ trente mètres. Alors il sauta. Puis il ouvrit son parachute au dernier moment afin d'éviter de se faire repérer. L'atterrissage fut donc rude, mais il ne se cassa rien. Une fois les quelques gardes trompés, il se faufila dans la cellule, et trouva... tout sauf un scientifique. C'était un autre résistant, qui lui expliqua que malheureusement, Madnar venait d'être transféré, il y avait de cela à peine deux heures. Mais bon sang, comment avaient-ils pu anticiper l'arrivée de Snake ? C'est la question que ce dernier se posait. Il contacta Big Boss afin de lui exposer les faits, et se mit en route. Le docteur était à dix kilomètres au nord. Jamais Solid n'avait beaucoup apprécié la chaleur. Ce jour-ci, il la détesta plus que jamais. Ce petit désert de l'extrêmité sud de l'Afrique le rendait fou. Les scorpions le regardaient passer d'un air menaçant. Et alors qu'il voyait se rapprocher l'ombre de l'énorme « deuxième bâtiment », il tomba nez à nez avec un tank. Comme ça, cash. Et ce tank avait l'air encore plus menaçant que nos scorpions. Il lui bloquait la route, le cherchant de son canon, et mitraillant à l'aveuglette. Le pauvre courrait, épuisé par les dix kilomètres en plein soleil qu'il venait de traverser, jusqu'à ce qu'enfin il disparut. A bord du tank, on se demandait si l'on avait eu l'ennemi. On fit donc avancer le char de quelques mètres. Puis il explosa. Snake avait eu raison de garder ces mines. Elles avaient finalement trouvé leur utilité. Mais à nouveau, comment l'ennemi avait-il su qu'il arrivait ? L'entrée du second bâtiment d'Outer Heaven était bien gardé. D'ailleurs, charmé, Snake entendit parler de lui à l'entrée : un membre de Fox-Hound était sur place et il fallait à tout prix l'arrêter. Big Boss choisit ce moment pour le contacter. Il lui conseilla de se déguiser en soldat ennemi, puis lui expliqua que pour des raisons qu'il ne pouvait expliquer rapidement, il lui fallait
changer de fréquence radio. En gros, quelqu'un semblait essayer de brouiller le signal de l'espion. A partir de là, Snake enchaîna piège sur piège. D'abord un faux Madnar qui essaya de le tuer, puis un buldozer qui tenta de le transformer en crèpe, et même le coup de la coupure de courant dans un ascenseur. Sans parler de Fire Trooper, un fou du feu qui tenta de faire du serpent au barbecue à généreux coups de lance-flamme. Mais il finit par trouver le docteur Drago Pettrovich Madnar au second étage. Ouf. Mais c'était loin d'être terminé. « Je ne vous dirai rien sur Metal Gear à moins que vous ne trouviez et libériez ma fille, Ellen ». Après s'être retenu de l'étrangler, Solid résigné se mit à la recherche de la demoiselle en détresse. Il n'y avait qu'un endroit qu'il n'avait pas encore visité : le troisième bâtiment (remarquez l'originalité), qui lui était accessible par un égout. Et il la trouva, après avoir évité moult pièges une fois de plus. Celle-ci lui expliqua qu'on avait forcé son père à travailler sur Metal Gear, cette ignoble machine de guerre à capacité nucléaire, en l'utilisant elle, sa fille, comme moyen de pression. Elle le supplia d'aider son père, et Snake se remit donc en route vers ce dernier. Les nouvelles que Madnar lui apporta ne l'enchantèrent pas vraiment. Metal Gear se trouvait au centième sous-sol du troisième bâtiment. « Y'a un ascenseur ? » avait immédiatement demandé Snake. Le seul moyen de détruire ce « Metal Gear TX-55 » était de poser de l'explosif C4 sous ses pieds, en quantité, mais dans un ordre précis. D'abord à droite, puis à gauche, encore à gauche, puis à droite trois fois... etc. Ne me demandez pas pourquoi. Snake était en route. Plus de pièges. Trop peu de gardes. Quelque chose clochait. Il reçut alors un appel radio de Schneider, chef de la résistance. Diane, dont il avait récupéré la fréquence au début de sa mission, avait enfin réussi à les mettre en relation. Schneider semblait paniqué. Troublé. « Écoute-moi bien, Snake. Nous avons découvert l'identité du créateur et leader de Outer Heaven. Tu ne vas jamais me croire, il s'agit de... ». Et la transmission coupa. Pire