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Bonne découverte et bonne lecture !
Moien et bienvenue au Luxembourg,
un coin de terre très vert, qui plus est un véritable paradis horticole. Les voyageurs ne manqueront pas d’apprécier ces oasis de sérénité, à la campagne bien sûr, mais aussi au cœur de la capitale. Dans ce numéro du magazine Luci, nous vous emmènerons dans les parcs, dans les cours des châteaux et à la découverte des herbes aromatiques qui poussent entre les immeubles.
Le Grand-Duc Henri nous a même fait l’honneur d’une visite exclusive de son jardin, au château de Berg.
Cette fois encore, l’ambiance sera sportive. Nous suivrons les traces de quatre amis à vélo, de château en château, sans oublier les incontournables randonnées sur la partie luxembourgeoise de la route vers Saint-Jacques-de-Compostelle ainsi que dans le Natur- & Geopark Mëllerdall.
Nous vous inviterons aussi à vivre de grands moments à petite échelle à travers les cinémas du pays.
Et si le pop-corn ne suffit pas, vous trouverez sûrement votre bonheur parmi les incontournables revisités de la gastronomie luxembourgeoise.
Choisissez l’oasis de sérénité qui vous ressemble le plus dans les pages de ce nouveau numéro de Luci
Bonne lecture et au plaisir de vous voir bientôt au Luxembourg !
Dr. Sebastian Reddeker CEO Luxembourg for Tourism
6-16
Outdoors Passion UNE ESCAPADE ENTRE AMIS, CAMÉRA AU POING À vélo et en train sur la route des châteaux
18-23
The Good Life LE CHÂTEAU DE LAROCHETTE ET SES ALENTOURS
Château hanté et têtes de bois
24-35
Outdoors Passion LE JARDIN DU GRAND-DUC His Garden, His Home
36-43
Daydream
DÉTAILS SURPRENANTS AU DÉTOUR D’UNE PROMENADE Il suffit de lever les yeux !
44-52
Daydream
ÉVASION EN PLEINE NATURE Des oasis de sérénité
54-59
Open and Diverse UNE DÉCLARATION D’AMOUR AUX PETITS CINÉMAS
Sucré ou salé ?
60-66
The Good Life
AIRES DE JEUX AU LUXEMBOURG Jouez, riez, rêvez !
68-76
Outdoors Passion
UNE RANDONNÉE À TRAVERS LE GÉOPARC UNESCO
Le Mullerthal : un passé géologique vivant
78-84
Outdoors Passion RENDEZ-VOUS AVEC LE « GRÉNGE MANN »
Au-delà des buildings, une nature pleine de surprises
86-92
The Good Life ÉVASION CHAMPÊTRE Un bol d’air à la campagne
94-104
Transforming Experiences
LE CHEMIN DE SAINT-JACQUES
Le Camino du Luxembourg
106-114
Transforming Experiences
LE MUSÉE DE LA RÉSISTANCE À ESCH-SUR-ALZETTE Ombre et Lumière
116-121
The Good Life PLATS LOCAUX À REPRODUIRE CHEZ SOI
Tradition culinaire et
À vélo et en train sur la route des châteaux
Le photographe Alfonso Salgueiro partage avec ses amis une foule de passions : les aventures en plein air, les balades à vélo à travers les paysages pittoresques du Luxembourg et, naturellement, l’immortalisation de lieux et de moments tout au long de son parcours. Son histoire décrit leur voyage, qui marie toutes ces passions, au gré de leurs pérégrinations à vélo et en train gratuit aux quatre coins du pays.
Texte et photos ALFONSO SALGUEIRO
Avec ses quelque 600 kilomètres de pistes cyclables et 700 kilomètres de pistes de VTT (un réseau qui ne cesse de s’élargir !), le Luxembourg est un véritable paradis pour les cyclotouristes. Venez éprouver vos talents de vététiste sur les pistes de forêt, les ravins rocheux et les prairies luxuriantes des vallées. Le Luxembourg offre une formidable variété de paysages, quel que soit votre itinéraire, la balade promet d’être agréable.
Lors de mon arrivée au Luxembourg, j’ai été confronté aux défis classiques des étrangers fraîchement installés dans un nouveau pays : se faire des amis et s’adapter à une nouvelle réalité, notamment au niveau du travail, des études et des barrières linguistiques. Au fil du temps, j’ai constaté que la meilleure façon de m’intégrer était de vivre mes passions et de les partager avec des gens animés par les mêmes intérêts. Dans mon cas, il s’agissait de la randonnée, du cyclisme et de la photographie. J’ai eu la chance de rencontrer de merveilleuses personnes du monde entier, y compris des habitants de la région.
La symphonie
du chemin de fer
Je souhaite aujourd’hui réunir toutes ces passions afin de les partager avec mes amis. Sur nos vélos, nous partons à l’aventure pour réaliser ensemble un atelier photo «on the road». Nous nous donnons rendez-vous dans le quartier ultramoderne du Kirchberg, près du funiculaire du Pfaffenthal. En descendant vers la gare de Pfaffenthal, j’admire une fois de plus le style épuré et l’efficacité des infrastructures publiques luxembourgeoises.
Pour couronner le tout, tous les transports publics au Luxembourg sont gratuits. Tandis que nous attendons sur le quai, nous partageons nos impressions sur les transports en commun dans nos pays d’origine et dans les autres endroits où nous avons vécu. Nous sommes unanimes, l’investissement dans les transports publics est l’un des aspects que nous apprécions le plus au Luxembourg.
Dès notre arrivée sur le quai, une symphonie de sons retentit à nos
oreilles. Les annonces diffusées par les haut-parleurs, le passage des trains et le sifflet de l’accompagnateur créent une expérience auditive unique. Qui ne connaît pas la cadence familière d’un train en marche ? Une sorte de tchou-tchou-tchou-tchou, quatre battements rapides répétés à l’infini. Les chemins de fer modernes ont rendu ce son presque obsolète, mais l’essence de cette « mélodie des roues du train» perdure encore aujourd’hui.
Nous trouvons l’emplacement à vélos, indiqué par un symbole de bicyclette blanche sur fond vert. Dans le brouhaha de la gare, nous montons à bord du train pour quitter la capitale. Les conversations fusent, transformant le voyage en un échange d’expériences. Nous arrivons à destination en un rien de temps.
En circulant d’une gare à l’autre pour trouver nos différents itinéraires, nous saluons l’effort réalisé pour faciliter la vie des cyclistes. Nous sommes particulièrement amusés par les rainures latérales longeant les escaliers, qui permettent aux deux-
roues de descendre ou de monter sans effort. Rappelons toutefois qu’il est strictement interdit de circuler à vélo sur les quais.
L’idée de mêler le train, le vélo et la photographie m’est venue lors d’une merveilleuse matinée passée aux abords du château de Bourscheid en compagnie de mon excellent ami Eric Engel. Cet inspirant Luxembourgeois est non seulement un musicien professionnel, mais aussi un excellent photographe et un mordu de cyclisme avec qui je partage de nombreuses passions. J’ai toujours été friand de photographie, de randonnée et de cyclisme. Il y a tant de choses à apprécier : le voyage en train, les balades
Non loin du Pont Rouge, le funiculaire relie le réseau ferroviaire luxembourgeois au réseau de tram, de bus et de pistes cyclables. Il permet aux passagers qui arrivent en train de gravir les 40 mètres de hauteur en 63 secondes afin de poursuivre leur voyage.
Le vélo est encore plus agréable en groupe, même avec des personnes de différents niveaux, car il offre des occasions naturelles de faire des pauses pour apprécier le paysage.
Schoenfels, dont la fondation remonte au 12e siècle, est l’un des châteaux de la Vallée des Sept Châteaux. Sa tour est en cours de rénovation. Il est prévu d’y installer un centre d’accueil pour les visiteurs ainsi qu’un musée de l’eau et de la forêt.
à vélo dans la belle campagne luxembourgeoise, les clichés de châteaux et de paysages, ainsi que le partage de bons moments et les longues discussions en cours de route.
La quiétude de la campagne
En descendant du train à Ettelbruck, nous pénétrons au cœur de la région luxembourgeoise de l’Éislek, au nord du pays. Notre objectif est d’emprunter une route cyclable circulaire au départ d’Ettelbruck, afin de découvrir les plus beaux points de vue autour du château de Bourscheid.
Je suis accompagné par mon ami roumano-britannique, George Adam. Installé au Luxembourg depuis peu, il est encore en phase d’adaptation. Sa situation me rappelle mes débuts ici. Nous partons de la gare d’Ettelbruck, traversons la ville en direction de
Warken, où commence l’ascension qui nous mène à travers des forêts et des champs constellés de coquelicots d’un rouge éclatant.
George, cycliste accompli sur de longues distances, est parti de Londres pour rejoindre sa compagne au Luxembourg. Lorsque j’aborde avec lui la longueur du trajet parcouru, il répond : « La route ne m’a pas semblé difficile, car j’étais accompagné de deux bons amis ». Cet été, il envisage un périple qui le mènera à Lisbonne depuis le Luxembourg. En chemin, nous évoquons l’initiation de George à la photographie par son père, qui lui a appris à développer des pellicules et à faire des tirages. George a l’œil pour repérer les bons angles de vue du château et n’hésite pas à se déplacer.
Nous traversons le village de Bourscheid avant de profiter d’une rapide descente pittoresque vers Bourscheid-Plage, où nous nous arrêtons le
Des transports publics gratuits, simples et durables : le Luxembourg est le premier pays au monde à offrir des transports publics gratuits sur l’ensemble de son territoire. Il n’est donc plus nécessaire de se procurer un billet pour emprunter les trains, les trams et les bus locaux, régionaux et nationaux.
temps d’admirer la vue. Nous mettons ensuite le cap sur Lipperscheid, puis atteignons le point de vue de Gringlay, un endroit qui ne cesse de m’émerveiller, malgré mes nombreuses visites. C’est la première fois que George le découvre. Nous installons le trépied pour immortaliser le moment, debout sur le mur de pierre qui surplombe la magnifique vallée de la Sûre, en contrebas. La vue est exceptionnelle.
Depuis ce point de vue, nous suivons des chemins de campagne et profitons d’une autre spectaculaire descente à toute vitesse en direction de Michelau. Sur le trajet du retour vers Ettelbruck, George me confie une anecdote amusante sur son voyage à vélo depuis Londres. Un soir, lui et ses deux amis se trouvaient à proximité de la frontière franco-belge, épuisés et à court de nourriture. Malgré le faible réseau de téléphone, ils sont parvenus à envoyer un SMS à un ami pour lui demander où acheter de la nourriture dans les environs. Après avoir roulé 10 km jusqu’à une station-service, ils réalisèrent qu’elle était fermée. Les 10 kilomètres du retour dans l’obscurité brûlèrent les seules calories qu’ils avaient consommées : des noix du Brésil. Les amis se couchèrent donc le ventre vide et durent parcourir 30 km à vélo le lendemain matin pour trouver de quoi petit-déjeuner. « Le meilleur panini de ma vie ! », raconte George.
Les châteaux de Meysembourg et de Larochette sont facilement accessibles à vélo depuis Mersch. Parmi les différents itinéraires que nous avons empruntés, celui-ci traverse des zones plus boisées. C’est un véritable bonheur d’écouter les sons de la forêt, particulièrement au printemps.
Le château de Meysembourg est une propriété privée interdite au public,
L’ancien monastère de Marienthal a été reconverti en foyer pour demandeurs d’asile et en centre pour le Service national de la jeunesse.
Dans le parc communal de Mersch, au cœur du Guttland luxembourgeois, tout est pensé pour que chaque visiteur y trouve son espace préféré : un étang occupe le centre du parc, un terrain de jeu a été aménagé spécialement pour les plus jeunes et de nombreux bancs confortables jalonnent les chemins bien entretenus.
Après avoir résolu un problème de valve desserrée, nous profitons de notre pause au château d’Useldange, en grignotant un snack et en explorant le parc à la recherche des meilleurs angles pour capturer l’impressionnante architecture du château.
Le château de Bourscheid, le plus grand château du Luxembourg, présente une structure impressionnante avec ses tours rondes caractéristiques. Il est perché à 150 mètres au-dessus de la Sûre, sur un promontoire escarpé.
mais les promenades à vélo dans la région offrent de magnifiques panoramas. Le château de Larochette, dont la construction remonte au 11e siècle, est perché sur une colline surplombant la vallée de l’Ernz Blanche. Les vues depuis les collines aux alentours sont absolument spectaculaires.
