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Parents/Enfants
PARENTS / ENFANTS LES COMPTINES
Il y a des années que les comptines africaines nous bercent. Des chansons parfois adaptées aux jeux des tous petits, parfois pour faire s’endormir bébé quand il fait les caprices et que maman veut travailler. La musique polyrythmique permet à l’individu de trouver sa place dans le groupe, tout en donnant à ce dernier, une signature unique. La musique d’Afrique est aussi liée aux griots, les conteurs traditionnels qui véhiculent la mémoire de leur peuple par des transmissions orales. Parmi les études au sujet de la musique africaine, se trouve la branche Littérature et musique populaire en Afrique noire, par Eno Belinga (Eno). Les exemples de comptines il y’en a plusieurs, et pour mettre un peu d’ambiance dans les salles de classes, les maîtresses de la maternelle entonnent l’une des préférées des tous petits. On peut entendre : « sur la tête ça ne va pas, sur les bras ça ne va pas, sur les pieds ça ne va pas. Marchons courbés ça ne va pas, aïe ! Aïe ! Ça ne va pas marchons courbés » lorsqu’il faut détendre l’atmosphère. Pour faire du silence dans la classe, une autre est indiquée pour leur permettre de retrouver le calme.
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La comptine Les Crocodiles est celle qui nous a le plus marqué. Nombreux sont encore ceux qui n’ont jamais réellement su le refrain final de cette amusante comptine, qui donnait de la joie à nos jours de classes au primaire.
À la récré, comme dans les quartiers, des rondes se forment et là on assiste alors à plusieurs éclats de voix, des mélodies telles que «Édike, dike cha la la, A la ronde poulailler», en passant par La Marelle qui était du même registre.
Au Claire de la lune que nous avons aussi beaucoup appréciée, reste toujours d’actualité dans les écoles. Elle a fini par devenir un héritage familial que nous avons transmis à nos enfants au fil des générations, qu’eux aussi perpétueront à travers leurs progénitures, nous rappelant à tous la belle époque scolaire où nous la chantions allègrement.
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Des chansons parfois adaptées aux jeux des tous petits, parfois pour faire s’endormir bébé quand il fait les caprices et que maman veut travailler. La musique polyrythmique permet à l’individu de trouver sa place dans le groupe, tout en donnant à ce dernier, une signature unique. La musique d’Afrique est aussi liée aux griots, les conteurs traditionnels qui véhiculent la mémoire de leur peuple par des transmissions orales. Parmi les études au sujet de la musique africaine, se trouve la branche
INTERVIEW
L’AUTISME VU PAR MYRIA BIKA’A
Être maman est une bénédiction, donner la vie est une sensation que toutes les femmes aimeraient découvrir un jour, malgré certaines erreurs commises par d’autres. Tout ce que nous pouvons dire, c’est que ces êtres très chers ne demandent jamais à venir au monde, alors prenons soins d’eux. Nous avons encore eu le privilège de nous entretenir avec la charmante MYRIA BIKA’A chanteuse et actrice mais cette fois-ci, sous la casquette de maman d’une magnifique fillette très spéciale. L’autisme est un grave trouble du développement qui réduit la capacité à communiquer et à interagir. Les troubles du spectre de l’autisme ont une incidence sur le système nerveux. Dans ce 6e numéro de zinzin Magazine rubrique Parents/ Enfants, nous vous amenons dans un univers où tout est à prendre avec des pincettes. Elle nous livre son secret en tant que maman d’une princesse atteinte d’autisme. Lisons...
ZINZIN MAGAZINE : alors MYRIA BIKA’A Comment vous allez ? MYRIA BIKA’A: Bien.
Z.M.: ça fait quoi d’être maman, surtout d’un enfant atteint d’autisme ?
