Metal Gear Solid

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Écrit par Dante_Sparda_62 pour Metal Gear Generation et Dante_Sparda_62's Novels. Aucune copie sans citer le nom de l'auteur et sans son accord, ni aucune utilisation commerciale ne sauront être tolérées. Ce roman est sous copyleft.

Note de l'auteur : « Ce roman, comme tous les autres romans sur la saga que j'ai écrits, est avant tout un hommage d'un fan au jeu d'Hidéo Kojima. Je ne prétends en rien vous fournir une oeuvre de qualité. Je suis également preneur de toute critique si tant est qu'elle est constructive. En vous souhaitant une bonne lecture, Dante. »



//////////// Solid //////////// par Dante_Sparda_62



Sommaire

I – Un serpent en Alaska ----------------------------- Page 9 II – Troublant décès ----------------------------------- Page 21 III – Mort après mort --------------------------------- Page 33 IV – Le Ninja ------------------------------------------- Page 47 V – Choc Mental --------------------------------------- Page 63 VI – Le Serpent en cage ------------------------------ Page 73 VII – Ketchup et électricité -------------------------- Page 83 VIII – Ô dure loi de la gravité ---------------------- Page 93 IX – Metal Gear Rex ---------------------------------- Page 103 X – FoxDie, l'arme du futur ------------------------ Page 119 XI – Les Enfants Terribles --------------------------- Page 133 XII – La mort du Serpent ---------------------------- Page 149



I Un serpent en Alaska

U

ne froide nuit d’hiver en Alaska, dans l’archipel Fox, sur l’île de

Shadow Moses, île abritant un centre de recyclage d’armes nucléaires, se profilait un terrible incident. Un incident qui changerait à jamais le regard du peuple sur les hauts dirigeants de ce monde. Liquid Snake, leader de l’unité Fox-Hound, supervisait un exercice sur la base. Un exercice de routine, officiellement. Les forces spéciales de la Deuxième Génération, armée génétiquement modifiée dans le but d’améliorer leurs aptitudes au combat étaient également sous ses ordres. Lorsqu’il décida de mettre son plan à exécution, chacun, que ce soit de l’unité d’élite Fox-Hound, ou de l’armée génome, accepta sans broncher. Chacun accepta de détourner l’exercice. Chacun participa au soulèvement, à l’exception d’une nouvelle recrue, une jeune femme envoyée par manque d’effectif. Elle devait à peine avoir dix-huit ans. Rousse, un air de garçon manqué, et à l’évidence bien peu sûre d’elle. La pauvre fut emprisonnée dans une petite cellule miteuse, moisie. Quelques minutes plus tard, deux hommes visiblement d’importance vinrent la rejoindre. Tous deux avaient entre cinquante et soixante ans. Le premier, portant un manteau vert olive, chauve, et tenant une canne, semblait terrifié. Le second, de peau noire, semblait plus calme, plus serin, et plus froid. Encore quelques minutes, et les deux hommes furent emmenés, laissant seule la jeune femme. Bientôt leurs cris stridents résonnèrent dans tout le bâtiment. Torturés, humiliés. Enfin. Les rebelles, se faisant appeler « Les fils de Big Boss », étaient prêts. Six ans. Voilà six ans que le souvenir de la tentative de coup d’état de Zanzibar Land hantait l’esprit de celui que l’on connaissait partout comme une légende, un héros ayant sauvé le monde : Solid Snake. L’homme qui, par deux fois, avait évité à la planète une catastrophe nucléaire. Oui. Six ans que Snake avait tué son ami Gray Fox par devoir. Six ans que les derniers mots de son ancien patron résonnaient encore et encore dans sa tête. « Les combattants comme toi et moi ne connaissent jamais le repos. Snake, tu te battras, encore et toujours, sans jamais connaître le repos, jusqu’à ce qu’à ton tour, tu perdes la vie au combat. Tu as brisé mon rêve, mais sois sûr qu’un jour, il renaîtra de ses cendre. ». Solid voyait le corps en flammes de Big Boss, son père présumé, lui prononcer ces derniers mots, quand soudain il se réveilla, le cœur battant à tout rompre. La légende vivante souffrait du syndrome de stress post-traumatique. Après le choc des évènements de Zanzibar, Snake s’était retiré de Fox-Hound, profondément marqué, pour s’installer au calme en Alaska, près des Twin Lakes. Il y vivait seul, ou presque : un grand nombre de huskies rôdaient autour de


sa maison en bois. C’étaient ses chiens de traîneau. Solid ne vivait plus qu’à travers les courses et l’alcool. Détruit, seul, à l’écart, ne vivant que pour sa survie. Il avait des cheveux bruns, assez longs. Ses yeux étaient d’un bleu superbe. Il était mal rasé, et empestait le whisky à plusieurs mètres alentours. Snake avait trente-trois ans. Chez lui, aucune décoration, si ce ne sont les bouteilles vides qui jonchaient le sol çà et là. Tout ce que l’on entendait, c’était le souffle du puissant vent à l’extérieur, souffle qui au fil des années, était devenu inaudible pour le serpent. Cette nuit là, un puissant orage grondait au loin. La nature semblait déchaînée. De ce silence naturel ressortit un son inhabituel. Solid se leva et observa par la fenêtre. Il ne voyait qu’à peine au travers à cause de la glace qui s’y était collée. Il était pourtant persuadé d’avoir entendu un hélicoptère, à quelques kilomètres de là. Il enfila un manteau et sortit jeter un œil. Il n’y avait finalement rien… La nuit venait seulement de tomber quand à nouveau, Snake fut tiré de ses sombres pensées par des sons inhabituels. Il crut distinguer à travers la fenêtre plusieurs formes avançant vers la maison. Prudent, il attrapa son arme, déjà chargée, et la pointa devant la porte d’entrée. Il attendit une minute environ quand un projectile brisa sa fenêtre et tomba au sol : un fumigène. Surpris, Solid coupa sa respiration et tenta de renvoyer la grenade, quand soudain la porte s’ouvrit à la volée. Cinq hommes s’engouffrèrent, désarmant Snake, et le forçant à sortir. L’un des mystérieux agresseurs baissa son arme et s’approcha. « Vous êtes bien Solid Snake, n’est-ce pas ? » demanda-t-il avec admiration. Snake ne répondit pas. Il le fixait dans les yeux, l’air hargneux. Soudain, plus vite que l’éclair, il attrapa l’arme de l’homme et le jeta à terre. Il sentit alors un coup tomber sur sa tête. Sa vision se troubla. Puis tout devint noir. Il reprit conscience quelques instants, une dizaine de minutes plus tard. Il était à bord d’un hélicoptère. Lorsqu’il se réveilla pour de bon, il semblait être dans un sous-marin. Deux hommes l’amenèrent dans une petite pièce. Une jeune femme, brune, les cheveux longs, une blouse blanche, se trouvait là. Sous l’œil attentif des deux gardes, elle fouilla Snake, qui était menotté. Elle lui retira ses armes, puis tous ses vêtements. Les deux hommes sortirent, et la femme détacha le serpent. Celui-ci ne prononça pas un mot. Pas un avant que la porte de la petite salle ne s’ouvre. « Ça faisait longtemps, Snake », dit une voix que ce dernier reconnut. « Colonel… Evidemment… j’aurais dû m’en douter... » répondit Solid. Il s’agissait du Colonel Roy Campbell, anciennement à la tête de Fox-Hound. Le Colonel avait la soixantaine, mais dans sa jeunesse il fut membre de nombreuses unités militaires dans la Marine, la Delta force, les Bérets Verts... Il devint ensuite le Colonel de la Marine. Puis il entra à Fox-Hound et il prit alors les commandes avec Big Boss. Après la mort de ce dernier, Campbell fut placé à lui seul à la tête de l'unité. Il avait également été d’un grand soutien à Snake lors de sa mission à Zanzibar, par radio. Le Colonel portait un costume son uniforme, ainsi que son béret. - Quel accueil pour un vieux pote de combat, remarqua le Colonel. - Qu’est-ce que tu veux de moi ? demanda immédiatement Solid. - Je t’ai juste invité pour qu’on se parle. - Invité ? Tu m’invites avec des soldats armés jusqu’aux dents ? répliqua Snake en criant.


- Désolé s’ils ont été violents... Mais nous avons un gros problème, et toi seul es en mesure de t'en occuper, répondit Campbell. - Colonel, j’ai quitté Fox-Hound. Tu n’es plus mon supérieur. Je n’ai plus d’ordre à recevoir ni de toi, ni de personne ! répondit le serpent d’un ton ferme. - Tu obéiras à ceux-là, j’en suis sûr, répondit Campbell, d’un ton plus calme mais tout aussi ferme. - Hm… La femme, assise à droite de Snake, ne l’avait pas quitté des yeux depuis son arrivée. « Et c’est qui, elle ? » demanda abruptement le serpent. Le Colonel répondit qu’il s’agissait du docteur Naomi Hunter. Elle faisait partie de l’équipe médicale de Fox-Hound et était experte en thérapie génétique. Solid demanda si elle était militaire. Naomi répondit que non. Elle était civile. C’était l’ATGC qui l’envoyait. « Enchantée de faire votre conaissance, Snake. Ne vous inquiétez pas ce ne sera pas douloureux. ». Naomi s’approcha, une seringue à la main. « C’est pour quoi ça ?! » demanda Snake agressif et réticent. « Quoi ? On n’aime pas les piqûres ? » répondit Naomi sur un ton d’adulte qui rit d’un enfant. Le contenu de la seringue se propagea partout dans le corps de Snake, qui le sentait circuler dans son sang. Partout où il passait, le liquide réchauffait son sang, ce qui finit par lui faire avoir très chaud malgré les très basses températures et le fait qu’il soit nu. Le Colonel commença à expliquer la situation. Tout avait commencé cinq heures plus tôt. Des soldats équipés d’armes lourdes occupaient Shadow Moses, une île perdue au large de l’Alaska. Ces soldats étaient les forces spéciales de la Deuxième génération, dirigés par des membres de Fox-Hound. Snake sursauta à l’entente de ce nom : Fox-Hound rebellée ? Ils n'avaient soumis à Washington qu'une seule requête et lanceraient un missile nucléaire si elle n'était pas accordée dans les vingt-quatre heures. - Un missile nucléaire ?! demanda Solid toujours plus surpris. - J'en ai bien peur. Vois-tu, cette île abrite une installation secrète de recyclage d'armes nucléaires. - Une arme nucléaire détournée par Fox-Hound ? - Maintenant, tu mesures la gravité de la situation. Ta mission présente deux objectifs. Sauver Donald Anderson, chef du Darpa, et Kenneth Baker, président d'ArmsTechs, tous deux retenus en otages. - Hm… Ça pour des otages, c'est pas les premiers venus, souligna Snake. - Puis découvrir si les terroristes ont oui ou non la capacité d'effectuer un tir nucléaire, et si oui, les en empêcher. Des questions, Snake ? demanda Campbell. - Comment ça "des questions" ? Je l'ai même pas accepté, ta mission ! répliqua l'ancien agent de façon agressive.


- Et bien… tu décideras après en avoir entendu un peu plus sur cette opération. Un silence passa, et le docteur Hunter se plaça à la gauche du Colonel, tout en prenant des notes. La curiosité de Snake prit le dessus, et il demanda à Campbell de lui parler d’avantage de ce site de recyclage d’armes nucléaires. C'était une base souterraine. Malgré leur système de renseignements très perfectionné, ils ignoraient tout de ce qu'il se passait à l'intérieur. Quelqu'un devait donc s'infiltrer, tout vérifier et faire un rapport… « Quelle est la méthode d'infiltration ? » demanda Solid. La voie des airs n'était pas envisageable. Pas avec cet orage. Ils se rapprocheraient de l’installation en sous-marin. Mais seulement à quelques miles. L'installation était en effet équipée d'un détecteur sonar. Ils pouvaient donc détecter le moindre bruit de moteur ou de propulsion. De là, ils lanceraient un propulseur pour nageur à une place (PNP) à la manière d’une torpille. Sauf qu'un PNP n'avait pas de propulsion propre. Il faudrait se servir du PNP pour s’approcher le plus possible, puis s’en débarrasser, et continuer à la nage. « Tu veux que je nage dans une eau en dessous de zéro ? » demanda violemment Snake. - T'en fais pas, cette combinaison est le dernier cri en technologie polytherme, assura Campbell tout en désignant un uniforme gris et noir à la gauche de Solid. L'installation de recyclage d'armes nucléaires recouvre la totalité de l'île. Une fois infiltré, tu recevras tes ordres par Codec. Le Codec était un système vidéo fonctionnant avec les nanomachines dont nous allons parler, permettant de voir et de parler à son interlocuteur sans se faire entendre. - Et… j'y vais tout seul ? demanda Solid, connaissant pourtant la réponse. - Comme d'habitude. C'est une mission solitaire top secrète. - Armes et équipement, sur place ? - Affirmatif. N'espère aucun support officiel. A nouveau, un silence s'installa, que Snake rompit. - On a combien de temps ? - Vingt-quatre heures. Dans vingt-quatre heures ils lanceront un missile nucléaire, répondit Campbell. - Est-ce qu'on connaît la cible ? - Jusqu'à présent, ils ne l'ont pas mentionnée. - Et le compte a rebours a commencé ? - Il y a cinq heures.


- Colonel, pour qui travailles-tu ? demanda Snake, que cette question dérangeait depuis l'apparition de Campbell. - Je représente le gouvernement des Etats-Unis bien sûr. - Et qui dirige cette mission ? - … C'est le Président des Etats-Unis. - Donc à l'heure où l'on parle, le Président doit être en cellule de crise avec ses proches collaborateurs, hein ? - Non. Ils sont encore en réunion par vidéoconférence. - Si c'est une tête nucléaire… Ne devrait-il pas publier un COG ? demanda Snake, méfiant. - Pas encore. Le secrétaire à la défense a les pleins pouvoirs, et connaît parfaitement la situation. Si tu confirmes la possibilité d'une frappe nucléaire, il fera publier un COG, affirma Campbell. - Enfin. Tant qu'ils ne sont pas réfugiés dans l'abri anti-atomique de Mount Washington, il n'y a pas trop de quoi s'inquiéter… plaisanta Snake. La NSA participe à l'opération ? - Ouais. Ainsi que la DIA. - La DIA ? J'commence à la sentir mal moi, ton histoire… - Ils vont nous envoyer des renforts. - On n'a pas besoin d'un gratte-papier, mais d'un spécialiste en nucléaire ! Je ne suis qu'un amateur dans ce domaine, avoua Snake. Campbell en était conscient. C'est pourquoi il avait requis l'assistance de Nastasha Romanenko, une analyste militaire. Elle assistera Solid par le biais du Codec. Le visage d'une femme blonde apparut sur l’écran de briefing qui se trouvait là, ainsi que les informations la concernant. Elle avait des états de service impressionnants, comme conseillère des groupes d'investigation en armes nucléaires. De plus, elle était experte en armement de pointe. Elle travaillerait de chez elle, à Los Angeles. « La Californie… cela paraît tellement loin… » songea Snake. A nouveau, un silence pesant s’installa, que Solid rompit. « Colonel, tu es à la retraite, qu'est-ce que tu fais là ? ». Le Colonel répondit qu’il n’y avait personne au monde qui connaissait Fox-Hound aussi bien que lui. « Et c'est la seule raison ? ». - J'ai été un soldat pendant tellement longtemps, je… je ne sais rien faire d'autre ! Et bien que je ne rajeunisse pas… l'action me manque. - Tu mens très mal, Colonel. Donne-moi la vraie raison, lança Solid.


« … Une personne qui m'est très chère est retenue en otage », se décida Campbell. C’était sa nièce, Meryl. En effet plusieurs membres de l'unité étaient absents le jour de la révolte. Et la nièce du Colonel avait été appelée comme remplaçante à la dernière minute… « Elle te ressemble », constata Snake en voyant le visage de la jeune femme s'afficher à l'écran. C'était la fille du petit frère du Colonel : Matt, mort à la guerre du Golf… depuis c'est Campbell qui s'occupait d'elle. « Motif personnel ? Pas très "militaire" tout ça », fit remarquer Snake. - Heu… je suis à la retraite… je suis vieux et… je suis ton ami... - Amis ? Et depuis quand ? répliqua froidement Snake. - Je nous pensais amis depuis la chute de Zanzibar. - Avec mon caractère, je n'ai que très peu d'amis. - Mais, c'est sur ça que je compte ! Ca te rend humain ! Je t'en prie Snake, sauve ma nièce ! « D'accord, mais à deux conditions. Un, je veux tout savoir, mais vraiment tout ! Plus de secrets entre nous. Deux, je n'accepterai mes ordres que de toi, Colonel, pas d'intermédiaire entre nous !», proposa Solid touché au fond de lui-même par la détresse de Roy. « Accordé. C'est pour ça qu'ils m'ont appelé… Juste une chose, je ne suis plus Colonel. Rien qu'une vieille baderne… « C'est noté… Colonel », nargua Snake. « La doctoresse là… elle aussi elle fait partie de l'opération ? » demanda-t-il désignant Naomi de la tête. Le Colonel expliqua qu’elle était responsable de la thérapie génétique sur Fox-Hound. Elle en savait plus sur ces hommes que quiconque. « Mais alors… vous les avez vus tout nus ? » plaisanta Snake sans enthousiasme comme il en avait l’habitude. - Révisez vos dossiers, je suis une scientifique, pas une infirmière, répondit froidement le Dr Hunter. « Au fait… c'était pourquoi la piqûre ? » demanda tout aussi froidement Snake. Naomi répondit qu’il s’agissait de nanomachines et d’un peptide antigel pour éviter que son sang et autres liquides corporels ne gèlent à des températures subarctiques. Le docteur développa sur les nanomachines : elles étaient de plusieurs types. Elles permettaient le réapprovisionnement d'adrénaline, d'éléments nutritifs et de sucres dans le flot sanguin. La question des repas était donc réglée. Elle avait aussi ajouté quelques Nootropiques, une catégorie de drogues qui améliorent les capacités mentales. « J'vais être intelligent, alors ? Et rien d'autre ? ». De la benzédrine. Une sorte de stimulant qui le garderait frais et dispos pendant douze heures d'affilée. - Vous parlez d'un cocktail. Et c'est tout vous êtes sûre ? - Les nanomachines rechargeront automatiquement les piles de votre Codec. - Et je suppose que je peux vous consulter si je me mets au régime ? nargua Snake. - A votre service, conclut Naomi.


Snake se décida à poser des questions. « Les otages… le Chef du Darpa et le président d'une société d'armement… Quel rapport ont-ils avec une installation de recyclage d'armes nucléaires ? ». Le Colonel répondit qu’en réalité, des exercices secrets étaient en cours, juste au moment de l'attaque. Snake conclut qu’il devait s'agir d'exercices extrêmement importants, si ces deux-là étaient impliqués. « Testaient-il un nouvel armement ? ». Le Colonel répondit précipitamment qu’il n'avait pas accès à cette information. - Savons-nous exactement où ils sont détenus ? - Un mini émetteur est implanté dans le Chef du Darpa. Votre radar vous donnera sa position lorsque vous vous en approcherez, dit Naomi. - Ont-ils vraiment les moyens de lancer un missile nucléaire ? demanda Snake. - Ils disent que oui. Ils nous ont même communiqué le numéro de série de leur tête nucléaire ! Ajouta Campbell. - Vous l'avez vérifié ? Demanda Snake se doutant de la réponse. - Oui. Il est confirmé qu'ils ont en leur possession au moins une tête authentique. - N'y a-t-il pas un code de sécurité pour éviter ce genre de terrorisme ? - Oui, tous nos missiles sont équipés d'un code PAL, répondit Campbell. - PAL ? - Liaison de Permission d'Action. (Permission Action Link à l'origine) Une sécurité équipant tous les engins nucléaires… Mais même avec ça, on n'est pas tranquille… - Pourquoi ? Demanda Snake un peu inquiet. - Le Chef du Darpa connaît le code de mise à feu, expliqua Campbell. - Mais même s'ils disposent d'une tête nucléaire, elle a dû être séparée de son missile… Et sur cette base tous les missiles sont censés être démantelés ! Ce n'est pas si facile de trouver un ICBM ! - C'est vrai, mais depuis la fin de la guerre froide, avec de l'argent et de bons contacts, tu peux te procurer tout ce que tu veux… - Est-ce qu'on connaît le niveau d'armement des terroristes ? Je sais qu'un exercice était en cours lors de l'attaque… Demanda Snake. - Nous pensons qu'ils sont très bien armés, et ils sont de plus dirigés par six vétérans chevronnés, membres de Fox-Hound, qui te mangeraient des pierres et demanderaient du rab, décrivit le colonel.


- Je n'en attendais pas moins de Fox-hound. - Le reste est composé des Forces Spéciales de la Deuxième Génération… Et ce ne sont pas des débutants… - Et que demandent-ils exactement ? Demanda Snake. - Des restes humains. En fait, des spécimens de cellules contenant les informations génomiques de l'individu en question, expliqua Campbell. - Des spécimens de cellules ? Et pourquoi ? - Les terroristes en ont besoin. Vois-tu, on a renforcé le potentiel de ces Forces Spéciales de la Deuxième Génération par thérapie génétique. - Renforcé ? - Tu as entendu parler du projet de Génome Humain ? Demanda Campbell. Ils tentent de tracer le Génome Humain et l'ont pratiquement complété. Poussant la recherche encore plus loin, les militaires ont tenté d'identifier les gênes qui caractérisent un bon soldat. - Il y a des gênes qui font ça ? Demanda Snake, perplexe et sarcastique. - Oui, et on s'est servi de la thérapie génétique afin d'implanter ces gênes dans des soldats normaux. - La thérapie génétique ? Demanda Solid. - Ca c'est mon domaine, prit Naomi qui sortit de l'ombre. Par la thérapie génétique, on peut effectuer l'ablation de gênes responsables de maladies, et de la même façon, insérer des gênes aux effets bénéfiques, comme la résistance aux cancers par exemple. - Autrement dit, continua Campbell, on peut éviter toute sorte de maladies d'origine génétique, et ajouter des caractéristiques génétiques à la demande. - Ok… fit Snake. Donc si vous connaissiez les gênes qui caractérisent un bon soldat, vous pourriez rendre n'importe qui aussi bon que ce soldat. - Oui, et pour ce faire, étudier le code génétique d'un des plus grands soldats que la terre ait porté serait une aide appréciable, dit Naomi. - Un des plus grands soldats ? - L'homme décrit comme le plus grand combattant du vingtième siècle, continua la femme. - Vous voulez dire Big Boss ? Demanda Snake, choqué, le responsable des crises d’Outer Heaven et de Zanzibar…


- Dans le mille. Nous avons travaillé d'arrache-pied afin d'identifier les gênes responsables de son fabuleux talent au combat. Nous avons pu identifier soixante de ces "gênes-soldats". - Vous avez retrouvé son corps, alors… - Oui, et ses cellules ont été gelées en chambre de cryogénisation, reprit Campbell. Son information génomique est un trésor inestimable pour l'humanité. - Inestimable… pour les militaires… Corrigea sombrement Snake. - Son corps a été sévèrement brûlé, mais nous avons réussi à reconstituer son code ADN grâce à une mèche de cheveux, expliqua Naomi. - Vous êtes hallucinants… Et vous comptez implanter ces gênes dans des soldats ? Demanda Snake. - Oui, nous utiliserons un procédé de mon invention appelé ciblage génétique. Le talent des soldats les plus performants n'est pas acquis par l'entraînement ou autre mais par l'hérédité. - Snake, on ne peut pas leur remettre son corps, conclut Campbell. Cela représenterait un danger supérieur à toutes les armes nucléaires de l'île. - J'ai entendu dire qu'ils se font appeler "Les fils de Big Boss", ajouta Naomi. - Les fils de Big Boss… Répéta Snake à voix basse. Parle-moi de ces Forces Spéciales de la Deuxième Génération. - A l'origine, commença Campbell, il s'agissait d'une unité spéciale anti-terroriste composée d'anciens membres de l'équipe biochimique, d'escorte technique, et de l' Equipe de Recherche d'Urgence Nucléaire. Son but était de contrecarrer la menace de la Deuxième Génération d'armes de destruction de masse, armes NBC incluses. - Enfin… Jusqu'à ce qu'ils arrivent… Dit sombrement Naomi. - Qui ça, "ils" ? Demanda Snake. - Ces types n'ont pas débuté dans l'armée régulière, expliqua le colonel. - Voilà un petit groupe plutôt international. Des mercenaires ? Demanda Solid. - Oui, mais ce n'est pas tout. Ils faisaient partie d'une unité de mercenaires que tu connais bien. Ils étaient de la garde personnelle de Big Boss, et quand il s'est fait descendre, les militaires ont racheté tous leurs contrats d'un coup. - Outer Heaven… Dit alors sombrement Snake. - Ensuite, ils ont été intégrés dans notre programme " Force 21 " et réentraînés. On devrait


appeler ces soi-disant Forces Spéciales de la Deuxième Génération des "soldats virtuels". Ils n'ont aucune expérience du combat, argumenta Campbell. - Des experts en jeux vidéo ? Demanda Solid, pensant au fond de lui-même que c'était risible. - Oui, mais n'oubliez pas qu'ils ont été génétiquement modifiés. Ils sont tout de même à prendre au sérieux, souligna Naomi. - Mais les soldats génétiquement modifiés sont interdits par les traités internationaux, non ? Demanda Snake. - Ce ne sont que des déclarations, répondit simplement le Dr Hunter. - Quoi qu'il en soit, la quasi-totalité de l'unité a participé à l'attaque, dit le colonel. - Qu'est-ce qui pourrait les avoir poussés à la rébellion ? Demanda Solid. - Ils appellent ça une "révolution", corrigea Naomi. - Ils ont tous subi la même thérapie génétique et doivent se sentir proches comme des frères, continua Campbell. L'unité représente leur seule famille. - Les fils de Big Boss… Se rappela Snake. Mais s'ils faisaient partie de l'armée régulière, ils ont dû être suivis régulièrement par des psychologues militaires ? - D'après leur dossier, ils ont tous reçu un vingt sur vingt à leur test psychologique, répondit Campbell. Ce sont tous de fins soldats, fidèles, et patriotes. - Et ils ont tous participé au soulèvement ? Demanda Solid. - Non, ce jour là plusieurs manquaient à l'appel, et on a envoyé des remplaçants, expliqua le colonel. - Et rien ne laissait présager que quelque chose ne tournait pas rond ? Demanda Snake, curieux. - Et bien, on nous a signalé un comportement bizarre le mois dernier, répondit Campbell. - Ils auraient tenté d'accéder à des informations top secrètes sur les gênes-soldats et ont tenté des expériences de thérapie génétique, expliqua Naomi. - Et c'est possible même sans vous ? Demanda Solid Snake en plaisantant. - Et bien, notre processus de thérapie est presque entièrement automatisé, et ils ont tous un QI supérieur à 180, répondit le Dr, insensible à la blague. - En tout cas, nous pensions pouvoir mener une enquête discrète et arranger le problème :


l'existence même de cette armée est un secret d'importance nationale. Je vais te présenter les membres qui ont organisé tout ça. L´unité Fox-Hound, Force spéciale de haute technicité. Ton ancienne unité hier sous mon commandement. - Rien ne change... dit Snake. - On trouve six membres de Fox-Hound impliqués dans cet acte terroriste : Psycho Mantis, et ses pouvoirs télépathiques puissants. Sniper Wolf, tireur d´élite superbe et dangereuse. Decoy Octopus, maître en camouflage. Vulcan Raven, le shaman géant. Et Revolver Ocelot, spécialiste en interrogatoires et tireur d´exception Et enfin, celui qui les dirige... le leader d´attaque de Fox-Hound, Liquid Snake. Snake, surpris, cligna des yeux plusieurs fois pour être sûr de ne pas rêver : il voyait sur l´écran SON visage, mais avec des cheveux légèrement plus longs et blonds. - Liquid Snake ? Demanda-t-il - L´homme qui partage ton nom de code. - J´ai un jumeau ? Dit-il surpris. Bien, je vais accepter la mission… J'ai besoin d'emprunter votre paire de ciseaux, dit Snake à Naomi. - Qu'est-ce que vous allez faire ? demanda le Dr Hunter. - Juste une petite beauté, répondit simplement Snake tout en commençant à se couper les cheveux. Je ne veux pas qu'on me confonde avec le chef des terroristes ! On donna à Snake la combinaison anti-gel, il s´y sentit serré mais Naomi lui dit qu´il s´y ferait. Il avait aussi avec lui son bandana, qu'il ne quittait jamais : Il l'avait pris à Big Boss au moment de sa « première mort » à Outer Heaven... Vous comprendrez plus tard d'où venait ce bandana, dans le roman qui racontera MGS 3 : Snake Eater, qui se passe en 1964... Mais revenons à notre présent en 2005 !

- Snake, quand tu arriveras, contactes-nous par codec. Normalement, tu vas atterrir dans un hangar sous terrain. Tu devras ensuite remonter par un ascenseur. Fais bien attention aux sentinelles ennemies ! Dit le colonel. - Relax ! Interrompit Snake. Je ne pense pas avoir perdu l´habitude. - Je sais Snake, mais... Enfin... J´aimerais que tu délivres ma nièce. - Je ferai ce que je peux. - Bonne chance ! Dit le colonel, imité par Naomi.


- Et c´est parti, pensa Snake alors que le Propulseur pour Nageur à une Place était expulsé du sous-marin à une très grande vitesse. Solid était secoué de partout, le système de lancement de torpille n'était décidément pas fait pour ce genre d'utilisation. Après une ou deux minutes, l'engin s'arrêta, et Snake en sortit.


II Troublant décès

S

nake abandonna le PNP et continua en nageant dans cette mer de

Béring, glaciale. Même avec la combinaison et la piqûre, il était frigorifié. Il suivait un chemin, sûrement une branche d'une ancienne caverne, quand il vit des lumières au dessus de lui. Il monta à la surface. Il était bien dans un hangar. Il aperçut trois sentinelles en patrouille. La salle était remplie de containers alignés, mais deux gardes arrivaient vers sa cachette : - C´est là que j´ai vu un truc bouger ! - Prépare-toi, on ne sait jamais... Snake retourna dans l´eau en faisant le moins de bruit possible : - C´est bon, c´est juste un rat. Viens, y´a le patron là-bas. Solid remonta et vit plus loin Liquid Snake, dans une longue veste marron, ses cheveux blonds cachant son visage. - Il doit passer par ici, j´en suis sûr. Restez sur vos gardes, il est des plus discrets ! dit Liquid. Snake comprit qu´on parlait de lui. Son "jumeau" monta dans l´ascenseur qui se mit en route vers l'étage supérieur. Il lui sembla que le regard de Liquid venait de croiser le sien. Solid appela Campbell par le biais du codec : - Ici Snake, Colonel, est-ce que tu me reçois ? - Cinq sur cinq. Quelle est la situation ?


- L´ascenseur central est apparemment le seul moyen de monter. - C´est ce que je craignais ! Tu dois prendre cet ascenseur afin d'atteindre la surface. Mais ne te fais pas repérer ! Si tu as besoin de quoi que ce soit, contacte-moi par Codec, fréquence 140.85. Les petits os de ton oreille interne sont directement stimulés par le combiné du Codec. Ainsi, quand il sonnera ou quand nous parlerons, toi seul l'entendras. - Bien reçu. Je me mets en route, répondit Snake avant de couper. L'endroit était très humide, quelques flaques d'eau étaient d'ailleurs sur le sol, et pourraient alerter les gardes si Solid marchait dessus, à cause du bruit et même des empreintes. Oui, l'armée génome avait un côté un peu parano. Snake chercha le meilleur endroit où se cacher et il vit une caisse à côté de l´ascenseur. Il se colla au container derrière lequel il était et utilisa une technique de diversion : Il tapa au mur et pendant que le garde allait voir ce qu'il se passait, il prit un autre chemin. Il arriva ainsi à sa cachette pendant que le type se disait qu´il avait dû rêver. Snake n´eut pas à attendre longtemps : l´ascenseur descendit et deux nouveaux gardes en sortirent. Il passa rapidement derrière eux et monta. Le temps de la montée serait d'une bonne minute. Il en profita pour enlever ses équipements de plongée. Son masque laissa place à un Snake à l'air en forme, décidé à accomplir sa mission. Les cheveux maintenant très courts, plus aucune trace de barbe, Solid était de nouveau celui qu'il avait été... Peut-être n’était-ce d’ailleurs pas une si bonne chose. Arrivé en haut, une forte tempête de neige surprit l'espion qui courut se cacher derrière un nouveau container, et contacta Campbell. - Ici Snake, je suis face au centre de recyclage. - Bravo Snake ! Malgré l'âge, tu es toujours aussi rapide, répondit le Colonel. - La combinaison est-elle efficace ? Demanda Naomi. - Bien, sans votre piqûre ni votre combi, je me serais déjà transformé en esquimau. - C'était un peptide antigel. Tous les soldats génomes participant à cette opération en ont reçu. - Génial… Déjà testé, hein ? Au fait, Colonel, où en est-on de la stratégie de diversion prévue ? - Deux F-16 ont tout juste décollé de Galena et approchent de la base. Le radar des terroristes devrait les détecter d'une seconde à l'autre. Snake passa la tête de sa cachette et remarqua une grande surveillance, de plus, un Hind D était entrain de décoller du petit héliport, avec Liquid à son bord. - Un Hind D ? Colonel, qu'est-ce qu´un hélicoptère russe fait ici ?


- Je n´en ai pas la moindre idée ! En tout cas, la diversion a marché… C´est ta meilleure chance d´entrer incognito ! - Wow ! C´est de la folie de voler avec un Hind par un temps pareil ! Dit une voix féminine que Snake ne connaissait pas. - Qui est-ce ? Demanda-t-il. - Désolé ! Je ne vous ai pas présentés ! Voilà Mei Ling, c´est elle qui a créé ton radar Soliton et ton Codec. - Bonjour Snake ! Enchantée de faire la conaissance de la légende que vous êtes ! - ... - Que se passe-t-il ? - Un concepteur en technologies militaires de renomée mondiale a-t-il le droit d´être aussi jolie ? Demanda Snake après avoir vu le visage de la jeune femme dans le visualiseur de son Codec. Mei Ling, déconcertée, rit un peu avant de dire : - Vous êtes gentil ! - Au moins, je ne risque pas de m'ennuyer pendant les prochaines dix-huit heures, ajouta Snake. - J'ai du mal à croire que le légendaire Solid Snake me drague ! Je suis surprise. Vous êtes franc pour un tueur. - On a tant de choses à apprendre des gens. - Nous te suivons par radar, donc contacte-nous par codec aussi souvent que tu le veux, interrompit Campbell. Et n'oublies pas qu'à part tes jumelles, tu n'as rien. - Ouais, mais même si ça va vous décevoir, j'ai réussi à garder mes clopes… - Comment avez-vous fait ?! Demanda Naomi déconcertée. - Dans mon estomac ! Grâce à votre piqûre neutralisant les acides gastriques. - Vos cigarettes ? Demanda Mei Ling. En quoi pourraient-elles aider ? - On ne sait jamais… - Snake, interrompit Campbell, tu vas devoir passer par les conduits de ventilation. Il y en a


deux normalement. Un en bas et un en haut. Snake sortit ses jumelles et zooma un peu partout à la base du bâtiment pour trouver un conduit, à l'ouest. Mais un garde s'était endormi debout devant. - Mieux vaut laisser ce soldat se reposer... Je ne peux pas voir la deuxième, mais je pense plutôt tenter celle-là. - Allez Snake ! En route, dit Campbell. Solid avança prudemment et évita de marcher dans la neige pour ne pas laisser ses empreintes et attirer l'attention des gardes. Au nord se trouvait un escalier qui menait à une passerelle en hauteur, un long balcon qui longeait le complexe. Il s'y dirigea donc, toujours prudent, et sursauta à quelques mètres de la première marche : - Une caméra de surveillance ?! Colonel, pourquoi une telle protection dans un simple centre de recyclage d'armes nucléaires ? - Je n'en ai pas la moindre idée. Quoi qu'il en soit tu dois passer. Sur ce type de caméras il y a bien souvent un angle mort. En te plaquant au mur sur lequel elle est accrochée tu devrais passer inaperçu. Snake ne prit pas le temps de répondre et s'exécuta. Apparemment Campbell avait eu raison, aucune alerte ne s'était déclenchée. Solid monta donc l'escalier et arriva sur la passerelle sur laquelle un garde patrouillait. Vêtu de blanc et cagoulé, comme tous les soldats génomes jusqu'à présent rencontrés, il tourna le dos pour poursuivre sa ronde. Snake se précipita - mais silencieusement - derrière le garde et aperçut alors une petite grille qui lui permettrait d'entrer dans le bâtiment par le conduit. Il la poussa et se faufila dans le complexe. Après avoir rampé quelques minutes, il reçut un appel : - Snake ? Ici Mc Donell Miller. - Maître ? répondit Snake surpris d'entendre la voix de l'homme, que faites-vous ici ? - Et bien j'ai appris ce qu'il se passait et j'ai pensé que je pourrais être utile. En réalité, Miller était l'une de ces rares personnes à qui Snake faisait confiance et qui lui avaient appris beaucoup. Ils ne s'étaient pas parlés depuis Zanzibar et s'il s'était agit d'une autre personne Solid aurait tout de suite eu de gros soupçons : pourquoi une soudaine apparition après tant d'années, justement au moment de cette mission périlleuse ? - Vous faites bien maître ! répondit Snake, que devenez-vous ? - Et bien j'enseigne la technique aux scouts d'Alaska. - C'est bien d'apprendre toutes ces choses à une nouvelle génération.