La Vallée des Sept Châteaux
Nous pénétrons au cœur de la région luxembourgeoise du Guttland. Mersch possède son propre château, l’un des sept que compte la vallée, rendu célèbre pour son dragon. Généralement, nos excursions nous éloignent de Mersch en empruntant la piste cyclable de l’Alzette. Particulièrement revigorant, le passage par le parc communal de Mersch, aux premières heures de la matinée, nous permet de commencer cette belle journée en douceur. Je précise au groupe que les itinéraires ne sont généralement pas trop ardus. Certains de mes camarades répondent par un « on verra » quelque peu sceptique.
En longeant de paisibles prairies où paissent vaches et chevaux, nous rejoignons Schoenfels et son château remarquable, un lieu chargé d’histoire depuis le 12e siècle. Nous faisons une pause pour prendre quelques photos, échanger des questions et des conseils sur la meilleure façon d’immortaliser le château. Je souligne l’importance de ralentir et d’éviter les points de vue les plus populaires où tout le monde prend le même cliché. Se déplacer pour découvrir des angles différents et uniques, sans se presser, est essentiel pour obtenir des photos plus personnelles et mémorables. Tandis que nous montons vers le château de Schoenfels, mon ami Nuno Fontes me rappelle,
Échange de questions et des conseils sur la façon d’immortaliser le château de Schoenfels avec nos appareils photo. Se déplacer pour découvrir des angles différents et uniques, sans précipitation, est essentiel pour obtenir des photos plus personnelles et mémorables.
non sans une touche d’humour, que j’avais annoncé un trajet facile. Nous décidons de nous arrêter à mi-chemin de la colline afin de reprendre notre souffle et d’admirer l’impressionnante vue du château d’en bas.
Nous avions prévu de marquer une pause à Useldange, mais en nous arrêtant pour admirer un canon d’artillerie de la Seconde Guerre mondiale, nous remarquons une crevaison au vélo de Gritta. « C’est un pneu sans chambre à air », explique Gritta. Heureusement, George constate qu’il s’agit simplement d’une valve mal serrée. Nous rions de bon cœur de cette mésaventure, car la plupart d’entre nous sommes habitués aux chambres à air traditionnelles et trouvons ce système quelque peu mystérieux.
Après avoir réparé le vélo, nous profitons, comme prévu, d’une pause au château d’Useldange, tout en prenant le temps de nous restaurer et d’explorer le parc à la recherche des meilleurs angles pour capturer la remarquable architecture du bâtiment. Au cours de notre périple dans la Vallée des Sept Châteaux, nous avons découvert plusieurs endroits remarquables. La légende raconte qu’Attila le Hun a abreuvé ses chevaux à Hunnebur lors de sa conquête de l’Europe occidentale, au cinquième siècle. Nous y admirons de charmants vieux ponts de pierre, un paysage auquel je suis particulièrement sensible, je l’avoue.
Une brève halte s’impose à Marienthal. Nous succombons au charme de cet environnement pittoresque
et de l’ancien monastère, aujourd’hui reconverti en foyer pour demandeurs d’asile et en centre pour le Service national de la jeunesse. Les châteaux d’Ansembourg, qu’ils soient d’époque où plus récents, sont des lieux impressionnants datant respectivement du 12e et du 17e siècles.
Lors d’une courte pause près du château de Septfontaines, nous engageons la conversation sur les différentes manières d’apprécier la nature. Kamilė Vaupšaitė, une compagne de route originaire de Lituanie, partage une étrange histoire. Avez-vous déjà entendu parler du « verre de Claude »? demande-t-elle. Aucun d’entre nous ne sait de quoi il s’agit. Kamilė explique qu’en Angleterre, au 18e siècle, le verre de Claude, rendu populaire
Bons plans :
L’Office Régional du Tourisme Éislek propose aux groupes des visites guidées du château de Bourscheid, encadrées par des guides qualifiés.
www.visit-eislek.lu
L’entrée au château d’Useldange est gratuite, des visites guidées de 90 minutes sont également proposées. www.visitguttland.lu
La Vallée des Sept Châteaux, avec ses nombreux monuments, sa nature grandiose et ses villes historiques, est une destination incontournable pour tous ceux qui souhaitent approfondir leurs connaissances sur le Luxembourg.
www.visitguttland.lu
par le poète Thomas Gray, était utilisé pour observer les paysages sous un angle artistique. Pour l’utiliser, il fallait tourner le dos au paysage. L’image qui se reflétait alors dans le miroir prenait l’allure d’une peinture. Une anecdote qui n’est pas sans m’évoquer les touristes d’aujourd’hui, prenant des selfies dos aux paysages célèbres. Kamilė ajoute que cette façon de « profiter » de la nature a fait l’objet d’une satire à l’époque, reflétant l’attitude de certaines personnes à l’égard de la nature.
La synergie des passions
L’église baroque de Koerich, ses maisons historiques et son château constituent une autre étape importante de notre périple dans la vallée. De retour à la gare de Mersch, nous sommes revigorés par cette merveilleuse escapade à vélo, nos expériences culturelles et nos échanges. Nous décidons de savourer un délicieux café au restaurant de la gare, où les plats alléchants défilant dans les mains des
serveurs nous avaient donné l’eau à la bouche. Le café étant particulièrement bon, nous prenons tous une deuxième tasse.
En utilisant les transports en commun luxembourgeois, nous réduisons notre empreinte carbone. Le vélo, ce sport que j’aime depuis l’adolescence, me maintient physiquement actif tout en me permettant d’admirer les merveilles de la nature et de découvrir les principaux sites touristiques du pays. Enfin, capturer de jolies images et de précieux moments grâce à mon appareil photo crée des souvenirs impérissables. Je recommande vivement cette expérience globale si vous cherchez des activités enrichissantes et agréables, tout en profitant des nombreuses activités offertes par le Luxembourg.
Vous envisagez de prendre le train avec votre vélo ? Au Luxembourg, le transport des vélos est gratuit et sans réservation. L’accès est libre dans la limite des places disponibles dans le train.
m o b il i t e i t .l u
Tr o u v e z l e t r a j e t
l e p l u s r a pi d e
e n t r a ns p o r t s
p u b l i c s a u
L u x e m b o u r g
g r â c e à
n o t r e a pp !
Château hanté et têtes de bois
Au détour des vallées verdoyantes du Luxembourg est niché le pittoresque village de Larochette avec les ruines de son imposant château. Tom, notre auteur, s’est plongé dans l’histoire de la région, de son art toujours bien vivant et du dynamisme de sa vie rurale.
Texte TOM JUTZLER Photos ANDRÉ SCHÖSSER
Je pénètre dans la vallée de l’Ernz Blanche. Devant moi, au cœur du charmant village de Larochette, trônent les ruines d’une forteresse dominant majestueusement les maisons aux alentours. Perchés à près de 150 mètres au-dessus de la vallée, sur un promontoire en grès de Luxembourg, les remparts médiévaux du château de Larochette semblent raconter les épopées d’un autre âge. Le chemin menant au monument passe par une vaste courtine protégée par un rempart de terre avant de monter jusqu’aux ruines impressionnantes.
D’emblée, je suis impressionné par les vestiges des demeures seigneuriales de l’édifice principal, bâti en pierres de taille et entouré d’un mur d’enceinte aujourd’hui partiellement détruit. Je grimpe des escaliers qui semblent ne mener nulle part pour atteindre les ruines des anciennes habitations. Le château semble avoir été reconstruit un nombre incalculable de fois. Les murailles encore debout me font penser aux peintures en trois dimensions de l’artiste néerlandais M.C. Escher.
Une atmosphère pleine de mystère
Depuis 1979, date à laquelle le château a été repris par l’État luxembourgeois, d’importants travaux de restauration et des fouilles archéologiques ont eu lieu sur le site. Le bâtiment principal, haut de plusieurs étages, a été doté d’un nouveau toit. Transformé en salle de spectacle et d’exposition, il est devenu la plaque tournante du château et de la petite ville de Larochette. Tel un immense
monolithe, l’imposante bâtisse principale se dresse vers le ciel. Au Moyen Âge, l’édification d’un tel « gratte-ciel » sur l’éperon rocheux a dû représenter un travail de titan.
J’ai donné rendez-vous à l’artiste local Pol Brachtenbach au sein de l’enceinte historique. C’est un homme aux cheveux gris et à la barbe grise bien taillée. Dès son arrivée, il me semble très sympathique avec son chapeau négligemment posé sur la tête et son allure
Le double château fort du 12e siècle, partiellement restauré, domine la région et la vallée de l’Ernz Blanche depuis l’éperon rocheux. Autrefois, Larochette était d’ailleurs appelée « Fiels » (rocher) en luxembourgeois.
à la fois espiègle et chaleureuse. Bien qu’il n’ait actuellement aucune exposition au château, il prend le temps de me faire découvrir l’atmosphère mystérieuse des lieux.
Pol me raconte que les seigneurs de Fels sont apparus vers la fin du 12e siècle, notamment comme bannerets de la Maison de Luxembourg. Vers la fin du 14e siècle, on comptait cinq demeures seigneuriales dans l’enceinte du château. Pourtant, ce qui me captive tout particulièrement, c’est une vieille
légende que Pol me narre d’une voix pénétrante : « Par une sombre nuit orageuse, raconte Pol, les habitants de Heringen, un château voisin, prennent d’assaut le château de Larochette. En proie à la détresse et espérant échapper au massacre, la châtelaine saute au fond du puits du manoir de Créhange, son nourrisson dans les bras. Même les plus endurcis des envahisseurs restent bouche bée devant tant d’héroïsme. Le lendemain, lorsqu’ils récupèrent les deux victimes innocentes au fond du
puits, ils cherchent un coupable pour cette infamie. Ils s’emparent donc sans hésiter du bailli qui, par sa trahison, a rendu possible l’assaut du château et le jettent lui aussi au fond du puits lugubre. La légende raconte que l’esprit du bailli s’est alors transformé en dragon qui, depuis cette nuit, veille au fond du puits sur l’or qu’il a reçu en récompense de sa trahison. Chaque année, le Vendredi saint, le dragon sort du puits lorsque sonnent les douze coups de minuit et mène la ronde infernale que dansent les habitants de Heringen dans la cour déserte du château. »
La passion du détail
Dans son chaleureux atelier, Pol Brachtenbach crée des masques artistiques, parmi d’autres œuvres. Il est fascinant de voir avec quel dévouement il vit son art et comment il parvient à insuffler la vie à un morceau de bois.
Après m’avoir narré ce récit captivant près du puits, dans les entrailles du château, Pol m’invite à le suivre jusqu’à sa maison. Il fait partie des artistes locaux qui exposent de temps en temps dans les salles du château et souhaite me faire découvrir ses sculptures sur bois. Dans son charmant atelier, il me présente ses œuvres, exécutées avec passion et un infini souci du détail. Chacune d’entre elles raconte sa propre histoire et reflète son profond attachement au matériau. Je suis fasciné de voir avec quel dévouement Pol vit son art et comment il parvient à insuffler la vie à un morceau de bois.
Pol me raconte également ses voyages en Autriche, où il a appris à sculpter des masques, une forme d’art qui ne provient pas du Luxembourg. Sa passion pour la sculpture sur bois l’a conduit jusque dans les Alpes, où il s’est
De vastes travaux de fouilles et de restauration ont été engagés dans toute la zone du château. Des expositions d’art et des concerts animent ponctuellement les murs historiques du monument.
Le château surplombant le village pittoresque lui confère un caractère bien particulier. Les premiers bâtiments du village datent du 11e siècle. Aujourd’hui, Larochette rassemble une belle diversité de nationalités et de cultures.
La visite de Larochette est une expérience impressionnante qui ouvre la porte à d’étonnantes rencontres au détour des vallées et des forêts à proximité de la capitale.
formé à cette tradition ancestrale qu’il intègre désormais à ses travaux dans son pays natal.
La visite de Larochette est une expérience impressionnante qui ouvre la porte à des rencontres étonnantes au détour des vallées et des forêts à proximité de la capitale. Le cadre historique du château accueille ponctuellement des expositions d’art et des concerts, ce qui confère un charme particulier au village pittoresque de La -
rochette. La vitalité et la créativité des régions rurales du Luxembourg sont impressionnantes, elles transforment une simple visite en une aventure inoubliable à la rencontre des artistes locaux.
Informations pratiques :
Un parking est disponible sur place, avec un arrêt de bus à proximité, pour permettre aux visiteurs d’accéder facilement au château de Larochette.
Si vous aimez les ruines d’époque, ne manquez pas la visite du château de Beaufort, situé à un jet de pierres.
