Baloji 17/02 Flémalle 20h30
Centre culturel
Support-Act : Abel Irie et Psoman
Rue du Beau Site, 25
Entrée : 8€ (1,25€ Art.27) - 04/275.52.15 - www.ccflemalle.be
experience music differently
THURSDAY 16.02.12
mogwai TOM SMITH (EDITORS) daan agnes obel joan as police woman
fi rst a i d k i t RO S C O E o s ca r a n d t h e wo lF
FRIDAY 17.02.12
2manydjs (live) Laurent Garnier lbs ETIENNE DE CRECY (dj) M83 (LIVe) MoDeSeLeKToR (live) T H E T OX I C AV E N G E R ( l i v e ) m r n ô ( l i v e ) at ta r ! ( d j )
R av i n g g e o r g e
to u r & tax i s b ru ss els WWW.piasnites.com
RELEASE: 13.02 INCL. ‘WHISTLING’ AND ‘YEAR OF THE RAT’ PRODUCED BY NIEK, BENT & REINHARD FROM DAS POP & THE HICKEY UNDERWORLD MIXED BY DAVE SARDY (BARKMARKET, HELMET, NINE INCH NAILS, …) (dj)
LIVE:
10/02 – TRIX, ANTWERPEN 11/02 – ROTOWN, ROTTERDAM (NL) 12/02 – PARADISO, AMSTERDAM (NL) 17/02 – NOUVEAU CASINO, PARIS (FR) 18/02 – DE KREUN, KORTRIJK 19/02 – CACTUS, BRUGGE 22/02 – AB, BRUSSEL (SOLD OUT) 23/02 – HET DEPOT, LEUVEN 25/02 – DE CASINO, SINT NIKLAAS 26/02 – VOORUIT, GENT THEHICKEYUNDERWORLD.COM - PIASRECORDINGS.COMW
© Siliconcarne.be
L’équipe d’RTL m’a trouvé naturellement insupportable (je dois avoir un don pour ça), tandis que je lui faisais remarquer que le monde entier n’avait pas une urgente nécessité de savoir que je prenais mon petit-déjeuner au Roi Des Belges. Qu’il eût été courtois de demander une autorisation de diffusion (là, le journaliste se tourne vers son caméraman/ reporter d’images : - On doit demander une autorisation? L’autre acquiesce : - Ouais, on d’vrait); que quitte à se retrouver dans des plans de coupe, autant qu’ils soient signés d’un grand couturier. De l’importance du costume. Nuitamment, à l’Archiduc, l’ambiance est comme à son habitude, plus feutrée. La fille se fait appeler Kriss. On a à peine franchi le seuil depuis, quoi, deux minutes, la voici déjà qui se dépoitraille, ouvre son chemisier à carreau époque grunge (quelle hérésie), bombe le torse, se plaint de ses seins qu’elle trouve trop petits tout en les soumettant à l’examen. Tandis que la France bruisse de la perte de son AAA, Kriss souhaiterait échanger son bonnet B pour un bonnet C. - Le reste ce n’est que de la technique, de l’ingénierie, de la triche, souffle-t-elle. Bonnet blanc et blanc bonnet. Quand, debout, elle croit bon également d’exhiber ses dessous-dessous, l’improbable minet qui lui tient lieu de souteneur et qu’elle présente comme son meilleur ami gay, l’attrape par le poignet et lui enjoint de lever le pied - quelle gymnastique! Ce qu’elle oublie prestement pour valser de table en table, à califourchon sur tel fauteuil club, bientôt pendue ici au cou d’un démiurge qui en laisse choir son ouvrage, là tirée à hue et à dia au milieu d’un trio grivois d’un certain âge, aux rictus liquoreux vieillis en fût. Des Cosmopolitan, des bières danoises, des Gimlet, offrant son corps à l’examen de la collectivité, Kriss renverse beaucoup, plus encore qu’elle ne s’épanche. Pour l’heure, aucune caméra pour filmer ça. Dans le sas menant aux sanitaires, jaillissant en poussant la porte battante, elle minaude encore - Arrêtez de vous faire passer pour un bi, je sais bien que vous êtes hétéro; tout en me mettant la main au paquet. C’étaient des Camel Bleues, je crois. Quitte à jouer, on peut s’éprendre de jeux de rôles plus singuliers. (Lindon:) - Si je mets un costume et une cravate, qu’est-ce qui m’empêche d’être Premier ministre? « On dirait que je serai le président de la République, on dirait que vous seriez mon Premier ministre ». Sur ce fougueux postulat, piquant comme un bonbon Napoléon, Alain Cavalier (réalisateur buissonnier depuis les années 60, devenu depuis un chantre de la caméra journal - il filme quotidennement comme d’autres font de la cardio) reçoit chez lui Vincent Lindon, l’acteur (tel qu’en lui-même), puis lâche la bride pour s’élancer dans un galop d’essai.
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Or il s’avère rapidement que ‘Pater’ défouraille à tout va avec une force tranquille. Armé de sa petite caméra Sony qui lui a permis d’atteindre (à) une nouvelle forme de cinéma, c’est sans autre forme de procès que Cavalier fait basculer le réel, chahute la fiction d’une ivresse joyeuse - on pense tout à la fois au bonheur d’un Nany Moretti chevauchant sa Vespa du temps, tiens, d’un fameux ‘Journal Intime’ ainsi qu’à la ruade d’un Antiteater chez Fassbinder. Carnet d’instants, scrapbook toujours épris de liberté lorsqu’il s’agit de faire ‘Le Plein de Super’, par l’élégance radieuse de son dispositif ‘Pater’ interroge avec une liberté de réflexion sidérante les rouages du pouvoir. Il suffit de croquer en ses juteux quartiers d’état-major au débotté, en ses parti(e)s de campagne et déjeuner sur l’herbe, réunions d’alcôve entre deux portes, messes basses d’apartés pour que soudre (à résoudre et dissoudre) la cérémonie enfantine du jeu, de ces âges où l’on peut encore poser les bonnes questions. Dans ce Think Tank malicieux et jubilatoire, où l’on débouche volontiers plus souvent qu’à son tour une bonne bouteille, Vincent Lindon jubile de tous les plans avec une gourmandise contagieuse. (Le Président:) - On m’a remis ceci pour vous. Qu’est-ce que vous allez faire de cette photo? (Le Premier Ministre:) - Je ne vais rien faire de cette photo. Peut-être, un jour, je lui dirais, à mon adversaire, que je l’avais cette photo, que je ne m’en suis pas servi. Avoir ce plaisir là... De l’importance du choix. Le nouveau disque de Sharon Van Etten a revêtu ses plus beaux atours, s’avançe pas bégueule avec l’assurance des grands albums classiques qui ne se la racontent pas. Sharon Van Etten, chanteuse, s’y voit donner la réplique par une flanquée d’acteurs majeurs de l’internationale pop. Epaulée par une production de grande classe, présentant la belle robe des grands crus, qu’est-ce qui l’empêcherait d’être une des grandes voix d’aujourd’hui? On dirait que je serai un auditeur lambda, vous seriez ma première dame. Mademoiselle, vestiaire! En sortant de L’Archiduc, vous serez gentils de laisser les filles dans l’état où vous les avez trouvé. Une fois tourné le coin, je claque des doigts pour éteindre les lampadaires. Beam Me Up, Scotty! Texte : Fabrice Delmeire Un film : ‘Pater’ de et avec Alain Cavalier, Vincent Lindon Un disque : ‘Tramp’ de Sharon Van Etten
année 18 •fev 2012
Colofon www.rifraf.be Année 18 nr. 177 rifraf est une édition de B.Z.&T. bvba Adegemstraat 19 2800 mechelen e.r. mieke deisz pas en janvier et août rifraf mars sort le 01 mars rédaction fabrice delmeire tél 0486/31 74 63 fabrice.rifraf@skynet.be
insertions publicitaires Mieke Deisz Tél. 015/42.38.76.-0485/802.257 advert.rifraf@skynet.be deadline reservation: 15 fev Agenda tél 015/42.38.76 agenda.rifraf@skynet.be deadline: 17 fev
collaborateurs nicolas alsteen, Jean-Baptiste de Clerfayt, patrick foissac, daniel franco, Alain Georges, Laurent Grenier, Gery Lefebvre, Anne-Lise Remacle, Gabriel Séverin, eric therer, fabrice vanoverberg, Tom Vea... Dessins : Issara Chitdara
Layout peggy schillemans layout.rifraf@skynet.be Imprimerie: Corelio printing, anderlecht Abonnements agenda.rifraf@skynet.be Belgique: 13 euro France: 25 euro (une année: 10 nrs) compte: 320-0133796-06 communication: RifRaf F + nom + adresse
“Réalisé avec l’aide de la Communauté française de Belgique - Direction générale de la culture Service des Musiques”
Texte : Fabrice Vanoverberg
Texte: Daniel Franco I Photo: www.siliconcarne.be
A l’essai
A l’heure de la grande refonte du Love On The Bits, quoi de mieux que de convoquer un duo d’anciens combattants à l’annonce de la bonne nouvelle (amen). De nos deux figures culte, Fennesz et Sakamato, difficile de recourir au départage des compétences, tant leur complémentarité semble couler de source sur le double ‘Flumina’ (Touch). Maître absolu des nappes post-aquifères depuis ‘Endless Summer’, l’Autrichien ne déroge pas à sa règle, éprise d’une subtilité toujours bienvenue. Jamais passé de mode, ou alors démodé à jamais (ce qui, au fond, revient à l’identique), le pianiste japonais vénère plus que jamais un minimalisme pianistique qui n’a rien de paresseux ni de compassé. Plus que jamais en phase avec le grand Sylvain Chauveau, c’est dire si on aime, sa fréquentation des touches noires et blanches laisse à chaque participant un degré d’amplitude serein et apprivoisé qu’on ne peut que recommander. Un bémol ? Une certaine monotonie sans gravité, peut-être. *** Ex-membre de Jaga Jazzist et MoHa!, Anders Hana joue pas moins de six instruments sur le LP ‘Dead Clubbing’ (Drid Machine Records) et on peut dire que ça cogne. Une idée, un concept ? Imaginez le premier cité jouant du Shellac et la vérité ne doit pas être bien loin, quand ce ne serait pas Ignatz en mode McLusky. Vingt-quatre minutes dans la tronche, pan ! *** Voici trois-quatre ans, les collages sonores de Lukas Simonis et Takayuki Kawabata avaient trouvé le chemin du Top 10 annuel de votre serviteur (qui n’en renie pas une seule seconde). Toujours aux commandes, l’inclassable musicien néerlandais se lie à l’Américain Candlesnuffer pour une autre bizarrerie à peine moins réjouissante. Tripotages free jazz tendance noise, échos de Pierre Bastien à la recherche des Editions Mego anno 1996, ‘Nature Stands Inside’ (Hellosquare / z6)) débloque tout un spectre grinçant où le mot exploration prend un sens totalement démantibulé. Pfiou, c’est bien mais ça se mérite. *** Tiens, en parlant du label autrichien au nom de bout de cigarette, il n’est pas en reste ce mois-ci, les autres non plus me direzvous. Trêve hivernale, mon cul, pour un disque kriiii-prrrr-dzzzz dont la maison viennoise s’est faite le chantre absolu. On entre dans le trip à fond ou on se demande si la vie a bien un sens, ‘ACID nO!se Synthésis’ de Russell Haswell trônera tout au sommet de mes disques inécoutables en présence de belle-maman (très Yasunao Tone-like indeed). *** Tiens, à propos d’escapades sonores, ‘Static Island’ du Frenchie basé à Bruxelles Aymeric de Tapol (Tsuki Boshi) pose les limites des créations sonores où les bruits du quotidien brassent les relents de l’informatique. Un jour, on se dit qu’on a trop souvent entendu ça et on zappe à gogo, trois jours plus tard, on rentre à donf dans la manœuvre et on s’imagine transbahuté dans une zone tempétueuse dont on ne veut plus ressortir. Faites vos jeux, m’sieur dame, rien ne va plus le lundi, tout va mieux le jeudi.*** Moitié du duo ambient nippon Opitope (dont le déja ancien ‘Hau’ ne cesse de nous faire tomber en amour, tabernak), Tomoyoshi Date forme avec l’Américain de Tokyo Corey Fuller la paire Illuha. Première collaboration, ‘Shikuzu’ traine langoureusement quelques accords de guitare ou de piano préparé (entre autres) sur un vocabulaire brumeux convenu. Dommage, en dépit des très intéressants échos à la Six Organs of Admittance sur le premier morceau ‘Rokuu’ mais de trop longs moments d’absence typically 12K font bien vite bailler. *** Restons au pays de Keiji Haino via un détour par l’Australie du label Room40 pour la sortie suivante, ‘Documental’ du quatuor nippon Minamo. Ici aussi, des instruments acoustiques côtoient l’électronique, pour un résultat loin d’être aussi banal qu’une rapide lecture pourrait laisser entendre. Passées les premières dizaines de secondes, on se laisse vite attraper par les échos faussement apaisés de cette seconde sortie sur l’officine de Lawrence English. Percussions domestiques, atmosphères relâchées au-delà de tout cliché exotique, grincements fugaces et sincères, tout concourt pour transformer un objet à priori nul et non avenu en signe avant-coureur d’un temps où Colleen, Fennesz, Prurient et Tape s’associeraient pour de bon. Y’a bon, dis donc. *** Restons en les terres amicales de Room40 pour l’énième sortie de Pimmon, alias bien connu de l’Aussie Paul Gough dont nous avions déjà goûté un ‘Afternoon Tea’ aux côtés de Fennesz, Ambarchi, Rehberg et Rowe (quelle affiche quand on y repense dix ans plus tard). Toujours maître des sculptures sonores au sens entendu par le duo KTL, l’homme de Down Under exploite sur ‘The Oansome Orbit’ une palette à la fois noircie au charbon de Stephen O’Malley tout en recherchant les teintes davantage orageuses à la Bruce Gilbert, voire les perfusions vrombissantes de Fenn O’Berg. Inutile de creuser plus longtemps le name dropping, on voit bien le genre et on s’y replonge souvent avec délectation. Ouais, ça rime avec appréhension. *** Lors du dernier numéro de RifRaf, oui celui avec les Tops des rédacteurs, ‘El Tren Fantasma’ de Chris Watson, LE disque de musique concrète de ces derniers temps, figurait, à deux reprises svp, en très belle posture. Dans un genre similaire, où le Mexique fait toutefois place au Costa Rica, la Malaisie et Hong Kong, ‘Four Wanderings In Tropical Lands’ d’Emmanuel Mieville ne suscite qu’irritations incomprises et ennui crépusculaire. Dommage, ce ne sera pas faute d’avoir voyagé… *** Ultime proposition du mois, ‘Poststop’ voit le passionnant label portugais Cronica convier quelques habitués des lieux (Marc Behrens, @c) et invité prestigieux (Blaine L. Reininger de Tuxedomoon). Résultat physique d’un workshop et du concert qui l’a suivi en octobre 2010 à Porto, l’objet devrait principalement parler aux participants de ces deux jours. En dépit d’un morceau totalement obsédant (‘The Post-Apocalyptic Shopping Mall’) où l’ensemble des protagonistes est rassemblé sur scène au son de la basse de M. Reininger, le reste intrigue plus qu’il ne séduit.
Tous mes vœux bien sûr pour l’année qui vient, qui est même déjà là, mais surtout les bonnes résolutions. Je m’engage à écouter plus de musique que l’année écoulée, sinon en quantité, du moins en diversité. Moins de Leonard Cohen, moins de Bob Dylan, moins de Bach. Je m’engage aussi à envoyer mes chroniques dans les délais… à compter du mois prochain. Aujourd’hui, je vous demande pardon, je n’ai vraiment pas le temps. Aussi je me contenterai de vous recommander quelques lectures pour 2012, surtout des poètes. Lisez Gary Snyder, notamment Premier chant du chaman et autres poèmes si ça se trouve encore dans le commerce, en particulier le poème intitulé « Breasts » qui contient peut-être le plus beau vers qui ait jamais été écrit sur la philosophie. Lisez aussi le prix Nobel de cette année Tomas Tranströmer, pour sa capacité à produire de la féérie avec trois fois rien, et pour ses métaphores inattendues et exceptionnelles, telles que celle qui ouvre le poème « Gogol » et qui compare un « veston élimé » à ce mélange de persévérance et de vulnérabilité austère et fière qui caractérise la progression de « loups en bande ». Lisez le dernier livre de Jean-Christophe Bailly intitulé le Dépaysement, et si vous l’aimez, lisez ses livres précédents en remontant le cours du temps et vous découvrirez, quand vous arriverez à ses tous premiers recueils qu’il écrivit très jeune, par exemple
Le 20 janvier publié en 1980 chez Christian Bourgois, qu’il s’agissait déjà d’un des plus grands écrivains vivants de langue française. Dans la catégorie des Français vivants encore, ne laissez pas passer les Leçons sur la langue française de Pierre Guyotat, où est transcrite la parole vive, si alerte et en même temps si prudente, parfois même interrompue ou essoufflée - comme une grande tache de vin que percerait par endroits le blanc de la nappe - de celui qui ces dernières années, avec Coma puis Arrière-fond, à livré au moins deux chefs d’œuvre. Lisez l’Elimination, le livre que le cinéaste cambodgien Rithy Panh a coécrit avec Christophe Bataille, parce que peu de livres de ce genre existent et parce que peu de personnes de ce genre existent, je veux dire des personnes du genre de Rithy Panh, même si – assez paradoxalement – c’est sur l’infime minorité de personnes de ce genre que repose le sens de ce que nous appelons le « genre humain » (expression, soit dit en passant, qui ne tient qu’à un fil et sur laquelle il faudrait par conséquent cesser de tirer, de tirer ou de jouer, comme si c’était une corde). Dans la catégorie des essais, pardonnez-moi, beaucoup de choses m’ont échappé, mais à ceux qui souhaiteraient une initiation à la discipline, je recommande vivement les Tempéraments philosophiques de Peter Sloterdijk, ouvrage aussi léger que précieux et qui partant mérite véritablement l’appellation généralement galvaudée de « petit bijou ». Il y a beaucoup d’autres livres bien sûr, mais comme je vous l’ai dit, ce soir je n’ai pas le temps d’écrire, et peut-être qu’après tout, vous n’avez pas non plus tellement le temps de lire. Depuis le mois de novembre 2011, je suis professeur de philosophie dans un lycée en banlieue parisienne. Mon cours de demain portera sur la notion de travail chez Marx et chez Hannah Arendt. Marx croyait que l’épanouissement humain des travailleurs était possible, mais que le capitalisme y faisait obstacle. Un siècle plus tard, Arendt rétorquait que le système de production capitaliste avait vraisemblablement cessé de faire obstacle, mais que plus personne ne cherchait encore à s’épanouir au sens où Marx l’entendait, c’est-à-dire en un sens noble. Lire un livre ou des livres, y compris ceux de Hannah Arendt, c’est contribuer à ralentir la vitesse avec laquelle cette perspective sombre s’approche de nous, ou au contraire accroître la cadence à laquelle nous nous en éloignons.
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Texte : Alain Georges Texte : Eric Therer
Méditation le matin, révélation l’après-midi, communion le soir: on entre en techno comme on entre en religion. Des appelés, des élus et un seul commandement: “Aime les machines comme toi-même”, Kraftwerk 19,78.
Rubrique destinée à évoquer un lieu, une ville ou un endroit, ‘Sounds & Sites’ ne se veut pas un itinéraire
descriptif exhaustif mais plutôt l’esquisse d’un lieu où la musique puise ses racines ou manifeste son émergence. ‘Sounds & Sites’ ne veut nullement dresser une cartographie complète des lieux sonores mais répondra à des envies ou des coups de sonde.
Ping-Pong Puisque l’arrivage mensuel s’y prête, procédons par paquets de deux et attaquons par la pile “techno au kilomètre”, composée de la triple compile anniversaire de chez Drum Code et du ‘Mixed: Volume One’ de Little Helpers, le label de Butane. Deux albums présentés par des communiqués de presse pas vraiment subtils où il est question de «futur de la musique» et d’»art véritable», rien que ça. «Ennui profond», «conformisme moutonnier» et «exagération patente» auraient évidemment été plus justes. (Butane laisse entendre qu’à la troisième écoute de son mix, un miracle auditif devrait s’opérer. Si vous avez la patience, vous me raconterez ça, d’accord?) *** On enchaîne avec la pile en provenance du label Mego: où il s’avère que là aussi, la déception sera cruelle. Question: y a-t-il la moindre chance qu’un seul lecteur de RifRaf s’intéresse à ‘Soft Coast’, une oeuvre confidentielle du canadien No Ufo’s sortie initialement en cassette et aujourd’hui rééditée en… vinyle? J’imagine mal un autre destin pour ce pot-pourri electro-kraut-drone séquencé au cutter que de prendre la poussière sur les étagères du Passage 44. Quant au duo electro-pop japonais Tyme x Tujiko, il aime clairement la musique, au point de mettre des notes absolument partout. Sur ce coup-là, rococo rime salement avec Aspro. *** On connaissait les tendances easylistening de Permanent Vacation, les deux sorties récentes du label confirment. ‘fIN’ du barcelonais John Talabot s’écoute avec un intérêt décroissant: les premiers titres sont cheesy à souhait, mais la seconde moitié n’accouche plus que de ritournelles sans ampleur, de la house de chambre à coucher. Il est un peu tôt pour aller se coucher, non? La double compile ‘Selected Label Works 3’ aligne quant à elle 26 titres couvrant tout le spectre de l’électro: house, dub, techno, nu-disco etc etc. Agréable quoique sans la moindre surprise, et avec une teneur en sucre largement au-dessus de la moyenne. *** On passerait à la pile «Tentations africaines»? ‘Bokoboko’, énième sortie du compulsif Burnt Friedman, sur NonPlace, propose une transe cérébrale et technique rapidement rébarbative. Un album «de musiciens pour musiciens» qui ne s’encombre pas trop du plaisir éventuel de son public. On lui préférera donc ‘Listen’, de Harmonious Thelonious (Italic Recordings), qui reproduit avec un certain bonheur les sonorités et les trames serrées de la transe africaine. Ne manque que l’essentiel, à savoir la petite dose de sauvagerie thérapeutique qu’on ne trouve que dans l’original. Nepakononokiveu. *** Le champagne de décembre n’y a rien fait, l’Angleterre est toujours aussi saoûlante. ‘Welcome’, de Dave Monolith, sur Rephlex, ce ne serait pas du Squarepusher attardé, du Warp périmé? Dieu que tout cela est rance. Signé sur 50 Weapons, le label de Modeselektor dédié à la bass music, le duo Benjamin Damage/ Doc Daneeka sonne très exactement comme… Modeselektor. Leur très quelconque ‘They! Live’ sonne néanmoins comme un chef d’oeuvre à côté de ‘Currents’, second album des bataves Nobody Beats The Drum, un brouet infâme entre big beat, gabber et bass music de la pire espèce. Ceux-là, je leur souhaite l’enfer. *** Je te sens découragé, ami lecteur. Je comprends, tous ces disques inutiles t’embrouillent, et si tu comptais sur Kompakt pour retrouver le sourire, ce n’est pas gagné: parmi les deux sorties de janvier, on compte le ‘Pop Ambient 2012’, soit les recommandations annuelles de Wolfgang Voigt en matière d’ambiant contemporain. Dix titres parmi lesquels on trouvera du ambiant-drone signé Mohn ou Bvdub, un maelström accordéon/piano/cordes par Voigt lui-même, un Superpitcher tendre à vous arracher une larme et, dura lex sed lex, pas le moindre microbeat à l’horizon. Ce n’est pas pour son versant obscur qu’on aime Kompakt, mais ‘Pop Ambient 2012’ mérite pourtant qu’on s’y attarde: si la fin du monde devait effectivement survenir cette année, voilà une bande-son toute trouvée pour rester parfaitement zen le jour J. On revient à des considérations moins fumeuses avec Terranova, un duo allemand formé de Fetisch et &Me, déjà auteur de quelques maxis chez !K7. Comme sur la plupart des sorties récentes de chez Kompakt, ça chante beaucoup sur ‘Hôtel Amour’: les principaux vocalistes invités sont Khan (of Finland) et Tomas Hoffding, bassiste de WhoMadeWho. Formellement pop et même upbeat à l’occasion, ‘Hôtel Amour’ baigne dans les mêmes eaux troubles et mélancoliques que le dernier GusGus. Tout n’est pas fantastique mais le morceau d’ouverture, ‘Question Mark’, chanté par Tomas Hoffding, vaut à lui seul largement le déplacement. *** Et puis il reste un disque qui ne rentre dans aucune pile pour une raison très simple: c’est un vrai bon disque, le plus élégant, le plus captivant du mois. ‘Watergate 10’ est un mix, l’oeuvre d’un américain inconnu de mes services à ce jour, le dénommé Marco Resmann. Un mix qui se déroule comme un récit, avec une intro, des développements, des rebondissements et même une conclusion. La magie n’opère pas tout du long mais quand Resmann parvient à faire progresser son mix en jouant plusieurs morceaux de front, là, c’est imparable. Entendre distinctement deux voire trois morceaux en simultané, hop, d’un pas de côté passer de l’un à l’autre, hop, revenir, être multiple, un tiers de Heartz 4, un quart de Villalobos, et le reste peu importe: je ne connais rien de mieux que cette sensation-là. C’est en allant écouter les morceaux originaux qu’on prend conscience de l’évidence: le djing est l’art plastique par excellence. *** Une dernière chose, camarades: en ce qui me concerne, l’aventure RifRaf se termine ici. Il y a trois ans environ, j’étais bien loin de m’imaginer que j’allais me convertir à la techno et à la house mais voilà, en faisant irruption dans ma vie déguisé en hindou facétieux, DJ Koze en a décidé autrement. Quand bien même 95% de l’énorme production techno ne vaut pas tripette, j’ai trouvé dans les 5% restants une créativité, une joie de vivre et une envie d’en découdre qui m’ont fait un bien fou. Mais le temps me manque désormais pour suivre tout ça de près et en outre, la limite d’âge guette. Merci pour tout RifRaf, porte-toi bien, et place à la jeunesse... Beam me up, Scotty!
Il est des épiphanies qui tombent à point nommé, au moment opportun. Ainsi de celles qui surviennent au cours des premiers jours de janvier. Je veux parler de ces jours blêmes et vacants ouvrant le calendrier annuel. Vous êtes un onze janvier. Les fêtes et le boudin sont loin derrière. Vous êtes repu de fêtes et de mondanités. Vous aspirez à un grand vide, à un grand ciel blanc exempt d’artifices. Vous êtes à un moment charnière, celui où vous atteignez la date d’expiration pour souhaiter la bonne année à vos proches et à vos connaissances diverses. Et pourtant c’est une carte – une simple carte postale – qui vous a mandé à une soirée dénommée ‘Ping-Pong’. Les soirées Ping-Pong se proposent d’explorer « les rapports entre l’œil et l’oreille et vice-versa », combinant projections d’images avec un accompagnement musical, live de préférence. Tous les semestres environ, elles investissent la petite salle du sous-sol du Centre Culturel des Chiroux, à l’ombre de la Tour Kennedy, au centre de Liège. Ce soir, c’est au tour d’un combo au nom douteux de s’expliquer. MLEOP : Même Les Oiseaux Puent. Trois musiciens se tiennent à la gauche de la scène, ayant pris soin de laisser le champ libre aux spectateurs de contempler l’écran qui a été posé de l’autre côté. C’est de manière simultanée quasi-parfaite que les premières images cernent la toile au moment même où les premières notes occupent l’espace. Très vite, on pressent que l’on aura affaire à des extraits choisis d’une anthologie sélective et amoureuse du cinéma. Et pourtant, entre René Clair et les Frères Lumières, surgissent des portions de films de propagande russe et cubaine surannés et, plus tard, des fragments visuels criards de l’univers consumériste états-unien. Si la plupart des scènes ont été laissées en leur pristin état, certains passages ont été démontés et remontés à l’envers. La séquence forme un patchwork ayant pour thème central la modernité, ses affres et ses artéfacts, ses nœuds routiers et ferroviaires, ses gratte-ciel et ses maisons obsolètes à abattre. C’est une sorte de ‘Koyaanisqatsi’ du début du siècle dernier défilant au ralenti. MLEOP revendique et clame sa démarche, celle du pillage. Un Pillage avec une majuscule. Pas seulement en usant et abusant des coffres à images de la banque universelle du cinéma historique mais davantage encore en y recourant pour consolider son trésor de guerre sonore. La musique proposée ce soir n’est pas un simple addenda aux images filmées, pas plus qu’elle ne constitue un accompagnement servile aux films qu’elle sert. Elle foisonne d’emprunts détournés et abonde en mini-parodies, voire en caricatures ostentatoires. Il importe peu ici de dresser l’inventaire des styles passés en revue et d’énumérer les instruments utilisés mais il convient de relever les principales caractéristiques physiques qu’elle dégage : masse, vélocité, entropie. C’est bien une forme de joute cinétique qu’il nous est donné de voir et d’entendre ce soir. Et elle nous ravit tant elle est dense et implacable. Pour l’heure, les murs épais des fondations des Chiroux nous prémunissent des interférences du dehors. Les sirènes des pompiers se sont tues. Quelques heures auparavant des flammes titillaient la Tour Kennedy au point de requérir le bouclage du quartier. Pour peu, on frôlait un remake bon marché de ‘La Tour infernale’. Un pillage fortuit malgré lui. Faut-il voir dans cet incident une coïncidence sans conséquence où l’ombre d’une prémonition fatale ? La question demeure ouverte, tel l’échange de balle dans un jeu de ping-pong. P.S. : Henri Gonnay a fondé et joué dans Madadayo et Some Tweetlove, un lien : www.myspace.com/556894691
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Texte : N An i cnoel- a L iss e A lRsetm ea ec nl© e © d udsodm i ni nci q ou ne d ehno u c m o n t
T e x t e : N i c o la s A l s t e e n © h arl e y
Sharon Van Etten
Pour être honnête, on n’attendait rien d’une éventuelle rencontre avec Sharon Van Etten. Une prise de
contact préalable sur la toile avait à peine éveillé notre curiosité. Et puis, ‘Tramp’, un disque (oui, souvenez-vous, un disque) est arrivé. Les papillons assoupis dans le bas du ventre se sont réveillés. Flip-flap. Un rendez-vous a été programmé. On s’est pointé. Et Sharon Van Etten était là, l’air de rien. Plutôt du genre timide, à se demander pourquoi « elle », ici, en Belgique. Pourtant, cette fille dégage un truc : un charme naturel, une sincérité troublante. Son album, sa voix et ses chansons ont le potentiel de troubler un ciel sans nuage. D’ici, on entrevoit déjà les premiers coups de foudre. Sharon Van Etten est là. Elle a un manche de guitare tatoué sur l’avant-bras. Sous les cordes, tout n’est que passion. Par le passé, les médias te présentaient comme une artiste issue du mouvement folk. Avec ce nouvel album, on s’éloigne clairement de cet environnement. Te sens-tu plus en phase avec les idées défendues sur la scène rock contemporaine ? Sharon Van Etten : « Je sens que j’évolue en ce sens. J’essaie délibérément de m’éloigner de l’étiquette folk. Dès qu’un musicien est seul en scène avec une guitare, on tend à lui coller le label. C’est une vision réductrice. Dès que ce même musicien débarque en compagnie d’un groupe, ça sème totalement le doute dans l’esprit des gens. Mon nouvel album surligne bien cette interprétation binaire, et quelque peu paradoxale. Sur ‘Tramp’, je suis accompagnée d’un groupe. Mais, en définitive, mes chansons reposent toujours sur mes seules épaules. Pour moi, il s’agit davantage d’une question d’environnement que de genre musical. J’ai composé mon premier album dans un sous-sol, chez mes parents. Je sortais d’une relation amoureuse difficile. Maintenant, je vis à Brooklyn, je prends le temps de vivre. Je suis épanouie et je joue de la musique à temps plein. Voilà sans doute où se trouve la différence. »
Super ‘Tramp’ Pour produire ton nouvel album, tu t’es tournée vers Aaron Dessner, un des cerveaux de The National. Pourquoi lui ? Sharon Van Etten : « C’est une longue histoire... J’étais en tournée avec le groupe Megafaun. Un matin, les musiciens débarquent dans ma chambre, me réveillent et me montrent une vidéo sur Internet. Je regarde distraitement l’écran et là, je n’en crois pas mes yeux : Justin Vernon (Bon Iver), Bryce et Aaron Dessner (The National) sont en train de reprendre une de mes chansons (‘Love More’). Je ne pouvais plus parler. J’étais sans voix. Je sanglotais. J’ai commencé à poser des questions à tout le monde : « Comment ces gens connaissent-ils mes chansons ? », « Savent-ils qui je suis ? ». J’ai donc mené ma petite enquête. Et j’ai trouvé… Il y a quelques années, Megafaun est parti en tournée avec Justin Vernon. En concert, les gars jouaient avec lui. Ils intégraient Bon Iver. Pour ma part, à Brooklyn, j’avais l’habitude du jouer dans un bar appelé le Sycamore. La propriétaire des lieux, c’était Jessica Dessner, la sœur de Bryce et Aaron. D’associations impossibles en connexions improbables, Megafaun a passé mon disque dans le tour bus de Bon Iver, et Jessica Dessner a parlé de moi à ses frères… L’histoire continue. Depuis 2006, Bryce Dessner se charge d’un important festival de découvertes à Cincinnati, le MusicNow Festival. Sa programmation est à la pointe. Sufjan Stevens a joué là-bas plusieurs fois. L’événement partage son affiche entre jazz et rock alternatif. Le public du MusicNow a déjà eu l’occasion de voir Clogs, The Books, Grizzly Bear, Toumani Diabaté, Andrew Bird, Joanna Newsom, St. Vincent, Colin Stetson, etc. C’est chaque fois une belle programmation. Lors de l’édition 2010, Justin Vernon était invité. C’est là qu’il a repris ma chanson… Une fois que j’ai compris tout ça, des amis m’ont encouragé à contacter les organisateurs du festival. C’est ce que j’ai fait : « Bonjour Messieurs Dessner, on ne se connait pas, mais vous avez repris une de mes chansons avec Justin Vernon. Je travaille actuellement sur mon prochain album. Si vous êtes dans le coin, n’hésitez pas à passer… Bien à vous, Sharon Van Etten. » (Sourire) » Cette collaboration s’est donc facilement mise en place… Sharon Van Etten : « Pas vraiment. En fait, Aaron Dessner m’a directement répondu en m’expliquant qu’il était désolé, mais que le calendrier surchargé de The National ne lui laissait pas beaucoup de temps libre… Mais il m’a tout de même proposé de venir enregistrer mes démos, chez lui, dans son studio à Brooklyn. » Les sessions d’enregistrement de ‘Tramp’ étaient-elles fondamentalement différentes de celles de tes autres disques ? Sharon Van Etten : « A l’époque de mon premier album, je souhaitais enregistrer quelque chose
de très brut et, en même temps, d’assez minimal. Juste ma voix et la guitare. Pour le second album, je voulais franchir une étape en travaillant avec un groupe. Mais l’approche musicale devait rester basique. A l’heure de m’attaquer au nouvel album, je n’avais aucune idée, aucun objectif précis. Rien. J’étais un peu dans le vague. Je disposais d’un chantier d’une vingtaine de démos. Au final, tout ça a donné naissance à l’effort le plus collaboratif de ma carrière. Aaron Dessner s’est finalement montré super disponible. On a discuté de chaque chanson dans les moindres détails. Compte-tenu de l’emploi du temps de The National, on a bossé sans se fixer de deadline. C’était un mode de fonctionnement sans obstacle, très ouvert d’esprit. On a exploré toutes les pistes ouvertes et toutes les possibilités offertes par les chansons. On a essayé des instruments. On a échangé des idées. On ne s’est privé de rien. » On croise du beau monde sur ton nouvel album. Plusieurs artistes ont relevé les manches pour t’aider à enregistrer ‘Tramp’. Là, comme ça, on a pointé les noms de Julianna Barwick, Bryce et Aaron Dessner (The National) ou encore celui de Zach Condon (Beirut). Tu peux nous éclairer sur ces rencontres ? Sharon Van Etten : « Julianna Barwick, c’est simple. J’ai toujours été fan de son travail. J’aime son univers, ses chansons, sa voix. J’ai eu la chance de tourner à ses côtés pendant quelques semaines en janvier de l’année dernière. On a plusieurs références musicales en commun. Du coup, on a vite sympathisé et commencé à jouer l’une avec l’autre lors de nos concerts. J’ai de l’admiration pour de nombreuses chanteuses, des filles comme Jenn Wasner du groupe Wye Oak, Jana Hunter ou Meg Baird. Mais je ne les voyais pas spécialement coller à l’ambiance du nouvel album. Contrairement à Julianna Barwick. Aujourd’hui, les gens apprécient des voix féminines naturelles, sans artifice. Je trouve que l’époque convient bien aux chanteuses. » Si Aaron Dessner produit l’album, tu as également bossé avec son frère… Sharon Van Etten : « J’ai d’abord rencontré Aaron Dessner. A cette époque, Bryce était en train de travailler sur un projet de musique contemporaine avec le Kronos Quartet. En fait, ces deux frères sont d’inlassables bosseurs. Quand ils ne sont pas en tournée avec The National ou en train de composer un nouvel album du groupe, ils enregistrement des bandes-son pour des films, ils gèrent un label, organisent des festivals, collaborent à des projets jazz, organisent des rencontres entre artistes et réalisent des compilations. Honnêtement, je ne sais pas comment ils font… Quand j’étais en train de travailler sur mon disque, Aaron a demandé à son frère de plancher sur quelques arrangements de cordes pour habiller certaines chansons. Aaron a également joué de la guitare et certaines parties de batterie sur le disque. » Et la présence du chanteur de Beirut ? Sharon Van Etten : « Par le passé, je travaillais dans une petite structure discographique, Ba Da Bing Records. Il se fait que ce label a sorti le premier album de Beirut. A l’époque, on m’a parfois proposé de jouer en première partie des concerts de Beirut. Pour moi, c’était une façon d’apprendre, de me familiariser avec une plus large audience. Au début, c’était super difficile : je souffrais de crises de panique. J’étais nerveuse. Il m’arrivait de vomir, d’être malade comme un chien. Depuis, ça va beaucoup mieux… (Sourire). Zach Condon vit également à Brooklyn. On se connaît bien. L’année dernière, il m’a demandé de chanter avec lui sur son album. J’ai accepté. Par la suite, pendant l’enregistrement de mon disque, je me suis rendue compte que deux titres pouvaient fonctionner comme des dialogues. Zach a débarqué à l’improviste, juste pour dire bonjour. Finalement, on a passé le reste de la journée à
weir
T e x t e : N i c o la s A l s t e e n © h arl e y w e i r
enregistrer ‘We Are Fine’ et ‘Magic Chords’. » Si on résume un peu la situation, tu viens d’enregistrer un album avec les gars de The National et tu réussis à faire chanter la voix de Beirut (Zach Condon) sur ton disque. A cela, on peut encore ajouter des collaborations avec Forest Fire, Julianna Barwick ou Megafaun. Sans parler de ton récent duo avec Bon Iver… Peut-on aujourd’hui te considérer comme une des femmes les plus influentes de la sphère alternative ? Sharon Van Etten : « (Rires) J’en sais rien, moi. J’ai surtout l’impression d’avoir de la chance. Beaucoup de chance. Tous les artistes que tu viens de citer sont des gens qui aiment s’impliquer dans des efforts collaboratifs. Ceci explique sans doute cela. Je n’ai pas la prétention de me présenter comme une personne influente. J’essaie juste d’écrire de bonnes chansons. D’être quelqu’un de bien. Quoi qu’il m’arrive, je penserai toujours qu’il existe des milliers de gens plus intéressants que moi. » Sur ton album, deux chansons portent le nom d’un garçon (‘Kevin’ et ‘Leonard’). Ils existent ces mecs ou ce sont juste des personnages fictifs ? Sharon Van Etten : « Ils existent tous les deux. Pendant un moment, j’ai sous-loué l’appartement d’un gars. Il s’appelait Kevin. En fait, j’intitule souvent mes démos en fonction de l’endroit où je me trouve. Ou alors en fonction d’un fait marquant. Une chanson de l’album s’intitule ‘Warsaw’ simplement parce qu’elle a été écrite à Varsovie. C’est un peu ridicule, non ? Pas franchement original, hein… Bref, je suis resté chez Kevin pendant un mois. C’était à Brooklyn, à quelques mètres de l’endroit où Patti Smith a rencontré Robert Mapplethorpe. Ça, c’est pour la petite histoire. (Sourire) Ce qui est drôle, c’est que j’ai plusieurs morceaux intitulés ‘Kevin’ : ‘Kevin1’, ‘Kevin2’, ‘Kevin3’, etc. (Rires) Du coup, j’ai gardé ce titre en hommage à ce garçon. Je lui ai envoyé un mail pour lui dire que je comptais intituler un morceau comme ça. Il trouvait ça plutôt cool. ‘Leonard’, c’est pour Leonard Cohen. J’étais en train d’écouter une de ses chansons quand je composais une des miennes. C’est un petit clin d’œil à un grand artiste. Pour cet album, ma plus grande référence serait plutôt John Cale. Son œuvre est formidable. Ces disques brillent d’une approche à la fois éclectique et cohérente. Il a toujours réussi à affirmer sa personnalité à travers des chansons qui, à première écoute, n’ont aucun lien entre elles. Pour ça, c’est certainement un modèle à suivre. »
Sharon Van Etten ‘Tramp’ Jagjaguwar/Konkurrent
Au début, Sharon Van Etten s’enfermait dans sa chambre d’adolescente. Elle bricolait des petites chansons et taillait ses déboires sentimentaux dans le bois de sa guitare acoustique. Un album (‘Because I Was In Love’) raconte cette époque. Un autre (‘Epic’) marque un cheminement, une transition du folk au rock. Du dépouillement à l’épanouissement. Et, au moment présent, Sharon Van Etten signe ‘Tramp’, un album impeccable. Pour plusieurs raisons. D’abord, l’artiste prend ici conscience de ses facultés musicales. Désormais, son univers ne se restreint plus à quelques frissons grattés sur le nylon. La production d’Aaron Dessner (The National) développe à merveille cette tendance : sobres et élégants, les arrangements fleurissent autour de la voix de la chanteuse. Et, si les cordes vocales de Sharon Van Etten sont toujours nonchalantes et trainantes, elles s’enroulent autour du spleen avec une telle passion qu’on ne peut réfréner l’émotion : un truc étrange, entre bonheur exacerbé et tribulations nostalgiques. Surtout, les chansons de ‘Tramp’ se risquent à un dangereux numéro d’acrobate. La corde est raide. D’un côté, un précipice de maniérismes. De l’autre, un gouffre de bienséances. Mais, là où elles pourraient tomber de haut, les chansons de Sharon Van Etten parviennent à s’imposer un équilibre, rare et authentique, qui combine souffles épiques et soupirs mélancoliques. Tout est joué en retenue. Et puis, il y a une avalanche de collaborateurs (cfr interview). Mais ça ne vire jamais à la démonstration. Tous se plient aux exigences de l’album. On retrouve même de l’affection pour Zach Condon (Beirut), venu prêter sa voix sur deux morceaux (‘We Are Fine’ et ‘Magic Chords’). ‘Tramp’ est l’album de Sharon Van Etten. Celui qu’on n’oubliera pas. Celui dont on reparlera. Avec plaisir ou nostalgie, l’avenir nous le dira. D’ici là, carpe diem. (na) Suivez le guide : http://sharonvanetten.com
on stage 3 mars, Botanique, Bruxelles
07
Aperçu sur les routes en compagnie de The XX ou des Vaccines, Trailer Trash Tracys prend aujourd’hui son envol et se hisse d’emblée par-dessus les nuages. Pop aérienne et éthérée, la musique imaginée par le gui-
tariste Jimmy Lee et la blonde tornade moustachue Suzanne Aztoria a des arguments à défendre : des mélodies spectrales, vicieuses et lumineuses, calibrées pour briller au cœur d’une nuit glaciale. Quelque part entre The Jesus and Mary Chain, The Ronettes et ce double X qui a triomphé en 2009. Pas le genre à laisser leur langue en poche, les Anglais se révèlent fins tireurs quand il s’agit de flinguer quelques vérités. Sans rancune. Aucune.
