Bref Aéro 336 - Octobre 2012

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Octobre 2012 • N° 336

ÉDITO MINISTÈRE DU REDRESSEMENT PRODUCTIF Des enjeux et des stratégies industrielles pour l'aéronautique ?

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Sommaire Actualités Retour partiel à la retraite à 60 ans Transparence financière « Les Anglais ont triché »

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Vie des entreprises Ratier-Figeac, un changement indolore ??? 4 La culture UTC en voie de propagation en France 4 Hold-up sur l’intéressement et la participation ! 4-5 La loi Tepa : une mandature et puis s’en va 5

Le Dossier La mission stratégique nationale de l'ONERA serait-elle remise en cause ? 6-7

C’est dans l’air 40 ans chez Dassault Aviation

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uite à la grande conférence sociale, les axes retenus pour le redressement productif sont maintenant connus : une Banque Publique d'Investissement pour financer les entreprises, une fiscalité permettant d'orienter l'épargne au service de l'investissement, une lutte contre les délocalisations. L'industrie aéronautique et spatiale constitue un pôle d'excellence de l'industrie européenne. Cette industrie est engagée dans une compétition mondiale féroce. Elle est poussée à se transformer en profondeur avec l'émergence d'une importante offre industrielle asiatique. Elle a adopté un modèle industriel semblable à celui de l'automobile, le lean manufacturing. Au delà des objectifs de gains de productivité, les objectifs de ce modèle sont de relever le défi monétaire en produisant en zone dollar, afin de compenser les effets de la parité euro - dollar et d'obtenir de nouveaux contrats via des marchés de compensation. De fait, ce modèle fait peser un risque important sur le tissu de sous traitants en France. Les grands constructeurs et équipementiers envoient le message suivant aux sous traitants français : adaptez-vous rapidement, ouvrez des unités de recherche et de production en zone off shore, car nous travailleront de plus en plus avec des sous traitants produisant en Inde, en Chine, au Mexique, au Maroc, en Roumanie. Ce modèle, conduisant à vider de plus en plus le tissu industriel français de sa substance. Que faire face à ce phénomène ? Quels sont les types de délocalisations acceptables ? Qui doit arbitrer sur ce qui délocalisable et ce qui est stratégique ? La politique d'offset est, aujourd'hui, déterminante pour le gain d'un contrat. C’est un principe de réalité dans les marchés de l’aéronautique. Il ne sert à rien de l’ignorer. Mais il s’agit aussi de dénoncer les délocalisations purement financières qui viennent affaiblir le tissu industriel français. L’État doit, dans les deux cas, jouer un rôle de première importance. Il doit pouvoir soutenir les besoins en capital des programmes aéronautiques, il doit soutenir la recherche sur les technologies de rupture et valoriser les formations techniques inhérentes à l’industrie. Enfin l’État doit ouvrir la question de la réciprocité industrielle et celle du dollar comme monnaie de référence dans l’aéronautique. Ces points sont expressément politiques et ne peuvent plus vraiment être éludés. Pour une politique industrielle complète, le nouvel exécutif aura surtout à se positionner sur plusieurs dossiers aéronautiques français et européens : l’arbitrage sur le développement des drones pour les forces armées françaises, la cohérence industrielle dans l’aérostructure française, aujourd’hui, éclatée entre Aérolia, Sogerma, Daher-Socata et Latécoère, le repositionnement de la recherche étatique en aéronautique avec l’ONERA. Concernant le dossier EADS / BAE, à l'heure où nous mettons sous presse, la fusion EADS - BAE Systems est dans l'incertitude et la position du gouvernement français n'est pas très lisible, en particulier, sur les conséquences sur le reste de l'industrie AED française avec Thales, Dassault et Safran, en particulier. < Bernard Valette - Président CFE-CGC AED


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