Croisements 25 web

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Croisements lʼactualité de lʼopéra national du rhin

n°25 sept nov 2016



édito Contacts Opéra national du Rhin 19 place Broglie • BP 80320 67008 Strasbourg cedex 8 +33 (0)3 68 98 51 80 onr@onr.fr Billetterie Strasbourg 0 825 84 14 84 (0,15 € /min) Mulhouse +33 (0)3 89 36 28 28 Colmar  +33 (0)3 89 20 29 02 Billetterie en ligne operanationaldurhin.eu

Directeur de la publication Marc Clémeur Responsable de la rédaction Mélanie Aron Conception graphique et secrétariat de rédaction Flora Klein - OnR Impression Ott Imprimeurs Journal imprimé à 18 000 exemplaires ISSN : 2103-981X Licences 2-1055775 et 3-1055776 Couverture et p .3 : photos Nis&For

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Pour mon ultime saison à la tête de l’OnR, je continue la politique artistique mise en place et développée depuis 7 ans. Ainsi retrouverons-nous l’un des amis fidèles de la Maison, Robert Carsen, après sa magnifique production de Don Carlo, pour The Turn of the Screw de Britten à la rentrée et La Petite Renarde ˇ rusée de Janácek à Noël. Autre tradition qui m’est chère, la programmation d’ouvrages contemporains : aussi verrons-nous la création mondiale de Mririda d’Ahmed Essyad, histoire d’une femme rebelle dans un Maroc en guerre. Puis nous gagnerons en légèreté, avec un titre enivrant et joyeux, L’Elisir d’amore, mis en scène par Stefano Poda. Le Ballet propose la création de ... Cupidon s’en fout : le chorégraphe étienne Béchard construit une fable contemporaine, qui interroge les rapports humains au regard de la société. La saison de récitals s’annonce impressionnante. Retrouvons Christopher Maltman autour du thème du soldat et Max Emanuel Cencic autour des derniers castrats : deux rendez-vous incontournables ! Concerts apéritifs, activités jeune public, événements Fidelio, dîners des initiés, croisements au sein de la Grande Région : l’OnR poursuit sa route au service du public, de tous les publics, dans une recherche de bonheur et d’excellence artistique et musicale. Bel été à tous, et rendez-vous en septembre !

Marc Clémeur Directeur général


16 17

ouverture billetterie

image AS Tschiegg / E Sanchez

> Strasbourg, Mulhouse 6 sept > Colmar 13 sept

du rhin

operanationaldurhin.eu opĂŠra d'europe


L’Opéra national du Rhin remercie l’ensemble de ses partenaires, entreprises et particuliers, pour leur confiance et leur soutien

mécènes Banque CIC Est Cabinet AURIOL Cercle Richard Wagner EY Galeries Lafayette Groupe Yannick Kraemer Réseau GDS Rive Gauche Nexoffice

sommaire 6

marc clémeur saison 16-17

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16-17 danse la folie créatrice !

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The Turn of the Screw de l’innocence à la perversion

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Mririda l’écho d’une poétesse insoumise

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LʼElisir dʼamore amour et supercherie

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... Cupidon sʼen fout société 3.0

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Récitals Christopher Maltman Max Emanuel Cencic

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Concerts apéritifs Shakespeare en musique The Naked Voice

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Jeune public roulez jeunesse !

24

Dîners sur scène retour sur l’édition 2015-2016

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Fidelio une association en mouvement

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16-17 opéra studio

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La presse en parle Das Liebesverbot Don Carlo Casse-noisette

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Calendrier

Partenaires Advisa Café de l’Opéra Cave de Turckheim Champagne Nicolas Feuillatte Chez Yvonne Cinéma Odyssée Cinéma Vox CRT Alsace CTS Farrow&Ball Hôtel Cathédrale Kieffer Traiteur Lagoona Le Pont des Vosges Librairie Kléber Musée Würth France Erstein Uber Parcus Wattwiller Weleda

de haut en bas : photos DR, Nis&For, Klara Beck

Partenaires médias ARTE Coze Culturebox Dernières nouvelles d’Alsace France 3 Alsace France Bleu Alsace France Musique L’Alsace Mezzo My Mulhouse Qobuz.com Radio Accent 4 Radio FIP Strasbourg Radio Judaïca RTL2 Rue89 Strasbourg Szenik.eu The Opera Platform

Les membres de Fidelio Association pour le développement de l’OnR

Avec le soutien du ministère de la Culture et de la Communication Direction régionale des affaires culturelles d’Alsace Champagne-Ardenne Lorraine, de la Ville et Eurométropole de Strasbourg, des Villes de Mulhouse et Colmar, du Conseil régional d’Alsace Champagne-Ardenne Lorraine et du Conseil départemental du Haut-Rhin


Marc Clémeur Mélanie Aron Quels sont les grands axes de votre programmation 16-17 ? Marc Clémeur Je poursuis la politique artistique mise en place il y a 7 ans, avec notamment la programmation d’ouvrages français rares. Nous proposons La Juive d’Halévy, un des ouvrages majeurs du XIXe siècle, au thème très actuel, l’antisémitisme. Le rôle-titre, celui du père, un rôle de ténor – configuration assez inhabituelle –, est très difficile à distribuer. Rôle fétiche de Neil Shicoff, personne d’autre n’osait le chanter ! Il sera interprété chez nous par Roberto Saccà, dans une mise en scène de Peter Konwitschny, connu pour ses relectures parfois très osées. Ce dernier a trouvé une solution magnifique pour opposer les Juifs aux Chrétiens qui se disputent dans l’œuvre. Ce sera pour moi l’un des temps forts de la saison ! Pour prolonger le grand succès du cycle Janácek, nous reprenons La Petite Renarde rusée, ˇ dans la magnifique mise en scène de Robert Carsen, avec une toute autre distribution. La saison s’ouvrira avec la création mondiale de Mririda, du compositeur franco-marocain Ahmed Essyad. Mririda a vraiment vécu dans les années 1920 dans le Haut Atlas : poétesse, chanteuse et prostituée, elle savait par son chant apaiser les guerriers et calmer les esprits. Une belle image pour ouvrir la saison, et montrer que, dans des temps aussi agressifs que ceux que nous vivons, l’opéra peut jouer un rôle de temporisateur. Britten est absent de nos scènes depuis longtemps : aussi allons-nous donner The Turn of the Screw, un autre ouvrage au sujet délicat, l’abus sexuel des enfants, traité par la suggestion et non par l’évocation, et mis en scène par mon ami Robert Carsen. Je n’ai pas programmé énormément d’opéras baroques pour l’OnR, car c’est un genre que je trouve un peu « surjoué » ces dernières années. Cette saison ce sera La Calisto, une comédie dans laquelle Jupiter se déguise en pleins d’autres personnages pour séduire cette jeune et belle Calisto, au grand désespoir de Junon. L’opéra sera dirigé par Christophe Rousset et mis en scène par Mariame Clément, à qui on doit entre autres pour l’OnR la magnifique mise en scène de Platée dont tout le monde se souvient. Nous présentons également une nouvelle production de Salomé, ouvrage majeur de Richard Strauss, mis en scène par Olivier Py. Je vous annonce une mise en scène très inhabituelle, un peu scandaleuse… Rien d’étonnant pour une œuvre elle-même scandaleuse ! Nous assisterons à la prise de rôle en Salomé d’une jeune finlandaise, Helena Juntunen, déjà remarquée dans Der ferne Klang. Au programme également deux opéras italiens très populaires : L’Elisir d’amore, une très belle comédie de Donizetti, dans laquelle nous aurons deux très grands chanteurs dans les rôles principaux : Ismaël Jordi en Nemorino et Danielle de Niese en Adina. Stefano Poda, jeune metteur en scène italien, fera ses débuts en France à cette occasion. Pour clôturer la saison j’ai choisi deux opéras très populaires, souvent programmés en couple, Cavalleria rusticana et Pagliacci, mis en scène par Kristian Frédric, dont nous avons en mémoire le travail réalisé sur Quai Ouest d’après Koltès. À la baguette nous retrouverons Daniele Callegari, devenu le maestro italien de la Maison !

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Huitième et ultime saison à lʼOnR pour Marc Clémeur. Rencontre et tour dʼhorizon.

L’Opéra Studio réjouira petits et grands avec une reprise de Blanche-Neige, mise en scène par Waut Koeken, qui avait reçu le prix de la critique à sa création. Nos jeunes chanteurs s’illustreront également dans Il signor Bruschino, ouvrage comique de Rossini, en version semi-scénique. M. A. La découverte de jeunes chanteurs est l’un de vos sujets de prédilection. Quelles sont vos grandes fiertés ? M. C. À l’OnR existe un Opéra Studio, l’un des derniers en France, dans lequel nous travaillons à la formation de jeunes chanteurs. Plusieurs anciens «  élèves  » issus du Studio sont devenus des chanteurs remarquables, faisant une vraie carrière de solistes. Pour n’en citer qu’une, je parlerai de Eve-Maud Hubeaux, qui réalise aujourd’hui un très beau parcours. Elle a chanté chez nous Pauline (La Dame de pique) en 2015, interprètera Andromaca (Hermione de Rossini) et Brangäne (Tristan und Isolde) à l’Opéra de Lyon, puis Margret (Wozzeck) à l’Opéra de Paris en 16-17. Eve-Maud est une mezzo dramatique à la carrière déjà bien engagée, et qui n’a pas fini de faire parler d’elle ! Dans nos productions à venir, on trouve de jeunes chanteurs à l’avenir prometteur, comme Helena Juntunen à qui j’ai confié sa première Salomé, Elena Tsallagova qui interprétera deux rôlestitre en une saison (La Petite Renarde et Calisto), le ténor Italien Stefano La Colla qui sera aussi bien Turiddu que Canio dans Cav / Pag, ou Brigitta Kele qui chantera Nedda dans Pagliacci. Des noms à retenir ! M. A. Le public de l’OnR est fidèle aux saisons de récitals. Quels artistes entendrons-nous cette année ? M. C. Strasbourg occupe une position unique en France et en Europe en matière