qu'un film à suspens. Une centaine d'étages plus bas, après avoir défait un certain Dirty Duck qui s'amusait beaucoup à lancer des objets tranchants vers son adversaire dans une pièce remplie d'otages, Solid vit pour la première fois de sa vie une unité Metal Gear. Parce que, oui, il ne faut pas croire qu'un engin avec une telle portée stratégique resterait unique bien longtemps. Par chance, Metal Gear n'était pas activé. Il mesurait une quinzaine de mètres de haut, et un cockpit au niveau de ce qui ressemblait à la tête permettait de piloter l'engin. Solid comprit alors où étaient tous les gardes qui manquaient à l'appel, plus haut. Ils étaient là, gardant l'engin de mort. S'engagea alors un jeu peu amusant. Cela s'appelle « Tirons sur Snake pendant qu'il manipule des explosifs devant un engin à capacité nucléaire ». Pourtant, Solid réussit à poser le C4 aux endroits que lui avait indiqué Madnar. Il s'éloigna de Metal Gear qui explosa et s'effondra sous son poids. Ça, c'était fait. Plus qu'à combattre une quinzaine de soldats et mourir dignement. Ou peut-être pas. Une voix s'éleva à travers un interphone. « Le processus d'autodestruction du bâtiment a débuté. Merci de quitter les lieux. Explosion dans exactement trois mille secondes ». Ce qui laissait tout de même cinquante minutes pour grimper une centaine d'étages. Le serpent fonça vers la porte de sortie, ouverte, et manqua de s'écraser sur quelqu'un. Les cheveux grisonnants, une longue veste marron, un béret bordeaux, un bandeau de pirate sur l'oeil droit, un bleu clair et sublime dans l'oeil gauche, un visage ridé, et un Patriot, mitrailleuse légendaire, entre ses mains. Big Boss. Évidemment. - Qu'est-ce que vous faites ici ?! demanda Snake se doutant de la réponse. - Tu as ruiné mon monde, Snake, lança le commandant en chef de Fox-Hound. - De quoi est-ce que vous parlez ? - Je t'ai envoyé toi, simple bleu, amateur, parce que jamais je n'aurais imaginé que tu irais si loin. Mais je dois admettre que je t'ai sous-estimé. C'est à croire que la génétique ne fait pas tout.
- Que voulez-vous dire ? - Je prendrais bien le temps de te l'expliquer, mais cela s'avèrerait inutile, puisque je vais te tuer de toute façon. Oui Snake. S'il faut que je meurs, alors tu mourras avec moi. Maintenant bats-toi ! Surpris, Snake vit arriver un poing en plein dans son visage. Il tenta de le renvoyer à Big Boss, par pure courtoisie, mais celui-ci était d'une vitesse et d'une dextérité sans égal en combat rapproché : il contra le coup et manqua de briser le bras droit de Solid. Ce dernier sortit son arme de poing. Son commandant l'attrapa et la démonta avant même qu'il ait compris ce qui se passait. Puis le sort décida de frapper. L'explosion du Metal Gear avait abîmé le plafond... qui s'effondra en partie sur Big Boss, coinçant sa jambe. Ce dernier hurlait de haine. Snake éloigna le Patriot de son adversaire, et se retira, profondément choqué de cette trahison, laissant Big Boss à son sort tandis que ce dernier lui criait qu'un jour, il le regretterait.. C'est par une échelle que sortit l'espion. Ce fut fatiguant et cela prit un certain temps, mais lorsque l'on sait que tout risque de sauter à tout instant, on a tendance à se dépêcher. Courant le plus loin possible de la zone, une détonation terrible retentit. Cela ne faisait pourtant pas du tout cinquante minutes : les Etats-Unis avaient décidé d'envoyer des bombardiers détruire la zone, à coups de missiles à tête marteau-piqueur, qui atteindraient donc même les profondeurs de la base. « Big Boss, ici Solid Snake. L'opération Intrude N313 est un succès. Mission de routine, presque agréable. », lança ironiquement Snake dans sa radio, vers la fréquence de Big Boss. Mercenaires, rebelles, civiles... pesonne ne sait combien mourrurent ce jour-là. Officiellement, et c'est ce que s'empressèrent de raconter les médias le lendemain, c'est un tremblement de terre qui a anéanti la zone, et la menace que représentait Outer Heaven. Mais l'histoire est loin, très loin d'être terminée...
La suite dans Metal Gear 2 : Solid Snake.