‘Ester’ Bang ! Jimmy Lee : « On s’est rencontré dans un autre groupe, une petite aventure musicale antérieure à Trailer Trash Tracys. À l’époque, on n’écrivait pas les morceaux. Et on ne chantait pas. On a commencé à écrire des chansons à partir du moment où le leader de notre ancienne formation a pété les plombs. Il se mettait la pression. Tellement, qu’il a complètement craqué. Résultat des courses : on a perdu notre deal avec un important label. C’est à partir de là que j’ai composé avec Suzanne. On a tapé quelques morceaux sur le web. Et la magie a opéré. » Votre musique explore des paysages contrastés. On est constamment transbahuté d’une ambiance à l’autre : shoegaze par-ci, mélodies sucrées par-là. Vous cherchez à résumer plusieurs décennies musicales ? Jimmy : « Des Beatles aux Rolling Stones en passant par My Bloody Valentine, le rock a déjà tellement donné, tellement raconté. Avec Trailer Trash Tracys, on joue davantage sur les sons et nos goûts. On laisse aussi beaucoup de place aux échos naturels de la voix de Suzanne. On ne triche pas, on ne planifie rien, ne cherche pas à recréer un truc ou à résumer un pan de l’histoire du rock. Sans la spontanéité et le côté naturel, ça ne peut pas fonctionner. La question initiale, c’était de savoir ce qu’on était capable de faire avec mon jeu de guitare et la voix de Suzanne. La réponse, c’est ‘Ester’. » Vos chansons jouent tout à la fois sur leur puissance et les atmosphères. Peut-on parler de « chillgaze » pour évoquer votre musique ? Comme une contraction entre la chillwave (Washed Out, Memory Tapes, Toro Y Moi, Small Black, etc.) et le shoegaze (My Bloody Valentine, Slowdive, etc.) ? Jimmy : « Je ne suis pas fan des groupes étiquetés chillwave. Généralement, ça m’emmerde. Par contre, je peux voir où le rapprochement se situe. Les tempos et les structures atmosphériques doivent jouer un rôle. Mais chez nous, les fréquences sont plus méchantes. C’est plus lourd, moins gentil. D’ailleurs, c’est simple : on a un meilleur son que tous ces groupes ! » Suzanne Aztoria : « On cherche aussi à fixer de bonnes mélodies. On n’est pas dans le papier peint atmosphérique. Ce n’est pas notre truc. » Vous venez de tourner avec The Vaccines. L’année dernière, c’était avec The XX. Vous sentez-vous proches de ces derniers ? Jimmy : « Pour moi, c’est un des meilleurs groupes anglais de ces cinq dernières années. » Suzanne : « Ils nous ont beaucoup aidé et soutenu quand on a commencé. Ils parlaient de nous lors d’interviews à la radio, par exemple. Ils ont écouté notre album et donné leur avis. Pour nous, c’est une opinion qui compte. Récemment, on a évoqué la possibilité de tourner ensemble cette année. Si on les apprécie, le rapprochement s’arrête là. » Votre nom de groupe découle d’un mot d’argot nord-
américain utilisé pour décrire les gens qui vivent dans des caravanes par manque de moyens financiers. Par ailleurs, certaines chansons semblent entretenir un lien ténu avec les USA (‘Los Angered’, ‘Engelhart’s Arizona’). C’est un endroit du monde qui vous attire ? Jimmy : « Deux ans plus tôt, la même question n’aurait pas rencontré la même réponse. On avait tendance à porter un regard très romantique sur les Etats-Unis. On était passionné par les mythes de la société américaine : Elvis, les burgers, la vie en mobile home, etc. Une attraction persiste, mais des pièces de ce rêve adolescent se sont détachées. Paradoxalement, les chansons ‘Los Angered’et ‘Engelhart’s Arizona’ ne parlent pas des U.S.A. Cette année, on va tourner là-bas. Je pense qu’on a une carte à jouer. Je ne vois pas de groupes américains qui font la même chose que nous. En plus, je crois qu’on a plus de style qu’eux. C’est vrai, non ? » Votre musique s’appuie sur des ambiances cinématographiques qui ne sont pas sans rappeler les films de David Lynch. C’est un référent ? Suzanne : « Le cinéma opère en filigrane de notre musique. C’est une source d’influence dans la mesure où on a maté énormément de films ensemble. On partage une base d’images communes. Mais le cinéma de David Lynch ? A priori, ce n’est pas vraiment notre truc… » Jimmy : « Lynch, ce serait plutôt pour les lignes de basse lourdes et un peu sombres. Quand on a commencé, de nombreux groupes jouaient de la basse comme des petits nerveux. Tiens, Bloc Party, c’est un bon exemple. On trouve ça moche. On voulait partir à l’opposé de ce genre de son. C’était une décision esthétique. Laquelle amène aujourd’hui son lot de rapprochements avec David Lynch. Après, ça reste quand même une belle référence. Mais ce n’est pas une influence qu’on revendique. » Récemment, vous étiez programmé à Paris à l’affiche du Pitchfork Music Festival, événement organisé par le fameux média en ligne. Considérez-vous ce site comme une vitrine incontournable de la scène alternative contemporaine ? Jimmy : « Malheureusement, ce site prend trop de place. De quoi s’agit-il ? Un blog dont le succès dépasse les limites de l’entendement. Ce n’est pas sain. Pitchfork a un monopole sur la culture musicale alternative. C’est juste un petit blog installé à Brooklyn… Dès qu’un groupe sort de là-bas, il est quasi automatiquement plébiscité sur Pitchfork. C’est une forme de copinage. On ne va pas me faire croire que tous les projets new-yorkais sont indispensables. Les gars de Pitchfork devraient venir faire un tour à Londres. Pour eux, ce serait l’occasion de découvrir un autre versant de la musique alternative. Pour moi, ce qui se passe sur Pitchfork, ce n’est pas équitable. » Un disque : ‘Ester’ (Double Six/Konkurrent) Suivez le guide : www.trailertrashtracys.com
08
T e x t e : Pat r i c k F o i s s a c
Texte : anne-lise remacle © domi
En 2010, Gonjasufi était sorti de l’ombre grâce à l’incroyable
‘A Sufi and a Killer’, soit un disque hypnotique et obsédant faisant dans le reggae hip hop soul psyché qui permettait de découvrir les talents vocaux uniques de Sumach Ecks - son vrai nom, sorte de Tom Waits reggae adepte de yoga et de spiritualité engagée. Depuis lors, l’homme, plutôt prolixe, nous a gratifiés d’un album de remixes et d’un EP tout en se produisant très régulièrement sur scène. C’est d’ailleurs à la faveur d’une tournée qu’il a composé dans l’urgence ‘MU.ZZ.LE’, un EP époustouflant qui confirme son talent et son intégrité.
Dire moins pour dire plus ‘ MU.ZZ.LE’ (muselière en français, ndr) est un titre fort et en même temps assez intriguant, notamment au niveau de la manière dont il est orthographié, avec ses trois syllabes décomposées. Quel en est le sens ? Gonjasufi : « A l’origine, les titres repris sur ce disque devaient sortir sous forme d’une série de trois 45 tours. Il y aurait donc eu ‘Mu’, ‘ZZ’ et ‘LE’. Finalement, le projet initial n’a pas vu le jour et j’ai décidé de regrouper ces titres sur un CD. J’ai cependant gardé l’idée d’un titre décomposé en syllabes correspondant à la découpe initiale. Le titre, cette référence à une muselière, peut également être perçu comme étant une métaphore pour l’homme moderne qui se voit limité par un nombre de contraintes, mais qui doit continuer d’exercer le droit de s’exprimer. L’idée, c’est de mettre en avant le pouvoir énorme de la parole et de souligner qu’en même temps, on dit beaucoup plus en en disant moins. Dire moins pour dire plus, voilà, tout est dit. » Ce EP a été écrit sur la route en réaction à tes sentiments à ce moment-là et à la colère et l’agression auxquelles tu devais faire face. Dirais-tu que l’écriture était un moyen de faire retomber la pression et qu’elle avait de la sorte une vertu cathartique ? Gonjasufi : « Oui, c’est exactement ça. Je suis resté trop longtemps en tournée et j’ai fini par suffoquer, tout simplement. C’était un peu comme être en état de guerre constant. Des choses sont sorties toutes seules au gré de mes humeurs et avec le temps, je les ai associées et cela a donné naissance à ce disque qui est donc un reflet de moi-même, de mon individualité. » ‘MU.ZZ.LE’ est un projet que tu as mené à bien en solo, depuis l’écriture jusqu’au mixage, en passant par son enregistrement. Etait-ce vital pour toi de travailler de la sorte, sans aide extérieure, vu le côté très personnel de la démarche ? Gonjasufi : « Oui, totalement. En même temps, le fait de ne pas avoir bossé avec mes partenaires habituels est dû aux circonstances très précises qui ont donné naissance au projet. Nous travaillerons d’ailleurs ensemble à l’avenir. Simplement, j’avais ici besoin de mener ce travail par moi-même et ils l’ont d’ailleurs totalement compris. » Le disque est relativement bref, vu qu’il dure moins d’une demi heure. Gonjasufi : « C’est vrai que le disque est court, mais il ne faut pas oublier que des gens comme Miles Davis ont sorti des albums qui ne duraient pas plus de vingt minutes. On retrouve sur ‘MU.ZZ.LE’ les morceaux dont je sentais qu’ils devaient y figurer. C’est une question de feeling. Tu sens si un titre doit être repris ou pas. J’ai à la même époque écrit pas mal d’autres compos qu’on retrouvera sans doute en face B de singles. » Sur le plan musical, tu proposes un mix qui est très soul, psyché, et cinématographique. C’est une combinaison plutôt unique et étonnante. Gonjasufi : « Je pense que ma musique doit beaucoup au fait que je suis aussi un DJ. Je sample pas mal de choses, les associe et vois ce que je peux en faire. D’où le résultat ! » Ce qui impressionne également, c’est la façon qu’a ta
musique d’osciller entre mélancolie et enjouement, entre noirceur et apaisement. Gonjasufi : « C’est le reflet de tout ce qu’il y a en moi. Il y a toujours cette dualité, cette bataille intérieure que l’on a tendance à enfouir. Or, il faut que cela sorte, c’est le seul moyen de préserver une forme d’équilibre. » Tu es un chanteur assez engagé qui dénonce pas mal de choses, notamment l’aliénation de l’homme moderne. S’engager, est-ce pour toi une sorte de devoir moral ? Gonjasufi : « Totalement, oui. C’est une question d’honnêteté. Tu vis ta vie, affrontes des choses mais il te reste heureusement ta spiritualité pour t’exprimer. C’est ce qui te permet d’être en paix avec toi-même, car tu exerces ton pouvoir d’expression, de dénonciation, d’engagement. » Dans ces conditions, estimes-tu que la musique n’a pas de valeur sans message ? Gonjasufi : « Non, parce que tu as de la musique qui n’a pas besoin de message en soi : de la pop ou du hip hop qui ne parle que de vendre de la dope. Il n’y a pas de message mais ça marche, parce que le but visé est différent. Mais ce n’est pas mon truc, bien évidemment. » Tu es prof de yoga. Cela t’aide-t-il en temps qu’artiste ? Gonjasufi : « Tu entends ma voix, non ? Elle est complètement fucked up, à cause de l’énergie déployée. Le yoga m’aide à chanter, d’abord sur le plan technique puisque tu apprends à projeter ta voix depuis l’estomac, mais aussi parce que c’est vital sur le plan de ton bien-être mental. Si je n’enseigne pas le yoga, si je ne le pratique pas, je ne peux rien écrire de bon. J’en ai besoin, tout simplement. »
Gonjasufi ‘MU.ZZ.LE’ Warp/V2
Avec ‘MU.ZZ.LE’, Gonjasufi signe un nouveau chef d’oeuvre que l’on écoutera en boucle avec un plaisir sans cesse renouvelé mais sans pour autant en percer tous les mystères - ce qui est d’ailleurs sans doute l’une des raisons de son côté addictif. Comme sur son premier album, Gonjasufi tisse un ensemble remarquable au niveaux des ambiances et des sentiments qu’il génère, où cohabitent moult influences (jazz, hip hop, reggae, rock psyché, électro...). L’homme est animé par une dualité intérieure qui se retrouve dans sa musique affichant une tension quasi constante entre un côté dark et un versant upbeat. Entre l’éthéré ‘White picket fence’ qui ouvre l’album et le mystérieux ‘Sniffin’ qui le clôt en guise de reggae/hip hop rocailleux, ce EP explore des chemins fascinants, avec le dub en apesanteur de ‘Venom’, l’accrocheur et mélancolique ‘The blame’ ou encore la double séquence composée par ‘Nikels and dimes’ et ‘Rubberband’, sans doute le moment le plus fort de l’album de par la puissance émotionnelle qu’il dégage. Exceptionnel ! (pf)
Attention, talent en germe, c’est
ce qui vient sincèrement à l’esprit quand résonnent les premiers beats hypnotiques de ‘Wood Signs We Found’, et quand leur succèdent des rythmiques chaloupées capables de générer un enthousiasme rafraîchissant qui n’est pas sans rappeler celui provoqué à l’époque par le premier EP d’Ezra Koenig et ses amis (Vampire Weekend). À l’heure où le microcosme musical belge propice à s’enflammer pour de nouvelles têtes commence à faire bruisser positivement leur nom échappé du morceau d’ouverture foutraque de ‘Sung Tongs’ (l’album qui a contribué à faire connaître Animal Collective), Leaf House garde la tête froide et n’est pas dupe : la route est longue si on ne veut pas faire sien l’adage « live fast and die young ».
Pas de faux-semblant ch Mon premier contact avec vous s’est fait sur une méprise : on vous a présentés comme Montois, je vous découvre Liégeois, signés sur un label basé à Mons (Earphones). Pourquoi ne pas avoir cherché à Liège qui comporte déjà pas mal de structures bien établies (je pense notamment à Jaune Orange) un label pour vous accueillir ? Romain Cupper (chant-guitare) : « Il faut savoir qu’on a pas mal harcelé (rires) Honest House, Jaune Orange, 3015, tous les collectifs possibles et inimaginables à Liège mais sans succès. On ne rentrait pas du tout dans le carcan habituel des groupes véhiculés par ces labels-là : pour Honest House, nos beats n’étaient pas assez bons, et pour Jaune Orange, ça ne collait pas non plus, mais ils ont fini par nous faire jouer en première partie de Rainbow Arabia. Finalement, il a fallu aller voir plus loin : on a un manager namurois, un label montois, on a enregistré à Bruxelles, on doit se déplacer pas mal pour trouver les gens qui répondent à notre demande. » Parmi les influences qu’on vous accole ou que vous revendiquez, on trouve Caribou, Yesayer, El Guincho, ou encore Devendra Banhart et Animal Collective qui véhiculent tous une vision relativement hédoniste, ludique de la musique. Est-ce que vous vivez la musique comme une fête sans fin, ou est-ce que vous avez envie d’en faire quelque chose de sérieux? Ben Dubru (basse) : « Je crois que ce qu’on voulait faire en premier lieu, ce n’était pas forcément faire tourner une machine. On fait d’abord de la musique parce qu’on aime ça, parce que ça nous fait marrer, parce qu’on aime bien pouvoir la partager en concert avec des gens. Maintenant, si ça marche, si les gens adhèrent et qu’ils viennent toujours plus nombreux, on ne va évidemment pas cracher dessus. Mais ça n’est pas notre but premier d’en faire un métier : on fait ça parce qu’on l’a dans la peau. » Je voudrais revenir sur la genèse de l’album, on a l’impression que pour vous, les choses se sont passées assez vite… Antoine Pirard (batterie-piano) : « Romain avait composé deux chansons acoustiques qu’on a posté sur des sites internet, mais sans ambition particulière. Earphones nous a découverts sur akamusic et nous a proposé de signer un contrat de 2 ans pour l’enregistrement de l’album et un clip. Moi c’est la première fois que j’étais dans un groupe, ça faisait 2-3 mois que je jouais avec Romain. Ca nous est un peu tombé dessus, c’était comme un rêve. On a composé 12 morceaux au bluff, en 6 mois. »
inique houcmant
Comment est-ce que vous envisagez le versant scène ? Romain : « On travaille l’aspect scénique avec un ami, Renaud Beckers, qui fait notre VJing. C’est vraiment un travail d’ambiance. On met beaucoup de nappes de reverbs, c’est très dreampop. Le but c’est de créer une atmosphère intimiste, assez sombre et basée sur des projections. On n’est pas des show-stars, on ne va jamais se mettre en marcel et faire des pogos dans la foule pendant des heures. Notre but c’est de faire de la musique mais avec un aspect visuel léché, sobre. Du psyché-pop, que ce soit musicalement ou visuellement. » Ben : « Au niveau de la performance scénique, c’est sûr que les morceaux ont évolué depuis que l’album est sorti, vu qu’on a fait les choses un peu à l’envers. On a fait un album et puis on a commencé à tourner alors que jusque là on n’avait pas eu l’occasion de se confronter vraiment à la scène et de laisser reposer les morceaux. Il y en a qu’on a totalement mis de côté, notamment trois de l’album auxquels on ne touche absolument plus, on a aussi de nouvelles compositions.» Sur votre site, vous cherchiez un batteur supplémentaire, est-ce que le line-up est amené à évoluer ? Romain : « Il n’y a pas vraiment de place prédéfinie. Même
hez les jeunes pousses par rapport au chant, Ben et Antoine commencent à s’y mettre. Le but c’est que tout le monde touche un peu à tout, aux percus, aux beats électroniques. On ne cherche pas précisément un batteur. On a aussi fait pas mal de tests avec des guitaristes, avec des bassistes.» Vous parlez d’un multi-instrumentisme qui est revendiqué et que vous songez à instaurer de plus en plus. De ce fait, comment est-ce que vous gérez la composition des morceaux ? Romain : « On a une façon de composer qui doit être celle de pas mal de groupes, qui est assez mal de crâne (rires). On a pas mal d’instruments électroniques qu’on apprend à maîtriser. On passe des heures entières, parfois même une journée complète, enfermés dans une pièce à tous chipoter. De ce côté do-it-yourself, de cette recherche en tâtonnements, il y a des riffs qui sortent, des choses qui apparaissent. On prend soin de les noter, d’essayer de les recréer. C’est vraiment une recherche en groupe. C’est le côté meute, humain. Ce n’est pas comme dans le jazz ou d’autres styles de musique, où un type compose puis chacun joue les lignes de son instrument. Non, ici, aucun de nous n’a fait un cursus musical digne de ce nom, on écoute toute cette musique américaine que tu as citée, on les entend faire des choses qu’on aimerait intégrer aussi, mais on sait qu’on a tout à apprendre. » Antoine et Romain : « En concert, on joue nos morceaux, mais on fait aussi des reprises, qui nous permettent de découvrir de nouveaux horizons musicaux. Et de démystifier aussi certains groupes qui nous paraissent quasiment intouchables. On nous reproche « Vous ne pouvez pas reprendre du Animal Collective, du Beach House, le lien est trop flagrant », mais nous, ça fait partie de notre besoin d’expérimenter, on n’a pas la prétention de faire aussi bien qu’eux. » Un disque : ‘Wood Signs We Found’ (Earphones). Suivez le guide: http://www.leafhouse.be
on stage 28/03/2011 – Welcome Spring Festival Louvain-la-Neuve 7/09/2012 - Let Be There Rock Festival – Vielsam 8/9/2012 - Natura Music Festival - Couvin
Texte : Gery Lefebvre © Simon Medard
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Après un premier EP qui leur avait déjà permis de se produire en première partie de Syd Matters, Beirut ou Other Lives , les liégeois de Dan San transforment l’essai avec leur premier album, le très beau et pictural ‘Domino’. Beaucoup d’harmonies vocales mais pas de chemises à carreaux pour un groupe dont la musique est (trop ?) rapidement comparée à celle des mètres-étalon du genre que sont les Fleet Foxes ou Grizzly Bear. Rencontre avec Thomas Médard et Jérôme Magnée dans un cinéma. Voilà ce qui s’appelle un vrai hasard objectif.
L’effet Domino Quel est votre état d’esprit alors que ce premier album s’apprête à sortir ? Thomas (guitare, voix) : «Pour nous, ce disque a près d’un an déjà. C’est la photographie d’un instant. On a commencé à le composer il y a deux ans et on l’a enregistré en février 2011. C’est une belle aventure qui commence parce qu’on a enfin dans les mains le produit fini et que ce bel objet avec un chouette livret est très important pour nous. » Jérôme (guitare, voix) : « On porte effectivement les chansons depuis un long moment déjà. On aime prendre le temps pour créer quelque chose. Ca n’est pas un problème pour nous de mettre six mois entre les premières ébauches d’une chanson et le mixage final. Ca nous permet surtout d’avoir beaucoup de recul sur la musique qu’on fait et on se rend compte que ça aussi c’est important. » Vous étiez deux au départ du projet. Vous êtes maintenant six, comment fonctionnez-vous en tant que groupe ? Jérôme : « Soit Thomas, soit moi, on arrive avec des idées de chansons, des compos, soit des chansons finies soit des ébauches. Si la chanson plaît à tout le monde, on commence à travailler en groupe. Soit on garde la structure originale soit on en prend qu’une petite partie et on va chercher une partie d’une autre composition préexistante. On ne veut rien imposer aux autres membres du groupe. Au niveau de l’écriture des chansons c’est très différent. Jérôme ou moi livrons des choses beaucoup plus personnelles, c’est plus égoïste comme processus même si les thèmes qu’on développe se recoupent parfois automatiquement. » Thomas : « Tout le monde amène son petit grain de sel, ses idées et la chanson prend forme en groupe. Il y a un vrai processus groupe à partir du moment où les idées sont amenées. Vu qu’on a tous des influences très différentes, ça amène fatalement des couleurs différentes dans certains passages de chansons qui sont plus amenés par l’un ou par l’autre. Nous on le sait et on le ressent. C’est ça qu’on trouve intéressant dans la démarche. Sinon on ferait des projets solos ! » Puisque la perche est tendue, évacuons la question des influences. A l’écoute de l’album, la palette semble plus large que la vague neo-folk à laquelle on vous associe généralement, non ? ‘The End of the Day Part II’ ne sonne-til pas à certains moments comme du Pink Floyd pur jus ? Thomas : «On a des influences vraiment très très différentes. Chacun des musiciens écoute des choses qui lui sont propres. Maintenant il est certain qu’on se retrouve sur certains projets musicaux comme Syd Matters ou les Fleet Floxes. On peut dire qu’on les apprécie tous dans le groupe. Mais à côté de ça notre pianiste écoute majoritairement du métal ! Moi j’écoute beaucoup de groupes actuels comme Grizzly Bear, tout ce qui vient de Seattle, Beirut,... Mais j’ai évidemment beaucoup écouté aussi les classiques comme Simon and Garfunkel et Bob Dylan ! » Jérôme : « Au-delà de la musiqué indé d’aujourd’hui, mes grosses influences sont à rechercher du côté de Pink Floyd et du Genesis « du début ». Et effectivement ‘The End of the Day Part II’est très marqué par ces influences. Je suis arrivé
avec une partie de la chanson et Thomas avec une autre et on a construit le reste tous ensemble, ce qui en fait une chanson vraiment hybride. » On sent bien que l’étiquette « coin du feu » associée à ces influences folk vous gêne un peu, comment aimeriez vous qu’on qualifie votre style musical alors ? Jérôme : «On nous le demande régulièrement mais on n’en sait trop rien en fait. On a commencé cette musique-là sans même connaître l’existence de Grizzly Bear ou des Fleet Foxes ! A nos débuts il y a quelques années, la musique qu’on faisait n’avait rien à voir avec ce qui existait à ce moment là. On faisait la musique qu’on ressentait sans chercher à faire quelque chose d’original et à se démarquer à tout prix. Maintenant que ce revival folk est là, c’est tant mieux pour nous puisqu’il s’avère que notre style est plus ou moins dans cette veine-là. Mais si on veut mettre une étiquette, on s’est prêtés au jeu entre nous pour rigoler : on fait du neo-folk-acoustico-progressif ! » Thomas : « C’est la musique que nos parents nous ont mis dans les oreilles pendant toute notre enfance. Ils nous faisaient écouter du Simon and Garfunkel, beaucoup de Crosby, Stills, Nash and Young et ce genre de choses. Mais rien n’est gravé dans le marbre, si ça se met sur le prochain album l’un de nous deux va échanger sa guitare folk contre une guitare électrique ou contre un clavier ! On verra où ça va nous mener, on essaie de se remettre en question tout en continuant à se faire plaisir. Il y a donc moyen de mettre pas mal d’étiquettes mais on a essayé dans ce disque de ne pas faire deux chansons les mêmes, de ne pas emmener celui qui l’écoute sur une seule voie, d’avoir une personnalité par chanson. » Certains groupes aiment sortir du studio pour enregistrer dans des endroits qui pourraient offrir davantage d’amplitude à leur son, on pense à des églises, des châteaux, …Ca vous plairait de vous offrir un jour cette petite folie ? Thomas : « On a enregistré notre premier EP dans une grange près de chez nous. Mais si l’occasion se présente, je signe à deux mains ! C’est évidemment une question de moyens mais pour moi ça reste un but à atteindre d’ici quelques temps. J’achète du matériel assez régulièrement pour pouvoir être un peu indépendant dans l’enregistrement, faire des maquettes qui sont les plus proches possibles de la réalité que j’ai en tête quand je compose une chanson. Et pourquoi pas emmener ce matos quelque part ? On y a déjà pensé pour le prochain album, à s’enfermer quelques jours dans un chalet pour enregistrer le disque et repasser en studio pour réenregistrer les instruments qui ont vraiment besoin d’un matériel hyper pro pour donner toutes leurs qualités. Et puis on y revient, avoir notre propre matériel nous permettrait vraiment de prendre le temps d’arriver à ce qu’on veut vraiment. » Un disque : ‘Domino’ (Jaune Orange/PIAS) Suivez le guide : http://dansan.be
on stage 4 février Eden Brasserie, Charleroi (avec Megafaun & Alamo Race Track) 25 février Botanique (AB BOTA)
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Texte : Eric Therer
Parti au départ de rien, Pias a gravi les échelons, se hissant – parfois avec félicité, parfois dans la douleur –
comme un acteur incontournable des musiques indépendantes. Cette année, cette compagnie trans-frontalière et trans-genres fêtera son trentième anniversaire. Compte-rendu d’une success story avec Kenny Gates, son président fondateur.