Photo OnR

de récitals. Notre public est non seulement très cultivé mais aussi très attentif. Les grands compositeurs de lieder, c’est un fait, sont germanophones. La double culture et la germanophilie du public, la connaissance de ce répertoire germanique sont ici remarquables, et créent une atmosphère unique. Nos statistiques de remplissages sont d’ailleurs supérieures à celles des autres théâtres. Nous accueillons toujours de grands noms. La saison prochaine, nous avons demandé aux chanteurs de travailler autour d’un thème, qui servira de fil conducteur à chacune de ces soirées. Ainsi nous entendrons Christopher Maltman autour du thème du soldat, le contre-ténor Max Emanuel Cencic autour des derniers castrats et Stéphane Degout – qui a chanté son premier Hamlet chez nous, et fait aujourd’hui une très grande carrière – autour de la thématique des rêves. Karita Mattila parlera d’Amours interdites, et Anna Caterina Antonacci, dont tout le monde se souvient de la magnifique Pénélope, interprètera La Voix humaine de Poulenc. M. A. L’OnR se situe « au carrefour de l’Europe ». Que cela veut-il dire en termes de stratégie et comment est structuré votre public aujourd’hui ? M. C. L’une de mes grandes satisfactions est d’accueillir un public de plus en plus cosmopolite. 20 % de nos spectateurs viennent de l’étranger, principalement d’Allemagne et de Suisse. C’est géographiquement logique, puisque le syndicat intercommunal se trouve à la croisée des frontières. Nous y avons beaucoup travaillé, notamment en introduisant les surtitrages bilingues pour tous les spectacles. Aucune autre maison française ne peut toucher le public de trois pays comme nous le faisons : c’est pour cela qu’à mon arrivée, j’ai ajouté la mention « Opéra d’Europe » à notre logo. L’OnR se trouve au carrefour de l’Europe, à un croisement, qui est d’ailleurs le nom de notre revue !

Wolf Ferrari, toute une série d’œuvres basées sur les contes de fées, des versions adaptées aux plus jeunes, avec dans la fosse une petite formation orchestrale afin de faciliter la mobilité des productions. Nous avons par exemple joué plusieurs années au théâtre de l’Athénée à Paris, et avons reçu pour certaines de ces productions des prix de la critique. Je suis très heureux de savoir que dans le futur Eva Kleinitz va poursuivre cette ligne, car je crois que c’est le bon moyen d’attirer des enfants à partir de 5 ans et d’éveiller la curiosité du public de demain. Notre service jeune public joue un rôle très important : il accueille, par le biais de parcours pédagogiques, environ 1  000 groupes scolaires de plus jeunes et d’adolescents par saison dans les trois villes du syndicat intercommunal. Ainsi, nous pouvons être fiers de compter 30 % de moins de 26 ans dans nos salles, un record français, voire européen.

M. A. Comment se caractérise votre politique d’ouverture aux jeunes ? M. C. Depuis mon arrivée, j’ai programmé chaque saison un opéra pour enfants, avec les chanteurs de l’Opéra Studio. J’ai été moi-même étonné du succès rencontré. Certains spectacles ont été joués jusqu’à 35 fois, dans le cadre de représentations scolaires mais aussi tout public. Chacune de ces œuvres a été une création en France, car si les compositeurs sont connus, les œuvres elles-mêmes sont souvent inconnues. Nous avons donné Aladin et la lampe merveilleuse de Nino Rota, Ali Baba ou les Quarante Voleurs de Luigi Cherubini, Le Chat botté de César Cui, Blanche-Neige de Marius Felix Lange, La Belle au bois dormant d’Ottorino Respighi, Cendrillon d’Ermanno

M. A. Comment s’articule la relation entre Fidelio, l’association des amis de l’OnR, et l’OnR lui-même ? M. C. À mon arrivée j’ai réformé l’association existante, rebaptisée Fidelio. Elle accueille les contributions de ses membres et des entreprises mécènes, et ce travail est très important. C’est une aide indispensable aux activités de l’OnR. J’ai développé le champ d’action de l’association en introduisant le

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concept des Dîners sur scène. La huitième édition vient d’avoir lieu, et comme chaque année nous avons affiché complet. 900 personnes ont ainsi dîné sur la scène de l’Opéra et ont pu assister à un spectacle avec notamment les Chœurs et l’Opéra Studio de l’OnR. Une expérience unique pour le public : être là où se trouvent normalement les artistes  ! Les fonds recueillis sont une aide indéniable en des temps où les subventions sont globalement revues à la baisse et où la culture a besoin de chercher d’autres sources de revenus. M. A. Quoi de neuf pour les entreprises ? M. C. Une autre nouveauté sont les Dîners des initiés. Depuis cette saison le concept prend son envol. Dans un salon rénové ou dans la salle des chœurs, nous accueillons entreprises et particuliers pour des soirées inédites. Une visite des coulisses, une présentation de l’ouvrage et un dîner avant le spectacle pour un moment unique et des souvenirs inoubliables. M. A. Comment s’organise la collaboration entre les quatre maisons d’opéra du Grand Est ? M. C. Dès que la grande région a été officialisée, les directeurs des quatre

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Opéras du Grand Est se sont réunis afin d’amorcer débats et réflexions à présenter aux instances politiques. L’objectif était de trouver des solutions de collaboration entre les quatre maisons. Les débats ont été riches et ont abouti à d’autres réunions entre les directeurs techniques, administratifs et de la communication pour développer des projets communs. Nous sommes convaincus qu’il ne serait pas pertinent de présenter trop de coproductions entre les maisons : on perdrait une partie de notre public si on présentait toujours les mêmes spectacles à si peu de distance. Mais on peut imaginer des coproductions sur des œuvres plutôt rares ou sur des productions plus petites comme notamment les opéras pour enfants réalisés par notre Opéra Studio. Il faut comprendre que les tailles des scènes sont très différentes et n’ont pas celle de l’Opéra de Strasbourg ou de La Filature à Mulhouse. Les petites productions seraient les plus aptes à s’adapter à tous les lieux. Un autre point évoqué sont les lieux de stockage des décors. On a tendance à démanteler très vite les productions par manque de place. Or près de Metz se trouve un grand terrain militaire, une ancienne base aérienne, qui pourrait accueillir, outre les hangars dédiés au stockage, un « magasin » d’éléments de

<< Platée mise en scène Mariame Clément direction musicale Christophe Rousset saison 2009-2010 nouvelle production Photo Alain Kaiser

Don Carlo >> mise en scène Robert Carsen direction musicale Daniele Callegari saison 2015-2016 nouvelle production Photo Klara Beck


décors, un stock mutualisé en quelque sorte. Enfin, nous sommes l’une des seules Maisons de France à accueillir un Opéra Studio, au sein duquel évoluent huit chanteurs et deux pianistes chefs de chant. L’idée serait d’agrandir le Studio pour créer une troupe de jeunes chanteurs qu’on pourrait distribuer dans les productions des quatre Maisons. Dans d’autres domaines comme la communication par exemple, ont été mis en place des systèmes de réductions, d’échanges et de partage d’informations. M. A. Quelles sont les productions dont vous êtes le plus heureux ? M. C. Un de mes projets majeurs pour l’OnR était le cycle ˇ Janácek, et pour moi les trois nouvelles productions mises en scène par Robert Carsen, De la maison des morts, L’Affaire Makropoulos et La Petite Renarde rusée sont des réussites majeures pour notre Maison. Je pense aussi au grand succès de Platée de Rameau dans la mise en scène de Mariame Clément, aux Huguenots mis en scène par Olivier Py et très récemment je pense à la nouvelle production de Don Carlo mise en scène par Robert Carsen. C’est un spectacle qui ne répond pas aux critères de la majorité des médias français, axés principalement sur les critères vocaux. Nous sommes axés sur les critères européens, c’est-à-dire sur un message à donner, pour toucher un public plus large et plus jeune. Le message de Don Carlo est que le fanatisme religieux est intemporel, mais notre mise en scène ne tombe pas dans la transposition réductrice et la mise en scène reste suggestive. L’aspect théâtral est aujourd’hui primordial si on veut que le public réponde présent, plus que la couleur de telle basse ou la précision de telle soprano. Ces dernières considérations sont aujourd’hui secondaires et démodées. M. A. Quel est le rôle de l’opéra en tant que genre dans notre société ? M. C. Le chant a un pouvoir qu’aucune autre forme d’art ne peut avoir. Il n’y a rien de plus humain que le chant, parce que le corps en est lui-même l’instrument. Le corps humain et le chant peuvent vous toucher directement au cœur sans passer par le cerveau comme le font par exemple la langue parlée ou d’autres formes d’art. Le chant, et ceci est valable aussi pour toutes formes de musiques, touche au plus profond de l’être. L’opéra montre des individus dans des situations tristes, agressives, comiques, de violence ou d’amour : tous les aspects de la vie humaine sont touchés et atteints par le chant. Par la catharsis, il ouvre une dimension d’apaisement, d’émerveillement, de rêve, de guérison, et peut être une aide et une inspiration pour surmonter les moments difficiles de notre existence et à traverser les temps difficiles que nous vivons aujourd’hui. M. A. Avez-vous un message pour votre successeur ? M. C. Je suis très heureux du choix d’Eva Kleinitz pour assurer ma succession. C’est une femme de grande expérience qui continuera à développer la ligne internationale de cette Maison. Comme moi, elle n’est pas française, parle plusieurs langues, et possède une expérience dans des Maisons européennes de pays différents. M. A. Ce que vous souhaitez à l’OnR dans un avenir proche ? M. C. Je souhaite à ce grand Théâtre de Strasbourg une belle réhabilitation. Je pense que le Théâtre doit rester au centre-ville et ne pas s’excentrer. La plupart des grandes villes européennes ont choisi la réhabilitation de leur opéra par le biais d’extensions et de rénovations. Nombre de spectateurs notamment d’outre-Rhin soulignent la beauté des salles à l’italienne, qui en raison de leur forme en demi-cercle, confèrent au public une grande proximité avec la scène, contrairement aux salles frontales. Pour de vraies représentations d’opéra dans une vraie maison d’opéra, il faut chouchouter ce joyau ! Car ce lieu est un vrai atout pour notre ville, et attirera encore plus de monde quand il sera rénové. Propos recueillis par Mélanie Aron le 21 juin 2016. marc clémeur • 9