Le petit musée du Textile de Larochette occupe l’annexe de l’ancienne gare. Des machines et des appareils historiques issus de l’industrie textile autrefois florissante racontent l’histoire des fabriques de draps et de vêtements qui ont marqué le village pendant des siècles.
www.visitlarochette.lu
Ne manquez pas de faire un tour sur le promontoire rocheux « Verlorenkost », une ancienne tour de guet située en face du château. Elle offre une vue imprenable ainsi qu’un aperçu fascinant de l’histoire de la région. L’endroit a été baptisé « Verlorenkost », ce qui signifie littéralement « nourriture perdue », suite à une anecdote, on raconte en effet que la cuisinière aurait trébuché en apportant le repas de midi. www.visitlarochette.lu
L’impressionnant site du château de Beaufort est constitué d’un château médiéval en ruines et d’un château Renaissance, tous deux profondément enracinés dans l’histoire de la région. Ce dernier, ajouté au site plus tardivement, offre aux visiteurs la possibilité de déambuler dans les différentes salles artistiquement décorées.
www.beaufortcastles.com
His Garden, His Home
Son Altesse Royale le Grand-Duc Henri est un amoureux de la nature, qui aime lacer ses chaussures de marche et explorer à pied les paysages du Luxembourg. Mais le Grand-Duc est particulièrement attaché au jardin de son château de Colmar-Berg, dans la région Éislek. Il y trouve le calme et en connaît presque chaque arbuste et chaque fleur. À la découverte du parc du château de Berg, en compagnie du monarque.
À l’entrée du jardin se trouve un sophora. Le Grand-Duc Henri est particulièrement attaché à cet arbre vieux de plus de 150 ans. Il lui rappelle son père, le Grand-Duc Jean, décédé en 2019.
Cet arbre, qui se dresse à moitié au-dessus du chemin, tient particulièrement à cœur au Grand-Duc Henri. Ses branches au feuillage délicat retombent sur le sol et, à l’intérieur, soutenu par quelques tuteurs, l’arbre forme un véritable dôme. Comme une maison verte protégeant du soleil et des gouttes de pluie. « Ce sophora est un arbre qui a probablement bien plus de 150 ans et qui était là avant le château. Enfants, nous jouions à cache-cache ici. Nos petits-enfants adorent aussi cet endroit, évidemment. Et mon père, le Grand-Duc Jean, aimait beaucoup peindre des aquarelles de cet arbre lorsqu’il était âgé. Il disait toujours que celui-ci avait la forme d’un mammouth. » Le Grand-Duc Henri sourit lorsqu’il se trouve à l’intérieur du dôme vert et se souvient. Puis il sort de l’ombre et poursuit le chemin, s’éloignant du château en direction des grands arbres et de l’étang aux carpes.
Inspiration matinale
« Quand je me lève le matin, je me rends presque toujours en premier dans le jardin, chaque fois que mon emploi du temps le permet », raconte le Grand-Duc Henri. Il y observe les plantes, puise de l’inspiration dans la nature et le calme. Derrière le Grand-Duc, sa résidence principale, avec ses imposantes tours, pointe vers le ciel. Au premier étage, donnant sur le jardin, se trouvent entre autres les appartements privés du Grand-Duc Henri et de son épouse, Son Altesse Royale Maria Teresa. « Ma femme aime aussi beaucoup ce jardin. Elle se plaît particulièrement à organiser la disposition des fleurs », explique
le Grand-Duc. Chaque membre de la famille grand-ducale a déjà donné son nom à une rose que l’on peut trouver dans tous les jardins du monde – et naturellement aussi ici, dans le parc du château de Berg. « Et là, vous voyez la fleur préférée de mon épouse : une pivoine, d’un blanc pur ! », déclare le Grand-Duc Henri en souriant.
Un bureau dans la tour abrite le cabinet de travail, qui offre une magnifique vue sur le jardin et l’étang tout proche.
Voici la vue qui s’offre au Grand-Duc Henri lorsqu’il commence sa promenade matinale dans le jardin. Bien sûr, le terme « jardin » est un euphémisme. Il s’agit plutôt d’un parc.
Sa famille est issue de la maison noble de Nassau, lui-même étant le fils aîné du Grand-Duc Jean et de la Grande-Duchesse Joséphine-Charlotte. Cinq enfants sont nés de son union avec la Grande-Duchesse Maria Teresa, dont l’aîné, le Prince et Grand-Duc Héritier Guillaume, assure déjà depuis longtemps des missions de représentation en
tant que successeur au trône et est officiellement chargé de la lieutenance du Grand-Duc depuis octobre 2024. Le Grand-Duc Henri s’engage pour de nombreuses causes sociales, ainsi que pour la nature. Il parraine divers instituts et fondations à l’échelle nationale et internationale, qui se consacrent à la protection de la nature et à la lutte contre le changement climatique. Le Grand-Duc Henri veille sur la nature, notamment dans le parc de 20 hectares qui entoure son propre château.
Protéger la nature avec passion
« Voyez-vous, ici, la pelouse n’est pas tondue actuellement. Auparavant, il y avait du gazon anglais partout, mais je souhaitais plus de biodiversité, sans pesticide bien entendu, et de l’espace pour les insectes et autres petits animaux. Quand je me promène ici le matin, en ce moment, je vois souvent une famille de renards.
Les petits sont très curieux et s’approchent tout près », raconte le Grand-Duc Henri avec le calme qui le caractérise. Quelques pas plus loin, des abeilles laborieuses bourdonnent autour de ruches colorées. Les abeilles grand-ducales produisent entre 200 et 300 kilos de miel par an. Le GrandDuc emporte parfois ce miel en voyage, en guise de cadeau pour ses hôtes. En retour, il rapporte volontiers de ses déplacements des inspirations du monde entier, que ce soit du Japon ou de l’Angleterre. Un échange permanent, qui permet de collecter des idées et d’apprendre.
Là où le jardin commence à prendre un aspect plus sauvage et où il ne reste plus de plates-bandes, les ruches sont installées.
Le miel du jardin grandducal est un cadeau idéal à emporter lors des visites d’État.
Les visiteurs qui arrivent dans le salon de réception du château de Colmar-Berg ressentent une magie particulière. Des photographies historiques et des tableaux grand format se succèdent, captivant les regards. Sur la table de service attendent, soigneusement disposés, du café et d’autres boissons.
Le passé est toujours présent au château de Berg, que ce soit par le biais de photographies historiques, de tableaux ou encore de plantes dans le jardin.
Les roses sont l’une des pièces maîtresses du jardin et portent, pour certaines, des noms royaux. On y trouve également des pivoines, chères à son épouse Maria Teresa.
L’une des plantes qui fascine particulièrement le Grand-Duc et qu’il aime montrer est le tulipier de Virginie. Deux d’entre eux poussent dans le parc de Colmar-Berg.
On a une autre vision du monde lorsque l’on accompagne le Grand-Duc dans son jardin : ne jamais abandonner trop vite l’espoir. Un saule pleureur, situé au milieu de l’étang du château sur une petite île, devait être abattu il y a quelques années. Il était complètement dépouillé, mais pas totalement mort.
Le Principe espérance
« Une petite branche verte dépassait au milieu, tout en haut. À l’époque, j’ai dit à mon père et aux jardiniers : taillons l’arbre et laissons-lui du temps. Et effectivement, alors que tout le monde le pensait mort, le saule a repris vigueur ! », se souvient le GrandDuc Henri.
Rencontrer le monarque et se promener à ses côtés est stimulant, agréable et pas du tout intimidant, bien au contraire. Dès les premiers instants, le GrandDuc Henri se montre chaleureux et attentif faisant preuve d’une ouverture d’esprit exemplaire, d’un intérêt certain et, surtout, de beaucoup de connaissances. Des tulipiers de Virginie à l’allure exotique, un hêtre qui possède deux types de feuilles, des petites orchidées sauvages dans l’herbe haute, a priori insignifiantes et déjà presque fanées en ce jour de printemps : aucun détail ne semble lui échapper, tout semble l’intéresser.
Et cela vaut aussi pour le reste de son pays, qu’il sillonne à moto ou en randonnée pédestre. « Autrefois, je faisais même de l’escalade,
à Berdorf dans le Mullerthal. Mais c’est fini », raconte en riant le Grand-Duc, âgé de presque 70 ans mais à l’air encore jeune. Où aimet-il plus spécialement se promener aujourd’hui ? « Chaque paysage, chaque région a son charme particulier, je n’ai pas vraiment de région préférée. Notre territoire est tellement varié ! », répond-il après un moment de réflexion.
Le 23 juin 2024, à l’occasion de la fête nationale luxembourgeoise, le GrandDuc Henri annonçait sa volonté de transmettre ses fonctions de chef d’État à Guillaume, son fils aîné, au mois d’octobre de cette année. Ce dernier étant intronisé « LieutenantReprésentant », il n’est pas question d’une abdication d’Henri.
Bien sûr, il apprécie le décor impressionnant du Mullerthal, avec ses grottes mystérieuses, mais il aime aussi visiter la région Minett avec ses monuments industriels et la biosphère de l’UNESCO.
La diversité du Luxembourg
Le Grand-Duc apprécie également le charme particulier de la douce Moselle et de la région Nord, notamment les circuits de randonnée dans la vallée de la Sûre et, bien entendu, le château de Vianden. Naturellement, il est souvent présent aussi dans la capitale et le Guttland alentour, puisque son
Chaque plante, aussi insignifiante soit-elle, a sa place ici et mérite d’être respectée.
Bons plans :
L’exposition horticole 2025, la LUGA, offrira aux visiteurs de nombreuses occasions de découvrir la beauté et l’art des jardins au Luxembourg. Le jardin de la famille grand-ducale ne fait toutefois pas partie de l’exposition horticole et n’est pas accessible au public. www.luga.lu
Quels sont les sentiers de randonnée que le Grand-Duc apprécie particulièrement dans les environs proches ? Tous les chemins de randonnée autour du château de Vianden par exemple, notamment les Éislek Pied, ainsi que les trails autour de la Sûre. www.visit-eislek.lu
Tout au sud du pays, le GrandDuc est fasciné par la Biosphère de l’UNESCO, dans le Minett, la réserve naturelle située sur les friches industrielles. www.visitminett.lu
lieu de travail se trouve au centre, au cœur de la vieille ville. Lorsque le drapeau est hissé au-dessus du palais, les visiteurs savent que le Grand-Duc est présent. Le même principe est appliqué à sa résidence principale, le château de Berg. Quiconque se promène dans les environs et voit le drapeau depuis l’extérieur des murs du château peut alors être sûr d’une chose: le Grand-Duc Henri est là. Et il ne manque pas de faire une promenade matinale dans son jardin.
Dans la région Mullerthal, il est possible de rencontrer le Grand-Duc également au cours d’une randonnée, à proximité du rocher d’escalade de Berdorf ou de Huel Lee. www.mullerthal.lu
Les Guttland.Trails offrent aux randonneurs calme et sérénité à travers des paysages bucoliques de forêts et de prairies. www.visitguttland.lu
Dans la capitale, « the place to be » du Grand-Duc Henri est bien entendu le palais grand-ducal, qui attire les voyageurs d’ici et d’ailleurs. Il est ouvert au public uniquement pendant l’été. www.luxembourg-city.com
L’arbre au milieu de l’étang semblait mort pendant longtemps, sans plus aucune nouvelle pousse. Malgré tout, le Grand-Duc Henri restait persuadé que l’arbre était encore vivant et il s’est avéré qu’il avait raison.
Quel est le point commun entre un homme sauvage, une licorne et un dragon ? Non, ce n’est pas le début d’une devinette…
Ce sont des décorations qui ornent certains bâtiments de la ville de Luxembourg, visibles uniquement en regardant vers le ciel.
Il suffit de lever les yeux !
Texte NATALIE A. GERHARDSTEIN Photos PANCAKE! PHOTOGRAPHIE
La flânerie est un excellent moyen de s’imprégner des atouts architecturaux ou de découvrir les ruelles et les passages cachés d’une ville. Mais changer de perspective en levant les yeux permet de découvrir des détails sur les bâtiments qui révèlent souvent des histoires fascinantes. Certains éléments sont plus mystérieux, plus empreints de légendes que d’autres…
Milly Theisen est guide pour le Luxembourg City Tourist Office (LCTO) depuis 1999 et est habituée aux questions insolites sur les particularités des bâtiments. Ayant perdu son mari il y a huit ans et ses enfants ayant tous quitté la maison depuis, cette femme au foyer aime se consacrer à son activité de guide: « Je suis heureuse de venir en ville et de parler à des personnes de nationalités et de langues différentes ». Son regard bienveillant, son attitude douce et son sens de l’humour sont autant de qualités idéales pour ce rôle. Ses cheveux couleur lavande et son tatouage à la cheville lui confèrent un air d’ouverture et de liberté d’esprit.