Comment est née l’aventure de Pias ? Kenny Gates : « Elle est née suite à une rencontre avec Michel Lambot, lequel tenait un magasin de disques à Bruxelles appelé Casablanca Moon qui vendait des disques de labels indépendants. A l’époque, au début des années 80, j’étais toujours à l’école. J’achetais des vinyles avec l’argent que mes parents me donnaient pour manger. J’étais un fan invétéré de musique mais j’ignorais ce qu’était un label indépendant. Michel a dû fermer son magasin suite à des problèmes financiers. Il m’a proposé de s’associer et de monter une petite boîte d’import de disques. On a commencé dans une cave chez mes parents, comme les Beatles ! On allait chercher des disques en voiture en Angleterre toutes les semaines et on visitait des petits disquaires. J’ai trouvé le nom ‘Play It Again, Sam’ en référence au film ‘Casablanca’. Je l’ai perçu comme une suite logique évoquant un recommencement. Avec ‘Play It Again’, ça voulait dire qu’on recommençait quelque chose. » Ce nom a fini par être ramené à un sigle… Kenny Gates : « Ce nom m’a collé pendant 29 ans ! C’est un nom difficile à prononcer, peu pratique à utiliser. Avec le temps, on l’a abrégé. C’est Pias qui est resté. » Quels ont été les premiers labels que Pias a distribués en Belgique ? Kenny Gates : « Le premier à nous faire confiance, c’était Red Rhino, un label disparu à la fin des années 80. Ont suivi Mute, Beggars Banquet, 4ad, Rough Trade, Factory et bien d’autres encore. Ce sont tous les labels dont je me suis inspiré pour créer et faire grandir Pias. A l’époque, les rapports de confiance étaient de mise, il n’y avait guère
moins lucratif. Les quatre multinationales qui restent ne seront bientôt plus que trois vu que Universal a racheté EMI. La part des indépendants va continuer à grandir et ça redevient des gens passionnés qui seront aux commandes. Ce qui a toujours été existant dans les 30 ans de l’histoire de Pias et qui nous permet de garder cette énergie et cette excitation perpétuelle, c’est que nous sommes passionnés de musique et cela est un moteur qui nous tient tout le temps en alerte, tant au niveau de la musique qui se renouvelle perpétuellement mais aussi au niveau du business car tous ces changements ne nous permettent pas de nous endormir sur nos lauriers. » Il n’empêche que Pias ressemble à une petite multinationale qui ne veut pas dire son nom… Kenny Gates : « Pias est transnationale. J’ai toujours voulu que Pias soit une alternative aux multinationales dotées de conseils d’administration composés de financiers et d’avocats qui veulent la rentabilité à court terme aux dépens de la créativité, de l’innovation. Pias se veut en décalage par rapport aux multinationales. Cela dit, je n’ai jamais voulu me cantonner dans le misérabilisme et la complainte du phoque en Alaska. Pour résister à l’écrasement des multinationales, il faut se doter de moyens et ne pas juste se plaindre. Dès le départ, j’ai profité de l’aspect central de la Belgique et de la disparition des barrières douanières en 1992. En étant présent sur plusieurs territoires, Pias offre une plate-forme compétitive par rapport aux multinationales qui elles sortent leurs artistes dans plusieurs pays à la fois. Pias est présent en Belgique, en Angleterre, en Irlande, en Hollande, en France, en Allemagne, en Espagne et a
de contrat écrit et les choses tenaient souvent dans une poignée de mains. Le premier deal signé a été conclu avec le groupe X-Mal Deutschland. » Très vite, Pias s’est lancé dans la production… Kenny Gates : « On a effectivement commencé très tôt à se lancer dans des productions propres. Le premier disque qu’on a produit est celui de Polyphonic Size, une production de Michel. On a continué avec The Neon Judgement, Front 242… et avec des groupes étrangers comme The Legendary Pink Dots, Young Gods… » De PME amateur, la compagnie est devenue un véritable groupe. Que retiens-tu de cette évolution ? Kenny Gates : « En tant qu’entrepreneurs indépendants, Michel et moi n’avons jamais étudié ni l’économie, ni le management. On a commencé à trois (ndr : avec un comptable). Le personnel a progressé pour monter jusqu’au 500 personnes à la fin du vingtième siècle. Aujourd’hui, Pias emploie environ 250 personnes dans le monde. Il a fallu qu’on se structure. A l’époque, nous n’avions pas de rôle défini. Pias était une boîte très rock n’roll. Ce n’est que depuis une dizaine d’années qu’on s’est structuré en groupe international. J’ai toujours été plus impliqué dans la communication tandis que Michel s’est intéressé aux éditions musicales, à l’administratif, au financier et au syndicat des indépendants et a fondé à cette fin l’association Impala. » L’industrie du disque a connu des années fastes et vit actuellement une crise économique profonde que rien ne semble enrayer… Kenny Gates : « Il y a eu deux booms. Le boom du new beat à la fin des années 80 qui a vu le nombre de commandes démultiplier et celui de la fin des années 90 avec entre autre la french touch, Laurent Garnier, son label F Communications, Motorbass, Superdiscount… Aujourd’hui, l’industrie a perdu la moitié de ses employés et 60% de son chiffre d’affaire. Il y a eu des milliers de gens qui ont perdu leur emploi. On n’a jamais été soutenu par qui que ce soit. Le cliché du producteur de musique plein aux as, l’image d’Eddy Barclay en limousine est tronquée et permet de légitimer dans l’esprit de certains le téléchargement gratuit. Ma génération a grandi avec le support physique qui est en déclin mais des nouveaux modes de consommation de musique se développent. Des supports comme Youtube, Itunes vont permettre aux artistes de continuer à gagner leur vie. Je reste très optimiste. Ce ne sera plus de l’argent facile comme entre 1990 et 2000, époque où les multinationales et le marketing de masse se sont imposés massivement. Aujourd’hui, ils se retirent car le secteur est devenu
même un petit bureau aux Etats-Unis. Pourtant, je n’ai jamais reçu un soutien du politique. En 2008, Michel et moi avons été faits chevaliers de l’Ordre des Arts et des Lettres en France par le Ministre de la Culture français. La Belgique pourrait être plus fière. Je voudrais que l’on prenne en compte le fait qu’on soit un acteur culturel à part entière. » Les Pias Nites constituent-elles un nouveau pôle d’activité au sein de votre entreprise ? Kenny Gates : « Oui, certainement.. Auparavant, Pias ne touchait pas d’argent sur les concerts de ses artistes. Aujourd’hui, on veut faire le pas. Un article de presse peut faire vendre des disques mais aussi le concert de l’artiste qui se produira après. Avoir accès directement à la musique représente quelque chose d’important pour son consommateur. Nous avons donc décidé il y a trois ans de créer nos propres concerts. Le public doit se reconnaître d’abord dans l’artiste. Le label est appelé à disparaître avec la dématérialisation de la musique. Les Pias Nites c’est aussi une manière de faire connaître le nom Pias au public. Je voudrais que les gens y passent un bon moment dans un endroit magique, qu’ils achètent leur ticket avant même que l’affiche ne soit connue, comme par reconnaissance de la qualité. Je voudrais que les Pias Nites soient une marque européenne. On en fait à Bruxelles à Tour & Taxis, à la Flèche d’Or à Paris, on en a fait une à Eindhoven en décembre on va la refaire l’année prochaine mais je voudrais qu’il y en ait partout en Europe. » Quels souvenirs en particulier gardes tu de toute cette aventure ? Kenny Gates : « Daniel Darc. Miossec. Editors parce que leur musique est superbe et qu’humainement ce sont des gens fantastiques. Laurent Garnier. Martin Gore avec qui j’ai passé une soirée inoubliable à la maison. Moby. Pour le moment je suis fan de Other Lives. Le disque dont le suis le plus fier est sans doute celui de Two Many Dj’s. Je voulais vraiment que Two Many Dj’s soient à la tête d’affiche du prochain Pias Nites, une façon de fêter le dixième anniversaire de leur album historique, une véritable icône. »
Rejoue moi le
on stage [PIAS] Nites les 16 et 17 février @ Tour & Taxis Suivez le guide : http://piasnites.com
Texte : Tom Vea © neil krug
Texte : Laurent Grenier
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Douceur folk en directe lignée de leurs héros américains telle est la meilleure définition, à mon sens, de la musique des First Aid Kit. Les sœurs suédoises reviennent cette année pour l’exercice difficile
Les pavés sur l’histoire du rock ne manquent pas. Des plus encyclopédiques
tés proches des années soixante, délivrant un brillant hommage à une musique simple, efficace et d’une douceur déconcertante. God bless Sweden, God bless folk songs.
Spector…), ces bouquins insistent souvent davantage – et parfois de manière lourdingue – sur le contexte social (racial), économique et politique plutôt que sur la musique elle-même.
du deuxième album. Avec ‘The Lion’s Roar’ elles réussissent l’examen avec une grande distinction et nous plongent, l’espace d’un instant, dans des sonori-
aux plus subjectifs. Le plus généralement confinés à un genre, une époque bien définie ou un artiste (le reggae, les golden sixties, Phil
Accords Majeurs
First Aid Kit Les allumettes suédoises Klara Söderberg : « Avant d’être deux sœurs, nous sommes deux amies complémentaires, nous nous entendons à merveille, nous sommes influencées par les mêmes choses, nous avons le même avis sur beaucoup de points de vue, c’est un vrai plaisir. » Johanna Söderberg : « Et puis notre père est avec nous, il a enregistré la basse sur l’album. Il avait, à l’époque, produit notre premier EP et notre premier disque. Il nous accompagne en tournée car c’est un super ingénieur son. Il a toujours un œil sur nous. Jouer en famille c’est super, vu qu’on est tout le temps loin de la maison, on peut quand même passer du temps avec les gens qu’on aime. » Vous vous êtes fait connaitre en postant une cover des Fleet Foxes (‘Tiger Mountain Peasant Song’) sur Youtube. Pensez-vous que le net est devenu le moyen le plus efficace pour accéder à la célébrité ? Johanna : « Il existe de nombreux moyens pour se faire connaître et entendre, comme la télévision ou la radio, mais c’est sûr que l’internet est le médium le plus efficace et le plus rapide. D’ailleurs ça a marché pour nous et nous en sommes très contentes. Qui aurait pu se l’imaginer ? » Klara : « Nous ne pouvions rien prévoir, nous avions envie de rendre hommage à un groupe que l’on apprécie beaucoup, et ça a touché un bon nombre de gens. » Vous êtes des spécialistes des covers et vous reprenez avec aisance des artistes engagées telles Buffy Sainte Marie ou Patti Smith; vous sentez vous investies d’un message à délivrer ? Johanna : « Quel est l’intérêt de faire de la musique ? Il est évident que nos morceaux parlent de choses qui nous tiennent à cœur. Nous ne portons pas de chaînes et nous avons la parole, donc à notre échelle, si nous pouvons faire quelque chose, il faut que nous le fassions. Cela ne nous effraye pas de parler de politique, et encore moins de chanter ‘Universal Soldier’ de Buffy Sainte Marie. » Klara : « Mais attention, nous ne parlons que de thèmes qui nous sont précieux, nous n’allons pas faire des chansons engagées histoire de dire que nous en faisons. Nous sommes extrêmement touchées par la nature, l’environnement et la vitesse à laquelle le monde se dégrade. » Johanna : « Mais c’est sûr que nous sommes des filles et en plus nous sommes jeunes, donc il est super facile de prendre un raccourci et de dire que nous sommes stupides, c’est devenu un défi de se battre contre ce cliché. De toute façon, l’important c’est de rester honnêtes et intègres, ne pas écrire en fonction de ce que veulent entendre les gens et toujours faire ce que l’on veut et peut. » Qu’est ce qui vous influence et vous plaît tant dans la musique folk ? Johanna : « La musique country venant des Etats-Unis ou d’Angleterre nous inspire, c’est une musique honnête, vraie et sincère. On ne peut pas mentir en écrivant une musique comme ça. Mais le groupe qui nous a le plus marqué est sans nul doute Bright Eyes. Dès que nous les avons entendus, il n’y avait plus de doute, nous voulions faire de la folk et de la country, ce type de musique caractérise bien notre état d’esprit. » Pourquoi « le lion rugit t’il » ? Johanna : « C’est une sirène d’alarme, un gros avertissement du danger imminent sur l’état actuel de notre planète. Il est important que quoi que nous fassions, qui que nous soyons, nous tentions d’être de meilleures personnes, qui s’attellent à construire un monde meilleur. Un monde où l’on se respecte, un monde que l’on respecte, tous ensemble. » Mais malgré tout, sur ‘The Lion’s Roar’ , vous parlez beaucoup d’amour... Johanna : « C’est vrai que ce disque parle de l’importance de la famille et de l’interaction avec les autres. A notre époque, où internet est le roi dans chaque maison, nous sommes très isolés tout en ayant l’impression d’être proche des gens, de tout connaître sur eux. Si l’on va dans un bus, dans la rue ou dans un bar, chacun reste dans son coin et n’interagit pas avec l’autre comme si nous avions peur de rentrer en communication. Il est primordial de ne pas se perdre dans toutes ces technologies. » Comment s’est passé l’enregistrement de l’album ? Johanna : « On l’a enregistré durant le printemps 2011 aux Etats Unis, à Omaha, au Nebraska avec Mike Moggis du groupe Bright Eyes, qu’on admire. C’est le groupe qui nous a donné envie de faire de la musique et là c’était vraiment comme un rêve qui devenait réel. Ce fût un vrai plaisir de travailler sur cet album. Il y avait plus de musiciens que sur le précédent opus, on avait l’impression de faire un disque de groupe, c’était beaucoup plus excitant à faire, car nous avons rencontré et fait de la musique avec plein de personnes, ce qui fût une expérience extraordinaire et très enrichissante d’un point de vue humain et professionnel. » Pouvez vous me délivrer le secret de la musique venant du nord ? Comment faites -vous pour produire chaque fois quelque chose de si céleste? Johanna : « Il n’y a pas de secret, juste peut-être le côté ténébreux et le froid de nos pays: c’est tellement insoutenable dehors que l’on préfère rester à la maison et jouer de la musique. C’est aussi mystérieux que ça. » Un disque : ‘The Lion’s Roar’ (Wichita/Pias) • Suivez le guide : http://thisisfirstaidkit.com/
on stage Pias Nights 16/02/12 à Tour et Taxis, Bruxelles
Souvent aussi, ils font la part belle à la destructrice rock’n’roll way of life. C’est en ce sens que Christophe Pirenne a souhaité qu’‘Une Histoire Musicale Du Rock’ se démarque des autres opus. En faisant le pari de l’exhaustivité et en s’attachant principalement aux rythmes, aux contours mélodiques, aux harmonies, aux jeux de dynamique, aux timbres qui distinguent et/ou rapprochent Lady Gaga de Bo Diddley, Snoop Doggg d’Oasis, il dresse l’arbre généalogique des musiques modernes, remontant des racines instables du rock’n’roll aux derniers bourgeons de la hype. En gros, d’Elvis à Mumford & Sons, en passant par la British Invasion, le krautrock et le gansta rap. Se gardant de tout jugement de valeur (il sera bien difficile de dire s’il aime davantage Paul Anka que Kanye West), évitant de justesse le ton trop professoral, ces 729 pages, index et très riche biographie non compris, sont une mine d’informations souvent essentielles, parfois anecdotiques ou drôles (le nombre de guitares détruites par Pete Townshend, le terme doo-wop qui n’apparaît que dans les années 80 pour qualifier un genre apparu trois décennies plus tôt), pour comprendre l’évolution de ce terme générique qui nous tient tant à cœur, le rock. S’il est impossible de retranscrire ici toute la richesse de l’ouvrage, on peut détailler ses rouages : Pirenne articule son bouquin autour de onze œuvres qu’il considère comme autant de pierres angulaires. De là, il développe tous les genres et les sous-genres. Ainsi, à partir de ‘That’s All Right’ d’Elvis Presley, il revient sur ce qui a permis l’éclosion du King. Les musiques noires (classées jusqu’en 1949 dans le Billboard sous l’appellation race music avant d’être remplacées par rythmn & blues, plus neutre), les musiques rurales blanches, sans oublier la variété américaine, ni négliger l’importance des musiques religieuses et des chants de travail. Il rappelle le travail capital d’Alan Lomax et le fait que presque tous les pionniers du rock – Elvis, Jerry Lee Lewis, Roy Orbison, Little Richard, Bill Haley, Chuck Berry – aient appartenu, parfois avec des liens très forts, à l’une ou l’autre église du Sud protestante : baptiste, pentecôtiste, adventiste. Ce qui n’aura de cesse de les tirailler entre cette éducation religieuse et les tentations profanes du rock, argent facile et plaisirs immédiats. Le rock succède au blues comme la musique du diable. En parallèle, Pirenne souligne les évolutions des technologies et de l’industrie musicale (des majors à l’apparition des firmes indépendantes, les procédés à la limite de la légalité, les scandales Peyola). Il rappelle que le rock peut se caricaturer de la manière suivante : l’anonymat puis la gloire, la pauvreté puis la fortune, la province puis le monde. De cette manière, il examine aussi les mauvais usages de cette technologie, précisant qu’une part des innovations les plus importantes de l’histoire du rock est due à des musiciens sans argent bidouillant sur des technologies dépassées. Pirenne, qui enseigne l’histoire de la musique et les politiques culturelles dans les universités de Liège et de Louvain-la-Neuve, insiste donc – c’est une des caractéristiques majeures du bouquin, sur les aspects purement musicaux du rock. On apprendra, entre autres, que ‘(I Can’t Get No) Satisfaction’ repose sur un riff de trois notes (si, do, ré), quatre accords élémentaires (tonique, dominante, sousdominante, septième diminuée) et une forme constituée d’un refrain de seize mesures alternant avec des couplets basés sur le riff. Cela peut certes s’avérer difficile à lire pour les non musiciens mais ces passages soulignent objectivement des similitudes insoupçonnées entre certains morceaux: ‘Twist & Shout’, ‘Born To Run’ sont ainsi issus du même moule que ‘La Bamba’… ‘Une Histoire Musicale Du Rock’ , par son exhaustivité et sa rigueur, s’impose donc comme un ouvrage de référence. Un livre : ‘Une Histoire Musicale Du Rock’ (Fayard)
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T e x t e : N i c o l a s A l s t e e n © a n g e l c e b a l lo s
Perfume Genius Délicate et effroyablement personnelle, la musique de Mike Hadreas se dresse par-delà les notes vulnérables de son piano. Beau à chialer, triste à pleurer, le second album (‘Put Your Back N 2 It’) de celui qui se cache sous les effluves nostalgiques de Perfume Genius batifole encore dans les zones obscures de la nature humaine. Quelque part entre la fragilité d’Antony Hegarty et la déprime paradisiaque d’Elliott Smith, le garçon creuse son sillon. Sans sourciller.
Quelle est la genèse de Perfume Genius ? Mike Hadreas : « J’ai toujours joué du piano, toujours aimé écouter de la musique. Sans jamais réaliser que je pouvais en faire moi-même, que je pouvais écrire une chanson. Il y a cinq ans, un déclic s’est produit, quelque chose a pris un sens. Je devais écrire… Ecrire des poèmes, jouer du piano : deux choses totalement distinctes dans ma vie qui, un jour, sont entrées en collision. » Peut-on voir tes chansons comme une mise en musique de tes premiers poèmes ? Mike Hadreas : « Je suis une sorte d’éternel ado : je tiens un journal intime, ce genre de choses... Mais je n’ai jamais pris conscience de la portée de mes textes. On peut donc distinguer mes notes personnelles des chansons. » Ton premier album, ‘Learning’, a été écrit de façon obsessive, voire compulsive. A l’heure de ‘Put Your Back N 2 It’, le processus de composition est-il différent ? Mike Hadreas : « Pas fondamentalement. C’est dans ma nature : je suis ce genre de personne qui peut être obnubilée par quelque chose. J’y pense sans arrêt, j’y travaille jusqu’à la fin, de façon à anéantir cette obsession. Donc, oui, l’écriture du second album s’est déroulée de la même façon. Les poèmes sont simples, ils reposent sur des textes courts. Mais chaque mot est pesé. » Quelle a été la réaction de ton entourage à l’écoute du premier album ? Mike Hadreas : « C’était principalement mon histoire. Certains étaient un peu inquiets pour moi. (Rires) J’ai grandi dans une famille dans laquelle, même s’il y avait des problèmes, le secret n’avait pas sa place. On pouvait parler de tout. C’est un fonctionnement assez sain. Je ne pense pas manquer de respect à mon entourage dans ma façon d’écrire. À travers mes chansons, je cherche plutôt à les aider, à les réconforter. » Les paroles de ton premier album étaient personnelles. Tu parlais de toi, de ta famille, de tes amis. C’était assez intime. Cette façon d’aborder tes proches à travers tes chansons a-t-elle eu des conséquences sur ton mode d’écriture ? Mike Hadreas : « Pas vraiment. J’essaie de plus en plus d’anticiper la réaction des gens. Quand j’ai commencé à travailler sur cet album, j’ai écrit une chanson (‘Dark Parts’) pour ma maman. Récemment, je l’ai jouée devant elle. Et c’est la même chose pour mes amis. Si je fais référence à quelqu’un dans une chanson, je veux être certain que cette personne apprécie le morceau. » La chanson dédiée à ta maman (‘Dark Parts’) évoque les moments sombres de sa vie. Pourquoi ne pas se concentrer sur les bons moments ? Mike Hadreas : « La vie, c’est une activité solitaire. Il faut être capable de se féliciter quand on passe au-dessus des moments difficiles. Si tu survis à un abus sexuel, par exemple, les gens viennent t’applaudir. Mais survivre après ça, c’est réellement difficile. Tout ça pour dire que je voulais dire à ma mère qu’elle est forte et merveilleuse, que ses expériences personnelles m’ont renforcé. Je pense qu’elle le savait déjà. Mais je voulais qu’elle le sache un peu plus encore. (Sourire) » ‘Put Your Back Into It’, le titre qui donne son nom à l’album, est aussi une chanson d’amour gay. Est-ce important de clamer ton homosexualité à travers ta musique ? Mike Hadreas : « Oui, je pense que ça l’est. Dans la vie, je suis contre toutes formes de crainte. Partant de là, je serai honteux de cacher mon homosexualité. Certains s’inquiètent de cette situation : ils pensent que chanter une relation amoureuse homosexuelle, c’est prendre le risque de s’adresser exclusivement à un public gay. Moi, je n’y crois pas :
les gens sont plus intelligents que ça. C’était important pour moi d’écrire une chanson d’amour entre deux hommes. » Quel est ton premier souvenir de chanson gay ? Mike Hadreas : « Un jour, j’ai acheté un album d’Imperial Teen, un groupe pop indie de San Francisco. C’était au milieu des années 1990, avant mon coming out. Sur le disque, il y avait une chanson d’amour dans laquelle un gars raconte qu’il embrasse quelqu’un. Et, à la fin, il dit qu’il embrasse un homme. Je me souviens d’avoir fait « Oh ! » en demandant à mon grand frère si on pouvait vraiment dire ça. Pour moi, à l’époque, ça devait rester un secret. Après cette expérience, j’avais l’impression de devoir cacher l’album. Je devais avoir 13 ou 14 ans. C’était essentiel d’entendre qu’on pouvait parler ouvertement d’homosexualité. » Le thème de la chanson ‘Awol Marine’ s’inspire d’une vidéo porno. C’est assez inhabituel comme source d’inspiration… Mike Hadreas : « Personne ne mate du porno en s’en vantant l’instant d’après. Genre « Hey mec, j’ai regardé du porno ! » (Sourire). On ressent toujours une certaine culpabilité. C’était le cas après avoir visionné celui dont je parle dans la chanson. C’était une vidéo assez immature : les acteurs ne savaient pas bien ce qu’ils devaient faire et s’ils le faisaient bien. Ecrire sur ce sujet, c’est ma façon de faire quelque chose de beau à partir d’un truc qui est souvent considéré comme grossier. » La chanson ‘17’ évoque cette période de la vie : 17 ans, c’est l’âge le plus difficile ? Mike Hadreas : « Pour moi, c’était plutôt horrible. C’est une période où tu te démènes pour essayer de savoir qui tu es. Tu cherches des pistes vers l’âge adulte. Mais, au fond, tu es toujours un enfant. Aujourd’hui, je sais plus ou moins qui je suis. L’adolescence, c’est l’âge égoïste. On est complètement obsédé par sa personne. Je voulais aborder cette période, même si elle me semble toujours aussi inexplicable. » Le morceau ‘Dirge’ s’inspire d’un poème d’Edna St. Vincent Millay. Es-tu un grand amateur de poésie ? Mike Hadreas : « Je ne suis pas un érudit en la matière, mais je possède quelques recueils. J’aime quand un poème est simple et concis. Quand je lisais ce poème d’Edna St. Vincent Millay, j’entendais sa bande-son dans ma tête. J’ai donc décidé de la reproduire. » C’est un poème de 1921. As-tu une affection particulière pour les choses surranées ? Mike Hadreas : « En quelque sorte. Je ne sais pas pourquoi. Même ma maison est vieille. Mes vêtements aussi. J’aime l’idée qu’ils soient habités, qu’ils aient une histoire. C’est ça : j’aime les choses qui ont une histoire. » Le concert donné, fin 2010, à la Rotonde du Botanique serait ton préféré. C’est toujours vrai aujourd’hui ? Mike Hadreas : « Je n’ai pas dit que c’était mon meilleur concert, mais c’est clairement mon préféré. La salle était superbe. Les gens souriaient, ils étaient d’un grand soutien. Après le concert, j’ai enlacé des spectacteurs. Parfois, aux Etats-Unis, les gens sont très « coincés ». Quand la musique est calme, ils ne savent pas s’ils doivent applaudir. Ici, les gens sifflent et applaudissent. J’ai trouvé ça super ; ça m’a rendu heureux. J’ai pleuré après ce concert. »
La délicatesse
Un disque : ‘Put Your Back N 2 It’ (Matador/Beggars Banquet). Sortie le 20 février. Suivez le guide : http://www.matadorrecords.com/perfume_genius
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FASTLANE CANDIES Be, TAÏFUN Be, GAËTAN STREEL Be, KISS & DRIVE Be, PALE GREY Be KOMAH Be, THE LINK Be, THE K. Be, EXUVIATED Be, DRIVING DEAD GIRL Be APPLAUSE Be, KUPID KIDS Be, V.O. Be, NOA MOON Be, CRAZY LADY MADRID Be DYNAMIC BE, KAER Be, UMAN Be, SQUEAKY LOBSTER Be, GLŸPH Be, ANTILUX Be, CONCERT DEBOUT Be, CUPP CAVE Be, COMPUPHONIC Be, MËLAN Be, VEENCE HANAO Be, SCYLLA Be, AMUTE Be, JOY AS A TOY Be, ZOFT Be PIERRE LAPOINTE ca seul au piano • coprod. Ubu PIERRE LAPOINTE ca seul au piano • coprod. Ubu HANNI EL KHATIB Us • SOLD OUT THE MACCABEES Gb + WE ARE AUGUSTINES Us VINCENT LIBEN Be nouveau CD CLAP YOUR HANDS SAY YEAH ! Us + MEURSAULT Gb • SOLD OUT
THE REAL TUESDAY WELD Gb AZARI & III Ca I BREAK HORSES Se KINA GRANNIS Us LE PEUPLE DE L’HERBE Fr BALIMURPHY Be nouveau CD • coprod. Un Soir Autour du Monde • Cirque Royal
ALDEBERT Fr BOOM BIP Us ACTIVE CHILD Us tUnE-YaRdS Us + CATERPILLARMEN Is KURT VILE & THE VIOLATORS Us PULLED APART BY HORSES Gb + TURBOWOLF Gb
24.02
@ AB : KISS & DRIVE Be, CAPE COAST RADIO Be, BRNS Be, SCHOOL IS COOL Be, HOQUETS Be
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@ BOTA : LOVE LIKE BIRDS Be, ZOFT Be, BIRDS THAT CHANGE COLOUR Be, CUSTOMS Be, DAN SAN Be
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DRY THE RIVER Gb YOUTH LAGOON Us + HALF ASLEEP Be • SOLD OUT THE LOCOS E ST. VINCENT Us • SOLD OUT SKIP THE USE Fr BIG DEAL Us + ALT-J Gb BURAKA SOM SISTEMA Pt • SOLD OUT SHARON VAN ETTEN Us CHAIRLIFT Us + o F F LOVE D WU LYF Gb • SOLD OUT ANDREW BIRD Us • Cirque Royal MEGAPHONIC THRIFT No LAMBCHOP Us + CORTNEY TIDWEL Us TEAM ME No + UNO MØLLER Us CASS McCOMBS Us THOMAS DYBDHAL No ELLIOTT MURPHY Us
…ET TOUTE LA SUITE DE L’AGENDA 02.218.37.32 – WWW.BOTANIQUE.BE
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Earteam Matt Elliott ‘The Broken Man’ Ici d’Ailleurs/Konkurrent
© Cetrobo.com
‘Oh how we fell’, un étonnant morceau-monde de 11 minutes et des poussières, voilà comment frappe d’emblée ‘The Broken Man’. 11 minutes de pure bravoure et de recueillement, où se croisent le spectre de Don Diego de la Vega, des fluctuations flamenco à la guitare que n’aurait sans doute pas renié l’ami John Fahey, des regrets ficelés en petits paquets aux arêtes saillantes, des apnées silencieuses, sans oublier le cortège chaotique d’âmes russes tourmentées qui accompagnent le songwriter depuis sa trilogie (‘Drinking Songs’, ‘Failing Songs’, ‘Howling Songs’), en relative retenue jusqu’à l’ultime instant. Dès lors, la couleur est donnée : noir c’est noir, ou gris cendres, à la rigueur. Prétendre que Matt Elliott nous avait habitués jusqu’alors à des morceaux solaires et suintant le bonheur par tous les pores me ferait passer pour un imposteur de petite volée. Bien entendu, l’ancien Third Eye Fondation continue à creuser ce même sillon folk balkanicotragique qu’il a fait sien depuis 2004, jusqu’à l’obsession. Mais il le fait ici avec une forme de rigueur et d’austérité qui méritent force agenouillements, désosse les mélodies avec les dents, alterne les cavalcades à la guitare et les plages délicates de piano, se débarrasse des scories superflues, de toute cette fureur démente noire/noise que pouvait contenir ‘Howling Songs’. C’est une vague intense de mélancolie qui vous étreint ou vous lasse, il faut définitivement choisir son camp : t’es gloomy ou t’es bath, tranche ou tu seras tranché. Et l’auditeur aguerri à tant de morosité, comblé mais exsangue, de murmurer avec le demi-sourire de circonstance : « Hello darkness, my old friend… » et de boire, consentant, ce délicieux poison jusqu’à la lie. (alr)
Lambchop ‘Mr M’ Cit y Slang/Konkurrent
Chanteur, auteur, guitariste et maître d’œuvre de Lambchop, Kurt Wagner embarque sa casquette fétiche à bord d’un nouvel album à fleur de peau. ‘Mr M’ est un hommage à l’ami perdu, une ode chagrine au regretté Vic Chesnutt. Face à la tristesse, le leader de Lambchop évite de sombrer dans le spleen. Il retient ses larmes. Peines et émotions prennent alors la direction de ses chansons, œuvres apaisées, pleines de compassion et d’amour. Le cœur serré, Kurt Wagner pose sa voix grave sur les souvenirs : des bons moments, savamment orchestrés et subtilement mis en lumière par une pluie de cordes délicates. Les guitares surlignent la passion. Le piano s’offre, lui aussi, quelques notes à la mémoire du compagnon suicidé. Si la mélancolie règne en maître sur le royaume de ‘Mr M’, elle ne se prête jamais à la dépression. Par ailleurs, on a parfois vu Lambchop comme le tenant d’une autre country. Rien de tout ça ici. Kurt Wagner revêt le costume du crooner et séduit la pop du haut de ses bons mots. Chaleureux et réconfortant, ce disque est long en bouche. On sait qu’on y reviendra. Pour le souvenir ou par pur plaisir. (na)
Mansfield Tya ‘Nyx’ Vicious Circle/Munich