Le Rouge et le Noir

Susie Buisson

Le propos > Après Die Schöpfung en 13-14, le Ballet de l’OnR s’intéresse à nouveau à Uwe Scholz, génie de la danse néo-classique. Le Rouge et le Noir, grand ballet narratif, a été créé en hommage à John Cranko au Zürcher Ballet, en 1988. Uwe Scholz s’inspire alors d’un des plus grands romans de la littérature française, Le Rouge et le Noir de Stendhal, et adapte les aventures de Julien Sorel, jeune homme rêveur dont l’ascension sociale se révèle plutôt être une descente aux enfers… Depuis, l’œuvre a fait le tour des plus grandes maisons de danse en Europe : Vienne, La Scala, Dresde…

... Cupidon s’en fout

création

Le propos > Dans une petite communauté ordinaire, vivent des citoyens dociles, disciplinés et responsables. Obéissant aux dynamiques sociales qui ont façonné leur existence, ils ont incorporé à la perfection ce que leur environnement attendait d’eux. Très fidèles à la triple autorité qui les gouverne (le maître d’école, le patron d’entreprise et le médecin), ils paraissent avoir perdu toute part d’insoumission et de résistance. Pourtant, des bruits sourds commencent à déstabiliser cette microsociété jusqu’alors parfaitement cadenassée. Avec …Cupidon s’en fout, Étienne Béchard explore avec humour et tendresse ce que notre existence doit à notre conditionnement. Pour créer, il se nourrit à la fois des danseurs du Ballet de l’OnR et des quatre danseurs-interprètes de sa propre compagnie, Opinion Public. Comédie, arts plastiques, influences circassiennes… Une véritable interdisciplinarité se déploie dans ce programme qui s’annonce détonnant !

Le mot d’Ivan Cavallari > Pour remonter ce chef-d’œuvre de la littérature française, j’ai souhaité fédérer une équipe de production entièrement française. Chacun porte en lui ce roman de Stendhal, d’une manière ou d’une autre, car il fait partie de la culture et de l’histoire de la France. Les nouveaux décors sont signés par Philippe Miesch, venu il y a deux saisons pour La Strada ; les costumes sont créés par Thibaut Welchlin et la lumière par Maryse Gautier, qui a dernièrement participé à Casse-noisette. Aucune compagnie en France n’a à son répertoire cette pièce, pourtant prodigieuse. La remonter, c’est faire vivre et connaître l’admirable talent d’Uwe Scholz au public français.

Le mot d’Ivan Cavallari > Étienne Béchard, issu du Ballet Béjart de Lausanne, est un chorégraphe au grand talent et, surtout, un artiste très courageux qui, malgré son jeune âge, a déjà fondé sa propre compagnie, Opinion Public. C’est une collaboration pleine de promesses. Étienne Béchard a ici l’occasion de créer un programme long – environ 1 h 15 – et de se confronter à une autre compagnie que la sienne, qui plus est une compagnie d’une trentaine de danseurs ! C’est un beau moyen pour le Ballet de l’OnR de soutenir la création par des chorégraphes émergents et de porter sur le devant de la scène une danse très actuelle. > du 5 nov au 5 mars 10 • 16-17 danse

Marwik Schmitt

> du 11 au 29 janv

16 17 danse


Constellations

Le propos > Pour finir, un programme mixte : trois pièces contemporaines, trois chorégraphes dans le vent  ! Sébastien Perrault d’abord, interprète d’Olivier Dubois, avec Le Vaste Enclos des songes et une danse contemporaine exigeante, éprouvante. Suivra Douglas Lee avec Ophelia Madness and Death, directement inspirée d’Hamlet de Shakespeare, et le grand Ed Wubbe avec une création, Dans le ciel noir, sur une musique d’Antonio Vivaldi. Pour cette soirée, le Ballet de l’OnR sera accompagné par l’Orchestre symphonique de Mulhouse, dirigé par Wolfgang Heinz, et les artistes de l’Opéra Studio.

la folie créatrice ! Pour le Ballet de l’OnR, 16-17 sera une saison haute en couleurs et en créations ! Tour d’horizon.

Genesis II

Le mot d’Ivan Cavallari > Cette soirée sera saupoudrée d’un petit grain de folie ! Ed Wubbe est un chorégraphe à la réputation mondiale, qui a maintes fois été récompensé par des prix prestigieux. De nombreuses autres disciplines nourrissent son travail et chacune de ses pièces est inattendue ! C’est un grand privilège de l’accueillir au Ballet de l’OnR pour une création. Son univers, très contemporain, fera écho à celui de Sébastien Perrault, qui promet une création forte et prenante, ainsi qu’à celui de Douglas Lee. De la danse, un orchestre, les voix sublimes des artistes de l’Opéra Studio… c’est un spectacle total qui viendra clôturer la saison !

jeunes chorégraphes

> du 31 mai au 25 juin

Renjie Ma

Photos Nis&For

Le propos > Quelle est la recette idéale pour créer ? Une touche de folie, un élan d’inspiration, un chagrin furtif  ? Les danseurs du Ballet de l’OnR prennent les rênes et vous emportent dans leurs univers. À leur tour d’imaginer, de créer… Solo, duo, danse de groupe, humour, frissons, émotions. Genesis II est un condensé de fraîcheur et de talent : en l’espace de deux heures, vous découvrirez des pièces aussi variées que riches. Du danseur au chorégraphe, il n’y a qu’un pas… Le mot d’Ivan Cavallari > Cette seconde édition de Genesis s’inscrit en cohérence avec la ligne directrice de la saison 16-17 : la création ! La première édition, pendant la saison 13-14, avait été un franc succès. J’ai voulu offrir à nouveau cette opportunité aux danseurs du Ballet de l’OnR d’être libres, créatifs, un peu fous ! C’est à la fois l’occasion pour eux de passer de l’autre côté du miroir et, pour le public, de les découvrir sous un autre jour.

créations

> du 17 au 26 mars 16-17 danse • 11


The

Turn of the

Screw Le Tour d’écrou

Britten

De l’innocence à la perversion Simple histoire de fantômes ou questionnement sur la part d’ombre de l’enfance ? Inspiré de la nouvelle de Henry James, The Turn of the Screw nous plonge au cœur de l’ambiguïté et des non-dits. Guidés par Robert Carsen à la mise en scène – qui signe aussi les décors, costumes et lumières –, aurez-vous le courage d’explorer les tréfonds de l’inconscient et les déviances de la nature humaine ? Une structure singulière Créé en septembre 1954 au Teatro La Fenice de Venise, l’œuvre reste fidèle aux compositions antérieures de Benjamin Britten  : une forme courte, l’absence de chœurs, un nombre de solistes et un effectif d’orchestre limités, ainsi que les thèmes récurrents du rapport à l’enfance et à la marginalité. La singularité de la partition, dirigée par Patrick Davin, réside certainement dans son architecture, aussi

remarquable qu’impitoyable : seize courtes scènes – réparties en deux actes – de durées approximativement égales se succèdent, reliées entre elles par des interludes orchestraux qui reprennent, sous forme de variations, le motif de l’écrou exposé dans le prologue. Ainsi, alors que chaque nouvelle scène déroule un peu plus le fil de l’intrigue, les « respirations » musicales qui les relient resserrent un peu plus l’étau.

Strasbourg Opéra me 21, ve 23, ma 27, ve 30 sept 20 h di 25 sept 15 h Mulhouse La Filature ve 7 oct 20 h di 9 oct 15 h « Histoires de fantômes, histoire de fantasmes » Conférence de Laurie Laufer, psychanalyste

Strasbourg Club de la Presse ma 20 sept 18 h 30 entrée libre

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The Turn of the Screw - photo Wilfried Hoesl, Theater an der Wien, sept. 2011

Une ambiguïté déconcertante L’étau, ou l’écrou, se resserre sur une galerie de personnages d’une ambiguïté manifeste. Nous apprenons qu’une jeune femme a été engagée par l’oncle de deux petits orphelins, Flora et Miles, pour s’occuper d’eux et assurer leur éducation. Ce qu’elle accepte, promettant à l’oncle, sur sa demande, de ne jamais lui donner de nouvelles. Premier fait étrange. La situation se trouble plus encore lorsque les fantômes de deux anciens domestiques, Peter Quint et Miss Jessel, viennent hanter cette demeure mystérieuse au travers des deux enfants, sans que jamais leurs réelles motivations soient exposées clairement. Face au doute, le spectateur ne pourra pas plus compter sur l’intendante des lieux, Mrs Grose, elle aussi pour le moins étrange… Face à ces protagonistes, difficile d’espérer une fin heureuse, ni même sensée ! Pour trouver des éléments de réponse ou de compréhension, il convient de s’intéresser à une dimension plus inconsciente. Tout au long de l’ouvrage, une question persiste : qui faut-il craindre ? Quel est celui qui cherche à corrompre les deux âmes de Flora et Miles ? Est-ce, comme on pourrait le croire de prime abord les fantômes, ou plutôt cette jeune gouvernante qui présente un attachement démesuré – allant jusqu’à une possessivité égoïste – pour ses protégés (et en particulier pour Miles)  ? Si l’on peut considérer que l’influence de Quint sur Miles est de nature « pédagogique » ou encore qu’il essaye de vivre à travers le petit garçon – plutôt qu’une interprétation plus transgressive et de fait condamnable –, le comportement de la gouvernante reste vraiment douteux. Serait-elle en proie à des frustrations qu’elle ne parvient plus à

maîtriser  ? Pourquoi bannit-elle Peter  ? Quels désirs secrets se dissimulent derrière le masque de sa moralité ? La question reste ouverte. Une expérience humaine forte