Découvrir les détails
Ce jour-là, nous lui avons demandé de nous proposer une vue du ciel de la ville de Luxembourg. C’est donc en toute logique qu’elle choisit de commencer par le bâtiment surnommé « American Building » , situé à l’angle de la rue NotreDame et de la rue Philippe II, avec son aigle emblématique surmontant un dôme. Le doigt pointé vers le haut, Milly explique qu’ici se trouvait, autrefois, une agence de voyage et d’émigration (Derulle-Wigreux).
En fait, Ernest Derulle (1851-1912) était un agent consulaire américain ; il représentait la Red Star Line et aidait les candidats à l’émigration à obtenir des documents pour rejoindre les États-Unis. Pour Milly, l’aigle illustre bien le fait qu’historiquement, il était important de pouvoir reconnaître les bâtiments par des images et non seulement par des adresses ; à l’époque, le taux d’alphabétisation n’était pas aussi élevé que de nos jours.
Au bout de la rue se trouve la cathédrale Notre-Dame . Milly remarque que les enfants posent souvent des questions sur les parties intéressantes des structures. Elle aime leur montrer la statue de Saint-Nicolas, qui apporte des cadeaux le jour de sa fête, à l’extérieur de la cathédrale.
À l’intérieur, Milly s’assoit et indique la tribune d’orgue ornée en albâtre, attribuée au sculpteur allemand Daniel Muller, décédé en 1623. Les anges sont clairement visibles dans le motif floral, mais le dragon suspendu à l’envers sous l’orgue est peut-être moins remarqué par les visiteurs. Pendant ce temps, Milly souligne les anches horizontales, généralement caractéristiques des orgues espagnols.
Changer de perspective
De nouveau à l’extérieur de la cathédrale, Milly nous guide vers le palais grand-ducal. Sur le chemin, en face de la Chambre des Députés (le parlement luxembourgeois), se trouve un ensemble artistique qui passe facilement inaperçu, à moins de lever les yeux : les visages illuminés des « Cinq bons Esprits », créés par Ingo Maurer, conçus de
manière à suivre les passants du regard. Avant de dévoiler les nombreux points forts du palais grand-ducal lui-même – notamment les anciens chefs d’État et les cheminées ornementales – elle s’engouffre dans le petit passage situé juste à côté de la rue de la Reine. Derrière la grille, on aperçoit la Maison de Raville , résidence de la noble famille de Raville (« von Rollingen »), bâtie en 1575. Comme le fait remarquer Milly, ce lieu offrait autrefois une vue dégagée sur le palais (initialement construit comme hôtel de ville en 1572), et son balcon donne une bonne indication de ce à quoi pouvait ressembler celui du palais à l’origine. À la base du balcon, on peut observer les têtes d’un mouton et d’un lion, le premier étant tellement usé qu’il est presque méconnaissable.
Ferronneries sur les façades de maisons
Milly aime aussi montrer certaines caractéristiques de l’ancien palais de justice , dans la rue du même nom. Le bâtiment abrite aujourd’hui le ministère des Affaires étrangères et européennes, mais son passé historique de palais de justice est évident dans son style, notamment avec la balance de la justice. Il est facile d’imaginer combien les passants d’antan pouvaient voir clairement les criminels conduits dans le bâtiment, du fait de l’espace important qui se trouve devant et à côté de celui-ci.
La descente de l’ancien palais de justice vers la rue Wiltheim est un peu vertigineuse si l’on est toujours face au ciel, mais cela en vaut la peine ! Les parties supérieures des immeubles de ce quartier ne manquent pas d’intérêt : des ancres en fer sur les façades des maisons, destinées à soutenir les poutres à l’intérieur, au mystérieux « homme sauvage » qui plane au-dessus des promeneurs. Un café se trouvait autrefois près de cet homme sauvage, explique Milly. Si vous regardez attentivement, vous remarquerez peut-être (comme dans d’autres endroits de la capitale) des œuvres d’art de rue en « pixels » au-dessus des toits, réalisées par un duo d’artistes connu sous le nom d’IPDO, qui reproduisent souvent des personnages réels ou fictifs, tels que les Schtroumpfs.
Révéler des histoires cachées
Des enseignes de vitrines défraîchies, signes d’anciens éléments architecturaux désormais hors d’usage, se dressent le long du musée national d’Archéologie, d’Histoire et d’Art, en direction du cœur historique du « Fëschmaart » (Marché-aux-Poissons). En lisant les noms des plaques de rue, il est possible de deviner leur fonction historique. Milly explique que les poissons de l’Alzette étaient effectivement vendus ici, mais que le marché s’était élargi à des produits tels que la laine et le textile. De même, les pharmacies portaient souvent (et certaines encore aujourd’hui) des noms d’animaux, comme la licorne de la rue du Curé (voir la photo sur les pages d’ouverture 36+37).
En continuant le long de la rue de la Loge, on trouve l’une des tourelles les plus emblématiques de Luxembourg, sur laquelle figure la devise nationale « Mir wölle bleiwe wat mir sin » (« Nous voulons rester ce que nous sommes ») , issue d’un chant patriotique de 1859 intitulé « De Feierwon ». À quelques mètres de là, un symbole franc-maçon est visible au-dessus de l’entrée de la Grande Loge de Luxembourg.
Découvrir de nouveaux détails
Parmi les derniers mystères de la promenade figure le « boulet de canon » logé dans la tour de l’église Saint-Michel. C’est là que Milly rencontre un autre guide du LCTO. Les deux collègues discutent de l’histoire tumultueuse de l’église : en 1679, un incendie a détruit la majeure partie de l’église, qui a été réparée. Puis la France, sous le règne de Louis XIV, a envahi la ville et l’église a subi des bombardements. Si certains pensent que le boulet de canon visible au sommet en est un vestige, d’autres sont sceptiques et pensent qu’il s’agit simplement d’un élément architectural datant de la dernière reconstruction de l’édifice.
C’est là tout le plaisir de changer de point de vue, celui de découvrir de nouveaux détails. Que ce soit dans des endroits pittoresques comme Vianden ou Clervaux, ou dans la plus ancienne ville d’Echternach, n’oubliez pas de lever les yeux et de faire de nouvelles découvertes !
Plus de promenades :
Le circuit Wenzel vous emmène à la découverte de ce qui est pour ainsi dire le plus grand musée en plein air du Luxembourg. Le point de départ de ce parcours de 5,5 km se situe dans les ruines de l’ancien château des comtes de Luxembourg et de la crypte archéologique attenante – le berceau de la ville et du pays. En trois heures, vous explorerez les remparts médiévaux et les vestiges de la forteresse. À ne pas manquer : les casemates du Bock.
Le circuit Mansfeld, avec ses 4,6 km, vous conduit dans et autour du quartier de Clausen. Vous y découvrirez de nombreux joyaux architecturaux datant de l’époque du comte de Mansfeld, qui devint prince en 1517 et fut nommé gouverneur du Duché de Luxembourg en 1540, puis des Pays-Bas en 1590. Suivez les flèches « M » pour découvrir les allées sinueuses, les escaliers cachés et les murs du 19e siècle. Cette superbe visite de trois heures offre des vues exceptionnelles !
Êtes-vous passionné par l’histoire militaire ? Si les dernières fortifications de la ville vous fascinent (comment elles ont été construites et quelles parties étaient les plus importantes stratégiquement), le circuit Vauban est fait pour vous. Il doit son nom à l’ingénieur Sébastien
Le Prestre de Vauban, chargé de la reconstruction après la prise de la ville fortifiée par les Français. Les travaux réalisés par Vauban ont valu à la ville sa réputation de forteresse imprenable, surnommée la « Gibraltar du Nord ».
Ou peut-être souhaitez-vous simplement vous promener en profitant d’une magnifique vue panoramique sur la ville de Luxembourg ?
Dans ce cas, dirigez-vous vers le Chemin de la Corniche, décrit comme le plus beau balcon d’Europe par l’écrivain luxembourgeois Batty Weber. Le parcours longe les remparts érigés au 17e siècle par les Espagnols et les Français, parallèlement à la vallée de l’Alzette. www.luxembourg-city.com
Des oasis de sérénité
Les exigences de la vie moderne peuvent vite épuiser nos réserves d’énergie. Il est donc essentiel de retrouver un équilibre intérieur, que ce soit en voyage, en découvrant les merveilles du Luxembourg, ou en tant que résident à la recherche d’un refuge paisible. À cet égard, Kim Henn, coach émotionnel, nous présente ses lieux de ressourcement en pleine nature.
Texte CAROLE THEISEN Photos PANCAKE! PHOTOGRAPHIE
Au Luxembourg, certains lieux semblent sortis d’un livre de contes.
Kim Henn, coach émotionnel, a sélectionné quatre de ces endroits magiques comme ici la « Pëttener Waasserbuerg » près de Mersch.
« Il s’agit de renforcer notre conscience corporelle et de laisser émerger nos émotions réprimées», explique Kim Henn, coach émotionnel. « Souvent, notre éducation et les attentes sociales nous coupent de notre propre corps et de nos sensations. Nous fonctionnons au lieu de ressentir », confie Kim. « Mon travail aide les gens à retrouver la conscience de ce qu’ils perçoivent par leurs sens et dans leur corps. Cela procure non seulement un apaisement mais aussi une connexion plus profonde avec soi-même. »
Afin d’approfondir ce voyage intérieur et d’aiguiser la conscience de ses propres sensations, il existe au Luxembourg des lieux qui semblent tout droit sortis d’un livre de contes. Kim Henn en a sélectionné quatre d’exception.
Un paradis de diversité
L’aventure commence dans la réserve naturelle « Giele Botter » à Differdange. Ancienne mine de fer à ciel ouvert, ce lieu a été reconquis par la nature, se transformant en un paysage idyllique. « J’adore cet endroit », confie Kim Henn. « Je l’ai découvert à un moment de confusion. M’y rendre m’a aidée à clarifier mes pensées et à retrouver une nouvelle créativité. »
Le « Giele Botter » séduit par sa flore et sa faune luxuriantes. Les rochers y sont tapissés de mousses douces comme du velours vert, tandis que le chant des grenouilles et des oiseaux emplit l’air, offrant une véritable sérénité à l’âme. On peut y flâner le long de chemins
sinueux ou partir en exploration hors des sentiers battus. Assis dans une prairie fleurie, les yeux fermés, on se sent enveloppé d’une couverture de calme et de sécurité. « C’est comme si l’on baissait le volume de la vie », décrit Kim. Un lieu où les sens s’éveillent et où l’âme trouve enfin la paix.
Une expérience transformatrice
L’approche de Kim, guidant les gens vers la paix intérieure par l’harmonie du corps et de l’esprit, trouve ici un cadre parfait. « Il s’agit de se défaire de la pression quotidienne et d’expérimenter la liberté d’être soi-même », explique Kim. « La nature nous offre l’espace et le silence qui nous manquent souvent, un espace pour nous mettre à l’écoute de nousmêmes. »
La propre quête de Kim vers le coaching émotionnel à plein temps a commencé de manière inattendue il y a quelques années, après avoir atteint un tournant dans sa vie. Sur un coup de tête, elle a décidé de faire une retraite de cinq jours au Portugal. Ce qui avait commencé comme une excursion curieuse s’est rapidement transformé en une expérience libératrice. « Il s’agissait de réveiller le corps par la respiration, puis de libérer tout ce qui était refoulé − crier, frapper des coussins. C’était incroyablement libérateur. »
Ce travail physique et émotionnel intense a ouvert de nouvelles perspectives à Kim. « Quand on travaille uniquement avec la conscience, on a tendance à vouloir tout analyser et tout comprendre», explique-t-elle. « Le travail avec le corps est très différent. On n’a pas besoin de tout comprendre;
Ancienne carrière minière, le site « Prënzebierg-Giele Botter » est devenu réserve naturelle il y a plus de 30 ans. La nature y a repris ses droits, créant de nouveaux habitats biologiques.
Même au cœur de la ville, il existe des endroits et des moments parfaits pour se recentrer sur soi. La verdure apaise l’esprit.
Le parc « Dräi Eechelen » (Parc des Trois Glands), situé dans le quartier d’affaires de Kirchberg, se trouve juste derrière la Philharmonie, englobant le MUDAM et le fort Thüngen. Conçu par Michel Desvigne, le parc offre une vue panoramique splendide sur la vieille ville, mêlant modernité et histoire, vallée et plateau, architectures médiévales et gratte-ciels modernes.
cela se passe, tout simplement.» Cette prise de conscience l’a amenée à s’intéresser davantage à la pratique somatique et à « l’embodiment ». « Ce que je fais, c’est offrir un espace aux gens pour ressentir ce qu’ils n’arrivent pas toujours à ressentir seuls dans la vie quotidienne,» dit-elle. « Les émotions peuvent être bouleversantes. C’est réconfortant de ne pas gravir cette montagne seul mais de pouvoir le faire ensemble. »
Le voyage à travers les lieux de force se poursuit. Plus au nord, dans les vastes champs près de Mersch, se cache la romantique « Eenelter Kapell», une chapelle romantique vieille de plusieurs siècles. Cette chapelle, aussi discrète qu’elle puisse paraître, a une histoire mouvementée qui remonte au début de l’ère chrétienne et a même été classée monument national en 2021. Mais ce lieu renferme bien plus qu’une valeur historique.