Vendu par les Inrocks – mais ces gars savent-ils encore seulement causer de musique ? – et tous leurs imitateurs comme un « opéra-rock nocturne », ‘Nyx’ n’en a pourtant pas la moindre des caractéristiques. D’abord, parce que si tous les disques qui viennent chercher des noises, la nuit, aux amours torturés et interlopes devaient être étiquetés de la sorte, on n’aurait pas fini d’entasser les albums conceptuels. Ensuite, parce que les chansons de ‘Nyx’ n’en ont royalement rien à foutre les unes des autres. Et pour cause : chacune d’elle s’apprécie séparément et intégralement. Le duo de Nantaises reprend donc pour la troisième fois sa formule absconse (euh, un violon, une guitare) qui avait fait de ‘June’ et ‘Seules Au Bout De 23 Secondes’ des disques assez magiques et l’abracadabraque de fort belle manière. Notamment à grands renforts de boîtes à rythmes et de bleep bleep bien foutus qui font de certains morceaux – ‘Des Coups, Des Cœurs’, ‘Cavaliers’ – de véritables petites bombes à danser. On lui découvre aussi un appétit féroce et insoupçonné pour les percussions un peu tribales (‘Au Loin’, résonne comme un écho du meilleur titre du dernier The Do, ‘Slippery Slope’) et les musiques des hommes-machines (‘An Island In An Island’, répété ad lib et néanmoins jamais lassant, exactement comme du Can, rappelle qu’on a beaucoup aimé l’année dernière ‘Suicide Girl’, cette belle chanson robotique de Nicolas Comment). Après, au-delà de la musique, il reste les textes. Fortiches, as usual. Troublés et cancéreux. Le très grave ‘Animal’ nous relance ainsi, très longtemps encore après s’être tu : « Peuton devenir un animal si l’on fixe à ses pieds des fers ? / Est-ce que tous les polygames font brûler en enfer ?». (lg)
Earteam Acid Baby Jesus ‘LP’
Bed Rugs
Slovenly Records
Aperçus lors de la dernière tournée européenne des Black Lips, les Grecs d’Acid Baby Jesus jouent dans la même cours de récréation que les joyeux lurons d’Atlanta. Aussi, leur nouvel album (‘LP’) s’élève-t-il publiquement à la gloire d’un garage punk défroqué et rieur. Entre chants de marins défoncés au Martini et chœurs de Gremlins sous cocaïne, les guitares viennent s’expliquer à grands renforts de riffs paléozoïques et autres suçons distordus. Si les mélodies d’Acid Baby Jesus se déplacent en béquilles, elles ne reculent devant aucun obstacle : elles jouent à saute-mouton sur le bar ou à renard qui pisse dans les toilettes. Dans tous les cas, c’est l’éclate totale. Malgré une production crève-la-faim, on ne s’ennuie jamais à l’écoute du disque d’Acid Baby Jesus, remède évident à la crise de la dette. (na)
Ansatz der Maschine ‘Heat’ News
Ansatz der Maschine, une âme, une chanteuse, huit musiciens et des machines. Utilisant dans sa musique des samples, des synthés et des clicks and cuts, le compositeur, violoniste et arrangeur Mathijs Bertel propose pourtant une expression résolument organique. Ses trois précédentes productions furent reçues avec autant de scepticisme que d’enthousiasme mais ce nouvel album devrait - on l’espère en tout cas - accroître si pas son capital en banque, du moins son capital sympathie ou sa notoriété. A la différence de ses prédécesseurs instrumentaux, ‘Heat’est en effet un disque beaucoup moins abstrait (on a failli dire abscons) et principalement vocal. Trois autres chanteurs ont été conviés pour l’occasion. Et quand l’instrumental ne suffit plus au musicien pour s’exprimer, c’est probablement parce qu’il a des messages à faire passer. C’est le cas ici sur chacune des plages dédiées à des personnages réels ou fictifs. Comme on n’est jamais si bien servi que par soi-même ‘Desert Story’est une ode à sa douce moitié qui bénéficie d’une orchestration sublime entre instruments à cordes et à vents. Une plage sans titre qui sonne comme un requiem métaphorise l’émotion de Bertel face à la disparition de Mark Linkous de Sparklehorse. D’autres fantômes sont convoqués, Patrick Susskind (‘Ka’) ou Gabriel Garcia Marquez (‘A Never Ending Blues’). Plus que jamais, le tour de force réside dans le subtil équilibre à trouver entre la finesse musicale et le côté « sloganesque » du disque. Et si celui-ci obéit parfois à certains clichés du genre au niveau musical, le parti-pris engagé est tout à fait supportable. En résumé, ‘Heat’est un disque d’electronica hybride et sophistiqué, classieux et fragile mais aérien et spectral sur toute sa longueur. (gle)
Babils ‘QTAB’ Auto-production
Laboratoire vivant et en pagaille, les Babils avaient agréablement surpris avec ‘The Joint Between’, un premier album fécond et picaresque paru sur Stilll en 2008. En attendant sa suite mais aussi un nouveau label qui daignera les accepter, les Babils s’adjoignent un sixième membre et présentent, en guise de newsletter extensive et extensible, un cd-r reprenant quatre longues improvisations, histoire de donner de leurs nouvelles, histoire de maintenir les mécaniques huilées, histoire de témoigner des répèts’ de la mort qui tue. Au Laboratoire Central, les choses vont bon train. Visiblement, l’équipe se porte bien, elle teste des protocoles d’essai, opère des recoupements, extrapole les portées, recule plus loin encore les limites de ses engagements et défie ses propres résultats. Nous, pauvres cobayes volontaires, nous restons toute ouïe à ces opérations et, à vrai dire,
‘8th Cloud’ Waste My Records/Munich Records
Finaliste du mythique Humo’s Rock Rally en 2008, ce groupe anversois a réussi à séduire Munich Records, réputé pour son goût très sûr. En écoutant ‘8th Cloud’, on se dit que le label a eu le nez fin, vu que l’univers déployé par Bed Rugs est des plus engageants. La musique est en effet fort soignée, évoluant dans un registre rock volontiers psychédélique avec des inflexions pop marquées et une touche d’américana (‘Marks’ ghost’). Des titres comme le bien enlevé ‘Modern freaks’, l’entêtant et tendu ‘Subtopia’, le plus laidback ‘Be a little strange’, l’orientalisant ‘Shoe’ ou le très psyché sixties‘Trees’ sont particulièrement accrocheurs et devraient permettre au groupe de se profiler comme une révélation dans les prochains mois. Au petit jeu des comparaisons, des noms comme les Flaming Lips ou Sparklehorse pourraient être évoqués, même si ce serait réducteur, tant les Bed Rugs sont tout sauf des suiveurs, aussi subtils soient-ils. Brillant ! (pf)
ces gesticulations auriculaires vagabondes nous font beaucoup de bien à l’organe de Corti. (et)
Jac Berrocal, David Fenech, Ghédalia Tazartès
BaliMurphy
‘Superdisque’
‘La Déroute’ Sam Records/AMG
‘La Déroute’ est un titre idéal pour débuter une chronique. Du pain bénit pour un chroniqueur mal embouché qui voudrait déverser son fiel sur un disque. A fortiori avec un groupe qui a souvent souffert - et pas que malgré lui - de la comparaison avec des confrères siamois à la carrure commerciale plus large comme Debout sur le Zinc ou les Ogres de Barback. Mais à la lecture du feuillet de présentation qui accompagne ce disque, on se dit que peut-être on ferait bien de garder ses a priori au vestiaire et de garder notre précieux venin pour la concurrence. Ledit feuillet annonce un effet une collaboration avec Kris Dane (dEUS, Ghinzu) à la direction artistique ainsi qu’une coloration résolument plus blues et électrique. Ravalement de façade ou réelle évolution? Au final demeure une impression mitigée. Le groupe reste surtout scotché à son univers poético-désabusé et à son core-business musical (‘L’Homo ça pionce’). Pourquoi sinon avoir choisi un titre comme ‘Le Caméléon ‘ pour faire office de single ? La dualité entre les textes particulièrement sombres et les mélodies folk-rock plutôt festives est moins évidente que par le passé mais en guise de coloration blues et électrique, on doit se contenter de quelques touches de pastel sur certains titres. Au final, si le disque semble souffrir d’un peu de schizophrénie, ça n’est pas effectivement pas la déroute qu’on pouvait redouter. Mais rien de franchement déroutant non plus. (gle)
Bénabar ‘Les Bénéfices Du Doute’ Sony Music
« A dix-huit sur une Vespa, pour une soirée sur l’thème des chats, déguisés en Che Guevara, pour les amis on f’rait n’importe quoi. », c’est la seule phrase qui est ressortie de mon atelier d’écriture dans le style Bénabar. Si les chansons de l’album, dans leur structure, ne s’éloignent guère des portraits tant appréciés par l’ancien clown, on peut sentir une nette évolution dans la façon d’aborder les thèmes. Bénabar a atteint les 40 ans et nous livre un album qui le transpire. Premièrement, l’étonnement avec ‘La fille qui habite chez moi’ a laissé place à ‘C’est ça ma vie’, constat d’un père de famille fraichement divorcé, à la garde partagée, quant aux enfants se plantant lors de leurs premiers coups de pédales, ils ont laissé place à ‘Moins vite’ allégorie d’un temps passant toujours trop rapidement. Si son regard cynique, vitriolé et pinçant est quelque peu passé à la trappe, c’est pour laisser place à une plus grande maturité. Bruno Nicolini a un œil différent sur des instants assez similaires. Ici le chanteur propose un album plus délicat, abandonnant la section cuivres pour nous offrir des sons beaucoup plus folk voire country. Bénabar vieillit, ça fait du bien, pour nous aussi. (tv)
Sub Rosa/Mandaï
Mais oui, c’est un superdisque ! En tout cas pour les amateurs du genre (sauf que ce genre n’existe pas). Ceux qui sont familiers des vétérans Berrocal et Tazartès seront aux anges car ce disque, aux confins de l’art brut (cfr les expérimentations sonores d’Artaud ou de Dubuffet), du rock, du jazz, de la musique ethnique (notamment avec ‘Powow’ dont le titre parle de lui-même) et de la poésie sonore, les révèle au meilleur de leur forme. Bien sûr, Ghédalia vocalise toujours dans des langues inventées (sauf pour l’amusante reprise de ‘J’attendrai Ton Retour’ » ou pour l’interprétation d’un poème de Mallarmé, ‘Sainte’, dans le plus pur style Dubuffet) et pratique divers instruments relativement incongrus, bien sûr Jac poursuit ses divagations à la trompette ou avec d’autres binious peu usités (tel que conques et ossements humains du Tibet), mais c’est pour notre plus grand bonheur ! Ce qui fait sans doute le ciment du trio, c’est David Fenech (qui a collaboré avec de nombreuses pointures comme Jad Fair, Felix Kubin, Tom Cora, Rhys Chatham, James Plotkin), lequel joue ici surtout de la guitare électrique (mais également de l’ukulele, des tournedisques, diverses percussions, etc.), tout en se chargeant de l’enregistrement et du mixage dans son studio à Montreuil. La production est nerveuse et sans faille. Sur les douze titres, trois ont été enregistrés en public, sans qu’on puisse le déceler, témoin d’une bonne cohésion. L’album est traversé par des mélodies tantôt fragiles tantôt sauvages ou étranges voire cocasses, avec parfois un brin de nostalgie. La version CD contient un bonus, ‘Zilveli’, long et hypnotique duo entre Fenech (avec la même guitare delay du premier morceau, ainsi que d’autres explorations kraut de la guitare) et Berrocal. (gs)
Big Deal ‘Lights Out’ Mute
Pour faire de la bonne zizik, il n’est pas toujours nécessaire de recourir à un déluge de moyens. Dites-le vous pour dit, le diction s’applique dorénavant au duo Big Deal – une guitare électrique, une gratte acoustique, deux voix et that’s it (ouais, pas mal de réverb’ aussi). Oui, mais ces Big Deal, c’est qui ? Juste un ténébreux mec ricain (Kacey Underwood) et une jeunette londonienne à la voix angélique (Alice Costelloe, 18 ans !) pour un putain de mariage musical qui frise non le big deal mais le big love. Improbable combinaison entre Camera Obscura et My Bloody Valentine sur fond de Mazzy Star, la plupart des titres fonctionne merveilleusement,
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notamment grâce aux accents shoegaze – ils sont un magnifique contrepoint au chant perlé de Costelloe dont on tombe amoureux dès les premières secondes. Même si en un instant ou deux (‘Homework’), on frise la sortie de route fleur bleue, les Big Deal prouvent à suffisance qu’ils sont largement au-delà de ces projets bidon dont on nous soûle et qu’au rayon crédibilité, ils n’ont déjà plus de leçon à recevoir. L’appel est lancé aux programmateurs de Bruxelles, Liège et Tombouctou, on vous attend ! (fv)
Benjamin Biolay ‘Best Of’ EMI
On a souvent raillé sa tête à claques et dénigré ses manières empruntées. Ce premier récapitulatif est pourtant l’occasion de s’en convaincre : BB est un putain de grand auteur-compositeur-interprète, selon la formule consacrée. Ses arrangements de cuivres et de cordes ne tombent jamais dans le pathos. Ses textes font rarement dans le Bénabar. Ces dix-neuf titres donnent avant tout envie de replonger dans ses différents opus, longtemps laissés sur le côté car trop longs, parfois doubles, souvent indigestes. En ça, cette compilation est une réussite. Elle laisse aussi entrevoir une chose étonnante chez Biolay : l’absence d’évolution flagrante. De ‘Please Please Me’ à ‘Abbey Road’, de ‘Pablo Honey’ à ‘The Kings Of Limbs’, de ‘La Mémoire Neuve’ à ‘Remué’, combien de groupes, de chanteurs ont su se réinventer, muter, tout en gardant leur singularité. Biolay n’en est pas. Ces chansons piochées un peu partout dans sa discographie officielle (et uniquement : un inédit intéressant et pas de trace de son travail pour les autres, de ses chansons pour sa sœur, pour Marie Warnant, ou de sa collaboration récente et décevante au film ‘Pourquoi Tu Pleures’) et tracklistées en mode shuffle font clairement ressortir cette évidence : chaque titre aurait pu se retrouver sur chacun de ses albums, ou presque. Restent cependant des morceaux forts, fulgurants et largement au-dessus du lot. A l’image des immenses ‘Ton Héritage’ ou ‘Brandt Rhapsodie’. (lg)
Birds Of Passage ‘Winter Lady’ Denovali Records
Je dois avouer des trucs, au sein de la « Earteam », il y a ceux à qui l’on donne les disques d’hiver et il y a les autres, moi j’ai reçu un disque d’hiver, et un chouette disque d’hiver. « Mais de quoi il parle le gars là ? » C’est pourtant simple : dés la première écoute de ‘Winter Lady’, deuxième album de Birds Of Passage « aka » la néozélandaise Alicia Merz, vous plongez dans une atmosphère froide à l’extérieur mais qui vous chauffe de l’intérieur, qui vous emplit de cette délicieuse et bouillonnante plénitude. Les fans de Sigur Ros, Cocteau Twins ou encore Slowdive devraient en avoir pour leur argent et retrouver dans ce disque les climats défendus par leurs artistes favoris. Revenons à nos moutons, ‘Winter Lady’ vous installera dans votre cocon confortable d’entrée de jeu avec le planant ‘Fatal Melody’, agrippera votre corde sensible sur ‘Away With The Night’ pour ensuite vous achever en beauté avec le magnifique ‘Waltz While We Sleep’. Si l’album est un paysage dans lequel on est plongé, chaque chanson en est un point de vue différent et délicieux. (tv)
The Black Keys ‘El Camino’ Nonesuch/Warner
Le RifRaf débarque comme les carabiniers d’Offenbach. La guerre est terminée, le van des Black Keys est stationné sur le parking du succès et le tube à propulsion ‘Lonely Boy’ nous a déjà tellement mordu l’oreille interne qu’il est maintenant obligé de s’attaquer au cervelet. ‘El Camino’ est un gros carton. Mais comment pouvait-il en être autrement ? Voilà
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Earteam
maintenant dix piges que Dan Auerbach et Patrick Carney fournissent la meilleure came du marché. Suffisait d’y goûter pour en recommander. Depuis les berges du Mississipi jusqu’aux usines graisseuses du Midwest, le duo d’Akron a toujours brûlé ses calories en s’excitant sur l’histoire du rock. Et, à chaque étape, ils se sont montrés meilleurs que la concurrence. Aujourd’hui propulsés sur la plus haute marche du podium, rien – à part eux – ne peut les déloger de ce piédestal. Une fois encore, la production revient au génial Danger Mouse (actif aux manettes depuis le début de l’ascension du groupe, entamée avec l’album ‘Attack & Release’). Une chose, quand même : ‘El Camino’ est le moins bon album des Black Keys. Mais à l’aune des banalités projetées à l’avant-plan de la sphère musicale, ce disque neutralise toute offensive à grands renforts de riffs calibrés pour épouser les ondes. Avec ‘El Camino’, le duo ferme définitivement la porte du garage pour prendre la direction du stade le plus proche. Si on préférait les applaudir à l’entraînement et assister, sidéré, aux matchs qui les ont menés au sommet, on restera bon supporter à l’heure de mater leur prestation sur écran géant. (na)
Boulevard Des Airs ‘ Paris-Buenos Aires ’ Sony Music
Lors de la création, Dieu créa le Big Bang, une alternative originale pour pas glander grand chose et tout créer en même temps, il vit que cela était bon mais un peu fade. Il créa aussitôt la rose pour colorer sa planète, ensuite trouvant que son projet manquait de vie, il créa les humains pour prendre soin de ses roses. Les jeunes hommes s’ennuyant fortement, ne voulant pas être fleuristes et voulant se rassembler, créèrent la Gauche. Ne voulant plus du silence, la gauche créa Tryo. Tryo fit des émules et Boulevard Des Airs naquit. Ils clament leurs désirs de voyages, chantent l’amour, la rue et leurs idéaux politiques, le tout sur une musique suintant les gros cuivres. Surprenant n’est-ce pas ? Si il est nécessaire que des chanteurs ouvrent leur gueule pour exprimer des problèmes sociétaux, je reste intimement persuadé que ce n’est pas légitime quand on a encore une moustache de lait en dessous du nez. Allez les enfants, enfilez vos pyjamas, une bonne douche, on se calme, on boit une tisane et on fera mieux demain. (tv)
Boy & Bear ‘Moonfire’ Coop/V2
Quand un groupe est cité en exemple par une valeur réputée comme Mumford & Sons, c’est plutôt bon signe. Et de fait, Boy & Bear signe avec son premier album un coup d’essai d’excellente facture. ‘Moonfire’ est une caresse pour l’oreille et pour l’âme. Il y a tout d’abord la voix, superbe et touchante, de Dave Hosking. Il y a ensuite les instrumentations subtiles et parfaitement maîtrisées qui retiennent l’attention. Quant aux compositions, elles évoluent dans un registre pop tantôt retenu - les très beaux ‘Lordy may’ et ‘Beach’ ainsi que l’introspectif ‘Part time believer’, tantôt plus enlevé, comme sur ‘Feeding line’ ou encore ‘Miks & sticks’, single évident rehaussé de claviers qui donnent à l’ensemble un côté particulièrement upbeat. Affichant un joli souci d’éclectisme, Boy & Bear n’hésite pas à insuffler une dimension afro beat à l’excellent ‘The village’. Du tout bon ! (pf)
Cage & Aviary ‘Migration’ Internasjonal
De drôles de cocos que ce duo électro. Repérés par le DJ norvégien Prins Thomas et signés sur son label Internasjonal, voilà que les Cage & Aviary se lancent pour leur premier album dans un disco aérien. Vous allez me dire que cette dénomination ne veut pas dire grand chose, et pourtant c’est bel et bien le qualificatif qui leur colle le mieux à la peau. Faite d’oscillations lentes, de rythmes répétitifs qu’on di-
Laura Gibson ‘La Grande’ From Portland, Oregon, nous arrive ‘La Grande’ (prononcez luh grand ), morceau d’ouverture qui donne son titre à l’album, chevauchée sereine et lumineuse (il y en aura d’autres entre deux poses au feu de camp). Bien que servi par une riche palette d’arrangements, c’est bien autour de la voix et de la guitare de Mademoiselle que l’album se déploie. Après quelques galops d’essai - où avais-je donc encore perdu la tête? - aujourd’hui assise en compagnie de Joey Burns (Calexico), The Decemberists et The Dodos au bivouac, Laura Gibson devrait selon toute vraissemblance gagner quelques galons. Aux manettes, Adam Selzer (M Ward, Norfolk and Western) veille au grain. Passées au tamis, les pépites folk devraient être briguées par les afficionados de Joanna Newsom, ainsi que les amateurs du label Fargo. Que ceux qui ont aimé découvrir la voix d’Alela Diane posent leur sarbacane et lèvent le doigt. Qu’ils le pointent au vent après l’avoir humecté. Qu’ils fléchissent ensuite le coude, ramènent les doigts à l’horizontale au-dessus des sourcils, qu’ils fixent loin l’horizon. Ah, c’est qu’on est pas avare en bel ouvrage chez Laura Gibson, ses flèches au curare. Elle peut me susurrer des mots au sureau, arrêter les balanciers en brûlant du papier tigre, dans mon prunier dresser un tipi en Milkyway; cette petite, elle a tout d’une Grande. (fd)
frime ou de recherche d’effet (on est ici à mille lieux du côté tellement m’as-tu-vu qui pollue souvent l’électro-pop). Bref, un vrai bonheur ce disque. (jbdc)
Cerebral Balzy ‘Cerebral Balzy’ Cooking Vinyl/V2
Le groupe peut se targuer d’avoir une belle expérience sur scène, ayant notamment pris part aux Francos et au Bel’zik Festival, tout en ouvrant pour IAM X. Le quintet se décrit volontiers comme évoluant dans un registre new new wave proche des Editors, ce qui est plutôt adéquat pour décrire sa musique qui fait dans la pop directe d’inspiration 80s, à l’instar du très immédiat ‘Chill out’, sorti en single et accompagné d’un clip second degré bien senti. L’influence new wave est dans l’ensemble assez souvent perceptible sur l’album et notamment sur les très réussis ‘Crash test’, ‘Better than me’ ou ‘Stars’ qui font penser à Depeche Mode - encore que les claviers du dernier titre cité renvoient davantage à Cure. Dans l’ensemble, ‘Help Yourself’ est donc convaincant, et si l’on peut regretter un petite baisse de régime au milieu de l’album, la suite nous vaut quelques belles réussites, telles ‘Happy thought’ ou encore ‘Sad’ qui connaît une envolée quasi psyché sur la fin. (pf)
Des branleurs, un majeur tendu, des tatouages, une pochette signée Raymond Pettibon (architecte de l’identité visuelle de Black Flag), des pizzas éventrées, des planches de skate déglinguées : ça sent bon le punk hardcore sous les aisselles détrempées de Cerebral Balzy. Les petits gars de Brooklyn nient les cours et maudissent l’école. Une perte de temps. Du vent. Étudier, potasser, ça, ils ont donné. Les gamins connaissent l’histoire sur le bout des doigts : Black Flag, Minor Threat, les bourrasques initiales des Beastie Boys. Leur éducation est irréprochable. Après, c’est certain, les gamins n’inventent rien. D’ailleurs, si on excepte le besoin de taper un bordel monstre et l’envie de jouer cinq fois plus vite que les Ramones, ils n’ont aucune prétention. Les titres laissent transparaître un doux je-m’en-foutisme (‘Don’t Tell Me What To Do’), une passion (‘Office Rocker’) et un emploi du temps chargé (‘Sk8 All Day’). Le groupe assure le train comme le TGV de demain : douze titres en moins de vingt minutes. Parfait. ‘Cerebral Balzy’ n’est peut-être pas l’album qui va changer des vies. Mais il enfonce tellement bien son doigt dans le cul des convenances qu’on le sent forcément passer. Comme une lettre à la poste. (na)
Casiokids
Les Cowboys Fringants
Can D ‘Help Yourself’ Sköhl Records
‘Aabenbaringen Over Aaskammen’ Moshi Moshi
Déjà séduit par leur deux précédents albums, je dois bien avouer que j’ai un petit faible pour l’électro-pop baroque des Casiokids. Alors que d’autres y vont à gros coups d’effets de manche qui font mouche, les Norvégiens choisissent toujours la voie du milieu. Jamais un beat plus haut que l’autre, tout est ici dans une subtilité étrange, une mesure dans les propos et dans les sons. Globalement plutôt enjouée et ciselée avec beaucoup de soin, leur musique de chambre offre une mélancolie douce-amère et un exotisme perturbant (est-ce à cause de leurs lyrics chantés en norvégien?). On est transporté dans un paysage aux couleurs acidulées mais un peu fanées. On savoure ce contraste délicat entre des mélodies lentes, presque des comptines pour enfants, subitement lacérées par des riffs de guitares qui semblent désaccordées et des rythmes aussi pointus qu’entêtants. Les surprises et les inventions ne manquent pas, sans jamais donner l’impression de
‘File Under Sacred Music’ Munster Records
Cit y Slang/Konkurrent
rait samplés chez les Kraftwerk, de guitares pleines de réverb’: c’est certain, cette musique veut s’envoyer en l’air dans une stratosphère psychédélique. Mais l’ensemble pêche par une certaine mollesse qui engourdit l’oreille, pour bientôt la faire roupiller pour de bon. Bref, c’est de l’ambient, certes un peu recherché, mais qui sonne franchement comme de la musique d’ascenseur. Honnêtement, j’suis pas trop convaincu sur ce coup-là. (jbdc)
The Cramps
‘Que Du Vent’ La Tribu/Wagram
I have a dream that one day, Zaz, pfuit. I have a dream that one day, Bénabar, pfuit. I have a dream that one day, Grand Corps Malade, pfuit. I have a dream that one day, Tryo, pfuit. I have a dream that one day, Christophe Maé, pfuit. I have a dream that one day, Les Fatals Picards, pfuit. I have a dream that one day, Les Cowboys Fringants, pfuit. I have a dream that one day, les belles chansons populaires – celles que nonante pourcents des gens fredonneront sous la douche, dans le métro, aux fourneaux – seront celles d’Audrain, d’Arlt, du Yéti, de Mièle, de Dominique A, d’Arnaud-Fleurent Didier, de Mustang. I have a dream that one day, les belles chansons populaires cesseront d’être populistes, débiles et pondues par des pseudo-altermondialistes enfumés qui se chatouillent le nombril. I have a dream that one day, on déclare d’inintérêt public tous ces groupes entraînants et – attention gros mot – festifs. I have a dream that one day, on gaze (moutarde) tous ces orchestres qui jouent les Tsiganes avec un accent québécois à couper au cordeau pour nous servir la soupe gauchiste et tiédasse. ‘Que Du Vent’, oui, et rien d’autre. (lg)
Pourquoi le nom des Cramps ne revient-il pas plus souvent dans les magazines musicaux ? Franchement. Ce groupe a révolutionné le rock’n’roll. Au même titre qu’Elvis ou Nirvana. Structurée autour d’un couple fantastique (Lux Interior, Poison Ivy), la formation californienne avait tout pour plaire : une dégaine de série Z, des guitares abrasives, un son de science-fiction et, surtout, de fabuleuses chansons nées sur les cendres du blues et plongées dans l’acide. Punk avant l’heure, rock avant tout, les Cramps ont tout dit. Mieux que personne. Pionnier d’un genre (le psychobilly), source d’inspiration pour des générations, le groupe a écrit l’histoire du rock, hanté ses lieux mythiques (CBGB, Max’s Kansas City, etc.) et roulé à fond de balle sur l’autoroute de la vie. Le crash final, l’embardée ultime, c’était le matin du 4 février 2009. Lux Interior, la voix habitée de cette équipée sauvage, a posé son cuir moulant sur le toit du monde. Aller simple pour le paradis. Trois ans, jour pour jour, après sa disparition, la compilation ‘File Under Sacred Music’ rassemble les premiers singles du groupe et quelques bombes à retardement restées trop longtemps sur les faces B de 45 tours essentiels. L’occasion de redécouvrir des morceaux d’une puissance sismique inouïe. A chaque chanson, la terre tremble. 2012 va peut-être sonner la fin du monde. Peut-être, mais on s’en tape. Avec cette musique dans l’oreille, c’est écrit : on a goûté à l’éternité. (na)
Crane Angels ‘Le Sylphide de Brighton’ Animal Factor y/Iceberg/Munich
On connaissait bien les labels bordelais Talitres (Maison Neuve, Walkmen) et Vicious Circle (Elysian Field, Mansfield Tya). On découvre aujourd’hui une nouvelle structure qui pourrait être amenée à compléter le tiercé gagnant. Pour sa troisième sortie après celle déjà remarquée – et remarquable – du Petit Fantôme (le très beau projet solo de Pierre Loustaunau, issu de François & The Altas Moutains), le micro-label lance le premier album du collectif local Crane Angels. Une bande de doux dingues (onze pour être exact) qui ridiculise sur leurs propres terrains ces équipes qu’on a connu naguère avec de meilleurs attaquants : I’m From Barcelona et, surtout, Polyphonic Spree. A la pointe du ‘Sylphide de Brighton’ (bien un nom d’équipe, ça), on retrouve précisément Petit Fantôme, mais aussi des gars de Botibol (dont on avait kiffé en 2011 le folk sous influence céleste). Ce premier essai pourrait être laissé pour compte au rayon des disques sympatoches, jamais chiant mais tellement peu bandant. Pourtant, au-delà des harmonies vocales gonflées aux anabolisants et de montagnes russes mille fois arpentées, il se dégage quelque chose qu’on a du mal à saisir, genre ce qu’on appelle volontiers/vulgairement de l’authenticité. Ces gens y vont donc sans chichi, avec le cœur sur la main, foutrement sincères. ‘Morning Sun’ rayonne comme les autres, mais un peu plus. Il y a là la coolitude d’Edward Sharpe shootée à la désinvolture des nineties, celle de Pavement et de Weezer. ‘Le Sylphide de Brighton’ est une putain de cure de jouvence. (lg)
Da Silva ‘La Distance ’ Pias
C’est après avoir quitté Tôt ou Tard et rejoint sa nouvelle maison de disque, à savoir Pias, qu’Emmanuel da Silva nous revient avec son quatrième album justement nommé ‘La Distance’. Car en effet il en a pris, et beaucoup, depuis ses trois précédentes productions. La route de l’ancien punk a été parse-
LA FNAC MET LE FEU AU MIM ! 3 MARS 2012 - MUSEUM NIGHT FEVER
Musée des Instruments de Musique, Mont des Arts 2, Bruxelles
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¬ ¬20h30 APPLAUSE EN ¬ 22h00 SIO X ¬
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23h30 S
24.02 I SCHOOL IS COOL, BRNS, CAPE COAST RADIO, KISS & DRIVE, HOQUETS (AB) 25.02 I CUSTOMS, BIRDS THAT CHANGE COLOUR, ZOFT, LOVE LIKE BIRDS, DAN SAN (BOTA)
11.02 | DE MENS PLAYS ‘DE MENS’ 17.02 | LUC VAN ACKER PLAYS ‘THE SHIP’ 15.03 | WIM MERTENS PLAYS ‘STRUGGLE FOR PLEASURE’ 16.03 | WIM MERTENS PLAYS ‘STRUGGLE FOR PLEASURE’ 10.05 | DE PUTA MADRE PLAYS ‘UNE BALL DANS LA TETE’
Fnac City 2, Rue Neuve 123/140, 1000 Bruxelles Fnac Toison d’Or, Avenue de la Toison d’Or 17A, 1050 Ixelles Info op www.fnacagenda.be
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26.01 I ASKING ALEXANDRIA + BLESS THE FALL + CHELSEA GRIN 27.01 I BJORN BERGE + LEWIS FLOYD HENRY 28.01 I LONEY DEAR + CHARLES FRAIL 29.01 I AMATORSKI & FILM 31.01 I RADICAL FACE + BENJAMIN FRANCIS LEFTWICH 01.02 I S.C.U.M. 02.02 I MEGAFAUN + GEPPETTO & THE WHALES 02.02 I GABRIEL RIOS - SOLO 03.02 I GABRIEL RIOS - PIANO, PERCUSSION & MORE + CHRYSTA BELL 04.02 I HANS LIBERG 04.02 I PERIPHERY + BEAR 05.02 I URBAN TRAD final + 08.02 | TRIANGLE LABEL NIGHT FEAT. BALAM ACAB + oOoOO + HOLY OTHER 09.02 I RODRIGO LEAO & CINEMA ENSEMBLE 09.02 I MINNEAPOLIS, MON AMOUR: HOWLER + MAN MADE 10.02 I FRANK BOEIJEN 10.02 I COCA COLA SESSIONS: LITTLE TROUBLE KIDS + SISTA FLEX 12.02 I NADA SURF + WATERS 12.02 I LINDI ORTEGA & BAND 13.02 I GROUPLOVE + BOSCO DELREY 15+16.02 I GOTYE 16.02 I ROOSBEEF + HET ZESDE METAAL 18.02 I MERDAN TAPLAK 19.02 I IALMA + BAGAD DE LORIENT 22.02 I C.W. STONEKING + GEMMA RAY 22.02 I THE HICKEY UNDERWORLD + IN-KATA 23.02 I SHARON JONES & THE DAP-KINGS 23.02 I COCA COLA SESSIONS: SUPERLIJM + JFJ 25.02 I RANDY NEWMAN 25.02 I DAWES + ROBERT ELLIS 27.02 I TRIBES 28.02 I RISE AGAINST + ARCHITECTS + TOUCHÉ AMORÉ 01.03 I CITIZEN COPE 01.03 I KATHLEEN EDWARDS & BAND + HANNAH GEORGAS
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Earteam
mée d’expériences diverses et variées : Les tambours du Bronx, un tour par la musique électronique, des boulots alimentaires et de riches collaborations. Après trois disques où la guitare folk se tirait la plus grosse part du gâteau pour mettre en musique des complaintes sur l’amour et la vie de couple, ‘La Distance’ change complètement la donne. Beaucoup plus atmosphérique et abordant des thèmes différents, Da Silva a pris le temps pour nous livrer un album beaucoup plus posé et ce à grands coups de synthétiseur et de sons plus vintage. Dès la première écoute, on sent toute la différence dans l’approche de la musique, chaque texte nous raconte une histoire différente sur la vie des gens, la manière dont Da Silva parle ses textes et parfois les chante donne au disque une saveur plus qu’agréable et montre tout le travail accompli par le chanteur. Tous ces changements ne sont pas déplaisants et ouvrent une nouvelle voie à sa carrière. (tv)
Ani DiFranco ‘Which Side Are You On?’