Opéra en deux actes avec prologue de Benjamin Britten Livret de Myfanwy Piper d’après Henry James Créé le 14 septembre 1954 au Teatro La Fenice de Venise Production du Theater an der Wien

Lorsque le spectateur pénètre dans l’intimité de ce huis clos, aussi touchant que vertigineux, il accepte de se prêter à une véritable expérience  : les problématiques sont évoquées, sans que jamais aucune réponse claire ne soit apportée. Robert Carsen prend le parti de traiter l’œuvre de façon cinématographique (focus sur un objet en particulier à la manière d’Hitchcock, effets de zoom, travelling, etc.), souhaitant préserver le trouble autour de la relation qui lie les fantômes et les enfants. De nombreuses fenêtres composent le décor, « parce que la gouvernante voit des choses par les fenêtres et que d’autres la regardent à travers les fenêtres »*. Le climat d’incertitude est renforcé par un jeu avec la perspective : « à aucun moment, vous ne pouvez tout voir. Si vous vous trouvez dans une pièce, vous n’en voyez jamais qu’une partie. […] C’est d’ailleurs ainsi que l’ouvrage est écrit. […] On ne voit jamais qu’un angle déterminé. »* C’est ainsi que le rideau s’abaisse sans que nous ne connaissions le fin mot de cette histoire. Il n’existe pas de résolution claire et affirmée, mais des questionnements à peine chuchotés par les fantômes. Miles emporte avec lui son secret, invitant le spectateur à interroger sa propre psyché...

Direction musicale Patrick Davin Mise en scène Robert Carsen Reprise de la mise en scène Maria Lamont et Laurie Feldman Décors et costumes Robert Carsen et Luis Carvalho Lumières Robert Carsen et Peter Van Praet Vidéo Finn Ross Dramaturgie Ian Burton

* Perspectives et projections, Entretien avec Robert Carsen publié pour la première fois dans le programme de spectacle du Theater an der Wien, saison 2011-2012, traduit dans notre programme de salle.

fidelio

Le Narrateur / Peter Quint Nikolai Schukoff La Gouvernante Heather Newhouse Mrs Grose Rebecca de Pont Davies Miss Jessel Cheryl Barker Miles Lucien Meyer / Philippe Tsouli Flora Odile Hinderer / Silvia Paysais Les Petits Chanteurs de Strasbourg

Maîtrise de l’OnR Aurelius Sängerknaben Calw Orchestre symphonique de Mulhouse avec le soutien de

association pour le développement de l'Opéra national du Rhin

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Mririda Ahmed Essyad

L’écho d’une poétesse insoumise Dans son nouvel opéra, Mririda, Ahmed Essyad nous raconte l’histoire d’une artiste rebelle. Une femme qui aime les hommes et l’art dans un Maroc en guerre où religion et tradition perdurent depuis la nuit des temps. Son combat est-il perdu d’avance ?

Une création mondiale Né en 1938 à Salé, au Maroc, c’est lors d’un concert de fin d’année au lycée qu’Ahmed Essyad, qui n’avait jamais fréquenté l’univers de la musique classique, entend les première et sixième suites pour violoncelle de Jean-Sébastien Bach. Il est bouleversé par la beauté de cet art qui lui était jusqu’à présent étranger. Il décide alors d’entreprendre des études de musique.

14 • mririda

Il débute au conservatoire de Rabat où il se passionne pour l’ethnomusicologie, et se plonge dans le patrimoine culturel de son pays. Il devient le disciple de Max Deutsch qui révèle en lui une passion pour la voix, sûrement le plus bel instrument jamais créé. Officier des Arts et des Lettres en France en 2005, il se voit décerner la même année à Essaouira le titre équivalent :

Strasbourg CMD* sa 24 sept 20 h di 25 sept 15 h** * Cité de la musique et de la danse ** Billetterie Musica en partenariat avec le Conservatoire


le Wissam Al Arch. En 2007, L’orchestre philharmonique du Maroc lui commande une œuvre, Passion, et ainsi s’amorce un nouveau cycle créatif pour ce compositeur dont la réputation n’est plus à faire aussi bien en Orient qu’en Occident. Et c’est à Strasbourg qu’Ahmed Essyad fera la création mondiale de Mririda.

Photo DR

Entre mythe et réalité Nous devons tout d’abord vous parler d’un instituteur Français, René Euloge, adepte de la langue amazigh, de passage dans la Tassaout en 1927. Il fait la rencontre de Mririda qui se produisait sur un marché accompagnée par quelques chanteuses. Il est foudroyé par la beauté de sa voix et de ses textes. Il ne savait alors pas qu’il s’apprêtait à dédier une grande partie de sa vie à recueillir l’œuvre de cette poétesse d’une grande beauté. Il va la rencontrer à maintes reprises pour retranscrire ses poèmes et les traduire en Français, alors qu’il sait pertinemment que « la traduction la plus fidèle ou la plus adroite ne parvient pas à restituer pleinement la saveur d’une telle poésie », tel qu’il le dit en préface de son livre, Les Chants de la Tassaout. C’est grâce à cet homme que le mythe de Mririda a été rapporté en France pour ensuite se populariser partout en Europe, jusqu’à donner naissance à un opéra. Après la guerre, en 1946, René Euloge raconte dans son livre qu’il a sillonné toutes les vallées de la région à sa recherche… en vain. Un récit aux allures de conte des mille et une nuits, certes, mais bien réel. Les présentations faites, allons maintenant au vif du sujet : le récit d’une femme libre dans une société fondamentaliste très à cheval sur la non-égalité des sexes. Mririda est née dans le village de Magdaz dans la Tassaout, au cœur du Haut Atlas, le massif le plus élevé d’Afrique du Nord, parfois surnommé « le toit du Maroc ». C’est dans cet environnement aride mêlant religion et tradition que cette fleur rebelle s’est épanouie. Bien que cette image de femme

libre qui aime les hommes ne plaît pas beaucoup au Maroc, elle a vécu comme elle l’entendait, émancipée des conventions, faisant profiter son entourage de la pureté de sa voix et de sa poésie.

Création mondiale Coproduction Opéra national du Rhin Conservatoire de Strasbourg Festival Musica

Une musique hybride Ahmed Essyad puise son inspiration aussi bien dans la musique traditionnelle berbère que dans la formation européenne dont il a bénéficié avec Max Deutsch. Ce qui crée un subtil alliage d’influences pour arriver à un résultat à la fois traditionnel et contemporain. Cette composition est un opéra de chambre, l’orchestre comptera une vingtaine d’instrumentistes pour reprendre le plus fidèlement l’ambiance intime et festive de la musique berbère où le rythme a une place privilégiée. La femme libre qui choisissait ses amants Ahmed Essyad à propos de la pièce  : « Mririda parle de femmes libres, vivantes et résistantes, qui se lèveraient face aux fondamentalistes et revendiqueraient leur corps et la joie de vivre  ». Un fondamentalisme qui coupe le souffle, qui empêche toute perspective de bonheur pour des femmes qui ne souhaitent que faire l’expérience de la vie. Ceci résonne comme un sujet d’actualité dans un monde ou des milliards de personnes doivent encore lutter quotidiennement pour revendiquer des droits fondamentaux. L’opéra place Mririda en compagnie de sa fille et de sa mère au milieu du tumulte de la guerre et de l’amour. Elle est décrite comme « la reine des fêtes et des hommes, une cheikha, belle, libre, maîtrisant la rime, le chant, la danse  ». Des qualités qui pousseront un ethnologue étranger, un officier et un mercenaire à se disputer son amour. Dans une terre meurtrie par la guerre, la tendre voix de la poétesse pourra-t-elle calmer les ardeurs d’hommes prêts à tout pour en découdre avec leurs semblables ?

Opéra d’Ahmed Essyad sur un livret de Claudine Galea Direction musicale Léo Warynski Mise en scène Olivier Achard Décors / vidéo Julien Laurenceau Lumières Pascal Rechtenstein Mririda Francesca Sorteni La Jeune Fille Louise Pingeot La Vieille Femme Coline Dutilleul Le Mercenaire Diego Godoy L’étranger Camille Tresmontant L’Officier Antoine Foulon Artistes de l’Opéra Studio de l’OnR Chœurs de l’OnR Ensemble orchestral de l’Académie supérieure de musique-HEAR et du Conservatoire de Strasbourg

avec le soutien du

mririda • 15


L’Elisir

Donizetti

d’amore

Amour et supercherie Laissons-nous enivrer par la musique enlevée de Donizetti. Un des plus grands succès du compositeur, L’Elisir d’amore, s’appuie avec humour sur la célèbre légende du philtre d’Amour. Adina, l’héroïne, cite d’ailleurs explicitement le couple mythique Tristan et Yseult dès le début de l’opéra. «  Comme tout chef-d’œuvre comique, L’Elisir d’amore n’est point un opéra frivole. » C’est ainsi que Stefano Poda ouvre sa note d’intention pour la production qui lui est confiée. Lui qui assure mise en scène, décors, costumes, lumières et chorégraphie a donc toutes les cartes en mains pour nous inviter à un délicieux moment aussi profond dans le propos que plaisant dans la forme. L’histoire en quelques mots : Nemorino tente de séduire une Adina peu convaincue par

ce garçon plutôt benêt d’apparence. Passe par là un charlatan vantant les mérites de son élixir qui garantit le succès immédiat en amour. Le jeune homme se laisse tenter et les effets ne se font apparemment pas attendre. C’est sans compter qu’il vient, à son insu, d’hériter d’un bon pactole qui lui confère le succès de nombreuses prétendantes. Stefano Poda poursuit  : «  […] l’objectif de cette mise en scène de L’Elisir d’amore est de redécouvrir sans superbe l’esprit

Strasbourg Opéra ve 21, ma 25 oct 20 h di 23 oct 15 h me 2, ve 4, lu 7 nov 20 h Colmar Théâtre je 17 nov 20 h Mulhouse La Sinne ve 25 nov 20 h di 27 nov 15 h Rencontre avec Julia Jones et Danielle de Niese Strasbourg Librairie Kléber je 20 oct 18 h 30 entrée libre