Kim Henn y flâne pieds nus à travers un jardin féerique, formant un labyrinthe naturel et sauvage de fleurs, d’arbres et de haies, menant au sommet d’une colline. De là, le regard s’étend sur des champs infinis, des prairies en fleurs et des villages lointains, procurant un sentiment de liberté totale. « La ‹ Eenelter Kapell › est comme une porte vers un autre monde », s’enthousiasme Kim. « C’est comme plonger dans un univers fantastique sans toutefois quitter la réalité. »
Les vieilles pierres nous parlent
Non loin de la « Eenelter Kapell» se dressent − au cœur du village de Pettingen − les ruines de la « Pëttener Waasserbuerg ». Jadis forteresse entourée de larges douves qui devaient repousser les assaillants, le site est aujourd’hui envahi par une nature sauvage. Des fleurs et des
L’histoire se ressent dans le parc « Dräi Eechelen », où l’on trouve le musée éponyme installé dans une partie restaurée et partiellement reconstruite du fort Thüngen.
herbes poussant dans les murs de pierre. Ce lieu, avec sa cour verdoyante entourée des murs épais de l’ancienne forteresse, dégage une atmosphère romantique et sereine.
« Dès que je pénètre dans les murs du château, un sentiment de sécurité m’enveloppe, comme si j’étais totalement isolée du monde extérieur et de toutes ses influences », décrit Kim. Malgré l’environnement plutôt urbain, on peut s’y installer, laisser son esprit vagabonder, et observer comment l’histoire et la nature se marient harmonieusement.
Des perspectives historiques
Pour conclure ce voyage, Kim se rend dans le quartier animé de Kirchberg, au parc du « Musée Dräi Eechelen », un véritable joyau d’histoire. Ce parc, adossé à l’imposant fort Thüngen et jouxtant la Philharmonie et le MUDAM, est un lieu de rencontre et d’échange offrant une perspective fascinante sur le Luxembourg d’antan, lorsque la ville était entourée de fortifications puissantes.
En s’aventurant dans les souterrains de la forteresse, on est récompensé par une vue panoramique sur la vieille ville, où le Moyen Âge se mêle à la modernité. Rarement bondé, ce parc est un classique parmi les lieux de retraite au Luxembourg. « La vue est d’une beauté stupéfiante et invite à laisser son regard se perdre dans le lointain, à laisser ses pensées s’écouler librement et à voir ainsi ses propres soucis sous
La ruine de la « Pëttener Waasserbuerg » est une ancienne forteresse médiévale autrefois entourée de douves de 15 mètres de large, aujourd’hui à sec.
La grande cour intérieure verdoyante, entourée des massives murailles du château et des douves asséchées, est un havre de paix où histoire et nature s’unissent harmonieusement.
un jour nouveau. Entouré de murs protecteurs, d’un sol historique et d’une végétation abondante, on trouve ici une forme particulière de calme et de réflexion », ajoute Kim. « On se sent à la fois retenu par les murs et libre de contempler le vaste panorama. »
Les oasis cachées du Luxembourg offrent donc bien plus qu’une évasion quotidienne ; elles nous permettent de nous redécouvrir et de retrouver une paix intérieure.
« Ce sont souvent les petites choses qui font une grande différence », dit Kim. « Une respiration profonde, la sensation du soleil sur la peau ou le simple fait d’écouter les bruits de la nature − tout cela peut avoir un effet transformateur. »
Autres lieux de retraite dans la nature :
Se connecter à la nature, toucher le bois, la pierre, le feuillage, respirer profondément : tout cela peut avoir un effet transformateur.
Outre ces quatre lieux, le Luxembourg regorge d’autres sites invitant à la sérénité et à la détente :
Le parc de la Pétrusse et le parc de Merl dans la capitale offrent d’autres oasis naturelles en pleine ville, idéales pour une pause loin de l’effervescence. www.luxembourg-city.com
À Kockelscheuer , au sud de la capitale, se trouve la maison de la nature « natur&ëmwel t » , permettant de découvrir la nature de près, avec des animaux comme des ânes, des chèvres, des poules et des lapins. Situé en lisière de forêt, cet endroit invite également à des promenades apaisantes. www.naturemwelt.lu
Des sites historiques tels que la « Useldenger Buerg » , un château médiéval situé dans le village d’Useldange à l’ouest du Luxembourg, ou le château d’Ansembourg au centre du Luxembourg, appartenant à la célèbre Vallée des Sept Châteaux, offrent également un mélange fascinant d’histoire et de nature. www.visitluxembourg.com
Et plongez dans les coulisses de production de vos bières et eau minérale favorites !
cours de brassage
cours de débit
Sucré ou salé ?
Les expériences cinématographiques ne se vivent pas seulement dans les grands multiplexes. Il existe un monde enchanteur, souvent surprenant, celui des petits cinémas, où chaque projection se transforme en moment magique. C’est dans ces salles intimistes que l’on ressent pleinement le charme unique du cinéma à échelle humaine.
Texte CAROLE THEISEN Photos PANCAKE! PHOTOGRAPHIE
Pour cette exploration des cinémas, nous avons la chance d’être accompagnés par Céline Schlesser, une jeune assistante réalisatrice et décoratrice de plateau. Depuis son enfance, Céline nourrit le rêve de travailler dans le cinéma : « Au début, je voulais être actrice », confie-t-elle. « Mon oncle, qui travaille dans l’industrie du film, m’a emmenée à ma première avant-première en 2016 ou 2017. » Ce moment a éveillé en elle une passion profonde pour le monde du cinéma. Aujourd’hui, à seulement 23 ans, Céline a déjà contribué à une vingtaine de films, concrétisant ainsi son rêve.
Céline aspire à devenir réalisatrice et à créer des films porteurs de messages, qu’ils soient politiques ou activistes. « Parfois, en regardant des films à la télévision, je me demande: comment tout cela prend-il forme? Puis, sur le plateau, je vois toutes les équipes collaborer et je pense : Waouh ! Nous avons tous contribué ensemble à raconter cette belle histoire ! » Sa passion évidente et son dévouement inspirant en font une guide idéale pour notre voyage à travers les charmants petits cinémas du Luxembourg. Notre première étape nous emmène au nord, à Diekirch.
Le cinéma le plus coloré
C’est là, sur le site de l’ancienne industrie du bois, que se trouve aujourd’hui le Ciné Scala, le plus grand des petits cinémas du Luxembourg. Un grand hall d’entrée lumineux accueille les visiteurs avant qu’ils ne pénètrent dans les cinq salles de cinéma dotées de fauteuils aux couleurs vives. « C’est unique ici ! », déclare fièrement la
directrice, Nadine Petit. Au Ciné Scala, le confort est primordial. « Nous avons renoncé à certaines places pour installer des fauteuils plus larges et luxueux offrant plus d’espace », explique Nadine. Lors de son ouverture en 2017, le Ciné Scala a aussi inauguré le premier système Dolby Atmos de la région, après Bruxelles, Cologne et Paris. « Une telle expérience cinématographique ne peut pas être reproduite à la maison. Quand un hélicoptère traverse l’écran de gauche à droite, on a l’impression qu’il traverse vraiment la pièce », souligne Nadine.
Le Ciné Scala est particulièrement fier de son soutien aux productions cinématographiques luxembourgeoises. « Nous offrons une scène digne aux productions et coproductions luxembourgeoises, même si elles ne rassemblent pas des centaines de spectateurs », souligne Nadine avec insistance. Cette philosophie réjouit particulièrement les jeunes cinéastes comme Céline Schlesser qui, grâce à l’engagement du Ciné Scala, a une chance précieuse de présenter ses
œuvres à un public plus large. Le Ciné Scala est d’ailleurs ouvert 364 jours par an. Les portes ne ferment que le jour de la Cavalcade de Diekirch. Le voyage se poursuit ensuite vers Echternach. Cachée dans les ruelles pittoresques de la plus ancienne ville du pays se trouve une entrée discrète, ouvrant sur un passage étroit qui mène peu à peu à un autre univers.
Un esprit familial à Echternach
Les murs sont décorés de vieilles affiches de films, une lumière douce indique le chemin. Chaque pas éloigne un peu plus du monde extérieur, jusqu’à ce qu’on atteigne
Céline Schlesser apprécie tout particulièrement les prix abordables du Ciné Sura : « Ici on veut simplement le meilleur pour le cinéma – à savoir que les gens continuent à venir. »
la salle chaleureuse du Ciné Sura. Le cinéma propose une variété impressionnante de films, des blockbusters aux films familiaux, en passant par le cinéma d’art et d’essai, les films français et luxembourgeois. Mais ce sont les événements soigneusement organisés qui font tout le charme du Ciné Sura. « Nous avons des séances avec petit-déjeuner, des événements pour Halloween, des célébrations du Nouvel An avec buffet fait maison, et un très populaire cinéma drive-in au lac d’Echternach », explique Sandra, la responsable du cinéma.
Récemment, le Ciné Sura a dû faire face à un grand défi. Son vieux pro-
jecteur, devenu peu fiable, risquait de mettre fin aux projections. Sans nouvel équipement, le cinéma aurait probablement dû fermer ses portes. Pour éviter cela, une campagne de financement participatif a été lancée et a rencontré un immense succès.
Grâce aux généreux dons de toute la région, y compris d’Allemagne, de France et de Belgique, les fonds nécessaires pour un nouveau projecteur et un écran ont pu être rassemblés. « Le soutien a été incroyable », raconte Sandra.
privés, tels que des projections de films de mariage ou des enterrements de vie de jeune fille. « Nous avons déjà organisé ici tellement d’événements différents, même un enterrement de vie de jeune fille avec un strip-teaseur qui dansait devant l’écran », raconte Sandra en riant. «Je pourrais vraiment écrire un livre.»
Art et cinéma
réunis
Le Ciné Sura est un projet de cœur et une affaire de famille.
La mère de Sandra travaillait déjà au cinéma il y a vingt ans, et elle emmenait régulièrement ses enfants avec elle.
Cette mobilisation a non seulement assuré l’avenir du cinéma, mais a aussi montré l’importance que la communauté accorde encore aujourd’hui à ce petit cinéma. Le Ciné Sura est plus qu’un simple cinéma – c’est un projet de cœur, une affaire de famille. Cet esprit familial imprègne chaque recoin du cinéma.
Le Ciné Sura offre aussi la possibilité de louer la salle pour des événements
Notre périple continue vers le Ciné Starlight à Dudelange, un lieu où les films ne sont pas seulement projetés, mais aussi célébrés et discutés. « Nous organisons souvent des conférences et des rencontres autour des films projetés. Pour les films luxembourgeois en particulier, nous invitons les équipes pour que le public puisse poser des questions et échanger. C’est cela qui rend les petits cinémas uniques – la proximité avec le public », explique Yves Steichen du Service Film du Centre national de l’audiovisuel (CNA).
Mais à une époque où les home cinémas deviennent de plus en plus abordables, les cinémas font face à un défi particulier. « Il y a tellement de cœur à l’ouvrage dans ces productions », explique Yves Steichen. « Les cinémas doivent donc offrir aux gens quelque chose qu’ils n’ont pas chez eux. Avant ou après le cinéma, on peut visiter une exposition et prendre un repas dans notre restaurant ou chez les voisins à la Kantin », suggère Gilles Zeimet, directeur du CNA. Un détail particulier est le plafond de la grande salle de cinéma, qui est décoré de constellations lumineuses. Cet élément romantique et rêveur n’attire pas seulement le regard, il est aussi à l’origine du nom Ciné Starlight.
Ce qui rend le Ciné Scala si particulier, ce ne sont pas seulement ses atouts techniques et son confort exceptionnel. À Diekirch, l’aspect social est également primordial. « Les opinions de nos clients comptent beaucoup pour nous », explique Nadine Petit.
En plus des projections de films au Ciné Starlight, les visiteurs peuvent aussi explorer les expositions au Centre national de l’audiovisuel (CNA) ou dans les espaces d’exposition voisins, Pomhouse et Waassertuerm.
Le Kinoler (le cinéma de Kahler) est véritablement le plus petit cinéma du Luxembourg. Il est entièrement géré par des bénévoles, comme Marc Barnig, l’un des initiateurs et bénévoles du projet Kinoler.
Dudelange abrite aussi une importante communauté italienne. «Les films traitant de la migration, et en particulier de l’histoire de l’immigration italienne, trouvent ici un écho particulier », explique Steichen. Ces films touchent profondément les spectateurs et créent des liens, tout en offrant un miroir de leur propre histoire.