Liz Green ‘O, Devotion !’ Pias Recordings
Première sortie pour cette jeune femme (28 ans) de Manchester découverte en 2007 lors de sa victoire au Glastonbury Festival’s Emerging Talent Competition. Elle pratique un folk orchestral assez charmant et original. Sa voix touchante fait tour à tour songer à Bessie Smith, Billie Holiday, Antony Hegarty (notamment dans ‘The Quiet’), Karen Dalton, voire plus près de nous, Clare Louise. Sur scène, elle se révèle cocasse et touchante. Liz Green a attendu cinq ans avant de terminer ce disque avec passion. On sent qu’elle a digéré pas mal d’influences qui ressortent ici de façon discrète : outre la folk et la country, on décèle des touches blues, jazz manouche, cabaret, musique de cirque, etc. Elle nous raconte des histoires où le comique se mêle à la tristesse ou à l’étrange, un peu à la manière de Robert Wyatt. Si la voix et la guitare acoustique forment généralement l’ossature des morceaux, une palette d’instruments relativement divers (notamment pas mal de cuivres) viennent compléter le tableau à merveille. On passe ainsi en revue une série de genres musicaux, avec ses couleurs instrumentales typiques. ‘Gallows’ est quant à lui très dépouillé : cette superbe ballade hantée à la Timber Timbre clôt admirablement ce recueil. Un disque frais et réjouissant produit dans les merveilleux Toe Rag Studios (demandez aux White Stripes), tout analogique, et ça s’entend (moyennant un peu de souffle)! (gs)
Righteous Babe
L’air de rien, Ani DiFranco en est déjà à son dix-septième album studio. Plutôt engagée à gauche et inspirée par le folk contestataire d’un Woody Guthrie ou d’un Pete Seeger (qui, du haut de ses 90 ans passés, joue du banjo sur un titre de l’album), l’Américaine est connue pour ses thèmes politiques (féminisme, racisme, inégalités entre riches et pauvres, etc.) servis sur des textes plein d’allitérations et de jeux sur la langue, à la rythmique presque parlée tout en restant divinement suave. Côté musique, on sent que si l’esprit du folk est présent, Ani aime (comme à son habitude) prendre des libertés sur les classiques guitares/voix des protest songs. La production est magistrale, le travail du son toujours surprenant. On croirait se promener dans un Las Vegas musical et trouver, à chaque coin de rue, de l’émerveillement: ici un son distordant, là une guitare saturée, ou encore un tambour façon Guerre de Sécession. Bref, les effets sont toujours pertinents, arrivant juste à point. Par cette production, le diamant brut des mélodies parfaites d’Ani est taillé selon de multiples facettes qui rendent ses chansons encore plus brillantes et envoutantes. Les fans de l’Américaine resteront, une fois de plus, complètement sous le charme. (jbdc)
DJ Food ‘The Search Engine’ Ninja Tune
Les fans de Strickly Kev et de ses acolytes formant le collectif DJ Food ne doivent pas trop vite se réjouir. Même si plus de onze ans ont passé depuis leur dernier album, cette présente galette n’est qu’un conglomérat des 3 EP sortis depuis 2009, à savoir: ‘One Man’s Weird Is Another Man’s World’, ‘The Shape of Things That Hum’et ‘Magpies, Maps and Moons’ (il n’y a aucun inédit sur l’album). Evidemment, la fan base hardcore atteinte de collectionnite aiguë appréciera la version collector de cet album déclinée selon la formule: une BD réalisée par Henry Flint + un CD + un flexi disc en vinyl. Parlons musique: évidemment, si on connait mal DJ Food, y’a de quoi être plutôt scotché. D’abord lancé en 1990 par les gus de Coldcut comme de la bouffe pour DJ (répertoire de loops, samples pour faire mumuse), sous l’impulsion de Strickly Kev, le projet DJ Food s’est transformé en un vrai groupe, avec de la vraie musique à écouter. Sauf que l’approche expérimentale est toujours patente: morceaux marathoniens qui dépassent souvent la dizaine de minutes, magma de sons disparates qui bouillonnent sur des beats typiques de la patte Ninja Tune, le tout mouliné dans une ambiance de rock pysché. On croirait voir un alchimiste qui mélange dans ses
chaudrons quantité d’ingrédients douteux, avec des proportions au petit bonheur la chance – bref, un sacré bordel sur le papier – et pourtant, au final, l’ensemble sonne avec une maestria et un groove incroyable. Pour ceux qui n’ont pas les EP, voilà une compile indispensable. (jbdc)
Doctor L ‘The Great Depression’ Comet Records/Dizzyness Music
Doctor L aka Liam Farrel est une sorte de Guide du Routard de la musique à lui tout seul. Activiste sonore depuis plus de 25 ans, ce french doctor d’adoption peut prétendre à une carrière extraordinairement bordélique. Batteur juvénile au sein de Taxi-Girl ou des Wampas, pionnier de la scène hiphop hexagonale avec Assassin au début des 90’s, un temps compagnon de jeu de Rodolphe Burger, voilà donc un mercenaire de la musique qui ne cesse de brouiller les pistes, qu’elles soient africaines ou sonores. Poursuivant sa quête identitaire, il rencontre Tony Allen (ex-batteur de Fela Kuti) et c’est reconverti en sorcier aussi solitaire qu’engagé qu’il s’est depuis une dizaine d’années tourné vers la production d’albums d’électro expérimentale tendance Afrobeat. Toujours avec l’intention affichée de façonner les modes plutôt que de les suivre.‘The Great Depression’ n’échappe pas à la règle avec des titres comme ‘Mistery Travels’ (expérimentation afro-psychédélique supportée par des acolytes jazzmen),‘Misery’ (balade soul-folk avec des accents créoles…) ou encore ‘Family A Fear’, revisite audacieuse et réussie du ‘Family Affair ‘de Sly and the Family Stone. Bon, on vous l’accorde, l’album frôle régulièrement l’égarement et la plongée dans des abîmes très expérimentaux. Mais c’est aussi ce qui fait la richesse de l’objet et il serait dommage de dédaigner la prescription de ce chaman, subtil et addictif dosage d’engagement politique et de créativité musicale. (gle)
Julien Dyne ‘Glimpse’ BBE
Artiste néo-zélandais installé à Berlin, Julien Dyne dresse sa nappe rétro-futuriste sur l’autel de l’electronica. ‘Glimpse’, son second essai pour le compte du label anglais BBE, combine adroitement textures soul, rythmiques hip hop et une myriade de beats frétillants. Détendu du slip et du cortex, cet album explore l’espace et exploite le potentiel harmonique de chaque son. Sans stress ni tension. Sans strass ni cotillon. Cachées sous les draps synthétiques, quelques filles (She’s So Rad, Ladi 6, Parks, Mara Tk) se découvrent et offrent leur chant de sirène à cet iceberg flottant au gré du temps. Le tout dérive lentement, mais sûrement, vers des moments de pure contemplation. C’est beau, mais c’est sans doute là que réside le principal défaut de ‘Glimpse’ : à force de s’exprimer dans la délicatesse et l’effacement, il met nos sens sous sédatifs. Dans le gaz, la mé-
moire s’égare. Au final, les souvenirs se diluent. Et, l’instant d’après, il ne reste rien. (na)
The Fall ‘Ersatz GB’ Cherr y Red Records
A en croire les mauvaises langues, ces salopes capables d’avaler la première hype du NME sans même recracher, le meilleur de Mark E. Smith n’est pas sur disque mais sur YouTube - lorsqu’il lit les résultats du foot anglais sur BBC, à une époque où son Manchester City était hopeless as usual. On s’en tape bien le bouchon à vrai dire, tant chaque disque de The Fall est un rappel fulminant d’un punk rock toujours aussi hors du commun. Développeur d’un langage qui n’appartient qu’à lui – et que le récent et excellent ‘Your Future Our Clutter’ avait développé à un paroxysme quasiment pop – le Mancunien maintient depuis trente ans largement passés un cap pratiquement inchangé, souvent pour notre plus grand bonheur enragé, et malgré des changements de personnel aussi fréquents que les matches pourris en Jupiler League. Comme d’habitude depuis quelques bonnes années, la compagne Eleni Poulou est de la partie, aux claviers toujours et au micro. Comme toujours quand elle prend la barre, l’ambiance se fait plus détendue, encore que cette fois, sa ‘Happi Song’ est bien loin du goguenard (et bien meilleur) ‘I’ve Been Duped’ de 2008. Hormis cette intermède, plus besoin de vous raconter en long et en travers les épisodes de cet ‘Ersatz GB’, dont les ingrédients sont déjà connus, ce qui n’empêche pas des titres super chouettos tels que ‘Taking Off’ de bien foutre la banane. A noter une curiosité, le quasi stoner ‘Greenway’ qu’on imaginerait bien en future bande son d’un prochain Beavis & Butthead. Cool, huhuhuhu. (fv)
Field Music ‘Plumb’ Memphis Industries/Munich
On rentre parfois dans certaines oeuvres à tâtons, déstabilisés par le flux d’informations parfois contradictoires, et des repères cruellement manquants, des passages à vide dans une histoire de la musique contemporaine, si vaste à embrasser complètement des deux oreilles. ‘Plumb’ fait partie de ces disques foisonnants, touffus à l’extrême, dans lesquels il est souvent difficile de séparer le bon grain de la faute de goût, l’expérimentation brillante de la tentative avortée, à force de rajouter des couches. Volontairement complexe dans ses structures mélodiques (et rappelant en ça les efforts de Dirty Projectors pour donner un grand coup de pied dans la chanson pop), évoquant tantôt le rock progressif dans sa façon d’allonger le temps et d’alterner des passages très variés, tantôt le funk avec des lignes de basse ultrarépétitives (‘A New Town’), tantôt le jazz, tantôt la pop orchestrale, le bébé hybride dont ont accouché les frères Brewis (leur quatrième à ce jour, et pas leur premier à brouiller les pistes) serait finale-
ment un peu comme un opera rock composé par Robert Wyatt mais revu et corrigé par les Sparks, venus ajouter leur touche d’excentricité glam borderline à un ensemble déjà plein comme un oeuf. Plus qu’intéressants et véritablement exaltants quand on peut y piocher en petites bouchées, mais nous donnant toutes les raisons de frôler l’indigestion létale si on les ingurgite en un bloc, voici quinze morceaux-fleuves à réserver aux auditeurs avertis ou méticuleux, aux aventuriers de l’extrême et aux curieux notoires. (alr)
Simon Fisher Turner & Espen J. Jörgensen ‘Soundescapes’ Mute
Collaboration inédite, au point que ses deux protagonistes ne se sont jamais rencontrés physiquement, ‘Soundescapes’ est une bien drôle d’aventure à maints points de vue. Union du jeunot norvégien Espen J. Jörgensen et du vétéran anglais Simon Fisher Turner qui, à 58 ans, ne cesse de passer du rôle d’acteur à celui de musicien (c’est son 33è album !) en passant par la case production, les treize plages de ces escapades sonores ficheront un drôle de malaise à tout qui aime les choses bien rangées. Car, à vrai dire, je me demande un peu – et même beaucoup – où les deux gaillards veulent bien en venir. Quelques échos épars d’Alva Noto à gauche, beaucoup d’ambient noircie façon BJ Nilsen à droite (mais en vachement moins captivant), sans compter un semblant de liant à la Xela au centre, le temps semble bien long à l’issue de ses quarante-minutes même pas toutes mouillées. (fv)
Flare Acoustic Arts League ‘Big Top / Encore’ Affairs of the Hear t/Munich
Sans doute parce que je n’étais pas exactement moi-même un prototype-né de cheerleader ou de fille populaire, j’ai toujours eu beaucoup d’affection pour les premiers prix de science, les filles prénommées Narcisse ou Pivoine, et les types aux lunettes recollées qui échangent à longueur de journée des cartes Magic à la cafétéria universitaire, en particulier lorsqu’ils sont en mesure de prendre une revanche sur leur adolescence à boutons en affichant avec fierté leur petit grain de folie. LD Beghtol, à la barre de Flare Acoustic Arts League, me semble fait de cette trempe-là, de ceux qui finissent par prendre un malin plaisir à porter consciemment des lederhösen ou des toques en fourrure de lapin en plein été pour narguer les garants du bon goût. Et le disque dans tout ça ? Extravagant, mon capitaine ! Sous des faux-semblants de double ep, ça fleure définitivement bon la cheesy pop, ça déborde de tous côtés de mélodies catchy et de cuivres bubblegum, de claviers à gimmick et de répliques épiques à l’humour décapant qui rappellent indéniablement à notre bon souvenir le délicieux duo ultrageek Cheese on Bread (un des groupes les plus méconnus de la scène antifolk new-yorkaise), en plus produit et complexe quant aux structures mélodiques. Assurément pas l’album de l’année, mais une bonne petite galette croquante qui assume parfaitement ses excentricités, à mettre notamment entre les mains de vos amis initiés aux effets inoffensifs mais euphorisants de I’m from Barcelona ou à l’attrait irrésistible des Magnetic Fields (le lien avec Stephen Merritt se justifiant d’autant plus que Beghtold a collaboré à ‘69 songs’, album du groupe sorti en 1999). (alr)
Fránçois & The Atlas Mountains ‘E Volo Love’ Domino/Munich
L’histoire d’amour de Fránçois Marry avec l’Angleterre remonte à 2003, heure à laquelle il s’est installé à Bristol pour y enseigner le français, trompette sous le bras et enthousiasme
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RAPE BLOSSOMS
RAPE BLOSSOMS
M A R I A TAY L O R
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DOPE D.O.D.
DOPE D.O.D.
ZINGER
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27/01/12: Vooruit – Gent 10/03/12: Swine Flu Festival – Machelen 24/03/12: JH De Moeve – Lier 16/05/12: Beursschouwburg – Bruxelles 29/01/12: Palais de Justice – Arlon 03/02/12: Vk* - Bruxelles 10/02/12: Vooruit – Gent 11/02/12: Humo’s Rock Rally @ MaZ – Brugge 16/02/12: VUB KK – Bruxelles 08/03/12: Boom Boom – Gent 15/03/12: Muziekcentrum Tracks – Kortrijk 10/05/12: Charlatan – Gent
27/01/12: Vooruit – Gent 10/03/12: Swine Flu Festival – Machelen 24/03/12: JH De Moeve – Lier 16/05/12: Beursschouwburg – Brussel 29/01/12: Palais de Justice – Arlon 03/02/12: Vk* - Brussel 10/02/12: Vooruit – Gent 11/02/12: Humo’s Rock Rally @ MaZ – Brugge 16/02/12: VUB KK – Brussel 08/03/12: Boom Boom – Gent 15/03/12: Muziekcentrum Tracks – Kortrijk 10/05/12: Charlatan – Gent
AGENDA CONCERTS NiCOlE SChERziNGER 13.02 ancienne belgique - bxl Support act : MindleSS Behavior Main Support : angel
lES COwbOyS fRiNGANTS 15.02 forest national ( club ) - bxl ShARON jONES 23.02 ancienne belgique - bxl
AND ThE DAP-KiNGS
RODRiGO y GAbRiElA 26.02 cirque royal - bxl AND ThE C.U.b.A.
ALEC EMPIRE
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P I N G P O N G TA C T I C S
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NILS FRAHM
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KURT VILE
& T H E V I O L AT O R S 23/02/12: Botanique – Bruxelles * * + DUKE GARWOOD
KURT VILE
PETER BRODERICK
PETER BRODERICK
ZAZIE VON EINEM ANDEREN STERN
ZAZIE VON EINEM ANDEREN STERN
A WINGED VICTORY FOR THE SULLEN
A WINGED VICTORY FOR THE SULLEN
SX
SX
BREAKESTRA
BREAKESTRA
ANDREW BIRD
ANDREW BIRD
CASS McCOMBS
CASS McCOMBS
V E R O N I CA FA L L S
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MIREL WAGNER
MIREL WAGNER
22/03/12: Maison des Musiques – Brussel 23/03/12: Muziekodroom – Hasselt
bAND Of SKUllS 03.05 ancienne belgique - bxl
STILL CORNERS
STILL CORNERS
CœUR DE PiRATE 06.05 cirque royal - bxl
KISS THE ANUS OF A BLACK CAT
KISS THE ANUS OF A BLACK CAT
S H E A R WAT E R
S H E A R WAT E R
THE STRANGE BOYS
THE STRANGE BOYS
DARK DARK DARK
DARK DARK DARK
MEMORYHOUSE
MEMORYHOUSE
T H I S W I L L D E S T R OY YO U
T H I S W I L L D E S T R OY YO U
VESSELS
VESSELS
OSAK A MONAURAIL
OSAK A MONAURAIL
CHELSEA WOLFE
CHELSEA WOLFE
11/02/12: Minus One – Gent 07/04/12: Tribes Gathering Festival – Steinbach 11/02/12: Trix – Antwerpen 10/03/12: Cactus Club – Brugge 16/05/12: Beursschouwburg – Bruxelles 18/02/12: Artefact @ Stuk – Leuven
23/02/12: CC Mechelen – Mechelen 24/02/12: CC Mechelen – Mechelen
25/02/12: CCHA – Hasselt
26/02/12: Cactus Club – Brugge 14/04/12: C-Mine Jazz Festival – Genk 03/03/12: Museum Night Fever @ MIM – Bxl 03/03/12: Muziekodroom – Hasselt 04/03/12: Cactus Club – Brugge 08/03/12: Cirque Royal – Bruxelles 10/03/12: Botanique – Bruxelles 19/03/12: AB – Bruxelles
22/03/12: Maison des Musiques – Bruxelles 23/03/12: Muziekodroom – Hasselt 27/03/12: Charlatan – Gent 28/03/12: Vooruit – Gent
29/03/12: Botanique – Bruxelles 03/04/12: AB-club – Bruxelles 03/04/12: Vooruit - Gent 21/04/12: AB-club – Bruxelles 04/04/12: Charlatan – Gent 06/04/12: Dunk!festival – Zottegem 07/04/12: Dunk!festival – Zottegem 12/04/12: De Kreun – Kortrijk
13/04/12: Magasin 4 – Bruxelles 14/04/12: 4AD – Diksmuide
G R E AT L A K E S W I M M E R S 16/04/12: Botanique – Bruxelles 17/04/12: 4AD – Diksmuide 27/04/12: Warande – Turnhout
11/02/12: Minus One – Gent 07/04/12: Tribes Gathering Festival – Steinbach 11/02/12: Trix – Antwerpen 10/03/12: Cactus Club – Brugge 16/05/12: Beursschouwburg – Brussel 18/02/12: Artefact @ Stuk – Leuven & T H E V I O L AT O R S 23/02/12: Botanique – Brussel * * + DUKE GARWOOD 23/02/12: CC Mechelen – Mechelen 24/02/12: CC Mechelen – Mechelen
25/02/12: CCHA – Hasselt
26/02/12: Cactus Club – Brugge 14/04/12: C-Mine Jazz Festival – Genk 03/03/12: Museum Night Fever @ MIM – Bxl
08/03/12: Cirque Royal – Brussel 10/03/12: Botanique – Brussel 19/03/12: AB – Brussel
27/03/12: Charlatan – Gent 28/03/12: Vooruit – Gent
29/03/12: Botanique – Brussel 03/04/12: AB-club – Brussel 03/04/12: Vooruit - Gent 21/04/12: AB-club – Brussel 04/04/12: Charlatan – Gent 06/04/12: Dunk!festival – Zottegem 07/04/12: Dunk!festival – Zottegem 12/04/12: De Kreun – Kortrijk
13/04/12: Magasin 4 – Brussel 14/04/12: 4AD – Diksmuide
concert supplémentaire
RAPhAEl SAADiQ 11.03 ancienne belgique - bxl hEAThER NOVA 18.03 vooruit - gand ANOUK 24.03 sportpaleis - anvers
“to get her together”
ChARliE wiNSTON 26.03 ancienne belgique - bxl jONAThAN jEREmiAh 01.04 ancienne belgique - bxl EmEli SANDÉ 02.04 cirque royal - bxl DRAKE 07.04 forest national ( club ) - bxl
“cluB paradiSe tour”
STEVE AOKi 09.04 vooruit - gand blACK bOX REVElATiON 10.04 ancienne belgique - bxl 11.04 ancienne belgique - bxl 08.05 vooruit - gand
03/03/12: Muziekodroom – Hasselt 04/03/12: Cactus Club – Brugge
complet
NiGhTwiSh 16.04 forest national - bxl
“iMaginaeruM world tour 2012-2013” opening act : eklipSe Support : Battle BeaSt + Special gueSt
SKRillEX 26.04 lotto arena - anvers RyAN ADAmS 02.05 kon. elisabethzaal - anvers
fOSTER ThE PEOPlE 06.05 ancienne belgique - bxl lmfAO 09.05 forest national ( club ) - bxl jUDAS PRiEST 23.05 lotto arena - anvers “epitaph tour”
wERChTER bOUTiQ UE PRESENTS
mETAlliCA 28.05 parc du festival - werchter mAC millER 29.05 ancienne belgique - bxl
“the Blue Slide park tour”
CAmillE 30.05 cirque royal - bxl ROCK wERChTER 2012 28.06>01.07 parc du festival - werchter avec e.a. pearl JaM, red hot chili pepperS,
JuStice & Florence + the Machine
DEEP PURPlE 03.12 forest national - bxl
G R E AT L A K E S W I M M E R S 16/04/12: Botanique – Brussel 17/04/12: 4AD – Diksmuide 27/04/12: Warande – Turnhout
for more concerts : www.toutpartout.be
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Independent since 1994 Toutpartout agency Labelman
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Lazarijstraat 87 3500 Hasselt - Belgium Phone: +32 (0) 11 25 60 36 Fax: +32 (0) 11 25 30 21 info@toutpartout.be http: www.toutpartout.be
ThOmAS DUTRONC 07.03 forum - liège
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20
Earteam
au zénith. Huit années plus tard, le gaillard a fait son chemin, trônant un temps au sommet de la hype avec son superbe ‘Plaine Inondable’, et c’est presque naturellement qu’une maison britannique, le célèbre Domino, l’accueille en ses rangs (ben ouais, ça en jette). Au-delà de l’ouverture sur le monde, elle est naturelle en regard des forces en présences – notamment Jean-Paul Romann au mix, on le connaît de Tinariwen – ‘E Volo Love’ paie son tribut aux multiples vies traversées par le musicien originaire de Saintes. Echos poppy à la Camera Obscura sur ‘City Kiss’, quoi de plus logique, ils ont joué ensemble, consonances ouest-africains sur ‘Edge Of Town’ (la mère de Fránçois Marry a grandi au Cameroun), tentation Dirty Projectors sur ‘Les Plus Beaux’ ou fausse vision angélique commune sur le très joli duo ‘Cherchant Des Ponts’ avec Françoiz Breut (yessss !), les racines de l’album aboutissent à une splendide cohérence en dépit de la diversité de leurs provenances. Ca s’appelle la personnalité, vous savez, ce bête truc que tous les navrants pissecopies de The Voice n’auront jamais, même à -70% en soldes. (fv)
Funin ‘Unsound’ Karisma Record/Ber tus
Le groupe éléctro rock alternatif Funin nous vient de Bergen, non pas de Mons, mais bien Bergen en Norvège et croyez moi je suis fier qu’ils ne soient pas belges tant les musiques proposées dans leur premier album suivent la règle des trois ‘i’ : insipides, incolores, inodores. Je ne pense pas que l’on puisse se satisfaire d’un disque qui ne dégage, et je mâche mes mots, rien du tout. C’est bien simple, tous les tracks sont anonymes, aucun gimmick, aucune folie, non, rien que la sobriété d’un groupe éléctro rock qui fait son boulot. Pourtant à sept musiciens, il y a matière à travailler non ? Comment peut-on passer près d’une heure en ayant l’impression d’entendre tout le temps le même morceau ? Pour celles et ceux qui seraient tentés de se réfugier auprès des voix, sans vouloir trop vite vous décevoir, il est évident que l’on s’approche dangereusement d’une Bjork et d’un Thom York, enfin de pâles copies. Globalement ‘Unsound’ ne fût pas un moment ultra désagréable mais malheureusement beaucoup trop monotone et inintéressant. (tv)
Gorillaz ‘The Singles Collection 20012011’ Parlophone/EMI
Une décennie et un trait final sur une aventure musicale qui a souvent touché au génie. Gorillaz, vrai-faux projet virtuel animé par Damon Albarn (Blur) et le dessinateur Jamie Hewlett a livré trois véritables albums (‘Gorillaz’, ‘Demon Days’ et ‘Plastic Beach’) entre 2001 et 2011. La présente compilation (‘The Singles Collection 2001-2011’) rassemble les grands succès du groupe. A moins de vivre sur la lune ou dans une capsule de conditionnement spatio-temporel, impossible d’être passé à côté de ces tubes en puissance. ‘Clint Eastwood’, ‘Feel Good Inc’, ‘Dare’, ‘Kids with Guns’, ‘Stylo’, tout ça appartient (déjà) à l’inconscient collectif. Cet album permet de s’en rendre compte, notamment à travers toutes les collaborations qui ont jalonné l’histoire du projet (De La Soul, Gruff Rhys, Simon Tong, Mick Jones, Shaun Ryder, Neneh Cherry, Mos Def, Bobby Womack, etc.). C’est aussi une évidence : les producteurs engagés (Dan The Automator et Danger Mouse) pour lustrer les chansons précitées étaient les mandarins de la pop moderne à l’heure où le monde basculait dans le 21ème siècle. Là où ça devient (vraiment) intéressant, c’est qu’elle est livrée avec un DVD reprenant tous les clips publiés pour accompagner la sortie des singles. L’occasion de se mater d’une traite les fabuleuses animations de Jamie Hewlett. Et de retrouver à l’écran
J.C. Satàn
Penelope Houston ‘On Market’
‘Hell Death Samba’
Glit terhouse Records/Munich
Slovenly Records
Certains disques ont des vertus insoupçonnées. Je vous arrête tout de suite. J’ai eu un mal de chien à aller au-delà de la plage 6 de ‘On Market’, rien ne trouvait grâce à mes oreilles, ni sa voix plutôt standard ni ses mélodies tellement éculées. On comprendra que du coup, l’envie de me pencher plus longuement sur les textes n’avait aucune raison de jaillir. Il ne s’agit donc pas ici de magie thérapeutique, plutôt de saut du coq à l’âne. Car me vint un instant à l’esprit une image mentale persistante : et si Penelope Houston était à ma pile de disques à chroniquer ce que Vonda Shepard était à la série Ally McBeal (oui, oui, ne faites pas semblant, nous fûmes tous plus ou moins sous le charme de l’avocate, circa 2000) ? Une forme de remplissage, un passage obligé auquel on ne peut pas échapper, une chose à laquelle on ne fait plus attention une fois accoudé au bar? Forte de cette intuition, je me demande toutefois comment avec une biographie semble t’il longue comme le bras et une carrière qui débuta par un passage furieux et fort en gueule dans le groupe punk The Avengers, la sans doute très honorable Penelope Houston en est venue à tomber dans le grand trou du consensus mou, même dans son versant country. Je n’ai pas le cran de mener cette investigation plus loin. Pas touchée…coulée! (alr)
L’Hexagone penche dangereusement à droite : la France va mal. Mais c’est sans doute pour un mieux… En pleine campagne présidentielle, le rock tricolore retrouve des couleurs. Depuis Bordeaux, J.C. Satàn porte son second album aux oreilles des impies. ‘Hell Death Samba’ est une tuerie, une déclaration de guerre. Si les Américains tiennent la baraque du rock garage, ils vont devoir s’accrocher à leur slip et tenir la cadence. La nouvelle scène française (Yussuf Jerusalem, The Feeling of Love, Jack of Heart…) a trouvé la voix de son maître : J.C. Satàn. Sous ce nom (fabuleux), des mélodies pop sixties accrochées sur le porte-bagage d’une mobilette noisy. Le pot Ninja chauffe encore, et la machine démarre au quart de tour. En douze titres, le groupe bordelais s’offre des allers-retours sur la ligne du temps. Passé (The Mamas & The Papas, Jefferson Airplane), présent (Thee Oh Sees, Ty Seagall). L’électricité est au centre du sujet. Un morceau de la trempe de ‘Crystal Snake’ est une véritable saillie orgasmique. Les oreilles saignent, le cœur bat la chamade. Entre le sacré et le profane, JC Satàn met tout le monde d’accord. Les pigeons qui roucoulent sur la pochette de ce nouvel album n’ont, en définitive, que deux solutions : nous chier sur la tête ou s’envoler. Haut, très haut. (na)
tous les personnages de la constellation Gorillaz (2D, Murdoc Niccals, Noodle, Del, Mike le singe ou le maléfique Boogie Man). A la croisée des genres (rock, pop, hip hop, dub, trip hop) et des disciplines (musique, dessin, animation, théâtre), Gorillaz a imposé sa vision euphorique de la pop et remodelé l’esthétique d’une époque. Indispensable pour les retardataires, un excédent de première nécessité pour les autres. (na)
fois qu’ils entendent la voix fêlée de Ray LaMontagne se précipiteront sur l’élégant duo ‘O Sleep’ et s’endormiront du sommeil du juste. « I count the hours / ‘til i sleep with your feet by my feet ». C’est ti pas mignon tout ça? (lg)
Willie Anderson/Konkurrent
Howler
Hangin’ Out
Vous aviez rêvé d’un croisement improbable entre le post-punk mâtiné de funk des Biting Tongues et la voix de Peter Gabriel ? Alors Holloys va vous combler ! Formation atypique, incluant deux batteurs, deux basses, une trompette, une guitare et un synthé, Holloys est souvent présenté comme l’équipe B d’une dream team fantasmée d’une certaine musique américaine (certains de ses membres ont évolué dans le passé au sein des Breeders, des Beastie Boys ou At the Drive In). Mais depuis ses débuts en 2003, le groupe s’est créée une vraie identité musicale en proposant un son groovy mélange de transe, de rythmiques tribales, de polyrythmes et de mélodies planantes. Sur ce nouvel opus, la même recette est utilisée, les lignes de basses sont plus élastiques que jamais et les riffs de guitare souvent réduits au seul rôle rythmique. ’Suns Lungs’sombre malheureusement assez vite dans une certaine monotonie dont il a du mal à se départir. Le groove colle un peu aux dents et on n’a définitivement pas à faire à des poètes (‘Your Songs Have Nice Tits’) ni à des orfèvres du son. Musicalement, on en vient à penser que seuls les bass players purs et durs pourraient y trouver un intérêt particulier. Attention, c’est loin d’être inaudible et un titre comme ‘Rainbow Beam’ avec son refrain poppy pourrait même provoquer des battements de pied inconscients et des hochements de tête satisfaits aussi bien dans les saloons que les pubs ou les bars. On n’a d’ailleurs aucun mal à imaginer que le tout doit être assez imparable sur scène. Mais dans le mange-disque, c’est beaucoup plus indigeste. (gle)
‘America Give Up’
Burning Bridges Craze Records
Hangin’ Out pourrait-il devenir l’un des étendards du punk rock wallon ? A l’écoute de cet album, on aurait clairement le droit de le penser dans la mesure où ce quintette affiche de sérieux atouts : mélodies ultra immédiates, technique plus que convaincante, variété au niveau des compos et surtout, une vraie personnalité. Là où tant de groupes punk de nos contrées pèchent souvent par excès de conformisme et par une production plus que limite, Hangin’ Out n’apparaît nullement comme étant un énième clone brouillon et poussif de Greenday ou Offspring et sonne aussi pro que les gros calibres du genre. L’ensemble est ultra direct et excitant (‘Welcome’,’Forbidden emotions’ ou In vain’), avec parfois des inflexions limite pop (‘Procedure’), tout en n’hésitant pas à alterner les tempos avec brio (‘Second chances for losers’). En outre, le groupe mérite le respect ne fût-ce que parce qu’il se permet de reprendre les Beatles sans se planter, sa version de ‘I’ve just seen a face’ étant on ne peut plus crédible et réussie. Fun et galvanisant ! (pf)
Lisa Hannigan ‘Passenger’ Pias
Dans une interview qu’on peut écouter sur le web, la jolie Irlandaise Lisa Hannigan, trente-et-un ans ce 12 février, confesse un amour sans borne pour la chanson ‘The Trapeze Swinger’ d’Iron & Wine. On a connu des jeunes filles moins raffinées. ‘Passenger’, deuxième galette de la demoiselle, évolue donc dans les mêmes eaux harmonieuses de l’indie-folk. Celle qui se révéla dans les chœurs du plouc Damien Rice invite ici une série de potes à ressortir l’artillerie du genre : mandoline, ukulélé, banjo, harmonium, pedal steel, piano, glockenspiel, trompette, violoncelle... le tout produit par Joe Henry en personne. Son disque alterne ainsi les passages éthérés et les envolées un peu plus pop. C’est dans ce dernier rayon qu’elle se fait moins convaincante, l’album aurait d’ailleurs gagné en délicatesse à délaisser les hohoho et les handclaps goitreux de ‘What’ll I Do’. Pour le reste, tout est parfait pour passer une soirée lascive devant un feu de bois qui crépite et une bouteille de vin blanc. Cherry sur le cake, ceux qui s’évanouissent dans leurs (grosses) barbes à chaque
Holloys ‘Suns Lungs’
Horses On Fire ‘Horses On Fire’ V2
Horses On Fire est un quatuor belge qui propose un rock plutôt couillu d’inspiration old school tout en ralentissant à l’occasion le tempo sur des titres plus calmes. Avec ‘Violent highs’, la mise en bouche est plutôt prometteuse : un excellent titre de rock aux inflexions bluesy qui séduit immédiatement. La suite de l’album est à l’avenant, des titres comme ‘Season to hate’, ‘Draw the line’, l’allumé ‘Your blood’ ou les plus laidback ‘Wolfman in disguise’ et ‘Plagued by vertigo’ sont tous de fort belle facture. Bien sûr, certains diront que Horses On Fire n’invente rien, ce qui n’est pas forcément faux, mais quand un groupe propose un bon rock immédiat et sincère, ce n’est pas moi qui vais me plaindre, que du contraire ! (pf)
Rough Trade
Sur base de l’écoute de son premier EP sorti l’année passée, on se disait que Howler était un groupe qu’il faudrait suivre avec attention. On avait raison : ‘America give up’ est un excellent album de rock jubilatoire mêlant dans un foisonnement de mélodies addictives candeur pop 60s, énergie punk, esthétique indie, le tout avec parfois une hargne quasi garage. Jordan Gatesmith, leader de Howler, n’a beau avoir que 19 ans, sa culture musicale est impeccable et ratisse large, mais surtout, il sait composer des vraies chansons qui ont une identité propre et qui déménagent. Les spectateurs ayant vu le groupe assurer la première partie des Vaccines s’en étaient rendus compte et l’album confirme de façon ultra convaincante. Les onze compos proposées ici sont toutes excellentes, depuis la pop punky néo sixties de ‘Back to the grave’ jusqu’au bien rugueux et très garage ’Pythagorean fearem’, sans oublier le plus laidback et vaporeux ‘Wailing (making out)’, le primesautier ‘Told you once’ ou encore l’ultra catchy ‘This one’s different’ qui n’est pas sans évoquer Dinosaur Jr. (pf)
Hanne Hukkelberg ‘Featherbrain’ Propeller Recordings
Dès les débuts de Hanne Hukkelberg, c’était en 2004 sur le toujours recommandable – voire indispensable – ‘Little Things’, RifRaf a toujours éprouvé une tendresse particulière pour son univers doux-amer. A la fois caresse et inquiétude, les chansons de la demoiselle norvégienne aujourd’hui trentenaire ont souvent ce charme indéfinissable, quelque part entre discrétion casanière et envolées célestes – en des temps venteux, ça réconforte, en période de grand calme, ça interpelle. Quatrième épisode discographique de la fille de Kongsberg, ‘Featherbrain’ confirme à la fois les nombreuses forces de son auteure, mais aussi ses quelques faiblesses, pour autant que la volonté de ne point se noyer dans des hymnes trop p(r)op(res) soit un défaut. Car, pour le reste, quand on laisse le temps à ses compositions d’étendre leur voilure fragile, les chansons de Hanne Hukkelberg valent toujours autant le détour. Rassurante telle une Stina Nordenstam qui aurait rangé au placard le simplisme de ses arran-
Megafaun
US
Alamo Race Track NL Dan San Be 20.00
+ projection du film Les Géants de Bouli Lanners
Dans le cadre du Festival Kicks !
© Sara Padgett
© Patrick Muller
4/02
The Bony King of Nowhere + Friends
EDEN Charleroi
INFO/TICKETS 071 31 12 12 www.pba-eden.be Tarif : 11-9 €
16/03 20.00 EDEN Charleroi INFO/TICKETS 071 31 12 12 www.pba-eden.be
Tarif / 19-16 €
Une collaboration PBA+Eden, L’Ancre et le Ciné Le Parc. Dans le cadre des VW Spring Sessions
Scène de musiques actuelles
TOURCOING
JANV. FÉV.