- Oui c'est vrai, même si je doute qu'un jour l'espionnage par des êtres humains ne disparaisse pas. Les technologies progressent si vite... Bon, pas de temps à perdre, le colonel m'a exposé la situation, contacte-moi si tu as un problème ou des questions sur l'environnement. J'ai beaucoup appris sur l'Alaska. - Bien Maître ! répondit Snake avant de couper. Après encore quelques minutes, Snake arriva au niveau d'une grille qui menait à un hangar à tanks. Deux gardes génomes parlaient : - Tu as fait transférer le chef du Darpa ? demanda le premier. - Oui, il a bien été transféré au premier sous-sol comme le patron l'a demandé, répondit le second. - Et pour les conduits de ventilation ? - Ils viennent juste de terminer la dératisation. - Hm les conduits de ventilation du premier sous-sol... chuchota Snake pour lui-même. - Et pour la femme ? - La femme ? Chuchota à nouveau l'espion. - On l'a transférée elle aussi, dans une cellule voisine. - Bien... répondit le garde qui avait parlé le premier, prêt à se retourner, quand l'autre le rappela : - Tu sais ce qu'y se passe toi ? Pourquoi tant de vigilance ? - On a un intrus... Il a déjà tué trois personnes. - Il a tué t... trois personnes ? - Ouais... on dit qu'il se déplace comme une ombre... - Comme une ombre ? Je ne suis donc pas le seul intrus... chuchota Snake pressentant que cet autre individu allait à un moment ou l'autre poser problème. Solid sortit discrètement du conduit et courut vers l'ascenseur pour appuyer sur le bouton d'appel. La porte s'ouvrit, et il tapa B1 pour le premier sous-sol. L'espion sortit discrètement après la réouverture des portes. Aucun garde dans ce couloir, mais dans une petite armoire, il trouva une arme de poing : un Socom. Il vit ensuite une porte nécessitant un passe de niveau de sécurité 1 (oui, certaines portes nécessitent des cartes magnétiques de différents niveaux d'autorisation pour être ouvertes) et une petite échelle laissée là par l'équipe de dératisation, qui permit à Snake d'entrer dans le conduit sans problèmes. Il


avança un moment, une minute environ, puis il passa au-dessus d’une première grille. - C’est une femme ? La nièce du colonel peut-être… En effet, une femme rousse faisait des abdominaux sur le lit de sa cellule. Il continua sa route, pensant qu’elle n’était pas une priorité, quand il arriva juste au-dessus de la cellule de Donald Anderson. Il ouvrit la grille et descendit : - Qui...qui êtes-vous ? demanda l'homme. - Vous êtes bien Donald Anderson, Chef du Darpa ? - Qui êtes-vous !? Insista le chef. - J'suis la bonne poire qu'on a envoyé pour sauver votre peau. - C'est vrai... Vous ne leur ressemblez pas, fit Anderson en s'asseyant sur le lit à l'aspect dégoûtant, juste à côté des toilettes. - Je vais aller droit au but. Les terroristes ont-il la capacité de lancer un missile nucléaire ? - Les terroristes ? - Ouais, les types qui ont pris ce centre d'assaut menacent de lancer un missile nucléaire si on ne cède pas à leurs exigences. En ont-il la capacité ? - Oh mon dieu... fit le chef, apparemment horrifié. Oui ils... ils pourraient lancer un missile. - Mais comment ? - C’est… un projet commun entre ArmsTechs et nous même : Un tank à capacité nucléaire capable de lancer un missile de n’importe où… Snake prit une couleur pâle, et fut parcouru d’un frisson. - Vous voulez dire Metal Gear !? Demanda-t-il horrifié à son tour. - Vous le saviez ? Mais comment ?! Metal Gear est l’un des projets noirs les plus top secrets ! - Disons que j’ai mes entrées… Snake repensa alors à Zanzibar, et à Big Boss… Ses derniers mots… - Mais je croyais que le projet Metal Gear avait été abandonné ! Lança Solid. - Ah, bien au contraire ! Il a été relancé plus que jamais !


- Bien… Comment peuvent-ils envoyer le missile ? Je crois qu’il existe un code, non ? - Oui bien sur : J’en connais un et Baker connaît l’autre. - Baker ? Le président d’ArmsTechs ? - Oui mais il y a un problème : Ils ont trouvé mon mot de passe ! - Quoi ?! Snake fût alors prit dans une peur et une colère que lui-même ne pouvait décrire : Comment cet irresponsable avait-il pu donner ainsi son code, connaissant les risques ? Il se calma tant bien que mal, et écouta le Chef. - Oui… Psycho Mantis a la capacité de lire les gens, et il a lu le code dans mes pensées… - J’aime pas ça… dit Snake en priant de ne pas avoir à rencontrer ce médium durant sa mission ou même durant toute sa vie si possible. - Si Baker avait lui aussi été « lu », est-il encore possible d’arrêter la mise à feu ? Il n’y a pas un système d’urgence ? - Oui, bien sur il y a le PAL. Il existe trois cartes-clés. C’est Baker qui doit les avoir. La femme de la cellule d’à côté chuchota alors après avoir arrêté sa séance de musculation improvisée : - Cette carte-clé là ? Elle avait dans la main une carte que lui avait donné le Président d'ArmsTechs avant sa capture. - Bien, je vais aller trouver Baker. Où est-il ? - Au second sous-sol, il vous faudra des explosifs pour détruire une porte qui a été condamnée. Et tenez, vous en aurez besoin, dit Donald Anderson tendant à Snake une carte de sécurité 1, une carte PAN, qui marche en synergie avec les sels corporels. Il suffit de s'approcher de la porte et elle s'ouvre d'elle-même. Vous êtes venu pour me libérer, non ? Allez... Sortez-moi de là ! - Relax, on a le temps. - ... Dites-moi, vos chefs ne vous ont pas parlé d'un quelconque autre moyen d'arrêter la mise à feu ? - Heu... non... - En êtes-vous certain ?! - Mais puisque j'vous l'dit ! S'énerva Snake.


- Le pentagone compte-t-il céder à leurs exigences ? - Ce ne sont pas mes affaires ! Je... allait répondre Snake avant qu'une drôle d'impression, peut-être un de ces bruits qu'on entend inconsciemment et qui nous donne la chair de poule, le prit soudain. - Ah ! Hurla alors d'un coup le chef. Pou… Pourquoi ?! Il cria ainsi quelques secondes, tentant de s’accrocher à Solid, et il tomba à plat ventre. Snake se pencha et prit son pou. - Hm... Mort... Il appela le colonel. - Colonel, le chef ! Mais qu’est-ce qui se passe ? - Aucune idée. - On… on dirait une crise cardiaque… dit Naomi. Snake remarqua qu’elle était hésitante. - Une crise cardiaque ? Non… Fit Campbell. - Colonel, tu me caches quelque chose ? Demanda Snake méfiant. - Absolument pas ! Snake, tu dois trouver Baker, sors-toi de là. Solid se rendit compte qu’il était enfermé dans la cellule. Il entendit soudain un bruit étouffé, comme un cri, puis quelqu’un marcha devant la porte, Snake entendit le bruit d’une clé entrer dans la serrure, et la porte s’ouvrit. Solid, prudent avança aussi doucement qu’il le pouvait, passa la tête par la porte et la tourna vers la gauche, il vit alors un gardien en caleçon, assommé visiblement. - Bouge pas ! Ordonna alors une voix féminine sur sa droite. Snake se retourna et vit un garde pointer son FaMas vers lui. - Alors c’est toi qui as tué le chef ? Espèce de salaud ! Dit-elle. - C’est la première fois que vous tenez quelqu’un en joue ? Vos mains tremblent ! - Liquid ? … Non c’est pas lui… Snake sortit soudain son Socom et le pointa vers la femme.


- Alors la bleusaille ? Tu sais tirer ? Provoqua Snake. - Fais gaffe je suis pas une bleue ! Répliqua la femme. - Tes yeux sont ceux d’une bleue, plus bleue que le ciel ! J’y lis la peur ! Et tu n’as jamais tué j’parie… - Si tu pouvais lire ce qu’il y a dans mes yeux, tu t’enfuirais en courant ! - T’as même pas enlevé la sécurité la bleue ! Se moqua Snake. - Bon, viens avec moi ! Tu dois bien avoir une carte, non ? Répondit le soldat après avoir défait la sécurité - Pourquoi ? - Pour qu’on puisse se tirer d’ici ! La porte d’entrée de la prison s’ouvrit soudain et cinq gardes entrèrent au moment où Snake lança : - On risque d’être un peu retardés ! Il commença à tirer, et tua les trois premiers gardes, les deux autres partirent chercher du renfort. - Mais qu’est-ce que t’attends ? Tires ! Cria Snake à la femme. - Je suis pas une bleue ! - J’te dis de tirer ! Ordonna Solid. Cinq nouveaux gardes entrèrent et la femme tira en lançant un cri. Les gardes tombèrent alors un par un, c’était la première fois qu’elle tuait. Elle se précipita alors vers la porte et prit le couloir par lequel Snake était arrivé en sortant de l'ascenseur quelques minutes plus tôt. - Attends ! Dit Snake alors que la femme courrait vers l’ascenseur. Elle lui tira dessus et Snake eut tout juste le temps de se cacher derrière un angle. La porte de l’ascenseur se referma derrière la femme. - Mince ! Snake se retrouva alors devant une scène à laquelle il ne comprit rien : Il vit d’abord Liquid et deux autres hommes parler devant le cadavre du chef du Darpa qui était sur une table de torture.


- Imbécile ! Tu l’as tué ! Dit Liquid à un homme. - Je suis désolé boss ! Répondit l’homme. Il était vêtu d’un manteau marron et de bottes de cow-boy. Snake vit son colt et devina que cette personne était Revolver Ocelot. - Son bouclier mental était très fort ! Je n’ai pas pu pénétrer son esprit… dit un homme muni d’un masque à gaz et habillé intégralement de noir. - Maintenant nous n’obtiendrons jamais le code ! Cria Liquid - Boss, j’ai une bonne idée, dit l’homme au masque. Snake revint à lui et se retrouva devant cet ascenseur, il vit alors l’homme au masque à gaz voler devant lui, dos à l’ascenseur. - Mais… Elle est bien, cette petite… dit-il avant de disparaître par le plafond. Snake appela Naomi. - Naomi, je viens d’avoir comme une hallucination ! - C’était sûrement Psycho Mantis, le médium de Fox Hound. Il crée comme une boucle de feed-back mental. - Alors c’était bien Mantis… Snake suivit les indications du chef du Darpa et se dirigea vers le deuxième sous-sol. Cet étage était en réalité l’armurerie de l’installation. Snake trouva donc rapidement derrière une porte de sécurité 1 du C4, un explosif plastique léger pour faire sauter les portes ou autre. Il le rangea dans son sac. Alors que notre pauvre agent, avançait dans l´armurerie, il décida d´utiliser son C4 afin de faire sauter les portes qui avaient un verrouillage par carte trop élevé pour qu'il puisse l'ouvrir avec son passe PAN, et récupéra tout ce qu´il pouvait. Mais une certaine porte, de niveau de sécurité 5 résista... Snake récupéra donc un FaMas, une mitrailleuse peu puissante, mais assez légère, des grenades, et un couteau de chasse. Se rappelant qu’une spécialiste du nucléaire et de l’armement de pointe avait été appelée pour l’aider, Solid contacta le Colonel afin de lui demander la fréquence de cette femme. - Ici Nastacha Romanenko, répondit une voix avec un fort accent Russe quand Snake contacta cette dernière. Très honorée de faire votre connaissance. - Moi de même, répondit Snake. Il commença à cogner les murs, afin de trouver un endroit plus creux, et il trouva soudain. En observant de plus près, il vit que la peinture n´avait pas encore été refaite. La porte recouverte était donc sans doute bien là.


- Dites-moi, reprit-il posant une charge de C4, vous pouvez me donner les caractéristiques de ce FaMas ? Il se mit à l´abri. - Et bien il s’agit d’une arme automatique assez, et vous n’aurez aucun problème à trouver des munitions dans cette base. Sa portée réelle maximale peut atteindre 3200 mètres, son allonge utile ne dépasse pas 300 mètres. Sa cadence de tir est de plus ou moins 1000 à la minute… Bref il y a beaucoup à dire mais je pense que cela résume. - Merci, si vous voulez bien m’excuser maintenant… Snake appuya sur la télécommande qui contrôlait l´explosion. Le mur vola en éclats, et Snake s´approcha prudemment... Il vit une petite pièce avec quatre poteaux près des angles, et un pilier central. Il trouva alors ce qu´il cherchait sur ce dernier, Kenneth Baker, le président d'ArmsTechs, le second otage à libérer attaché comme une bête. - J´arrive trop tard... dit Snake. - Huuuh...haah... - Il est vivant ! Snake s´approcha pour le détacher, et vit avec surprise qu´il n´était pas lié, mais plaqué au poteau comme s´il ne voulait pas toucher les fils qui l’entouraient de partout. Il commença à approcher la main droite, mais Baker ouvrit grand les yeux et dit avec difficulté : - Non ! Ne... ne touchez rien ! Le serpent surpris se méfia, et suivit les câbles, pour voir qu´ils étaient relié à... - Du C4 ! Cria-t-il. Au même moment, Snake ressenti quelque chose bouger derrière le poteau sur sa gauche, il eut tout juste le temps de sauter an arrière afin d´esquiver un des tirs les plus précis qu'il ait jamais vu. Le tireur se dévoila et dit : - Exact, touche ce câble et le C4 saute réduisant le vieux en poussière ! La fin de sa phrase se transforma en un rire ´amusement) - Qui es-tu ? - Commando spécial Fox-Hound : Revolver Ocelot ! Dit ´homme, faisant tournoyer son colt. Vêtu de bottes de cow-boy et d´un long manteau brun, il devait être assez vieux : ses cheveux étaient blancs comme la neige l’était en ce moment à l'extérieur du bâtiment. Il


avait aussi une moustache assortie. Snake remarqua aussi un détail : un petit brassard noir sur le bras gauche d´Ocelot. - Ceci est un colt Single Action Army ! Lança Ocelot montrant son revolver. Six balles ! Plus qu´il n´en faut pour tuer tout ce qui bouge... Maintenant, je vais te montrer pourquoi on m´appelle "Revolver"... Dégaine !


III Mort après mort.

S

nake sortit son Socom aussi vite qu´il le pouvait. Ocelot tira et Solid se

mit à couvert juste à temps. Il allait se déplacer vers un autre poteau, quand son ennemi tira un coup dans le mur qui ricocha frôlant Snake au niveau du bras. Le sang coulait, mais les nanomachines le stoppèrent en quelques secondes. Pratique. Snake sortit soudain de sa cachette et tira une balle qui passa à quelques centimètres d´Ocelot qui s'exclama : - Ha ! Ça faisait longtemps que j´avais pas eu une si bonne bataille ! Je n´en attendais pas moins de celui qui partage le même nom de code que le patron... Mais... je commence à peine ! Il surgit soudain de son poteau. Tout se passa en une fraction de seconde. Une " ombre" munie d´un katana, une sorte de sabre, passa. La main du tireur d´exception tomba à terre, tenant toujours le Single Action Army. - Ah ! Ma main ! Hurla Ocelot Voyant soudain un étrange être apparaître là où était l´ombre quelques secondes auparavant, Snake pointa son arme vers lui, et Ocelot dit en fuyant : - Un camouflage optique ? Rah ! Petit veinard ! On se retrouvera ! Le camouflage optique est en fait une combinaison qui par un jeu de lumières rend invisible son porteur. L'ombre avait laissé place à une sorte de Ninja-Cyborg, vêtu d'un exosquelette dont il ne pouvait se débarrasser, marron et bleu. Sur son casque entièrement blanc hormis quelques bordures au niveau des joues et du nez, et qui cachait la totalité de sa tête, se trouvait une lumière, sur le front, orange, un peu comme du feu, qui semblait suivre les mouvements de cet étrange personnage au ralenti. Son entière combinaison semblait dure comme la pierre. - Qui es-tu ? Demanda Snake au Ninja, le menaçant de son arme.


- Je suis comme toi... Je n´ai pas de nom... répondit le Ninja-Cyborg, avec une voix profonde et robotique. Alors qu'ils se regardaient fixement, le Ninja se mit à hurler soudainement. - HEEEAAAAAAAAYYYYY ! - Quoi ? Qu´est-ce qui se passe ? Demanda Snake. Mais le Cyborg s´enfuit en coupant dans un magnifique salto les câbles de C4 entourant Baker, ce qui provoqua une explosion et projeta Snake contre le mur. Quand il rouvrit les yeux quelques dizaines de secondes plus tard, son premier réflexe fut de courir tant bien que mal vers Baker - tout en comprenant que ce Ninja était l'autre intrus qui semait la panique chez les gardes. - Ah... Cet exosquelette ! dit le président d' ArmsTechs. Snake l´aida à se relever. - Qui êtes-vous ? demanda le pauvre homme. - Je ne suis pas l´un d´eux. Le chef du Darpa m´a dit qu´il leur avait donné son code de mise à feu... Et vous ? Baker avait une canne en bois et un manteau vert, il était chauve, il avait apparemment le bras cassé. Sa voix était rauque, comme s’il était malade. Snake assit le président d' ArmsTechs contre un mur et resta debout face à lui. - Ah... C´est Jim qui vous envoie. Vous êtes du Pentagone, fit Baker - Répondez-moi ! Alors votre code ? On a peu de temps ! - J´ai... J´ai parlé. - Quoi ? Les terroristes ont donc les deux codes et peuvent lancer le missile… - Et pourtant, je me suis battu... J´ai même résisté à l´invasion de Psycho Mantis ! - Il n´a pas pu vous lire ? Mais comment ? - Des implants, dans mon cerveau... Comme une sorte d´isolation psychique, on les a quand on détient un code secret, expliqua Baker. - ... Même le chef du Darpa ? Demanda alors Snake, surpris. - Bien sur !


- Mais le chef du Darpa m´a dit que Mantis a lu le code dans ses pensées ! - Vous êtes sur d´avoir bien entendu ? demanda Baker, surpris à son tour. - Oui, j´suis sûr... Mais comment ont-ils obtenu votre code alors ? - ... On ne m´a jamais préparé à résister à la torture... Baker toussa alors, et de la fumée sortit de sa bouche, il avait dû être électrocuté. Snake se rappela qu´Ocelot était spécialiste en torture, et dit : - On dirait qu´il s´est bien amusé avec vous, en effet. - Il est inhumain ! Je suis sûr qu´il a savouré chaque seconde ! - Qu´est-ce qui est arrivé à votre bras ? - C´est lui qui l´a cassé. - Vous êtes à égalité maintenant. Le sien a été coupé. - Ah ! Vous êtes un comique, vous ! dit alors Baker, agacé. Et le chef du Darpa, il va bien ? - Il est mort, répondit Solid sans émotion. - Quoi ? C´est impossible ! Il commença à donner des coups de canne dans la jambe de Snake et dit : - Jim ! Ce n´est pas ce que tu avais promis ! Maintenant tu veux me faire taire ! - Calmez-vous ! dit Snake en attrapant la canne de Baker. Ça va pas, non ? Je vous dis que je suis venu pour vous sauver ! Je n´ai pas tué le chef du Darpa, il a eu un sorte de crise cardiaque. - Une crise cardiaque ? C´est ça, oui... - Enfin... Les terroristes ont maintenant les deux codes... - Ils sont complètement fous. Ils n´hésiteront pas à déclencher

l´attaque !

- Bien d´accord... Mais que veulent-ils vraiment !? - Qui sait... Peut-être sont-ils comme nous dans l´armement... Comme on dit : vivement la prochaine guerre ! - Je ne laisserai pas ces maniaques commencer une guerre aujourd´hui ! Vous avez toujours


les cartes-clés ? - Les cartes-clés ? - Pour annuler le code de mise à feu ! Il paraît que vous les avez. - Non, je ne les ai plus... - Quoi ? Qui alors... pas les terroristes ? dit alors Snake, paniquant un peu à l´idée que la seule carte pouvant stopper les ennemis était entre leurs mains. - Non, la femme. - Quelle femme ? demanda Snake ayant bien une idée sur la question... - Une femme soldat avec laquelle ils m´ont jeté en prison. - Une femme soldat ? Ce doit être... - Elle m´a dit qu´elle venait juste d´arriver en tant que nouvelle recrue. Ils l´ont jetée en prison parce qu´elle refusait de participer à la rébellion ! - Une nouvelle recrue ? La nièce du Colonel, peut-être ? - Je lui ai donné la clé. Je crois qu´elle a réussi à s´échapper. J´espère qu´elle va bien ! - J´en suis sûr, c´est une bleue, mais une vraie dure à cuir. Comment savez-vous qu´elle s´est échappée ? - J´étais en contact avec elle par Codec, jusqu´à ce qu´ils m´attachent ici... - Codec ? dit Snake ayant soudain un peu plus d´espoir. - Oui. Elle l´a subtilisé à un garde. Si elle l´a toujours, vous devriez pouvoir la joindre. Sa fréquence est 140.15, mais vous ne pouvez pas la contacter d´ici, il y a trop d´interférences. - Bien... Mais en cas d´échec, y a-t-il un autre moyen d´empêcher la mise à feu du missile ? - Heu... Il faut trouver Hal Emmerich, un de mes employés. - Qui est-ce ? demanda Snake. - Le chef du projet Metal Gear Rex. Un ingénieur de génie, mais un peu extravagant. S´il existe un autre moyen d´empêcher la mise à feu de Metal Gear, il est le seul qui pourra le trouver. - S´il n´arrive pas à trouver de solution... ?


- Il vous faudra détruire Rex... Emmerich sait comment détruire Metal Gear. - Et il est où cet Emmerich ? demanda Snake intéressé. - Voyons... il est probablement détenu quelque part dans nord d´ici, c´est là qu´il travaillait.

l´entrepôt à ogives. C´est au

- Dites-moi... Pourquoi Metal Gear ? L´ère nucléaire s´est achevée à l´avènement du nouveau millénaire ! - Vous avez tort. La menace nucléaire est toujours présente... En fait, plus présente que jamais ! La consommation de combustible nucléaire et de plutonium augmente chaque jour. C´est bien simple : vous avez déjà vu un entrepôt de matériel nucléaire ? - Heu... non, répondit Snake se rendant compte qu´il ne savait vraiment rien et qu'il avait perdu à rester dans son trou en Alaska. - Des fûts et des fûts de déchets nucléaires entassés les uns sur les autres, à perte de vue... parce qu´on n'a toujours pas les moyens de s´en débarrasser. - Alors ils scellent le couvercle et prient pour que tout disparaisse ? - Oui, pratiquement... et on ne sait même pas les entreposer correctement ! La corrosion a attaqué la plupart des fûts, laissant s´échapper les déchets. - Incroyable, fit alors Snake s´imaginant la scène. - Et il y a aussi plusieurs kilos de MNR qui disparaissent chaque année. - MNR ? demanda Snake. - " Matériel Non Répertorié". Ce qui prouve qu´il existe un marché noir, étendu et parfaitement organisé de matériel nucléaire. De plus depuis la fin de la Guerre Froide, de nombreux ingénieur en nucléaire, de majorité Russes, ne demandent qu´à travailler. En d ´autres mots, non seulement on peut trouver du matériel nucléaire, mais aussi des scientifiques pour fabriquer des bombes. Et chaque petit Pays, peut mener un programme d ´armes nucléaires. - Quelle est la position des superpuissances ? demanda Snake. - la Russie, la Chine, maintiennent leur politique de dissuasion nucléaire. Un désarmement nucléaire total est impossible ! Une vraie politique de dissuasion exige une arme extraordinairement puissante ! - Vous voulez dire Metal Gear… - Oui. Vous savez, notre industrie a beaucoup souffert des restrictions budgétaires au sein de l´armée dans cette soi-disant " paix".


- J´ai entendu parler de fusionnement et de prise de contrôle dans l´industrie de l´armement. - Oui... et ensuite ma compagnie a perdu le marché de la production des nouveaux chasseurs de l´US Air Force. Metal Gear était notre dernier atout. C´est pourquoi nous avons insisté pour que Metal Gear devienne un projet noir. - Un projet noir ? - Des projets secrets subventionnés par l´argent noir du Pentagone. Cela évite les problèmes administratifs, et accélère la production des armes. Et personne ne vous ennuie... Même pas les libéraux au coeur tendre du Comité de Contrôle Militaire. - Des pots de vins... - Heu... parlons plutôt de bonnes relations de travail ! De toute façon ils auraient officialisé Metal Gear une fois cet exercice terminé. Snake se réveilla soudain et se rappela de sa mission : - Je me fous complètement de vous et de votre compagnie. - Oui. Qu´est-ce qu´on peut espérer d´un péquin comme vous ? Tenez. Vous êtes venu pour ça, non ? Snake vit un disque que Baker lui tendait et le prit. - C´est quoi ? demanda-t-il. - Un disque optique, tout y est. Le disque dur principal a été détruit pendant l´attaque. C´est la seule copie existante des donnés ! - Quel genre de données ? - Toutes les données de cet exercice. Ne jouez pas les imbéciles, je sais que vous êtes là pour ça. Ils ignorent l´existence de ce disque. N´oubliez pas de faire votre rapport à Jim... votre chef. Snake n´y comprenait rien : il ne connaissait pas de Jim. - Vous pouvez marcher ? demanda-t-il. - Non... allez-y sans moi. Ils ont mon mot de passe, je n´ai plus d´intérêt pour eux. - Une dernière question : c´était qui, ou quoi ce Ninja ? Il m´a semblé que vous le connaissiez. - Ce Ninja ? C´est le petit secret de Fox-Hound...


- Le petit secret ? - Un soldat génome expérimental. - Vous le connaissez ? - Demandez au docteur Naomi Hunter de Fox-Hound... Elle en sait plus que moi. - Naomi ? - Arrêtez-les ! Si ces évènements éclatent au grand jour, ma compagnie est fichue ! - Vous voulez dire que Metal Gear utilise une technologie existante ? - Metal Gear lui-même, oui mais... Soudain, la même impression que Snake avait ressentie moins d'une heure plus tôt se présenta à nouveau puis le Président Baker cria comme frappé par la foudre : - Ah ! - Quoi ? Qu´est-ce qui se passe ? - Argh ! POUR...QUOI ? ?!! Ah ! Ces... Ces salauds du Pentagone, ils... Ils l’ont finalement fait ! Ah ! - Mais quoi ? - Ils... ILS SE SERVENT DE VOUS POUR... Huh... - Mais qu´est-ce que ?! Fit Snake complètement perdu.

Baker était mort... Solid fouilla rapidement ses poches afin de voir s'il n'avait pas de médicaments sur lui. Peut-être était-il malade… Il trouva une carte d'accès de niveau de sécurité 2, mais rien d'autre. Il devait trouver un moyen de sortir, pour appeler le colonel et tout lui expliquer, car les murs isolaient apparemment les ondes radio... Il était tellement anxieux, qu´il chercha à ouvrir une autre porte au fond de la pièce qui l'aurait mené on ne sait où, au lieu de passer par le trou dans le mur... Arrivé dans l´armurerie vide quelques minutes auparavant, il eut la mauvaise surprise d´entendre des bruits de pas de tous côtés ! Des patrouilles avaient été envoyées, par Ocelot sans doute... Snake se colla au mur, et passa discrètement la tête. Il vit trois gardes discuter : - Il paraît qu´il y a deux intrus... dit l´un - Ils travaillent ensembles ? demanda l´autre.


- J'en ai aucune idée, peut-être même qu'ils ne se connaissent pas... Ils commencèrent leur ronde, et Snake attendit que le garde le plus proche eut le dos tourné pour l´attraper et lui claquer la tête contre le mur... Il cacha le corps inanimé dans un casier rempli de C4. La voie presque dégagée, Snake arriva à l´ascenseur, mais deux sentinelles étaient postées juste devant... - Zut, pensa-t-il. A ce moment, il entendit, ou il sentit plutôt, quelque chose bouger sur sa gauche... il ne vit rien, mais continua à avoir cette impression... Soudain, les deux gardes devant l ´ascenseur crièrent, et quand Snake se retourna vers eux, il vit leur tête tomber. Le sang se répandit autour des deux corps qui tombèrent. Solid n´eût d´autre choix que d´enjamber prudemment les cadavres, devinant que le Ninja était l´auteur de la mort des deux soldats... Snake prit l´ascenseur, et se retrouva donc dans le hangar à tanks, au rez-de-chaussée. Il rampa sous l´un des véhicules, et appela le colonel... - Colonel, Baker aussi est mort ! Mais qu´est-ce qui se passe ? demanda-t-il Naomi répondit : - On dirait qu´il a lui aussi fait une crise cardiaque... dit-elle Snake senti la voix de Naomi trembler, et eut l´impression qu´elle cachait quelque chose... - Ce serait une étrange coïncidence, non ? demanda-t-il. - Et bien, beaucoup de drogues, à forte dose, peuvent provoquer une crise cardiaque... Mais on ne peut rien confirmer sans autopsie, répondit Naomi. - Et zut ! Fit alors Snake. Colonel, Baker m´a donné la fréquence d´une femme soldat n'ayant pas participé à la rébellion. Votre nièce peut-être ? Et sûrement cette même personne qui m'a braqué devant la cellule du chef du Darpa. - Heu, oui, c´est possible, appelle-la tout de suite ! Et tiens moi au courrant ! Snake changea la fréquence vers 140.15. Une voix que Snake reconnut répondit : - Qui est-ce ? - J´ai été très impressionné par votre manière de vous échapper. - Vous êtes celui de la prison ? - Vous êtes la nièce du colonel, Meryl, c´est ça ?


- Non... c´est pas lui... ??? La femme eut l´air inquiète. Dites-moi qui vous êtes ! - Je suis le taré que votre oncle a gentiment jeté dans l´arène... - Vous êtes venu seul ? Vous vous prenez pour une armée à vous tous seul ? - Votre aide a été grandement appréciée, mais... J´ai pas besoin de vos conseils... Vous êtes bien la nièce de votre oncle... - Vous connaissez mon oncle ? - C´est un vieil ami. - Et...vous vous appelez ? - Mon nom a peu d´importance... - Ah ! Vous ne seriez pas... Snake ? Vous êtes Solid Snake ? - Y´en a qui m´appellent comme ça... - Le légendaire Solid Snake ? Vous ?! Meryl enleva sa cagoule de terroriste, et Snake vit alors une femme, rousse, et plutôt jolie... - Désolé pour toute à l´heure ! S´excusa Meryl, Je ne savais pas si vous étiez du bon côté ! - Je savais que vous, oui, répondit Snake - Comment ? demanda Meryl un peu surprise - Par vos yeux... - Mes yeux ?! - Ce ne sont pas des yeux de soldats. - Les yeux d´une bleue, c´est ça ? - Non ! De très beaux yeux... Pleins de compassion ! - Hmmm... Je n´en attendais pas moins du légendaire Solid Snake. Vous essayez de me faire craquer ? - Ne vous inquiétez pas, vous allez vous en remettre. La réalité n´est pas à la mesure de la légende, croyez-moi...


- Ça, je n´y crois pas ! répliqua Meryl - Pourquoi avez-vous paru si surprise quand vous m´avez vu ? - Oh... Vous lui ressemblez à s´y méprendre... - Vous parlez de Liquid Snake, le chef des terroristes ? - Ouais ! Vous le connaissez ? C´est pas votre frère au moins ?! - Je n´ai pas de famille. - Comment ça se fait alors ? demanda Meryl de plus en plus curieuse et inquiète. - Le mieux, c´est de lui demander ! répondit Snake d´un air sûr, Mais tout d´abord j´ai besoin de renseignements. Vous faisiez partie de l´exercice depuis le début. Que s´est-il passé exactement ? - Je suis désolée ! J´ai été capturée avec le président Baker juste après l´attaque des terroristes. - Vous n´avez pas à être désolée, je suis sûr que vous ne pouviez pas faire autrement, répondit Snake calmement, Mais pourquoi ici ? J´ai l´impression que ce n´est qu´un centre de recyclage... - Aïe aïe aïe... c´est tout eux ça... répondit Meryl, d´un ton à la fois moqueur et désolé. On ne vous a rien dit n´est-ce pas ? Ok Snake... Cet endroit n´est pas vraiment une installation de recyclage nucléaire. Cette base dépend d´une société écran d´ArmsTechs. - C´est une base civile ?! - Exact ! Pour la mise au point de Metal Gear ! - Colonel ! Dit alors Snake sur un ton de reproche bien que Campbell ne soit pas là. - On a appelé Fox-Hound et les Forces Spéciales de la Deuxième Génération pour le tir à blanc du missile Metal Gear. - Pourquoi Fox-Hound ? Demanda Snake. - C´est un groupe d´opérations spéciales ayant l´habitude des missions top secrètes. Ils espéraient ainsi garder tout ça sous le manteau ! - Mais y´a eu d´autre essais nucléaires ! Pourquoi maintenant ? - Et bien, je me suis laissée dire que c´était le dernier test précédant la ratification officielle du programme Metal Gear... C´est ce qu´on m´a dit.


- Mouais... répondit Snake n´ayant pas l´air convaincu, Ca me paraît bizarre... A votre avis, que veulent les terroristes ? - Je suis désolée, je n'en suis pas sûre. Ils m´ont capturés avec le président Baker dès le début. - Une seconde ! dit alors Snake en un souffle. Un garde approchait discrètement du tank sous lequel il était caché, Snake en était sûr... Il sortit doucement de sa cachette et comprit qu´une seconde de plus et le garde qui inspectait le dessous du tank l´aurait aperçu et il serait déjà transformé en passoire. Snake prit un chargeur vide et le lança très loin du tank. Le garde entendit le bruit et alla voir ce qu ´il se passait. Snake en profita pour retourner sous le tank, surveillant toujours le garde d´un oeil. Il reprit : - Voilà c´est bon, désolé, les gardes sont coriaces ici. Dites-moi, c´est au moment où vous avez été capturés avec Baker qu´il vous a donné les clés pour annuler le code de mise à feu ? - C´est exact, confirma Meryl. - C´est incroyable que les gardes ne les aient pas trouvées... - Que voulez-vous… Les femmes ont plus de cachettes que vous ! Vous avez vu Baker ? Il va bien ? - Il est mort. - Quoi ?! Fit alors Meryl, choquée. - Crise cardiaque... tout comme le chef du Darpa - Le... le chef est mort lui aussi d´une crise cardiaque ? Dit alors Meryl très surprise. - Ouais... est-ce qu´ils étaient malades ou quoi que ce soit ? demanda Snake - Je ne crois pas non... - Hm... Je ne crois pas aux coïncidences, quelque chose ne tourne pas rond. - Hm, on dirait... Mais je sais pas quoi. - Là, moi non plus... répondit Snake. Est-ce que vous connaissez l´inventeur de Metal Gear ? - Vous voulez dire Dr Emmerich ? demanda Meryl.


- Ouais ! Il est encore vivant ? - Probablement. Vous devriez le trouver dans l´entrepôt à ogives situé au nord, dans le labo du second sous-sol. Ils ont dû le forcer à travailler sur le programme de mise à feu du missile. - Donc ils vont le garder en vie... du moins jusqu´au lancement... - On a intérêt à tenter quelque chose avant qu´il ne réussisse ! - Vous avez raison. Il faut que le docteur détruise Metal Gear si nous ne réussissons pas à désactiver le code de mise à feu à temps. - Et, vous comptez faire ça tout seul, Snake ? - Ca m´arrive souvent... Un silence s´installa. De toute évidence, Meryl connaissait l´histoire de Snake. - Quel est le meilleur moyen d´entrer dans le bâtiment où ils détiennent le docteur ? demanda alors Snake. - A l´étage où vous êtes, il y a une porte qui mène à un passage enneigé, puis une seconde porte qui vous fera entrer dans l´entrepôt à ogive ! - Quel est le niveau de sécurité des portes ? - Et bien, la première est de niveau 5, mais ma carte est de ce niveau. La seconde de niveau 2. Baker a dû vous donner sa carte de niveau 2, je suppose ? - Ouais... Vous devriez... - Je viens avec vous, dit alors Meryl l´air dure et décidée. - Pas question ! répliqua Snake. Vous n´avez pas assez d´expérience ! Mettez-vous à l´abris. - J´ai de l´expérience ! Lança alors la femme, apparemment vexée. - Non, pas assez, répliqua calmement Snake. Arrêtez-vous une seule seconde face à l ´ennemi, et c'est fini ! Votre bonne étoile ne brillera pas toujours. Meryl ferma les yeux et baissa la tête. - Je ne sais pas ce qu´il s´est passé... dit-elle, je n´ai pas pu appuyer sur la gâchette... A l ´entraînement ça ne m´est jamais arrivé... Mais j´ai pensé aux balles qui allaient pénétrer les corps de ces soldats et... et j´ai hésité... - On ne tire pas sur un être en pleine vie comme on tire sur une cible inerte...


- Toute petite déjà, je rêvais d´être un soldat... Chaque jour de ma vie, je me suis entraînée corps et âme en vue du jour où j´aurai la chance de participer à l´action, et maintenant... - Quoi maintenant ? Vous lâchez ? - Lâcher ? Impossible. Je ne le permettrai pas ! Lança soudain Meryl relevant la tête. - Malheureusement, plus on tue, et plus ça devient facile de tuer. La guerre fait émerger tous les sentiments humains les plus bas, les plus vils... C´est tellement facile d´oublier que c´est un pêché sur le champs de bataille... Snake se senti soudain mal, se rappelant, comme il essayait de le fuir, que ce qu´il disait était horrible mais qu´il le faisait, mais si personne ne le faisait, alors beaucoup d ´innocents mourraient... - Mais c´est pas une guerre ! dit alors Meryl, c´est une attaque terroriste ! - C´est ce qu´on appelle "trip de combat". Tu as fait une chute d´adrénaline, relaxe-toi c´est tout, conseilla Snake, qui se rendit soudain compte qu´il avait tutoyé Meryl sans le vouloir. - Mais on nous a briefé sur le trip de combat à l´académie ! répliqua Meryl - On parlera de ça plus tard. Pour l´instant, occupe-toi donc de rester en vie. - J´y réfléchirai longuement si on s´en sort vivants. - Bon, j´ai pas été clair, je recommence, reprit Snake reprenant son attitude de solitaire. Toi ne pas rester dans mes pattes, compris ? - Ah ah, mon oncle t´a parfaitement décrit : une belle enflure. - Ah ! Je savais bien que je gagnais à être connu. - C´est cela oui, bien sûr ! Ils se mirent à rire, dans ce moment où tous deux étaient pourtant tendus et angoissés - Meryl plus que Snake - et cela leur redonna du courage. - Ok, Snake. Je vais être sage, promit Meryl. - On s´appelle une fois le docteur récupéré. Ensuite, on s´occupera du code de mise à feu. - Ok, bon, je t´appelle dès que j´ai ouvert la porte de chargement ! Et elle coupa. Snake sortit de sa cachette car le garde allait à nouveau vérifier. Il décida donc de fouiller une petite pièce où il trouva deux choses intéressantes : un silencieux pour Socom, et un détecteur de mines. Il se dit qu´un détecteur ne pouvait pas


être là par hasard. Il reçut alors un appel de Meryl lui disant qu´elle avait déverrouillé la porte de chargement. Snake se précipita vers la sortie de la petite pièce, la porte coulissa automatiquement et Snake sursauta : Il était tombé nez à nez avec un garde, vêtu d´une tenue vert olive et d´une cagoule noire, il sursauta lui aussi en voyant l´intrus. Il porta sa main sur sa radio, mais Snake l´en empêcha, le mit à terre après lui avoir cassé le bras, et l ´assomma. Il le traîna dans un coin où personne ne le trouverait, et passa enfin la porte de niveau 5.