Petit mais efficace
La dernière étape de notre tournée des petits cinémas nous mène au « Kinoler » – un jeu de mots entre « cinéma » (Kino en luxembourgeois) et le nom du village de Kahler (Koler en luxembourgeois) – le plus petit cinéma du Luxembourg. Dès l’entrée dans la localité, le regard est attiré par les murs, les façades et même les étables couvertes de graffitis colorés. Ces œuvres sont signées Alain Welter, un artiste graffeur né et ayant grandi à Kahler. Lorsque le Kinoler a ouvert ses portes en 2018 dans l’ancienne caserne de pompiers, il était naturel que Welter soit invité à décorer le cinéma. « Il avait carte blanche », raconte Marc Barnig, l’un des initiateurs et bénévoles du projet Kinoler.
Bien que petit, le Kinoler dispose d’équipements de grande qualité, avec des fauteuils en cuir confortables et un rideau à l’ancienne.
« Dès le début, nous avons voulu investir dans la qualité », dit Marc. « Même si nous sommes le plus petit cinéma, nous avons un système de son Dolby Atmos.»
Le Kinoler est d’ailleurs entièrement géré par des bénévoles, y compris de nombreux seniors, qui y trouvent une activité sociale et enrichissante.
« Il y a même des gens de la ville qui viennent ici et qui disent : Ici, c’est plus confortable. Les gens sont plus détendus, on peut bavarder un peu ». Cette atmosphère intime et conviviale attire de nombreux visiteurs, et pour les grands films, le cinéma affiche souvent complet avant même que le film ne soit projeté. Marc Barnig, qui travaille près de dix heures par semaine au Kinoler en plus de son travail régulier, résume : « C’est une merveilleuse occasion de se réunir et de voir des films ensemble. Nous offrons quelque chose que les grands cinémas ne peuvent pas offrir – une atmosphère personnelle et accueillante. »
Au fond, ces petits cinémas sont bien plus que de simples lieux de projection : ils sont des points de rencontre pour les amateurs de cinéma et les passionnés de culture, offrant une ambiance intime et une expérience cinématographique unique. Maintenant, il ne reste plus qu’une dernière question à poser : sucré ou salé ? Comment aimez-vous votre popcorn ?
Bons plans ciné :
Vous trouverez toutes les informations pratiques sur les cinémas mentionnés dans cette story sur les sites Web correspondants : www.cinescala.lu, www.cinesura.lu, www.kinoler.lu, www.cinestarlight.lu. À côté d’autres « petits cinémas », il y a aussi les grands multiplexes du groupe Kinepolis : www.kinepolis.lu
Gratuit et en plein air : en été, le « City Open Air Cinema » présenté par la Cinémathèque municipale se tient sur la place Guillaume II (Knuedler) au cœur de la ville. www.vdl.lu
Juste à côté du CNA et de son Ciné Starlight se trouve la friche industrielle « Neischmelz ». Au pied du château d’eau dans l’étang de refroidissement se trouve le « Floater ». Il s’agit d’un des « Kabaisercher », des hébergements pour randonneurs spécialement conçus pour le Minett Trail www.minetttrail.lu
Le Luxembourg dispose d’une remarquable diversité d’aires de jeux thématiques qui enchanteront tous les visiteurs, de tout âge, dans quelques-uns des plus beaux lieux du pays. Elfi, blogueuse de voyage, a fait la tournée des aires de jeux avec ses filles pour en explorer les innombrables univers.
Jouez, riez, rêvez !
« Il y a certainement beaucoup d’aires de jeux comme celles-ci à Neverland, le pays imaginaire de Peter Pan », lance ma fille de 9 ans en courant dans tous les sens, se demandant ce qu’elle devrait essayer en premier : les toboggans ou les balançoires ? Ses yeux pétillent de joie.
Nous sommes à l’aire de jeux de Mersch, près du magnifique étang. Le soleil brille et les oiseaux chantent. Nous venons ici assez souvent, quand nous ne partons pas explorer les nombreuses autres aires de jeux du Luxembourg. En tant que blogueuse et mère de famille, je me fais souvent la réflexion que le Luxembourg dispose d’une incroyable diversité d’aires
de jeux thématiques. Elles représentent pour les visiteurs l’occasion de s’amuser, se détendre, essayer, explorer, passer des moments de qualité avec ses amis et sa famille, mais aussi d’y organiser des pique-niques et même des fêtes d’anniversaire. Les équipements supplémentaires, notamment les toilettes, les tables de pique-nique, les zones ombragées, les jeux d’eau, ainsi que la distribution gratuite d’eau potable et de crème solaire, offrent une expérience sûre, ludique et sans stress. Les aires de jeux du Luxembourg sont également un lieu de rencontre et de socialisation avec d’autres familles et, bien évidemment, une excellente occasion pour les enfants et les adultes de se faire de nouveaux amis.
Ma fille interrompt mes pensées lorsqu’elle m’invite à la pousser sur la tyrolienne. « C’est tellement amusant ! J’aimerais pouvoir venir ici tous les jours ! » En effet, me dis-je, chanceuse de voir mes enfants heureuses.
« J’ai une idée ! », dis-je avec enthousiasme. « Nous allons réaliser un projet, mais j’aurai besoin de votre aide: je vais vous montrer des photos des aires de jeux que nous avons visitées, vous essaierez de vous rappeler leur nom et nous les écrirons tous. Nous ajouterons vos souvenirs et ce que vous avez le plus aimé pour chaque aire de jeux. » Voici le résultat.
Ohé ! Tout le monde à bord !
Aire de jeux « Bateau pirate », Luxembourg-ville + : « Je me souviens d’avoir conduit le grand bateau et d’avoir joué avec l’eau », déclare la plus jeune. Cette aire de jeux, située dans le parc municipal de Luxembourg-ville, transportera ses visiteurs, tout particulièrement les enfants, dans un monde de pirates et
de sirènes. Jeux de parcours sur le sable doux, jeux d’eau thématiques juste à côté du bateau pirate, des pneus en guise de balançoires, les aires dédiées aux tout-petits et les toboggans apporteront des heures de joie aux enfants. Lors de notre dernière venue dans cette magnifique aire de jeux, j’avais remarqué un petit garçon qui jouait déguisé en pirate. J’ai trouvé cela tellement mignon, et proposé à mes enfants : « La prochaine fois que vous viendrez ici, pourquoi ne pas vous déguiser en pirates ? » C’est amusant !
Il va sans dire que cette aire de jeux, à proximité directe du centre-ville, peut parfaitement s’ajouter à votre visite de la capitale – avec ou sans chapeau de pirate.
L’eau coule à flots !
Aire de jeux aquatiques, Mullerthal + : « Ma préférée ! », annonce la plus grande : « Jouer avec l’eau, c’est tout ce dont j’ai envie les jours où il fait chaud. » Elle ajoute qu’à notre première visite de cette aire de jeux, elle ne pouvait pas en croire ses yeux devant tant de jeux aquatiques différents !
Nichée à Waldbillig, au cœur de la région Mullerthal, également connue comme la « Petite Suisse luxembourgeoise » qui abrite l’emblématique cascade « Schiessentümpel », cette aire de jeux a le pouvoir de vous mettre de bonne humeur, de vous faire vous dépenser (au bon sens du terme) et de vous rafraîchir, tout en même temps. Parfaite pour le repos de familles en randonnée dans la région Mullerthal, parfaite pour une exploration par les visiteurs d’un jour, parfaite pour
tous ceux qui aiment revenir encore et encore juste pour sentir l’eau sur leur visage et leur corps.
« Pourrait-on déménager plus près de cette aire de jeux, s’il te plaît, Maman ? » … Par chance, nous passons à présent à l’aire de jeux dans la forêt. Peut-être devrions-nous y déménager aussi… qui sait ?
Un château dans les bois
Aire de jeux en forêt, Strassen : Si vous n’avez jamais visité le Luxembourg, vous ne réalisez peutêtre pas à quel point la nature y est abondante. Vous ne vous rendez peut-être pas compte du nombre de forêts majestueuses qui existent… « Je me souviens que l’aire de jeux est apparue par surprise au milieu des arbres et que j’ai couru dans sa direction… » C’est ainsi que mon aînée décrit l’aire de jeux en forêt de Strassen.
Cette aire de jeux se fond harmonieusement dans le décor des grands arbres. Les couleurs vertes de la nature et le marron naturel des structures en bois s’associent parfaitement. Ici, les enfants peuvent profiter non seulement des structures de jeu, mais aussi de la nature. De petits miracles se produisent autour d’eux : des fleurs, des plantes et le calme de la forêt, interrompu seulement par les voix heureuses des enfants. « Maman, regarde, un papillon », entends-je dire mes filles pendant que je savoure les rayons de soleil sur mon visage. Cette fois, c’est moi qui demande aux enfants: « Pouvons-nous venir vivre ici pour toujours, s’il vous plaît ? », et nous pouffons toutes de rire.
Aire de jeux de l’aéroport, Cents : Des cris « Je veux piloter l’avion ! » Cela ne peut signifier qu’une chose : nous avons atterri à l’aire de jeux de l’aéroport, à Cents. Dans cette aire, je fais toujours le vœu de redevenir enfant. En grimpant sur les tours de contrôle aérien, en entrant dans l’avion, les enfants apprécieront grandement d’apprendre en s’amusant dans cette aire de jeux.
Les pilotes en herbe courent dans tous les sens, voulant tous faire voler l’avion. Laissez libre cours à l’imagination des enfants ici, demandez-leur où ils aimeraient voyager et pourquoi, à quoi ressembleraient leurs meilleures vacances. Qui n’aimerait pas un lieu qui aide à tisser les liens avec ses enfants ? Et, en cas de peur de l’avion, cet endroit est idéal pour en discuter en toute sécurité et dans la bonne humeur.
Pompiers en mission
Aire de jeux des pompiers, Niederanven : Cette aire de jeux bien cachée, construite dans un quartier très résidentiel, est un « secret » qui mérite d’être révélé. « Je pense que les pompiers méritent tout notre amour», déclare ma cadette, qui demande si elle aussi pourrait devenir pompier dans le futur. « Bien sûr », répondis-je sur un ton encourageant, « tu peux même devenir pompier volontaire dès que tu le souhaites ». Une légère brise dans l’air me fait remarquer le mouvement des feuilles d’arbres et à quel point la végétation est riche, épaisse, douce et verte dans cette aire de jeux. La couleur dominante ici est naturellement le rouge et un superbe graffiti illustre cet univers. De grands arbres offrent généreusement leur
ombre. Les structures en bois et le grand toboggan donnent envie d’en profiter. Dans cette aire de jeux, les enfants aiment le jeu de rôle et découvrir l’importance des services que rend la brigade de pompiers.
Dans l’espace
Aire de jeux sur le thème de l’espace au parc Kaltreis, Bonnevoie : « Je serai à coup sûr la première astronaute de la famille. » Si vous aussi, vous entendez cette phrase ou un équivalent dans la bouche de vos enfants, vous devez absolument les emmener à l’aire de jeux sur le thème de l’espace, au parc Kaltreis de Bonnevoie. Avec ses jeux aquatiques, son terrain de sport en plein air, son toboggan aux couleurs de l’espace venu d’une autre planète, sans compter son parking à proximité, cette aire de jeux a tout pour plaire. Les enfants ne voudront plus partir lorsqu’ils auront découvert les jeux d’eau.
C’est aussi le lieu idéal pour apporter des livres et des jeux pour enfants sur le thème de l’espace, car les enfants apprennent mieux lorsqu’ils s’amusent. Un décor parfait pour en apprendre davantage sur l’espace, les astronautes et les planètes d’une manière drôle et ludique.
Aire de jeux sur la circulation, Capellen : Après avoir fait atterrir la fusée en toute sécurité, nous prenons nos vélos et scooters en direction de l’aire de jeux sur le thème de la circulation, à Capellen. « Conduisons ensemble, mais en prenant des chemins différents ! − Non, je serai le piéton et toi, la conductrice. » Il n’a jamais été aussi amusant d’apprendre la conduite et le code de la route !
Les panneaux et le marquage au sol sont pareils à ceux de la vraie vie et le décor est tout simplement parfait.
Comme un espace routier normal, mais à plus petite échelle. L’aire de jeux juste à côté est un grand espace ouvert avec de nombreuses structures, boulodromes et même un mur d’escalade. Bon plan : à Capellen se trouve également le musée de la Police du Luxembourg.