16 • lʼélisir dʼamore


Photo Daniel Constantin, Dreamstime - Maquettes de costumes de Stefano Poda

ancien qui domine l’éclat de la musique ». Le metteur en scène évoque « le goût pour le surréalisme, pour les contrastes entre élégie et plaisanterie avec ses hallucinations, le tout dans un contexte d’exagération qui ne signifie pas adopter la vie quotidienne dans le paroxysme d’un théâtretélévision, mais recréer un monde éloigné et rêvé, libre, déformé et poétique. […] » On peut d’après ces dires se laisser transporter par son projet où « l’art total », comme on nomme l’opéra, est convoqué. Et quand on lui demande pourquoi il est seul à l’assumer, il répond : « Afin de donner à la représentation d’un ouvrage lyrique la rigoureuse unité esthétique et conceptuelle d’un théâtre fondé sur tous les arts et pour assurer une perception intègre, plastique et riche en visions. » L’artiste a su séduire son public par son style bien singulier dans le monde entier au travers d’une centaine de spectacles. Pour L’Elisir, il imagine des costumes sur lesquels auraient éclos les fleurs d’un généreux jardin, des décors envahis

Nouvelle production

par la végétation et par, notamment, une pomme géante, de quoi se raconter des contes et redevenir, le temps d’un opéra, un grand enfant guidé par l’amour qu’on ne connaît pas encore. Il n’est pas interdit de se laisser aller, comme nous l’incite un des « tubes » de cet ouvrage à « una furtiva lagrima »… à lâcher une petite larme à laquelle, sans nul doute, Donizetti nous aura bien intentionnellement incités. Car évidemment la musique est reine et celle qui la dirige n’est pas une inconnue dans la Maison. Pour mémoire, Julia Jones a dirigé à l’OnR A Midsummer Night’s Dream de Benjamin Britten en 1997-1998 et Der fliegende Holländer de Richard Wagner en 2000-2001. C’est avec un immense plaisir que nous la retrouvons après plus de quinze années d’absence pendant lesquelles cette grande dame n’a cessé de diriger opéras et concerts aux quatre coins du monde. Presque deux siècles après sa création, prendre une bonne dose de cet Elisir nous fait toujours autant de bien.

Opéra en deux actes de Gaetano Donizetti Livret de Felice Romani Créé le 12 mai 1832 au Teatro della Canobbiana à Milan Direction musicale Julia Jones Mise en scène, décors, costumes, lumières, chorégraphie Stefano Poda Dramaturgie Paolo Giani Cei Nemorino Ismael Jordi Adina Danielle de Niese Belcore Franco Pomponi Dulcamara Enzo Capuano Giannetta Hendrickje Van Kerckhove Chœurs de l’OnR Orchestre symphonique de Mulhouse

avec le soutien de

fidelio association pour le développement de l'Opéra national du Rhin


...  Cupidon

s’en fout

Mulhouse La Filature sa 5, ma 8 nov 20 h di 6 nov 15 h Strasbourg Opéra me 16, je 17, ve 18, sa 19 nov 20 h di 20 nov 15 h Colmar Théâtre sa 4 mars 20 h di 5 mars 15 h


société 3.0 Issu du prestigieux Ballet Béjart de Lausanne, Étienne Béchard n’a pas tardé à fonder sa propre compagnie, Opinion Public. Entouré des danseurs du Ballet de l’OnR et de ses propres interprètes, il invente un ballet d’anticipation, pour une création en novembre.

Création

«  On effeuilla vingt fois la marguerite, Elle tomba vingt fois sur pas du tout. Et notre pauvre idylle a fait faillite, Il est des jours où Cupidon s’en fout. » Étienne Béchard a le don de rappeler à notre mémoire les douces et acerbes mélodies de Georges Brassens… La référence annonce d’ores et déjà la couleur : on va parler de choses sérieuses, sans se passer de rire.

et de l’entreprise à la maison de repos. Au centre du groupe, deux personnages se distinguent  : deux amoureux, depuis l’enfance. Comme dans un conte, il était une fois l’amour qui dure toujours… mais quid des enfants par dizaines, du château aux mille fenêtres, du carrosse rutilant ? La dure réalité d’aujourd’hui empêche nos tourtereaux d’être ensemble et d’accomplir leur couple. Séparés un jour par une obligation professionnelle, l’autre par une responsabilité quelconque…

Chorégraphie Étienne Béchard Assistants à la chorégraphie, interprètes Sidonie Fossé, Johann Clapson, Victor Launay, Arthur Louarti

Étienne Béchard, nourri par de nombreuses influences, déploie une multiplicité de styles dans son écriture chorégraphique. Duos néoclassiques, approche contemporaine du sol, acrobaties, empreintes hip-hop ou circassiennes : un langage riche est au service de son propos. Une richesse que l’on retrouve dans la partition musicale, d’un éclectisme habile, construite entre des morceaux électro, des extraits du Kronos Quartet ou différentes versions du Casta Diva (La Norma, Bellini).

L’université de la danse Conférence dansée Mulhouse Studios du Ccn je 6 oct 19 h - sur inscription

Photo Nis&For, Renjie Ma

À travers …  Cupidon s’en fout, Étienne Béchard construit une fable contemporaine qui interroge les rapports humains au sein de notre société : l’amour, les sentiments, les liens humains y ont-ils encore une place ? Cupidon, dénué de toute bienveillance et détourné de sa mission, serait-il devenu désinvolte au point de jouer les petits diables ? Au XXIe siècle, il semblerait que ses flèches n’aillent plus droit au cœur, mais jouent plutôt les trouble-fête en dénouant les nœuds de l’amour… Nos sociétés se pareraient-elles d’allures Orwelliennes ? Sur scène, une trentaine d’interprètes incarnent une masse et obéissent aux lois du conformisme. À cela, trois complices : l’enseignant, le patron, le médecin. Pour leur donner vie, trois espaces-temps prennent forme dans un décor modulable : les danseurs passent ainsi, via des portes à la symbolique forte, de l’école à l’entreprise

Mais … Cupidon s’en fout, un titre si léger, promet aussi quelques sourires ou éclats de rire. Étienne Béchard n’oublie jamais de faire rêver, d’insinuer un regard tendre et une pincée de comique, aux choses qui nous touchent de si près.

Ballet de lʼOnR Spectacle présenté avec des musiques enregistrées

Coulisses studio Répétition ouverte au public Mulhouse Studios du Ccn ma 25 oct 18 h - sur inscription Danse à l’université Conférence dansée Strasbourg Université Le Portique ma 15 nov 18 h 30 Parlons peu… mais parlons danse Présentation des spectacles une demi-heure avant chaque représentation dans les foyers des théâtres

... cupidon sʼen fout • 19


Christopher Maltman baryton

Joseph Middleton piano Le Soldat - de Severn à la Somme

Le baryton britannique Christopher Maltman, issu de la Royal Academy of Music de Londres, est un habitué des grandes scènes lyriques pour ses rôles dans les opéras de Mozart, Wagner, Verdi… Il est aussi un grand interprète du lied (Schubert ou Wolf notamment). On se souvient à l’OnR de son récital exclusivement consacré à des lieder et mélodies sur des poèmes de Goethe en 2007. Mais le récital qu’il nous propose ici avec le pianiste Joseph Middleton est inédit. Le thème central de la Guerre, des soldats et donc de la mort au combat, qui a inspiré les compositeurs et poètes de toute l’Europe ici représentés : en majorité Britanniques, mais aussi Allemands, Russes et Français. Le programme compte quatre étapes  : Au pays, En voyage, Au combat, Dans la tombe. Elles font entendre les nuances diverses du désir, du souvenir, du poignant regret, et du pardon aussi. Sur fond de guerre et de bataille, l’Histoire apporte un accent et un timbre tout neufs, une autre couleur au chant qui dans la détresse, l’absence et le péril monte du cœur humain. Des poètes sublimes, bientôt fauchés, vont faire entendre cette note nouvelle. C’est un glas, car ils vont mourir. La surprenante fraternité qui naît des deux côtés d’une même ligne de fer et de feu y chante des frères et, solidaires, non plus ennemis, qui vont mourir les uns comme les autres, les uns du fait des autres.

Photo Piaclodi

Strasbourg Opéra je 29 sept 20 h

Au pays

Au combat

George Butterworth:

Modest Moussorgski : Commander

Loveliest of Trees

in Chief

Ivor Gurney: Black Stitchel

Ivor Gurney: In Flanders

Arthur Somervell:

Arthur Somervell:

On the Idle Hill of Summer

Think no More Lad

George Butterworth:

Robert Schumann:

Look Not Into My Eyes

Die beiden Grenadiere

Gustav Mahler:

Hugo Wolf: Der Tambour

Wo die schönen Trompeten Blasen

Robert Schumann: Der Soldat

En voyage

Dans la tombe

Gabriel Fauré :

Gerald Finzi: Channel Firing

Les Berceaux

Arthur Somervell:

Charles Ives:

Into my Heart an air that kills

He is There

George Butterworth:

Arthur Somervell:

When I was one and twenty

White in the Moon

The lads in their hundreds

Ivor Gurney: Severn Meadows

Is my team Ploughing

Gustav Mahler: Revelge

Francis Poulenc : Lune d’Avril

avec le soutien de 20 • Récital

fidelio association pour le développement de l'Opéra national du Rhin


Max Emanuel

Cencic

contre-ténor

Ronan Khalil piano Les derniers castrats

Producteur et aussi metteur en scène, le chanteur, considéré comme l’une des plus belles voix de contre-ténor actuelles, a bien des cordes à son arc dans l’univers musical. Il se fait remarquer dès le plus jeune âge alors qu’il est soliste des Wiener Sängerknaben, les Petits Chanteurs de Vienne. Très vite, il débute une carrière solo et fonde Parnassus Art Productions, ressuscitant ainsi des œuvres du répertoire baroque auxquelles il participe comme Artasese de Vinci, Farnace de Vivaldi, Cantone in Utica de Vivaldi et Siroe de Hase. Il produit des opéras de Haendel et redécouvre ainsi des œuvres telles que Allessandro, Tamerlano et Faramondo. à l’OnR, le public l’a vu briller dans Farnace en 2012. Artiste complet, il agit également en qualité de metteur en scène en participant au festival Haendel de Karlsruhe 2016 pour Arminio, tout en assurant le rôle-titre. Il est aujourd’hui invité par les plus grandes scènes lyriques internationales et festivals de par le monde et jouera le rôle-titre de Germanico in Germania de Porpora au Theater an der Wien en 2017. Nous le retrouverons en novembre accompagné au piano par Ronan Khalil pour un récital composé d’extraits d’œuvres de Mozart et Rossini autour des derniers castrats. Un récital très attendu du public de l’OnR qui ne saura rester insensible à la virtuosité de sa voix d’ange.