IV Le Ninja

S

nake arriva comme prévu dans un champ de neige, apparemment il n

´était pas gardé, ce qui paraissait très étrange à l'espion. Il n´y avait pas même une caméra. On voyait juste à l´autre bout une énorme porte semblable à celle qu´il venait de franchir. Dans un recoin à mi-chemin de ce champ, à droite, se trouvaient des tuyaux à la verticale, qui pourraient servir à se cacher en cas de problème. Snake avança très prudemment, le fort vent et la neige ralentissant encore ses pas, quand soudain, son codec le fit sursauter. Il répondit, et une voix à l´autre bout lui dit : - Snake, attention ! Cet endroit est bourré de mines Claymore ! De plus, tu as un tank M1 qui t´attend à douze heures ! L´image générée habituellement sur le codec pour montrer le visage de l ´interlocuteur était brouillée. - Qui est-ce ? demanda Snake se demandant s´il ne s´agissait pas d´un piège. - Appelle-moi Deepthroat. - Deepthroat ? Comme le type du Watergate ? - T´inquiètes pas pour mon nom... Contente toi d´utiliser un détecteur de mines ! - Qui es-tu... ? Répéta Snake. - Un admirateur. Répondit la voix avant de couper. - Hm... Fit Snake. Il appela immédiatement Campbell. - Colonel ! J´ai reçu un...


- Je sais Snake ! Nous avons tout entendu. Mei Ling a localisé la provenance de l´appel : il venait directement le base en Alaska. Snake, ça veut dire que ce type, qui qu´il soit, peutêtre une menace pour toi et la mission, ne t´y fie pas trop, même si, pour le moment, tu n´as pas le choix. Bonne chance Snake. Et il coupa. Snake activa son détecteur de mines, et, sans surprise, l´appareil émit de petits bips assez rapides : Solid était à deux pas d´une mine. Cela signifierait-il que la personne qui l´avait appelé le voyait et avait vérifié ses pas avec un détecteur infrarouge ? Tout était possible... Mais Snake ne se posa pas de questions : comme l´endroit était désert, il fit sauter toutes les mines sans risque d´alerter qui que ce soit, surtout que le vent couvrait le bruit. Il s´assura une dernière fois qu´aucune mine ne restait, puisque d´après l´ "inconnu", un tank M1 l´attendrait, ce qui semblait possible à Snake qui avait l´habitude du terrain. Il avança, se cachant derrière chaque roche qu´il pouvait, car face à un tank il n´avait pas grande chance. Soudain, ce qui devait arriver arriva : la porte de chargement nord s ´ouvrit, et l´énorme monstre d´acier en sortit. Une voix, amplifiée par un microphone, que Snake devina être celle du pilote, dit alors : - Voilà... le territoire de Raven. Le nom de Raven évoqua quelque chose à Snake : un membre de Fox Hound impliqué dans cette affaire. « Vulcan Raven, le Shaman géant »... La trappe au sommet du M1 s´ouvrit, et une tête chauve, suivie d´un torse nu, extrêmement musclé, et couvert de tatouages, dont un sur le front représentant un corbeau, apparut. - Pas de serpents en Alaska ! dit alors Raven. Même sans le micro, sa voix était très forte, puissante, et passait même à travers ce vent très fort et bruyant. - Je ne te laisserai pas passer... poursuivit-il, Envoie-lui un message ! La tourelle pivota, et le canon se pointa droit sur Snake qui eut tout juste le temps de réagir avant que l´engin ne tire un puissant missile : le serpent avait sauté en arrière et était tombé sous le choc de l´explosion. Toute la neige vola devant lui, lui brouillant la vue. - Ahahahahaha ! C´est cela ! Ta place est au sol ! Rampe sur le sol comme le serpent que tu es ! Lança Raven de sa voix terrorisante. Il rentra alors dans le tank. Snake se réfugia derrière une roche à l´air solide, et réfléchit rapidement à ce qu´il fallait faire. Il trouva enfin : il sortir une grenade chaff, la lança et elle sauta, brouillant tout le matériel électronique. Le tank était immobilisé, et le canon aussi, mais la mitrailleuse continuait à tirer sur Snake : quelqu’un, Raven apparemment, visait manuellement. Snake courut alors vers le tank, évitant les tirs, une balle effleura sa jambe, et il finit par être à la droite du tank, la mitrailleuse ne pouvait plus le toucher ainsi. Un soldat sortit par la trappe et voulut tirer sur Snake, mais ce dernier fut plus rapide et tua l´homme vêtu de blanc d´une balle dans la tête. Snake en profita : il jeta une grenade dans le compartiment, courut se réfugier derrière les tuyaux qu´il avait aperçu, et le tank explosa de l’intérieur !


Un garde fut éjecté de l´engin. Snake s´en approcha, et le fouilla pour trouver dans sa poche une carte de niveau 3, qui lui permettrait sans doute d´ouvrir la porte nord du champ de neige. Dans le tank, Raven, à peine blessé parlait par radio avec quelqu´un : - Alors patron, j´espère que t´es content ? Il a la carte ! Lança la puissante voix du shaman. Snake ouvrit la porte de l´entrepôt à ogive. - On va s´amuser un peu plus avec lui... Répondit Liquid. - Je te conseille de ne pas le sous-estimer... Répondit Raven. - Alors ? Tu en as pensé quoi ? - Il est comme tu l´as décrit, répondit la montagne de muscles de sa voix puissante tout en sortant de la carcasse du tank, En action, on dirait qu´il est possédé ! Un peu comme toi... Je n´en attendais pas moins. La voix d´Ocelot se joignit à la conversation : - Tu vois !? Je te l´avais dit... Mais je le tuerai ! - Alors quoi Général Ivan, plus de main, et plus de dignité non plus ? Lança Raven. - Fais gaffe à toi shaman ! Menaça Ocelot. - Dans la langue Sioux, " Sioux" signifie "Serpent". Une vingtaine de corbeaux volaient au dessus de Raven et certains se posèrent devant lui... - C´est un animal que l´on se doit de craindre, poursuivit-il. - Snake est à moi maintenant ! Quand je le reverrai, je m´occuperai de son cas ! dit Ocelot, agacé. - Non, ne le tue pas encore... s´interposa Liquid. Raven, perdu dans ses pensées dit alors : - Nous nous retrouverons, lui et moi, en combat. - Toujours la même prédiction ? demanda Ocelot. - Oui. Le corbeau de mon âme est assoiffé de son sang.


Snake avança dans l´entrepôt, une porte identique aux deux précédentes lui bloquait la route mais par chance, elle était levée d´environ un mètre. Son codec sonna soudain : - Snake, ici Naomi, vous ne devez surtout pas utiliser vos armes ! J´ai d´ailleurs bloqué les nanomachines pour que vous ne puissiez pas les utiliser. - Quoi ?! demanda Snake, choqué car l´endroit grouillait de gardes, avec des masques à gaz, ce qui voulait certainement dire que la moindre alerte le tuerait par un gaz mortel. - Oui, continua Campbell, tu vois toutes ces énormes étagères autour de toi ? Ce sont des têtes nucléaires, une simple étincelle ferait tout sauter ! - Hm... Bon, je me passerai de mes armes... Et le colonel coupa. Snake avança discrètement avant de tomber sur une caméra très mal placée pour lui. Elle se déplaçait et couvrait ainsi une toute la zone en 10 secondes à peine. - "Et ZUT !" pensa-t-il. Il allait devoir prendre de gros risques. Il se cacha derrière un mur et attendit que le garde qui faisait sa ronde s´arrête juste derrière l´angle dur mur de Snake et de celui de la caméra. Le serpent avait calculé le temps de rotation de la caméra et c´était le moment, il avait 5 secondes pour attraper le garde et l´emmener derrière le mur. Il attrapa son arme qui dépassait, la laissa tomber derrière lui, le garde allait crier mais Snake le tenait en otage, derrière le mur avant qu´il n'ait pu faire quoi que ce soit. - Pas un mot, pas un geste, dit-il. Tu vas répondre tout simplement à ma question. Où est le poste de commande des caméras de ce secteur ? Le garde ne dit rien mais montra de la tête une petite pièce à laquelle il serait facile d ´accéder. Snake l´assomma d´un coup de FaMas, puis courut vers sa destination, tout en restant discret bien sûr. Là, il dut à nouveau prendre un garde inattentif en otage, il surveillait sur l´ordinateur chaque mouvement suspect. Snake s´approcha lentement et dit : - Pas un geste ! Et là le serpent s´aperçut de son erreur : il y avait aussi une caméra dans la pièce ! Le garde l´avait vu venir ! L´alerte sonna, et un gaz jaunâtre apparut partout. Snake avait du mal à respirer. Il attrapa le garde et lui brisa la nuque, sa seule chance, puis il enleva la combinaison du corps inanimé et l´enfila lui-même. Il cacha le cadavre du garde dans le casier derrière et quand d´autres ennemis firent irruption dans la pièce, Snake, toujours déguisé, dit : - Ce n´est rien je me suis assoupi et j´ai appuyé sur le bouton d´alarme sans le vouloir. - Imbécile ! Tu devrais pourtant être plus prudent que ça ! Tu sais que deux intrus rôdent !


Dont l´ "ombre" qui a encore tué plusieurs personnes ! - Le Ninja ? Murmura Snake. - Pardon ? demanda le garde en face. - Non rien, retournez à vos positions. Snake enleva la combinaison, la remit sur le corps du garde, l'assit sur le fauteuil et sortit d´ici, passant devant la caméra sans risques, et arriva devant l´ascenseur. - Quel étage ? B1 ou B2 ? D´abord au B2, c´est l´endroit le plus logique pour un laboratoire... Quand Snake arriva, il eut une bien mauvaise surprise : le couloir était rempli du même gaz jaunâtre que quand l'alerte avait été déclenchée en haut, et le sol était électrifié ! - Merde ! jura-t-il. Son codec sonna : - Snake, attention, cet endroit est rempli de gaz, et le sol est électrifié ! - Encore toi ? Mais qui es-tu ?! - Je t´ai déjà dit que ça n´a pas d´importance, pour pouvoir passer ce couloir, tu devras détruire le générateur d´électricité de la pièce. - Je ne peux pas l´atteindre ! Il est derrière ce mur, logiquement ! - Il y a un lance missile Nikita au niveau B1, tu pourras l´utiliser. Et l´inconnu coupa. - Mais qui peut-il être ? Snake n´avait pas le choix, il reprit l´ascenseur vers le niveau B1. L´endroit était très beau, un couloir tout en marbre apparemment, une colonne de chaque côté, puis quatre portes : Toilettes homme, toilettes femme, armurerie, et une porte de niveau 5 "Bureau du commandant". Snake entra dans l´armurerie, et trouva sans difficulté le Nikita, ainsi que des lunettes thermiques, qui permettront de voir les mines et toute chaleur corporelle, même dissimulée par un camouflage optique. Quand Snake retourna au niveau B2, il tira directement son missile Nikita, il n´aurait pas beaucoup de temps car il faudra bien qu´il respire après un moment. Il guida le projectile grâce à une télécommande et à la caméra qui est intégrée directement sur le missile. Il trouva après une trentaine de seconde le générateur et le détruisit. Le courrant sur le sol avait apparemment disparu, Snake se mit donc à courir aussi vite qu´il le pouvait vers la porte du prochain couloir, et là il put enfin respirer.


Il reprit son souffle, et entra dans le second couloir, le dernier avant d´arriver au labo du Docteur Emmerich. Snake faillit vomir en sentant la terrible odeur et encore plus quand il vit ce qu´il se passait : Une dizaine de gardes déchiquetés, du sang partout sur les murs, même une tête décapitée... - On dirait qu'ils ont été découpés à la scie… Snake avança prudemment, il entendait encore du bruit devant. Il vit un garde sortir de derrière l´angle du mur à gauche qui, le voyant, lui dit, levant le bras comme essayant de se rattraper, en état de choc : - Un... Un fantôme ! N´y allez pas... et il s´évanouit. Snake avança et vit une ombre qu'il devina être celle du Ninja ouvrir la porte du laboratoire. Quand Snake entra à son tour, il vit un scientifique, le docteur Emmerich sans doute, à terre, entrain de reculer devant l´ombre du Ninja. Quand il se trouva coincé entre une baie vitrée, un casier et un mur, puis le Ninja invisible devant lui, le pauvre urina de peur, créant une flaque sur la moquette verte du laboratoire. Le Ninja apparut soudain, désactivant son camouflage : - Un... un camouflage optique ? fit le docteur. Qui êtes-vous ? Lança-t-il d´une voix aiguë à cause de la peur. - Où est mon ami ? demanda le Ninja de sa voix robotique, pointant son katana vers le pauvre docteur. - De, de quoi est-ce que vous voulez parler ? demanda Emmerich parlant si vite que c´était presque incompréhensible. Snake choisit ce moment pour s´avancer, et le docteur se tourna vers lui puis à nouveau vers le Ninja, et lui demanda : - Y... Y´en a d´autre ? Le Ninja-Cyborg se retourna vers le serpent. - Snake ! - Te voilà à nouveau... répondit ce dernier. - Je t´attendais, mon cher Snake. - Qui es-tu ? - Ni ami, ni ennemi, je viens d´un monde où de tels épithètes n´ont aucun valeur... J´ai enlevé tous les obstacles sur ta route. - Tu veux dire que c´était toi sur le codec ? Coupa Snake.


- Oui... Maintenant que nous sommes enfin réunis, battons-nous jusqu´à la mort. - Qu´est-ce que tu veux ? - Ca fait longtemps que j´attend ça. Maintenant, je veux savourer l´instant... - Ohhhh... Qu´est-ce que c´est que ce truc ? demanda Emmerich bégayant, encore une de mes japanimations ? - Je suis venu d´un autre monde pour t´affronter, poursuivit le Ninja. - Pourquoi ? Vengeance ? demanda Snake perdant patience. - La vengeance est tellement triviale... Un combat à mort contre toi. Ma seule façon de trouver le bien-être... Je te tue... Tu me tues... Cela n´a aucune importance Soudain, Emmerich craqua et courut se réfugier dans le casier à sa gauche en criant. - Très bien, il pourra voir le spectacle de sa loge, dit le Ninja. - J´ai besoin de cet homme, n´y touches pas ! - Maintenant... Fais-moi sentir... Fais-moi sentir vivant ! Le Ninja donna un coup de son katana que Snake esquiva de justesse. Solid sorti son FaMas et tira tout un chargeur sur le Ninja, qui contra toutes ses balles avec son arme. - Oh, Snake tu me déçois, ce n´est pas comme ça que tu pourras me toucher... se moqua le Cyborg. Ce n'est pas digne d'un bon soldat ! Snake prit une grenade et la lança, le Ninja la renvoya d´un coup de pied droit sur Snake qui plongea sur le côté gauche pour éviter l´explosion qui détruisit plusieurs lampes et cinq ordinateurs. Snake comprit alors qu´il allait devoir combattre à mains nues. Il courut vers le Ninja, et le frappa dans le ventre, son exosquelette était dur, mais Snake savait que s ´il ne faisait rien, il finirait comme les gardes du couloir. Il donna un coup de pied dans le casque du Cyborg qui disparut soudain. Snake se sentit tomber en arrière et vit au dessus de lui le Ninja ranger son katana et dire : - Bien, maintenant nous sommes à égalité ! Le combat à mains nues est le combat roi, qui compte sur une arme est un fou ! Solid se releva avec souplesse et fonça droit vers son adversaire, lui donna un coup de genou dans le ventre, puis un coup de coude dans le dos, et le Ninja tomba sur la tête. Snake avait mal partout, le Cyborg sauta et disparut pour apparaître à l´autre bout de la pièce. - Ca te revient Snake ? La sensation du combat ? L´entrechoquement d´os et de tendons ?


Snake commençait en effet à avoir une sensation désagréable de déjà vu. Désagréable, ou pas… La seule fois où il avait ressenti une telle chose, c'était… Il était comme lié avec son adversaire, et le combat était sans aucune haine ni désir de mort… Mais revenons au présent : Le Ninja disparut et Snake mit ses lunettes thermiques. Il le chercha du regard et le trouva, il voulait frapper en plein visage mais il rata : son adversaire avait disparu et réapparu dans son dos, Snake reçut un coup par derrière qui l´assomma presque. Il se releva avec difficulté, et vit alors que le Ninja commençait lui aussi à faiblir. Il lui donna un coup de tête et le Ninja tomba devant lui. Il se releva et resta immobile. Snake sentit alors que quelque chose allait se passer, il recula et vit de l´électricité envahir tout le corps du Ninja, qui criait apparemment ressentant une douleur terrible. Les cris s ´interrompirent et le Cyborg regarda Snake. - Ca a marché Snake ? Ils se regardèrent quelques secondes et les cris du Ninja reprirent de plus belle, il tomba à genoux se claqua la tête à terre à plusieurs reprises : - Le médicament ! Je me perds ! Il resta ainsi immobile à quatre pattes quelques secondes, Snake le crut mort mais soudain le Ninja se releva reprenant ses cris et courut vers la sortie, disparaissant en route. Solid venait de comprendre, bien que ce soit impossible, il était sûr de l´identité de ce redoutable combattant. Snake appela immédiatement le colonel. - Gray Fox... dit Snake, Colonel, ce Ninja c´est Gray Fox, y´a pas de doute ! Gray Fox, seul ami que Snake ait jamais eu qui avait choisi un autre camp que le sien... L´homme que Snake regrettait le plus d´avoir tué. Le colonel devait penser que Snake disait ça dans l´espoir de revoir Fox en vie... Mais Snake était certain de ce qu´il disait, il avait compris le message du Ninja. - Ridicule ! Tu es le mieux placé pour savoir qu´il est mort à Zanzibar ! répondit Campbell. - C´est vrai, intervint Naomi. Il a été tué mais il est vivant. - Quoi ? demanda le colonel très surpris. - C´était avant mon arrivée à Fox-Hound, expliqua Naomi. Ils ont utilisé un soldat pour leurs expériences en thérapie génétique. - On ne m´en a jamais parlé, dit Campbell de plus en plus surpris. - C´était après votre départ... continua Naomi, mon prédécesseur, le Dr Clark, dirigeait les opérations.


- Le Dr Clark ? demanda Campbell. - C´est le précurseur de la thérapie génétique, expliqua Naomi. - Et où est-il maintenant ? demanda Snake, bien qu´il devinait la réponse. - Il a été tué, dans l´explosion de son labo, il y a deux ans, répondit le Dr Hunter. - Bon... parlons de ce soldat, proposa Snake. - Comme sujet de test, ils ont décidé de se servir du corps d´un soldat rapatrié après la chute de Zanzibar... - Et c´était Gray Fox ? - Mais il était déjà mort ! dit le colonel. - Oui. Mais ils l´ont récussité, poursuivit Naomi. Ils l´ont équipé d´un prototype d ´exosquelette et l´ont drogué pendant quatre ans et se sont servis de lui comme d´un jouet. Les soldats génomes d´aujourd´hui sont nés de ces expériences. Campbell baissa les yeux et dit : - Je n´ai jamais rien entendu d´aussi choquant... - Ils ont testé sur lui toute sorte de techniques de thérapie génétique. - Naomi, demanda Snake, pourquoi vous être tue jusqu´à maintenant ? - C... C´était une information confidentielle, répondit Naomi d´une voix qui parut trop fuyante à Snake. - Est-ce la seule raison ? - ... - Naomi, demanda le colonel, qu´est devenu Gray Fox après tout ça ? - Son dossier mentionne... "Mort accidentelle". - Je vois. Mais pourquoi est-ce qu'il se prend pour un Ninja ? demanda Campbell. - D´après ce que j´ai pu voir, il ne sait pas qui il est, répondit Snake. - Tu veux dire qu´il n´est qu´un robot sans conscience ? demanda le colonel. - J´suis pas sûr, mais je crois le seul moyen pour qu´il se retrouve est un combat à mort... c ´est de ça qu´il parlait. Je serai amené à le revoir.


- Vous allez l´affronter ? Jusqu´à la mort ? demanda Naomi. - Hm... Fit Snake, J´aimerais autant pas, mais je crois que c´est ce qu´il veut. - ... Snake coupa et se dirigea vers le casier où le Docteur s´était caché. - Vous comptez rester là-dedans ? demanda-t-il. - Heu ? Vous ê... vous êtes avec eux ? - Non, moi, je travaille seul. - Ah, ah bon ? Vous êtes un Otaku vous aussi ? - Allez, sortez ! On va pas rester ici éternellement ! La porte du casier s´ouvrit et un homme, assez maigre pour sa taille, habillé d´un jean et d´un pull bleus sous sa blouse de scientifique, des lunettes sur le nez, les cheveux longs décoiffés et la barbe mal rasée qui montraient un air négligé apparut. - Votre uniforme est différent des leurs, dit le Docteur. - Vous êtes bien Hal Emmerich ? Chef ingénieur du projet Metal Gear Rex ? Demanda Snake. - Vous me connaissez ? Demanda l´homme se relevant et appuyant au centre de ses lunettes pour les replacer bien contre son visage ce qui semblait être une sorte de tic. - C´est Meryl qui m´a parlé de vous. - Vous êtes venu me délivrer ? - Non, désolé... J´ai d'abord quelque chose à faire, répondit Solid un peu gêné. - Tant pis... répondit le docteur, déçu mais tout de même heureux d´avoir trouvé quelqu´un susceptible de l´aider. Déjà vous n´êtes pas l´un d´eux... Emmerich marcha vers une chaise, et Snake remarqua qu´il boitait. - Hé, vous êtes blessé ? - Ça va, je me suis foulé la cheville en essayant de m´enfuir. - Ca n´a pas l´air grave. J´ai quelque chose à vous demander : j´ai besoin d´informations sur Metal Gear, demanda Snake.


- Metal Gear ? - Ouais. Quelle est la vraie fonction de Metal Gear ? - C´es un TMD (Défense Territoriale par Missile) mobile ! Une arme uniquement défensive conçue pour abattre des missiles nucléaires. - Menteur ! Lança Snake tout en attrapant Emmerich par le col, le soulevant à quelques centimètres du sol. Je sais déjà que Metal Gear n´est rien d´autre qu´un engin de mort nucléaire sur roues ! Continua-t-il tout en secouant le pauvre Docteur. - Nucléaire ? demanda l´homme, surpris et inquiet. Mais de quoi parlez-vous ? - Les terroristes s´apprêtent à utiliser Metal Gear pour lancer un missile nucléaire ! Vous prétendez l´ignorer ? Lança Snake l´air menaçant. Le scientifique poussa de petits cris, il croyait que Snake allait le tuer. - Ils, ils vont monter une tête nucléaire sur le module TMD de Metal Gear ?! - Non… Fit Solid ironiquement. Le but de cet exercice a toujours été de tester la capacité de lancement de Metal Gear en utilisant une tête nucléaire à blanc ! Snake baissa le ton et lâcha Emmerich. - Les terroristes n´ont qu´à finir le travail que vous avez commencé… - Non, vous avez tort ! ... - C´est Baker, votre patron qui me l´a dit. - Non... répondit le scientifique choqué, refusant de croire à cette histoire. Un missile nucléaire sur Rex ? - Vous ne saviez vraiment rien ? - Non ! L´assemblage devait avoir lieu dans un autre département ! Et c´est le président Baker qui supervisait personnellement l´assemblage final des unités ! Je n´ai jamais su exactement avec quoi ils armaient Rex. Je sais qu´il y a un canon vulcan, un laser, et un canon à rampe. - Un canon à rampe ?? - Oui, il tire des balles à très grande vitesse par un système d´aimants. Sa technologie fut développée originellement pour le système SDI puis abandonnée. Nous l´avons miniaturisé dans un projet entre ArmsTechs et Rivermorne National Labs. Le canon est sur le bras droit de Rex.


- Seulement, vous oubliez que Metal Gear a été spécifiquement conçu pour missiles nucléaires. - Il est vrai que Metal Gear possède un module à l´arrière qui peut supporter jusqu´à six missiles. Il a donc été conçu pour missiles nucléaires ? - Ouais... Mais ce n´est pas tout... Si Metal Gear devait ne tirer que des missiles nucléaires standard, ils auraient déjà toutes les données nécessaires, poursuivit Snake. - Hm... Fit Emmerich après un court silence. Se pourrait-il ? dit-il alors soudain se levant de son fauteuil. Les partenaires du projet Metal Gear, les Rivermorne National Labs travaillent sur un nouveau type d´arme nucléaire à partir d´un laser à fusion nucléaire NOVA et d ´ordinateurs ultra perfectionnés. - Ils ont donc créé une nouvelle arme nucléaire en chambre de simulation... - Oui mais... les données virtuelles sont inutiles en combat. Ils auraient besoin des données réelles ! L'ingénieur approcha d´énormes bloc contre un mur derrière une série de vitres. Ils passèrent par une vitre que le Ninja avait cassée en faisant tomber Snake. Ces blocs étaient gris, quelques lumières y clignotaient et ils émettaient un grondement sourd. Snake ne put s ´empêcher de les assimiler à des boîtes de conserve géantes... - Voici quelques uns de ces supers ordinateurs. En les reliant, on peut tout tester en conditions simulées, mais tout n´est que théorie, expliqua Hal regardant ces engins comme s ´ils étaient des héros. - Donc cet exercice a été programmé pour le tester en vrai... ? - Le président Baker a perdu la tête ! Si... si les terroristes tirent ce truc... La voix d´Emmerich tremblait, quand soudain Snake le vit se mettre à genoux et frapper violemment du poing à terre : - Merde ! Merde ! Je ne suis qu´un imbécile ! C´est ma faute ! Le petit scientifique se releva et alla s´asseoir. - Le fait est que... mon grand-père faisait partie du projet Manhattan. La culpabilité l´a hanté chaque minute de sa vie. Et mon père... mon père est né le 6 août 1945... - Le jour où la bombe est tombée sur Hiroshima... Dieu a le sens de l´humour... - Trois générations d´Emmerich... Notre séquence ADN doit porter la mention "armes atomiques" ...


Après un silence de quelques secondes, Snake s´impatientait et le scientifique le voyait, il continua donc : - Moi je croyais utiliser la science pour aider l´humanité ! Mais au bout du compte... c´est moi qu´on utilise... La science pour aider l´humanité, ça n´arrive qu´au cinéma ! Lança-t-il, sa voix devenant fébrile, essayant de retenir ses larmes. - Oh c´est pas le moment de vous apitoyer sur votre sort ! Lui répondit violemment Snake, qui ne voulait pas le brusquer mais le réveiller. Où est Metal Gear ? Où est-il entreposé ? - Rex est dans la base de maintenance souterraine. - Où est-ce ? demanda Snake. - Au nord des tours de communication. Mais c´est loin d´ici ! - Et j´y trouverai aussi le système d´annulation du code de mise à feu ? - Oui ! Dans la salle de contrôle de la base. Mais dépêchez-vous ! S´ils avaient prévu le lancement du missile depuis le début, leur programme balistique doit être au point ! Et comme ils ne m´ont pas appelé depuis quelques heures, ils n´ont pas besoin de moi. En clair, ils doivent être prêts au lancement ! Conclut Hal. - Meryl a les clés d´annulation du code de mise à feu. On doit la rejoindre ! - Et si on ne peut annuler le lancement, il faudra détruire Rex ! Emmerich commença à avancer, boitant très fortement de la jambe droite quand Snake l´arrêta : - Avec votre cheville, vous ne feriez que me ralentir. - Vous aurez besoin de moi pour détruire Rex ! répliqua l'homme en blouse blanche appuyant sur ses lunettes comme à son habitude. - Je n´ai pas besoin de vous, mais de votre savoir, argumenta Solid. - J´ai créé Rex ! J´ai le droit. Je me dois de le détruire. Snake réfléchit un moment avant de dire : - Si vous le pouvez, échappez-vous. Si tout va bien je vous contacterai par codec. - Et comment je suis censé m´échapper d´une île ... !? - ... Ok... Avoua Snake. - Alors je fais quoi ?


- Mettez-vous à l´abris et donnez-moi des infos. Vous connaissez bien l´endroit, non ? - Je veux, oui ! Et pas d´inquiétude, j´ai ça ! Lança fièrement le scientifique portant la main vers sa poche avant. Il disparut soudain totalement, pourtant l´ouïe exercée de Snake pouvait percevoir sa respiration. La voix d´Hal continua toute seule : - C´est la même technologie de camouflage qu´utilisait ce Ninja. Un camouflage optique ! Avec ça, je suis tranquille, foulure ou pas ! - Super. Répondit Snake sans vraiment d´enthousiasme (il n´aimait pas ce gadget qui lui semblait inutile et déloyal) Mais je veux que Meryl s´occupe aussi de vous. Il contacta donc la fréquence 140.15 et Meryl lui répondit immédiatement. Elle ne portait pas son masque (pour le plus grand agacement de Snake). - Meryl, l´ingénieur est sauf. - Bonne nouvelle ! répondit-elle - J´veux que tu en prennes soin ! Où es-tu là ? - Très proche. - La voilà ! Elle est par ici ! Lança soudain une voix inconnue à Snake comme à Meryl dans le codec. - Aïe ! Flûte j´me suis fait repérer ! Snake entendit un coup de feu et la liaison fut coupée au même moment. - Meryl ! Qu´est-ce qui se passe ? S'inquiéta Solid. - Vous avez entendu ? On aurait dit comme une musique ! dit le docteur. En effet, une musique triste, démoralisante presque, une de celles qui donnent des frissons et que l´on pourrait garder en tête durant des heures, se faisait entendre derrière Meryl... Mais cette musique avait quelque chose de déplaisant, comme si elle reflétait ce qu ´il y a de pire. - Ouais... j´aime pas ça. Où est-ce qu´elle pourrait être... répondit Snake, parlant pour luimême. - Voyons, si elle était vraiment proche, ce doit être à l´étage du dessus, car ici, tous les gardes ont été abattus par ce fou furieux ! Au fait, elle portait un uniforme vert de terroriste si ça peut vous aider. Ah et aussi, elle a une façon originale de ... tortiller son derrière quand


elle marche. - Ouais j´avais remarqué ce détail. Mais si elle est là haut et qu´elle a pu s´en tirer, elle s´est sûrement à nouveau déguisé ! Où pourrais-je l´emmener pour lui parler discrètement ? - Et bien, voyons, c´est logique ! Il y a peu d´endroits comme celui que vous cherchez sur la base. - Ah ouais ? Alors c´est où ? Pas de temps à perdre ! Hal se dirigea vers un tiroir et en sortit une carte de niveau 4. - Là ! Avec ça, vous passerez les portes de sécurité 4. - Merci docteur, fit Snake comme s'il s'agissait de la fin d'une consultation. - Appelez-moi Otacon ! - Otacon ? - Raccourci d'Otaku Convention. Les japonais furent les premiers à imiter le bipédalisme avec succès. C'est pour cela que j'ai travaillé dans la robotique ! Pour créer des robots comme dans les dessins animés japonais ! - Un peu enfantin comme raison, non ? Demanda Snake. - Vous savez, je ne suis pas devenu scientifique pour faire du nucléaire ! - C'est ce qu'ils disent tous... - Bon... Je vous laisse ! dit Otacon. Contactez-moi par codec, fréquence 141.12... A plus ! Et l´ingénieur partit, réactivant son camouflage optique.



V Choc mental

S

nake partit quelques secondes après. Il refit tout le chemin en sens

inverse jusque l´ascenseur. Le plus difficile serait d´identifier Meryl assez discrètement, mais il pensait y arriver. Arrivé dans ce même couloir par lequel il était passé pour prendre le lance-missiles Nikita, il se dirigea vers le pilier à sa gauche, au bout du couloir. C´est là qu´il remarqua une porte de niveau 4 : les toilettes pour femmes ! Snake s´agenouilla derrière la colonne, et eut l´idée un peu étrange d´appeler Meryl. Il contacta donc le 140.15, mais n´eut aucune réponse. Un garde sortit de l´armurerie. Un ou une ? La personne se tourna, vue de dos, Snake la reconnut tout de suite : son derrière qui se tortillait ainsi, il ne pouvait s´y tromper. Il lança un chargeur vide dans la direction de cette personne qu´il était persuadé être Meryl. Le "garde" se tourna vers le projectile, et fit demi tour. En fait, Meryl avait peur que Snake ne surgisse de nulle part et ne lui brise la nuque avant qu´elle n´ait pu lui dire qui elle est. Elle se dirigea alors vers les toilettes pour femme et se réfugia dans la cabine du fond, où elle commença à enlever ses vêtements. Snake, lui, quand il vit ce garde entrer dans ces toilettes, eut la confirmation que c´était bien Meryl. Il attendit donc quelques secondes, sortit de sa cachette et observa à nouveau quelques secondes. Aucun gardes à l ´horizon, il fonça donc vers la porte des toilettes qui s´ouvrit d´elle même en identifiant les sels corporels de Snake qui se sont modifiés grâce à la carte de sécurité. Il arriva donc à la première cabine, il vérifia, rien. Il fit ainsi les 5 premières cabines, la sixième et dernière était juste là devant lui. Il ouvrit la porte d´un geste vif, et vit devant lui posés sur la cuvette des vêtements de garde. - Bouge pas ! Lui lança-t-on alors qu´un FA MAS se collait contre son dos. Snake leva les mains tout en sachant que c´était inutile : il avait reconnu la voix de Meryl, cette même voix que le soldat de la prison, et qu´il avait entendu à plusieurs reprises via le codec. Il sentit l´arme se baisser. - C´est la deuxième fois que j´arrive à surprendre le légendaire Solid Snake, dit Meryl. Snake se retourna lentement, et vit une jeune fille, elle n´était peut-être même pas majeure, rousse, habillée d´un simple maillot et d´une jean. Il la trouva très belle à cet instant.


- C´est toi Meryl ? Tu ne pourrais pas te faire passer pour un homme longtemps ! - Ce qui signifie ? Hey ! Pas d´hommes ici ! - Je n´avais pas réalisé que tu était si... féminine. - Une drague bien grasse c´est le moment Snake ! Ils avancèrent plus près de la porte, devant les lavabos au dessus desquels se trouvait un grand miroir. Meryl continua : - Quand je me suis engagée, ils m´ont fait subir une psychothérapie anti-hommes ! Fit la jeune fille afin de dissuader Solid. - Toujours grande gueule... C´est bien ma Meryl ça ! T´es blessée ? - Pas encore. Après tout, j´étais déguisée en soldat génome. - Et pourquoi tu veux te changer ? C´est plus prudent d´être habillée comme eux. - J´en avais marre de faire semblant. Le fait est que... cet uniforme pue le sang... Snake remarqua une marque, un tatouage sur le bras gauche de Meryl, qui lui fit de suite penser au logo de Fox-Hound. - C´est quoi cette marque ? - Hein ? Oh ça... c´est pas un vrai tatouage, c´est juste peint. J´étais une fan de Fox-hound quand il y avait des types comme mon oncle et toi. Pas de thérapie génétique à l´époque, continua-t-elle d´un ton méprisant. Vous étiez de vrais héros. - Il n´y a pas de héros pendant une guerre. Les héros meurent ou finissent en tôle. C´est l´un ou l´autre. - Mais toi, t´es un héro Snake, n´est-ce pas ? - Je ne suis qu´un professionnel efficace dans l´art de tuer. Un mercenaire ne gagne pas, ou ne perd pas. Les seuls gagnants sont les masses. - C´est ça, et toi, tu te battais pour les autres. - Je ne me suis jamais battu que pour moi-même. Sans vision, sans idéal... - Mais non... répondit Meryl ne sachant que répondre d´autre. - Je ne me sens vivant que lorsque je triche avec la mort sur le champ de bataille.


- Et la mort des autres te fait te sentir vivant ? Tu aimes la guerre et tu ne veux pas qu´elle s ´arrête ? Est-ce vrai pour tous les grands soldats de l´Histoire ? Snake préféra aborder un autre sujet. - Pourquoi tu n´as pas appelé, ou répondu ? - J´ai cassé mon codec. - C´est tout ? - Ben quoi ? T´es pas content qu´on se rencontre comme ça ? Au fait, comment tu m´as reconnue ? - Je n´oublie jamais une dame. - Y´a quelque chose que tu aimes en moi, toi ? - Ouais. T´as un super derrière. - D´accord... D´abord mes yeux, maintenant mon derrière. Et puis ? - Sur le champ de bataille, tu n´anticipes jamais les évènements. Un moment de silence passa et Meryl se dit qu´il était préférable de se concentrer sur la mission. - Snake, où en sont les négociations ? - Rien de neuf. - Tout repose sur toi, hein ? - Il faut bien que quelqu´un les empêche de lancer un missile nucléaire. - Y´a deux solutions. Ou on détruit Metal Gear, ou bien... - On annule le code de mise à feu, continua Snake. Tu as les clés de Baker ? - "Les" clés ? demanda Meryl soudain surprise. Meryl sortit de sa poche une carte de couleur Jaune. - Ça tu veux dire ? demanda-t-elle. - Où sont les autres ? Il devrait y avoir trois clés ! - C´est tout ce que j´ai !