Sauter, glisser, se balancer et grimper
Aire de jeux de Mersch +
Vous avez passé une bonne journée ? Rendez-vous à l’aire de jeux de Mersch. Une journée stressante ? Rendez-vous à l’aire de jeux de Mersch. Ce lieu occupe une place à part dans mon cœur. Dès que vous y arrivez, vous savez que vous êtes dans un endroit spécial. Bordés de grands arbres et de jolies fleurs, les petits chemins vous guident vers différents recoins du parc. Des zones dédiées aux bébés et tout-petits, aux zones où les plus grands peuvent se défouler, les structures de jeux créatives ouvrent à de multiples sensations.
Nous traversons l’aire de jeux en direction de l’étang, vers le petit pont de bois qui passe sur l’eau et vous permet de rester au milieu pour observer les oiseaux et les canards. Les couleurs du ciel sont féériques, rose, violet, jaune et rouge… « Maman, nous avons adoré cet endroit. La prochaine fois, nous devrions venir avec nos amis, ils vont adorer aussi… »
Aire de jeux du lac d’Echternach :
Le magnifique lac d’Echternach invite les enfants et les familles à faire le plein de découvertes, de jeux, de détente et de plaisir. Bénéficiant d’un emplacement fantastique, non
loin des trampolines de l’auberge de jeunesse qui sont installés chaque été pour se divertir à l’infini, cette aire de jeux a tout pour plaire !
Surplombée par la Villa romaine et juste à côté du lac, cette aire de jeux équipée de sanitaires deviendra la préférée de votre famille. Et vous ne vous retrouverez pas souvent au même endroit : vous pourrez nager, explorer le site archéologique et les chemins de randonnée, profiter des activités aquatiques et de l’aire de jeux, ainsi que du mur d’escalade et des trampolines de l’auberge de jeunesse. « Est-ce que l’aire de jeux d’Echternach sera toujours là quand nous reviendrons ? » Oui, elle sera là.
Amusement illimité
Aire de jeux d’eau et d’aventure à Rosport : Beaucoup de familles et d’enfants considèrent cette aire de jeux aquatiques comme la meilleure du Luxembourg. « C’est l’heure de partir, les enfants ! » Oups, pas maintenant… Nous voulons toujours rester un peu plus longtemps, ici. Personne ne veut partir. Les structures et jeux aquatiques de cette aire sont absolument incroyables. Les arbres procurent une ombre généreuse, il y a un parking gratuit et l’environnement près de la rivière fait rêver. La seule solution pour ramener les enfants à la voiture et rentrer à la maison, c’est de promettre : « Nous y reviendrons bientôt ». Et nous savons que cela sera le cas.
Aire de jeux du parc de Merl : Tellement de bons souvenirs ici… L’aire de jeux du parc de Merl est toujours fréquentée, quelle que soit la période
de l’année. Elle est le lieu de rencontre de nombreuses familles qui vivent à proximité de la ville. Cette aire de jeux propose de nombreuses structures pour différentes tranches d’âge, une grande tyrolienne, des terrains de basket juste à côté et une petite zone aquatique.
C’est ici que de nombreux enfants ont fait leurs premiers pas, ont appris à faire du vélo, se sont fait leurs premiers « amis de bac à sable » et ont appris qu’ils allaient devenir grand frère ou grande sœur. L’aire de jeux du parc de Merl réunit une communauté touchante de familles et d’enfants, une vraie oasis de tranquillité, de bonheur et de joie au cœur de la ville.
Du bonheur à l’état pur !
Aire de jeux de Walferdange : Un toboggan venu du futur ou un toboggan futuriste, un trampoline au design original, de l’eau potable gratuite et des distributeurs de crème solaire, un bac à sable, des balançoires, des tables de pique-nique, entre autres… « Celle-ci est vraiment unique », déclare ma fille de 9 ans. Je comprends exactement ce qu’elle veut dire. Ce n’est pas la plus grande aire que vous trouverez au Luxembourg, mais c’est définitivement l’une des meilleures. « Je me suis fait un nouvel ami, Maman.» J’adore entendre ce « son » dans mes oreilles. L’histoire commence maintenant : dressez votre propre liste d’aires de jeux favorites avec vos enfants et remplissez-la de rires, de joie, d’excitation et d’apprentissages amusants.
Plus d’aventures et de loisirs :
Une remarque importante pour les parents : les aires de jeux sont régulièrement entretenues et inspectées par les autorités compétentes, afin de garantir la sécurité des enfants et des personnes qui les accompagnent pendant leurs jeux.
Le Luxembourg offre encore une multitude d’autres lieux agréables à découvrir en famille. Allez grimper dans l’un des grands parcs d’escalade d’intérieur, visitez des musées intéressants, suivez de superbes chemins de randonnée adaptés aux familles, découvrez un aquarium ou le fameux Jardin des papillons ! Vous trouverez plus d’idées d’activités d’aventures en famille sur notre site Internet ! www.visitluxembourg.com
TheRoadAbroad
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Le Mullerthal : un passé géologique vivant
Intégré au réseau mondial des géoparcs de l’UNESCO, le Mullerthal luxembourgeois est plébiscité par les amoureux de la nature qui apprécient ses surprenantes formations rocheuses, ses gorges et cascades. Les regards avertis noteront que ces caractéristiques révèlent de fascinants processus géomorphologiques mais aussi quel rôle clé la géologie a joué dans le développement de la région.
Texte NATALIE A. GERHARDSTEIN Photos PANCAKE! PHOTOGRAPHIE
Les nombreux moulins situés le long des rivières et des ruisseaux ont donné leur nom à la région Mullerthal. Au Huel Lee, le « rocher creux», des marques incurvées à l’intérieur de la grotte creusée par l’homme indiquent où, autrefois, l’on extrayait les meules.
Difficile d’imaginer les périodes triasiques ou jurassiques, l’ère où les dinosaures se baladaient sur la planète, mais le Mullerthal est l’endroit où essayer. En cette fraîche journée d’été, la promenade de Birgit, Conny et Robert à travers le Mullerthal commence au Huel Lee, le « rocher creux ». Il s’agit d’un géosite que l’on atteint en empruntant le chemin de randonnée local E1, le circuit de Berdorf ou la Route 2 du Mullerthal Trail.
Birgit Kausch est la directrice du département de géologie et de l’école de la nature du géoparc Mullerthal. Robert Weis, lui, est assistant de recherche au musée national d’Histoire naturelle du Luxembourg (MNHN), spécialisé dans le patrimoine géologique du Luxembourg. Avec Conny Koob du Natur- & Geopark Mëllerdal, ils aident les visiteurs à découvrir et comprendre les fascinantes formations rocheuses de la région ainsi que les informations précieuses qu’elles peuvent révéler.
Tous partagent leur passion pour la randonnée dans cette région dont ils vantent les beautés. Mais ils nous encouragent aussi à nous accorder un moment pour réfléchir au passage du temps, si différent pour un géologue.
Une vision plus large
Avant de partir, ils expliquent que des concepts comme le « temps profond » peuvent être difficiles à saisir, même pour des géologues. Birgit semble émerveillée et déclare, sourire aux lèvres : « Ce qui me fascine, quand on parle du temps profond, c’est que toutes les particules, tous les éléments existent depuis le début de notre système solaire. » Il faut envisager cela comme une sorte de recyclage de matières qui ont
circulé à travers le temps et l’espace sous l’influence de différentes forces, qu’il s’agisse de la tectonique des plaques, des courants fluviaux ou de la simple gravité.
Depuis notre point de vue, sous une canopée luxuriante, Robert scrute le paysage. « Les pierres que l’on voit dans le Mullerthal sont constituées de sédiments qui se sont déposés il y a 200 à 250 millions d’années », dit-il. En tant qu’écrivain passionné et auteur, sa fascination pour les différents géosites qu’offre le réseau de sentiers est telle qu’il travaille actuellement à un texte sur le Mullerthal en compagnie de l’auteur et « géopoète » italien Davide Sapienza.
À l’époque indiquée par Robert, le Luxembourg faisait partie d’une « mer peu profonde, à la limite de ce que l’on appelle le bassin parisien, une mer qui, au nord, comprenait des îles, à peu près à l’emplacement des actuelles Ardennes. » La dolomie, le grès et la marne (un matériau riche en carbonates, de couleur blanchâtre), visibles aujourd’hui dans la région,
faisaient alors partie des fonds marins. En coulant, les rivières déposaient des sédiments dans la mer et à travers le processus de diagenèse (formation des roches), le sable déposé, par exemple, s’est transformé en grès. Dans le Jura central, la mer a disparu, et les rivières ont creusé le paysage. Ce faisant, elles ont créé les falaises, les plateaux et les vallées caractéristiques de cette région. Robert prétend que le grès du Mullerthal est emblématique, en raison notamment de ses formations « érosives », résultant de la dernière ère glaciaire : « Le paysage tel que nous le voyons aujourd’hui est vieux d’environ 10 000 à 15 000 ans. »
Les marques incurvées à l’intérieur de cette grotte creusée par l’homme indiquent où, autrefois, l’on extrayait les meules. Rien qu’en tapant sur les parois, Birgit et Robert mesurent la densité de la roche à différents endroits.
Le Natur- & Geopark Mëllerdall est l’un des 213 UNESCO Global Geoparks, répartis sur 48 pays.
Les surplombs rocheux dans la vallée sous le site Huel Lee offrent une ombre rafraîchissante pendant les mois chauds. La paroi rocheuse se distingue par différentes strates : une couche supérieure aux teintes beige et blanche, surmontant une base plus sombre, crevassée et recouverte de mousse.
L’histoire du Mullerthal commence il y a environ 245 millions d’années, dans ce qui était une mer. D’innombrables particules de sable et d’autres matières ont été déposées et solidifiées sous forme de roche. La mer a disparu et les rivières ont donné forme à l’impressionnant paysage rocheux du Natur- & Geopark Mëllerdall tel qu’on peut le voir aujourd’hui.
Comme l’explique Birgit, on taillait d’abord les meules de manière grossière puis on insérait derrière elles un coin de bois qui, une fois mouillé, se dilatait et permettait de faire tomber la meule. Bien que la plupart des extractions aient eu lieu durant le Moyen Âge, on pense que les Romains avaient déjà fait de ce site une carrière. En effet, Mullerthal signifie littéralement « vallée des moulins », et on en comptait plus de 60, alimentés par les nombreux cours d’eau qui sillonnent la région.
Depuis le Huel Lee, en descendant vers la vallée, les pitons rocheux offrent une ombre bienvenue durant les mois les plus chauds. Quant à la paroi elle-même, elle semble être composée de différentes parties : une couche supérieure aux nuances beiges et blanches avec une base plus crevassée et moussue. Avec un peu d’imagination, la partie centrale ressemble à une rangée de molaires aiguisées mor-
dant la couche inférieure. Les lignes horizontales au-dessus présentent un motif de cannelures bien visible ; il s’agit de couches sédimentées par le courant. « La dynamique du transport du sable provoque ce type de structure », explique Birgit. Les crevasses de la partie inférieure ont probablement été créées quand le contenu riche en calcaire a été éliminé par le courant.
Lire les roches
Et Birgit d’ajouter que les archéologues apprécient ce calcaire que l’on trouve dans la région. Car cette haute concentration de calcaire du grès luxembourgeois permet de bien conserver les ossements. Ce fut le cas avec l’Homme de Loschbour, par exemple, un spécimen d’Homo sapiens du Mésolithique européen, découvert en 1935 sous un abri de roche du Mullerthal et que l’on peut admirer aujourd’hui au MNHN.
La région Mullerthal est avant tout un biotope unique, caractérisé par des formations de grès aussi séduisantes que surprenantes.
Comme l’explique Conny, il est facile de découvrir à la fois le géosite Huel Lee et la Wollefsschlucht (« la gorge du loup ») d’Echternach, gorge formée par un glissement de terrain dû au poids du grès sur les hauteurs et à l’érosion de la Sûre, au niveau de la pente inférieure. Un phénomène encore visible aujourd’hui dans les contours quelque peu lacérés de cette rivière.
Bien d’autres géosites de la région sont tout aussi passionnants, et Birgit en a d’ailleurs photographié un bon nombre dans le cadre de son travail au sein du géoparc.
Un exemple, celui de la formation de grès dite du « champignon », à Nommern. Comme son nom l’indique, ce bloc de grès que l’on trouve le long du sentier de randonnée N4 a été façonné par les intempéries et ressemble à une amanite tue-mouches plantée au milieu d’une prairie sablonneuse mouchetée par la bruyère. Le site a été désigné géosite de l’année en 2021. Autour de cette formation en champignon, des rainures dues au polissage indique qu’à l’âge de pierre, des hommes venaient déjà ici aiguiser leurs outils.