Photo Anna Hoffmann

Strasbourg Opéra sa 5 nov 20 h

W.A. Mozart (1756-1791)

W.A. Mozart (1756-1791)

• Klavier Sonate KV 282 in Es -Dur,

• Klavier Sonate KV 310 in A-Moll,

N°4 / 1. Satz

N°8 / 1. Satz

• Air de concert Ombra felice Io ti lascio KV 255

Giocchino Rossini (1792-1868)

• Air d’Ascanio: Cara, lontano ancora

• Air de Malcolm: Mura felici

Ascanio in Alba K111 - Acte I, scène 2

La Donna del Lago - Malcom, Acte I

Livret de Giuseppe Parini • Air d’Ascanio: Ah, di si nobil alma

W.A. Mozart (1756-1791)

Ascanio in Alba K111 - Acte I, scène 4

• Klavier Sonate KV 310 in A-Moll,

• Klavier Sonate KV 332 in F-Dur,

N°8/ 3. Satz

N°12 / 2. Satz • Air de Farnace: Venga pur

Giocchino Rossini (1792-1868)

Mitridate re di ponte

• Air de Tancredi: O patria

KV 74A - Prima parte, Arie 6

Tancredi - Tancredi, Acte I

Livret de Giuseppe Parini

Livret de Gaetano Rossi • Arie des Malcolm: A si pera La Donna del Lago - Malcom, Acte I

récital • 21


concerts apéritifs Shakespeare en musique

The Naked Voice

Artistes de lʼOpéra Studio

Artistes des Chœurs

Strasbourg Salle Bastide sa 15 oct 11 h

Strasbourg Salle Bastide sa 19 nov 11 h

Colmar Théâtre ma 18 oct 12 h 30

Shakespeare dans tous ses lyriques états… 2016 célèbre la disparition de William Shakespeare. Mais si la vie l’a quitté, son œuvre anime depuis plus de quatre siècles les nôtres et celles des plus grands créateurs. L’opéra ne fait pas exception puisqu’il a nourri, entre autres, les compositeurs qui sont à l’honneur dans ce spectacle. Hamlet, Otello, Macbeth, Béatrice et Bénédict, Falstaff et Roméo et Juliette par Ambroise Thomas, Gioacchino Rossini, Giuseppe Verdi, Vincenzo Bellini, Charles Gounod et Leonard Bernstein. Retrouvons, entre autres, « Je veux vivre », la Valse de Juliette de Charles Gounod, l’air de Ford « E sogno, o realta » du Falstaff de Verdi ou le Rondo de Bénédict de Béatrice et Benedict d’Hector Berlioz, « Ah ! Je vais l’aimer », une petite rareté de l’opéra de Vincenzo Bellini I Capuletti et i Montecchi (Les Capulets et les Montaigus) et les hits planétaires « Maria » et « Tonight » du West Side Story de Leonard Bernstein qui ont réinscrit Roméo et Juliette dans l’éternité de nos souvenirs.

22 • concerts apéritifs

Quatre artistes des Chœurs de l’OnR se lancent dans la reconquête de la « voix nue ». Deux femmes, deux hommes, pour faire vibrer toutes les octaves à l’instar du fameux groupe les King Singers. Musiques traditionnelles venues du monde entier, dans un spectre s’étendant du Moyen Âge à nos jours, le programme nous touchera au plus profond de nos âmes.

En partenariat avec la Cave de Turckheim

Susan Griffiths soprano Yasmina Favre alto Seong Young Moon ténor Dominic Burns basse

>>>

Francesca Sorteni / Louise Pingeot soprani Coline Dutilleul mezzo-soprano Camille Tresmontant / Diego Godoy ténors Emmanuel Franco baryton Antoine Foulon / Georgios Papadimitriou barytons-basses Tokiko Hosoya / Tommaso Turchetta piano Anne Le Guernec mise en espace


jeune public à partir de 6 € la place pour les spectacles d’opéra ou de ballet : voilà déjà une bonne raison pour se lancer !

Photos Alain Kaiser (Blanche-Neige) • Frédéric Godard

Comment initier les enfants dès l’âge de 5 ans avec un opéra d’1 h 20, en langue française ? Des indices : une pomme empoisonnée, une méchante belle-mère, Ourson, Pic, Api, Oups, Chouquette, Rubi, Quartz, sept nains donc, la plus belle de tout le pays et un prince en prime… Blanche-Neige bien-sûr… trop facile ! Cet ouvrage de Marius Felix Lange inspiré du conte des Frères Grimm a été créé en français en 2012 à l’OnR et nous avons le plaisir de le revoir cette saison. C’est aux artistes de l’Opéra Studio de l’OnR que sont confiés les rôles des protagonistes de cette histoire, de jeunes chanteurs pour le jeune public, pour plus de proximité. Pour les groupes scolaires, nous proposons à Strasbourg, Mulhouse et Colmar une quarantaine de représentations scolaires pour les spectacles de ballet et l’opéra Blanche-Neige, ainsi que trois concerts pédagogiques : l’un nous invite à savourer Shakespeare en musique, pour les quatre siècles de la disparition de l’auteur, une œuvre de Haydn, L’Isola disabitata, enfin, Si la Flûte m’était chantée, une

immersion d’une heure dans le monde de La Flûte enchantée et de ses airs les plus emblématiques. Pour accompagner la venue au spectacle des groupes, un indispensable parcours de découverte s’organise en collaboration avec le Département jeune public de l’OnR. Bien entendu, les soirées sont faites aussi pour des sorties  : collégiens, lycéens et étudiants, en groupes ou individuellement, ont leurs places dans notre Maison. Un conseil  : en réservant tôt, elles seront meilleures ! Pour les enfants entre 7 et 13 ans : prenez rendez-vous au cœur de la vie et de l’action de notre Maison avec les ateliers « mercredis découverte  » à Strasbourg, Colmar et Mulhouse. Nous en proposons encore cette saison autour des secrets de mise en scène de Blanche-Neige, un atelier animé par le service perruques et transformation, une approche de la Maîtrise, deux après-midi avec le Ballet de l’OnR, une exploration des préparatifs de l’opéra Pagliacci et une expérience inoubliable d’accessoiriste (voir notre brochure jeune public p.16-17).

Renseignements operanationaldurhin.eu jeunes@onr.fr

jeune public • 23


Dîners sur scène

Jeudi 26 mai 2016. Il est 18 h 30 et on se bouscule à l’entrée de l’Opéra. Pour beaucoup, c’est une première, pour d’autres, c’est un rendez-vous immanquable depuis plusieurs années. Les Dîners sur scène attirent à chaque nouvelle édition plus de 800 curieux avides de découvrir l’Opéra sous un angle différent. Après l’apéritif en salle Bastide, l’entrée sur la scène est un éblouissement. Le spectacle démarre, les artistes entrent en scène sur un extrait de L’Elisir d’amore. Suivent Le Barbier de Séville, Don Giovanni ou encore Rigoletto, pendant que les convives savourent le premier plat. Une soprano chante suspendue dans les airs, les artistes des Chœurs interviennent depuis les cintres, la scène se met à tourner, airs et mets s’enchaînent et le spectacle est partout. Standing ovation pour le Final avec le fameux Libiamo (La Traviata) : les

chanteurs finissent en apothéose debout sur les tables, tandis que ballons et paillettes pleuvent depuis les cintres. La Maison se mobilise pour offrir le temps de trois soirées une proximité unique avec les artistes, mais aussi avec les acteurs qui agissent dans l’ombre. Un véritable challenge pour toutes les équipes de l’OnR unies pour produire un spectacle dont le public est au cœur de la mise en scène ! Un autre défi de ces soirées se trouve à l’abri des regards : les loges transformées en cuisine, grâce au talent des équipes du traiteur. Cette saison encore, l’OnR et Fidelio réinventent l’idée du spectacle, suppriment la frontière entre artistes et public, le temps d’une soirée hors normes. Les bénéfices participeront au financement des projets de l’OnR. Une façon unique de se faire plaisir tout en apportant son soutien à la création artistique.

Prochaine édition

Strasbourg Opéra 30, 31 mars 1er avril 2017 19 h 15

fidelio@onr.fr +33 (0)3 68 98 75 34 Réservations en ligne : fidelio.onr.fr

24 • dîners sur scène

Photos Klara Beck

Réservations possibles dès maintenant


fidelio une association en mouvement On entend souvent parler de l’association Fidelio, mais la connaissez-vous vraiment ? Focus sur l’activité d’une association en pleine expansion.