- Où sont les deux autres ? - Je n’en ai pas la moindre idée, répondit Meryl, mais elles doivent être quelque part ! Si on ne les trouve pas, il faudra détruire Metal Gear... - Metal Gear se trouve dans la base de maintenance souterraine au nord. - Emmène-moi ! Je connais mieux cet endroit que toi ! - Tu ne ferais que me ralentir. Tu n´as pas assez d´expérience du combat. Cette phrase blessa profondément Meryl, qui dut retenir quelques larmes. - Je ne te ralentirai pas ! C´est promis ! répliqua-t-elle. - Et si tu me ralentis ? - Tu n´auras qu´à m´abattre. - J´aime pas gâcher mes balles, plaisanta Snake. - Vu... je ferai attention. Meryl marcha en direction des lavabos et se regarda dans le miroir accroché là. - Tu sais... Je ne me mets pas de maquillage comme les autres..., dit-elle se regardant toujours, Je ne me regarde jamais dans un miroir... J'ai toujours méprisé ce genre de femme. Toute petite déjà, je voulais être un soldat... Mais j'avais tort... Ce n'était pas mon rêve à moi... Mon père... Il est mort au combat quand j'étais jeune... - Tu voulais donc suivre les traces de ton père ? demanda Snake. - Non, répondit Meryl baissant la tête, Je pensais qu'en tant que soldat, je serais mieux à même de le comprendre. - Et tu es devenue un soldat ? - Je le croyais... jusqu'à aujourd'hui. Mais je sais maintenant que j'avais juste peur de me regarder en face répondit-elle relevant la tête. Peur de prendre mes propres décisions. Mais je ne veux plus mentir. Il est grand temps que je me regarde bien en face. Je veux savoir qui je suis, ce dont je suis capable... Je veux savoir pourquoi j'ai fait les choix de vie que j'ai fait... Je veux savoir..., et sa voix se perdit en en sanglot qu'elle cacha comme elle le pouvait. - Regarde-toi bien en face, t'en auras peut-être plus l'occasion, dit Snake chargeant son Socom. Et si tu te lavais le nez pendant que tu y es ? C'est pas un exercice, nos vies sont en jeu... Y'a ni héros ni héroïnes, tu perds, tu manges les pissenlits par la racine. - Ouais... répondit simplement Meryl se calmant peu à peu.


- Ce FaMas il marche ? demanda Snake désignant l'arme calée contre le mur. - Non, plus de munitions, répondit la jeune femme se retournant vers "la légende". - Et ce Desert Eagle tu l'as trouvé où ? - Dans l'armurerie ! C'est un calibre 50 à action rapide. Il y avait un Socom mais j'ai choisi ça. - Je vois... Moi on me donne les restes... Un peu gros pour une fillette, non ? - T'inquiètes pas pour moi vas ! répondit Meryl faisant un geste d'agacement du bras gauche. - Allez ! Prends mon 45 ! Proposa Snake tendant son Socom. - Ecoutes, j'en porte un depuis l'âge de 8 ans ! Je le porte mieux que je ne porte un soutiengorge. Si on va au Nord, on devra traverser le bureau du commandant situé à ce niveau. La route à découvert est bloquée par les glaciers. La porte qui mène au bureau du commandant est de sécurité 5. Cette carte l'ouvrira, expliqua Meryl sortant de sa poche une carte PAN portant le numéro cinq. Je l'ai trouvée dans l'uniforme que je portais. - Il semblerait qu'ils devaient garder un endroit d'importance... dit Snake. Ils sortirent et immédiatement la musique les frappa... Comment ça ? La musique... celle que Snake avait entendue par le biais du codec alors que Meryl se faisait repérer... Solid avança prudemment. Aucun garde à cet étage... Ses pensées se brouillaient, mais pas toutes, comme si on les triait. Cette pensée de "pourquoi Meryl n'avait-elle pas expliqué ce qu'il s'était passé quand elle avait été repérée ?" s'effaça soudain. Il n'arrivait plus à penser à cela, il avait oublié totalement cette pensée. Meryl, elle, avait tout oublié. La mission, Snake, jusqu'à son nom. Il ne restait que la musique qui trottait dans sa tête... Car cette musique ne pouvait sortir de nulle part, elle était dans leur tête... La légende était brouillée et la bleue était perdue. Solid avança toujours conscient de ses faits et gestes. Meryl apparemment reprenait aussi le dessus. Ils ouvrirent la porte de niveau 5, et arrivèrent dans un couloir avec au bout une seconde porte de même niveau. Snake allait avancer quand Meryl passa devant lui bizarrement, comme si elle ne le voyait pas. Elle se mit dos à la porte fermée, et cria soudain se tenant la tête : - Ah... ma tête... Argh j'ai mal ! Se plaignit-t-elle alors qu'elle tombait à genoux. Snake l'aider à se relever : - Meryl, ça va ? - Oui... Allez monsieur Fox-Hound, le commandant nous attend, ajouta-t-elle en montrant la porte toujours close. Sa voix était vide, étrange... Et Snake avait l'impression d'entendre le timbre d'une


autre personne. Il avança dans le bureau. C'était une jolie pièce, deux statues portaient des masques à gaz à gauche et à droite, à gauche une table avec une carte 3D qui représentait les tours de communications de la base, deux énormes tours reliées par une passerelle de connexion sur le toit. Snake et Meryl auraient bientôt à y passer, du moins si tout se passait bien. En face se trouvait aussi un bureau en bois, marron foncé avec un fauteuil bien confortable derrière. Snake sentit quelque chose passer près de lui... cela volait et était invisible ? Il n'aurait su le dire, mais il n'eut surtout pas le temps d'y réfléchir : Meryl venait de pointer son Desert Eagle vers lui. Elle marchait en titubant, comme une marionnette mal contrôlée. Snake recula, s'approchant dos au bureau. - Snake, embrasse-moi ! dit-elle d'une voix toujours plus vide. Vite ! Embrasse-moi ! Cette fois la voix de Meryl était devenue moins forte qu'une seconde voix, dont le possesseur apparut juste au dessus d'elle. Muni de son masque à gaz, d'une combinaison noire laissant ses bras pâles nus, Psycho Mantis était là, il volait au dessus de la jeune fille qu'il contrôlait. - Alors quoi, tu n'aimes pas les femmes ? dit-il, disparaissant à nouveau. - Snake ! Ici Naomi ! Est-ce que vous entendez comme une sorte de musique ? - Oui et depuis un moment ! - Cette musique, c'est celle que Mantis utilise pour contrôler plus facilement ses victimes ! - Et zut ! Meryl venait de faire feu et Snake évita de justesse la balle qui passa au dessus de son épaule gauche et alla finalement faire un trou dans l'un des portraits accrochés au mur. Solid sortit son Socom et le pointa sur Meryl qui ne sourcilla pas. - Snake, ne fais pas feu ! Elle est possédée ! Rappela Campbell. - Ca va colonel... répondit-il rangeant son arme. Meryl tira encore et dut recharger après avoir raté Snake à nouveau. Celui-ci en profita pour courir vers elle et lui faire une prise qui l'immobilisa et la mit KO. Mantis ne pouvant plus contrôler la jeune femme, il fut contraint d'apparaître. Il volait au dessus de son bureau. - Sans intérêt celle-là... - Camouflage optique, hein ? J'espère que tu as d'autres trucs. - Tu oses douter de mes pouvoirs ?! Je vais te montrer que je suis le plus grand spécialiste de télépathie et de psychokinésie au monde ! Lança Mantis, alors que Snake vérifiait que Meryl allait bien. Elle respirait normalement, et Solid releva la tête et eut un mouvement de recul. Il venait de se rendre compte que le fait que Mantis vole au dessus de son bureau n'était pas


très rassurant. - Les mots sont inutiles, Snake, dit l'ancien médium de Fox-Hound bougeant l'index de gauche à droite. On m'appelle Psycho Mantis ! C'est exact, pas de trucs ! Le VRAI pouvoir ! - Bon sang ! Cria Snake qui commençait à paniquer, levant son arme vers Mantis. - C'est inutile... répondit immédiatement Mantis, je te l'ai dit, je lis chacune de tes pensées ! Snake engagea alors le combat en tirant une balle, mais Mantis volait très rapidement et était déjà de l'autre côté de la pièce quand la balle arriva où il se trouvait. Il ne savait pas quoi faire, Mantis lisait ses pensées et devinait ses actions ! En plus de voler lui même, l'homme était capable de faire voler les objets qui l'entourent, ainsi il souleva trois fauteuils et les fit tourner autour de Snake qui tomba en arrière. Naomi et Campbell essayaient de l'aider par codec et de trouver une solution mais aucune ne venait. Ils lisaient les dossiers sur Mantis et ce qui pourrait le déconcentrer mais c'était une très longue liste et Snake prenait de nombreux coups, surtout que le médium utilisait régulièrement son camouflage optique pour disparaître de la vision de Snake. Arès un moment, Mantis fit réveiller Meryl qui recommença à tirer sur Snake. Ce dernier la mit à terre à nouveau mais le fou changea de technique : - Tu es très puissant, mais je connais ton point faible... Meryl, je veux que tu te fasses sauter la cervelle, devant lui ! Elle se releva et posa le canon du Desert Eagle contre sa tempe. - Meryl, arrêtes ! Cria Snake. - Ahhaahh ! Gémit-t-elle. - Snake sors-la de là je t'en supplie ! Cria Campbell dans le codec Il courut vers la jeune femme et essaya de lui prendre son arme, mais elle tira... Le sang commença à couler du sommet de son crâne… Heureusement la balle ne fit que l'effleurer, et Snake put jeter l'arme au loin avant d'assommer Meryl. - Non... c'est impossible, non ! dit Mantis à Snake avant de le frapper violemment en envoyant une chaise sur sa tête. - Snake faites attention ! Dit Naomi. Ce combat n'est pas physique, il est mental. Vous devez vous rappeler que ce que vous voyez n'est pas forcément réel ! - Ok, dit-il se relevant. Mantis au-dessus de son bureau pointa les bras vers Snake, qui prit soudain feu. La douleur. Ça brûlait. Solid tomba à genoux en se débattant, il allait mourir, c'était fini… Non, il ne brûlait pas, Mantis le lui faisait croire. Il comprit et ne sentant plus la douleur pointa son arme vers son ennemi et tenta de tirer. Plus de balles. C'est alors que la porte derrière lui


s'ouvrit et que Mac Donnel Miller entra, tirant sur Psycho Mantis qui tomba en arrière, mort. - Snake ! Je suis venu t'aider, Campbell m'a demandé de te rejoindre car tu pourrais avoir besoin d'aide, dit-il. - Maître ? Fit Solid un peu surpris. Il se dirigea vers le corps inanimé de Meryl. Elle respirait toujours. - Snake, je suis désolé mais on doit la laisser ici, dit Miller. Metal Gear est sur le point d'être activé ! Vite, par cette porte ! Laissant sa protégée à terre avec regrets, Solid suivit Miller. Il n'avait bizarrement pas repéré plus tôt la porte par laquelle il venait de passer. Ils traversèrent un couloir, et tombèrent nez à nez avec Vulcan Raven après avoir passé une porte. - Snake ! Dit une voix derrière Raven. Je m'occupe de lui ! Vas vite arrêter Metal Gear ! C'était le Ninja. Gray Fox. Il plongea vers son ennemi engageant le combat tandis que Solid et Miller prenaient une porte qui les mena dans la salle de commande de Metal Gear. Liquid et Ocelot les y attendaient. - Vous voilà donc… Dit Liquid. Dis-moi, frérot, où sont les cartes clés ? Ocelot pointa son Single Action Army de sa main droite vers Snake, qui comprit. Deux mains… Revenant soudain dans la salle avec Meryl et Mantis, il leva son arme et tira sur le torse de son ennemi qui tomba à terre. Tout ceci n'était qu'une hallucination… Miller n'était jamais venu. - Colonel, ta nièce est sauve, dit-il. - Merci Snake, je t'en dois une. - Naomi, Mantis étant vaincu, le lavage de cerveau de Meryl va s'estomper, hein ? - Normalement, répondit-elle. Mais pourquoi vous être évertué à la sauver ? Pour Campbell ? Ou serait-ce parce que vous l'aimez bien ? - Je n'aime pas voir une femme mourir devant moi. - Ah bon ? Parce que la mort des autres vous gêne maintenant ? Lança froidement Naomi, sa voix partant presque en sanglots. - Naomi ! Lança le colonel, Ce n'est pas parce que Snake a tué beaucoup de gens qu'il n'a pas une âme et un coeur. - C'est rien, Colonel. Elle a raison... Dit Snake avant de couper.


- Donc... tu m'as bien eu... dit Mantis. Je... j'étais incapable de prédire le futur... Snake avança vers lui. - Un homme fort n'a pas besoin de lire l'avenir, il le construit lui-même. - Huu... peut-être... mais maintenant je peux lire ton futur ! L'esprit de Mantis sortit en partie de son corps. Invisible, il se déplaçait dans la pièce. Il passa au dessus de Meryl qui se réveillait, et le corps de Mantis dit : - Pour arriver au hangar souterrain où est entreposé Metal Gear... Il te faudra emprunter la porte cachée derrière l'étagère. Snake leva la tête et aperçut l'étagère. Elle était remplie et la déplacer serait certainement très difficile. - La route extérieure est bloquée par les glaciers, poursuivit-il, dépasse les tours de communication. Ensuite, emprunte le chemin de la base ! - Pourquoi tu me dis tout ça ? - Je peux lire l'âme des êtres. Tout au long de ma vie, j'ai scruté l'âme de milliers et de milliers d'hommes et de femmes ! A ce moment Snake enleva son masque à Mantis et Meryl les rejoint. En voyant le visage du médium, cette dernière eut un haut-le-corps : - Ah ! C'est horrible ! - Tous les hommes dont j'ai lu les pensées... avaient la même obsession de possession... Un désir égoïste et atavique de transmettre leur semence, à vous rendre malade... Chaque être vivant de cette planète n'existe qu'en vue d'une propagation instinctive. Nous sommes ainsi programmés. Et c'est ça, la cause de la guerre ! Mais toi... tu es différent. Tu nous ressembles. Nous n'avons ni passé, ni futur. Nous ne vivons que l'instant présent, et… c'est tout. Les humains ne sont pas conçus pour s'apporter le bonheur. Dès la minute où nous arrivons dans ce monde, notre destinée et de nous blesser et de nous détruire. Meryl fixa longuement ce visage, si pâle, si horrible : il était plein de cicatrices dont l'une qui avait apparemment été faite pour ouvrir sa tête en deux, chauve, avec des yeux aussi pâles que sa peau, du sang coulait de sa bouche et de son nez écrasé. Il continua : - Mon père... est la première personne dont j'ai vu les pensées. Dans son coeur, je n'ai lu que haine et mépris pour moi. Ma mère est morte en me mettant au monde... et il me haïssait pour cela. J'ai pensé que mon père voulait me tuer. Mon futur allait disparaître, j'ai également perdu mon passé. Quand j'ai repris conscience, le village s'envolait en fumée. - Es-tu en train de dire que tu as brûlé ton village pour enterrer ton passé ? demanda Snake.


- Je vois que toi aussi, tu as subi le même genre de traumatisme ! On est vraiment les mêmes, toi et moi... C'est la présence de gens comme toi qui rend le monde intéressant. Je n'ai jamais adhéré à la "révolution" du Patron... Je n'ai pas son ambition de conquérir le monde. Je cherchais une excuse... pour tuer le plus de gens possible. - Monstre ! Lança Meryl. - Laisse-le parler ! Son temps est compté, dit Snake. - J'ai vu le vrai visage du diable, continua Mantis. Toi Snake. Tu es comme le Patron. Non, pire ! Comparé à toi, je ne suis pas si mal... Je lis aussi dans ses pensées. - Celles de Meryl ? - Tu y étais. Tu possèdes une grande place dans son coeur. - Une grande place ? demanda Snake, intrigué. - Oui, continua l'homme alors que Meryl rougissait, une grande place. Mais j'ignore si vos futurs se rejoignent. Un dernier souhait... - Je t'écoute, répondit Solid. - Remet-moi mon masque. Sans lui, je subis l'assaut des pensées des autres. Avant de mourir, je ne veux passer mes derniers instants... qu'avec moi-même. Snake lui remit donc son masque. - Je vais ouvrir la porte pour toi. Pousse-la, si tu veux découvrir ton futur, dit-il alors que l'énorme étagère bougeait vers la gauche laissant apparaître une porte. C'est bien la première fois que j'utilise mes pouvoirs pour aider quelqu'un. Ça fait drôle... Ça fait... du bien... et il rendit son dernier souffle à travers son masque.


VI Le serpent en cage

S

nake se releva et regarda Meryl, songeante.

- On y va ? demanda-t-il en se dirigeant vers la porte, alors que Meryl restait devant le corps de Mantis. - J'suis désolée... - Meryl ? - Comment ai-je pu laisser Mantis me contrôler ainsi... Snake se retourna. - Si tu doutes de toi, je te laisse ici, dit-il. Meryl se tourna à son tour pour être face à Snake. - Tu as raison, répondit-elle - Ne doute jamais de toi ! Deviens simplement plus forte, et retiens la leçon. - Tu as raison ! Je suis désolée. Ca n'arrivera plus. Snake je peux te demander un truc ? - Quoi ? demanda-t-il se retournant à nouveau vers la porte. - A propos de ce que Mantis a dit... Je me demandais... - Quoi ? Quel est le problème ? demanda froidement Snake qui savait que Meryl voulait parler du traumatisme mentionné par le médium. - Non... rien... Alors, dis-moi Snake. Quel est ton nom ? Ton vrai nom.


- Au combat, un nom ne veut rien dire. - Quel âge as-tu ? - Assez vieux pour savoir à quoi ressemble la mort, répondit amèrement Solid. - De la famille ? - Non, mais j'ai été élevé par de nombreuses personnes. - Quelqu'un à qui tu tiens ? - Ecoute, la vie des autres ne m'intéresse pas. - C'est donc vrai que tu es seul... Mantis avait raison... songea Meryl. - Les autres compliquent ma vie. Je n'aime pas m'impliquer. - ... Tu es triste, et tu es seul... - Allez, on y va. Ils passèrent donc la porte et arrivèrent dans un passage qui ressemblait à une caverne. Un hurlement fit sursauter Meryl - Y peut y avoir des loups là-dedans ? demanda-t-elle. - Des huskies, moitié chien, moitié loups. - Ils ne sont pas dangereux ? - Généralement, non. Ils se frayèrent un chemin et croisèrent quelques unes des bêtes qui les laissèrent tranquilles. Après quelques minutes ils arrivèrent à une porte de niveau 5. Snake l'ouvrit et ils virent apparaître un passage extérieur, sans toit mais tout de même entre de hauts murs, comme un long couloir enneigé, et au bout de ce couloir, l'énorme tour de communication A, qui cachait la B qui était juste derrière. Ils avancèrent quelques secondes, sans trop se méfier (qui pourrait les voir de si loin ?). Soudain, Snake sursauta : - Meryl ! - Qu'est-ce qu'il y a ? A son tour la jeune femme sursauta : un point rouge de promenait le long de son corps et s'arrêta sur sa jambe gauche.


- Meryl couche-toi ! Cria Snake. Mais trop tard, la première balle était partie et Meryl était blessée. Elle tomba à genoux en criant alors que Snake se mettait à couvert, ne pouvant absolument rien faire. - Meryl ! Cria-t-il à nouveau. Mais la seconde balle passa dans le ventre de la coéquipière de Snake qui tomba sur le côté, allongée, puis elle roula doucement pour tendre le bras vers sont arme qui était tombée, stoppée par une troisième balle qui pénétra le bras de la pauvre femme, entraînant un nouveau cri. Meryl était dans une marre de sang, et Snake essuyait les tirs du sniper qui essayait de le viser juste à l'angle du mur. - Bon sang ! Fit-il. - Snake... laisse-moi et... sauve toi. - Meryl... - Je n'étais vrai... vraiment qu'une bleue... - T'inquiètes pas Meryl, c'est moi qu'ils veulent. - Je sais bien ! C'est le plus vieux truc du monde... Le tireur se sert de moi pour te mettre à découvert... - Merde... - Descends-moi Snake ! - Non ! - Mon arme... Je ne peux pas l'atteindre... - Ne bouge pas ! - Je t'avais promis... de... ne pas te ralentir... Je... je peux encore t'aider... Je...je veux t'aider ! - Calme-toi, et garde tes forces. - Quelle imbécile... Je voulais être un soldat... Mais c'est laid la guerre... c'est vraiment très très laid... dit-elle en pleurant de douleur, physique et morale. Snake, je t'en prie, sauve-toi... Ne perds pas espoir en l'Humanité... Ne m'oublie pas ! Et maintenant... casse-toi... Snake était tellement choqué qu'il n'entendait qu'à peine son codec sonner. - Meryl ! dit Campbell bouleversé lorsque Snake décrocha.


- Attention Snake, c'est un piège, dit Maître Miller, l'ancien maître de Snake qui l'avait contacté au début de la mission. - Le tireur va attendre le moment où tu vas aller aider Meryl pour te cueillir n'y vas pas ! dit le Colonel. - Sûrement Sniper Wolf, la meilleure tueuse de Fox-Hound, ajouta Naomi. - Les tireurs travaillent à deux, mais celle-là est seule... hm... fit Snake. - Je la connais, elle peut attendre des heures, des jours ou des semaines peu importe. Elle va attendre que tu te mettes à découvert, continua le Dr Hunter. - Peut-être, Naomi, mais Meryl, elle, ne peut pas attendre. - Snake, est-ce que tu vois Wolf de là où tu es ? demanda Miller. - Hmmm... Entre ici et la tour le terrain est à découvert. Elle doit être au deuxième étage de la tour. - SI elle est dans la tour de communication elle te voit parfaitement, c'est une position idéale pour un tireur ! dit Campbell. A cette distance tu ne pourra pas l'avoir une arme normale, il te faut un fusil sniper ! - Colonel, ne t'inquiètes pas. Je vais sauver Meryl, quel qu'en soit le prix ! - ... Merci Snake... - Ha.... fit le Dr Hunter. - Quoi Naomi ? - Rien, ta volonté de sacrifice me surprend, c'est tout... Tu portes les gênes d'un soldat, pas ceux d'un sauveteur ! - Tu veux dire que la seule chose qui m'intéresse c'est de sauver ma peau ? - J'irais pas jusque là mais... - Je ne sais pas à quoi ressemblent mes gênes, et je m'en tape ! J'agis à l'instinct. - Comme un animal ? - Je vais sauver Meryl ! Je n'ai pas besoin d'excuse. - Ok... - Et comme d'habitude, je ne fais rien pour les autres ! Je vais


sauver Meryl, pour MOI ! Ne t'inquiètes pas Colonel. - Merci Snake ! répondit Campbell - Je comprends... désolée... fit Naomi. Snake sortit du grand passage, laissant Meryl gisant presque inconsciente. La question était de savoir où trouver un fusil de sniper. Il pensa alors à appeler le Docteur Emmerich. - Otacon ? On a un problème, Meryl a été touchée, tu ne saurais pas où je pourrais trouver un fusil de sniper ? - Sniper... - Quoi, un problème ? - Non... rien... vous devriez en trouver un dans l'armurerie sous le hangar à tank, au deuxième sous-sol. - Quoi ?! Si loin ? - Malheureusement oui... Snake ne perdit pas de temps, il coupa et courut en refaisant tout le trajet en sens inverse. Il passa le bureau du commandant, où le corps de Mantis avait disparu mystérieusement, il repassa par le couloir aux 4 portes, y prit l'ascenseur pour l'entrepôt à ogives, l'endroit où il avait failli être repéré quelques heures plus tôt, et il aperçut un camion en bas. S'il se faufilait dedans, il pourrait sans doute arriver rapidement a hangar à tanks. Il descendit discrètement (des gardes étaient toujours postés là) et monta à l'arrière du camion, où il y avait une boîte en carton. Il s'y cacha et attendit. Le camion partit et s'arrêta quelques deux minutes plus tard. Snake sortit de sa cachette et pris l'ascenseur, pour aller au niveau B2, là où Baker était mort, où Ocelot avait été blessé, et où le Ninja avait fait sa première apparition. Il chercha la porte qu'il n'avait pas réussi à faire sauter, car il se doutait que le hasard avait joué ce sale tour, et quand il la trouva, il put l'ouvrir grâce à sa carte PAN de niveau 5. Il trouva le fusil : un PSG-1, très précis et puissant, bourré de munitions. - Colonel, je l'ai, j'y retourne tout de suite ! Trente minutes s'étaient déjà écoulées depuis le départ de Snake du passage vers la première tour, et il lui faudrait au moins autant de temps pour y retourner. Cette fois le camion n'était plus là, Snake dut donc partir à pied et traverser le champ de neige où il avait détruit le tank M1 quelques heures auparavant. Il traversa l'entrepôt à ogive et manqua d'être repéré. Il reprit l'ascenseur et arriva finalement à la porte qui gardait le passage, plus d'une heure après avoir quitté les lieux. Il ouvrit la porte, son arme prête et s'allongea tout de suite pour moins trembler. Il visa aussi vite que possible et aperçut la tueuse : Blonde, vêtue d'un blouson et d'un pantalon gris, la femme le visait et Snake tira et roula immédiatement sur le côté. Les deux balles se croisèrent, celle de Wolf frappa juste à l'endroit où Snake était à


peine une seconde plus tôt, celle de Snake... on ne le sait pas vraiment. Plus aucun point rouge où que ce soit. Snake avait-il vaincu Sniper Wolf ? Pour le moment il ne se souciait que d'une chose : Meryl avait disparu, il ne restait plus qu'une gigantesque marre de sang à l'endroit où elle était. - Colonel... aucun signe de Meryl. - ... - T'inquiètes pas colonel, je vais la retrouver. - Snake, vous devriez être prudent, dit Mei Ling, le radar ne marche pas ici et ça sent l'embuscade à plein nez. La légende avança prudemment jusqu'au bout du "couloir", et aucun problème ne se montra. Aucun signe de Wolf. Ni cadavre, ni sang... Tout ce qu'il fallait pour inquiéter Snake. Une porte était là, pour entrer dans la tour. Snake s'en approcha, et juste au moment où il se rendait compte qu'elle était de niveau de sécurité 6, et donc trop élevé, on pointa un FaMas dans son dos et on lui dit de ne pas bouger. Snake, Socom à la main, se retourna lentement et vit deux gardes, vêtus de blanc, le tenir en joue, puis une très belle femme, Sniper Wolf s'approcha tout en le visant. - Il serait difficile de te rater à cette distance, dit la tireuse d'élite. Lance ton arme par ici ! Doucement... Snake fit glisser son Socom aux pieds de Wolf. - Pas malin d'arriver comme ça ! dit-elle. Imbécile... - Une femme tireur, hein ? - Sais-tu que les deux tiers des plus grands tireurs d'élite au monde sont des femmes ? Tu veux mourir d'abord ? ... Ou préfères-tu que je commence avec ton amie ? - Je mourrai après t'avoir tuée, provoqua Solid. Wolf rit, se moquant de Snake. - C'est vrai ça ? Au moins, t'as du caractère, répondit-elle baissant son arme. On m'appelle Sniper Wolf, et je tue ce que je vise. Elle s'approcha de lui et lui caressa la joue. - Tu es ma proie à moi. Est-ce que... tu m'as... bien compris ? Elle le coupa avec son ongle tout le long de la joue. - Je te laisse ma marque. Je n'oublierai pas. Jusqu'à ce que je te tue... je ne penserai qu'à toi.


Snake sentit le garde à sa droite bouger puis il reçut un violent coup à la tête, il tomba sur le côté et tout se brouilla... il était vaincu. Quand Il commença à se réveiller, il garda les yeux fermés pour espionner la conversation : - Ne le tuez pas encore, je le veux vivant ! dit une voix que Solid crut être la sienne, mais qu'il comprit être celle de Liquid Snake. - Je m'en occupe ! dit alors Ocelot. - Et plus d'accident comme avec le chef du Darpa ! Ajouta Liquid. - On est d'accord, il est à moi, dit Wolf. Comme plus rien ne se disait, Snake se décida à ouvrir les yeux. Il était allongé à la diagonale sur une table en métal, il était torse nu et ne voyait au dessus de lui que de la lumière qui l'aveuglait. Il baissa discrètement la tête - autant qu'il le pouvait - et aperçut les cheveux gris d'Ocelot juste en face de lui. Il était apparemment affairé sur le terminal de contrôle d'un quelconque engin. - Tu m'entends, Solid Snake ? dit alors Liquid, croyant qu'il était toujours assommé. Snake sentait qu'il était solidement attaché aux chevilles et aux poignets par des verrous métalliques. - Il est plus fort que je ne le pensais, dit Wolf. - Tu sais qui je suis ? Continua l'autre. J'ai toujours su qu'un jour... on se rencontrerait. L'homme, qui m'a volé ce qui me revenait de droit... De par ma naissance. Moi, je suis l'homme qui n'a eu que tes restes. Maintenant, après le sacrifice de nos frères... Après trente longues années, nous nous rencontrons enfin... Un frère de lumière, et l'autre d'ombre... Un moment passa. Snake ne comprenait rien à ce que disait Liquid. Absolument rien... - Tu as besoin de son ADN ? demanda Wolf. - Oui ! répondit Liquid. Je veux prélever un échantillon de son vivant, afin de corriger les mutations des soldats génomes. - On pourra les guérir alors ? - Non... On a toujours besoin de l'ADN de Big Boss. A la mention de ce nom Snake sursauta. Il avait oublié que les terroristes voulaient ses restes en plus de l'argent. Le Big Boss... Une idée floue lui venait en tête mais il préféra ne pas y penser.


- Est-ce qu'ils se sont pliés à nos exigences ? demanda Wolf. - Pas encore... - Ils ne plieront pas ! Ce sont tous des hypocrites ! Tous ! - Tu parles en tant que Kurde ? - La politique passe avant tout. - T'as raison... Ils veulent éviter toute fuite concernant leur précieuse nouvelle arme atomique. - Oh patron ! On dirait que notre ami vient de se réveiller, dit Ocelot qui venait de voir les yeux de Snake. La table balla vers l'avant et arriva à la verticale. Snake aperçut alors Liquid, Wolf et Ocelot, derrière eux, un mur avec des fenêtres et une porte à droite qui menait à une cellule. - Il y a vraiment une ressemblance. Qu'en penses-tu petit frère ? Ou peut-être est-ce grand frère... Je ne sais pas mais, cela n'a aucune importance. Nous sommes les deux derniers survivants des "fils de Big Boss". Snake sursauta à nouveau... Il n'y avait jamais cru... Zanzibar... Le téléphone de Liquid sonna. - C'est moi... Vraiment ?! Et alors ? Les imbéciles ! D'accord, Raven j'arrive dans un instant. Hm... Ils ont rejeté nos exigences, nous tirerons le premier missile dans dix heures... comme prévu. - Maudits Américains, dit Wolf. - T'avais tout faux dans tes prédictions, dit Ocelot. - Ce n’est pas normal... En général les Américains sont les premiers à négocier. Ils doivent penser qu'ils possèdent un atout dans leur jeu. - Donc nous y voilà, nous allons lancer ce pétard et le laisser nous conduire sur le chemin de l'Histoire ! dit Revolver. - Il faut que j'aille m'occuper des préparatifs de lancement. Ocelot, prends les commandes, ordonna Liquid. - Qu'est-ce que tu fais ? Tu restes pour le spectacle ? demanda-t-il à Wolf. - Désolée, pas intéressée. C'est l'heure de nourrir la famille. Par "famille", Snake savait que Wolf parlait des huskies de la caverne.


- Tu préfères tes loups à mon spectacle, hein ? - Ocelot, ne te plante pas comme avec le Chef du Darpa ! dit Liquid sur un ton de reproche. - Oui, oui je sais ! C'était un accident ! Je ne m'attendais pas à ce qu'un gratte-papier soit aussi résistant ! Snake se rappela de cette apparition qu'il avait eue, qui n'avait pour lui aucun sens, alors que Meryl courrait vers l'ascenseur à la sortie de la prison, il avait vu Mantis puis une scène des plus étrange, avec le chef du Darpa mort et Liquid qui disputait Ocelot pour l'avoir tué. Or le Chef était mort sous les yeux de Snake, dans la cellule... Comment était-ce possible ? En tout cas, Solid était maintenant à l'endroit même où il avait vu Anderson mort un peu moins de 8 heures plus tôt. - Tu sais, ils avaient renforcé ses défenses mentales par hypnose, dit Liquid. - Patron, et ce Ninja, alors ? demande Revolver. - Il a tué douze hommes. Qui que ce soit c'est une sorte de malade ! - Le salaud a pris ma main... mais comment est-il arrivé ici ? - Peut-être y a-t-il un espion parmis nous ! Mantis est mort. Il faut aussi trouver ce qui a pu tuer Baker et Octopus. On n’est pas nombreux, donc que cette séance de torture soit la plus courte possible. A plus tard, mon frère, dit Liquid s'adressant à Snake, avant de sortir de la salle. L'espion se rappela que Decoy Octopus était un maître en camouflages. Wolf s'approcha de lui et lui dit tout en lui caressant à nouveau la joue : - Ta copine est toujours vivante. - Meryl ?! - On se voit plus tard... beau mec, ajouta-t-elle avant de se retourner et de sortir à son tour. - Ouh ! Une fois qu'elle a choisi une cible elle ne pense plus à rien d'autre ! Lança Ocelot. Quelque fois elle va jusqu'à tomber amoureuse de ceux qu'elle tue. Enfin, nous voilà seuls. Comment te sens-tu ? - Ca va... J'ai fait un petit somme sur votre lit tournant. Quel dommage que j'ai dû y dormir seul. - J'en suis ravi, tu parles d'un lit ! Je vais te montrer ses caractéristiques du plus haut chic ! - Où sont mes affaires ? - Oh ne t'inquiètes pas tout est là, dit Ocelot montrant une boîte en carton à droite de la


machine. Washington avait misé gros en t'envoyant ici ! Il y en a un qui doit avoir sacrément confiance en ton talent, hein ? Messager... Dit-il en insistant sur ce mot. - Donc... Metal Gear a été armé d'un nouveau type de tête nucléaire hein ? - Demande les détails à ton copain Campbell ! - Le Colonel ? - Oh, autre chose... Le président Baker t'as remis un disque optique n'est-ce pas ? - Et alors... ? - Est-ce le seul disque ? C'est la seule copie ? Si oui c'est bien... - Meryl va bien ? - Elle n´est pas encore morte, répondit Ocelot. Mais si tu veux qu´elle reste vivante, tu ferais mieux de répondre à mes questions... Tu n´avais qu´une seule clé ? Où sont les deux autres ? C´est quoi le truc de cette clé ? - Le truc ? - Cette belette de président m´a dit qu´il y avait un truc pour utiliser la clé ! - Mais j´en sais rien ! - ... Je vois... Pas de problème... Snake, on va jouer à un jeu... Comme ça on découvrira le type d´homme que tu es vraiment ! Quand la douleur deviendra insupportable, soumets-toi et ta souffrance cessera. Mais dès ce moment là, la vie de la fille m´appartiendra.


VII Ketchup et électricité

S

nake vit Ocelot se retourner vers le petit ordinateur qui commandait

apparemment la table, et une douleur atroce parcourut soudain tout son corps. Le bourreau le regardait se faire électrocuter sur cette table de torture, le sourire aux lèvres. Snake résista, et Ocelot coupa. - Hmmm... Pas mal... Essayons comme ça ! dit ce dernier, terminant sa phrase par un rire sadique. La même douleur se présenta, Snake était au bord de l´évanouissement, mais il refusait de se soumettre, car il savait que s´il le faisait, il tuait Meryl. Ocelot le voyant prêt à mourir pour Meryl, préféra le mettre en cellule pour que Snake se repose. Quand ce dernier sortit de son demi sommeil, il s´assit sur le lit qui était là, dans cette cellule où il y avait des fenêtres autour des murs pour qu´un garde le surveille. Soudain, Snake vit quelque chose : - Hm ? On dirait que j´ai un copain... Sa vision se détroubla légèrement et il reconnut, assis à terre, le corps ouvert, des asticots le dévorant... - Le chef du Darpa !? Ha... Qu´est-ce que ça pue ! Le codec sonna quelques minutes plus tard : - Snake, tu vas bien ? demanda le colonel. - J´ai vu mieux... - Et Meryl ? demanda Naomi. - C´est eux qui l´ont... répondit Snake baissant la tête, se sentant coupable de ne pas avoir su la protéger convenablement.


- Zut... fit Campbell. Snake, le gouvernement a décidé de ne pas céder à leurs exigences. On essaie de gagner du temps. - Allez Colonel, arrêtes de jouer les idiots ! Lança Snake. J´suis désolé pour Meryl, mais les mensonge, c´est fini ! - De quoi est-ce que tu parles ?! - Metal Gear a été conçu pour supporter un nouveau type de tête nucléaire, hein ? - ... - Tu l´as toujours su, n´est-ce pas ? - ... - Pourquoi me l´as-tu caché ?! - Je suis désolé... répondit Campbell, la tête baissée. - Tu as changé, Colonel... Tu as beaucoup changé... Metal Gear, un projet secret d´arme atomique de pointe... La maison blanche est au courrant ? Jusqu´où est-ce que ça monte ? - Autant que je sache, enfin, jusqu´à hier, le Président n´a pas été mis au courrant du projet Rex. - Toujours le "Qu´il en sache le minimum" ? - C´est une période critique. Le moindre test nucléaire sous-marin déclenche une vraie tempête. Eh bien, nous devons maintenir euh... tu comprends... - La véracité du démenti, hein ? - Eh oui... Et demain le Président et son homologue Russe sont supposés signer l´accord "START 3". - Ah d´accord... C´est la raison de l´ultimatum... Snake n´était bien sûr pas au courrant de cet accord, étant coupé du reste du monde depuis plusieurs années. - Exactement, Snake, dit Naomi, Et c´est pour ça que cette attaque terroriste ne peut s ´ébruiter. - On n'a pas encore ratifié "START 2" ou même résolu la question des TMD ! Ce qui est en jeu, c´est la suprématie de l´Amérique au rang de superpuissance Mondiale, ajouta le Colonel.