M.B.: être maman c’est un cadeau du ciel, ça nous ramène à des émotions que personnes ne peut quantifier. Etre maman c’est quelque chose de spéciale. Etre maman d’un enfant atteint d’autisme c’est pareil parce que comme j’aime à le dire nous sommes tous différents, parfois on est maman d’un enfant trop grand de taille, trop petit, assez obèse. Dans tous les cas on est maman tout simplement.
Z.M.: à combien de mois avez-vous su que votre bout de chou était spécial ?
M.B.: j’ai su que ma fille Kalimba avait une différence à partir de 18 mois. Quand tu l’appelais elle ne te regardait pas, on n’avait comme l’impression qu’elle n’écoutait pas, elle ne te fixait pas du regard et quand il y avait la foule elle avait une façon de la fuir, une phobie. Et puis voilà on avait fait tous les examens, l’audition et tout ; on s’est rendu compte qu’elle entendait la es jingles publicitaires et quand elle les écoutait elle allait vers la tv mais tu ne pouvais pas l’appeler. C’est à ce moment qu’on a su qu’elle avait un problème.
Z.M.: quel est son nom et quel âge a-t-elle ?
M.B.: ma fille s’appelle KALIMBA FAITH (comme la foi) ; disons qu’elle est âgée de 10ans. Elle les aura exactement le 3 novembre 2021.
Z.M.: comment avez-vous détecté cela ? Grâce à un médecin ou de vous-même ?
M.B.: après avoir fait les examens, posé des questions à beaucoup de pédiatres, , nous sommes allés chez un pédopsychiatre. Il nous a parlé de l’autisme et a posé un diagnostic aux troubles de Kalimba.
Z.M.: comment se passe votre quotidien ?
M.B.: nous essayons de nous comprendre, d’établir des codes ; elle a un retard de langage et de compréhension. Elle comprend sûrement beaucoup de choses, c’est juste à sa manière de faire que je veux aussi m’adapter, il y a des jours où nous courrons après elle. Son intelligence et beaucoup d’autres choses me fascine ; c’est un combat perpétuel on s’y attelle.
Z.M.: a-t-elle des goûts spéciaux c’est à dire nourriture, couleurs, jouets, habits, sinon quel est son plat préféré ?
M.B.: elle a des goûts spéciaux, des couleurs préférées, elle aime la musique tout ce qui est instrument de musique elle joue avec, elle fait des bips dans le studio de son papa. Elle est plus musique et aussi appareils électroniques, téléphones, ordinateurs. Pour la nourriture c’est plus compliqué parce que ce qu’elle prend ce matin elle ne le voudra pas forcément demain. Comme le pain : elle n’aime pas le pain, elle nous complique un peu la vie mais bon, on nous a aussi rassuré que le pain n’était pas bon pour elle sauf les pains fait avec des farines bio de plantain ou de patate. Elle n’aime pas le lait ni les yaourts.
C’est très compliqué avec elle. Il y a des jours avec et des jours sans.
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Z.M.: déjà combien d’enfants avezvous ? Souffrent-ils les mêmes symptômes ?
M.B.: j’ai deux enfants : il y a son grand frère, il est tout tranquille. Non, ils n’ont pas les mêmes problèmes. Après tout comme je le dit tout le monde est différent.
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Z.M. : y a-t-il une prise en charge spéciale pour elle? L’Etat vous accompagne-t-il ?
M.B.: il n’y a pas de prise en charge vraiment spéciale pour elle ; elle va normalement à l’école. Ils ont compris quel était son problème et ont essayé de ramener certains éducateurs spécialisés qui ont formé un petit bloc pour gérer quelques problèmes, quelques cas d’enfants qui ne sont pas nombreux dans cette école. Donc trois heures par semaine, ils vont dans une classe pour apprendre un peu comme si c’était une école spécialisée après elle rentre dans sa classe. L’Etat ne nous accompagne pas il ne fait rien, peut-être on n’a pas la bonne information mais après nous parents d’enfants autistes, sommes en train de prendre des mesures pour faire agir l’Etat.
Z.M.: paraît-il lors des crises il y a des techniques pour calmer l’enfant autiste. Quelles sont vos méthodes ?