2012
03.02 Joakim + Pan Aurora (Gratuit Abonné 4X4) 09.02 Les Nuits de l'Alligator : Kitty, Daisy & Lewis + Lindi Ortega + Oh! Tiger Mountain 11.02 Play@Home#3 : Forest Sessions #3 + Soft Crayon 15.02 SBTRKT + Karin Park 16.02 Tune-Yards + Blouse 21.02 Les Nuits de l'Alligator : Hanni El Khatib + Coming Soon +33(0)3 20 70 10 00 www.legrandmix.com LES PRODUITS DE L'ÉPICERIE
22
Earteam
gements – LE point fort de l’ex-locataire du ‘Rykestraße 68’ - tout en doutant des belles choses de Midaircondo, la présence de la mutine Scandinave demeure un plaisir réel, bien que parcellaire. (fv)
Jacaszek ‘Glimmer’ SMM
Le musicien polonais Michal Jacaszek façonne une musique qui revendique à la fois sa contemporanéité et ses racines enfuies dans un univers classique. Accords égrenés de guitare acoustique, nappages subtils de clavecin et suites aériennes de clarinettes (basse ou soprano) constituent l’essentiel de sa trame. Le tout évolue dans une ionosphère chargée de miasmes et de parasites de bruits fragmentés qui donne à l’auditeur l’impression de pénétrer dans un cocon sonore. On songe tantôt aux délicatesses pour l’oreille de Murcof, tantôt aux tâtonnements de Tim Hecker. Mais c’est souvent une impression diffuse oscillant entre contemplation et mélancolie qui nous gagne quand nous prenons la peine d’écouter le disque jusqu’à son terme. (et)
Yves Jamait ‘Saison 4’ Par Hasard Production/Wagram
Herminie est en affaire: aujourd’hui c’est vendredi, et c’est le jour des grandes surprises... Ses doigts manquant désormais d’assurance, tremblant sans cesse, ont réussi à poser sur ses lèvres fanées la gaieté qui lui manquait lors de la longue semaine. Un vernis d’un autre temps colore le bout de ses ongles, sa plus belle robe à fleurs, sentant encore la naphtaline, la boudine désormais, mais rien ne vient gâcher son sourire laissant transparaitre une joie immense. Ses voisins de couloir sont déjà en place, habillés sur leur trente et un. Dans le réfectoire, des triangles colorés chevauchant le faux plafond, rassemblés l’un à l’autre à chaque néon, devant l’estrade sur laquelle chaque instrument attend son propriétaire, tous les pensionnaires tapent des mains à tout rompre, le sourire parfois édenté mais toujours vaillant resplendit: le show peut enfin commencer car à la maison de retraite « Les Lys Bleus » on prend soin de ses pensionnés et ce vendredi c’est Yves Jamait et son band, 4 fois disque d’or, qui vient ensoleiller le quotidien d’Herminie et de ses colocataires, après tout quand on est presque sourd on peut encore tout entendre. (tv)
Dan Mangan ‘Oh Fortune’ Cit y Slang/Konkurrent
Il est des albums qui attirent immédiatement un capital sympathie indéboulonnable, qui vous permettent de fredonner le cœur léger sans avoir l’impression d’être une volaille empaquetée de tête de gondole. En onze morceaux, Dan Mangan, résident de Vancouver, parvient à nous convaincre qu’au-delà de Montréal, véritable vivier indie, il existe des personnalités à suivre, à chérir, à placarder à une place de choix dans son panthéon personnel. Soyez choux. Que vous soyez convaincus ou non, laissez-moi donc profiter encore un peu de la fanfare de cuivres d’’About As Helpful As You Can’, en ouverture, ou de celle, toutes voiles dehors, qui clôture ‘Starts with them, ends with us’. De ces passages à ciel grand ouvert à mi-chemin entre le Beirut de toujours et le Sigur Rós d’’Hoppippola’. Laissezmoi goûter par bouchées minuscules cette gemme fragile qu’est ‘Daffodil’, berceuse country frémissante au délicieux arrière-goût de Phosphorescent. Et surtout, surtout, laissez-moi emporter dans un cabanon avec vue sur le Saint-Laurent ‘Leaves, trees, forest’, véritable bouffée d’oxygène dont le charme indéniable mais plus discret sans doute se distille d’écoute en écoute, un peu à la manière du ‘Jean Paul III’ de Some Tweetlove. Brutalement parachutée après cette pépite, ‘Row of houses’ presque office de faute de goût : fanfaronnade bûcheronne et presque FM, tout en démonstration de force, on enfermerait volontiers ce signe que l’erreur est humaine dans un sac à sapin direction la décharge et on parviendrait à faire de Dan Mangan un nom à suivre, sans modération. ‘Jeopardy’, idéalement placée en clôture de ‘Oh Fortune’ nous donnerait sans doute raison : dépêchez-vous d’aimer ce disque avant qu’il soit aspiré par les feux de la rampe. (alr) est la suite du premier album solo du sieur Kasher (Cursive, The Good Life), ‘The Game Of Monogamy’. Les mauvaises langues diront qu’on comprend pourquoi certains morceaux n’avaient pas été retenus (‘Lilybird And The Trust Fund Kid’, où, malgré moult qualités, le chant est parfois un peu faux), mais dans l’ensemble cet EP (7 titres) vaut le coup, tant il est riche et varié. Dans ces morceaux pop rock souvent teintés de psyché (guitares allumées, sons à l’envers, voix baignée de réverb’, etc.) ou de folk (la première moitié d’ ‘Opening Night’ par exemple), Tim parle beaucoup de lui et de ses rencontres amoureuses pas trop top. Sa voix d’adolescent attardé (à mettre au même niveau que celle de Billy Corgan) déplaira à certains. (gs)
Kashmere Stage Band ‘Texas Thunder Soul 1968-1974’ Now-Again
Les compilations c’est un peu comme les disques live, il y a toujours un moment où ça fait chier, je me souviens avoir déballé avec horreur certains cadeaux musicaux comme un énième best-of de Pink Floyd, oh wait… mais franchement quel manque de goût, pour apprécier un album on écoute de A à Z, pas quelques tracks comme ça, plic ploc en mode Shuffle. Si cela se vérifie avec presque tous les artistes, ça ne s’applique heureusement pas au ‘Upside Down’ du collectif allemand Jazzanova. La compilation reprend un ensemble de remixs encore remixés par un florilège de djs internationaux - attention pas David Guetta hein, plutôt Henrik Schwarz, Mr Scruff, Midnight Mauraders, entre autres. Côté musique, c’est simple: on se retrouve dans un son un peu nu-jazz, chill-out voire un peu jazzhouse. Pour ceux à qui ça ne dit rien, c’est la musique un peu branchouille qu’on passe dans les magasins « alternatifs » durant les soldes, c’est plus clair non ? Avec ce disque, Jazzanova m’a conquis et je vous le recommande chaudement, une bonne musique d’ambiance qui donne la patate sans nous assourdir. (tv)
Now-Again, ce bon label de Los Angeles, s’occupe essentiellement de rééditions et publie parfois des disques contemporains (The Heliocentrics par exemple). Généralement ce sont des choses assez rares (un superbe coffret de reprises de Fela par des groupes seventies) et presque inconnues par chez nous, pour le meilleur ou parfois pour le pire (la décevante compilation du groupe East Of Underground, un peu trop amateur). La ressortie (car ces enregistrements étaient déjà parus sur le même label en 2006) qui nous intéresse ici s’avère passionnante, à tout le moins pour les amateurs de hard soul ou de funk cuivré. En gros, le Kashmere Stage Band était un groupe formé par des étudiants de la Kashmere High School (Houston, Texas). Il fut dirigé de façon magique de 68 à 78 par Conrad Johnson. Leur jeu est proche des JBs, sans pourtant manquer d’originalité, car les musiciens (une trentaine souvent quand même) étaient invités à proposer leurs propres idées et arrangements. Beaucoup de cuivres, disait-on, et on pense souvent à un big band survitaminé, mais on a régulièrement droit à des versions décoiffantes et dépouillées de standards (écouter leur ‘Shaft’). Comme à l’accoutumée, la présentation du disque est extrêmement soignée : livret copieux et fouillé, parsemé de photos représentatives. Deux CDs (ça n’est pas trop pour rendre compte d’une huitaine d’albums et de plusieurs simples) et un DVD comprenant un docu (qui témoigne entre autre de leur passage en Belgique puisqu’on les voit faire du cuistax sur la côte!) et un live de l’époque. (gs)
Tim Kasher
Kele
Jazzanova ‘Upside Down’ V2
‘Bigamy’
‘The Hunter EP’
Saddle Creek
Wichita Recordings
Ceci (astucieusement sous-titré « More Songs From The Monogamy Sessions »)
Tous les fans de Bloc Party se souviendront du tourbillon médiatique annonçant le licen-
ciement de Kele Okereke, chanteur et guitariste charismatique du groupe. Heureusement cette désastreuse nouvelle n’était qu’une rumeur, que le groupe a aussitôt démentie à grand coup de communication, photo à l’appui, « Kele joue encore bien avec nous ». Après je peux tout à fait comprendre au vu de la production musicale que le chanteur nous propose dans son projet solo: je serais Bloc Party, je le virerais illico presto. Après ‘The Boxer’, Kele revient avec un nouvel EP de 30 minutes, s’ouvrant avec le single ‘What Did I Do’ en duo avec Lucy Taylor, morceau moyen avec un « boum boum » dance-house à la sauce Guetta, s’enchainant ensuite avec ‘Release Me’, médiocre tant dans les paroles que dans la mélodie (Ah bon il y en a une ?). Trois morceaux viennent relever le niveau, à savoir ‘Devotion’, ‘Cable’s Goodbye’ et la cover de ‘Goodbye Horses’ de Q. Lazzarus, ces trois tracks sont aboutis, construits mélodiquement, ressemblent sans nul doute au travail que Kele fait en groupe et l’on retrouve surtout l’étendue de sa voix reconnaissable parmi des centaines. L’album se finit par ‘Love As A Weapon’ et ‘You Belong To Someone Else’ qui résonnent comme deux dernières balles en plein crâne pour achever mon corps agonisant déjà au sol. (tv)
Kings Of Belgium ‘Très Fort’ Off/Pias
Voici le sixième opus de la série « P.V. Presents » (le meilleur selon nous), centré, on l’aura compris, autour du musicien et producteur Pierre Vervloesem (pour cette occasion à la basse). Si on ne suit pas toujours notre P.V. national dans ses élucubrations, force est de constater qu’ici, on a droit à du lourd, du très puissant, soit du « très fort ». Il s’agit du deuxième Kings Of Belgium (m’enfin?!), à nouveau en version trio. Le côté lourd provient entre autre du batteur (génial) qui s’y colle : Morgan Agren, dont nous avons dit beaucoup de bien dans le numéro précédent (cfr sa collaboration avec Laswell et Raoul Björkenheim) car son jeu est particulièrement puissant (et le fait qu’il utilise trois grosses caisses aide un peu) et Pierre qui produit l’album l’a admirablement rendu (on lui pardonne les coassements triviaux mixés en sus). Le troisième larron, c’est Gil Mortio (Joy As A Toy, pour n’en citer qu’un), un autre petit génie qu’on ne présente plus, ici aux guitares et aux claviers. ‘Raz’, le premier morceau est une bombe et se rapproche assez de l’album ‘Blixt’ (l’album avec Morgan dont question plus haut). ‘Aeolipile’ est une canonnade, avec cette batterie tout en saccades, cette basse funk énorme et cette guitare furieuse et délirante. Cependant, si le son est puissant, les Kings ne font pas dans le métal et brassent très large. Témoin ce morceau plutôt ska (‘Merry Calculations’), plus
léger. ‘Space Bigotry’ avec son prédicateur débile ou ‘Escaped From Nivelles’, absolument désopilant, révèlent davantage le versant humoristique des Kings. À ce propos, à quand une dotation pour les Kings ? Ou pour Off ? (gs)
Tim Love Lee ‘Fully Bearded’ Tummy Touch
Il y a quinze ans, un petit gars nommé Tim ‘Love’ Lee lançait son label, Tummy Touch, qui aillait pas mal secouer le cocotier du monde de l’électro en signant Groove Armada, Tom Vek, Phenomenal Handclap Band ou encore New Young Pony Club. Resté toujours assez modeste question taille, le label s’est pourtant fait remarquer chez les esthètes pour son mélange de house downtempo et de rythmes dub. Histoire de fêter l’anniversaire de sa petite entreprise, Tim ‘Love’ Lee a remixé ses poulains à sa sauce. Si cette compile est parfois inégale, on ne peut que rester bouché bée devant certains morceaux (notamment le ‘Ain’t Dubbin’ My Goodbyes’de Tom Vek). Une sorte de groove froid pour dancefloor au ralenti (mais qui pourtant donne indubitablement envie de bouger son corps selon des mouvements extatiques et anarchiques) se dessine tout au long de l’album. On y découvre, concentré comme de l’huile essentielle, tous les éléments constitutifs du son Tummy Touch. Comme de l’ecstasy qui coule dans les oreilles, se plonger dans cet album (malgré quelques faiblesses légères par-ci par-là) est un délice qu’on aime faire tourner en boucle. (jbdc)
Lindstrom ‘Six Cups Of Rebel’ Feedelit y/Smalltown Supersound
Est-ce à cause du froid du Grand Nord ou de la proximité des côtes norvégiennes avec les gaz s’échappant des forages pétroliers off-shore dans la mer du Nord, mais n’empêche que Hans-Peter Lindstrom a parfois des idées bizarres. On le connaissait amoureux du disco le plus kitsch et de la musique progressive la plus psychédélique qui soit, mais on l’avait rarement vu aussi zarbi. Commençant avec une symphonie hypnotique de clavecins d’un Barry Lyndon qui aurait un peu trop abusé de l’absinthe, le Norvégien entame le véritable propos de son album: une sorte de funk froide (rétrofuturiste diront certains), paradoxalement hyper rythmée, mais pas dansante pour un sou, presque inhibante. Non pas que cette funk ne sonne pas, bien au contraire. On dirait juste que les Earth Wind & Fire viennent d’être kidnappés par des extraterrestre et analysés dans toute leur anatomie pour être ensuite relâchés, à moitié zombies, dans un champ de blé perdu à la cambrousse. Bref, un OVNI ce disque – littéralement. Même après plusieurs écoutes, j’ai bien des difficultés à avoir un avis un peu objectif, tant les repères musicaux sont ici mis à mal. Bref, à ne conseiller qu’aux oreilles téméraires. (jbdc)
Loops Of Your Heart ‘And Never Ending Nights’ Magazine 5
Homme orchestre derrière les magnifiques The Field – trois fantastiques albums où rien n’est à jeter – Axel Willner n’a de cesse de nous abreuver de ses boucles obsédantes, allant jusqu’à nommer son nouveau projet Loops Of Your Heart. Attention, toutefois, à ne pas se méprendre sur la nature des deux ambitions. Bien connue, l’une (The Field) nous entraîne illico sur un dancefloor hypnotisé à force de tournoiements synthétiques, l’autre (LOYH) s’insère davantage dans une galaxie cosmique contemporaine telle que la défend – avec acharnement – le label Spectrum Spools, subdivision très Kosmische des Edtions Mego. D’ailleurs, dès la première écoute, nous avons directement pensé à la première sortie de l’officine autrichienne, le très bon ‘A Sort Of Radiance’ de Matthew Mullane sous son pseudo de Fabric. Toutefois, à la différence de son collègue de rayon américain, le pro-
ROPS, SNARE ET LES AUTRES vs REBIRTH::COECTIVE JOS KNAEPEN - THE JAZZMAN EXPO BELFUSION & GREYBIG BANDREVEREND LE ENS MAARTEN DECOMBEL TRIO R T WE ELTOFT & SCHWARZ DUO WIIAM H KER CAT TOREN TRIO
digitale SAm 18.02 ›› Flash #3Fr/ Nuit Be
euphorie / F3 / MY Brother Be BaBel orchestra Be / ...
soul clap SAm 3.03 ›› joNathaN touBiN’s us aNd daNce oFF
/ ...
Jeu 8.03 ›› lazer crYstal usBe/ câliN Fr / duFlaN duFlaN Au RockeRill
/ ...
SAm 10.03 ›› horNY F BeBE/ WatosaY BeBe/ BAZZ aBe / FOOLZGEG / ButtMaN Au ThéâTRe de l’AncRe
/ ...
SAm 24.03 ›› Mothership coNNectioN #1 Be leoNard digital / roNgoroNgo Fr / pierre BartholoMe project Be
meR 28.03 ›› BitchiN Bajas us / ... Jeu 26.04 ›› iN zaire it / la otraciNa us /
WFMu’s BriaN turNer dj set us
dim 27.05 ›› the spits us / MoN coloNel Be / ... En pARTenARiAT Avec RockeRill
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Earteam
ducteur suédois ose davantage de clins d’œil vers l’extérieur. Lorgnant, non sans raison, du côté de Johann Johansson lorsqu’il fait vibrer les keyboards vintage sous le nom d’Evil Madness, voire d’Apparat Organ Quartet, Willner assume en vérité l’héritage Kraftwerk période 1975, notamment sur l’excellentissime ‘End’. Entre nous, il peut continuer dans cette voie aussi longtemps que ça lui chante, on le suivra volontiers. (fv)
The Love Language ‘Libraries’ One-Four-Seven-Records
Sorti Outre-Atlantique sur Merge Records en 2010, ce disque n’aurait sans doute pas croisé notre route sans l’opiniâtreté d’un petit label londonien, One-FourSeven (qui accueille également des opus de Superchunk, les fondateurs de …Merge Records) et leur farouche conviction que ces dix morceaux de pop très orchestrée et romantique à souhait (comprenez : qu’adopteraient sans complexe She & Him tant elles ont ce son si caractéristique des 50’s-60’s, parfois suranné mais attachant) méritaient des auditeurs européens en sus des américains. Disons-le d’emblée, ‘Libraries’ tiendrait presque du miracle : à l’origine, avant même de songer à son premier album ou de monter un groupe, Stuart McLamb ne destinait ses morceaux qu’à son ex, fraîchement évaporée dans la nature après leur rupture. Si l’on ajoute à ça qu’en plein enregistrement de son second opus, notre looser-crooner vit ses aspirations à assoir une carrière entamée dans le flou le plus total piétinées par ses comparses tentés d’aller gambader ailleurs, il ne faudrait plus forcer le trait très longtemps pour se croire dans ‘High Fidelity’, à compulsivement faire la liste des songwriters dotés de la plus énorme poisse de la décennie. Heureusement, comme dans toute vraie bluette qui se respecte, l’histoire finit bien : Stuart ne trouva peut-être pas le grand amour, mais BJ Burton, un producteur capable de faire scintiller comme il se doit ces dix morceaux doux comme de la barbeà-papa. Si ce disque ne fait pas fondre le cœur de votre grizzly excité à l’idée de la reformation d’At The Drive In, il tintera plus qu’agréablement à l’oreille de tous ceux qui ne sont pas parvenus à enterrer définitivement la midinette en eux. (alr)
The Maccabees ‘Given To The Wild’ Fiction/Coop/V2
Waaw ! Quel bonheur d’écouter des disques de cet acabit, des disques qui ne font, de prime abord, penser à aucune autre production musicale. Quelle invitation au voyage, à la découverte d’espaces immenses, qu’il est planant de se délecter d’une telle musique. The Maccabees nous contentaient de musique beaucoup plus pop, aux riffs guitare électrisants et aux rythmiques tendues, mais avec ‘Given To The Wild’ un sacré tournant à été pris, le songwritting est mis en avant et appuyé par une musique tantôt lancinante comme la chanson titre de l’album, parfois sautillante comme ‘Pelican’ ou ‘Went Away’, ces tracks sont, tout au long du disque, appuyées par une musique intelligente et produite à merveille. Derrière chaque gimmick, chaque cuivre, chaque clavier, solo, arpège ou encore piano on retrouve cette nature en perpétuel mouvement, montant crescendo vers de délicieuses explosions sonores. Je pense que la musique que The Maccabees nous propose sonne en fin de compte comme une somptueuse bande originale d’un film parcourant des paysages sous tous les temps et à tout moment. (tv)
Mad About Mountains ‘Mad About Mountains’ Zeal Records/Konkurrent
Un nom de projet pareil, la chose est en-
Radical Face ‘The Family Tree : The Roots’ Net werk Music Group/Munich
Dans son riche pavé ‘Une Histoire Musicale Du Rock’, Christophe Pirenne rappelle qu’une chanson folk est celle qui se transmet de générations en générations, en diluant progressivement ses origines et le nom de ses auteurs. Radical Face – un des projets farfelus d’un certain Ben Cooper – ne pourrait pas mieux coller à cette définition. D’abord parce que ‘The Family Tree : The Roots’ n’est rien d’autre que le premier volet d’une trilogie qui racontera l’histoire de la famille Northcotes sur deux générations, vers les années 1800. Ensuite, parce qu’au-delà de ce contexte à priori peu bandant (les Northcotes n’ont pas existé), c’est bien à tout un pan de la musique moderne qu’on a affaire. Les onze morceaux de ce grand disque renvoyant en effet à tout ce qu’on a aimé précédemment, ici et là, chez machin ou bidule. Pour sortir un disque de cette classe, Cooper a forcément digéré une somme colossale d’influences, du génial Sufjan Stevens au Midlake incandescent de ‘The Trials Of Van Occupanther’. Ce folk chiadé, étendu sur des lits de cordes en tout genre, sur des pianos somptueux, bourré de crescendos ingénieux, d’handclaps vicieux est donc la merveille pop à côté de laquelle on était passé en 2011. Avec des titres comme ‘Ghost Towns’ (« a song for when you’re driving away from the person you like the most », dixit Cooper sur son Facebook) ou ‘Always Gold’ (qui démarre dans un murmure et s’achève dans l’hystérie), le songwriter américain touche au sublime, à l’intemporalité. (lg)
tendue, ne va pas vous emmener incendier la piste ou faire des tentatives de stagediving depuis le balcon de l’Ancienne Belgique, n’en déplaise à Great Mountain Fire. C’est dans l’atmosphère feutrée d’un refuge perdu à haute altitude, ou plus près de nous, dans une grotte méconnue des Ardennes que cherche à nous rassembler Piet de Pessemier, grand brasseur de racines blues, folk et country. L’homme n’est pas inconnu de nos services : actif essentiellement de l’autre côté frontière linguistique sous la bannière de Krakow et de The Brothers Deere, on lui doit également ‘Dark Rain’, hommage poignant à l’incident dramatique de cet été au Pukkelpop. Des échos de 16 Horsepower (le charisme démentiel de David Eugene Edwards en moins), un timbre de voix chaud mais souvent trop nasillard / geignard, la dose ad hoc de banjo, guitare lapsteel, guimbarde et d’harmonica de rigueur pour coller à l’americana, l’authenticité de cet album n’est définitivement pas à remettre en cause. Mais on se sent ici comme dans un pyjama en flanelle trop grand : la matière est fort douce, on reconnaît les contours, mais le tout manque sans doute un peu de structure pour être seyant, d’un poil de rythme pour convaincre totalement, d’intensité pour marquer durablement. Les montagnes ne se sont certes pas sédimentées en une semaine, mais on les aurait définitivement voulues par moments plus folâtres, moins léthargiques. (alr)
Minny Pops ‘Standstill to Motion’ LTM
Pour conceptuel qu’il puisse paraître, le nom Minny Pops doit être ramené à son sens premier, celui, trivial et négociable, du modèle de la boîte à rythmes Korg utilisé par ce groupe amstellodamois. En activité au cours de la période charnière de la fin des années septante et du début des années quatre-vingts, les Minny Pops pratiquaient une pop minimaliste et froide, une mini pop squelettique et claustrophobe. Il n’est dès lors pas étonnant que le groupe ait fini par être signé par le label Factory, bénéficia des services du producteur Martin Hannett et ouvrit pour Joy Division (et plus tard New Order) aux Pays-Bas. Emmené par le très grand (en taille) chanteur Wally van Middendorp, le combo devait disparaître prématurément fin 1981. La maison LTM, qui avait déjà réédité l’essentiel de sa discographie, ressuscite ici un enregistrement live sur huit pistes au légendaire Melkweg d’Amsterdam tandis qu’un dvd reprenant des extraits de concerts à New York (en ouverture pour Suicide) et Amsterdam l’accompagne. Ce ‘Standstill to Motion’ est un arrêt sur image, un instantané d’une époque révolue mais qui continue à inspirer et à nourrir bon nombre d’aventures musicales d’aujourd’hui. (et)
Mister Dumont ‘Kitchen Diaries’ Adasong
Fantomas aka Paul Bocuse aka Mister Dumont aka Axel Dumont. Comment résumer mieux que ça l’identité visuelle et artistique de ce projet downtempo agrémenté d’une pincée de surréalisme ? Cuisinier des sons, multi-instrumentiste et producteur, Mister Dumont triture sa console comme d’autres leurs becs de gaz et s’ingénie à brouiller les pistes en studio comme d’autres brouillent leurs œufs au petit déjeuner. Entouré d’une pléiade d’artistes renommés issus de la scène jazz (Charles Loos, Jean-Paul Estiévenart, Fabrice Alleman notamment), ce cuistot masqué mixe les instruments avec des pincées d’épices sonores glanées aux quatre coins de la world-music et nous propose ses ‘Kitchen Diaries ‘,des expérimentations musicales tendance Nu Jazz qu’il serait dommage de n’écouter que dans les restaurants lounge branchés. Pour ceux qui ont un appétit plus conséquent et qui reprendraient bien une dernière petite tranche de vie, l’écoute des textes au minimalisme assumé peut aussi s’avérer assez nourrissante… (gle)
Moon Invaders ‘The Fine Line’ Grover/Sonic Rendezvous
Histoire de fêter leur dixième anniversaire, le groupe belge de ska vintage et de rocksteady sort son cinquième album. On va être franc: le bal musette jamaïcain n’est pas trop ma came, mais pourtant force est de constater que nos amis savent faire sonner les trompettes, les ritournelles estivales et les guitares nonchalantes – le tout dans une ambiance gentillement festive. Bref, un charme désuet et une bonne humeur douce, voire presque naïve, transpirent de ce disque. Au-delà de se limiter aux seuls fans de ska, la galette mériterait un coup d’oreille curieux venant de tous ceux qui souhaitent s’encanailler sur ces rythmes sans prétention, mais bourrés jusqu’à la moelle d’une joie de vivre légère et sans prise de tête. (jbdc)
Nada Surf ‘The Stars Are Indifferent To Astronomy’ Cit y Slang/Konkurrent
Autant faire court, le sixième album de ces valeurs sûres de l’indie-rock est dans la pure lignée de leurs précédentes productions. Simples et directs, aux titres forgés par de gros riffs de guitares soutenant des mélodies construites au millimètre et qui se logent dans la tête pour ne plus jamais en ressortir;
les Américains continuent leur route avec leur barraca habituelle. Tout ce qui fait le succès du groupe est là, avec toujours la même aisance quand il s’agit d’envoyer le bois tout en gardant un son cristallin. Bref, du pop rock dans toute sa noblesse. Il y a même presque quelque chose de désarmant en écoutant les Nada Surf: on n’est même plus étonné par leur maestria. Ils sont comme ces cuisiniers d’un restaurant trois étoiles: à chaque bouchée, systématiquement, c’est parfait – et, à force, on ne s’étonne plus de cette perfection. Évidemment, s’il faut émettre une légère critique, ce serait sans doute ce manque de surprise. Cet album est exactement comme tout le monde l’attendait: du Nada Surf pur jus. Pas de révolution, ni de changement de cap. Mais est-ce vraiment un problème au fond, tant on aime les retrouver avec cette même qualité qui caractérise tant leur musique? (jbdc)
Christian Naujoks ‘True Life/In Flames’ Dial/Kompak t
Dépourvu d’une éducation classique et venu à la musique sans réelle expérience comme musicien, Christian Naujoks n’en possède pas moins une vision de ce que la musique offre comme potentialités et un don pour les exploiter opportunément. Accueilli en 2009 par le label hambourgeois Dial aux côtés d’aventuristes techno tels Lawrence et John Roberts, il a dès le départ pris le parti de ne pas se revendiquer du genre de la maison, optant pour une musique intimiste essentiellement composée pour le piano et axée sur des jeux répétitifs simples et dépouillés. Si les références à Steve Reich semblent inévitables, Naujoks n’en a ni le talent, ni le génie créatif. Du reste, il revendique son penchant pour une certaine pop délicate et éthérée ainsi qu’en témoignent les deux versions chantées de ‘Moments’. Au final, ‘True Life/In Flames’ s’affiche comme un disque très propre et trop poli, sans intrigue aucune. (et)
Neon Electronics ‘Keylogger’ DanceDelic D/LC Music
Dans les années 80, Neon Judgement a été une figure de proue de la scène electro body music belge, genre que le duo a contribué à définir en compagnie de Front 242. La sortie récente de compilations diverses du duo a permis de se rendre compte de l’importance de la musique qu’il a développée voici un bon quart de siècle et qui demeure toujours d’actualité. Neon Electronics est en réalité un projet solo de Dirk Da Davo, fondateur de Neon Judgement et l’on évolue à vrai dire ici dans un terrain connu, à savoir que ‘Keylogger’ fait la part belle aux beats martiaux et aux rythmiques obsédantes et dansantes qui sont la spécialité de Dirk. De façon fort judicieuse, l’album met aussi bien en avant des titres accrocheurs et accessibles qui pourraient plaire à un large public fan de new wave/ électro que des compos plus brutes et agressives, typique du son indus/EBM. Dans la première catégorie, on rangera les tubesques ‘Under the worst condition’, ‘Plastic world people’ et ‘Mother earth’, tandis que les plus radicaux ‘Glimp’ et ‘Prejudicial Science’ raviront la frange la plus dure des aficionados. On notera en outre une excellent reprise de ‘The fear in my heart’ de Luc van Acker, ainsi que le plus downtempo et dark ‘Over and over’ qui a tapé dans l’œil de Dave Clark himself. Si le style de l’album est volontiers 80s, on saura gré à Neon Electronics de ne pas rechigner à diversifier sa palette en lui donnant une coloration contemporaine, notamment grâce à la présence d’artistes de la nouvelle génération comme Radical G et Bodyspam, jetant de la sorte des ponts entre passé et présent de bien jolie façon. (pf)
Earteam The Pack A.D. ‘Unpersons’
Super Reverb
Mint Records/Platinum Records
Depuis que le blues tripote le punk-rock au fond du garage, de nombreux duos se sont hissés sur la stéréo. Des White Stripes aux Black Keys, on en a vu de toutes les couleurs. On était déjà tombé – ouille ! – sur un album de la guitariste Becky Black et de sa puncheuse Maya Miller, on les retrouve aujourd’hui avec ‘Unpersons’. Si le son de The Pack A.D. a sérieusement gonflé, c’est bien la même dope qu’autrefois : un jeu de batterie sommaire pose le beat pendant qu’une guitare excitée déroule ses riffs saturés. Produit par l’inusable Jim Diamond (depuis la mise en boîte des deux premiers White Stripes, celui-là clone d’arrache-pied une formule éprouvée), ce disque n’a pas l’aplomb des vainqueurs. Les Canadiennes rabâchent des préceptes édictés, début du siècle, depuis les friches industrielles de Detroit. Et au micro, ça minaude sec. Au final, les filles de Pack A.D. posent énormément, mais elles n’ont pas grandchose à dire. Dans le genre impersonnel, ‘Unpersons’ est une réussite. (na)
Pepe Deluxé
‘Super Reverb’ Les Disques En Rotin Réunis
Proposé aux journalistes en format vinyl, ‘Super reverb’ est un album dont la musique est à l’image de la pochette, sublime, elle qui met en avant un motif psychédélique rappelant le logo du label Vertigo. Cet album prend en effet des allures de trip hallucinant, une véritable claque pour quiconque est friand de musiques allumées. Au fil des huit plages, on croisera tour à tour et simultanément les ombres du Velvet, de Can, d’Hawkwind, de Suicide, des Spacemen 3 ainsi que de My Bloody Valentine, le tout avec des soubresauts on ne peut plus pop. L’aventure démarre avec ‘We’ll probably never meet again’ qui nous vaut une mélodie pop murmurée et lointaine qui sert d’écho à une structure assez indie rock 90s, avec une petite touche de noise psychédélisant. Vient ensuite l’incroyable ‘Mammoth’, un drone envoûtant mêlant space rock et ambiances doom pour ensuite voguer dans des eaux plus krautrock. Magistral ! ‘He hates himself and he just wants to die’ surprend tout autant, commençant comme un titre ultra pop pour ensuite virer dans l’expérimental psyché. Après une telle montée, le duo opte pour l’angélique ‘The technique is easy’, sorte de mélopée gospel éthérée se parant d’orgue pour un résultat à la grâce incomparable. La face B démarre avec ‘Down and out in Salvador da Bahia’, qui fait très Suicide avec sa structure électro répétitive hypnotique et ses voix trafiquées. Vient ensuite l’obsédant ‘It’s always true from someone else’s point of view’ qui fait dans l’ambient cosmique dark et majestueuse. Dans un registre guère éloigné, mais plus abstrait, ‘I’m in so deep that I’m so far out’ est tout aussi captivant. Pour clore l’expérience, Michael Becket et Jürgen De Bonde nous caressent l’oreille avec le délicat et mystique ‘Oh Lord, please hear me out’. Fantastique ! (pf)
‘Queen Of The Wave’ Catskills Records/Ber tus
A-t-on idée de s’appeler ainsi, c’est grotesque ! Bon, allez, pas grave car les Pepe Deluxé, un groupe finlandais qui existe depuis plus de dix ans, c’est pas si mal ! Et c’est bien barré aussi (c’en est presque un OVNI). Peut-être trop d’ailleurs car ce quatrième album présenté comme un pop opéra (basé sur une passionnante nouvelle de science-fiction du XIXe siècle, ‘A Dweller Of Two Planets’, ceci explique cela) part dans tous les sens. S’y retrouvent pêle-mêle les références suivantes : psychédélisme (partout), rock balèze, pop sixties, électronique, big beat, productions à la Lee Hazlewood (très clairement le dernier morceau : ‘Riders On The First Ark’) et j’en passe. D’une certaine manière, vu le fond commun, ils feront penser à un Broadcast en plus joyeux mais moins fin parfois. Tout ça est extrêmement touffu et complexe : l’instrumentation foisonne (les amateurs d’instruments bizarres tel le waterphone se délecteront) et la production est à la hauteur. Ce qu’on aime moins c’est quand l’électronique prend le dessus, à certains moments, comme dans ‘Hesperus Garden’ où l’on imagine une Siouxsie Sioux qui aurait viré sa cuti. Ça et là nous arrivent aussi des effluves du Foetus grandiloquent. Tiens, par le passé, leur musique a été utilisée deux fois par des marques de jeans (non, pas Pepe Jeans). Nonobstant cela, ‘Queen Of The Wave’ est un disque intrigant et attachant. (gs)