Fidelio s’adresse aux amoureux d’arts lyrique et chorégraphique, aux curieux ou aux novices qui souhaitent découvrir l’opéra autrement. C’est aussi un acte citoyen pour devenir acteur de la création et défendre le paysage culturel de la région. Fondée il y a presque 20 ans, l’association se dynamise et bénéficie aujourd’hui de soutiens toujours plus nombreux. Entreprises et particuliers unis pour une même cause Chaque membre, entreprise comme particulier, apporte sa pierre à l’édifice car, bien que chaque contribution soit différente, elles sont toutes indispensables. Le rôle de développement de l’OnR ne se comprend pas simplement sur le plan financier, mais aussi au niveau du public. Parce que la passion pour l’opéra et la danse ne connaît pas d’âge minimum, l’association s’ouvre à partir de cette saison aux enfants et aux familles en créant une nouvelle catégorie d’adhésion, Fidelito. Adressée aux enfants de 5 à 14 ans, elle donne accès à des activités ludiques pour les plus jeunes et permet aux familles de découvrir ensemble l’univers magique de l’opéra. Des invitations toute l’année Ce qui fait le succès de Fidelio, ce sont aussi les invitations proposées tout au long de l’année. Passer de l’autre côté du rideau, observer l’avancée des répétitions, aller à la rencontre des différents métiers de l’OnR sont autant d’occasions de découvrir où la magie prend forme et de créer des liens entre les membres. Une nouvelle dynamique est en train de se mettre en place. Les membres recommandent l’association à leurs amis et le nombre d’adhésions ne cesse de progresser.

Photo Nis&For

Des projets à réaliser

Informations - Adhésion operanationaldurhin.eu rubrique Soutenir l’Opéra fidelio@onr.fr +33 (0)3 68 98 75 34

Fidelio organise un événement phare : les Dîners sur scène, qui réunissent chaque saison près de 900 personnes (voir ci-contre). Fidelio participe aussi financièrement au soutien d’un panel de projets très variés. Pour ce début de saison, l’association apportera sa contribution aux costumes de L’Elisir d’amore et du ballet Le Rouge et le Noir, ou encore à la distribution vocale de The Turn of the Screw. Fidelio portera aussi son attention sur le récital atypique de Christopher Maltman, dédié au thème du soldat.

fidelio • 25


16 17

opéra studio Nos 7 artistes de la promotion 2015-2016 qui font leur deuxième saison à l’Opéra Studio sont à l’image des 7 Nains de Blanche-Neige : des caractères bien trempés et des voix bien distinctes. Rencontre avec une belle famille de chanteurs et pianistes talentueux, dynamiques et soudés.

Francesca Sorteni Une Voix du Ciel qui suspend les cœurs (Don Carlo). Tantôt rebelle aux cheveux roses (Cendrillon) ou jeune fille de bonne famille qui voit son cœur pris en otage et marchandé (La Cambiale di matrimonio). Notre douce italienne à la voix cristalline saura-t-elle vous envoûter ?

Camille Tresmontant, Francesca Sorteni Cendrillon, photo Alain Kaiser

Coline Dutilleul Notre pétillante mezzo belge au timbre clair-obscur enchaîne les personnages divers et variés  : Belle-mère sanguinaire (Cendrillon), soubrette mutine (La Cambiale di matrimonio) ou bohémienne sensuelle (Carmen). Comme un caméléon, elle se délecte de ces changements de couleurs et de styles.

Diego Godoy, Coline Dutilleul Dîners sur scène, photo Klara Beck

Emmanuel Franco, Francesca Sorteni Dîners sur scène, photo Klara Beck

Diego Godoy Notre ténor romantique chilien déclare sa flamme à tout va. Un jour Prince ténébreux (Cendrillon), puis amoureux fougueux (La Cambiale di matrimonio), il a plus d’un tour dans son sac pour déployer son talent, mais parviendra-t-il à faire chavirer le cœur d’une de nos sopranos ?

Coline Dutilleul La Cambiale di matrimonio photo Alain Kaiser

Camille Tresmontant D’un Prince à un autre (Cendrillon), notre ténor de charme français a le chic pour créer des personnages pleins d’humour et d’esprit. Peut-être aurez-vous la chance de le voir enflammer les cœurs la guitare à la main.

Emmanuel Franco Aussi à l’aise dans une salle de sport que sur une scène, notre crooner mexicain vit ses personnages à 200% ! Fantaisiste dans l’âme, il nous aura fait rire avec son Américain au grand cœur (La Cambiale di matrimonio) et son Fou aux manières imprévisibles (Cendrillon).

Tommaso Turchetta Dîners sur scène, photo Klara Beck

Tokiko Hosoya Dîners sur scène, photo Klara Beck

Tommaso Turchetta

Tokiko Hosoya

L’autre Italien de l’équipe. Derrière ses petites lunettes, il guette la fausse note. Attentif et méticuleux, ce timide infatigable mène nos chanteurs à la baguette.

Une main de fer dans un gant de velours. Notre douce japonaise accompagne nos chanteurs avec une grande humilité, mais aussi beaucoup de rigueur, pour les faire progresser tout au long de l’année.


Ils rejoignent lʼOpéra Studio à la rentrée 2016. Portraits. Antoine Foulon Le rôle de vos débuts sur scène ? J’ai commencé par chanter du Mozart en interprétant le rôle de Masetto dans Don Giovanni puis Papageno dans La Flûte enchantée. Votre modèle ou source d’inspiration ? Samuel Ramey pour sa technique infaillible, José Van Dam pour la couleur de son timbre et son expressivité dans le lied et la mélodie, et enfin Ettore Bastianini qui sublime les plus grands rôles verdiens. Ces trois chanteurs m’inspirent énormément, ce sont de vrais modèles !

Louise Pingeot Le rôle de vos débuts sur scène ? J’ai débuté sur scène à 17 ans dans le rôle d’Inès dans l’opérette Les Bavards de Jacques Offenbach. Votre modèle ou source d’inspiration ? J’ai été éblouie par la soprano colorature Diana Damrau (notamment sa Reine de la nuit en 2003). J’ai aussi un faible pour la ligne et la diction d’Elly Ameling et il y a quelques années, j’ai découvert le livre de Lilli Lehmann, Mon art du chant, qui a été une véritable source d’inspiration. Le rôle de vos rêves ? La Reine de la nuit ! J’avais 13 ans quand j’ai vu La Flûte enchantée avec Nathalie Dessay à l’Opéra Garnier pour la première fois et j’ai toujours été fascinée par l’écriture de Mozart. Votre remède contre le trac ? Un petit trac, ça me rassure, comme une bonne montée d’adrénaline ! Je fais un peu d’exercices de yoga pour rester connectée avec le souffle et, surtout, je me raccroche à mon personnage et à l’histoire. Votre passion ? Le tennis de haut niveau ! Où serez-vous dans dix ans ? Si j’avais su il y a 10 ans que je serais aujourd’hui à l’Opéra Studio de l’OnR, je n’y aurais pas cru. J’espère que l’avenir continuera à me réserver de belles surprises!

Le rôle de vos rêves ? Il y en a tellement... Je dirais Rodrigue dans Don Carlo de Verdi et Hans Sachs dans Les Maîtres chanteurs de Nuremberg de Wagner. Votre remède contre le trac ? Je fais des exercices de respiration et quelques postures de yoga, et si j’ai le temps, je fais des pompes pour me tonifier. Votre passion ? J’ai été amené durant mes études à mettre en scène des extraits d’opéra et je me suis découvert une vraie passion pour le théâtre et la mise en scène. Où serez-vous dans dix ans ? J’espère que je serai sur scène, à l’opéra en France ou ailleurs, interprétant des rôles que j’aime et qui m’inspirent.

Georgios Papadimitriou Le rôle de vos débuts sur scène ? Ma première expérience professionnelle est Dr. Cajus dans Les Joyeuses Commères de Windsor. Je vais considérer cela comme mon premier début lyrique sur scène. Votre modèle ou source d’inspiration ? Je puise mon inspiration dans la joie de mon auditoire lorsque je me produis sur scène. Le rôle de vos rêves ? Pour le moment, ce serait certainement Mephisto dans Faust de Gounod. Votre remède contre le trac ? Me rappeler que je suis bien préparé et me convaincre que les sons que je produis sonnent moins faux aux oreilles du public qu’ils ne sonnent dans ma tête (ces doutes sont récurrents chez les artistes !). Votre passion ? Tenter d’atteindre la perfection dans ce que je fais et avoir du succès. Où serez-vous dans dix ans ? Dans 10 ans, je me produirai dans le monde entier ! J’habiterai soit dans le Sud de la Californie ou en Floride. Je serai toujours entre deux avions, me produisant sur les plus grandes scènes du Monde. 16-17 opéra studio • 27


Das Liebesverbot L’OnR sous la direction de Marc Clémeur nous montre à nouveau comment programmer judicieusement des œuvres rares dans une saison, en choisissant pour les réaliser les artistes adéquats. Stephan Mösch

Une distribution harmonieuse, une qualité musicale et scénique qui fait mouche : Mariame Clément amuse tout en donnant à réfléchir, n’hésitant pas à bousculer même. Anne Suply

La direction vive, tonique et pétillante de Constantin Trinks à la tête d’un OPS en bonne forme, va dans le même sens et contribue au rythme juste d’un spectacle sans temps mort. Christian Merlin

Mariame Clément n’a pas peur de la statue du Commandeur, elle ose l’irrévérence, et la réussit, allant au-delà des rêves possibles d’un Wagner encore incertain de sa propre voie. André Tubeuf

Mariame Clément développe le comique spécifique de ce Volksoper. Sa direction d’acteurs ingénieuse nous fait oublier que toute l’action se passe dans un décor unique. Lotte Thaler

À la tête d’un OPS des grands jours, Constantin Trinks impose une direction pleine d’énergie et d’allant, vive, alerte, enjouée et néanmoins parfaite de mise en place et de précision. Michel Thomé

La palme revient incontestablement aux Chœurs de l’OnR, préparés par Sandrine Abello, exemplaires de justesse et d’engagement. Bravo à Marc Clémeur pour son audace et son courage ! Richard Martet

On admire la touchante Mariana d’Agnieszka Slawinska, notamment dans son superbe air du deuxième acte. Nicolas Grienenberger