M.B.: les méthodes ou techniques pour calmer les crises, c’est très compliqué je ne peux pas vous dire les méthodes que j’utilise exactement, car chaque jour c’est un éternel recommencement. Ce n’est jamais pareil avec les enfants.
Z.M.: êtes-vous dans les associations qui luttent contre la marginalisation des autistes ? Comment ça se passe ?
M.B.: Oui je suis dans certaines associations, beaucoup plus dans les forums WhatsApp des parents d’enfants atteints d’autisme et sympathisants, où il y a des spécialistes : psychomotriciens, orthophonistes, les éducateurs spécialisés. Par contre, je n’assiste pas très souvent aux réunions si ce n’est aux journées spéciales, car je n’ai pas assez de temps avec mon activité, en plus de devoir m’occuper de ma fille.
Z.M.: prévenir l’autisme consisterait à agir sur les facteurs dont on suppose qu’ils seraient en cause dans l’apparition de la maladie comme la consommation d’alcool, les médicaments et la drogue pendant la grossesse, l’exposition aux pesticides, la vaccination contre la rubéole et la rougeole. Avez-vous été face à ces facteurs ou c’est héréditaire ?
M.B.: en réalité, je ne sais pas car jusqu’à présent on nous dit qu’on n’a pas encore trouvé la véritable cause de ces troubles. Même en occident ça reste un mystère ; donc rien n’est certain et moi aussi je n’en sais rien.
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Z.M.: comment évolue-t-elle à l’école et quelle classe fait-elle?
M.B. : on laisse Kalimba dans une classe qu’elle aime bien et elle y reste. C’est ça le plus complexe dans l’éducation d’un enfant atteint d’autisme ; elle n’ira pas d’une classe à l’autre. Par contre quand elle est éduquée, spécialement quand on regarde son niveau, on peut l’envoyer dans une classe ou dans une autre. Après je ne sais pas s’il y a des enfants autistes évoluant ici au Cameroun qui ont bravé des classes et qui ont atteint le niveau des classes d’examen. Après tout, l’autisme est différent d’un enfant à un autre donc c’est possible. Pour être honnête, je ne pourrais pas vous dire qu’elle fait la classe de CM1. Elle est dans une classe cette année et l’année prochaine elle peut être dans une autre ou rester dans la même. Tout dépend de son niveau de compréhension et quand on lui on fait ses examens à partir d’une méthode simplifiée, si on constate qu’elle perd l’attention on arrête. Donc on fait une peut à sa guise pour l’amener à comprendre certaines choses.
Z.M.: vous avez joué dans le film 2 avril de Noël Kenmoe qui parle d’autisme ; qu’avez-vous avez ressenti pendant le tournage ?
M.B. : j’ai ressenti et revécu mon quotidien. Il y avait un autre enfant, l’acteur principal qui était un peu plus atteint que Kalimba et ça m’a beaucoup touché ; ça m’a fait plaisir de me prêter au jeu pour aider certains parents à comprendre que les enfants sont souvent différents. Au lieu de les battre et de les emmener chez les marabouts ou faire des prières sur leur tête je ne sais pas moi, il faut juste comprendre qu’ils ont un problème et le gérer en consultant des spécialistes, bien que ce soit très cher. C’est très compliqué et pas à la portée de tous les parents.
Z.M.: un mot de fin pour encourager d’autres parents ?
M.B. : tout ce que je dirai aux parents qui comme moi ont des enfants autistes, c’est de trouver dans le juste milieu des choses qui intéressent leurs enfants, quoi qu’ils soient différents. Dès lors qu’on a trouvé ce qui intéresse l’enfant, on peut même jouer sur sa psychologie, trouver un terrain d’attente et tout se passera. Je dirai qu’il faut persévérer, accepter la situation et agir comme il faut pour que le gouvernement nous entende, parce que nos enfants ont aussi besoin de construire le Cameroun de demain.
Kandy Zenly