- Vous détournez donc la constitution au nom de la patrie ? demanda Snake. - Snake... Je t´en prie, arrête-les ! répondit Campbell. - Et pourquoi ça ? - Parce que tu es le seul qui puisse le faire ! - Dans ce cas, dis-moi toute la vérité sur ce nouveau type de tête nucléaire. - Je te l´ai déjà dit, je ne connais pas les détails. - Je ne te crois pas ! - Rah... - Si la situation est si sérieuse, pourquoi ne pas céder à leur demande, et leur remettre les restes de Big Boss ?! - Euh... tu vois... - Ou bien y´a-t-il une raison qui vous en empêche ? Une raison que tu m´aurais cachée ? - Publiquement, le président a toujours proclamé son opposition à la manipulation génétique, prit Naomi. Il faut éviter que l´existence de cette armée Génome ne s´ébruite. - Et c´est la seule raison ? - ... - Roh... Vas te faire voir ! Après avoir coupé son codec, Snake passa un long moment dans la solitude. Il était en colère contre Campbell, bien qu´il devinait que son vieil ami ne lui cacherait rien sauf si on le lui obligeait... Il commençait à avoir mal à la tête, cette terrible odeur qui émanait du cadavre lui donnait la nausée... A ce moment, le codec sonna à nouveau. - Je suis désolé... dit la voix de Campbell à l´autre bout. - Je me trouve juste à côté de la dépouille du Chef du Darpa, répondit Snake, ne voulant pas entendre d´excuses. - Le pauvre... dit Naomi - Et son apparence, et odeur, laissent à penser qu´il est mort depuis des jours... De plus, il a été vidé de tout son sang... - Vidé ? demanda Campbell.


- Peut-être pour ralentir la décomposition ? Proposa Naomi. - J´en sais rien… Si c'est ça, on peut pas dire que ce soit réussi. - Mais le chef n´a été tué qu´il y a quelques heures ? Demanda le Docteur Hunter. - Oui. Et pourtant il est déjà en train de se décomposer. - Comment est-ce possible... ? - Voudraient-ils quelque chose contenu dans son sang ? - J´en doute. Il n´y a que les Nanomachines et l´émetteur. - Le chef leur a-t-il donné son code de mise à feu ? demanda Campbell. - J´en ai peur. On dirait qu´ils possèdent les deux codes, et sont prêts au lancement. - Zut. Y a-t-il un moyen de l´empêcher ? demanda le colonel. - Il semblerait qu´il y ait une sorte de mesure d´urgence d´annulation du code de mise à feu. Ce serait une contre-mesure secrètement instaurée par ArmsTechs. Elle se déclenche avec trois clés spéciales. - Et où se trouvent ces clés ? demanda Campbell. - J´en ai une. Mais j´ignore complètement où sont les deux autres. Et de plus, j´suis bloqué ici. - On n’a pas le choix. Oublie les clés. Tu dois avant tout détruire Metal Gear. Je suis désolé de te mettre tout sur le dos mais... je n´ai que toi sous la main. Fraye-toi un chemin et rendstoi à la tour de communication. Et puis... - Quoi ? - ... - Meryl ? - Ouais... - Je la sauverai. - Merci. Snake ne voyait aucun moyen de sortir. Le garde qui le surveillait quand à lui n ´arrêtait pas d´éternuer...


Il s´agit en réalité de Johnny Sasaki, il a toujours été embarqué dans de mauvaises histoires... Jamais volontairement. Son père, qui s´apellait lui aussi Johnny Sasaki, a par exemple gardé Big Boss en cellule dans la mission Snake Eater, quarante et un ans auparavant. Johnny Sasaki, père ou fils, ont beau être des terroristes, au fond ils sont pleins de bonté... Et sont toujours, toujours malades... Bref, Snake était coincé, avait la nausée, et risquait d´être malade car il était torse nu. Il s´ennuyait mortellement, seul dans sa cellule, il lui sembla que des heures s´étaient écoulées depuis qu´il était là sur ce lit. Le codec retentit alors : - Ça va Snake ? demanda Campbell. - Ouais... Rien de nouveau. - Snake, je peux faire quelque chose ? demanda Naomi. - Ouais... J´ai mal au bras. - Pauvre Snake... Je vais augmenter le niveau d´anti-douleur. - Ok, mais alors tu oublies le benzédrine. Ce truc me donne envie de batifoler. - Bon, vous n´allez pas si mal que ça finalement, dit alors Naomi après avoir ri. - Naomi... Je vous en prie... parlez-moi. Juste pour me faire oublier la douleur. - Que puis-je dire ? - N'importe quoi. Parlez. - Je... C´est pas mon point fort... - Je vous en prie... Parlez-moi de vous... - De moi ? Elle est dure celle-là... Snake, ce n´est pas mon sujet préféré. - Moi je n´ai pas de famille... Non attendez ! y´a quelqu´un qui a prétendu être mon père... Snake n´avait quasiment parlé à personne de cette histoire, mais il devait le faire pour penser à autre chose... Même si cela lui infligerait une autre forme de douleur. - Et où est-il ? demanda Naomi. - Il est mort... Je l´ai tué. - Tu veux parler de Big Boss ? Intervint Campbell, qui était au courrant.


- Hein ? fit Naomi surprise, pas sûre de saisir. Big Boss ? Je savais pas... - Vous ne pouvez pas savoir, ça s´est passé il y a six ans, expliqua le colonel. Snake et moi sommes les seuls à savoir ce qui s´est réellement passé. - Alors, c´est vrai ?! Big Boss est votre père ? demanda le Docteur. - Il l´a prétendu... c´est tout ce que je sais. - Vous saviez... Et vous avez réussi à le tuer ?! - Moais. - Comment ? - Il le voulait. De plus, y´en a qu´on se doit de tuer. - C´était un parricide ! - Moais, voilà le traumatisme dont parlait Mantis... Celui que nous avons en commun... - C´est pour ça que vous avez quitté Fox-Hound ? - Disons simplement que j´avais besoin de solitude, et que l´Alaska semblait le parfait endroit. - Snake. Moi non plus je n´ai pas de vraie famille. Juste... un grand frère qui m´a payé mes études. Bien plus âgé que moi, et même pas du même sang. - Où est-il ? demanda Snake. - Il... il est mort... - J´suis désolé... - Snake, y´a-t-il une femme dans votre vie ? - Quand on a vécu le nombre de guerres que j´ai vécues... C´est dur de faire confiance. - Des amis ? - Roy Campbell... - Tu me considères comme un ami ? Demanda le colonel. - Et c´est tout ? Poursuivit Naomi, comme si elle attendait que Snake prononce un nom qu ´elle connaissait.


- ... Non... J´en avais un autre... Frank Jaeger... - Hein !? Fit Naomi, cette fois choquée en plus de surprise, bizarrement... - Le plus sûr lieutenant de Big Boss, continua Campbell, et le seul membre de Fox-Hound à avoir jamais reçu le nom de code " Fox " ... Gray Fox... - Ah... fit Naomi. - Il m´a beaucoup appris, dit Snake. - Mais... Vous avez essayé de vous entre-tuer ? demanda Naomi apparemment ne comprenant pas pourquoi. - C´est exact. A Zanzibar. Mais y´avait rien de personnel. On était dans deux camps professionnellement opposés, c´est tout. - Et vous vous décriviez comme des "amis" ?? Continua de questionner Naomi, prenant bizarrement colère. - Difficile à croire ? La guerre n´arrête pas une amitié. - C´est de la folie... - Je l´ai connu sur le champs de bataille. Il était retenu prisonnier à Outer Heaven. Mais il ne se comportait pas comme un prisonnier. Il était toujours tellement calme, précis. J´étais un jeunot, il m´a montré les ficelles. - Vous le connaissiez bien ? - Non. On ne parlait jamais de nos vies. Une sorte de règle silencieuse... Quand je l´ai rencontré à nouveau, nous étions ennemis. On s´est affrontés à mains nues dans un champs de mine. Cela peut sans doute paraître bizarre... Mais nous étions simplement deux soldats au boulot. Une sorte de "sport" ... - Les hommes et leurs jeux ! Deux bêtes sauvages... - T´as raison. Des animaux. - Si vous étiez des amis, comment expliquez-vous le comportement du Ninja ? - Je sais pas... - C´est dans vos gênes... ils vous prédisposent à la violence. - Ca vous plaît à vous, les gênes. Naomi, pourquoi êtes-vous dans la recherche génétique ? - Je n´ai jamais su qui étaient mes parents. A quoi ils ressemblaient... Je suppose que j´ai fait


de la génétique, pour comprendre pourquoi je suis qui je suis... - Donc, vous avez étudié l´ADN ? Demanda Snake. - Je pensais que l´étude de ma structure génétique me dirait qui je suis. Je croyais que l ´analyse des informations génomiques d´un individu me permettrais de combler les blancs de sa mémoire. - Une mémoire stockée dans l´ADN ? - Nous ne sommes sûrs de rien, mais nous savons que la destinée génétique repose sur les quatre bases de l´ADN. - Alors, vous pouvez me dire mon destin ? Vous connaissez ma séquence ADN, non? - Votre destinée ? Désolée, je ne sais pas. - Non, bien sûr. Vous êtes une scientifique, pas une voyante... N´ayant plus rien à dire, Snake coupa le codec, et réfléchit sérieusement à la situation. Il pensa à appeler Mc Donell Miller, qui saurait sûrement lui donner une idée... Bonne ou non, il en fallait une. - Snake ? répondit la voix de Miller. - Maître, comme vous devez le savoir je suis en cellule, et il faut que je sorte d´ici... mais comment ? - Tu n´as pas pensé à appeler le Docteur Emmerich ? - Roh... Quel idiot je fais... Merci maître. Il coupa et contacta le 141.12. - Otacon, c´est Snake... Ils m´ont eu. - Comment ça ? Où êtes-vous ? - J´en sais rien... J´suis dans une cellule, et y´a un gros appareil de torture à côté. - Je vois, vous devez être au niveau B1 du hangar à tank... Je ne suis pas loin, j´arrive ! Et il coupa. Snake s´allongea donc sur le lit, et attendit. Il dormait presque, quand le garde Johnny Sasaki l´alarma : Il se tordait en deux de douleur et n´arrêtait pas d´éternuer. Snake l ´observa quelques secondes. - Oh... Bon beeentre... Se plaint le garde. Il resta encore ainsi quelques secondes, puis courut vers la salle de torture que l´on


voyait à travers des vitres. Là, il entra dans les toilettes du fond. A ce moment, Snake aperçut ce qui devait être la porte d´entrée de la salle de torture s ´ouvrir toute seule puis se refermer quelques secondes après. Puis la porte du couloir qui entourait la cellule s´ouvrit à son tour. Une ombre avançait vers la porte de la cellule de Snake. Le Ninja ?! - Coucou, Snake ! C´est moi ! Par ici ! Snake s´approcha de la porte en courrant. L´ombre laissa place à Otacon. Le Docteur Emmerich portait toujours sa blouse et avait l´air de mieux marcher, bien qu´il était apparemment très fatigué. - Otacon ?! Fit Snake. - Roh, ils ont réussi à vous avoir ? répondit l´ingénieur en murmurant. - Ouais... - Et Meryl ? - Ils l´ont, je sais pas où elle est, répondit Snake. - Zut... - Otacon, sors moi de là ! - Comment ?! - Ce garde doit avoir la clé, prends-la lui ! - Pas question que je combatte qui que ce soit ! - ... Alors pourquoi es-tu venu ici ? Pour discuter ? Snake perdit patience et attrapa Otacon au col à travers le trou de la grille. Le pauvre fut soulevé, ses pieds touchaient à peine à terre. - Sors-moi de là tout de suite ! - Drôle de façon de remercier quelqu'un qui vient vous aider, répondit l'ingénieur, suffocant. Snake le relâcha alors. - Non. Je pensais que vous auriez faim... Je vous ai apporté ça, reprit Otacon. Il tendit une carte de niveau 6 : niveau assez élevé pour sortir de la salle de torture et pénétrer dans la tour de communication B, un foulard blanc dont Snake reconnut l´odeur, et un tube de ketchup.


- Ce foulard... Il appartient à Sniper Wolf. Snake... Ne la tuez pas... Elle est gentille ! - Quoi ?! T´as pété les neurones ? - Non, Snake... Vous savez, elle a toujours été gentille avec moi, et aussi... les huskies dans la grotte, les autres voulaient les tuer, mais elle s´y est opposé. Elle m´a même laissé les nourrir. - Cette femme est une terroriste, une tueuse rien de plus. - Snake, je vous en prie... La chasse d´eau retentit, annonçant le retour de Johnny Sasaki.

- Zut le revoilà... dit Otacon avant de se retourner et de disparaître. - Attends ! Sors-moi de là ! - Je ne peux rien de plus, Snake, désolé... Vous trouverez un moyen j´en suis sûr. Otacon ressortit en courrant, et le garde sortit des toilettes juste au moment où la porte d´entrée de la salle de torture se refermait. Johnny reprit son poste, il avait l´air d´aller un peu mieux mais finirait par repartir de toute façon. Snake avait une idée, et il comptait bien la mettre en oeuvre. Il s´allongea sur le lit et attendit. Comme prévu, quelques vingt minutes plus tard, le garde fut à nouveau pris de ce mal de ventre et courut aux toilettes. Snake allait enfin agir : Il utilisa le tube de ketchup : il en répandit tout le contenu au sol et s ´allongea dessus. Quelques cinq minutes plus tard, Johnny Sasaki rentra, soulagé apparemment. Soudain il sursauta : - Nom de Dieu !!! Il courut vers la porte de la cellule, ouvrit et s´approcha de Snake, pointant son arme au cas ou. En moins de temps qu´il ne le faut pour le dire, Solid attrapa le canon du FaMas du garde et le tira vers lui, il aurait pu l´abattre, mais trouvant ce garde bien sympathique, Snake décida de lui laisser la vie sauve et l´assomma d´un coup de poing. Ainsi le serpent était sorti de son trou. Il avait perdu assez de temps. Il courut vers la machine de torture et récupéra là son équipement, dans le même carton que lui avait montré Ocelot. Snake se rhabilla rapidement et sortit de la cellule grâce à la carte PAN qu´Otacon lui avait donnée.


VIII Ô dure loi de la gravité

S

nake atterrit dans le couloir où Meryl déguisée en soldat lui avait

échappé lors de leur première rencontre. Le même lieu où il avait vu Mantis et eu cette hallucination. Il se rendit alors compte que ce qu´il avait vu lors de cette étrange scène s ´était passé juste derrière la porte qu´il venait de franchir... En tout cas ce lieu lui fit plutôt penser à Meryl qu´à Mantis, la pauvre avait été touchée et était à présent entre les mains ennemies. Comment la sortir de là ? Snake ne pouvait et ne devait pas s´en soucier pour le moment, sa mission était une priorité absolue. Il allait devoir se rendre à la tour de communication A pour passer à la B en empruntant la passerelle sur le toit de la première, pour arriver à la base de maintenance où était entreposé Metal Gear. Il repensait à tout cela et à Meryl alors qu´il retournait sur les lieux où cette dernière avait été touchée. Il atteint après un moment le passage qui mène à la tour de communication A, d´où Sniper Wolf avait tiré sur Meryl, qui avait laissé une énorme trace de sang au sol, à la vue de laquelle Snake se sentit coupable. Il passa d´abord devant la tache rouge en essayant de ne pas y repenser, puis craqua et se retourna, il revoyait cette scène... Où il avait été incapable d´agir, d´abord ce point rouge puis la première balle qui traverse le corps de Meryl, puis une seconde, et la troisième alors que la pauvre tentait d´attraper son arme... Dans sa tête, les dernières paroles de sa coéquipière résonnaient encore, Snake avait été touché par ces mots... "Je... peux encore t´aider... Je veux t´aider ! Je voulais être un soldat... Mais, c´est laid la guerre... C´est vraiment très très laid... Snake, sauve-toi, et ne perds pas espoir en l ´humanité... Ne m´oublie pas !" Puis son codec qui sonna à cet instant, alors qu´il voyait Meryl prononcer cette dernière phrase, le fit reprendre ses esprits. Cette même sonnerie le réveilla à nouveau, le tirant de ses pensées. - Snake, pour Meryl... Dit la voix de l´oncle de cette dernière, la voix du Colonel. - Colonel... Je suis désolé... répondit Snake.


- Ecoute-moi, commença Campbell qui cherchait à retrouver le "Snake d´avant Meryl" - Je n´ai pas pu la protéger, continua à se lamenter Solid. - Snake, c´est un soldat, elle sait que les prisonniers font partie de la guerre ! Elle est une engagée volontaire, je suis sûr qu´elle n´a aucun regret. - Tu as tort, contredit Snake. - Hein ? Fit le colonel surpris. - Elle pensait qu´elle se devait de devenir un soldat... que c´était le seul moyen... Elle pensait ainsi se rapprocher de son père défunt. - Elle a dit ça ? répondit Roy, surpris, touché, et choqué au fond de lui-même mais nous saurons pourquoi plus tard. Le père de Meryl était Matt Campbell, le frère du Colonel, c´est pourquoi il était ému à chaque fois que l´on parlait de lui. - Elle n´était pas prête pour le combat, dit Snake. J´aurais jamais dû la pousser ! C´est ma faute... - Ca ne te ressemble pas ! interrompit alors Mc Donell Miller, le maître de Snake. Il portait toujours les mêmes lunettes de soleil que tout à l´heure. - Maître, qu´y a-t-il ? demanda Campbell. - Pardon d´écouter aux portes, mais je ne peux plus me taire, répondit Miller. - Maître... Dit Snake. - Snake, tu as des regrets et c´est ton droit, c´est naturel. Mais tu ne peux pas te frapper pour des évènements du passé. C´est le chemin le plus sûr vers la folie, tu peux me croire, tenta de raisonner Mc Donell. - Il a raison, intervint cette fois Mei Ling, faut pas vous sentir coupable, ça ne vous va pas. Je suis sûre que Meryl va bien. - Mei Ling... commença Solid. - Snake, oublie Meryl et arrêtes Liquid ! C´est aussi ce que Meryl aurait voulu. - T´as raison... C´est bien ce que Meryl dirait. - Snake ? Intervint Naomi cette fois. Meryl, elle a une place spéciale, hein ? - Oui, elle est spéciale. Il y a peu de femmes comme elle. - C´est pas ce que je voulais dire...


- C´est la nièce du Colonel... Et une pote de combat. - C´est tout ? Allez... insista Naomi. - C´est un interrogatoire de police ? Lança Snake. - Mais non ! ... Je... - Ca doit venir des gênes, dit Campbell. - Des gênes ? Demanda Snake. De quoi est-ce que tu parles, Colonel ? - Je viens de me rappeler que le grand-père de Naomi était un enquêteur du FBI, expliqua Campbell. Il me semble que Naomi a dit qu´il est même devenu un assistant au FBI pendant l´ère Hoover. - C´est vrai ça ? Demanda Snake. - Oui ! (Sur ce mot, la voix de Naomi dérailla, comme si elle paniquait). Oui, il était Japonais... et il a travaillé en couverture pour coincer la Mafia. - C´était quand ça ? Demanda alors sèchement Miller. Peut-être avait-il été plus sec qu´il ne le voulait ? Etrange... - Oh, dans les années cinquante je suppose ! Dit Naomi. - Où ça ? Demanda plus sèchement encore Miller. - A New York je pense. - Naomi ? Continua Miller. Je pensais que vous n´aviez pas de famille ! - Quand j´ai grandi j´ai... Fait des recherches sur la vie de mon grand-père. Il était déjà mort. On m´en a parlé. Je n´ai jamais eu la chance de le rencontrer, répondit Naomi qui changea ensuite de sujet en souhaitant bonne chance à Snake qui coupa le Codec. Solid était de nouveau prêt, cette conversation l´avait remonté. Il traversa le long passage qui menait à la tour et arriva rapidement à la porte de niveau 6 à laquelle Sniper Wolf et des soldats génomes l´avaient arrêté des heures plus tôt. Il entra alors dans la tour. Il suivit un couloir et fut surpris de trouver à terre une longue corde solide enroulée sur ellemême, avec un mot : "Emmène-la avec toi, elle servira sans doute Deepthroat "


Snake pensa alors à Gray Fox, son ami, le pauvre bloqué dans son exosquelette de Ninja-Cyborg... Puis il enroula la corde de son cou à son bras, et avança a nouveau. Il arriva dans une immense salle, non pas en surface mais en hauteur. Vingt-huit étages, et bien espacés : Quatre paliers d´escalier par étages ! Ce qui nous fait un total de cent douze paliers à monter. Ce serait très long et fatiguant, et pour une fois Snake fut heureux d´avoir des Nanomachines et tout le reste, car il fatiguerait moins vite. Il commença alors la montée, au pas de course d´abord, puis ralentissant au fil des étages. Il finit même par marquer une pause arrivé au dix-huitième. Pas seulement par fatigue, mais parce qu´une porte l´intriguait. Elle était de niveau six, mais ne s´ouvrait pas. Il eut alors l´idée d´appeler Otacon, dont il n´avait pas eu de nouvelles depuis longtemps. - Otacon, tout va bien ? demanda Snake. - Grâce au camouflage optique oui ! Et vous où en êtes-vous ? demanda l´ingénieur. - Je suis dans la tour de communication A. Dites-moi, je suis au dix-huitième étage, et il y a une porte qui ne veut pas s´ouvrir. - Ah oui je vois ! Derrière cette porte, il y a normalement une passerelle annexe, afin d ´atteindre plus rapidement la tour de communication B. Mais j´ai entendu dire qu´il arrive qu´elle gèle quand la température extérieure baisse trop, et que dans ce cas, ils utilisaient du C4 de l´extérieur afin de débloquer le mécanisme. - OK... Donc inutile pour moi. Merci quand même ! - Pas de quoi ! Snake coupa, et reprit son ascension. Après quelques minutes il atteignit enfin le sommet. Une échelle menait au toit, Il l´emprunta, essoufflé comme rarement, et arriva enfin à l´extérieur. Le toit était de forme carrée comme toute la tour, et à gauche de la porte par laquelle Solid était entré après avoir grimpé l´échelle, une énorme antenne reliait les deux tours, accompagnée d´une passerelle assez grand pour faire passer deux personnes côte à côte. Snake avança vers le lien entre les deux énormes bâtiments... Alors qu´il n´était plus qu´à trois ou quatre mètres, il sursauta, quelque chose à sa droite venait de bouger très rapidement. Il n´eut pas le temps de tourner la tête que la passerelle et l´énorme antenne explosaient ! Un missile avait été tiré du Hind D, l´hélicoptère dans lequel Liquid était allé à la rencontre des deux F-16 qui faisaient diversion en début de mission. L´antenne et une dizaine de mètres de la passerelle se détachèrent lentement et tombèrent lourdement des centaines de mètres plus bas. Snake était là, seul devant les débris fumants et chauds de la passerelle. - Merde, jura-t-il. Soudain le bruit de l´hélicoptère qui avait disparu ressurgit juste derrière lui, il montait se dévoilant progressivement à Snake, qui se retourna immédiatement.


- Snaaaaaake ! Cria une voix de fou furieux à travers l´amplificateur du Hind. Désolé, mais je ne peux pas te laisser passer ! - Liquid ? - Tu ne vas pas plus loin ! Meurs !!! Lança alors Snake, Liquid Snake bien sûr. L´hélicoptère prit de l´altitude, et s´arma, prêt à tirer une pluie de missiles sur le toît. Une fois qu´il serait hors de portée de l'explosion, Liquid ferait tout sauter, et Snake avec. Ce dernier courut vers le côté où les restes de la passerelle demeuraient, et il s´approcha de la rambarde. Il pouvait voir d´ici, dix étages plus bas, la passerelle secondaire inaccessible à cause de la porte gelée... - Hmmm... C´est haut... J´remercierai Fox pour cette corde... Si je reste là je suis cuit ! dit Snake pour lui-même. Il ne perdit pas de temps et attacha solidement la corde à la rambarde avant de se lancer dans une descente en rappel. L´hélicoptère tira trois missiles qui vinrent s´abattre un peu partout sur le toit, Snake fut violemment secoué mais resta bien accroché. Il avait déjà dû descendre de la moitié, quand Liquid se présenta à nouveau, et mitrailla le mur depuis son hélicoptère. Snake évitait les tirs en se balançant mais la situation n´était pas simple : l ´explosion avait sans doute brûlé un morceau la corde au-dessus, et elle finirait par lâcher. Snake continua donc à descendre rapidement, tout en essuyant les tirs du Hind D. Alors qu ´il ne restait plus que quatre ou cinq mètres, la corde lâcha et Snake tomba, durement mais sans rien se casser, sur la passerelle. L´hélicoptère disparut alors à nouveau, au moment où Solid reconnut la porte de niveau 6 qui ne voulait pas s´ouvrir quelques minutes plus tôt. Il courut alors vers l´autre bout et atteignit enfin la tour de communication B. La seconde tour était identique à la première, à l´exception qu´un ascenseur était installé au centre du bâtiment. Snake n´aurait qu´à l´emprunter pour descendre et il serait tout proche de la base de maintenance souterraine où est entreposé Metal Gear. Il appuya donc sur le bouton d´appel... Mais rien ne se produisit. Il avait pourtant bien entendu du bruit en bas, mais il s´était de suite stoppé. Peut-être l´ascenseur était-il en panne ? Snake décida de descendre par les escaliers. Quatre étages plus bas, il se trouva bloqué : le palier avait été détruit, impossible de progresser... Snake remonta donc après avoir juré, et alors qu ´il ne restait plus que quelques marches, un bruit l´alerta : Quelque chose venait de tomber, et des bruits de pas se faisaient entendre. Il sortit son Socom et avança discrètement. Il se plaqua au mur et sortit brusquement de sa cachette, visant le lieu même d´où provenaient les bruits... Pourtant il ne voyait rien. - Ne tirez pas ! Ne tirez pas c´est moi ! Snake c´est moi ! dit la voix d´Otacon, avant que son corps n´apparaisse. - Otacon... Comment es-tu arrivé ici ? - Rien d´aussi dramatique que votre entrée, croyez-moi ! Moi, j´ai le vertige ! - Tu m´as vu ? demanda Snake, surpris.


- Ouais ! répondit l´ingénieur, remontant ses lunettes de son index comme à son habitude. J ´ai tout vu. J´étais caché à l´arrière d´un de leurs camions. Et merci le camouflage optique. - Comment es-tu monté jusqu´ici ? - Ben, l´ascenseur, bien sûr ! répondit simplement Otacon. - Le premier palier de l´escalier circulaire a été détruit... - C´est pour ça que j´ai pris l´ascenseur. - L´ascenseur marchait ? demanda Snake, surpris. - Oui, c´est exact ! Solid approcha de la rambarde pour regarder plus bas. Il ne voyait rien bouger. - Vous êtes incroyable ! Commença Otacon. Comme un héros dans les films. - Non, tu as tort. Dans les films, le héros sauve toujours la fille, répondit Snake, toujours regardant en bas. - Quoi ? Ah... Meryl... Désolé je n´ai rien dit. Snake, j´ai quelque chose à vous demander, absolument. C´est pour ça que je vous ai suivi. Est-ce que... Vous avez déjà aimé ? - C´est pour savoir ça que tu es venu ? - Non, enfin je... Je me demandais si un soldat tombe amoureux... - Qu´est-ce que tu veux dire ? - Pensez-vous que l´amour puisse naître sur un champ de bataille ? Demanda Otacon. - Ouais… Je crois. L'amour peut frapper n'importe où, n'importe quand. Mais quand on aime quelqu'un, il faut être capable de le protéger, répondit Snake, se rendant compte que sa phrase était pleine de sens. - Je suis bien d'accord, répondit Otacon un sourire se dessinant sur ses lèvres. - J'ai un service à te demander, reprit Snake en reprenant sa mission. T'inquiètes pas ce sera facile. - Je… Je vous ai dit je ne veux faire de mal à personne ! - Ce n'est pas ce que je demande. - D'accord, répondit Emmerich soulagé.


- L'ascenseur est arrêté en bas. Je veux que tu le fasses marcher. Otacon s'approcha de la rambarde à droite de la grille de l'ascenseur et se pencha de la même manière que Snake plus tôt. - Tu vois ? Demanda Solid marchant vers Otacon. - C'est bizarre… - Il marchait, et maintenant il ne marche plus. - Le panneau est peut-être cassé, proposa Otacon. - Tu peux le réparer ? - Il marchait avant. Si c'est le mécanisme, je peux m'en occuper. Le bruit des rotors de l'hélicoptère de Liquid se fit à nouveau entendre, il restait apparemment autour de la tour de communication B. Snake leva la tête avant de dire : - J'y vais… J'ai une mouche bruyante à écraser. - Vu. OK. Je reste là et je garde la maison, répondit Otacon. Bon courage ! - Mon dieu ! Fit alors Snake dévisageant Otacon l'air inquiet. T'as une de ces têtes ! Ça va ? - Pas d'inquiétude, répondit l'ingénieur se frottant les yeux et baillant. Ca n'a pas d'importance, ajouta-t-il réactivant son camouflage optique et devenant à nouveau invisible pour Snake. Je n'ai qu'à prétendre que je n'existe pas, et je n'ai plus peur. - Hm, logique étrange ! Remarqua Snake. Je compte sur toi ! Dit-il avant de partir non pas vers le toit mais d'abord vers la passerelle qu'il avait empruntée après sa descente en rappel. Il ne pouvait en effet pas combattre le Hind à mains nues. Mais c'est alors qu'il arrivait devant la porte qui mène à l'extérieur qu'il tomba juste sur ce qu'il cherchait, alors que ce n'était pas là quelques minutes plus tôt. Un lance-missile Stinger avait été déposé là. Le Ninja était-il dans la tour ? Oui sûrement. Snake le ramassa et se dirigea vers les escaliers qu'il commença à gravir. Il devrait gravir la moitié de la tour, ce qui serait déjà fatiguant. Le Hind D tournait toujours autour de la tour apparemment, quand Snake arriva à une petite échelle identique à celle qu'il avait empruntée dans la tour de communication A. Il la monta et ouvrit la porte qui menait à l'extérieur. Le toit était plus ou moins identique à celui de la tour A, qu'il pouvait apercevoir d'ici, ainsi que les débris maintenant gelés par la température glaciale de la passerelle qui reliait les deux tours. Snake était bien décidé à en finir avec Liquid. Alors qu'il courrait vers le vide face à lui, d'où venaient les bruits des rotors, le Hind surgit d'un coup en remontant, à quelques mètres seulement, Liquid toujours à son bord.


- Alors ! Le serpent est enfin sorti de son trou ? Lança ce dernier. Tu es prêt… mon frère ? Le souffle des hélices était glacial et Snake avait du mal à voir, il cacha son visage derrière ses bras, et cria : - Pourquoi tu m'appelles ton frère, hein ?! Qui es-tu ?! - Je suis toi ! Je suis ton ombre ! Lança Liquid. - Quoi ? Cria à nouveau Snake. - Demande au père que tu as tué ! Tu vas le rejoindre en enfer ! Cria Liquid toujours avec cette voix de dément avant de faire passer le Hind au dessus de la tête de Snake. Solid se retourna et regarda où il pourrait se cacher. Il ne vit que trois endroits. Un container au milieu du toit, autour duquel il pourrait tourner afin d'éviter les tirs, Les débris de l'antenne de communication, et retourner dans la tour en cas de tir critique. Liquid mitrailla tout le toit, et Snake peina à courir autour du container après avoir grimpé une dizaine d'étages. Le Hind s'arrêta quelques secondes de bouger et de tirer, et Snake profita du moment pour sortir de sa cachette et tirer un missile après avoir verrouillé la cible en quelques secondes. Liquid réagit en faisant plonger l'hélicoptère qui passa sous le niveau du toit, et le missile explosa sur le sol à quelques mètres de Solid. Ce dernier courut vers la rambarde du toit et vit le Hind en dessous, commençant à remonter. Il tira d'ici un second missile, mais Liquid le vit à nouveau, sauf qu'il n'eut pas le temps de bouger assez pour complètement éviter le tir, ainsi la partie droite de l'hélicoptère fut salement amochée. Snake retourna près du container, et resta là à attendre le Hind. Quand il le vit à nouveau, il était loin, à une trentaine de mètres, et Liquid tira un missile en direction du container. Snake courut vers ce qu'il restait de l'antenne et attendit l'explosion du container, dont il ne resta plus rien. Solid courut vers la porte par laquelle il était entré : Liquid s'apprêtait à tirer tous les missiles qu'il avait. Snake Comptait bien en faire autant : il pointa son Stinger et tira trois missiles en direction de l'engin avant de sauter dans le trou par lequel ressortait la petite échelle. Il entendit deux explosions, puis une troisième énorme, et enfin une quatrième très faible se fit entendre. Snake monta rapidement l'échelle pourtant brûlante, et se rendit compte que le petit abri, ces quatre murs avec la porte, n'étaient plus. Le Hind était face à lui, à quelques mètres du bord. Il commença soudain à vaciller, l'un des missiles de Snake l'avait touché. L'hélicoptère se mit à tourner sur lui-même, comme une toupie, de plus en plus rapidement, puis de petites explosions se produisirent, l'engin en feu, Liquid criait : - Allez vole ! Nom d'un chien ! Puis l'hélicoptère commença à tomber dans un terrible sifflement provoqué par la vitesse. - Snaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaake ! Hurla une dernière fois Liquid, de toutes ses forces, avant qu'une terrible explosion ne se fasse entendre, puis que les flammes ne grimpent


jusqu'au dessus du toit de la tour. - On se reverra en enfer, Liquid, dit Snake se retournant sur ce fond de flammes. La crémation est donc un problème réglé.



IX Metal Gear Rex

A

ce moment son codec sonna.

- Snake, l'ascenseur marche, il vient vers toi, annonça Otacon. - Tu l'as réparé ? - Non, c'est drôlement bizarre, il s'est mit à monter d'un coup, tout seul. - C'est vrai ? Ok, répondit Snake, trop peu inquiet. - C'était quoi l'explosion que j'ai entendu ? - Hein ? J'ai simplement descendu l'hélico. - L'hélicoptère !? demanda Otacon bouche bée, mais c'est incroyable ! - Écoute-moi, je veux être bien sûr. C'est bien par-là qu'on va vers l'entrepôt de Metal Gear ? demanda Snake. - Oui, absolument. La porte du hangar souterrain se situe au fond de ce champ de neige. - Ok, mets-toi à couvert pour l'instant. Moi, je vais descendre dans le souterrain. - Je sais, je sais. Pas la peine de rabâcher, remarqua Otacon. - Et ne reste pas dans mes pattes ! Ne joue pas les héros. - Ok ! Vous m'appelez si besoin est ! dit Otacon avant de couper. Snake emprunta à nouveau l'échelle, puis descendit les escaliers jusqu'au lieu où il avait discuté avec Otacon, devant les portes de l'ascenseur. Ce dernier était déjà là, prêt à l'accueillir. Solid plaça un pied à l'intérieur, puis l'autre, et à cet instant il sursauta : Une


petite alarme au dessus de sa tête venait de sonner. - Hm ? Fit-il se demandant pourquoi l'alarme de poids retentissait. Quoi qu'il en soit, il devait descendre afin de rejoindre le champ de neige. Il appuya sur le bouton qui commença à faire voyager l'ascenseur vers le rez-de-chaussée. A ce moment, son Codec sonna. - Snake ? C'est moi, Otacon, dit la voix de l'ingénieur. - Ouais ? Demanda Solid. - Et bien… J'étais parti au labo pour vous prendre une combinaison furtive. - Mouais… Fit Snake, n'aimant pas vraiment ce gadget. - Il y avait à la base cinq combinaisons furtives. - Ouais, et alors ?... - Et bien, il n'en reste plus aucune… Quatre combinaisons ont disparues. -… Snake ne répondit pas tout de suite et son cœur s'accéléra soudain alors qu'il pensait à quelque chose. - Otacon, dit-il parlant de plus en plus vite, quand tu es entré dans cet ascenseur, est-ce que tu as entendu une alarme ? C'est l'alarme de poids pas vrai ? - Oui, j'ai bien entendu cette alarme… Répondit Emmerich, réfléchissant à son tour, et commençant à comprendre. - Quelle est la limite à ne pas dépasser dans cet ascenseur ?! - Trois cent kilos… - Il faudrait au moins cinq personnes pour dépasser cette limite… Otacon… Combien est-ce que tu pèses… ? - Soixante-deux kilos, ce n'est donc pas moi qui ai déclenché ça tout seul ! Comprenant soudain, Otacon cria : - Attention, Snake ! Les types qui ont volé les camouflages sont là avec vous ! Snake coupa instantanément et se retourna. Il ne voyait pas vraiment de forme humaine, mais il sentait quelque chose bouger tout doucement face à lui. Bien qu'il restait le


plus calme possible pour faire comme si de rien n'était, sa respiration commença à le trahir, et il décida d'engager le combat. Il frappa face à lui et toucha ainsi un soldat à la tête, ensuite il sortit une grenade aveuglante et la lança au milieu de l'ascenseur au moment où il s'arrêtait et où les portes s'ouvraient. Il plongea à l'extérieur, la grenade l'aveugla quelque peu mais moins que s'il avait été à côté, il voyait tout en blanc, et ses oreilles sifflaient, mais il arriva à tirer dans l'ascenseur avec son FaMas. Il entendit les cris distincts des quatre gardes, envoyés là par Liquid sans doute, pour le piéger. Snake ne prit pas la peine de contacter Otacon. Le temps pressait trop pour ça. Il emprunta un couloir plus ou moins similaire à celui de la tour de communication A et arriva enfin à l'extérieur. Il faisait toujours aussi froid, et la neige tombait à nouveau. L'endroit n'étant que très peu éclairé, et le vent étant très puissant, Snake ne voyait pas très loin devant lui. Il ne voyait qu'à peine la forme de l'entrée de l'entrepôt où est supposé être Metal Gear Rex. Alors que Solid commençait à avancer, une balla frôla sa jambe, le faisant tomber. Il se releva et fixa les arbres devant l'entrée de la base de maintenance souterraine. Il était sûr d'avoir vu le laser d'un sniper en sortir. Il contacta le 141.12. - Otacon, dit-il ne prenant même pas le temps de dire qu'il s'était tiré indemne de l'ascenseur, y avait-il une autre combinaison furtive ? - Non, il n'y en avait que cinq ! - Donc ce n'est pas une combinaison furtive… - De quoi est-ce que vous parlez ? - Y'en a un qui me prend pour un stand de tir en plein blizzard ! - C'est elle ! - Wolf ? Sniper Wolf ? Devina Snake. - Oui ! C'est elle ! J'en suis sûr ! - Otacon, on dirait que ça t'enchante ! - Pas du tout ! Répondit Otacon reprenant son calme. Snake, s'il vous plaît, ne la tuez pas ! -… - S'il vous plaît… Elle est gentille ! Répondit Otacon d'un ton implorant. Vous le sauriez si vous lui aviez parlé ! - Ecoutes, mon grand, c'est une tueuse, et rien de plus ! Lança Snake. - Je peux te voir parfaitement d'ici, interrompit la voix de la tueuse en question qui venait de se joindre à la conversation codec. Je t'ai bien dit que je ne lâche jamais une proie. Tu es à moi…


- Wolf ! Non ne fais pas ça ! Dit Otacon désespéré. - Ne t'interpose jamais entre un loup et sa proie ! Lança Sniper. - T'es sacrément douée si tu peux m'avoir par ce vent, dit Snake. - Je te l'ai dit. Les femmes font toujours de meilleurs tireurs, dit Wolf. - Wolf ! Ne fais pas ça ! Se lamenta Otacon. - Snake, je suis tout près… est-ce que tu me sens ? - Un tireur ne devrait jamais révéler sa position, lança Solid. - Ah bon ? Et bien, mon chéri… Je vais te faire parvenir une lettre d'amour… Et cette lettre d'amour, c'est une balle, droit dans ton cœur. - Je t'en prie ! Wolf ! Snake ! NON ! Paniqua l'ingénieur. - Tu te tais, répliqua froidement la belle femme, et écartes-toi ! - Maintenant, tu vas payer pour Meryl, lança Snake tout aussi froidement. - Les hommes sont si faibles… Vous êtes incapables de finir ce que vous commencez ! Répondit-elle avant que tous trois ne coupent au même instant. Snake courut se cacher derrière un petit "mont" de neige à droite, tout en essuyant les tirs de Wolf. Il resta caché là quelques secondes et réfléchit. Il ne pourrait pas l'avoir de si loin, pas avec ce vent, à moins d'une quelconque aide. Une balle siffla à son oreille : Wolf essayait de l'avoir à travers le mont de neige. Snake appela Campbell et Naomi au 140.80. Malheureusement, il devait courir comme un dératé afin d'éviter les balles qui fusaient autour de lui, il ne put donc qu'assez difficilement dire, hors d'haleine, qu'il lui fallait du Benzodiazépan, un anti-stress présent dans les pilules qu'avale Wolf, et qui bloque les tremblements. Espérant que Naomi ait eu le temps de lui injecter le produit via les Nanomachines, il s'allongea à un poste qu'il pensait stratégique, et visa en direction des arbres. Il pouvait voir Wolf se déplacer entre les sapins. Il tira une première balle qui se perdit à quelques centimètres. Il tremblait de moins en moins, Naomi avait donc compris ce qu'il disait. Il tira à nouveau et toucha Wolf au bras gauche. Elle était habillée de la même combinaison que toute à l'heure mais en blanc, et toujours le même décolleté. Wolf resta cachée derrière un arbre, puis sortit soudain avant de faire feu. La balle toucha Snake à l'épaule, ce n'était pas bien grave, la douleur ne se ferait pas sentir bien longtemps. Wolf se remit à courir et se tourna à nouveau vers Solid avant de s'accroupir. Ce dernier tira à nouveau, et cette fois le tir fit mouche : Sniper Wolf s'effondra en arrière. Alors que Snake reprenait sa route vers le nord et le bâtiment qui abritait la base de maintenance souterraine, il s'arrêta à la hauteur de Wolf et s'approcha d'elle, avant de s'agenouiller. La pauvre, sa combinaison blanche maintenant couverte de sang au niveau du thorax, avait du mal à parler, mais elle s'y força.