Peter Pan Speedrock ‘Fifty Some Super Hits’ Suburban Records
Cinquante-huit pour être exact. Soit deux galettes remplies jusqu’à la gueule de ce que le combo hollandais fait plutôt pas mal depuis une quinzaine d’années: torcher des brûlots hard punk rock à tendance rockabilly. De ‘Rocketfuel’ à ‘I’m Not Deaf…’ (ce qu’on ne vous garanti pas après plus deux heures trente de tapage), ces Bataves rappellent définitivement que la dentelle, le tricot et les maîtres flamands, c’est pour les tapettes. Eux, ils ont des gueules de bouchers et d’assassins récidivistes, ils ont des muscles et des tatouages, ils se nourrissent exclusivement à la bière et rotent sans doute à qui veut l’entendre que les femmes à gros nibards avec des poils sous les bras, c’est terriblement sexy. Ces quelques cinquante super hits super gras super lourds tournent ainsi à plein régime, faits de riffs manucurés à la tronçonneuse, de frappes primaires, et sauvagement (dé) gueulés par un mec probablement possédé par le démon. Ces types, étrange mélange de Fucked Up et d’Experimental Tropic Blues Band, partagent avec le trio liégeois cette singulière habitude de sortir leurs tripes à chaque concert. La lon-
gueur de cette compilation fait qu’inévitablement on se lasse. Mais, en bande son d’un court-métrage sur un détraqué mental équarrissant un sanglier après avoir enculé un agneau, c’est l’idéal. (lg)
Porcelain Raft ‘Strange Weekend’ Secretly Canadian/Konkurrent
Chéri, j’ai récidivé, j’ai à nouveau cédé à des plaisirs coupables. J’ai ressorti mon gloss glam à paillettes et surtout, j’ai ramené un italien installé à Londres à la maison. Ses états de service? Il s’appelle Mauro Remiddi, et faisait auparavant partie d’un duo connu sous le nom de Sunny Day Sets Fire. Il avait déjà fait une tentative d’approche avec ‘Tips of your tongs’ et toi qui fréquente Azealia Banks et son pull Mickey tout petit, tu n’as pas besoin de sous-texte. Son plus grand crime, finalement? M’avoir fait miroiter l’espace de ‘Drifting In And Out’ un paradis hédoniste, dreampop en diable, où Beach House servirait l’ambroisie et Blonde Redhead les cupcakes, et où tout ce beau monde se roulerait dans des océans de ouate, sans vergogne ni pudeur, jouerait à saute-mouton en jupons de tulle dans les nuages, sous la bénédiction de Kirsten Dunst, sapée en MarieAntoinette. Le charme a continué à opérer sur ‘Shapeless & Gone’, avec son phrasé élégant et ambigu à la Brett Anderson (Suede). Mais ne nous leurrons pas. Toutes les incartades ont une fin. Il est devenu chagrin, chipotant du bout des lèvres et répétant à loisir les mêmes rengaines et effets de reverb avec l’œil mouillé et la moue boudeuse, et à vrai dire, dans le genre mignon chaton fragile, j’ai déjà Jonathan Donahue (Mercury Rev) à surveiller, il était là le premier. Je ne peux pas te promettre de ne plus jamais écouter ‘Strange Weekend’ en me tortillant un peu, mon amour. Mais tu sais désormais qu’entre Porcelain Raft et moi, ça ne sera jamais du sérieux, juste une question de « kinky style ». (alr)
The RiTch Kids ‘We Are The RiTch Kids’ Autoproduit
Petit phénomène hype parisien (mais une hype ici franchement méritée), le duo des RiTch Kids fait pas mal parler de lui. Sorte de croisement très électro-chic entre les MGMT, les Kills, les Dresden Dolls, ou encore T Rex, et sortis littéralement de nulle part pour, en quelques mois, faire la première partie des Ting Tings, les Français martèlent une pop tout en
brillance et faite de bricolages électro joyeusement naïfs et adolescents. Adeptes du do-it-yourself, les RiTch Kids sortent tous les 3 mois un nouvel EP de 5 titres qu’ils vendent via le Net. Pas plus de 10 envois par jour parce qu’ils décorent chaque exemplaire à la main. Si vous voulez mon avis, ces artéfacts vaudront dans quelques années leur pesant de cacahouètes sur eBay, tant on sent que le groupe (encore émergeant) est sur une voie toute tracée vers le succès. Une oreille curieuse s’impose. (jbdc)
Rodrigo y Gabriela and C.U.B.A. ‘Area 52’ Rubiworks/PIAS
Ils ont la guitare qui les démangent alors ils grattent…et pas qu’un peu. Mais que faire quand on est mexicain, guitariste, plutôt porté sur le heavy métal et qu’on veut vivre de sa musique autrement que dans un groupe de mariachis ? Ben on s’invente un style musical rien que pour soi, de la world music teintée d’un peu de métal, de folk, de jazz et de rock avec un jeu de guitare plutôt nerveux. Voilà pour ceux qui ignoreraient encore l’origine de nos deux desperados (qui ne le sont sans doute plus tant que ça après leurs récentes participations aux BO du Chat Potté et du dernier Pirates de Caraïbes). Area 52 est déjà le 8èmealbum du duo qui s’est pour l’occasion fait plaisir en revisitant certains de ses anciens titres accompagné de 13 parmi les meilleurs jeunes musiciens cubains actuels. Histoire d’ajouter une couleur musicale à une palette qui n’était déjà pas triste. Et il faut bien admettre que la combinaison de ces couleurs, à défaut d’être toujours nuancée, tient la distance. Ca déménage et ça part dans tous les sens. Un hommage à Carlos Santana (‘Hanuman’plus crédible encore que l’original), du Pink Floyd avec des volutes de havane sur ’11 :11’et Anoushka Shankar (fille de Ravi) qui a vu de la lumière et qui est entrée avec sa sitar sur ‘Ixtapa’. C’est donc relativement inclassable mais c’est d’une efficacité redoutable à de nombreux égards. (gle)
Scrimshire
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fond, ‘The Hollow’ déroule une invraisemblable quantité de papier peint sonore. De quoi recouvrir l’intégralité de votre grande surface préférée. Et de vous dégoûter, une fois pour toute, d’aller faire des courses. Une aubaine pour le paki du coin. (na)
Silicon Ballet ‘Utopia’ Rainboat
Les gamines, vous pouvez oublier la (bien foutue, c’est vrai) pop mélancolico-sautillante de Showstar, elle vous sera désormais fournie par Silicon Ballet. Ce qui revient au même. Le side-project des Liégeois est garanti 100% Pure Fm, tournée des festivals d’été comprise. Un problème ? Non, aucun. Cet Ep est bien foutu, bien gonflé, affublé d’une belle pochette et servi par un premier clip au charme évident : des gosses balancent leurs lunettes de soleil et mutent en super héros. Concrètement, on retrouve donc les gars de Showstar avec un quatuor à cordes, un pianiste et un bidouilleur. Si la noirceur de l’instrumental éponyme pourrait attirer l’attention des esthètes d’un rock racé, ‘Victory’ et les quatre autres titres ne tromperont personne, on demeure dans la pop bon enfant, et on s’imagine, analphabète, dans le ‘Dear Beloved Secretary’ des Wallace Collection. (lg)
Singtank ‘The Party’ Because/Warner
Sur le liveweb d’Arte, on peut dénicher un concert du groupe au festival des Inrocks. Le duo français – un frère, une sœur, épouse de Mark Ronson (ça doit aider) – livre une performance pop d’une remarquable évidence et d’une fraîcheur contagieuse. C’est l’occasion d’approfondir ce 45 tours vraiment séduisant. A :‘The Party’, petit hymne synthétique délié. B : la merveilleuse ‘Nuthouse’, lumineuse ballade folk dont les harmonies renvoient à l’inusable ‘Teen Dream’ de Beach House. (lg)
Les Slugs ‘BanqueRoute’ Aredje
Pour quiconque ayant été un ado fan de rock alternatif engagé et déconnant dans les années 90, la simple évocation des Slugs devrait rappeler moult excellents souvenirs. Les Slugs, avec René Binamé et quelques autres, symbolisent un certain état d’esprit mêlant culture punk, refus du compromis, engagement politique, approche iconoclaste et concerts délirants. A l’écoute de ‘BanqueRoute’, on constate avec grand plaisir que les Slugs n’ont pas changé. Sur le plan des textes, le trio continue à tirer à boulets rouges sur le capitalisme, le consumérisme, la globalisation et la religion qui écrasent et lobotomisent les masses. Ici, pas de termes pseudo intellectuels pour exprimer le propos, mais un style cru et direct, du style ‘Les pompes à fric/nos amis politiques/les catholiques/Le pape et toute sa clique/A dégueuler’. Ce n’est certes pas toujours très subtil, mais c’est souvent vachement jouissif, d’autant plus que sur le plan musical, le groupe balance un punk super accrocheur qui fait le plus souvent mouche, que ce soit avec ‘A dégueuler’, ‘Derouf’, ‘GPS’, le tordant ‘Indiana Jones’ ou encore le percutant ‘L’euro’. Cela fait en tout cas plaisir de voir que le temps qui passe n’a en rien entamé la rage iconoclaste et la verve du groupe ! (pf)
Snoop Dogg & Wiz Khalifa
Kudos Records/Rough Trade
‘Mac and Devine Go To High School’
Multi-instrumentiste, producteur, DJ et boss du label Wah Wah 45s, Adam Scrimshire se fait plaisir en publiant un second effort solo. Baptisé ‘The Hollow’, l’objet laisse transparaître sa passion pour une musique soul-jazz typiquement british. Truffé de vocalises féminines exaltées, ce nouvel album confond trop souvent ennui (profond) et détente (transcendantale). Moelleux comme un oreiller sans
Pour schématiser, la vie de Snoop Dogg se résume à courir après deux trucs verts : l’herbe et les dollars. S’il n’a pas encore rencontré de martien, il est récemment tombé sur Wiz Khalifa, petit homme au corps coloré et à la pupille dilatée. Ce dernier partage avec le Snoop une passion pour l’horticulture et le hip hop. Du coup, les mecs
‘The Hollow’
Atlantic/Warner
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Earteam
s’adorent. Tellement fort qu’un jour, lors d’une interminable soufflette, ils décident de produire un film ensemble. Un truc de ouf où un intello et un cancre se pointent sur un campus en quête d’un diplôme. C’est le pitch initial de ‘Mac and Devine Go To High School’ (sortie européenne sous peu) : un grand moment de cinéma avec de jolies gonzesses, des survêts de baseball et… un peu d’herbe. Déguisés en acteurs, Snoop Dogg et Wiz Khalifa retrouvent les bancs d’école et là, tout le monde commence à fumer des pétards gros comme des troncs de séquoia. Pour composer la bande originale du film, les deux loustics ne pouvaient (évidemment) compter que sur eux-mêmes. Vite emballé entre deux pacsons, cet album est une ode à la fumette parsemée de tubes (‘Smokin’On’, ‘Young, Wild & Free’, ‘OG’ avec Curren$y ou ‘That Good’) et de grands n’importe quoi (le reste du disque). Les messages sont plutôt positifs (« Smokin’on that weed, this is all I need » sur ‘I Get Lifted’ ou, plus poétiques, dans ‘Young, Wild & Free’ : « So what we get drunk, so what we smoke weed, we’re just having fun, we don’t care who sees »). A consommer avec modération. (na)
Mano Solo ‘A L’Olympia’ Wagram
C’est dans la demeure mythique de Bruno Coquatrix que Mano Solo, le 12 novembre 2009, nous a jeté un de ses derniers souffles en public. Et c’est aujourd’hui que sort l’enregistrement du concert. Comme chaque fois avec Mano, c’est toute la sensibilité d’une voix qui nous explose à la gueule dés les premières secondes, une voix à la limite de la rupture, brute et grave, hurlant à l’amour, à la sensibilité ou encore aux rapports humains. Les morceaux se suivent et se ressemblent, tout est mis en place pour servir une poésie à fleur de peau, sans trop d’habillages musicaux complexes, mettant toujours en avant cette voie caverneuse caractérisant l’artiste. Voyez dans cet album un dernier cadeau du chanteur à ses fans et la dernière expression de sa charité car tous les bénéfices seront redistribués à l’association « Fazasoma », aidant les enfants malgaches, qui lui tenait particulièrement à cœur. Si un disque posthume laisse bien souvent les fans un peu amers de ne plus pouvoir savourer des moments forts avec l’artiste, celui-ci est une dernière opportunité d’entonner l’hymne mythique ‘Shalala’. (tv)
Charlene Soraia ‘Moonchild’ Peacefrog
Y a-t-il encore des sourds qui écoutent l’horrible groupe californien The Calling aujourd’hui ? Des malentendants qui pleurent toutes les larmes de leurs corps lorsqu’ils se repassent l’insipide ballade FM ‘Wherever You Will Go’ dix ans après sa sortie ? Personne. Sauf peut-être Charlene Soraia. Une jeune Britannique de 22 printemps dont les saisons futures pourraient ressembler à celles passées d’Adele. Rien de moins. L’histoire a donc commencé avec cette chanson. Epurée et reprise puissamment au piano, elle buzze et s’attire les faveurs de Twinings, la fameuse marque de thé. Consécration : au X Factor anglais, une candidate inspirée présente cette version du morceau. La suite est ce premier album. Très bien produit, joli, poli, girly, parfois un poil trop lisse, ‘Moonchild’ fixe d’emblée la barre très haute avec un morceau inaugural splendide. Les six minutes de ‘When We Were Five’ s’ouvrent sur des nappes cotonneuses qui laissent progressivement s’installer une tension sourde, s’immiscer des trompettes évanescentes, se poser une voix qui se retient de faire l’étalage de sa puissance. Plus loin, ‘Rowing’ est lascif comme une bossa-nova quand ‘Bipolar’ est enjoué comme du Regina Spektor. Ouvertement moins pop que Lily Allen, sacrément plus jazzy/sexy qu’Adele, foutrement moins chiante que Norah Jones, Charlene Soraia semble emprunter les chemins de la gloire. (lg)
Tazio & Boy ‘Winter in The Room’ Humpt y Dumpt y
En musique comme dans la vie, les rencontres pimentent le quotidien, débouchent sur l’inattendu dont naissent de nouveaux projets. Couple à la ville et à la scène, Tazio (le gars) et Boy (la fille) font définitivement partie de ces gens qu’on aime connaître, en vrai et en disque. Apôtres invétérés d’un DIY qui ne se préoccupe ni des cours de la bourse, ni de la dernière bouse en couv’ des Inrocks, les deux Nantais maintiennent depuis 2004 leur très jolie barque à flots, à la fois en responsables de leur micro-label My Little Cab (29 sorties au compteur !) et en artistes folk revendiqués. Quatre ans après leur arrivée sur l’excellent label Humpty Dumpty – plus besoin de rappeler qu’il héberge Carl, Mièle ou K-Branding, la seconde étape du duo retrouve la douce
chaumière de Christophe Hars, pour une histoire où les mots complicité et amitié ne sont nullement galvaudés. Au-delà de la sympathie naturelle qu’il nous inspire, quelques bémols se manifestent toutefois à l’écoute du présent ‘Winter in The Room’, dont plusieurs titres sont à nos oreilles plutôt dispensables (dont ‘When The Summer Ends’ ) – mais peut-être sont-ce simplement leurs ambiances hivernales, au voile grisé trop prééminent, qui tombent à la mauvaise saison. (fv)
Team Me ‘To The Treetops’ Propeller Recordings/Munich
styles abordés (entre pop rock, émo et ballade) et qu’il assure un max sur le plan technique. De l’autre, je serais plutôt crispé par le coté épique démonstratif d’un ensemble que l’on sent clairement conçu pour permettre au groupe de se hisser au rang d’idoles des stades. Le fait que l’on songe parfois à Coldplay (sur les titres plus calmes) ou Fall Out Boy (sur les compos davantage émo) irait d’ailleurs dans ce sens. A l’autopsie, Tellison me semble être un groupe certes pétri de talent, mais qui aurait la fâcheuse tendance d‘en faire beaucoup trop … (pf)
This Is Tunng ‘Live From The BBC’ Full Time Hobby
Bien sûr, lorsqu’on est jeune en Norvège, on peut imaginer que pour l’adrénaline, il n’y a pas trente-six solutions, c’est soit échapper aux tireurs fous, soit s’exciter devant un genre d’Arcade Fire qui reprend l’intégralité du deuxième (et mauvais) album de Clap Your Hands Say Yeah en clôture d’une foire agricole. L’image vaut ce qu’elle vaut mais elle définit assez bien les dix morceaux de ‘To The Treetops’, un album poussif qui atteint rarement les cimes. Bien sûr, à quinze ans, ce qui compte, c’est l’exubérance du moment, l’excès d’alcool, la délivrance de toutes les frustrations. Le sextet d’Oslo est hyper doué là-dedans et devrait donc faire chavirer le cœur des (vieux) ados qui aiment régurgiter leurs pommes d’amour après quelques huit dans les montagnes russes. Dit autrement, ‘To The Treetops’ est fortement déconseillé aux diabétiques, aux cardiaques et aux fans de Johnny Halliday. Sinon, l’occasion est belle de reprendre des hohoho, des hahaha, en dodelinant en rythme sur des claviers et des cordes qui s’amusent à se renvoyer la baballe. De ces crescendos endiablés et déjà entendus mille fois, on retiendra pourtant un excellent morceau, à la lisière du post-rock : ‘Favorite Ghost’, démarre chevrotant sur des bases acoustiques pour mourir huit minutes plus tard dans un torrent d’électricité. Un peu peu.(lg)
Malgré le départ de John Peel pour l’éternité et l’arrêt forcé de ses Peel Sessions, et gloups ça fait déjà sept ans passés, la BBC continue de nous abreuver de séances live de derrière les fagots. Compilation d’enregistrements réalisés à la naissance des Tunng en 2005 et 2010, ‘Live From The BBC’ montre à quel point il est possible de moderniser la folk music au-delà de tous les clichés, tout en lui insufflant un caractère entraînant, voire pop guilleret – et c’est tellement flagrant sur un titre comme ‘Bullets’. Au-delà de l’expérience du live, l’écoute révèle également les chansons du groupe britannique sous un autre jour, probablement plus relâché que sur ses très bons disques studio. Par instants, on pense – et pas qu’un peu – à Simon & Garfunkel en version hommefemme, mais c’est loin d’être tout. Heureuse surprise, les bluesmen maliens de Tinariwen sont aussi passés par là sur un morceau (‘Tamatant Tilay’) qui nous transporte plus dans le désert que dans les Highlands et, ailleurs, on se pourlèche les babines à l’annonce du prochain vrai disque de Mike Lindsay & co. Oui, vite, et quel bel intermède que voilà. (fv)
Tellison
Turbowolf
‘The wages Of Fear’
‘Turbowolf’
Naim Edge/Rough Trade
Hassle Records
La presse anglaise a encensé cet album dont elle a salué l’énergie, la fulgurance mélodique et les envolées de guitares. Pour ma part, je suis on ne peut plus partagé. D’un côté, il est indéniable que le groupe sait composer des mélodies accrocheuses, qu’il fait montre d’un grand éclectisme au niveau des
A intervalles réguliers, les anglais de Turbowolf nous reviennent avec une cargaison de titres bien rentre-dedans d’une efficacité incroyable et qui témoignent en outre d’une approche assez personnelle. Si Turbowolf peut en effet être qualifié de métal – écoutez donc ‘Ancient snake’ ou ‘Seven severed heads pour vous en convaincre !, son style le fait sortir du lot en intègrant des éléments hard 70s voire 80s (‘Read & write’), tout en étant à l’occasion emprunt de petites touches de psychédélisme (l’étonnant instrumental ‘TW1’), voire de stoner, comme sur l’excellent ‘Bag o’ bones’ ou l’hypnotique ‘A rose for the crows’. Et puis il y a aussi le remarquable ‘Son (sun)’ qui évoque le grunge d’Alice in Chains ou encore l’étonnant ‘All the trees’ qui évolue dans un registre électro downtempo un rien introspectif à peine malmené par des soubresauts nerveux. Un excellent d’album qui témoigne du talent et de la grande ouverture d’esprit d’un groupe vachement excitant! (pf)
Vaiping ‘Industrial Workers Of the World’ Karisma Records/Ber tus
Dès les premières notes, on se rend compte que l’on s’embarque pour une aventure singulière. Après une intro en guise de drone ambient dark industrialisant et un sample qu’on imagine être un dialogue provenant d’un film, Vaiping développe sur des titres plus longs son savoir-faire de tisseur de paysages sonores intenses et emprunts d’une certaine noirceur. Il faut dire que la thématique abordée par l’album est celle de la condition des travailleurs à l’époque de la révolution industrielle. Ceci dit, si le pro-
viewmaster pos est sombre et si la musique loin d’être guillerette, ‘Industrial Workers Of the World’ ne prend pas la forme d’un cauchemar apocalyptique. Les motifs développés ne sont en effet jamais dépourvus d’un certain sens mélodique et à la différence de bon nombre de projets de ce type, on évite tout côté monolithique et répétitif. On peut même dire que l’ensemble est assez varié, vu que des claviers et des effets électroniques sont associés à des instruments traditionnels comme basse, guitare ou batterie. En outre, l’ajout de voix donne à certains titres un côté raisonnablement accessible, comme sur ‘Wind will bow’ et ‘Listen up’, que l’on peut considérer comme étant de vraies chansons, fussentelle indus. De manière générale, les morceaux sont ceci dit essentiellement instrumentaux et dégagent un coté cinématographique indéniable. Un projet original et assez intriguant. (pf)
Adèle ‘Live At The Royal Albert Hall’ XL Recordings
Que l’on aime ou que l’on n’aime pas ce genre de musique, Adèle est incontournable tant son succès fulgurant l’a propulsée très jeune et très vite en haut des charts. La jeune diva le mérite entièrement tant ses chansons peuvent nous parler, voire nous toucher. Ne nous mentons pas, un texte appuyé par une musique lacrymale est on ne peut plus efficace. Les morceaux interprétés de manière ultra minimaliste sont ceux qui vont souvent chercher le plus d’émotions en nous. Croyez-moi dans ce domaine Adèle excelle, ouvrant le bal dans la salle mythique du Royal Albert Hall par son désormais classique ‘Hometown Glory’ en simple piano-voix, arrachant déjà les premiers soupçons d’émotions à une assemblée pas encore trop hystérique, ensuite la Lady déballe son talent avec son band et ses choristes, de temps à autres appuyé par un ensemble de cordes. Quand je vous dis qu’on vient chercher les émotions… La jeune demoiselle n’hésite pas à plaisanter avec son public entre les morceaux, ça change de tous ces artistes jouant au clic et avec des séquences, ne pouvant pas sortir la moindre phrase sous peine de dérégler la machine. Si pour moi, qui ai horreur des enregistrements live, l’apogée de ce concert est ‘Someone Like You’ chanté harmonieusement en cœur par tout le public, je ne pense pas que ce DVD/CD live soit des plus surprenant. Ceux qui aiment Adèle se feront plaisir, ceux qui ne l’aiment pas seront peut-être conquis. Mais j’ai du mal à croire qu’une telle artiste puisse nous laisser de marbre. (tv.)
Cabaret Voltaire/Peter Care ‘Johnny YesNo Redux’
Christina Vantzou ‘N°1 Dvd & Remixes’ The Numbered Series
Originaire du Kansas mais installée à Bruxelles depuis plusieurs années déjà, Christina Vantzou est une artiste plasticienne et vidéaste qui s’est également intéressée au son et, par extension, à la musique. Après avoir fait ses premiers pas aux côtés d’Adam Wiltzie (Stars of the Lid, label Kranky) avec lequel elle forma The Dead Texan et après une apparition temporaire comme membre d’appoint de Sparklehorse, elle s’est lancée sous son propre nom. Recourant à une banque de samplers tirés de musiques pour orchestre et utilisant sa voix avec parcimonie, elle parvient à constituer, avec pas grand chose, un semblant d’univers tactile et tactique. ‘N°1’ a initialement été conçu avec l’aide d’un septuor : le Magik*Magik Orchestra. Sorti cet automne sur Kranky, il est réédité ici sous la forme d’un double album. D’une part, un dvd qui reprend une dizaine de chapitres qui sont autant de créations filmées. D’autre part, un cd qui convie différents artistes (Robert Lippok, Isan, Ben Vida, Loscil pour ne citer que les plus connus) à un travail de revisitation des morceaux originaires. Le résultat est probant, il atteste d’un travail de qualité d’une artiste qui aura encore beaucoup à dire et à faire dans les années à venir. (et)
Venom ‘Fallen Angels’ Spinefarm Records
L’avantage, quand on écoute un nouvel album de Venom, c’est que l’on sait exactement à quoi s’attendre. Cela fait en effet trente ans que ce groupe anglais propose des albums interchangeables, pour la plus grande joie de ses fans. ‘Fallen angels’ ne déroge pas à la règle : une collection de titres métal bien lourds, qu’il fasse dans le doom ou qu’il s’aventure dans un registre davantage speed. Si j’apprécie plutôt les titres ressortant de la première catégorie, à l’instar de ‘Hammerhead’, les morceaux plus speed auraient tendance à me lasser assez vite avec leurs roulements de batterie apocalyptiques et leurs solos démonstratifs plutôt assommants. Ceci dit, tout cela n’est qu’affaire de goût, bien entendu… (pf)
Zëro
Mute/V2
Bien avant l’avènement de Warp et d’Autechre, Sheffield était déjà une place forte des musiques électroniques. Des groupes comme Vice Versa, Human League, Heaven 17 ou Clock DVA y créèrent une pop électronique adventice. Mais c’est surtout Cabaret Voltaire qui se démarquera par la singularité de sa démarche et de son son. En 1982, le groupe fait équipe avec le cinéaste Peter Care pour réaliser ‘Johnny YesNo’, un film noir d’auteur jouant résolument sur la métaphore du clair-obscur. Le film est entièrement tourné à Sheffield, alors une cité post-industrielle sur le déclin, il privilégie les ambiances à une trame narrative articulée. Les morceaux de Cabaret Voltaire utilisés pour la bande sonore font corps avec les séquences filmées à un point tel que l’osmose semble parfaite. Cabaret Voltaire incorpore à des structures rythmiques binaires minimales desquelles ressort la basse des fréquences déroutées, des parasites, du souffle saturé. A l’époque, ‘Johnny YesNo’ qui est édité en VHS sur le label Doublevision de Cabaret Voltaire connaîtra un succès d’estime dans les milieux avertis mais il permettra au groupe de se faire connaître davantage. Le trio devient duo suite au départ de Chris Watson et il se fait signer par Virgin, conférant à sa musique une tournure plus accessible qui servira d’inspiration aux musiques électroniques des années 90. Pour sa part, Peter Care s’en ira réaliser des clips pour Depeche Mode, Killing Joke… et plus tard pour R.E.M. et Bruce Springsteen. Aujourd’hui, le film a été complètement ré-imagé, la musique revisitée. Cette version ‘Redux’ offre deux dvd comportant notamment la version originale et la nouvelle mais aussi des clips ainsi que deux cd avec des inédits et des remix. Un beau package pour qui voudrait découvrir Cabaret Voltaire à la fois en sons et en images. (et)
Daan ‘Concert’ Pias
On aime Daan depuis ‘Berchem’, premier album des Anversois de Dead Man Ray. Très vite, dès ses débuts en solo, on s’est rendu compte de l’énorme potentiel de Daan Stuyven à écrire des chansons chiadées, plutôt pas drôles mais drôlement entêtantes. Ces douze années passées à donner des concerts qui foutaient régulièrement sur le cul méritaient bien une captation live. C’est donc au début de sa récente tournée acoustique – à Flagey, les 30 avril et 1 mai – que furent saisis ces morceaux éblouissants. Décharnés et retravaillés au corps, ils imposent Daan comme le Morrissey belge, une sorte de crooner post-moderne. Accompagné uniquement du très recherché Jean-François Assy au violoncelle (essentiel sur le dernier Daniel Darc) et de la sublime multi-instrumentiste Isolde Lasoen (vibraphone, percussion, trompette, Moog), Daan parvient à sonner comme un groupe de dix musiciens. C’est à la fois puissant, sombre, intense et délicat. Le trio transfigure véritablement les titres, qu’ils proviennent du répertoire solo de l’artiste ou de celui de Dead Man Ray. Même le ‘A Man Needs A Maid’ de Neil Young frôle la perfection de l’original (insurpassable, il faut le rappeler). La communion avec le public atteint son paroxysme sur le bien nommé ‘Simple’ où le simple (!) fait d’épeler les trois premières lettres de l’alphabet suffit à refiler la chair de poule. Le DVD qui accompagne le disque dévoile les coulisses d’un concert au Japon, mais permet surtout de revivre ces instants classieux où l’espace d’un soir, le temps s’est arrêté. (lg)
Lamb ‘Live At The Paradiso’ (DVD) ‘Live At Koko’ Ber tus
Après un long congé sabbatique consacré à leurs projets solos respectifs, les agneaux sont sortis de leur silence en 2011 avec l’album ‘Five ‘sur lequel la voix ensorcelante de Louise Rhodes et les compositions empoisonnées d’Andy Barlow nous rappelaient pourquoi le mystique duo avait toujours eu plus d’une longueur d’avance sur le reste du troupeau. Trois concerts sold-out au Botanique en décembre dernier prouvèrent encore que, contrairement à beaucoup d’autres, ils n’étaient pas revenus pour tondre leurs fans. C’est un peu de cette magie qu’il nous est offert de retrouver sur le DVD ‘Live At The Paradiso’ é en 2004 ainsi que sur l’album ‘Live At Koko’ é en 2009. Bien sûr, les deux productions ne renient pas les codes de l’enregistrement live et on ne pourra échapper au parasitage de cette musique vénéneuse par les fans reconnaissants. Mais ces deux témoignages prouvent s’il le fallait encore que le «trip-pop » de Lamb a remarquablement survécu aux outrages du temps. (gle)
‘Hungry Dogs (in the Backyard)’ Ici d’ailleurs/Rough Trade
Nouveau rejeton dans la discographie de Zëro, ‘Hungry Dogs (in the Backyard)’ voit le groupe français renforcer ses défenses immunitaires et se faire les dents sur un rock tendu et urgent. Loin du post-rock anguleux et rageur des débuts, Zëro imagine sa métamorphose à l’aune d’une approche hybride et érudite. A la croisée du krautrock, du psychobilly, du (post-) punk et d’un puits expérimental sans fond, Zëro libère ses guitares et avive la tension. Ici, les atmosphères varient sans cesse, tandis que les structures (super)soniques se la jouent en mode tectonique des plaques : elles glissent les unes sur les autres et se télescopent pour engendrer un disque en mouvement permanent. Pas simple à suivre. Mais réellement passionnant. (na)
Raphaël ‘Live Vu Par Jacques Audiard’ Oa xaca/Angora Prod/EMI
Pour les plus fidèles lecteurs, vous avez surement déjà lu que je n’aime pas les disques live, et je vous le confirme une nouvelle fois: remasteriser des applaudissements pour obtenir une gerbe à la limite de l’audible n’est vraiment pas ma came. Donc, une fois n’est pas coutume je ne parlerai que très peu de l’album de Raphaël, capté à la Coopérative de mai. Ce qui m’intéresse beaucoup plus, c’est le DVD: Raphaël vu par Audiard, l’intitulé est alléchant reconnaissons-le, qu’est-ce que ces deux artistes peuvent bien se dire? Comment un réalisateur aussi branchouille peut-il filmer un concert? Toutes ces questions qui au final n’ont qu’une réponse simple: inefficacité! Le concert n’est pas mieux filmé ou différent, non, il est un peu plus centré sur le chanteur, mais des gros plans d’épaules, de mains, de cheveux, ça devient très vite indigeste. Mais là où je me suis le plus marré, c’est dans la séance de «personal branling» post concert, comprenez: la rencontre entre les deux hommes durant laquelle chacun jette des fleurs à l’autre. Mon Dieu, please, pourquoi est-il nécessaire de se toucher la nouille pendant 23 minutes? En fin de compte j’en viens à me demander quelle est l’utilité d’un tel CD/DVD si ce n’est une énième démarche d’intellectualisation de l’image de chanteur populaire, qui colle à la peau de Raphaël depuis feu son deuxième album, vers une image de bobo branché qui mange bio devant un bon film d’auteur Autrichien le samedi soir sur ARTE. Si deux albums sont à sortir de la discographie du chanteur français c’est bien le tout premier ‘Hôtel De L’Univers’ et le dernier ‘Pacific231’ le reste est, de mon humble avis, à oublier. Monsieur Raphaël, n’est t’il pas plus mainstream que de ne pas vouloir l’être? (tv)
27
28 ProPulse Du 1er au 4 février Botanique, Bruxelles La Boutik Rock et EntreVues ne sont plus... Après fusion et passage au shaker, ProPulse, le nouvel évènement qui les remplace, devient la plus grande vitrine des Arts de la Scène, avec pour vocation de promouvoir les artistes et leur diffusion en Fédération Wallonie-Bruxelles afin de « propulser » les talents. Mais ce n’est pas seulement un rendez-vous pour les professionnels et les artistes. Forts du succès de feu La Boutik Rock, plusieurs soirées de découvertes demeurent accessibles au public. Entre groupes émergents et artistes qui ne vont pas tarder à se faire remarquer, il y en aura pour tous les goûts. Une frange de la flotte JauneOrange y défendra ses couleurs (Fastlane Candies, Gaëtan Streel, Pale Grey), Honest House peut compter sur ses ambassadeurs Taïfun, et dire qu’on attend le retour de Boris Gronemberger aka VO relève du doux euphémisme. A voir au Bota : (1er février) Pale Grey, Taïfun, Kiss & Drive, Fastlane Candies, Gaëtan Streel. (2 février) Driving Dead Girl, The Link, Exuviated, Komah, The K. (3 février) Crazy Lady Madrid, Kupid Kids, V.O. , Applause, Noa Moon. (4 février) : Glÿph, Squeaky Lobster, Compuphonic, Ssaliva, Concert Debout, Anilux, zoft, Joy As A Toy, Amute, Uman, Scylla, Kaer, Veence Hanao, Dynamic, Maëlan. www.propulsefestival.be