L’action, hautement rocambolesque, est rondement menée par la mise en scène bien troussée de Mariame Clément. Suzanne Gervais Wagner toutefois ne pouvait savoir qu’un jour, à Strasbourg, près de 2 siècles après sa création ratée, une femme spirituelle donnerait de La Défense d’aimer une version scénique si séduisante, si vivante, si enjouée que son ouvrage en serait quasiment légitimé et que la mise en scène sortirait avec bonheur l’opéra de l’oubli une nouvelle fois. Raphaël de Gubernatis La mise en scène de Mariame Clément mêle efficacement théâtre de comédie, références wagnériennes et mozartiennes, sans omettre les allusions contemporaines. Marie-Aude Roux

Le jeune maestro allemand fait corps avec la régie vivante, inventive et finement réglée de Mariame Clément, dans une scénographie et des costumes de Julia Hansen, qui a disposé des moyens de traiter Das Liebesverbot avec autant de soin qu’un grand ouvrage du répertoire – on a dû se régaler à l’atelier de costumes ! Alain Cochard Robert Bork est un compétent Friedrich, les personnages bouffes se détachant avec beaucoup de relief : Wolfgang Bankl hilarant dans son portrait de Brighella, Hanne Roos plus vraie que nature en vamp nymphomane, ou encore Andreas Jaeggi, veule et déjanté à souhait dans le rôle de Pontio Pilato. Emmanuel Andrieu Direction d’acteurs tracée au cordeau, burlesque omniprésent et clins d’œil référentiels, le spectacle est brillant. François Jongen

La formidable dynamique du Liebesverbot strasbourgeois doit beaucoup aux Chœurs maison très investis tant musicalement que scéniquement dans une chorégraphie de grande précision. Tobias Gerber

Il faut saluer un formidable travail collectif et la direction particulièrement enlevée et nuancée de Constantin Trinks qui se garde bien de confondre comédie et kermesse. Il peut compter sur des Chœurs de l’OnR et un OPS des grands soirs. Philippe Venturini

Le jeune chef allemand déploie un onctueux lyrisme, une précision d’horloger et une attention constante aux voix. Emmanuelle Giuliani

Trinks et l’OPS donnent une exécution vivante et pleine d’entrain de cette partition aux couleurs chatoyantes et d’une inspiration inattendue. Erna Metdepenninghen

Si l’on rit, c’est aussi grâce à la mise en scène de Mariame Clément, qui a clairement pris le parti de la comédie. L’OnR a soigné sa distribution, jusque dans les plus petits rôles. Laurent Bury

Agnieszka Slawinska impose une Mariana absolument remarquable et classieuse tandis que Andreas Jäggi en fait des tonnes en Pontio Pilato. Très bien servis également, le rôle de Luzio va comme un gant à la voix élancée et brillante de Benjamin Hulett et Thomas Blondelle met tout son talent de coloriste au service de Claudio. David Verdier

La vision de Mariame Clément du jeune Wagner et de l’opéra de son temps est très richement documentée et toute en nuances, avec une ironie et un comique subtils. Alexander Dick L’harmonie de l’ensemble, habilement chorégraphié par Mathieu Guilhaumon, mis en espace avec un humour référencé, ne sombre jamais dans la vulgarité. Suzanne Lay

Isabella trouve en Marion Ammann le tempérament vigoureux, le large ambitus et le charme indispensables à la réussite de son plan pour sauver Claudio. Gérard Condé Direction experte de Constantin Trinks, accompagné d’un orchestre en grande forme. Stefano Nardelli


la presse en parle Robert Carsen nous a habitués à la grande qualité esthétique de son travail : direction d’acteurs soignée, mise en scène d’une sobriété tirée à quatre épingles. Marie-Aude Roux Rarement, on aura entendu incarnation aussi bouleversante que celle de la soprano Elza van den Heever ! Comme les rayons du soleil, ses aigus somptueux nous réchauffent et nous transpercent. Emmanuelle Giuliani

Don

Carlo

Le Posa de Tassis Christoyannis préfère la subtilité aux éclats, et l’intériorité aux débordements avec une sûreté de goût, une diction toujours claire et un legato parfait. Michel Le Naour La mise en scène de Robert Carsen tire sa force d’une sobriété et d’une cohérence à toute épreuve. Samuel Aznar Un très beau travail d’équipe pour un Don Carlo d’exception. Laurent Barthel Andrea Caré propose un Infant viril, loin des introvertis hésitants, d’une absolue générosité vocale, timbre latin typique, presque plus espagnol (cela tombe bien) qu’italien. Yannick Million La grande réussite de cette production réside dans son plateau vocal uniformément excellent. Damien Dutilleul Il faut pour capter l’attention dans ce noir intégral le sens du geste théâtral qui distingue, comme à chaque fois, le travail de Robert Carsen : l’intelligence du mouvement ; la caractérisation des personnages à l’aide d’infimes détails qui, ajoutés les uns aux autres finissent par dessiner les visages avec netteté. Christophe Rizoud

Photos Klara Beck (opéra), photo Jean-Luc Tanghe (ballet)

On retrouve évidemment la patte inimitable de Robert Carsen dans les éclairages qui modulent à l’infini ambiances et perspectives dans ce décor unique, dans la science de l’image marquante et esthétique et surtout dans une exceptionnelle capacité à occuper l’espace scénique et à y trouver des positionnements et des mouvements des personnages superbement éclairants sur leurs motivations et leurs interactions. Michel Thomé

Cassenoisette

Il faut toute la subtilité d’un très grand directeur d’acteurs pour faire accepter une absence aussi radicale de stimuli visuels. Cette virtuosité, Carsen la possède sans le moindre effort. Tout est expressif, aucun geste n’est exagéré. Emmanuel Andrieu Daniele Callegari fait sonner en beauté l’OPS pour cadrer le véritable bel canto de la scène. Un plaisir. Marc Munch Fin de saison flamboyante à Strasbourg. Comme d’habitude chez Carsen le beau, le respect de l’œuvre et l’intelligence priment. Sabino Pena Arcia Quant à Elza van den Heever, sa voix longue et pleine, aux débordements lyriques presque trop opulents, est une merveille en soi, d’ailleurs tenue avec une discipline souveraine dans Tu che le vanita. Stupéfiant et presque trop beau. André Tubeuf

La scénographie créative participe au ravissement du public. […] Et le deuxième acte, avec notamment le bal de promo et les superbes costumes bigarrés des danseurs, s’avère être un pur moment de plaisir. […] Sans nul doute, ce ballet a ravi les spectateurs de tous âges par sa tendre fantaisie. Isabelle Glorifet Les rôles de Mme Drosselmeyer […] et du principal du collège sont tenus à la perfection par Stéphanie Madec-Van Hoorde et Alexandre Van Hoorde. Leur interprétation des personnages n’a d’égale que leur incroyable virtuosité, tout en majesté et en puissance technique. […] Servis par un décor et des costumes très narratifs, le corps de ballet explore l’univers du conte de Casse-noisette avec une haute technicité […] et des portés spectaculaires. Marie Bohner Une danse […] surtout bien servie par une compagnie en forme. Blog de Philippe Verrièle Cavallari a très bien su conserver l’esprit fantastique du conte ainsi que son aspect initiatique, et son Casse-noisette a tout pour séduire : son rythme, l’homogénéité de l’ensemble, la virtuosité et l’interprétation sémillante des danseurs […]. Danser canal historique Marjolaine Zurfluh la presse en parle • 29


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calendrier

Septembre

Strasbourg Mulhouse

Colmar

ma 20 Conférence The Turn of the Screw Club de la presse 18 h  me 21 The Turn of the Screw Opéra 20 h je 22 Classe ouverte Ccn 10 h ve 23 The Turn of the Screw Opéra 20 h sa 24 Mririda CMD 20 h di 25 Mririda CMD 15 h di 25 The Turn of the Screw Opéra 15 h ma 27 The Turn of the Screw Opéra 20 h je 29 Récital Christopher Maltman Opéra 20 h ve 30 The Turn of the Screw Opéra 20 h

Octobre je 06 Univ. de la danse … Cupidon s’en fout Ccn 19 h ve 07 The Turn of the Screw Filature 20 h di 09 The Turn of the Screw Filature 15 h sa 15 Shakespeare en musique Opéra 11 h ma 18 Shakespeare en musique Kléber 18 h je 20 Rencontre L’Elisir d’amore ve 21 L’Elisir d’amore Opéra 20 h di 23 L’Elisir d’amore Opéra 15 h Ccn 18 h ma 25 Coulisses studio … Cupidon s’en fout ma 25 L’Elisir d’amore Opéra 20 h Je 27 Classe ouverte Ccn 10 h

Théâtre 12 h 30

Novembre me ve sa sa di lu ma ma me je je ve sa sa di je ve di

02 04 05 05 06 07 08 15 16 17 17 18 19 19 20 24 25 27

L’Elisir d’amore Opéra 20 h L’Elisir d’amore Opéra 20 h Récital Max Emanuel Cencic Opéra 20 h … Cupidon s’en fout Filature 20 h … Cupidon s’en fout Filature 15 h L’Elisir d’amore Opéra 20 h … Cupidon s’en fout Filature 20 h US 18 h 30 Danse à l’univ. … Cupidon s’en fout … Cupidon s’en fout Opéra 20 h … Cupidon s’en fout Opéra 20 h L’Elisir d’amore … Cupidon s’en fout Opéra 20 h The Naked Voice Opéra 11 h … Cupidon s’en fout Opéra 20 h … Cupidon s’en fout Opéra 15 h Classe ouverte Ccn 10 h L’Elisir d’amore Sinne 20 h L’Elisir d’amore Sinne 15 h

Théâtre 20 h

Ccn : Centre chorégraphique national, 38 Passage du Théâtre, Mulhouse Club de la presse : 10 place Kléber, Strasbourg CMD : Cité de la musique et de la danse, 1 Place Dauphine, Strasbourg Kléber : Librairie Kléber, Salle Blanche, 1 rue des Francs-Bourgeois, Strasbourg US : Université de Strasbourg, Le Portique, 14 rue René Descartes, Strasbourg

Informations communiquées sous réserve de modifications


Amos OZ

inaugure Bibliothèques idÊales

Mercredi 7 septembre 2016, Aubette


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