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Saint-Pierre-et-Miquelon

ADMIRER LE GRAND BARACHOIS EN ZODIAC

Depuis son départ à la retraite en 2019, Philippe Detcheverry, ancien cadre à EDF, propose des tours en zodiac au nord de l’isthme de Miquelon-Langlade, sur la lagune du Grand Barachois. Un sanctuaire idéal pour contempler les phoques et les oiseaux migrateurs.

Ce tour nautique au Grand Barachois est mis en avant par l’Office de Tourisme de Saint-Pierre-et-Miquelon.
© Philippe Detcheverry

INTERVIEW

PHILIPPE DETCHEVERRY, PRÉSIDENT DE L’ASSOCIATION PHOCA À SAINT-PIERRE-ET-MIQUELON

Philippe Detcheverry
© Mathieu Dupuis
• En quoi consistent les tours en zodiac que vous organisez via l’association Phoca ?

- Depuis 2019, j’ai pris la relève de l’un de mes cousins qui exerçait déjà cette activité. Le Grand Barachois est un espace naturel qui plaît beaucoup aux visiteurs. Le tour que je propose dure environ une heure et quart. Nous prenons le temps, avançons tranquillement pour profiter du paysage et nous approcher en douceur des animaux sans les déranger.

• Les conditions sont-elles difficiles parfois ?

- Je ne sors pas par temps de brouillard, par exemple, car dans ce cas nous ne voyons absolument rien ! En ce qui concerne les marées, nous avons des marnages suffisamment importants pour que tout soit recouvert à marée haute. Des phoques, on ne voit alors que les têtes ! Il faut composer avec les marées et la météo pour naviguer de façon optimale dans la lagune.

• Votre clientèle est plutôt composée de touristes ou bien de résidents de l’archipel ?

- Nous avons les deux et aussi d’anciens résidents qui sont partis depuis longtemps et reviennent, mais globalement, l’activité attire plutôt des touristes. Parmi eux, je dirais qu’il y a deux profils différents. D’une part, les voyageurs canadiens qui viennent par ferry depuis l’île de Terre-Neuve et n’ont généralement que peu de temps pour visiter l’archipel. La plupart d’entre eux louent une voiture pour découvrir notre petit bout de France et ne passe qu’une journée à Miquelon. Ils nous appellent au dernier moment sur place quand ils découvrent l’activité, or parfois la météo ne permet pas de sortir... D’autre part, la clientèle qui vient de métropole reste en moyenne une semaine à 15 jours à Saint-Pierre-et-Miquelon. Cela laisse le temps de bien s’organiser. Depuis sept ou huit ans, nous avons un vol direct depuis Paris tous les lundis de juin à septembre. Ces 12 vols annuels directs encouragent les touristes à venir nous voir !

On ressent une certaine sérénité et on avance tranquillement, à faible allure, pour apprécier cet environnement. Il n’y a aucun bruit autre que celui de la nature et des animaux

L’ASSOCIATION PHOCA

Nommée en référence aux communautés de phoques gris et communs présentes à Saint-Pierre-et-Miquelon, l’association, créée en 2014, a pour objet la découverte du milieu marin du Grand Barachois. Elle propose à bord d’un zodiac des excursions guidées de mi-juin à miseptembre pour deux à 10 personnes. Une balade au fil de l’eau, à la rencontre de la faune sauvage qui peuple cette lagune salée en perpétuel mouvement.

Dans l’archipel, le canard noir (Anas rubripes) est présent surtout sur la lagune dès la fin de l’été. À partir de la fin de l’hiver, la plupart des canards s’envolent vers leur aire de nidification à Terre-Neuve et au Labrador.
© SPM

LE GRAND BARACHOIS, UN REFUGE PRÉCIEUX POUR LES OISEAUX ET NOTAMMENT LES LIMICOLES

Formée par des dépôts sédimentaires, la lagune du Grand Barachois s’étend sur environ 900 hectares à marée basse. Ce « grand lac » inséré entre les deux bras de l’isthme de Miquelon communique avec l’océan Atlantique par un chenal, localement appelé le « Goulet », et subit ainsi le va-et-vient des marées.

À partir de juillet, le site accueille des oiseaux migrateurs et notamment des limicoles comme le pluvier argenté ou le bécasseau à croupion blanc, qui se nourrissent de crevettes ou de petits mollusques abandonnés par la marée. Le Grand Barachois est une Réserve de chasse et de faune sauvage depuis 1992. Un statut instaurant une zone de quiétude pour les nombreuses espèces d’oiseaux qui affectionnent cet espace littoral.

Limicoles sur le site.
© Philippe Detcheverry
colonie de phoques communs, également appelés « phoques veaux marins ». La colonie, qui compte entre 400 et 600 individus, est présente toute l’année sur le site. Les femelles mettent bas au printemps à partir de fin mai.
© Philippe Detcheverry
Phoques gris nageant dans le canal, avant que la marée basse ne laisse apparaître de larges bancs de sable. Ces bancs sont alors séparés par des chenaux profonds de deux à trois mètres et parcourus de forts courants s’inversant selon la marée.
© Philippe Detcheverry

Rédaction et interview : Stéphanie Castre

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