Megafaun 4 février, Eden Brasserie (Avec Alamo Race Track + Dan San) 6 février, Rockhal
samedi 28 janvier Les Transardentes: Boyz Noize, Birdy Nam Nam, Cassius, Simian Mobile Disco dj set, DJ Fresh, Noisia, Sub Focus dj set, Dirtyphonics, Modestep, Breakage, Annie Mac, Nina Kraviz, Riva Starr, Max Cooper, The Japanese Popstars, Sigma, TWR72, Foreign Beggars, Arnaud Rebotini, NT89, Moonlight Matters, Kastor & Dice, Mickey, Spoek Mathambo, Bad Dancer, Laurenzinho, Dubtimus Soundsystem, Karl M @ Halles des Foires Coronmeuse, Liège, lestransardentes.be Loney Dear, Charles Frail @ AB, Bruxelles, livenation.be Priba 2000 @ Eden, Charleroi, eden-pba.be Ensemble 21 @ La Ferme du Bièreau, Louvain-La-Neuve, fermedubiereau.be Gary Beck, Martinez, Dezz Terquez, Ken & Davy, Koen, Pierre, Deg @ Fuse, Bruxelles, fuse.be Buurman @ Ha’, Gent, handelsbeurs.be Thierry Crommen 4tet @ Kulturzentrum Jünglingshaus, Eupen, kk-eupen.be Dobet Gnahore @ Maison de la Culture, Namur, ticketnet.be Sunday Bell Ringers, Cape Coast Radio @ M-O-D, Hasselt, heartbreaktunes.be Aka Moon @ Ancien Palais, Arlon, entrepotarlon.be Radio Panic Party: Beticiclopp, Les Terrils, DJ Pierre Elitair, DJ Snooba, Athome, Stel-R @ Recyclart, Bruxelles, recyclart.be Gay Beast, Child Abuse, DJ Naughty Natan, DJ’s Die Hard 3 @ Scheld’apen, Antwerpen, scheldapen.be Sights And Sounds, Constants, Musht @ Sojo, Kessel-Lo, funtimerecords.com Driving Dead Girl @ Taverne du Théâtre, La Louvière, intersection.be Dans Dans, Cheikh De Stael @ Water Moulin, Tournai
dimanche 29 janvier Amatorski @ AB, Bruxelles, abconcerts.be Dans Dans @ Arenberg, Antwerpen, arenbergschouwburg.be The Beat @ Het Depot, Leuven hetdepot.be Maria Taylor, Unbunny, Flare Acoustic Arts League @ Ancien Palais, Arlon, entrepotarlon.be A Pale Horse Named Death, Blood Runs Deep @ Trix, Antwerpen, heartbreaktunes.com Gym Class Heroes, Badi @ VK*, Bruxelles, vkconcerts.be
lundi 30 janvier A tribute To Alan Lomax: The Golden Glows & Roland @ CC Ha, Hasselt, ccha.be Lamb @ Den Atelier, Luxemburg, Lu, atelier.lu
mardi 31 janvier UB 40; Benjamin Francis Leftwich @ AB, Bruxelles Guano Apes, Alpha Academy @ Den Atelier, Luxemburg, Lu We // Are // Animal @ Rockhal, Esch/Alzette, Lu, rockhal.lu Justice @ l’Aéronef, Lille, Fr, aeronef-spectacles.com
mercredi 01 fevrier
Megafaun a sensiblement évolué depuis ses débuts que l’on pourrait qualifier d’expérimentaux. Développant désormais une pop folk psyché immédiate, le groupe nous revient avec un album éponyme tout simplement magistral. Vous adulez les Beatles pour la façon qu’ils avaient de combiner immédiateté pop et goût pour l’expérimentation ? Vous fondez pour les harmonies vocales des Beach Boys ? Vous craquez pour Neil Young qu’il se la joue tantôt folk, tantôt psyché ? Si vous avez répondu oui à ces questions, nul doute que vous allez adorer : c’est pop, folk, voire country et c’est constamment brillant. (pf)
Howler 9 février AB Club, Bruxelles America give up’ est un excellent album de rock jubilatoire mêlant dans un foisonnement de mélodies addictives candeur pop 60s, énergie punk, esthétique indie, le tout avec parfois une hargne quasi garage. Jordan Gatesmith, leader de Howler, n’a beau avoir que 19 ans, sa culture musicale est impeccable et ratisse large, mais surtout, il sait composer des vraies chansons qui ont une identité propre et qui déménagent. Les spectateurs ayant vu le groupe assurer la première partie des Vaccines s’en étaient rendus compte. (pf)
Pro Pulse: Pale Grey, Taïfun, Kiss & Drive, Fastlane Candies, Gaëtan Streel @ Botanique, Bruxelles, botanique.be Live From Buena Vista; S.C.U.M. @ AB, Bruxelles, abconcerts.be Little Trouble Kids @ Arenberg, Antwerpen Expats @ Beursschouwburg, Bruxelles, beursschouwburg.be Thomas Dutronc @ Maison Culture, Tournai The Limousines, The Sounds, Kids At The Bar @ VK*, Bruxelles, GZA, Rauw en Onbesproken; Inwolves, aNoo, Maja Ratkje & Poing @ Vooruit, Gent, vooruit.be Random Recipe @ Cave Aux Poètes, Roubaix, Fr
jeudi 02 fevrier Pro Pulse: Driving Dead Girl, The Link, Exuviated, Komah, The K. @ Botanique, Bruxelles, botanique.be Megafaun, Geppetto & The Whales; Gabriel Rios @ AB, Bxl Amatorksi @ Cactus Club@MaZ, Brugge, cactusmusic.be Chrystel Wautier Quartet @ La Ferme du Bièreau, Louvain-LaNeuve, fermedubiereau.be House Grand Cru, Solomun, Maxim Lany, Nathaniel @ De Kreun, Kortrijk, dekreun.be Curved Air @ Spirit Of 66, Verviers, spiritof66.be Ghostpoet @ Trix, Antwerpen, trixonline.be DJ Krush, Mister Critical @ VK*, Bruxelles, vkconcerts.be Christian Fennesz, Kamilya Jubran, Arifa @ Vooruit, Gent Savina Yannatou & Primavera en Salonico @ Zuiderpershuis, Antwerpen, zuiderpershuis.be We Were Promised Jetpacks @ Rockhal, Esch/Alzette, Lu Ben Howard @ Grand Mix, Tourcoing, Fr, legrandmix.com
gigs& parties fev 12
Cobra, Hot Stuffs @ Spirit Of 66, Verviers, spiritof66.be Les 3 Fromages @ Taverne du Theâtre, La Louvière, centerock.be Four Year Strong, This Time Next Year, A Loss For Words @ Trix, Antwerpen, heartbreaktunes.com DJ Eskondo, Exodarap, DJ Vince, Nanaka, Dope D.O.D., Radical XP @ VK*, Bruxelles, vkconcerts.be Wild Flag, Teddiedrum, Urbanus @ Vooruit, Gent, vooruit.be Shaka Ponk @ l’Aéronef, Lille, Fr, aeronef-spectacles.com Joakim, Pan Aurora @ Le Grand Mix, Tourcoing, Fr
samedi 04 fevrier Pro Pulse: Glÿph, Squeaky Lobster, Compuphonic, Ssaliva, Concert Debout, Antilux, Zoft, Joy As A Toy, Amute, Uman, Scylla, Kaer, Veence Hanao, Dynamic, Maëlan @ Botanique, Bxl Little Trouble Kids, Falling Man @ 4AD, Diksmuide, 4ad.be Periphery, Bear; Hans Liberg @ AB, Bruxelles, abconcerts.be Noisy Decade, Penelope Sulla Luna, Themis @ Ancien Palais, Arlon, entrepotarlon.be 100% Sweden ft Jennie Abrahamson, The Forest & The Trees @ Beursschouwburg, Bruxelles, vkconcerts.be The Straws @ CC, Athus, intersection.be Daniel Hélin @ CC, Bastogne, centreculturelbastogne.be Megafaun, Alamo Race Track, Dan San @ Eden, Charleroi, edenpba.be Ukandanz @ Ferme Madelonne, Gouvy, gouvy.eu/madelonne Pan Pot, Pierre, Deg @ Fuse, Bruxelles, fuse.be Emika @ De Kreun, Kortrijk, dekreun.be Driving Dead Girl @ Le Magick, Jambes, intersection.be The Montesas, Gigolos In Retirement, Louis Katorz, Danny Flo, Cherry Shakewell, DJ Boni, Ungawa @ Petrol, Antwerpen Kelpe, Funckarma, Le-Belge-Electrod, Squeaky Lobster, Spongemagnet, Sagat, DJ Umbrelladelika @ Recyclart, Bxl We Came As Romans, Alesana @ Trix, Antwerpen, trixonline.be Yevgueni @ De Zandloper, Wemmel, dezandloper.be Brzzvll ft Stijn, Ghana Funk @ Zuiderpershuis, Antwerpen La Dispute, Former Thieves, Fake Off @ 4 Ecluses, Dunkerque, Fr Joanthan Wilson @ l’Aéronef, Lille, Fr, aeronef-spectacles.com Battant, Saso @ Cave Aux Poètes, Roubaix, Fr
dimanche 05 fevrier Urban Trad final+ @ AB, Bruxelles, abconcerts.be Pierre Lapointe @ +06/02-Botanique, Bruxelles, botanique.be Io Earth @ Spirit Of 66, Verviers, spiritof66.be Thin Lizzy; Jonathan Wilson @ Trix, Antwerpen, trixonline.be Megafaun, Geppetto & The Whales @ Vooruit, Gent, vooruit.be Bonjour Congo @ Zuiderpershuis, Antwerpen, zuiderpershuis.be Sallie Ford & The Sound Outside @ l’Aéronef, Lille, Fr
lundi 06 fevrier Grande Mothers Re:Invented @ Spirit Of 66, Verviers Megafaun @ Rockhal, Esch/Alzette, Lu, rockhal.lu
mardi 07 fevrier Sarah Ferri @ AB, Bruxelles, abconcerts.be Rich Robinson @ Het Depot, Leuven hetdepot.be J.F.Maljean, R.Ventat @ Spirit Of 66, Verviers, spiritof66.be Peter Hook & The Light @ Den Atelier, Luxemburg, Lu, atelier.lu
mercredi 08 fevrier Tri Angel label Night ft Balam Acab, oOoOO, Holy Other @ AB, Bxl Kraak: James Ferraro, Dolphins Into The Future, Kraak DJ’s @ Les Ateliers Claus, Bruxelles, kraak.net Bed Rugs @ Beursschouwburg, Bruxelles, beursschouwburg.be Hanni El Khatib @ Botanique, Bruxelles, botanique.be Regal, Marvin Gays @ DNA, Bruxelles, franticcity.free.fr Sepalcure @ Nijdrop, Opwijk, nijdrop.be Bellowhead @ De Roma, Borgerhout, deroma.be Prince Fatty & Soundsystem, Hollie Cook & Band ft Horseman @ VK*, Bruxelles, vkconcerts.be Blouse @ Vooruit, Gent, vooruit.be Sefyu @ Le Grand Mix, Tourcoing, Fr, legrandmix.com
vendredi 03 fevrier
jeudi 09 fevrier
15 yrs Nova: Eugene Robinson: ‘Rio Bravo & Dean Martin’ @ Nova, Bruxelles, novacinema.org Pro Pulse: Crazy Lady Madrid, Kupid Kids, V.O., Applause, Noa Moon, DJ’s @ Botanique, Bruxelles, botanique.be Sallie Ford & The Sound Outside, Manwhore @ 4AD, Diksmuide Gabriel Rios @ AB, Bruxelles, abconcerts.be Psy’aviah, Anamorphosis @ Ancien Palais, Arlon, entrepotarlon.be Dans Dans, Falling Man, Goghal @ Les Ateliers Claus, Bruxelles Tail Dragger & Rockin’ Johnny, Giles Robson & Band @ CC Cité Culture, Bruxelles, citeculture.be Daniel Hélin @ CC du Beau Canton, Chiny, ccbeaucanton.be Guillaume Farley et Les Dramatiks, Lucie Carton @ Centre M.Staquet, Mouscron, centrecultureldemouscron.be Ghostpoet, Uphigh Collective, Lefto @ Het Depot, Leuven Sunday Bell Ringers, Senne Guns @ Ha’, Gent, handelsbeurs.be Origin, Psycroptic, Leng Tch’e, Slaughtery @ Magasin4, Bxl Anaïs Gabaut, Mister Diagonal, DJ’s Chloé, Mister Chazam, Tortoli & Arbatax @ Recyclart, Bruxelles, recyclart.be TV Centraal startfestijn @ Scheld’apen, Antwerpen
Howler, Man Made; Rodrigo Leao & Cinema Ensemble @ AB, Bxl RKC, Hindu Radio DJ’s, Arquettes DJ set, Supertonic @ Bonnefooi, Bruxelles, bonnefooi.be The Maccabees, We Are Augustines; Vincent Liben @ Botanique, Bruxelles, botanique.be Geppetto & The Whales @ Charlatan, Gent, democrazy.be Vidar Busk & His Bubble Of Trouble @ M-O-D, Hasselt Teme Tan, Jali @ Le Parc, Liège, intersection.be Green Vaughan @ Mr Wong, Bruxelles Admiral Freebee @ De Roma, Borgerhout, deroma.be The Me In You @ Stuk, Leuven, stuk.be Zwerm, Mr.Probe & Gregory Frateur, Dez Mona & Box @ Vooruit, Gent, vooruit.be Régal, Petula Clarck @ Water Moulin, Tournai, watermoulin. bandcamp.com Rascasuelos @ Zuiderpershuis, Antwerpen, zuiderpershuis.be Kitty, Daisy & Lewis, Lindi Ortega, Oh! Tiger Mountain @ Le Grand Mix, Tourcoing, Fr, legrandmix.com
vedredi 10 fevrier 15 yrs Nova: Hyperbang, Unter @ Nova, Bruxelles, novacinema.org We Are O’pen: The Hickey Underworld, Brokaw/O’Malley Duo, Drums Are For Parades, Bed Rugs, In-Kata, To The Bone, Star Club West, Humble Flirt @ Trix, Antwerpen, trixonline.be Merdan Taplak try out @ 4AD, Diksmuide, 4ad.be Little Trouble Kids, Sista Flex; Frank Boeijen @ AB, Bruxelles Dub Revolution ft Gussie P & Matic Horns, Forward Fever meets Kenny Knots, Irieland Sounds, The Reggaemovement Exhibition @ Cactus Club@MaZ, Brugge, cactusmusic.be Daniel Hélin @ CC, Chapelle-lez-Herlaimont Zinger @ DOK, Gent, democrazy.be The Real Tuesday Weld, Maxon Blewitt, Anton Walgrave, Kill It Kid, DJ Sir Sourire @ Ha’, Gent, handelsbeurs.be Neon Electronics @ Den Hemel, Zichem, dancedelicd.com The Filaments, Deadline, The Usual Suspects, Black Sheep @ Magasin4, Bruxelles, magasin4.be School Is Cool @ De Roma, Antwerpen, deroma.be Vogue, Citizen’s Patrol, Reproach, Black Haven, Your Highness, Toxic Shock @ Scheld’apen, Antwerpen, scheldapen.be Jacques Stotzem @ Spirit Of 66, Verviers, spiritof66.be Nick Lowe & Band @ Stadsschouwburg, Brugge, ccbrugge.be Rodrigo Leao @ Théâtre de Namur, theatredenamur.be Sarah Ferri, Zinger @ Vooruit, Gent, vooruit.be Va Fan Fahre @ Zuiderpershuis, Antwerpen, zuiderpershuis.be Vandaveer, This Is the Kit, June Bug @ 4 Ecluses, Dunkerque, Fr Kode9, Ikonika, King Midas Sound @ l’Aéronef, Lille, Fr Blouse @ CarréRotondes, Luxembourg, Lu, rotondes.lu
samedi 11 fevrier We Are O’pen: Kapitan Korsakov, Sir Yes Sir, Macon Blewitt, Rones, Superlijm, Little Trouble Kids, Blaudzun, Birds That Change Colour, BRNS, Ping Pong Tactics, Dans Dans tbc, V.O. @ Trix, Antwerpen, trixonline.be De Mens @ AB, Bruxelles, abconcerts.be Ghedalia Tazartes, Jac Berrocal, David Fenech @ Les Ateliers Claus, Bruxelles, lesateliersclaus.com Spitdown, Hurt Them Back, No Brain, When Diamonds Fade @ Atelier Rock, huy, atelierrock.be Von Durden, The Father, The Son & The Holy Simon, Jarhead @ Belvédère, Namur, intersection.be The Real Tuesday Weld @ Botanique, Bruxelles, botanique.be René Binamé, Tulamort, Chas Gourlen, The Red Light Rumors, La Marmite @ La Braise, Charleroi Zinger, Geppetto & The Whales @ Cactus@MaZ, Brugge David Bartlomé, Gaetan Steel @ Caserne Fonck, Liège, lesardentesclub.be Pantha Du Prince, Lawrence, Piere, Deg @ Fuse, Bruxelles Medelin, When Diamonds Fade @ Huy Alec Empire @ Minus One, Gent GiedRé @ Salon, Silly, sillyconcerts.be The Deer Friends, A Horse Called Tyrkey, Bird Brain, Star Club West, Dottir Slonza, Die Hard 3Pac, Farid Fabriek, My Bun Is Fried, Gorgeous Underworld @ Scheld’apen, Antwerpen Massachussetts @ Spirit Of 66, Verviers, spiritof66.be Forest Sessions #3, Soft Crayon @ Le Grand Mix, Tourcoing, Fr
dimanche 12 fevrier Lindi Ortega & Band @ AB, Bruxelles, abconcerts.be Azari & III; I Break Horses @ Botanique, Bruxelles, botanique.be Kitty, Daisy & Lewis, Gemma Ray @ Ha’, Gent, handelsbeurs.be Machiavel @ Spirit Of 66, Verviers, spiritof66.be Dream Theater, Periphery @ Rockhal, Esch/Alzette, Lu, rockhal.lu
lundi 13 fevrier Grouplove, Bosco Delrey; Nicole Scherzinger @ AB, Bruxelles Kina Grannis @ Botanique, Bruxelles, botanique.be Von Durden @ La Salmigondis, La Louvière, intersection.be Stephen O’Malley vs Chris Brokaw, Jesus Is My Son @ Magasin4, Bruxelles, magasin4.be Dilated Peoples & Jedi Mind Tricks @ Vooruit, Gent, vooruit.be Kitty, Daisy & Lewis @ Rockhal, Esch/Alzette, Lu, rockhal.lu
mardi 14 fevrier Joe Henry @ AB, Bruxelles, abconcerts.be The Rifles @ Botanique, Bruxelles, botanique.be Ladylike Lily, We Are Birds @ Cave Aux Poètes, Roubaix, Fr
mercredi 15 fevrier Two Gallants @ 4AD, Diksmuide, 4ad.be Craig Taborn, aNoo @ Beursschouwburg, Bruxelles Le Peuple De L’Herbe @ Botanique, Bruxelles, botanique.be Bosco Delrey @ Charlatan, Gent, democrazy.be Gavin Friday @ M-O-D, Hasselt, heartbreaktunes.be Pain Of Salvation @ Spirit Of 66, Verviers, spiritof66.be Gavin Degraw @ Trix, Antwerpen, trixonline.be SBTRKT, Karin Park @ Le Grand Mix, Tourcoing, Fr GReenshape, Sam Nolin @ Cave Aux Poètes, Roubaix, Fr
jeudi 16 fevrier [PIAS]Nites: Mogwai, Tom Smith, Agnes Obel, Daan, Joan As Police Woman, First Aid Kit, Oscar & The Wolf, Roscoe @ Tour & Taxis, Bruxelles, piasnites.com Artefact: Scroobius Pip solo, B.Dolan @ Stuk; Kulturama: Renée, Myrthe, Esther, Fatou, The Devilles, Vincent&Jules, Young Colour @ Het Depot, Leuven, kulturama.be John Watts: The Last Picasso @ 4AD, Diksmuide, 4ad.be Roosbeef, Het Zesde Metaal @ AB, Bruxelles, abconcerts.be Klanksuggesties @ Beursschouwburg, Bruxelles BaliMurphy; Aldebert; Boom Bip @ Botanique, Bruxelles Breaking Waves ft Hidden Orchestra @ Cactus Club@ MaZ, Brugge, cactusmusic.be
Carnifex, Beneath The Massacre, Molotov Solution, Within The Ruins, Betraying The Martyrs @ JC De Klinker, Aarschot, heartbreaktunes.com Hilke Ros @ De Kreun, Kortrijk, dekreun.be Eefje De Visser, Zinger, FM Brussel Party @ KK, Bruxelles Herb Diamante, Primordial Undermind, Bridget Hayden, Head Of Wantastiquet @ Scheld’apen, Antwerpen, scheldapen.be Nightwish @ Forest National, Bruxelles, livenation.be Tune-Yards, Blouse, Arrington De Dionyso @ Le Grand Mix, Tourcoing, Fr, legrandmix.com Mederic Collignon @ 4 Ecluses, Dunkerque, Fr, 4ecluses.com Dirty Beaches, Pianot Chat @ Cave Aux Poètes, Roubaix, Fr
29 We Are Open 10 et 11 février Trix, Anvers Kapitan Korsakov
vendredi 17 fevrier 5Yrs Untitled: Skream & Sgt Pokes, Gemini, Hijak, Deep Medi & Mala, Silkie, Commodo & Sun Of Selah, Dreadboy, Kastor & Dice, Jonas Lion, … @ +18/02-Trix, Antwerpen, trixonline.be Artefact: Rustie, Demdike Stare, Richard Colvaen @ Stuk; Kulturama: Gavin Friday; Borgore, Koan Sound, Gemini, Aks, Syndaesia @ Het Depot; Bill Carrothers @ 30CC; Borgore, Gemini, Koan Sound, Syndaesia, Aks @ Alma 3, Leuven [PIAS]Nites: 2Manydjs, Laurent Garnier, Mode Selektor, Etienne De Crécy, M83, Mr Nô, The Toxic Avenger, Raving George, Attari! @ Tour & Taxis, Bruxelles, piasnites.com Luc Van Acker @ AB, Bruxelles, abconcerts.be David Bartholomé, Teme Tan, Robin @ Ancien Palais, Arlon, entrepotarlon.be Vegas @ Atelier Rock, huy, atelierrock.be Le Bonheur, Mostly Other People Do The Killing @ Beursschouwburg, Bruxelles, beursschouwburg.be Borgore, Zomboy, Elegant, Perverts, Mistercrash, Jerikan @ Caserne Fonck, Liège, lesardentesclub.be Music Box @ Cirque Royal, Bruxelles, wiwentertainment.be Baloji, Abel Irie, Psoman @ CC, Flémalle, ccflemalle.be La Femme A 2 Têtes @ CC, Hannut L’Orchestre du Vent @ CC, Theux Daniel Hélin @ CC, Seraing, centrecultureldeseraing.be Le Pelican Frisé, Groovin’ Jailers @ Magasin4, Bruxelles Alek Et Les Japonaises @ Maison de la Culture, Namur, ticketnet.be Skiv, Digi G’Allessio vs Uxo, Johnny Superglu @ Maison des Musiques, Bruxelles, maisondesmusiques.be Little Trouble Kids @ M-O-D, Hasselt, heartbreaktunes.be IJahman Levi, Jah Shakespeare, Lioness Rebelation @ Petrol, Antwerpen, petrolclub.be Robbie Basho, Glenn Jones @ Scheld’apen, Antwerpen Mascot Parade @ Taverne du Theâtre, La Louvière, centerock.be Black Lips, Acid Baby Jesus, DJ Mickey & Mallory@ VK*, Bxl Adrian Sherwood; Le Peuple de L’Herbe @ Vooruit, Gent Michel Cloup, Mellanoisecape @ Cave Aux Poètes, Roubaix, Fr Tycho, Sun Glitters @ CarréRotondes, Luxembourg, Lu, rotondes.lu Pla Pla Pinky, Nozcrou @ Free Stuff, Lille, Fr, one.ink.blogspot.com
Quatrième année pour We’re Open et, comme toujours, une large place a été réservée aux fleurons du rock belge. Le temps d’un week-end, le Trix ouvre grand ses espaces Bar, Club et Salle. Le vendredi 10 : The Hickey Underworld, Brokaw/O’Malley Duo, Drums Are For Parades, Bed Rugs, Inkata, To The Bone, Star Club West, Humble Flirt. Le samedi 11 : Kapitan Korsakov + Sir yes Sir, Maxon Blewitt, Rones, Superlijm, Little Trouble Kids, Blaudzijn + Birds That Change Colors + BRNS + Ping Pong Tactics + Dans Dans + VO. www.trixonline.be
Pias Nites 16 et 17 février Tour & Taxis, Bruxelles
samedi 18 fevrier Artefact: Nils Frahm, Ansatz der Maschine; Wesseltoft & Schwarz @ Stuk; Kulturama: The Cinematic Orchestra, Grey Reverend, DJ Big Train & DJ White Jazz @ 30CC; Skream, Blawan, Breach, Phonetics vs Mezzdub, Alectric vs Illament, Ed & Kim, Mophito @ Alma3, Leuven, kulturama.be 15 yrs Nova: Cabaret Dr Strange, Herb Diamante, Primordial Undermand, Head Of Wantastiquet, Bridget Hayden, … @ Nova, Bruxelles, novacinema.org The Waterboys; Merdan Taplak @ AB, Bruxelles, abconcerts.be Driving Dead Girl, Hudson @ Acte3, Braine L’Alleud, intersection.be I’m Big In Japan, Swimming Pool Burka, Michel Cloup @ Atelier Rock, huy, atelierrock.be EARR plays A Snare is A Bell @ Beursschouwburg, Bruxelles, beursschouwburg.be Le Peuple de L’Herbe @ Caserne Fonck, Liège, lesardentesclub.be Little Trouble Kids @ Charlatan, Gent, democrazy.be Agoria, Pierre, Deg @ Fuse, Bruxelles, fuse.be Gavin Friday @ Ha’, Gent, handelsbeurs.be The Hickey Underworld, Deadsets, DJ Steven H @ De Kreun, Kortrijk, dekreun.be Lenght Of Time, Hangman’s Chair, Refused Party Program, Goatclocks, Sons Of Disaster @ Magasin4, Bruxelles, magasin4.be Mudwall, Livarkahil, Resistance, As You Drown, Trigger The Bloodshed @ MJ, Tamines, mjtamines.be Vanna @ M-O-D, Hasselt, heartbreaktunes.be F/S/A/R/, Andrew Weatherall, Palmbomen, Bear Damen, Hyperhyper, Marius Renkas @ Petrol, Antwerpen, petrolclub.be Monolake, Anstam, Farben, DJ Actress, DJ Sensu @ Recyclart, Bruxelles, recyclart.be Camping Sauvach, Antoine Hénaut, le Yéti, … @ Salon, Silly, sillyconcerts.be Cover Age @ Spirit Of 66, Verviers, spiritof66.be Euphorie, F3, My Brother, Babel Orchestra @ Le Vecteur, Charleroi, vecteur.be Little Trouble Kids @ Vooruit, Gent, vooruit.be Yulia Charkova, Tyva Kyzy @ Zuiderpershuis, Antwerpen, zuiderpershuis.be Benabar @ Rockhal, Esch/Alzette, Lu, rockhal.lu Shabazz Palaces, Azer @ Cave Aux Poètes, Roubaix, Fr, caveauxpoetes.com
dimanche 19 fevrier Artefact: William Hooker @ Stuk; Kulturama: Rebirth::Collective vs rops, snare et les autres @ De Appeltuin, Leuven, kulturama.be Ialma, Bagad de Lorient @ AB, Bruxelles, abconcerts.be The Hickey Underworld, Nightwitches @ Cactus Club@ MaZ,
M83 Bien décidé à ancrer son identité sur le marché du live pour en faire une marque européenne (voir interview page 10), Play It Again Sam entend entérinner sa formule PiasNites lançée il y a trois ans. A l’occasion du 30ème anniversaire de la maison mère, c’est en parrains tous désignés que les frères Dewaele viendront coiffer l’évènement. Le jeudi : Mogwai, Tom Smith (Editors), Agnes Obel, Daan, Joan As Policewoman, First Aid Kit, Oscar & The Wolf, Roscoe. Le vendredi : 2 ManyDJ’s, Laurent Garnier, Modeselektor, Etienne De Crécy, M83, Mr Nô, The Toxic Avenger, Raving George, Attari. www.piasnites.com
Baloji Vendredi 17 février CC Flemalle Ca nous a fait bizarre d’entendre Baloji utiliser lui-même le terme de “musique de niche” pour évoquer ‘Kinshasa Succursale’ : le terme paraît tellement incongru quand il s’agit d’évoquer la richesse, la diversité et la puissance de la musique congolaise. Baloji maîtrise certes le langage tristounet des bureaucrates mais pas d’inquiétude, les niches, très peu pour lui! Quitter la Belgique, quitter EMI, quitter le rap, rien de tout ça ne l’effraie. Vivement la suite et vivement aujourd’hui, pour un concert au Centre Culturel de Flémalle. (ag)
30 Kurt Vile & the Violators 23 février Botanique, Bruxelles Trois disques solo dans le dos, Vile a signé en 2011‘Smoke Ring For My Halo’, album de la consécration. En dix chansons, le chevelu de Philadelphie tend à résumer son histoire et celle du rock alternatif. De Nick Drake à Thurston Moore (Sonic Youth), de John Fahey à Tom Petty, de Lou Reed à Barlow, le spectre traversé est insoluble et abyssal. Et puis, le gars associe son nom à un groupe baptisé The Violators. Ses compagnons d’aventure ne chôment pas : ils nourrissent avidement les morceaux d’arrangements luxuriants – un grand pas en avant pour un artiste hâtivement rangé dans la fourmilière lo-fi. Tout est sur le point d’exploser, mais on reste là, immobile, à préférer le Vile à la campagne. (na)
AB Bota 24 et 25 février School is Cool © Klaarke Meert
Brugge, cactusmusic.be Gum takes Tooth, Millions Of Them, Aksu @ Magasin4, Bruxelles, magasin4.be Cinnbal Corpse, Behemoth @ Trix, Antwerpen, trixonline.be DJ Benny Blue @ Vooruit, Gent, vooruit.be Cabaret Dr Strange! @ Water Moulin, Tournai, watermoulin. bandcamp.com Eze3kiel Napthaline Orchestra @ l’Aéronef, Lille, Fr, aeronefspectacles.com
lundi 20 fevrier Melissa Etheridge @ AB, Bruxelles, abconcerts.be
mardi 21 fevrier Active Child @ Botanique, Bruxelles, botanique.be Dirty Beaches, Yuko @ De Kreun, Kortrijk, dekreun.be Lee ‘Scratch’ Perry, Mad Professor And The Robotics; Humble Grumble @ Vooruit, Gent, skinfama.com Hanni El Khatib, Coming Soon @ Le Grand Mix, Tourcoing, Fr, legrandmix.com
mercredi 22 fevrier C.W.Stoneking, Gemma Ray @ AB, Bruxelles, abconcerts.be Adomas & The Mittens @ Beursschouwburg, Bruxelles, beursschouwburg.be tUnE-YaRdS, Caterpillarmen @ Botanique, Bruxelles Kasabian @ Cirque Royal, Bruxelles, livenation.be Radio Ramblers @ Spirit Of 66, Verviers, spiritof66.be The Perfect Crime, My Only Scenery @ Taverne du Theâtre, La Louvière, centerock.be The War On Drugs, Real Estate, DJ R.L.Sideburn @ Trix, Antwerpen, trixonline.be Superlijm, JFJ @ Vooruit, Gent, vooruit.be Scroobius Pip, B. Dolan @ l’Aéronef, Lille, Fr, aeronef-spectacles. com Phantogram @ Rockhal, Esch/Alzette, Lu, rockhal.lu Ben Muazué @ Cave Aux Poètes, Roubaix, Fr, caveauxpoetes.com
jeudi 23 fevrier
C’est devenu une tradition : deux vaisseaux amiraux de leur communauté linguistique décident de voguer de concert ! Le cap n’a pas changé : faire partager le goût d’une dizaine de découvertes récentes et bien senties, qu’elles mouillent au Nord ou au Sud du pays (mais siiii, la Belgique, souvenez-vous!) Le 24 février à l’AB Box : School is Cool, BRNS, Cape Coast Radio, Kiss & Drive et nos héros les Hoquets. Le 25 février au Bota : Customs, Birds That Change Colour, Zoft, Love Like Birds, Dan San. Chaque soirée débute à 19h00, les tickets d’un soir sont en vente au prix de 15 euros en prévente, le ticket combiné vous demandera quant à lui de débourser 18 euros en prévente.
Justice 27 février Rockhal
Artefact: Phantogram, [P’tit Labo] @ Stuk, Leuven, stuk.be Sharon Jones & The Dap-Kings; Superlijm, FJF @ AB, Bruxelles, abconcerts.be Q-O2 @ Beursschouwburg, Bruxelles, beursschouwburg.be Kurt Vile & The Violators @ Botanique, Bruxelles, botanique.be The Hickey Underworld @ Het Depot, Leuven hetdepot.be Simple Minds @ Cirque Royal, Bruxelles, livenation.be David Bartholomé, The Bony King Of Nowhere @ Klein Mercelistheater, Bruxelles, kultuurkaffee.be Ceili Moss @ La Porte Noire, Bruxelles, laportenoire.be Määk @ Recyclart, Bruxelles, recyclart.be Cloud Control @ Trix, Antwerpen, trixonline.be Admiral Freebee; Thé Lau @ Vooruit, Gent, vooruit.be Victor Aime @ Cave Aux Poètes, Roubaix, Fr, caveauxpoetes.com
lundi 27 fevrier Tarja; Tribes @ AB, Bruxelles, abconcerts.be Burning Heads, The Rebel Assholes, The Ratzingers @ Magasin4, Bruxelles, magasin4.be Eddie Martin Blues Trio @ Spirit Of 66, Verviers, spiritof66.be Sunrise Avenue @ Den Atelier, Luxemburg, Lu, atelier.lu Justice @ Rockhal, Esch/Alzette, Lu, rockhal.lu
mardi 28 fevrier The Locos @ Botanique, Bruxelles, botanique.be Renée; Aldo Romano, Louis Sclavis & Henri Texier @ Vooruit, Gent, vooruit.be
mercredi 29 fevrier Humo’s Pop Poll: School Is Cool @ AB, Bruxelles, abconcerts.be Snow Patrol @ Lotto Arena, Antwerpen, livenation.be Pterodactyl, Codasync @ Magasin4, Bruxelles, magasin4.be Liesa Van der Aa @ Vooruit, Gent, vooruit.be Kasabian @ Den Atelier, Luxemburg, Lu, atelier.lu Mustang, Vison @ l’Aéronef, Lille, Fr, aeronef-spectacles.com Dream Theater, Periphery @ Rockhal, Esch/Alzette, Lu, rockhal.lu
jeudi 01 mars Kathleen Edwards & Band, Hannah Georgas; Citizen Cope @ AB, Bruxelles, abconcerts.be Big Deal, Alt-J; Skip The Use @ Botanique, Bruxelles, botanique.be The Monotrol Kid @ In Vino Veritas, Waterloo Baloji @ KK, Bruxelles, kultuurkaffee.be AA Bondy @ Maison Des Musiques, Bruxelles, vkconcerts.be Sailors Beware @ Scheld’apen, Antwerpen, scheldapen.be Gerry McAvoy’s Band Of Friends @ Spirit Of 66, Verviers Protes The Hero, Long Distance Calling @ Trix, Antwerpen Kill Me This Monday @ 4 Ecluses, Dunkerque, Fr, 4ecluses.com
vendredi 24 fevrier
vendredi 02 mars
ABBota 2012: Hoquets, School Is Cool, BRNS, Cape Coast Radio, Kiss & Drive @ AB, Bruxelles, abconcerts.be Dranouterrally XS @ 4AD, Diksmuide, 4ad.be Gauntlet Hair; Chad Van Gaalen @ Les Ateliers Claus, Bruxelles, lesateliersclaus.com Pulled Apart by Horses, Turbowolf @ Botanique, Bruxelles, botanique.be Sonar Sounds: Hexstatic, Solid Steel, Dorian Concept @ Cactus Club@ MaZ, Brugge, cactusmusic.be Dr.Lektroluv, Mumbai Science, Modek, I Need?, Party Harders @ Caserne Fonck, Liège, lesardentesclub.be Speech Debelle @ Charlatan, Gent, democrazy.be Adam Cohen @ Het Depot, Leuven hetdepot.be Caliban @ M-O-D, Hasselt, heartbreaktunes.be Craxxxmurf, Mills Boogie, Rotary Cuff Repair, Louis H, DH’s Tinez & Raphael @ Scheld’apen, Antwerpen, scheldapen.be Abbey Road @ Spirit Of 66, Verviers, spiritof66.be Tank86, Sardonis @ Taverne du Theâtre, La Louvière, centerock.be Pura Vida & Congo Ashanti Roy, Windub Soundsystem @ De Zwerver, Leffinge, leffingeleuren.be Kurt Vile and The Violators @ CarréRotondes, Luxembourg, Lu, rotondes.lu
Wilco; Stuck In The Sound @ AB, Bruxelles, abconcerts.be Casiokids @ Charlatan, Gent, democrazy.be Daniel Hélin @ CC d’Engis, Hermalle-Sous-Huy, ccengis.be Arun Tazieff, The Skeptics @ DNA, Bruxelles, franticcity.free.fr Karim Gharbi, Gaetano @ Maison Culture, Tournai Loxy, Morphy, Flatliners ft Reza, J.Robinson ft Shima, The Untouchables, Mental Forces @ Recyclart, Bruxelles, recyclart.be Portico Quartet @ De Roma, Borgerhout, deroma.be Letz Zep @ Spirit Of 66, Verviers, spiritof66.be Admiral Freebee @ Stadsschouwburg, Brugge, ccbrugge.be Electric Suicide Club, Wight & Bushfire @ Taverne du Theâtre, La Louvière, centerock.be The Bony King Of Nowhere @ Vooruit, Gent, vooruit.be Buraka Som Sistema @ Le Grand Mix, Tourcoing, Fr Cali @ @ Rockhal, Esch/Alzette, Lu, atelier.lu Macka B, Supa Swing Sound System @ 4 Ecluses, Dunkerque, Fr
samedi 25 fevrier
Le deuxième album de Justice n’est pas chiant, c’est déjà beaucoup. Et pour le reste, ENORME dans la forme, casse-gueule sur le fond, clinique dans le son, c’est un opus appliqué et potache, quasi outrageux envers une partie de leur fan base qui va se gratter le piercing au téton durant les solis de guitare... De la part des deux freluquets à rouflaquettes, on n’en attendait pas moins. Plus que jamais, le duo laisse parler sa passion (du Christ?) pour le rock et le metal. Metal Hurlant? Oui, aussi! La tracklist fait fort dans sa construction et toutes les scènes du péplum sont dans le bon ordre -Tsss, ok, t’as saisi? C’est à la fois un opéra rock et un film de science-fiction. (fd)
dimanche 01 fevrier LMFAO @ AB, Bruxelles, abconcerts.be Dry The River @ Botanique, Bruxelles, botanique.be A Winged Victory For The Sullen, Sleepingdog @ Cactus Club@ MaZ, Brugge, cactusmusic.be Rodrigo y Gabriela with C.U.B.A. @ Cirque Royal, Bruxelles, livenation.be Mucky Pup @ M-O-D-, Hasselt, muziekodroom.be KCrimsonick @ Spirit Of 66, Verviers, spiritof66.be Tycho @ Trix, Antwerpen, trixonline.be The Hickey Underworld, Nightwitches @ Vooruit, Gent, vooruit.be Kylesa, Circle Takes The Square, Ken Mode @ l’Aéronef, Lille, Fr, aeronef-spectacles.com The Subways @ Rockhal, Esch/Alzette, Lu, rockhal.lu Burning Heads, The Rebel Assholes @ Cave Aux Poètes, Roubaix, Fr, caveauxpoetes.com
ABBota 2012: Dan San, Customs, Birds That Change Colour, Zoft, Love Like Birds @ Botanique, Bruxelles, botanique.be Dawes, Robert Ellis @ AB, Bruxelles, abconcerts.be What About It, The G-Clamps @ Ancien Palais, Arlon, entrepotarlon.be Daniel Hélin @ CC d’Aubange, Athus, ccathus.be Ceili Moss @ CC, Farciennes, farciennes.be Makyzard, Kapa6t, DJ X Man, Abdo, Dissidence Collectif @ CC Turbize, tubize-culture.be The Subways @ Het Depot, Leuven hetdepot.be Moritz Von Oswald, Hilaire, Dalta Funktionen, Deg, Vakula, Juju & Jordash, Xtof, Pierre @ Fuse, Bruxelles, fuse.be Pura Vida ft Congo ‘Ashanti’ Roy @ Nijdrop, Opwijk, nijdrop.be Discobar A Moeder In Full Effect, Louis Katorz, The Whatevers @ Petrol, Antwerpen, petrolclub.be Ultra Eczema: Body/Head @ Scheld’apen, Antwerpen, scheldapen.be Korange @ Spirit Of 66, Verviers, spiritof66.be Norma Jean, The Chariot, Stray From The Path, Admiral Arms @ Trix, Antwerpen, trixonline.be Sunrise Avenue @ VK*, Bruxelles, vkconcerts.be Sharon Jones & The Dap-Kings @ Rockhal, Esch/Alzette, Lu, rockhal.lu
samedi 03 mars Museum Night Fever: Applause, Sioen, SX @ MiM; Zeal Records Night: Renee, Sleepingdog, Mad About Mountains, DJ Zeal @ Belvue Mueseum, Bruxelles, museumnightfever.be Wilco @ AB, Bruxelles, abconcerts.be Hudson @ Belvédère, Namur, intersection.be Buraka Som Sistema; Sharon Van Etten @ Botanique, Bruxelles Kapitan Korsakov, Transcoder, Maze @ Cactus Club@ MaZ, Brugge La Femme A 2 Têtes @ CC Bruegel, Bruxelles Nuff Said @ Ha’, Gent, handelsbeurs.be The Straws, Moksha, White Note, Sons Of Disaster, W.A.N.E., Themis @ Magasin4, Bruxelles, magasin4.be Guillaume Grand @ Maison de la Culture, Namur, ticketnet.be Breakestra @ M-O-D, Hasselt, heartbreaktunes.be Radio Modern & Si Cranstoun @ De Roma, Borgerhout Daniel Hélin @ La Roseraie, Bruxelles, roseraie.org Noa Moon @ Salon, Silly, sillyconcerts.be Pallas @ Spirit Of 66, Verviers, spiritof66.be Jonathan Toubin’s New York Night Train SoulClap And Dance Off @ Le Vecteur, Charleroi, vecteur.be Guido Belcanto @ Vooruit, Gent, vooruit.be The Drums, Chairlift @ Le Grand Mix, Tourcoing, Fr
dimanche 04 mars Zita Swoon Group @ AB, Bruxelles, abconcerts.be Chairlift, Off Love @ Botanique, Bruxelles, botanique.be Le Fonque ft Breakestra @ Cactus Club@ MaZ, Brugge Sting @ +5/3- Cirque Royal, Bruxelles, livenation.be Evol/Ve, C74 @ Magasin4, Bruxelles, magasin4.be The Drums @ Trix, Antwerpen, trixonline.be Tindersticks @ Rockhal, Esch/Alzette, Lu, rockhal.lu
Agenda Club Plasma –Février 2012
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