- J'ai toujours attendu ce moment… Je suis un tireur. Attendre, c'est mon métier… Ne jamais bouger un muscle… Me concentrer… Elle toussa et se rendit compte qu'elle crachait du sang. - C'est les poumons, dit-elle. Tu ne peux rien pour moi. S'il te plaît… Achève-moi. Je suis Kurde. J'ai toujours cherché un endroit aussi calme que celui-ci. - Une Kurde ? Dit alors Snake. C'est pour ça qu'on t'appelle Wolf… - Je suis née sur un champ de bataille… J'ai été bercée par des coups de feu, des sirènes, et des cris. Chaque jour, on nous chassait, comme des chiens, d'un taudis à un autre. Chaque matin, je me réveillais pour découvrir famille et amis, morts à mes côtés… Alors, je fixais le soleil levant, en priant pour le voir se coucher. Les gouvernements du monde ont pudiquement détourné les yeux. Mais un jour, il est arrivé. Mon héros… Saladin… Il m'a sauvé de cet enfer. - Saladin... Tu veux dire Big Boss ? Demanda Snake sans attendre de réponse. - Je suis devenue un tireur… Répondit Wolf avec de plus en plus de difficulté. Cachée… Epiant tout à distance. Enfin, je pouvais voir la guerre… De l'extérieur… Et plus de l'intérieur. Une sorte… D'observatrice. J'ai pu voir la brutalité, la stupidité de la guerre, à travers la lunette d'un fusil. J'ai rejoint ce groupe terroriste pour me venger du monde. Mais ce faisant… J'ai déshonoré mon peuple… Et je me suis déshonorée… Je ne suis plus un loup. Au nom de la vengeance, je me suis vendue, corps et âmes. Maintenant, je ne suis rien de plus qu'un chien, dit-elle, les larmes aux yeux, et commençant à ne plus pouvoir respirer suffisamment. Son temps était compté. - Les loups sont des animaux nobles, dit Snake, pas comme les chiens. En Yupik, "loup" se dit Kegeruneku, et les Aleuts les vénèrent comme d'honorables cousins. Ils appellent les mercenaires comme nous " Chiens de Guerre". Ils ont raison, on a tous un prix. Mais toi, tu es différente. Sauvage, solitaire… Tu n'es pas un chien, tu es un loup. - Qui es-tu ? Demanda alors Wolf, des larmes commençant à couler de ses yeux. Saladin ? C'est toi ? - Wolf, répondit Snake troublé par cette comparaison à Big Boss faite par la mourante, tu as sauvé la vie de Meryl. - Elle n'était pas ma vraie cible… Je ne tue pas par plaisir… Répondit Wolf, sa voix de plus en plus faible. - Repose en paix. Tu vas mourir en loup que tu es. - Je viens enfin de comprendre. Je n'attendais pas de tuer… J'attendais que quelqu'un… Me tue. Quelqu'un comme toi… Tu es… Un héros. Je t'en prie, libère-moi. Sur ces paroles, Snake se releva, prit son Socom et le chargea. Des pas précipités se


firent entendre derrière lui mais il ne réagit pas, se doutant de qui il s'agissait. - Pourquoi ? Pourquoi ? Dit la voix d'Otacon. Le pauvre, en pleurs, apparut désactivant son camouflage optique, avant de tomber à genoux aux pieds du fusil de sniper de Wolf. - Je t'aimais, dit-il. Wolf tendit la main en direction de l'ingénieur. - Qu'est-ce qu'il y a ? Demanda instantanément Snake à la femme. - Mon fusil… Donne-le moi, dit-elle alors qu'Otacon se levait pour le lui apporter. C'est une partie de moi, dit-elle pendant qu'Hal plaçait l'arme dans ses bras. Des loups hurlèrent au loin. - Tout le monde est là… Dit Wolf, regardant les deux hommes au-dessus d'elle. Ok… Héros… Libère-moi… Otacon se tourna, il ne voulait pas voir ça. Il plaqua les mains sur ses oreilles, toujours pleurant. - Au revoir… Dit-il en un sanglot. Snake pressa la détente. La balle sortit de l'arme dans un bruit qui résonna quelques secondes en ce lieu si calme, si paisible… Otacon se retourna, et regarda une dernière fois le beau visage de Wolf, ces longs cheveux blonds, ces yeux à l'air calmes et doux maintenant… - Snake, tu as bien dit que l'amour pouvait frapper n'importe où ? Demanda le scientifique tentant de calmer ses larmes. Je n'ai pas pu la sauver… Qu'est-ce que tu fais ? Demanda-t-il alors que Snake posait quelque chose sur le visage de Wolf sur lequel le sang commençait à ruisseler. - Je le rends à sa propriétaire, répondit Snake tout en regardant le mouchoir qu'Otacon lui avait donné un prison. Je n'ai pas besoin de mouchoir. - Pourquoi ? - Parce que je n'ai plus de larmes à verser… Répondit sombrement Snake. Otacon pleura de plus belle. - Je vais dans le hangar souterrain, dit Snake. On a plus de temps. - Je sais…


- Fais attention à toi maintenant. Ne fais confiance à personne, conseilla Solid, se sentant mal à l'aise voyant les larmes et la terrible tristesse d'Otacon. - Ouais… - Si je n'arrive pas à stopper Metal Gear, toute cette zone va être rasée par des bombes. - Ouais… Répéta Otacon. - Peut-être qu'on ne se reverra pas. Sur ces mots, Hal détourna la tête du corps de Wolf pour dévisager Snake. - Je garde mon Codec. Je veux continuer à t'aider. - Tu peux partir quand tu veux. Partir vraiment, rappela Snake se tournant et commençant à marcher vers l'entrée de la base. Un départ vers une autre vie. Le regard d'Otacon se porta à nouveau quelques secondes sur Wolf, puis retourna rapidement sur le dos de Solid. - Snake !!! Pourquoi est-ce qu'elle se battait ? Pourquoi est-ce que je me bats ? Pourquoi estce que tu te bats ? Cria-t-il en sanglotant. - Si on s'en sort vivant, je te le dirai, dit Snake se retournant pour fixer Otacon. - D'accord… Je vais chercher aussi, répondit Otacon avant de réactiver son camouflage optique et de repartir en courrant vers l'entrée de la tour de communication B. Un jeune louveteau arriva d'on ne sait où et s'assit devant le corps de Sniper Wolf. Quelques heures plus tard il était toujours là, allongé sur le corps sans vie de la femme, malgré le brusque combat qui se déroulait sous ses pattes et qui provoquait de terribles tremblements dans le sol malgré la profondeur du champ de bataille. Les explosions faisaient trembler par le dessous le sol enneigé… Ce même combat approchait à grands pas pour Solid Snake, qui le vivrait d'ici à peine une heure ou deux. Pour le moment, revenons à notre présent. Snake ouvrit la porte face à lui et arriva bientôt devant des escaliers qui descendaient environ quatre mètres plus bas. Solid approcha du couloir de l'escalier, et senti une très forte chaleur venir du bas. A mesure qu'il progressait, la chaleur s'intensifiait, et des gouttes de sueur apparurent sur son front assez rapidement. Quand il ouvrit la porte, il comprit alors d'où cela venait : le haut-fourneau de Shadow Moses se trouvait là à quelques mètres sous terre. Il se trouvait à trois mètres au dessus d'un bassin de lave qui faisait presque toute la superficie du haut-fourneau. Face à Snake, un garde était de dos, les bras appuyés contre la rambarde, et à gauche une passerelle qui longeait le périmètre de la salle qui permettrait à l'ancien agent de Fox-Hound d'atteindre l'escalier à l'opposé de la pièce. Solid commença par marcher en toute discrétion vers le garde, puis il le frappa violemment à la tête, le faisant tomber dans le liquide bouillant dont la fumée émanait.


Il entendit alors bizarrement ses propres mots, dits à Meryl des heures auparavant : "Malheureusement, plus on tue, plus ça devient facile de tuer…" Le tueur était las de ces tueries inutiles. Il décida d'épargner ses ennemis autant que possible à partir de ce moment. L'arme tranquillisante qu'il portait depuis un moment allait servir régulièrement. Snake emprunta ensuite la passerelle à gauche et arriva ainsi rapidement de l'autre côté de la pièce. Il fila comme une flèche dans le dos d'un soldat génome, et descendit l'escalier qui le mena au seul endroit émergé du rez-de-chaussée. Il ouvrit une énorme porte de chargement et eut la nette impression que le bruit de cette ouverture avait alerté quelqu'un. Pourtant aucune alarme ne se déclenchait… Snake continua donc droit devant lui pour arriver sur un énorme monte-charge. Il appuya sur le bouton du poste de contrôle afin de descendre, et l'engin exécuta l'ordre. Snake se pencha et s'aperçut qu'il descendait très bas. En effet, il ne voyait pas le sol, tout était noir. Alors qu'il était déjà descendu de 4 mètres, il se retourna et vit quatre Soldats Génomes sortir de nulle part. Ils venaient de se lancer par la rambarde qui protégeait le contour du gouffre qui remplaçait le monte-charge et fonçaient droit sur Snake, qui en attrapa un au vol et le jeta à bas par-dessus la rambarde derrière lui. Les hommes n'étaient pas armés, mais avaient l'air surentraînés pour le combat rapproché. L'un porta un violent coup de pied sur la droite de la jambe gauche de Snake qui perdit l'équilibre et manqua de tomber. L'autre l'attrapa à la gorge et le souleva du sol, mais Solid riposta en le repoussant de ses jambes, puis ils tombèrent tous deux sur le dos. Snake pouvait se battre mais risquer de finir la mission avec un os cassé lui semblait impossible. Il se décida donc à faire quelque chose de fou, d'insensé : il courut et se jeta du monte-charge, encore à cinq bons mètres du sol, puis il roula tout le long de la pente que descendait l'engin. Il se releva malgré son corps meurtri et douloureux de tous côtés, et se cacha derrière l'angle d'un mur. Trois bruits d'atterrissages lui confirmèrent que les soldats avaient sauté eux aussi mais sans rouler… Soudain Snake sortit de l'angle du mur et tira des une fléchette tranquillisante à chacun des hommes, avant de les mettre à terre afin de les assommer pour de bon à côté du corps inanimé du premier soldat que Snake avait été contraint de jeter d'en haut. A ce moment précis, le codec de Snake sonna. - Snake ? Demanda Mc Donell Miller, Il faut que je te dise quelque chose à propos de Naomi Hunter… - Quoi Naomi ? Demanda Snake, essoufflé. - On peut parler en sécurité ? - Personne d'autre ne nous entendra, le moniteur est coupé, répondit Snake. Qu'y a t-il ? - Ok… Tu sais, j'étais moi aussi au FBI, commença Miller. - Je ne savais pas… Et donc ? - Le récit de Naomi sur son passé, son grand-père étant censé être un des assistants de Hoover au FBI… Et qui aurait travaillé en couverture pour enquêter sur la mafia à New


York… - Ouais ? - Ce sont des mensonges. - Pardon ? - Ca me paraissait étrange… Mais pourquoi mentirait-elle ? Demanda Miller. Elle pourrait être un espion… - C'est ridicule ! Lança Snake. - Enfin ! Même un gamin aurait découvert la supercherie ! S'énerva Maître Miller. Edgar Hoover le patron du FBI à cette époque était un raciste endurci ! Naomi nous a pourtant bien dit que son grand père était japonais ! - … Ouais… Avoua Snake ne sachant que répondre d'autre. - A cette époque il n'y avait pas le moindre enquêteur asiatique. De plus les opérations de dépistage de la mafia n'ont pas commencé dans les années cinquante ! Elles ont débuté en soixante, à Chicago, pas à New York ! - Mais… Tenta Snake. - Tu devrais vérifier tout ça ! Le chef et le président qui meurent mystérieusement, ce Ninja… Ca fait trop de coïncidences à mon goût. - Vous pensez que Naomi aurait tout prémédité ? Demanda Solid, inquiet, et pourtant un peu perplexe. - Je n'en sais rien… Elle pourrait être de mèche avec les terroristes… - Vous croyez ? … Demanda Snake. - Si j'ai quoi que ce soit je t'appelle. En attendant… Méfie-toi d'elle. Snake avança, perdu dans ses pensées. Des corbeaux volaient dans tous les sens, mais il les ignorait. L'air devenait de plus en plus froid, jusque moins trente degrés, quand il arriva devant une grande porte similaire à celle qui était au sommet du monte-charge. Quand la porte s'ouvrit, Solid fut aveuglé, et frissonna : l'endroit était complètement gelé, de la fumée froide s'échappait de partout. S'il n'avait pas eu sa combinaison il aurait été tétanisé. C'est alors que les corbeaux qui étaient eux aussi entrés dans ce véritable glacier piquèrent sur Snake, qui se débâtit. Quand il se libéra, la première chose qu'il vit est une salle remplie de containers, et sur l'un de ces containers, tout proche de lui à sa gauche, une sorte de boîte… Non, pas une boîte… A mesure que sa vue s'habituait au froid et la luminosité qui en résultait, Solid reconnut la carrure imposante, de dos de Vulcan Raven, qui était torse nu malgré l'air glacial. Sur son dos, une sorte de boîte métallique reliée à un énorme canon


mitrailleur M61 qu'il tenait de ses deux mains. - Bienvenue, Kazakh ! Lança le Shaman de sa voix puissante qui résonna dans toute la pièce. Tu es au bout du chemin. Il se leva et se tourna vers Snake. - N'est-ce pas, mes amis ? Dit le géant s'adressant aux corbeaux qui croassaient de partout. Ecoutes… Ils sont d'accord… Dit-il à l'adresse de Solid cette fois. Tu sais, les corbeaux ne sont pas des nécrophages… Ils ne font que rendre à la nature ce qui n'est plus nécessaire. Quelque fois, ils attaquent des renards blessés. - C'était toi sur le tank M1 ? Se rappela Snake. Tu devais y être à l'étroit… Un grand gaillard comme toi. Raven rit de sa voix profonde avant de dire : - Mais, ce n'était pas une vraie bataille. Il sauta du container et atterrit quelques mètres devant Snake, faisant trembler le sol de son poids imposant. - Les corbeaux et moi nous te testions afin de déterminer qui tu étais. Le jugement a été rendu ! Les corbeaux disent que tu es un combattant. Snake était impressionné par ce Raven… Son mystérieux tatouage en forme de corbeau sur le front avait un aspect inquiétant, que la taille et la largeur de l'homme n'arrangeaient en aucun cas. Alors qu'il fixait ce tatouage, il eut l'impression qu'il "sortait" du front de Raven pour lui foncer dessus. Quand il fut touché, il resta figé, incapable de faire le moindre mouvement. - J'hallucine ou quoi ?! Paniqua Snake intérieurement tout en restant calme d'apparence. Un corbeau vint se poser sur son épaule. - Je… Je ne peux pas bouger… Dit Solid. - Le corbeau t'a marqué du signe de la mort, lança Vulcan Raven. Du sang de l'Est coule dans tes veines. Ah… Tes ancêtres ont eux aussi grandi sur les plaines nues de Mongolie. Les Inuits et les Japonais sont tous cousins. Toi et moi, on partage les mêmes ancêtres… - Pas de corbeau dans mon arbre généalogique. - Tu ris, mais corbeaux et serpents ne sont que rarement amis… Quoi qu'il en soit… Tu seras un adversaire à ma mesure ! Le corbeau décolla de l'épaule de Snake qui put enfin reprendre le contrôle de son corps


- Toi aussi tu vis en Alaska… Fit Raven. Tu connais les Olympiades esquimau-indiennes ? - J'en ai entendu parler. Tu dois être très fort dans la discipline "Mangeur de Muktuk" - Oui c'est vrai… Mais il y a une autre catégorie dans laquelle j'excelle… Le "tirage d'oreille esquimau". Les deux adversaires se tirent mutuellement l'oreille par grand froid. C'est un test d'endurance autant spirituel que physique. - Tu veux qu'on se tire l'oreille … ? fit Snake. - Qu'importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse, répondit sagement Raven. Réjouis-toi Snake ! Glorieuse sera notre bataille ! - Rien de glorieux, ce n'est qu'une tuerie ! Répliqua Solid accompagnant sa phrase d'un geste de dédain de la main. La violence n'est pas un sport ! - Et bien… Nous verrons si tu parles en mots d'acier… Lança une dernière fois Raven avant de pointer son énorme canon vers Snake. Solid plongea derrière le container à sa gauche, essuyant les tirs du terrible canon mitrailleur que Raven transportait avec une certaine facilité malgré le poids de l'engin dépassant les 300 kg. Un terrible combat commençait donc, et Snake ne pouvait se permettre de le perdre si proche du but. Il entendait les pas bruyants du Shaman géant d'approcher de lui. Il contourna le container sans bruit et arriva derrière Raven. Au moment où il pointait son Socom dans le dos de cet amas de muscles, un corbeau croassa et piqua vers la main de Snake qui lâcha son arme avant de plonger sous les tirs de Vulcan Raven alerté par son "équipier". Le fou continuait de mitrailler à travers les containers qui commencèrent à se couvrir de trous, puis à exploser pour certains. Snake avait une idée derrière la tête… Mais encore faudrait-il pouvoir l'appliquer avec cette rafale de balles qui fusaient en tout sens. En effet, si des explosions se produisaient ce n'était sans doute pas sans raison. C'est alors qui plongea son bras dans le container derrière lequel il était, et ramassa une mine, qu'il posa juste dans l'allée où il était. Il courut et appela Raven d'un ton de défi : - Alors le tas de muscles, on ne trouve pas le serpent ? Le tas de muscles en question accourut et sauta sur la mine. Snake approcha prudemment, et sursauta : Raven était en train de se relever, à peine en sang ! Il sortit son FaMas et tira quelques balles mais le Shaman tenait… Solid se cacha quelques secondes et surgit à nouveau. Raven avait disparu, abandonnant son canon et l'énorme boîte au dos qui contenait les munitions de l'engin. C'est alors qu'un choc violent se produisit, puis Snake ne vit plus rien, c'était le trouble dans sa tête. Raven venait de l'assommer. Quand Snake ouvrit les yeux une petite minute plus tard, à sa grande surprise, il était toujours au même endroit, ses armes toujours là… Le seul changement était que le canon de Raven avait disparu. Solid se leva tant bien que mal et observa autour de lui. Raven était toujours là, l'attendant son arme à la main à l'autre bout de la pièce. Snake courut se tenant


aux restes des containers vers le Shaman, qui était en réalité gravement blessé par l'une des balles. Les corbeaux étaient perchés autour de lui quand Solid arriva. Raven était appuyé contre le mur, essoufflé, sans plus aucune force, il tenait pourtant toujours son canon, bien qu'il se sache vaincu, en sang… - Le Patron avait raison… C'est mon existence toute entière qui n'a plus raison d'être, dit-il s'effondrant et s'asseyant contre le mur tandis qu'un corbeau venait se poser sur son épaule ensanglantée. Mais mon corps ne restera pas ici-bas. Mon esprit et ma chair ne font qu'un avec les corbeaux. De cette façon, je vais retourner à la Terre qui m'a porté. Je te surveillerai de là-haut, Snake… Compris ? Solid s'approcha de Raven, il était à quelques dix centimètres de lui à peine. - Snake, prends ce passe, lui dit la montagne de muscle tendant une carte de niveau 8. Il t'ouvrira cette porte, ajouta-t-il désignant la grande porte face à celle par laquelle Snake était entré. - Pourquoi ? Demanda Solid surpris, mais prenant le passe. - La nature n'a pas créé le serpent que tu es, répondit Raven. Ni toi, ni le patron. Vous venez d'un autre monde, que je ne veux pas connaître. Va l'affronter ! Moi, je vous regarderai de là-haut. "Va l'affronter" ? Liquid était mort dans cet hélicoptère… Se pourrait-il qu'il ait survécu ? - Je vais te faire une confidence, reprit Raven. L'homme qui est mort en ta présence, dans la cellule du premier sous-sol du hangar à tank… Ce n'était pas le chef du Darpa… C'était Decoy Octopus, un membre de Fox-Hound. Il était maître en camouflage et imitait jusqu'au sang de ses sujets. Voilà pourquoi il a vidé le vrai chef du Darpa de son sang, avant de se l'approprier. Mais il n'a pas pu tromper l'Ange de la Mort ! - Le… L'Ange de la Mort ? Demanda Snake surpris, et frissonnant à l'idée du Chef du Darpa dans la cellule où il était enfermé, de cette terrible odeur nauséabonde. Pourquoi se donner tant de peine à se faire passer pour le Chef ? - Ah… Ma confidence s'arrête là, annonça Raven. Tu devras résoudre le reste de l'énigme seul. Solid se retourna, et commença à marcher lentement en direction de la porte. Les corbeaux s'envolèrent et piquèrent vers Vulcan Raven, commençant à le dévorer, tel les animaux blessés auxquels il faisait allusion. - Snake, les tueries incessantes n'existent pas dans la nature. Elles finissent toujours par s'arrêter. Mais toi, tu es différent… - Qu'essaies-tu de me dire ? Demanda le serpent.


- A chacun de tes pas, tu enjambes les cadavres de tes ennemis. Leurs âmes te hanteront pour toujours… Tu ne trouveras jamais la paix… N'oublie pas, Snake ! Mon esprit va te surveiller ! A ce moment, le serpent se retourna, et ne vit que des corbeaux s'envoler, laissant là une marre de sang, et l'énorme canon de Vulcan Raven. Plus aucune trace de son corps. A ce moment, le codec interrompit la scène. - Snake ? C'est moi, dit la voix de Mc Donell Miller. - Maître ? Demanda Solid. - C'est à propos de Naomi, coupe ton moniteur… Répondit Master Miller, malheureusement il fut interrompu par le Colonel Campbell : - Quoi Naomi ?! Dit-il. - Zut ! Lança Miller. - Colonel, Naomi est là ? Demanda Snake. - Non, elle est sortie pour se reposer un peu. - Hm… Fit Solid. - Pourquoi parliez-vous de Naomi ? S'énerva le colonel. - Peut-être faut-il mettre le colonel dans la confidence, proposa Mc Donell. - Ouais… Allez-y, maître. - Bien, en résumé, le Docteur Naomi Hunter n'est pas le Docteur Naomi Hunter… - Quoi ?! Fit Campbell. - Je trouvais son récit à propos de son passé très étrange, donc je l'ai vérifié… - Et… ? - Il existe une vraie Naomi Hunter, ou plutôt, "existait"… Dit Miller. Mais ce n'est pas la femme que nous connaissons… Le véritable Docteur a disparu quelque part au MoyenOrient. Notre Naomi a dû réussir à se procurer ses papiers… - Mais alors… Qui est-elle vraiment ?! Paniqua Campbell. - Une sorte d'espionne je suppose… Dit Miller. Peut-être a-t-elle été envoyée pour saboter cette mission.


- Vous pensez qu'elle travaille avec les terroristes ? Demanda Roy. - Je ne voulais pas le croire non plus, ajouta Snake, mais si l'on réfléchit bien, elle appartient à Fox-Hound… - Tu penses qu'elle a pris part au soulèvement ? Demanda le colonel. - Ou encore, elle peut très bien appartenir à un tout autre groupe, ajouta Miller. - Un autre groupe ? Ça ne serait pas… Commença le colonel. - Vous devez l'arrêter, lança Miller. - Quoi ?! Fit Campbell. - Elle nous a trahis ! Il faut l'arrêter et l'interroger afin de découvrir pour qui elle travaille ! S'énerva Mc Donell - Si elle travaille pour eux on a un énorme problème… Dit le colonel. - Qu'est-ce que tu veux dire ? Demanda immédiatement Snake. - Non… Rien… Bafouilla Campbell. - Est-elle impliquée dans une opération secrète vitale ou autre ? Demanda Maître Miller avant de continuer devant le silence du Colonel : Ne serait-ce pas en rapport avec les morts du faux Chef du Darpa et du Président d'ArmsTechs ? - Je… Je n'en ai aucune idée, marmonna Roy. - Elle doit absolument être exclue de toute participation à cette mission ! Lança Miller. - Attendez une minute ! Sans elle nous ne pouvons achever cette mission. - Je le savais ! Tu caches quelque chose ! S'énerva Snake. - Donnez-moi du temps je vais la faire parler… Dit Campbell. - Alors faites vite ! Lança Miller. Nous devons découvrir qui elle est et ce qu'elle fait ici ! - Je comprends… Snake, donne-moi du temps ! - J'ai plus de temps à t'donner, répondit froidement Snake avant de couper son codec. Snake ouvrit la porte avec le passe de Raven, et arriva dans un couloir. Il le traversa et descendit des escaliers. L'endroit était trop peu gardé à son goût, et tout cela ne valait qui vaille. L'escalier aboutissait à un nouveau couloir, qui aboutissait lui-même à une porte grise, comme toutes les précédentes, mais qui pourtant avait un aspect inquiétant. Snake le


savait, il le sentait. Metal Gear Rex était derrière cette porte. Quand il s'approcha, elle s'ouvrit d'elle-même, coulissant vers la gauche, et laissant apparaître l'énorme machine. Le Metal Gear Rex, terrible amas de métaux gris, était là devant lui. Environ quinze mètres de hauteur, l'engin de mort avait une tête qui était en réalité le cockpit, des bras, l'un tenant le canon à rampe, l'autre était une sorte de disque servant de bras gauche. Il avait aussi entre les jambes un rayon laser, puis des missiles étaient cachés dans ses jambes, pouvant être tirés à tout moment. S'attaquer à un tel engin sans un autre appareil était du suicide. Mais pour le moment, il était à l'arrêt, et Solid devait désactiver la tête nucléaire avant toute autre chose. Des passerelles entouraient l'engin et Snake commença à monter car la salle de commande ne pouvait être qu'en haut.



X FoxDie, l'arme du futur.

S

olid grimpa tout d'abord une longue échelle, puis une seconde, et il

s'arrêta car son codec sonnait. - Snake, c'est moi ! Dit la voix d'Otacon. Je suis devant l'ordinateur personnel de Baker ! Je vais voir si je peux trouver des informations sur Rex ! Où est-ce que tu en es ? - Génial, là je suis dans la base de maintenance, devant Metal Gear… Je te fais confiance, rappelle-moi dès que tu as quelque chose. Il coupa et continua son ascension. Juste avant de gravir une nouvelle échelle qui l'aurait mené sur le dos de Rex, Otacon rappela : - Ca y est Snake ! J'ai réussi ! - Bien joué ! T'as trouvé quoi ? - J'ai accès au dossier confidentiel de Metal Gear. - Quelque chose sur les cartes d'annulation Pal ? Je n'en ai toujours qu'une sur les trois… dit Snake se rendant compte qu'arrivé à la salle de contrôle il ne pourrait rien faire dans ce cas. - Je n'ai pas encore trouvé quoi que ce soit là-dessus… Mais j'y travaille ! - C'est surtout ça dont j'ai besoin… - Mais Snake, j'ai trouvé autre chose ! - Quoi ? Demanda Solid pas très rassuré. - Le secret de cette nouvelle arme nucléaire. Comme je le pensais, la tête nucléaire a été conçue pour être projetée à partir du canon à rampe. Ce n'est pas un missile puisque non propulsé par carburant. Ils contournent donc les traités internationaux !


- … Plutôt tordu… Et inquiétant… répondit Snake. - Tordu, mais efficace… Mais ce n'est pas le plus effrayant. - Quoi ? - C'est un missile furtif. - Donc il n'apparaît par sur les radars ? - Ouais… En fait, un missile tel que celui-ci est à l'étude depuis la fin des années 70. - Et pourquoi n'ont-il pas réussi jusqu'à présent ? Demanda Snake. - Le problème venait de la propulsion à réaction du missile, détectable par les satellites ennemis, expliqua Otacon. - Ouais, ça paraît logique… - Mais, vu que le canon à rampe ne brûle pas de combustible, sa détection par les systèmes anti-missiles est impossible. - Une tête nucléaire invisible… - Absolument impossible à intercepter ! Et la touche finale : c'est une tête nucléaire marteaupiqueur, conçue pour pénétrer les bases souterraines renforcées. - On a retenu la leçon de la guerre du Golf, nota Snake. - Mon vieux, cela signifie peut-être la fin du monde ! Lança Otacon. - C'est l'arme ultime… Et d'un point de vue politique on évite les détails du genre réduction des programmes et inspections nucléaires. Colonel, c'est vrai ? Tu m'entends ? - J'entends… Répondit la voix désolée de Roy Campbell. - Si ça s'ébruitait, ça retarderait la signature du traité START 3 et déclencherait un terrible incident international… - Oui, ça ferait du vilain, dit Otacon. Les Nations Unies dénonceraient les Etats-Unis… Ça irait sans doute jusqu'à faire tomber le président ! - Tu étais au courrant, Colonel ? Demanda Snake, sans s'énerver mais d'un ton doux et compatissant pour une fois. - Je suis désolé… Répondit Roy en baissant la tête.


- Tu as changé, Colonel… Dit Solid. - Je ne veux pas me chercher d'excuses, annonça Campbell. - Snake, écoute-moi, coupa Otacon. Cette nouvelle arme nucléaire, en fait, elle n'a été que simulée, jamais testée. - Ils ont utilisé un modèle informatique ? Demanda Solid. - Ouais, et c'est pour ça qu'ils menaient cet exercice, dit le Docteur Emmerich. Ils avaient besoin de données expérimentales réelles pour procéder à la simulation. - Quels ont été les résultats de l'exercice ? - Dépassant toutes les espérances. Mais je n'en ai trouvé aucune trace sur ce réseau. J'aurais pensé que des données si importantes seraient soigneusement enregistrées ! Dit Otacon. A ces mots Snake sursauta. - Elles l'ont été… Baker m'a remis un disque magnétique contenant les données du test. - Quoi ? Et tu l'as toujours ? Demanda Campbell. - Non… Ocelot me l'a prit… Répondit Snake désolé. - Pas bon ça… Remarqua Campbell baissant la tête. - Les terroristes ont remplacé la tête factice par une vraie tête nucléaire. Une fois les codes de mise à feu de Baker et du Chef du Darpa saisis, ils seront prêts au lancement… A nouveau, Snake sursauta… Le Chef du Darpa n'avait pas pu donner son code, il l'avait vu quand Psycho Mantis lui était apparu pour la première fois après la mort du faux Chef du Darpa. Quelque chose échappait de toute évidence à Snake, mais il ne savait pas encore quoi. Il se contenta de demander : - Tu penses qu'ils peuvent le faire ? - La tête factice a été conçue de manière à être identique à une vraie, donc en toute logique, oui… Répondit Otacon. - As-tu trouvé le système d'annulation ? - Toujours pas, il doit se trouver dans un dossier à part. Là je suis dans les dossiers personnels de Baker. - On compte sur toi… Dit Snake avant de couper puis de gravir la petite échelle qui le mena sur le dos du Rex.


Il s'allongea à cet endroit, d'où il pouvait voir partiellement la salle de contrôle à travers une vitre. Il prit ses jumelles et zooma au maximum sur l'intérieur. Ocelot était là, aucun doute, Snake voyait son bras coupé. Une autre personne était présente mais impossible de la voir d'ici. Snake descendit du dos de l'engin de mort en direction de cette salle de contrôle, qui était à quelques mètres de la tête, soit du cockpit. Arrivé devant la porte d'entrée ouverte de la pièce, Solid se plaqua au mur et regarda furtivement à l'intérieur. Ocelot parlait avec un autre homme qui était de dos, que Snake identifia immédiatement comme… - Liquid… Une caméra balayait aussi la pièce face à la porte, mais Snake ne la vit pas tout de suite. - Ok, j'ai saisi les codes PAL, on est prêts au lancement, annonça Ocelot. - Toujours aucune réponse de Washington, il va donc falloir leur montrer qu'ils doivent nous prendre au sérieux… Répondit Liquid. - Je le programme pour Chernoton, Russie ? - Non, il y a un changement. La cible est maintenant Lopnor, en Chine, annonça Liquid. - Pourquoi, patron ? Demanda Revolver Ocelot. - Je pense que ni toi, ni monsieur Gurlukovich n'aimeraient voir une bombe atomique atterrir sur votre terre natale, non ? - Mais pourquoi là-bas, il n'y a rien ! - Faux. C'est un site de tests nucléaire. - Un site de tests nucléaires ? Fit Ocelot. - Si on atomise une grande agglomération, le jeu est fini… Mais ils peuvent toujours taire une explosion sur un site de tests. De plus, Washington aura à craindre un tir de représailles de la part des chinois. - Entraînant sans doute des pourparlers secrets entre les deux puissances… Comprit Ocelot. - Bien entendu. Et dans la foulée le président sera dans l'obligation de divulguer l'existence d'une toute nouvelle arme atomique aux chinois. Quelle incidence sur la réputation des Etats-Unis… Et sur celle du président. - Et avec le CTBT, ça signifie que la Chine et l'Inde… Je vois ! - Oui, et dès que les autres états auront vent de cette nouvelle arme, ils voudront tous nous


contacter. Washington ne sera pas ravis qu'on commence à vendre leur propre système au plus offrant. Oui… Le président pliera… Et il cèdera à nos exigences. - L'ADN de Big Boss plus un milliard de dollars. - Un milliard… de dollars… murmura Snake pour lui-même. - Nous utiliserons cet argent pour guérir les soldats génomes. Je vais aussi inclure le vaccin FoxDie à nos demandes. - FoxDie… Il a eu Octopus, et le président d'ArmsTechs ! lança Ocelot. C'est dont vrai qu'il touche d'abord les personnes âgées. Mantis n'a sans doute pas été affecté parce qu'il portait un masque. - Wolf non plus n'a pas été affectée, peut-être à cause des calmants qu'elle prenait… - Pourrait-il y avoir un lien avec le niveau d'adrénaline sanguin ? Ou alors simplement, estce que FoxDie n'en est encore qu'au stade expérimental, et pas totalement au point ? demanda Ocelot. - Mais dis-moi, dit Liquid voulant changer de conversation. Tu as eu des nouvelles du Colonel Sergeï Gurlukovich du Spetnaz ? Ce nom est à retenir, en effet Gurlukovich est l'un des personnages importants de Metal Gear Solid 2 : Sons Of Liberty. - Il n'est toujours pas convaincu des capacités de Metal Gear, il dit que nous en reparlerons si le lancement est un succès. - Hm… C'est un homme prudent, remarqua Liquid. - Y'a pas de quoi s'inquiéter ! Le colonel a tellement envie de Metal Gear qu'il en rêve la nuit ! Pour retrouver son rang de superpuissance militaire, la Russie a besoin de renforcer son arsenal nucléaire. Il lui faut une arme qu'on ne peut intercepter. Grâce à Metal Gear, elle aura la capacité de frapper la première n'importe où dans le monde ! - Leur armée régulière est en déroute et ils espèrent restaurer la puissance militaire de leur pays avec des armes atomiques ? Demanda Liquid. Ce Gurlukovich n'est pas un militaire… C'est un politicien… - C'est bien possible mais c'est lui qui nous a donné le Hind D et la plupart de notre armement lourd ! - Il a plus de mille soldats sous ses ordres. Si nous joignons nos forces, nous pourrons établir ici une sacrée résistance. Mantis mort, le lavage de cerveau des soldats génomes commence à se dissiper, je crains une baisse de leur moral. Ils pourraientt bénéficier d'une alliance avec les Russes.


