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Jean-Claude Richard
Après une longue carrière comme camionneur longue distance, Jean-Claude Richard a trouvé une nouvelle passion dans le transport de béton. (Photo: courtoisie)
Jean-Claude Richard (Photo : courtoisie)

Second souffle
Le transport de béton a redonné à Jean-Claude Richard la passion du camionnage. Par Steve Bouchard
Dans la nuit du jeudi 4 au vendredi 5 septembre 2014, Jean-Claude Richard revenait d’un long séjour dans les Maritimes et s’en allait faire une livraison à Plattsburgh. À 23 h, il a subi une crise de panique. Se sentant étouffer, ne «voyant plus clair», il est sorti de son camion et est parti marcher une partie de la nuit pour reprendre ses esprits.
«Ça ne m’était jamais arrivé. J’ai réussi à passer à travers ma nuit. J’ai fait ma livraison à Plattsburgh et je suis revenu directement chez moi, à Saint-Éphrem (en Beauce)», se rappelle-t-il. Croyant à un mal de gorge étant donné l’étouffement, un médecin lui a prescrit un sirop avec codéine qui l’aidait à dormir. Tout s’est bien passé pendant une semaine puis, dans la nuit du 14 au 15 septembre, nouvelle crise de panique.
«Ce fut ma dernière journée de travail comme camionneur longue distance», se désole Jean-Claude Richard.
«J’ai consulté un psychiatre, des psychologues. Je ne me voyais plus au volant d’un camion. J’étais en burn-out.»
En septembre 2015, à 58 ans, il s’est inscrit à un cours de soudure où il réussissait très bien mais, quatre mois plus tard, il a quitté. «Je n’étais plus capable, je dormais dans mes cours à cause de mes médicaments.»
Grâce à sa compagnie d’assurance, Jean-Claude a pu bénéficier des services d’une ergothérapeute. Elle lui a demandé s’il aimerait retourner s’assoir dans un camion. «Pas conduire, juste m’asseoir. Elle m’a demandé ensuite si je serais capable de retourner conduire un camion, mais localement.»
Il a roulé pendant un mois avec un ami camionneur, Jacques Vaillancourt. «C’est comme ça que j’ai repris goût au camionnage. Jacques m’a parlé de Béton de l’Amiante, une usine de Béton Provincial à Black Lake, et c’est là que j’ai recommencé.» Cela fait maintenant
quatre ans.
Jean-Claude Richard a retrouvé la passion du camionnage.
«Ce que j’aime de ce métier, c’est qu’on participe au succès de la recette du béton», explique-t-il.
Le camionneur occupe en effet un rôle de premier plan. Il doit être en mesure d’évaluer si le béton qui est malaxé dans la cuve correspond au produit qu’il doit livrer au client, notamment en ce qui a trait à l’affaissement.
Sans aller trop loin dans les détails techniques, disons que l’affaissement est mesuré avec un cône d’Abrams sur le béton de ciment frais pour déterminer sa consistance. Lorsque le cône est enlevé, le béton ne doit pas s’affaisser au-delà d’une hauteur prescrite.
«Le béton que l’on livre doit avoir un affaissement de 80 mm (quatre pouces), plus ou moins. Le camionneur a un rôle à jouer dans la qualité du produit. Lorsque le mélange de pierre, de sable, de poudre de ciment et d’eau est versé dans la cuve du camion-bétonnière, le camionneur doit regarder et écouter pour savoir si le béton est adéquat. Il doit pouvoir visuellement confirmer que la consistance est la bonne.»
Jean-Claude Richard se souvient très bien de ses premières expériences d’évaluation de l’affaissement.
«J’étais nerveux. On me disait : ‘‘écoute la vague dans le malaxeur, cela va te donner une bonne idée de l’affaissement’’. J’ai appris à comprendre le béton à l’oreille. Et il faut que tu surveilles tes cadrans aussi.»
Si un mélange n’est pas à point, on pourra l’ajuster. «C’est le camionneur qui avise la personne responsable du dosage selon ce qu’il voit sur le cadran et ce qu’il entend. Quand tu sens qu’il y a une vague normale dans le malaxeur, tu as une bonne idée que tu es dans la bonne consistance», de dire JeanClaude.
Et les bétons ne sont pas tous pareils.
«J’ai livré du béton à l’étalement pour la construction d’un pont. On parle d’un affaissement de 675 à 750 millimètres. C’est clair comme de l’eau. Il faut éviter que le béton ne contienne trop d’air, ce qui est arrivé avec mes trois premiers voyages. Il est possible d’ajouter du liquide modificateur de viscosité sur le chantier, mais j’ai eu l’idée de ralentir la rotation de la cuve au minimum et le niveau d’air était parfait ensuite.»
Jean-Claude Richard a commencé une nouvelle carrière dans le camionnage à 59 ans et a découvert un secteur dans lequel il s’épanouit et qui le fascine.
«Le béton, c’est le seul matériau qui va avoir changé entre l’usine et sa destination. Le chauffeur a une responsabilité sur l’intégrité du produit. C’est un travail motivant, c’est un gros métier qui prend du jugement et du doigté», souligne-t-il.
«J’ai découvert un autre type de transport, un transport qui m’a donné un second souffle de vie. Et je remercie mes confrères de travail de m’avoir aidé à réussir ma seconde carrière.» TR
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