- Qu'est-ce que tu préconises ? Demanda Ocelot. - On ne va nulle part ! On plante la tente ici et on se prépare à une longue guerre… - On pourrait s'échapper… - S'échapper ? Nous avons l'arme la plus puissante au monde et nous allons nous allier avec Gurlukovich. - Tu comptes te battre contre le monde entier ?! Demanda Ocelot ahuri. - Y'a un problème, à se battre conte le monde entier ? D'ici nous pouvons lancer un missile nucléaire sur n'importe quelle cible ! Un missile indétectable par radar et dont l'interception est impossible ! Et en plus, cette base est remplie de têtes nucléaires. Une fois qu'on aura récupéré l'ADN et l'argent, le monde est à nous ! Lança Liquid avec un air de fou. - Mais patron, et ta promesse au colonel Gurlukovich ?! - Le renouveau de la mère Russie ne m'intéresse pas… - Ne me dis pas que tu veux recréer le rêve de Big Boss ! Lança alors Ocelot commençant à comprendre. - A partir d'aujourd'hui cet endroit s'appelle… "Outer Heaven", annonça Liquid avec un air de dément. Snake toujours caché derrière l'angle du mur, sursauta… - Le rêve de Big Boss… Murmura-t-il. - Patron, tu n'as pas peur des cartes PAL ? demanda Ocelot. Si le code est à nouveau saisi on se retrouve avec une désactivation irréversible ! - Pourquoi s'inquiéter ? Le Chef du Darpa et le président d'ArmsTechs sont morts. Ocelot eut un sourire en coin en regardant l'un des écrans de contrôle. - Snake sait-il comment marche le système d'annulation ? demanda-t-il. - Tu devrais le savoir, c'est toi qui l'a interrogé, lança Liquid. - Il n'avait aucune clé sur lui ! dit Ocelot. Snake à nouveau, fut surpris. Ocelot avait pourtant trouvé la carte PAL maintenant qu'il y repensait… Il mentait ? - C'est bien, donc rien ne peut arrêter Metal Gear, dit Liquid.


- Au fait, qu'est-ce que tu veux que je fasse de la fille ? Je la tue ? demanda Ocelot. - Laisse-la vivre, c'est la nièce de Campbell et Snake y tient… On la garde comme monnaie d'échange. - Meryl… Vivante… chuchota Snake. A ce moment précis son codec sonna. - Snake ? J'ai les dossiers top secret de Baker ! Annonça Otacon. - Bien joué ! - Comment ça va là-bas ? - Ils viennent d'entrer les codes de mise à feu. Bon, comment je les désactive ? - Ok… Tu te souviens du système d'annulation dont parlait le président ? Il peut également servir à entrer le code de mise à feu. Quand tu insères les clés quand la tête est activée, tu la désactives. A l'inverse, si tu les insères quand elle est inerte… Tu l'actives. Et tu ne peux te servir des clés qu'une seule fois. Tu devrais t'y mettre, on n'a que peu de temps… - Mais on a besoin de trois clés, non ? Je n'en ai qu'une ! Rappela Snake. - Attends une seconde… Le truc. Les clés, tu les as déjà toutes les trois. - Qu'est-ce que tu racontes ? - Cette carte est faite d'un alliage en métal thermo-adaptable. - Un alliage en métal thermo-adaptable ? - C'est un nouvel alliage qui varie de forme à différentes températures, expliqua Otacon. Et cette clé en est faite. Elle prend une "forme" différente quand la température varie. - On a donc trois clés en une… C'est pas bête, nota Snake. - Dans la salle de contrôle, il y a trois ordinateurs. De gauche à droite, tu dois insérer la clé à température ambiante, puis à basse température, puis à forte température. Une fois les trois cartes entrées dans le bon ordre, le code est entré. Soudain, Snake sursauta : Une alarme venait de se déclencher, et Ocelot cria : - Le sort du monde repose sur cette clé ! Puis il tira juste dans le doigt de Snake qui lâcha la clé, qui vola par-dessus la rambarde et qui tomba un quinzaine de mètres plus bas.


- Merde ! La clé est tombée dans les égouts autour du Rex ! - Snake ! Lança la voix de Liquid. C'est une vitre à l'épreuve des balles ! On ne peut pas entrer ! Bel endroit pour mourir. La porte coulissa et se verrouilla, alors que Snake courrait dans le sens inverse pour retrouver la carte en bas. En route, Snake contacta Mei Ling afin qu'elle configure son radar pour qu'il repère cet alliage en métal thermo-adaptable. Arrivé en bas, Solid chercha la clé dans l'énorme canalisation et la trouva bientôt grâce au radar. Rassuré, il s'assit quelques secondes, essoufflé, quand Otacon l'appela pour lui dire qu'apparemment la porte de la salle de contrôle était à nouveau ouverte. Il remonta donc, fatigué et las, puis il arriva devant la salle de contrôle, vide cette fois. Snake tira sur la caméra face à l'entrée et regarda l'écran devant lequel Ocelot avait sourit. Il vit avec surprise l'endroit précis où il était caché, gardé par une caméra camouflée. Snake s'approcha du premier terminal, et trouva la fente pour insérer la clé à température ambiante. Il l'y glissa, et l'un des trois petits piliers qui étaient devant la vitre anti-balle, et par la même occasion devant la tête du Rex, s'enfonça alors qu'une voix robotique féminine annonçait : - Code PAL numéro un confirmé. En attente du code PAL numéro deux. - Ok, le numéro un, c'est réglé… Bon, numéro deux… Congeler la clé, dit Snake pour luimême. Sur la route Solid avait longuement réfléchit à la façon dont il congèlerait / réchaufferait la clé. Pour le PAL numéro deux, il irait à l'endroit où il avait combattu Raven, il n'y avait pas plus froid même à l'extérieur. Mais pour la réchauffer, la fonderie lui paraissait être un bon choix, bien qu'il lui faudrait repasser par l'endroit glacé afin de retourner à la base de maintenance, au risque de regeler la clé en route. Quelques minutes plus tard, Snake était arrivé au lieu dit, maintenant gardé par des soldats génomes. Il se cacha donc comme il le pouvait, sans bouger, et tremblant par ce froid, tout en observant la carte. Elle commença à virer du jaune au bleu, puis devint rapidement complètement bleue… A ce moment Snake se releva et courut vers la salle de contrôle. Une fois arrivé, il approcha du second terminal et inséra la clé toujours bleue. - Code PAL numéro deux confirmé. En attente du code PAL numéro trois, dit la voix robotique alors que le deuxième pilier d'enfonçait. - Ok, c'est bon pour le PAL numéro deux… Direction la fonderie, maintenant. Snake reprit donc sa route, lassé de toujours passer aux mêmes endroits, passa le lieu où il avait combattu Raven, et prit le monte-charge vers la fonderie. Alors qu'il était là depuis à peine une minute, son codec sonna. - Snake, à propos de Naomi Hunter… Commença Master Miller. - Adressez-vous au colonel, c'est lui qui s'en occupe, répondit Solid. - Coupe ton moniteur, demande Miller.


- Ok, c'est fait, personne ne peut nous entendre. - Désolé, je ne veux pas que le colonel entende. - Ok, alors qu'est-ce qu'il y a ? Demanda Snake impatient. - J'ai un ami à l'intérieur du Pentagone, dit Miller. - Ouais ? - Il vient de m'informer que la DIA vient de mettre au point un tout nouveau type d'arme meurtrière. - Une nouvelle arme ? Demanda Solid. - Snake, est-ce que le mot "FoxDie" te dit quelque chose ? Demanda Mc Donell Miller, inquiet. - Hm… Ouais, Liquid en parlait avec Ocelot, se rappela Snake. - Oui, c'est une sorte de virus qui cible des individus particuliers. Je n'ai pas tous les détails mais… - Et si vous alliez droit au but ? Lança Snake perdant patience. - Trop similaire, dit Miller. La cause des décès. Le président d'ArmsTechs, et le chef du Darpa, enfin, Decoy Octopus, sont apparemment morts de crises cardiaque ? - Ouais, dit Snake. - Apparemment, FoxDie exécute ses victimes en simulant une crise cardiaque. - … Et vous êtes en train de suggérer que Naomi serait derrière tout ça ? - N'as-tu jamais douté d'elle, Snake ? Demanda Miller. - … Les Nanomachines… Répondit le serpent. - Je ne sais pas le pourquoi ni le comment, mais il me semble qu'elle serait la mieux placée, non ? - Le colonel est-il au courrant ? Demanda Snake. - Je ne sais pas, répondit Maître Miller, mais il ne l'a pas encore interrogée. - Ok. J'lui demanderai moi-même, dit Snake en réactivant son moniteur puis en reprenant : Colonel, en ce qui concerne Naomi, on en est où ?


- Je viens juste de la faire arrêter, annonça le Colonel, l'air choqué. Elle envoyait des messages codés vers la base en Alaska. Je n'arrive pas à le croire… Mais elle doit être de mèche avec les terroristes. Son interrogatoire vient de commencer. - Quel type d'interrogatoire ? Demanda Snake. - Et bien, j'aimerais autant éviter les brutalités, mais on n'a même pas de pentothal de sodium, répondit Campbell baissant la tête. - Appelle-moi s'il y a du nouveau, demanda Solid. - Hm, comme je le pensais, remarqua Miller. Donc, le vaccin FoxDie devrait être quelque part ici. - Ecoutez, j'ai vraiment d'autres préoccupations, dit Solid. - Snake, tu sais, toi aussi tu pourrais être infecté. - Je ne peux que laisser le colonel s'en occuper ! Lança Solid, son cœur cognant contre sa poitrine, avant de couper. Snake arriva dans la fonderie et il se cacha, transpirant, et attendant que la clé devienne rouge. Quand ce fut le cas, il se dépêcha de courir vers le monte charge pour redescendre. A nouveau, il reçut un appel codec. - Snake, vous me recevez ? Demanda la voix de Naomi, chuchotant. - Naomi ? Mais qu'est-ce que… - Chut, Campbell et les autres sont occupés, je suis sur un autre codec. - Naomi, est-ce que le colonel a dit vrai ? Demanda Snake. - Oui… Répondit le docteur Hunter. Mais, tout ce que j'ai dit n'était pas faux. Il y avait du vrai. - Qui êtes-vous ? Demanda Solid. - Je… Je n'en suis pas sûre… Je ne sais ni mon vrai nom, ni même à quoi ressemblaient mes parents. J'ai acheté mon identification, mais mon intérêt pour la génétique est réel. - C'est vrai, vous vouliez savoir qui vous étiez, c'est ça ? Demanda Snake. - C'est ça, répondit Naomi. Je veux savoir d'où je viens, mon âge, ma race… N'importe quoi sur moi-même. On m'a trouvée en Rhodésie dans les années quatre-vingt… Une petite orpheline.


- La Rhodésie… Qu'on appelle maintenant le Zimbabwe ? - Oui. La Rhodésie a appartenu à l'Angleterre jusqu'en 1965, et on y trouvait de nombreux travailleurs indiens. C'est sans doute de là que vient ma couleur de peau mais, je n'en suis pas sûre… - Naomi, vous vous accrochez trop au passé. Comprendre qui vous êtes devrait suffire, rappela Snake. - Comprendre qui je suis ? Pourquoi ? Demanda Naomi. Moi, personne n'essaie de me comprendre ! J'étais si seule… Jusqu'à l'arrivée de mon grand frère, et jusqu'à SON arrivée… - Votre grand frère ? Demanda Snake. - Oui, confirma Naomi. … Frank Jaeger… - Quoi ?! A ce moment, le temps s'arrêta. Snake comprit tout d'un coup. Frank Jaeger était le "frère" de Naomi. Et il l'avait tué. Elle avait toutes les raisons de vouloir sa mort. - Il était jeune soldat quand il m'a récupérée sur les bords de la rivière Zambèze. J'étais à moitié morte de faim. On a partagé ses rations. Oui, Snake… Frank Jaeger, l'homme que vous avez détruit, était mon frère… Et ma seule famille… - Non… Fit Snake. Gray Fox ? - Frank et moi, nous avons survécu à l'enfer. Il m'a protégée. Il est mon seul lien… Le seul lien avec le passé. - Et il vous a rapatriée aux Etats-Unis ? - Non. J'étais au Mozambique quand il est arrivé. - Qui, "il" ? Demanda Snake sachant que ce n'était pas Gray Fox, et devinant l'identité de cette nouvelle personne. Vous voulez dire Big Boss ? - Oui. C'est lui qui nous a offert cette terre de liberté, l'Amérique. Ensuite, mon frère et lui sont partis en Afrique pour continuer la guerre. Et tout s'est écroulé… Vous avez tué mon bienfaiteur, et vous avez rendu mon frère infirme, lança Naomi. J'ai juré vengeance, et j'ai rejoint Fox-Hound. C'était la meilleure chance que j'avais de vous rencontrer… Et j'ai prié pour un miracle. - Et le miracle s'est produit, hein ? Dit Snake. - Oui, après deux longues années.


- Juste pour me tuer ? Simplement pour ça ? Demanda Solid. - Oui, je vous attendais Snake ! Pendant deux longues années, vous étiez toute ma vie… Une sorte d'amour à l'envers. - Et vous me haïssez toujours ? Demanda Snake pressentant la réponse. Naomi hocha la tête en signe de négation. - Pas exactement… Dit-elle. J'avais partiellement tort à votre sujet… - Et Liquid Snake ? Et les autres ? Demanda Solid. - Ils paieront aussi ! Chacun leur tour ! Lança Naomi. - Naomi, c'est vous qui avez tué ce Docteur ? Celui qui se servait de Fox pour ses expériences de soldat génome ? - Le Docteur Clark ? Non, c'était l'oeuver de mon frère. J'ai camouflé le meurtre et l'ai aidé à s'enfuir. - Donc, Gray Fox est bien le Ninja. Et il est venu ici pour me tuer ? - Non, je ne pense pas, répondit Naomi. Il veut juste se battre. Je n'étais pas sûre mais je crois bien que maintenant je le comprends. Il ne vit que pour un combat à mort avec vous. J'en suis sûre… - Fox… Non… Naomi, dites-moi quelque chose… - Au sujet de FoxDie ? C'est un type de rétrovirus qui ne tue que des individus présélectionnés. D'abord, il infecte les macrophages du corps de la victime. FoxDie possède des enzymes intelligents, issus de la manipulation protéique, et programmées pour répondre à des empruntes génétiques spécifiques. - Ces enzymes reconnaissent l'ADN des victimes ? Demanda Solid. - C'est ça. Elles réagissent en s'activant, et par les macrophages, elle commencent à produire de l'epsilon TNF. - Pardon ? - C'est une sorte de cytokine, un peptide qui cause la mort des cellules, expliqua Naomi. L'epsilon TNF est transporté par le flux sanguin jusqu'au cœur, où elle se colle aux récepteurs de TNF des cellules cardiaques. - Causant ainsi une crise cardiaque ? comprit Snake. - Les cellules cardiaques subissent une sorte de traumatisme et entrent dans une phase


d'apotosie qui entraîne la mort. - Apotosie… Vous voulez dire que les cellules cardiaques se suicident… Naomi… Vous avez dû programmer ce truc pour qu'il me tue aussi, non ? Naomi baissa la tête. - Il me reste combien de temps ? Toujours aucune réponse. - Naomi… Je ne vous en veux pas de vouloir ma mort… Mais j'ai un boulot à finir ! Je dois vivre encore un peu. - Vous savez, Snake, ce n'est pas moi qui ai pris la décision d'utiliser FoxDie, annonça alors le Docteur Hunter. - Hein ? fit immédiatement Snake, surpris. Pas vous ? - Non. L'injection de FoxDie faisait partie intégrante de cette mission. Il fallait que vous le sachiez… Non… Ce n'est pas toute la vérité ! Ce que je voulais vous dire c'est que… Snake, je… - HEY ! Qu'est-ce que vous faites là !? Lança une voix derrière Naomi. Des bruits de coups se firent entendre puis Naomi cria le nom de Snake avant que le Colonel ne prenne le codec. - Naomi ! - Snake, je ne peux plus autoriser Naomi à établir d'autres communications ! Dit Campbell. Naomi ne fait plus partie de cette opération ! - Qu'est-ce qu'elle a voulu dire par "FoxDie faisait partie intégrante de cette opération" ?! S'écria Snake. Colonel… Laissez-moi lui parler. - Non. Elle est en état d'arrestation ! Rappela Campbell. - Colonel, hurla Solid, Tu m'as doublé ! - La seule chose dont tu dois te préoccuper, c'est de stopper Metal Gear ! Ok, Snake ?! Solid préféra couper et reprit sa route, tourmenté et en colère comme jamais vers la salle de contrôle. Il passa sa colère en claquant la tête d'un soldat génome contre un mur de toutes ses forces au passage, puis il remonta autour du Metal Gear, puis il arriva enfin devant le troisième et dernier ordinateur.



XI Les Enfants Terribles

I

l s'approcha et inséra une fois de plus la carte, cette fois rouge et chaude,

dans le terminal.

- Code PAL numéro trois confirmé, annonça la voix robotique alors que le troisième petit pilier s'enfonçait comme les deux précédents. - Enfin… Dit Snake. - Saisie du code PAL terminée. Code de mise à feu, activé, termina la voix féminine alors que Snake sursautait tandis qu'une petite sirène d'alerte sonnait. - Non ! Pourquoi !? S'écria Snake ne comprenant pas ce qu'il se passait. Je l'ai désactivé ! - Missile prêt au lancement, annonça la voix. Le cœur de Snake cognait à tout rompre dans sa poitrine, il venait d'activer lui-même la mise à feu du missile, cela ne pouvait signifier qu'une chose : Le missile ne l'était pas encore, Liquid n'avait pas pu entrer les codes du chef du Darpa et du président Baker… Son codec sonnait, et Solid répondit, paniquant toujours. - Snake, je te remercie d'avoir entré le code de mise à feu… Dit la voix de Maître Miller. Maintenant… Rien ne peut arrêter Metal Gear. - Maître ? Mais qu'est-ce que… Demanda Snake. - En plus d'avoir trouvé la clé, tu as activé la tête nucléaire… Je t'en suis très reconnaissant. Désolé d'avoir eu à t'impliquer dans ce méli-mélo d'alliage thermo-adaptable. - Mais de quoi est-ce que vous parlez… ? - Nous n'avons pas pu obtenir le code du chef du Darpa, expliqua Miller. Malgré ses pouvoirs psychiques, Mantis n'a pas pu lire ses pensées. Et Ocelot l'a tué accidentellement pendant l'interrogatoire… En d'autres mots, on ne pouvait pas lancer le missile et on s'inquiétait, tu penses… Sans ce missile, pas de menace donc, pas d'exigences… Sans les codes de mise à feu, il nous fallait envisager d'autres options… Et j'ai décidé que… Tu pourrais être utile, Snake… J'ai tout d'abord


pensé que tu pourrais nous fournir des informations, donc Decoy Octopus s'est déguisé en chef du Darpa. Malheureusement, le pauvre n'y a pas survécu… Merci FoxDie… - Vous voulez dire que tout a été manigancé ?! Tout ça pour que j'entre le code de mise à feu ?! Lança Snake. - Non… Ne me dis pas que tu pensais être arrivé si loin grâce à ton talent ! Se moqua Miller. - Mais qui êtes-vous ? Cria Solid perdant patience. - Enfin on a terminé les préparatifs de mise à feu… Après avoir entrevu la puissance de cette arme, la maison Blanche ne pourra que me remettre le vaccin FoxDie… Maintenant que leur arme secrète a été mise hors de combat… - Arme secrète ? Demanda Snake. - Le plan du Pentagone de t'utiliser a parfaitement réussi dans la salle de torture… Oh Snake, tu es le seul qui ne sache rien, imbécile ! - Mais qui êtes-vous à la fin ?! - Oh, je te dirai tout ce que tu veux savoir… Si tu viens jusqu'à moi bien sûr… Dit Miller avec une voix de dément. - Où êtes-vous… ? Demanda Snake sur le même ton. - Juste à côté… - Snake ! Ce n'est pas Maître Miller ! Interrompit le Colonel. - Bien trop tard, mon cher Campbell ! Scanda le faux Miller. - On vient de découvrir le corps de Miller à son domicile, il est mort depuis au moins trois jours ! Expliqua Campbell. Je ne comprenais pas pourquoi ma communication par codec avec Maître Miller était coupée. Mais Mei Ling m'a apprit que le signal venait de la base ! Snake ! Tu es en train de parler à… - A moi, mon très cher frère, coupa Miller, enlevant ses lunettes de soleil et détachant ses longs cheveux blonds. - Liquid ! Reconnut Snake. Mais comment… ? - Je n'ai plus besoin de toi ! Lança violemment Liquid. Tu peux mourir… A ce moment, la porte se verrouilla et Snake fut pris au piège, puis le gaz jaunâtre déjà rencontré commença à emplir la pièce. Solid retint son souffle et contacta Otacon, sa seule chance. Il lui demanda de tenter de déverrouiller la porte, mais avant tout de couper le gaz. Hal Emmerich ne perdit pas de temps et réussit rapidement à purifier l'air, puis quelques secondes plus tard à déverrouiller la porte. Snake sortit rapidement, et il vit la silhouette de Liquid quelques mètres devant lui, torse nu, courir vers le cockpit de Metal Gear Rex. Solid lui emboîta le pas et Liquid arriva bientôt juste


devant la tête de l'engin, Snake quant à lui était quelques mètres plus loin. - Liquid ! Cria Solid. - Snake ! Super les lunettes, non ? Répondit son jumeau. - Merde ! Jura Snake pointant son Socom vers Liquid. - Tu pointerais une arme sur ton propre frère ? Demanda ce dernier. - Pourquoi t'es-tu fait passer pour Miller ? Demanda Snake baissant son Socom. - Pour te manipuler plus facilement ! Et tu m'as fait un excellent travail, bravo… Remarque, c'est également ce que doit penser le Pentagone. - Mais de quoi est-ce que tu parles ? Demanda Snake, inquiet, en colère, contre lui-même et contre tous les membres de cette mission, amis ou ennemis… Non, il n'y a ni amis ni ennemis en guerre, juste associés et adversaires… - Tu as obéi aux ordres sans poser de question. Tu as perdu ton honneur de combattant ! Tu n'es rien de plus qu'un pion, Snake… Empêcher le lancement du missile, sauver les otages, ce n'était rien de plus qu'une diversion… Le Pentagone ne cherchait qu'à te mettre en contact avec nous. Voilà ce qui a tué le président d'ArmsTechs et Decoy Octopus… Pour résumer, tu n'as été envoyé ici que pour nous tuer ! Ils auraient récupéré Metal Gear en une pièce, avec les dépouilles des soldats génomes… Le Pentagone ne s'est servi de toi que comme porteur de FoxDie ! - FoxDie !? N'importe quoi… Lança Snake ne voulant pas le croire. Tu prétends que Naomi travaillait pour le Pentagone ? - C'est du moins ce qu'ils pensaient… Mais il semblerait que le Docteur Naomi Hunter ne soit pas si docile, répondit Liquid. En effet, un de nos espions au Pentagone a découvert que juste avant le début de l'opération, le Docteur Hunter a modifié FoxDie. Mais comment et pourquoi, ça… - Serait-ce pour en savoir la raison qu'ils l'ont arrêtée ? - Sans aucun doute, dit Liquid. Mais j'avoue que j'ignorais qu'une vengeance mesquine la guidait… Et nous aimerions connaître ses modifications sur le programme FoxDie. Enfin, c'est la guerre… J'ai déjà ajouté le vaccin anti-FoxDie à ma liste d'exigences pour la Maison Blanche. - Y'a un vaccin ? Demanda Snake, quelque peu soulagé. - Sûrement, répondit Liquid. Mais cette femme est la seule qui possède cette information. De toute façon, cela s'avèrera sans doute inutile… - Comment ça ? Demanda Solid. - Tu as réussi à entrer en contact avec chacun de nous, donc nous avons tous dû être exposés au virus… Baker et Octopus ont succombé à FoxDie… Mais ni Ocelot, ni moi, ni même toi le porteur, n'ont été apparemment affectés… - Un hic dans la programmation du virus ?


- Hm… C'est possible. Mais, tant que tu survis au virus, je ne suis pas inquiet. Après tout, nous avons le même code génétique… - C'est donc vrai, nous sommes… - Des jumeaux, oui mais pas ordinaires… Des jumeaux avec une malédiction dans les gênes : Les Enfants Terribles. Toi, ça va… Tu es porteur de tous les bons gênes du Vieux ! Moi, moi j'ai récupéré les gênes ratés, imparfaits… Il s'est arrangé pour faire de toi son enfant le plus parfait. Je n'ai été créé que pour que l'on puisse te faire exister… - J'étais le préféré, c'est ça ? Demanda Solid. - C'est ça ! Cria Liquid, empli de rage et de jalousie. Je ne suis que ce dont ils ne se sont pas servis pour toi ! Est-ce que tu sais ce que c'est de savoir que depuis ta naissance, tu n'es qu'une poubelle génétique ?! Solid hocha la tête en signe de négation, un peu perdu dans ses pensées. Etrangement, ce que disait Liquid ne le choquait pas, ne le surprenait pas… Ils auraient été créés ? - Mais c'est moi que Père a choisi, continua Liquid, reprenant un air plus fier. - Voilà pourquoi Big Boss t'obsède autant, remarqua Snake. Une sorte d'amour déformé. - Tout faux ! Répliqua Liquid l'air d'un fou. Je le hais ! Il me considérait comme un inférieur ! Je tiens ma revanche ! Tu devrais comprendre toi ! Toi qui a tué notre père de tes propres mains ! Lança-t-il d'un geste violent du poing. Tu as brisé mon rêve de vengeance ! Cria Liquid serrant le poing gauche, sur lequel il avait un tatouage représentant une lame un serpent s'enroulant autour. Je vais terminer le travail que mon père a commencé, et même faire mieux que lui ! Je vais le détruire ! - Tu es comme Naomi, remarqua Snake. - Oui, mais pas comme toi ! Cria Liquid. Contrairement à toi je suis fier du destin imprimé dans mes gênes ! Lança-t-il alors qu'un grand bruit se fit entendre : La gueule du Metal Gear Rex s'était ouverte et le fou y plongea, prenant les commandes, alors que Snake pointait de nouveau son Socom vers Liquid, la gueule se referma, l'isolant de l'extérieur. Metal Gear s'activait, Liquid à ses commandes, Snake était seul face à l'engin de mort… - Attends ! Bon sang… Fit Solid. - Snake ! Cria Liquid par le mégaphone. Ton sang sera le premier que fera couler cette merveilleuse nouvelle arme ! Prends-le comme un honneur ! Cadeau de ton frère ! Maintenant tu vas voir le pouvoir de l'arme qui nous ouvre la porte du vingt et unième siècle ! Le sol tremblait sous les pieds de Solid, Rex commençait à bouger, et les passerelles l'entourant à se rétracter. Snake sauta de la rambarde afin d'éviter d'être écrasé par un échafaudage qui allait tomber juste là où il se trouvait, et à sa grande surprise il ne fit pas une chut énorme : le sol montait, et le Metal Gear aussi. Bientôt, plus aucune trace de passerelles ou de salle de commande ne se laissait voir. Le sol où était placé Rex, le même sol sur lequel Solid Snake était seul, debout, était sans doute remonté à la surface, bien que toujours en intérieur. La salle était énorme et carrée, de manière à ce que le Metal Gear puisse s'y déplacer. Le sol s'arrêta bientôt de trembler, et Snake


se trouva là, seul, debout face à l'engin qui lui-même se dressait sur ses deux énormes pattes. L'énorme bras droit de Rex mesurait bien 10 mètres de long, son bras gauche quasi-inexistant tenait toujours ce grand disque de deux ou trois mètres de diamètre. Quelques containers entouraient la pièce, et Snake courut vers l'un d'eux afin de contacter Otacon, l'ingénieur en chef du projet Metal Gear Rex était le seul à savoir comment le détruire. - Otacon ! On a un gros problème ! Dit Snake en un souffle, transpirant et le cœur battant à tout rompre. - Je sais, Snake, je vous vois sur l'une des caméras ! Répondit Hal Emmerich. - Dites-moi comment je le détruis ! - Et bien, tous les systèmes ont leur faiblesse… Dit Otacon. Déjà, sachez que vous devez utiliser votre lance-missile Stinger. Snake sortit l'arme, lourde, et la posa sur son épaule. Le Metal Gear commença quant à lui à marcher, lentement, à pas lourds, qui résonnaient et faisaient trembler le sol. Il ne fait aucun doute que quoi que ce soit qui passerait sous l'une de ses pattes serait totalement détruit et aplatit. - Snake, le contrôleur du Rex peut voir les choses grâce au Radôme, c'est une sorte de radar qu'il tient sur son bras gauche, expliqua Otacon. - Cette sorte de gros disque ? - C'est ça ! Détruisez-le, et la personne à bord sera aveuglée, et sera donc contrainte à ouvrir le cockpit afin de voir. De là, vous n'aurez plus qu'à tirer dans le cockpit pour détruire Rex. - Otacon, tu l'as volontairement conçu avec un défaut comme celui-ci ? Demanda Snake. - Et bien, même les choses les plus puissantes doivent avoir un talon d'Achille ! Répondit Emmerich.

Snake coupa sans prendre le temps de dire quoi que ce soit : Liquid venait de tirer deux missiles à tête chercheuse vers sa cachette, que notre serpent évita de justesse, laissant le container derrière lequel il se cachait en miettes. Solid tira un missile vers le Radôme, mais rien n'y fit, le disque ne bougea qu'à peine. Metal Gear commença alors à tirer à la mitrailleuse, celle dont Otacon lui avait parlé dans son labo, capable de tirer des balles à grande vitesse par un système d'aimant. Snake courrait aussi vite qu'il le pouvait, il s'approcha du Rex jusqu'à être entre ses jambes, de là la mitrailleuse ne pouvait plus l'atteindre, mais le rayon laser, oui, ainsi il faillit se faire couper en deux mais il plongea en arrière pour finalement arriver derrière Metal Gear. De là, il tira une nouvelle fois sur le Radôme, et il se mit à courir car l'engin de mort venait de lever une patte et s'apprêtait à l'écraser. Le choc fit tomber Snake, bien qu'il fût à plusieurs mètres quand la patte écrasa le sol y laissant un cratère de sa forme. Solid courrait et évitait à chaque fois de justesse les attaques, puis à bout de force, il trébucha, et tenta une dernière fois sa chance en tirant vers le Radôme. Snake avait eu raison de faire ce dernier geste désespéré : L'énorme disque commença à trembler, et apparemment était plus ou moins court-circuité. Il se releva : - Ça a marché ? Demanda-t-il pour lui-même.


L'engin était totalement figé, immobile, mise à part le Radôme qui tremblait de plus en plus. C'est alors qu'il se calma et bougea normalement de nouveau. Metal Gear Rex se dressa sur ses pattes tel un dinosaure, leva la tête et "hurla" en quelque sorte, d'un cri robotique, métallique, à glacer le sang, qui était en réalité une sorte d'imitation d'un T-rex. - Merde ! Jura Snake s'apprêtant à plonger. - Dommage, Snake ! Adieu ! Cria Liquid de sa voix de fou furieux tout en faisant avant le Rex vers le pauvre Solid afin de l'écraser. Snake, à bout de force, s'avoua vaincu, et ne tenta même pas de fuir. C'était fini. Il avait échoué. C'est alors qu'une ombre tomba. Le Ninja. Gray Fox. Frank Jaeger s'interposait entre Rex et Snake. Il n'avait pas son katana, mais il tenait la sorte de pistolet qu'il gardait à la hanche habituellement. Fox attrapa la patte gauche du Metal Gear et la garda soulevée, empêchant l'engin de mort d'avancer. - Vite ! Sors de là ! Cria Frank Jaeger, cette fois d'une voix que Snake n'avait plus entendue depuis longtemps, une voix non modifiée par un casque cyborg. Snake recula de quelques mètres et dit : - Gray Fox ! - Un nom d'un passé lointain, répondit le renard. Je le préfère à Deepthroat… Fox tourna la tête afin de regarder Snake. L'avant de son casque, qui cachait habituellement son visage, n'était plus là. Jaeger était plein de cicatrices, et son œil droit était mort, totalement blanc. - T'as pas bonne mine, Snake… Tu as mal vieilli ! - Tu vas retourna en enfer ! Lança Liquid avec la voix de dément qu'il portait depuis quelques minutes alors qu'il levait la patte du Metal Gear afin de se débarrasser de Fox. Il l'abattit à terre, mais le Ninja esquiva et fit une série de mouvements acrobatiques vers l'arrière, vers Snake. Metal Gear avança le plus vite possible, et Snake courut se mettre à couvert derrière un autre container près d'un des quatre murs, alors que Fox reculait dans un magnifique saut périlleux, il tira de son arme, qui ne tirait pas de balles mais une sorte de concentré d'électricité, trois charges puissantes en direction du Radôme, qui commença à prendre feu tandis que le Metal Gear émettait le même cri strident que toute à l'heure. Frank Jaeger en profita pour rejoindre Snake, caché derrière le container. - Fox, pourquoi ? Demanda Snake. Qu'est-ce que tu veux de moi ? - Je suis prisonnier de la Mort, répondit Jaeger. Toi seul peux me libérer… - Reste en dehors de ça, Fox, demanda Solid. Et Naomi ? Elle cherche vengeance en ton nom… - Naomi, répéta Fox d'un ton dénué de toute émotion.


- Tu es le seul qui puisse l'arrêter, dit Snake. - Je ne peux pas, répondit Fox, sa voix étouffée par les tirs des canons mitrailleurs du Rex qui tournait à présent en rond. - Pourquoi ? Demanda Snake. - Parce que c'est moi qui ai tué ses parents ! Répondit le Ninja, l'air désolé. J'étais jeune, et je n'ai pu me résoudre à la tuer. J'étais si honteux que je l'ai prise avec moi. Je l'ai élevée comme si elle était de mon sang afin d'apaiser mon sentiment de culpabilité. Elle me considère toujours comme son frère. - Fox… - En apparence, nous formions une famille heureuse… Un frère, une sœur… Mais à chaque fois que je la regardais, je ne voyais que les yeux de ses parents. Dis-lui de ma part, dis-lui que le coupable, c'était moi… Demanda Frank Jaeger. - Ah ! Vous voilà ! Lança Liquid, tournant le Metal Gear vers le container où ils étaient. - On a presque plus de temps ! Dit Fox. Tiens, un dernier cadeau de Deepthroat… Dit-il désignant une boîte contenant un missile pour le Stinger. Je vais arrêter ce bidule ! Lança-t-il avant de partir en courrant. - Fox ! Cria Snake, mais trop tard. Voilà que Gray Fox courrait vers l'engin de mort. Il passa entre les tirs parallèles de ses canons mitrailleurs. Il sauta au niveau de sa tête. Le laser de Rex fit mouche et lui coupa le bras gauche. Un éclat d'étincelles mêlées à du sang apparut, mais il en fallait plus pour arrêter un tel soldat. Frank Jaeger courrait toujours, vers le mur cette fois. Il sauta pour atteindre un rebord situé à hauteur de la tête du monstre de métal. Face au mur. Dos à Metal Gear. Fox se retourna vers l'énorme engin. C'est alors que la tête de ce dernier l'écrasa contre le mur et le garda ainsi coincé ses pieds à quelques centimètres au-dessus du rebord. Le fond grisâtre repeint du sang du renard, et détruit, Fox totalement immobilisé et gravement blessé, Snake observait la scène avec horreur. - Au Moyen-orient, on ne chasse pas le renard, on chasse le chacal, dit Liquid à travers le mégaphone. Et on ne se sert que de harriers royaux. - Fox ! Lança Solid. - Je me demande si son exosquelette va résister, demanda Liquid pour lui-même. Tu vas le laisser mourir, Snake ? C'est alors qu'un éclat de lumière aveugla Solid : Fox était en train de charger son arme à bloc, puis il tira vers la Radôme, une dernière fois. - On dirait bien que le chacal peut se battre même coincé ! Scanda Fox de sa voix profonde mais extrêmement faible avant de s'effondrer à moitié. - Il a détruit le Radôme ! Dit Snake.


Le Metal Gear Rex recula, et son cockpit s'ouvrit, laissant apparaître Liquid. Fox quant à lui tomba à plat ventre sur le rebord, semi assommé, sans bras gauche, la respiration coupée par le choc de cette masse de métal de plusieurs tonnes qui l'avait écrasé. Il était toujours à quelques mètres de la tête de Rex, et par la même occasion de Liquid. - Je suis impressionné, avoua ce dernier, tu mérites bien ton nom de code "Fox"… Mais c'est la fin. - Vas-y… Tire le Stinger ! Cria comme il le pouvait Fox à Snake. - Fox ! Répéta Solid. - Alors, tu tires ? Demanda Liquid. Tu le tueras aussi ! Snake avait bien entendu chargé le missile que Fox lui avait donné, mais il ne voulait et ne pouvait tirer maintenant, il ne pouvait pas tuer son ami… Pas une seconde fois. - Là, devant toi, je peux enfin mourir… Depuis Zanzibar, j'ai tiré ma révérence… Ni totalement mort, ni réellement vivant… Une ombre dans le monde de la lumière. Mais bientôt… Bientôt… Le bout du tunnel… Dit Fox alors que Snake regardait à travers la visée de son lance-missile Stinger, ne pouvant se résigner à tirer C'est alors que Liquid fit glisser Fox avec la "mâchoire" supérieure de Metal Gear, soit le plafond du cockpit, et le renard tomba plus de 15 mètres plus bas. - Meurs ! Cria Liquid, écrasant Fox avec la patte de Rex. L'exosquelette résistait encore plus ou moins, et Jaeger dit, regardant Snake dans les yeux, la patte de Metal Gear se relevant prête à s'abattre une fois pour toutes au-dessus de lui : - Snake, personne n'a le droit de se servir de nous… Tu m'entends ? Je n'ai vécu que pour me battre… Je ne savais faire que ça… Mais… Au moins… Je me suis toujours battu pour un idéal… Snake, … Adieu. La patte du Metal Gear s'abattit alors sur ce qu'il restait de Frank Jaeger, ne laissant qu'une marre de sang de ce grand soldat, et un ami de Snake… - Foooox ! Hurla Solid, désespéré, fou de rage et des larmes arrivant presque à ses yeux tandis qu'une marre de sang se dessinait sous la patte de l'engin. - Quel imbécile, dit Liquid. Il implorait la mort : la mort l'a exaucé. Tu vois, Snake ? Tu ne peux protéger personne, pas même toi… Meurs ! Les canons mitrailleurs reprirent de plus belle, les missiles à tête chercheuse fusaient, mais la mort de son ami avait donné à Snake une volonté et un courage de fer. Ses derniers mots résonnaient encore dans sa tête, et il les suivrait quand cette mission serait terminée… Si du moins il en sortait vivant. Solid n'avait plus qu'à tirer un missile Stinger dans le cockpit, ce qu'il finit par réussir à faire après avoir évité le laser qui faillit le couper en deux une nouvelle fois. Le missile donné par Fox fit mouche et une explosion se produisit quelques mètres derrière le fauteuil de Liquid. Des étincelles et des bruits d'électricité défaillante peu rassurants commencèrent à se faire entendre. - Snake, fit Liquid blessé et fou de rage à son tour. Je vais te réduire en poussière, dit-il tout en faisant avancer son engin vers Solid.


Mais c'est alors qu'il était à quelques mètres que Liquid cria : Metal Gear Rex titubait, et commençait à sauter de l'intérieur. - Allez ! Avances… Aaaaahh ! Cria Liquid. Le Metal Gear venait de s'effondrer sous son propre poids, explosant quelques secondes plus tard, projetant violemment Snake contre le mur et l'assommant. Quand Solid ouvrit les yeux, il vit d'abord le Metal Gear Rex couché mais toujours plus ou moins droit face à lui. Puis il remarqua qu'une silhouette approchait. C'était Liquid, en sang, mais toujours debout… Snake s'évanouit de nouveau, et quand il rouvrit les yeux, il eut l'impression d'être ailleurs, bien qu'il vit toujours Liquid au dessus de lui. Ils étaient désormais tous deux torse nu, mais n'avaient pas froid car les flammes du Rex maintenant éteintes avaient réchauffé l'atmosphère. - Encore en train de faire la grasse matinée ? Demanda Liquid. - Liquid… Toujours en vie, hein ? Demanda Solid. - Tant que tu restes vivant, moi aussi, répondit son jumeau. - Quel dommage… Ta révolution est dans le lac ! - Ce n'est pas parce que tu as détruit Metal Gear que je vais arrêter de me battre… - Te battre ? Mais qu'est-ce que tu veux à la fin ? Demanda Solid, suivant du regard Liquid s'éloignant de quelques mètres et se rendant ainsi compte qu'ils se trouvaient sur la tête même de Metal Gear Rex ! - Un monde où nous, combattants, serions honorés comme par le passé. Comme nous devrions l'être. - C'était le rêve de Big Boss, remarqua Snake. - Ce fut son dernier souhait ! Dans sa jeunesse, pendant la Guerre Froide, il fallait des hommes comme nous. On nous valorisait. On avait besoin de nous. Aujourd'hui… Tout est différent, dit-il avec mépris. Le monde est dirigé par des menteurs, des hypocrites ! La guerre a changé… Nous avons perdu notre rang dans un monde où nous sommes inutiles… Un monde qui nous méprise. Tu le sais aussi bien que moi… Après avoir lancé le missile et empoché notre milliard de dollars, nous sèmerons le chaos à travers ce monde affaibli ! Nous rétablirons l'honneur. Les conflits créeront d'autres conflits, de nouvelles haines vont éclore… Et tranquillement, nous élargirons notre zone d'influence. - Mais tant que l'être humain existera, il y aura des guerres, dit Solid. - Le tout est de trouver l'équilibre… Père savait quel était le meilleur équilibre… Dit Liquid. - Et c'est la seule raison ? Demanda Snake. - Cela ne te suffit pas ? Répondit son jumeau se retournant vers lui. Pour nous autres guerriers…


- Ce monde là ne m'intéresse pas ! Lança Snake en colère. - Ha ! Menteur… Pourquoi es-tu là ? Pourquoi continuer à suivre les ordres de supérieurs qui t'ont trahis ? Pourquoi es-tu venu… ? - Hm ! - Je vais te le dire, moi… Tu aimes ces tueries ! Voilà pourquoi… - Quoi ? Fit Snake en rage. - Dis-moi que j'ai tort… Est-ce que tu n'as pas déjà tué la plupart de mes camarades ? - Mais… C'était… Chercha Snake. - Je t'observais à ces moments là ! Tu resplendissais du bonheur de la bataille. - Non ! C'est faux ! Nia Solid. - En toi dort un tueur ! Ce n'est pas la peine de le nier… On nous a fabriqués comme ça… - Fabriqués ? Demanda Snake voulant en savoir plus. - Les Enfants Terribles… Et c'était vrai. Tel était le nom du projet. On était dans les années 70. Leur plan était de concevoir artificiellement le soldat le plus puissant possible. Comme modèle, ils choisirent l'homme connu dans le monde entier comme le plus grand soldat vivant… Big Boss. Père avait été blessé au combat, et déjà dans le coma quand ils l'ont récupéré. Ils nous ont créé à partir de ses cellules… Par un croisement clonage type vingtième siècle et méthode "super bébé". - Super bébé ? Demanda Snake. - Ils ont fertilisé un œuf sans noyau avec l'une des cellules somatiques de Père. Ils les ont laissé se diviser en huit œufs et les ont transplantés dans l'utérus d'une volontaire… Puis, ils ont retiré six des fœtus afin de faciliter le développement fœtal. Au départ, nous étions des octuplés… Oui, nos six frères furent sacrifiés à notre développement. Avant même d'être nés, nous étions déjà complices de meurtre ! Et nous voilà donc, toi et moi, deux fœtus à l'ADN identique. Mais ils n'en avaient pas terminé avec nous. Ils m'ont utilisé comme cobaye ! Pour créer un phénotype aux gênes dominants… Pour TE créer… Je n'ai eu que les gênes récessifs… Tu m'as volé ma vie avant même qu'elle ne commence ! Mais… Nous ne sommes pas ses seuls enfants. - Quoi ? Fit Snake surpris. - Les soldats génomes. Eux aussi sont ses enfants, et possèdent son héritage génétique ! Mais ils sont… Différents, puisque numériques. Une fois achevé le projet de Génome Humain, les mystères de l'Humanité furent mis à nus. Grâce à l'ADN paternel, ils furent à même d'identifier plus de soixante gênes soldats, déterminants un panel d'éléments, allant du raisonnement stratégique à l'instinct de tueur… Par thérapie génétique, ils implantèrent ces gênes soldats dans les membres des Forces Spéciales de la Deuxième Génération, les transformant ainsi en soldats génomes. Et oui ! Les soldats que tu as tués comme des mouches sur cette base étaient nos frères, et portent les mêmes gênes que nous… - Les soldats génomes ? Demanda Snake, surpris de ne pas avoir fait le rapprochement plus tôt.


- Mais oui, parfaitement. Ce sont nos frères ! Créés artificiellement par l'alignement de nucléotides afin d'imiter les gênes paternels. Ils sont également le produit de nombreux sacrifices… Des expériences sur l'Homme ! 1991… La Guerre du Golfe… Des soldats furent secrètement vaccinés avec des gênes soldats. Un des effets secondaires en fut le Syndrome de la Guerre du Golfe, qui affecta des milliers de soldats… - Ridicule ! Lança Snake. Le Syndrome de la Guerre du Golfe a résulté de l'exposition due à une fuite d'uranium des munitions anti-chars ! - Ça c'est une des versions officielles du Pentagone, répondit Liquid se moquant de Snake. Comme la névrose traumatique, les armes chimiques, les armes biologiques, etc… Les unités de détection anti-gaz et les piqûres anti-sarin n'ont servi qu'à couvrir les expérimentations génétiques. - Et donc, comprit Solid, les "bébés de la Guerre du Golfe" déclarés récemment par les vétérans sont… - Oui… Ce sont également nos frères et sœurs. - Et les soldats génomes sont la preuve que ces expériences ont réussi ? - Réussi ?! Mais non, taré ! Lança Liquid. Elles sont un échec complet ! Nous sommes au bord de l'extinction ! - Quoi ?! - Tu as entendu parler de la Théorie de l'Asymétrie ? La Nature a tendance à préférer l'asymétrie. Les espèces qui se sont éteintes ont toutes montré des signes de symétrie. Et c'est là le problème des soldats génomes. C'est le mien… Et c'est aussi le tien. Et oui ! Au niveau génétique nous sommes sur le point de mourir. On ne sait pas quand, ni quelles maladies vont se déclarer. On a donc besoin des informations génomiques du Vieux… - Tu veux récupérer l'ADN de Big Boss pour sauver ta famille ? C'est très émouvant, fit Snake plus ou moins ironiquement. - Mère Nature n'aime pas l'accouplement des membres d'une même famille. Et pourtant ils s'entraident pour survivre. Tu sais pourquoi ? Cela augmente les chances que leurs gênes soient transmis à une nouvelle génération. L'altruisme familial n'est qu'une réponse à la sélection naturelle. On l'appelle la Théorie du Gêne Egoïste. - Tu prétends donc que ce sont te gênes qui te poussent à sauver les soldats génomes ? Demanda Snake ne pouvant comprendre comme l'on pouvait résonner ainsi. - Nos gênes sont une fatalité, tu sais ? Les êtres vivants ne naissent que pour transmettre les gênes de leurs parents… Voilà pourquoi je ne dois que suivre les ordres de mes gênes. Et je vais même aller plus loin. Je vais briser la malédiction de mon héritage. Et pour ce faire, d'abord… Je dois te tuer. Liquid s'approcha. - Regarde derrière-toi, dit-il à Snake toujours assis.


- Meryl ! S'écria Snake voyant la jeune femme allongée, une étrange boîte émettant de la lumière juste à côté d'elle. Elle est vivante ? - Oh, pas sûr ! Elle l'était encore il y a quelques heures. Elle n'arrêtait pas de t'appeler. Quelle idiote ! Tomber amoureuse d'un homme qui n'a même pas de nom… - J'ai un nom… - Oh que non ! Nous n'avons ni passé, ni futur ! Et même si nous en avions un ce ne serait pas le nôtre ! Nous ne sommes que des copies de notre père. Snake releva alors la tête et cria à Liquid l'air décidé et en colère : - Relâche Meryl ! - Dès que nous aurons réglé nos petites affaires. On n'a presque plus de temps. - Tu veux parler de FoxDie ? Demanda Snake. - Non. Il semblerait qu'ayant apprit la destruction de Metal Gear, le Pentagone aurait prit une décision… Ils n'ont même pas à prévoir les pertes éventuelles. Pour plus de détails, tu n'as qu'à demander à ton cher Colonel Campbell… Solid suivit le conseil de Liquid et contacta Roy. - Colonel, tu me reçois ? Demanda Snake. - Oui… J'écoute. - Qu'est-ce qui se passe avec le Pentagone ? Et je veux des réponses ! - Le Secrétaire à la Défense vient de prendre le contrôle actif de cette opération… Répondit Campbell, l'air désolé. Il est en route par AWAC. - Pourquoi faire ? - Un bombardement aérien… - Quoi ? Fit Snake surpris. - Ce n'est pas tout… Des bombardiers B-2 viennent de décoller de la base aérienne de Galena avec à leur bord… Des bombes atomiques B61-13 marteau piqueur… - Mais Metal Gear a été détruit ! Dis-le au Secrétaire à la Défense ! - Le Secrétaire a été informé du double jeu de Naomi et s'inquiète pour FoxDie. Et maintenant que la menace d'un tir nucléaire par Metal Gear a disparu, il veut effacer toute trace de ce qu'il s'est réellement passé ici… - Il va faire disparaître toutes les preuves avec une bombe atomique et se débarrasser de tous les témoins…


- T'inquiètes pas, Snake, dit le Colonel prenant un air sûr de lui, je vais arrêter l'opération. - Comment ? - Je ne suis peut-être qu'un commandant de papier, mais je suis toujours officiellement à la tête de cette mission. En ordonnant un délai, je vais perturber la chaîne de commandement et gagner du temps. - Mais Colonel, si tu fais ça… Commença Solid. - C'est pas grave, Snake. Fox-Hound était déjà le sujet d'une investigation secrète. Ils ont transféré Meryl sur cette base juste avant l'attaque terroriste, uniquement comme moyen de pression. - Les salauds… Jura Snake comprenant pourquoi le Colonel avait dû lui mentir tout ce temps. - Je suis désolé… Répondit Campbell baisant la tête. Ils ont obtenu ma coopération en faisant du chantage sur sa vie. Tu ferais mieux de sortir de là, Snake. - T'es sûr ? Ça va pas être bon pour toi. - C'est le moins que je puisse faire après tous ces mensonges. - Colonel… - Je vais donner l'ordre d'annuler le bombardement. Ça va tout déclencher. Hé mais qu'est-ce que vous faites ?! Cria soudain Campbell disparaissant de l'image du Codec. - Snake ! Cria la voix de l'analyste des données de la mission. - Mei Ling ! Reconnut Snake. Qu'est-il arrivé au Colonel ? - Je le crois pas ! Répondit la jeune femme. - Qu'est-ce qu'il y a ? - Snake, le Colonel… L'image se brouilla, et un autre homme apparut, des cheveux gris, et habillé d'un costume avec une cravate. - Roy Campbell vient d'être relevé de ses fonctions, dit l'homme. Ici Jim Houseman, Secrétaire à la Défense. Snake se rappela de ce nom… " Jim "… Baker croyait que c'était un certain Jim qui avait envoyé Snake… Serait-ce de cette personne qu'il parlait ? - Je veux parler au Colonel ! Répondit Snake d'une voix menaçante. - Il vient d'être arrêté pour divulgation d'information top secret et pour crime de haute trahison. - C'est ridicule ! Cria Snake.


- Oui, ridicule, c'est le mot, se moqua Houseman. Le fou croyait qu'il était réellement à la tête de cette opération. - Espèce de… Se retint Solid dans une colère noire. - Et bientôt… Toutes les preuves se seront volatilisées. Je suis sûr que le président voudrait la même chose. - C'est un ordre du Président ? Demanda Snake. - Le président est très occupé, s'empressa de répondre Jim. Ici, c'est moi qui commande, ajouta-t-il l'air supérieur. - Et comment allez-vous expliquer une attaque nucléaire sur l'Alaska aux médias ? - Aucun problème. Nous avons une couverture très convaincante : Des terroristes ont fait exploser un équipement nucléaire. - Pas bête… Tous les témoins disparaissent, les scientifiques, l'armée génome, tout le monde… - Donald, le chef du Darpa est déjà mort… - Donc vous n'aviez pas l'intention de tuer le chef du Darpa ? - C'était mon ami… - Mais vous vous tapez complètement de ce qu'il va arriver aux autres, hein ? Lança Snake. - C'est exact… Mais si vous me remettez le disque optique, je pourrai les épargner… Chanta Houseman. - De quoi est-ce que vous parlez ? Demanda Snake connaissant la réponse. - Les données du test de Metal Gear. Donald devait les ramener. - Je ne les ai pas… Avoua Snake repensant à Ocelot qui avait disparu et se disant que même s'il avait eu les données il aurait préféré mourir que de donner les plans de Metal Gear à ce sale type. - Je vois… Bon… C'est pas grave… Vous êtes tous deux la honte des années 70. Le sale petit secret de notre pays. On ne peut pas vous laisser vivre… Bon, les bombes ne vont pas tarder… Alors rattrapez le temps perdu avec votre frère. Adieu ! Lança froidement Houseman avant de couper la communication. Solid et Liquid, étaient là debout sur la tête du Metal Gear Rex. Tous deux torse nu, Snake portant toujours son bandana… - Tu m'as tout pris, dit Liquid, tout volé. Ta mort seule pourra me satisfaire. Elle seule pourra me rendre ce qui me revenait de droit. Ah ! Quel joli sacrifice pour notre dernier affrontement, ajouta-til regardant Meryl. Tu vois ça ? Demanda-t-il en suite pointant le doigt vers l'étrange boîte à côté d'elle. C'est le temps qu'il nous reste pour notre ultime combat. Se penchant en avant, Snake put voir des nombres clignoter… Un compte à rebours pour le


moment figé sur trois minutes. - Ce module nucléaire lancera un missile à la seconde même de sa mort, expliqua Liquid. Snake vit alors le câble relié apparemment au cœur de Meryl dépasser. Ainsi donc, Meryl était bien vivante, mais s'il ne battait pas son frère en moins de trois minutes, Meryl mourrait. Liquid face à Solid appuya sur l'interrupteur à distance qu'il tenait en main, ce qui fit démarrer le compte à rebours. Si Snake n'appuyait pas de nouveau sur cet interrupteur d'ici trois minutes, ce serait terminé. - Si tu gagnes, tu auras une chance de la sauver, dit Liquid. Et tu pourras même vivre une minute d'amour avant la fin. Il marqua une pause, avant d'ajouter : - Si tu tombes à cette hauteur, c'est la fin, même pour toi. Sans prévenir, il fonça alors droit sur Snake, tête baissée, qui l'accueillit d'un coup de genou en pleine tête. Liquid riposta par un puissant coup de poing qui fit tomber Solid à la renverse. Snake tenta de faire une prise à Liquid, mais ce dernier la contra et ils tombèrent tous deux à quelques centimètres du gouffre. Une minute s'était déjà écoulée, et Snake commença à penser à Meryl, à Gray Fox, à Naomi, au Colonel, puis il concentra toute cette colère accumulée durant cette terrible journée en un énorme coup de poing qui manqua d'assommer Liquid. Après quelques autres coups, les deux jumeaux opposés étaient tous deux en sang, plein de douleur et de rage. Le combat était fort, car ils se haïssaient malgré leur fraternité. Il ne restait que trente secondes quand Snake vit Meryl bouger de quelques centimètres, toujours inconsciente, mais cela lui redonna du courage, et c'est alors que Liquid fonça pour lui donner un coup de poing puissant, que Solid évita en passant à sa droite puis en attrapant le bras qu'il mit derrière le dos de son frère prêt à le casser, puis il le poussa violemment de la tête du Metal Gear en ayant pris le soin de lui prendre l'interrupteur de la main. - Snaaaaaaaaaaaaaaake ! Cria une dernière fois Liquid durant sa chute, un cri plein de rage qui résonna dans toute l'énorme pièce. Puis Liquid disparut dans le gouffre alors que Solid courrait rejoindre Meryl.



XII La mort du serpent

S

nake appuya sur l'interrupteur figeant ainsi le compte à rebours sur dix

secondes.

- Meryl ! Cria-t-il en courrant vers la jeune femme. Il la délia, et la prit dans ses bras. Les blessures de la nièce de Campbell, infligées par Sniper Wolf, avaient été recouvertes par des bandages. - Meryl… ? Répéta Solid. - Snake ? Répondit-elle commençant à cligner des yeux. C'est toi ? Snake ! Tu es vivant ! Cria-t-elle avant de le prendre dans ses bras à son tour. Oh merci mon dieu ! - Tu vas bien ? Demanda Snake. - Tu vas bien… C'est tout ce que tu as à dire ? - Meryl, ça a dû être terrible… - Pas tant que ça… Je n'ai pas craqué sous la torture. - Torture ?! S'exclama Snake. - Et s'il n'y avait eu que la torture… Je me battais… Tout comme toi ! - Tu es forte, tu sais ça ? Dit Snake esquissant un sourire. - Les combattre m'a rapproché de toi. J'avais l'impression que tu étais à mes côtés. Et ça m'a donné la force de continuer… Mais j'avais peur… - Je suis désolé, répondit Snake, gardant caché le fait qu'il avait ressenti exactement la même chose.


- Ne dis pas ça… Mais j'ai réalisé quelque chose. Une seule pensée me hantais pendant que je souffrais… Pendait qu'ils m'humiliaient… Un seul espoir qui m'a permis de rester en vie… Snake… Je voulais… Te revoir. - Meryl… Fit Snake. C'est mon codec, ajouta-t-il alors que ce dernier sonnait. Il répondit et vit la fréquence 141.12 apparaître, et à ce moment il pensa avec tristesse à Otacon, certainement trop loin pour s'échapper avant le bombardement. - Snake ? C'est moi, dit l'ingénieur. - J'ai de bonnes nouvelles, répondit Snake. Meryl va bien. - Génial ! Lança Otacon heureux d'entendre ça. Tu l'as sauvée mon vieux, bien joué ! - J'en ai également de mauvaises… On va nous bombarder. - D'accord… Nous ne sommes pas considérés indispensables, remarqua Otacon. - Est-ce qu'on a un moyen de sortir d'ici ? - Oui, tu peux emprunter le tunnel de chargement jusque l'extérieur. Il y a un garage juste à côté. Le tunnel commence là et s'achève à l'extérieur. - La grande porte en face ? - Non ! Il y a une petite entrée à l'ouest de cette porte. - Et pour les sécurités ? - Je viens de les déverrouiller. Tu parles à un spécialiste, mon cher ! Je m'occupe aussi des sécurités de ton parcours. - Mais toi ? Tu vas faire quoi ? Paniqua Snake. - Moi ? Je reste ici, répondit calmement Otacon. - Ca va pas, non ?! - J'ai besoin d'un peu de temps pour préparer ton évasion ! - Mais… Tenta Snake. - Déverrouiller la sécurité des portes c'est dangereux, je suis le seul qualifié. - Otacon ! Lança Snake.


- Ne t'inquiètes pas ! Répondit ce dernier. J'ai choisi de rester et c'est ma décision. - Otacon, nous sommes dans un abri renforcé, mais ils utilisent une bombe atomique marteau-piqueur ! - Je ne veux plus vivre dans le passé… La vie ne se résume pas à ce qu'on a perdu… -… - Snake, je suis devenu un être à part entière. J'ai une raison de vivre. - C'est bien. Alors reste en vie ! Tenta Solid. - Toi de même. Et attention à Meryl, ok ? - D'accord… Répondit Snake. - Bon, il faut que j'y aille… Je m'occupe de ton évasion, c'est promis. - Merci... Répondit Snake touché par le sacrifice d'Otacon. - "Merci"… Ca sonne bien. - Je crois en toi. - Merci, Snake. Otacon coupa la communication et Snake se tourna vers Meryl, presque les larmes aux yeux mais pas moins fort que d'habitude. Ce n'était pas le moment de baisser les bras. - Allez faut qu'on file d'ici ! Lança-t-il. - Mais et lui ? Où est Otacon… ? Demanda Meryl émue. - Il est… Il est en train de se battre… Contre lui-même… Pour devenir l'homme qu'il veut être… - Il se bat aussi pour nous ? - Ouais, et j'espère que ce n'est pas pour rien. - Bien d'accord. Snake commença à descendre du Metal Gear, suivi par Meryl. Il ramassa en bas sa combinaison afin de ne pas mourir de froid dehors. Meryl quand à elle arrivait plutôt bien à marcher. La jeune femme eut besoin d'aide pour sauter à deux mètres en dessous, et Snake la rattrapa dans ses bras. Ils se regardèrent droit dans les yeux.


- Snake… - Meryl… Répondit ce dernier. Mais c'est alors qu'un énorme bruit se fit entendre. Metal Gear était en train de tomber à la renverse. - Et c'est reparti… Dit Snake. - Je dois être lourde… S'inquiéta Meryl - Je crois que pour la scène d'amour c'est encore raté. - Quel dommage ! Rit Meryl alors que Snake la reposait à terre. Ils coururent, la nièce de Campbell aidée par Solid, vers le garage. Deux jeeps étaient là. La femme prit le volant, alors que Snake surveillait. Des gardes patrouillaient partout sur la route mais par chance une mitrailleuse sur pied était posée à l'arrière du véhicule. Meryl démarra, et défonça un grillage qui barrait la route. Snake commença à tirer sur les gardes qui leur barraient la route. Ils finirent par arriver à un premier barrage, que Snake fit sauter en tirant dans le réservoir d'un camion. Meryl passa et après quelques minutes, plus aucune surveillance ne se montra. Mais quand Snake regarda derrière, il sursauta en voyant la deuxième jeep les poursuivre, et une silhouette blonde à l'intérieur crier avec une voix totalement démentielle : - Snaaake ! Ce n'est pas encore fini ! Lança l'homme que Solid reconnut comme… - Liquid ! Une terrible combat démarra à nouveau entre les deux frères. Liquid Snake tirant avec son FaMas tout en conduisant, finit par toucher Solid Snake au bras. Les jeeps ayant la même puissance, Meryl n'arrivait pas à semer Liquid. Et quand elle aperçut la lumière du jour au bout du tunnel, elle accéléra au maximum, mais Liquid passa au dernier moment devant - Snake ! On va percuter ! Cria Meryl. Liquid venait en effet de braquer à gauche à l'endroit même de la sortie du tunnel, et le deux véhicules se rencontrèrent violemment, se retournant tous deux plusieurs mètres plus loin après quelques tonneaux. Quand ils ouvrirent les yeux, Snake et Meryl virent d'abord de la neige, puis la jeep de Liquid face à eux. Leur propre jeep au-dessus d'eux les empêchait de bouger. De la fumée s'élevait des deux véhicules. Il faisait jour. - Meryl, ça va ? Demanda Snake. - Ouais, juste un peu secouée, répondit la jeune femme. - Tu peux bouger ? Demanda Solid voyant que lui en était incapable.


- Inutile ! Je suis coincée ! - Qu'est-il arrivé à Liquid ? Demanda Snake ne voyant que le dessous de la jeep de son jumeau qui tenait debout sur la portière droite. - Je le vois pas non plus, s'inquiéta Meryl. - Liquid est mort… Se rassura Snake. Un bruit se fit alors entendre devant eux, venant de la jeep du deuxième Snake. Puis c'est un Liquid titubant et les yeux injectés de sang qui sortit des décombres son FaMas à la main. - Bon sang ! Jura Snake. - Snaaake ! Cria Liquid totalement fou. Il s'approchait lentement mais sûrement, alors que Solid et Meryl tentaient désespérément de se décoincer. Liquid soufflait à chaque pas, qui le faisaient souffrir énormément. Il boitait et marché courbé, à bout de forces. Arrivé à un mètre à peine des deux autres, Liquid répéta tout en pointant son FaMas : - Snaake… Il essayait de viser tant bien que mal, tremblant énormément, il était comme ivre, et fou. Il poussa alors un cri. Se tordant de douleur, regardant Snake avec des yeux de fou furieux, il tomba à genoux en criant : - Fo… Fox… - Die ! Acheva Snake surpris et inquiet car cela signifiait la fin de tout être ayant le même patrimoine génétique. FoxDie avait eu Liquid, qui s'effondrait maintenant à plat ventre, toujours regardant Solid dans les yeux, succombant à la simulation de crise cardiaque provoquée par le virus, gémissant et criant. Il tomba immobile, puis tenta une dernière fois, dans un dernier geste, te toucher Snake en tendant la main gauche vers lui, puis il lâcha, mort… Solid attendit quelques secondes, il attendait sa propre mort… Lui et Liquid avaient le même code génétique, il allait donc à son tour succomber à FoxDie… - Mais s'il meurt, ça veut dire… Commença-t-il. - Snake, ne dis rien, répondit Meryl. - Et le bombardement ? Dit Solid levant la tête. Pas d'avions furtifs en vue… Son codec sonna alors, et le serpent répondit.


- Snake, tu me reçois ? Demanda la voix du Colonel Campbell. - Colonel ! Lança Snake surpris. - Tu vas bien ? Demanda-t-il. - Colonel, que s'est-il passé ?! - Le secrétaire à la défense vient de partir à la retraite… Brusquement. - Arrêté ? Demanda Snake. - J'ai pu entrer en contact avec le président. Metal Gear, l'exercice, tout ça… Le Secrétaire à la Défense n'agissait que de son propre chef. - Tu parles d'un chef… Et qu'est-il arrivé à l'attaque aérienne et au bombardement ? - Les ordres ont été annulés. Les F-117 et les B-2 Spirits sont rentrés à la base. J'ai de nouveau toute autorité sur cette opération. - Je vois… - Washington n'est pas bête au point de lancer des bombes atomiques pour couvrir quelques secrets. - Moi, j'en suis pas si sûr… Répondit sombrement Snake. - En tout cas, le danger est passé… Merci, Snake. - Colonel, tu peux respirer. Meryl va bien. - C'est vrai ? Merci Snake ! Merci… Un long silence s'installa et Campbell le rompit : - Je suis désolé de t'avoir caché tant de choses… - C'est pas grave, Colonel. - Snake, je ne suis plus Colonel. - Ah ouais… C'est vrai, se rappela Snake. - J'ai un cadeau pour toi ! Annonça Campbell. Près de toi il y a une snowmobile. Mei Ling l'a détectée sur les photos satellites. Les glaciers ne bougent pas trop à cette période de l'année tu pourras donc l'utiliser pour sortir de là. Les types de la DIA et de la NSA ne s'attendaient sûrement pas à t'en voir sortir vivant…


- Remarque, moi non plus… J'ai intérêt à disparaître. - C'est déjà fait. Vous êtes officiellement morts tous les deux, noyés dans l'océan. - Il ne s'en est fallu que d'un cheveu. - Il y a aussi un hélicoptère qui vous attend sur l'île Fox. - Otacon, enfin le docteur Emmerich, se trouve quelque part sur la base… Fais-le ramener, demanda Snake. - C'est d'accord. Je m'en occupe. - Ok, Roy… Est-ce que ça va aller ? - T'inquiète pas. J'ai une police d'assurance… Une copie de toutes les données de Mei Ling. Alors toi, Mei Ling et moi, on n'a rien à craindre. - L'énergie contenue dans ces Nanomachines va bientôt s'épuiser. Ils ne pourront plus nous suivre. - Je suppose qu'on ne se verra plus… Dit Campbell avec regret. - Mais si… Je viendrai bien te rendre visite ! - Mais j'espère bien ! - Roy, dis-moi une chose… A propos de FoxDie. - Meryl n'a rien à craindre, elle ne faisait pas partie du programme. - Et moi ? S'énerva Snake. S'il a tué Liquid… - Naomi a dit qu'elle voulait en parler avec toi face à face, répondit Campbell. - Où est-elle ? - Ne t'inquiètes pas. Elle est avec Mei Ling. Je te la passe. - Snake, c'est moi… Dit la voix de Naomi. - Naomi… - J'ai appris… Pour mon frère… - Je suis désolé… Mais il voulait vous faire passer un dernier message. Il m'a dit de vous dire de l'oublier et de commencer à vivre votre propre vie…


Bien entendu c'était faux, mais Snake savait que le Frank Jaeger qu'il avait connu aurait voulu ça… Et il refusait de salir la mémoire de son ami en disant à Naomi la vérité que Fox voulait qu'elle connaisse. Cette vérité terrible qui est qu'il est l'auteur du meurtre des parents de celle qu'il a toujours considéré comme sa petite sœur. - Frank… A dit ça ?! Dit Naomi les larmes aux yeux. - Ouais, il a dit aussi qu'il vous aimerait toujours. Naomi, sachez que votre frère vous a sauvé, vous, moi, et le monde entier, continua Snake voulant valoriser la personne la plus importante pour Naomi afin de lui rappeler qu'elle doit vivre malgré tout. Il s'est battu avec chaque grain d'énergie qu'il avait. - Peut-être… Peut-être a-t-il enfin trouvé la paix… Il n'était plus vraiment mon frère… Depuis qu'il s'était battu avec vous à Zanzibar, il n'était plus qu'un fantôme… A la recherche d'un lieu pour mourir. - Naomi, Liquid a succombé à FoxDie. Est-ce que moi aussi je vais en mourir ? Demanda Snake. - Ca dépend de vous. - Qu'est-ce que vous voulez dire ? - Chacun de nous meurt quand il est temps… - Ah ouais ? Et c'est quand mon temps ?! S'énerva Snake. - Vous décidez de ce que vous faites pendant ce laps de temps. Vivez, Snake… C'est tout ce que je voulais dire… Solid sortit de la jeep après s'être débattu tout le temps de la conversation codec puis il aida Meryl. Naomi continuait à parler alors que Snake écoutait, contournant avec la nièce du colonel le cadavre de Liquid puis prenant la route pour descendre vers la snowmobile. - Nous avons tous notre destin gravé dans notre code génétique. C'est un fait… C'est inchangeable… Immuable… Mais je viens enfin de réaliser que la vie ne se limite pas qu'à ça. Je vous l'ai déjà dit. Je me suis intéressée aux gênes et à l'ADN parce que je voulais savoir qui j'étais. D'où je venais. Je pensais que l'analyse de mon ADN pourrait révéler qui j'étais, qui étaient mes parents. Et je pensais que cette information m'indiquerait une direction pour ma vie. Mais j'avais tort. Je n'ai rien trouvé. Et je n'ai rien appris. C'est exactement comme pour les soldats génomes. L'implantation d'informations génomiques ne fait pas de meilleurs soldats. En fait, l'ADN ne révèle que ce qui régit le potentiel de force d'un individu. Sa destiné potentielle… Il ne faut pas s'enchaîner à sa propre destinée… Se laisser dominer par ses gênes. Les humains ont la possibilité de choisir leur vie… Snake, que tu sois ou non dans le programme FoxDie n'a pas d'importance. Ce qui est important, c'est que tu as choisi la vie… Alors… Vis ! Tu ne crois pas, Snake ? Ne t'inquiètes pas, moi aussi j'ai choisi de vivre. Jusqu'à aujourd'hui je cherchais une raison de vivre. Maintenant, je


vais juste… Vivre ! Les gênes n'existent que pour transmettre nos espoirs, nos rêves vers le futur par nos enfants. Mais ils ne sont qu'une partie de nous. Nous pouvons nous connecter au futur en vivant. La vie, c'est notre lien avec le futur. Ça marche comme ça. En nous aimant, en apprenant… Voilà comment on peut changer le monde. Je viens enfin de comprendre le vrai sens de la vie. Snake, merci ! Tout le temps de ce beau discours de Naomi, Meryl et Snake avaient eu le temps de s'installer sur la snowmobile. - Regardes, j'ai trouvé ça ! Dit Meryl en tendant un bandana bleu, quasiment identique à celui de Snake, mais en plus long. - Gardons-le, proposa Snake. En souvenir. - En souvenir d'une mission réussie ? Ou… Du moment où on s'est rencontrés ? - Un mode d'emploi de la vie. - Hein ? Fit Meryl. - Jusqu'à présent, je n'ai jamais vécu que pour moi-même. J'avais fait de ma survie le but unique de ma vie. - Tu n'es pas le seul… On est tous pareil. - Je ne me sentais vivant qu'en fixant la mort bien en face. Vas savoir… C'était peut-être écrit dans mes gênes. - Bon… Et pour la suite, elles te disent quoi, tes gênes ? - Peut-être que je dois vivre pour quelqu'un d'autre… Quelqu'un comme toi. Peut-être est-ce la vraie vie. Meryl dévisagea Snake, qui en faisait autant. - Bon, Snake, on va où ? Demanda-t-elle. - David… Je m'appelle David… Répondit Snake. - Ok… Alors… Dave, on va où ? - Hm… C'est le moment de prendre une autre direction… Un autre but, répondit Snake fixant l'horizon face à lui. - On va le trouver ? - Je crois, oui…


- C'est quoi ça ?! Demanda Meryl surprise en pointant le doigt droit devant elle. - Des caribous, répondit Snake regardant vers les deux animaux. Pour les Aleutiens, c'est le symbole de la vie. Le printemps sera bientôt là… - Pour nous aussi, remarqua Meryl. - Ouais… Tout se renouvelle au printemps. C'est le temps de l'espérance. Ça fait longtemps que je vis ici… Mais l'Alaska ne m'a jamais parue aussi belle… Le ciel, la mer, les caribous… Et surtout… Toi… - J'ai dans l'idée que je vais aimer cette vie, répondit Meryl, charmée. - Allez… Si on vivait un peu… ? Proposa Snake, démarrant la snowmobile et partant, laissant derrière lui Shadow Moses, Meryl accrochée à lui, vers l'horizon et vers une nouvelle vie… Pendant ce temps, la voix de Revolver Ocelot, déjà loin d'ici, discute au téléphone… - Oui Monsieur… L'entière unité a été balayée… Oui… Oui Monsieur… Oui ! Ces deux là sont en vie. Le vecteur ? Oui Monsieur… FoxDie va s'activer très bientôt… Comme prévu ! Oui Monsieur j'ai récupéré les données de l'exercice sur la tête factice de Rex… Non Monsieur. Ils ne savent toujours pas qui je suis vraiment. Oui, le chef du Darpa connaissait mon identité, dit-il avec un rire nerveux, mais ce n'est plus un problème. Oui, finalement, c'est l'inférieur qui a gagné. C'est exact ! Jusqu'à la fin, Liquid a toujours cru qu'il était l'inférieur. Oui Monsieur, je suis d'accord. Pour diriger le monde libre, on a besoin d'un individu aussi… Equilibré que vous. Non… Non, personne ne sait que vous êtes le troisième Enfant Terrible… Solidus. Que voulez-vous que je fasse de la fille ? Bien Monsieur… Je la garde sous surveillance. D'accord… Merci. Au revoir… Monsieur le Président… Nous apprenons donc qu'Ocelot roulait pour le Président, qui est en réalité un second frère de Solid Snake. La fille dont ils parlaient, peut-être est-ce Naomi, ou Meryl… Mais sans doute Naomi. Snake n'avait pas les gênes les plus forts contrairement à ce que croyait Liquid… C'est Solid la poubelle génétique, mais contrairement à Liquid, il n'avait que faire de ce à quoi ressemblaient ses gênes. Cela prouve bien la morale de cette histoire : il ne faut pas se laisser dominer par ses gênes.

Roy Campbell apprit par la suite que Meryl est en réalité sa fille. Il le découvre dans une lettre de la veuve de son frère Matt Campbell. Nous ne savons pas s'il l'a annoncé à Meryl. Solid Snake et Meryl vécurent quelques mois ensembles, mais Meryl finit par le quitter parce qu'il s'occupait plus de ses huskies que d'elle. Ocelot vendit les données de Metal Gear au marché noir, et ainsi des tonnes de modèles firent leur apparition


Snake et Otacon devinrent de très bons amis et montèrent ensembles l'association Philanthropie, qui a pour but d'identifier et d'éliminer tous types de Metal Gear.


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