Encourager le géotourisme
Le Schiessentümpel est une cascade époustouflante où les jours d’été, il n’est pas rare d’y voir des visiteurs se rafraîchir en trempant leurs pieds dans le bassin situé juste en dessous. On y accède en suivant la Route 3 du Mullerthal Trail ou par les sentiers locaux W6 et W7. Ces derniers permettent aussi un passage au Touristcenter Heringer Millen, situé dans un moulin du 17e siècle encore
Grottes et gorges mystérieuses, ravins étroits et rocheux, denses forêts traversées par d’impétueux cours d’eau, biotopes extraordinaires ponctués d’imposantes formations de grès ainsi qu’une incroyable variété de plantes et d’arbres : bienvenue dans la région Mullerthal !
Les lignes horizontales au-dessus présentent un motif de cannelures bien visible ; il s’agit des couches sédimentées par le courant. « La dynamique du transport du sable provoque ce type de structure », explique Birgit Kausch du Natur- & Geopark Mëllerdall.
en état de fonctionnement, et où l’on fait toujours cuire le pain comme autrefois, dans un four ancestral. La cascade est en effet un symbole de la région, mais Conny incite aussi les gens à regarder le pont de plus près, en expliquant : « Il y a d’incroyables œuvres d’art dans les rochers. Par exemple, on peut y voir un escargot sculpté. »
Patrimoine naturel et culturel unique
Seule notre imagination peut nous aider à nous représenter ce qu’a pu être le paysage il y a si longtemps. Et c’est ce qui rend les géosites particulièrement fascinants (et pédagogiquement intéressants) pour les plus jeunes. Le Natur-& Geopark Mëllerdall organise régulièrement des ateliers ainsi que des randonnées pour les enfants. En 2024, le Geo-Pad de Beaufort (un sentier géologique) a été inauguré. Sur 5 km, il compte 14 stations partiellement interactives. Et l’on peut associer un circuit à une visite de la Geo-Expo, qui met en avant le patrimoine naturel et culturel unique de la région et qui révèle les traces de l’activité humaine, de l’âge de pierre à la période moderne.
Les voyageurs peuvent aussi partir à la découverte du Mullerthal depuis Luxembourg-ville. Le squelette de l’Homme de Loschbour exposé au MNHN est particulièrement apprécié des jeunes visiteurs, non seulement pour les ossements eux-mêmes, mais aussi pour la maquette qui reconstitue le site funéraire de ces chasseurs-cueilleurs. Robert, qui en sait long sur les fossiles exposés au musée, écrit régulièrement sur les spécimens trouvés au Luxembourg. Récemment, il a fait partie de l’équipe ayant étudié
le fossile de « calmar vampire» découvert à Käerjeng, au sud-ouest du pays. Ce fossile exceptionnel contenait non seulement des restes alimentaires, mais aussi de l’encre fossilisée !
On pourra trouver surprenant que le Mullerthal ne regorge pas de fossiles. Pourtant, en fin de promenade, Birgit et Robert gardent espoir : l’absence de découvertes ne signifie pas qu’il n’y en aura pas à l’avenir ! Comme le dit Robert : « C’est grâce à la géologie que le Mullerthal est un tel trésor … et il y a encore beaucoup de choses cachées dans la forêt, sous les rochers, qui pourraient être découvertes dans le futur. »
Bons plans :
Le Mullerthal Trail conduit les randonneurs expérimentés sur 112 km de sentiers en vallée, à travers un magnifique paysage rocheux.
www.mullerthal-trail.lu
Le Nature- & Geopark Mëllerdall a été labelisé UNESCO Global Geopark en 2022 pour son patrimoine géologique et son énorme variété de plantes. www.naturpark-mellerdall.lu
Vallées profondes et imposants rochers : la région Mullerthal, que l’on appelle souvent la Petite Suisse luxembourgeoise, doit ce surnom à son paysage vallonné qui rappelle la Suisse.
Autre expérience pédagogique autour de la nature, celle de la réserve de biosphère Minett UNESCO Biosphere, située tout au sud du pays. Elle montre l’influence de l’humain sur la nature et la résurgence de la nature dans une région façonnée par l’activité industrielle. L’extraction du minerai de fer puis son abandon ont laissé leurs traces sur le paysage. www.minetttrail.lu
Come visit the Roman villa!
We’re open from 8 April through to 28 September 2025
Au-delà des buildings, une nature pleine de surprises
Balade à travers le parc Klosegrënnchen, en compagnie d’un « Grénge Mann », intarissable sur les secrets des arbres et plantes qui poussent dans le quartier des affaires de Luxembourg.
Texte SALOMÉ JEKO Photos PIERRE MATGÉ / CAPSULE
Rendez-vous à un arrêt de bus du boulevard Pierre Werner, à deux pas des Hôpitaux Robert Schuman, dans le quartier du Kirchberg. Un peu hésitants, la dizaine de participants à la promenade du jour se regroupent à l’entrée du parc Klosegrënnchen. « Vous aussi êtes venus voir le ‹ Grénge Mann › ? » (homme vert en luxembourgeois), interroge un couple.
Soudain, entre le va-et-vient des voitures d’un côté et les piaillements des oiseaux de l’autre, une douce musique se fait entendre. « Ça vient des arbres, là-bas », s’écrie un enfant en s’élançant sur le chemin du parc. Et effectivement, quelques mètres en contrebas, à l’orée du bois, le « Grénge Mann » est là, assis sur un rocher au milieu d’un champ d’ortie, son ocarina à la bouche. « Avez-vous vu mon ami le geai ? Je l’attends depuis des heures. Le connaissez-vous? Laissez-moi vous montrer son plumage », chuchote l’homme vert, en brandissant son spectre en bois surmonté de différentes plumes et d’une sculpture à son effigie.
Des visites théâtrales
Derrière la barbe et le costume de celui qui se présente comme le gardien de la nature, qui « dit aux arbres de faire tomber leurs feuilles et au hérisson de se réveiller après l’hiver », il y a un homme dénommé Lex Gillen. Un biologiste de formation doté d’un véritable don pour l’improvisation et la narration. « Au début, je faisais des visites dans des classes et quand ma femme, qui vient du théâtre, m’a vu faire, elle a eu l’idée de créer ce personnage de « Grénge Mann ».
Entretemps, j’ai endossé d’autres rôles, notamment ceux de figures historiques locales », confie-t-il. Passionné de musique, Lex Gillen a vécu quelques mois auprès d’aborigènes en Australie, dans le but de faire des recherches sur différents instruments. Cette expérience, inoubliable, lui a permis de renforcer en même temps son lien inné avec la nature.
« J’ai un profond respect pour la forêt et je suis convaincu que les
Biologiste de formation, Lex Gillen incarne le «Grénge Mann», le gardien de la nature. Il a depuis toujours une vraie passion pour la nature dont il connaît les moindres secrets.
Lex Gillen propose des visites théâtrales à travers le parc Klosegrënnchen, histoire de faire découvrir aux curieux les secrets et vertus des arbres et des plantes sauvages. Avec ses connaissances et ses anecdotes, le «Grénge Mann» captive son auditoire.
arbres ont une âme. Je me suis énormément intéressé aux plantes, à tous leurs bienfaits, et je prends beaucoup de plaisir à partager tout ça avec les personnes qui viennent à ma rencontre », confie-t-il.
C’est ainsi que deux heures durant, ce dernier « incarne » plus qu’il ne joue le « Grénge Mann » pour faire découvrir les secrets des végétaux qui nous entourent, à de petits et grands curieux. « Les orties, ça pi-
que ? C’est parce que vous les tenez à l’envers. Il suffit de les prendre par les racines et de les caresser à rebrousse-poil », explique-t-il, geste à l’appui, avant d’en avaler une feuille, sous l’œil surpris des participants.
« Vous faites plus confiance à ce qui se trouve au supermarché qu’à ce qui pousse dans la nature… », s’amuse l’homme vert. Reconnaître un cerisier en observant son écorce, différencier l’églantier de l’aubépine, goûter aux fruits du prunellier, cueillir le millepertuis – « une plante qui emmagasine toute l’énergie du soleil » – pour s’en faire des infusions anti-déprime ou une huile pour soulager les entorses… Les promeneurs du jour s’émerveillent de tant de révélations : « Le problème c’est qu’on est beaucoup trop déconnecté de la nature», avoue un papa venu avec ses deux enfants.
Plus de 40 000 arbres plantés
Déconnecté de la nature ? Sûrement. Et pourtant, malgré les hauts buildings environnants et les avions qui défilent dans le ciel, celle qui nous entoure ce jour-là se révèle passionnante.
Il faut dire que depuis 1991, le Kirchberg a fait des efforts tout particuliers pour réhabiliter une biodiversité mise à mal par les premiers aménagements de cet ancien pâturage transformé en quartier dédié à la finance et aux institutions européennes. «Une première réflexion sur le sujet a été menée dans les années 80 et en 1991, le Fonds Kirchberg a adopté le
« J’ai un certain don pour la théâtralité et le jeu d’acteur, c’est comme ça que l’idée de créer le ‹ Grénge Mann › nous est venue », déclare Lex Gillen.
Place à la dégustation avec un menu 100% végétal ! Côté saveurs, les surprises sont au rendez-vous…
Une nature préservée se cache entre les buildings du quartier de la finance et des institutions européennes de Luxembourg. Plus de 40 000 arbres et arbustes ont été plantés depuis 1994 au sein de l’Arboretum du Kirchberg.
Étonnantes saveurs que celles révélées par la dégustation des plantes comestibles qui poussent sur le plateau du Kirchberg.
concept urbanistique et écologique de l’architecte paysagiste Peter Latz.
L’idée de créer un arboretum de 30 ha dans l’ensemble des espaces verts du quartier – notamment au sein des parcs publics – vient de lui. Les plantations ont commencé en 1994 et depuis, plus de 40 000 arbres et arbustes issus de toute l’Europe ont été plantés.
«On a également gardé les eaux en surface pour favoriser la venue de crapauds et de libellules, on pratique la tonte raisonnée, on amé-
nage des prairies fleuries… Le but étant de faire renaître la faune et la flore telles qu’elles existaient avant toutes ces constructions », explique Thierry Helminger, botaniste au musée national d’Histoire naturelle de Luxembourg. Ce dernier est chargé de rechercher et de collecter les semences intéressantes au sein des populations naturelles des espèces, de conseiller sur les plantations à effectuer et de répertorier toutes les variétés existantes dans le quartier dans une base de données.
Réhabiliter une biodiversité
Le parc Réimerwee, riche en chênes, hêtres et pins, le parc Central avec ses fruitiers ornementaux et le Klosegrënnchen, successivement réaménagés de 1994 à l’an 2000, n’ont ainsi plus de secrets pour lui. « Au Klosegrënnchen, les dunes ont été modélisées avec les excavations de la construction du contournement est de la ville. Le substrat n’a pas été amélioré, ce qui a permis de recréer le biotope habituel qui se forme sur les plateaux de grès au Luxembourg. On y observe désormais des orchidées rares, des genêts, des genévriers, des saules, des bouleaux, des pins, des rosiers sauvages… », énumère le botaniste qui lui aussi, propose des visites guidées à travers les quelque 500 espèces et variétés de l’arboretum, toutes étiquetées en quatre langues.
Pas besoin d’étiquette pour le «Grénge Mann » qui utilise quant à lui des histoires imagées pour apprendre aux intéressés à
reconnaître les arbres. Silence d’ailleurs! L’heure est au récit non loin du bassin de rétention en forme de spirale qui récupère les eaux de pluie et de ruissellement du parc Klosegrënnchen.
Anecdotes et dégustation
« Le diable a griffé l’écorce du chêne et c’est l’empreinte de ses doigts qui ont fait les lobes de sa feuille », raconte-t-il sous le regard impressionné des enfants présents. S’ensuit
le moment tant attendu de la dégustation des diverses plantes récoltées au fil de la promenade. Fleurs, feuilles et racines sont au menu : «Celle-là a le goût du champignon!», s’étonne une jeune femme. « On dirait de l’ail », observe son compagnon, en croquant un bout de racine de pissenlit. « C’est comme les bonbons à la menthe », rigole une petite fille…
Les découvertes s’enchaînent et les yeux s’écarquillent encore plus lorsque le « Grénge Mann » ouvre sa mystérieuse sacoche pour en
sortir un rouleau de corde « réalisée à partir d’orties », puis un chapeau « en cuir de champignon ». Que de découvertes ! Et dire que la visite vient à peine de commencer…
Bons plans:
Il est possible de s’inscrire sur le site Web du Fonds Kirchberg pour participer à une visite guidée avec le « Grénge Mann ». Fonds Kirchberg. www.fondskirchberg.lu
Le quartier du Kirchberg (en luxembourgeois « Kierchbierg») est un vaste plateau situé au nord-est de la ville de Luxembourg. Il est l’un des 24 quartiers de la capitale. Autrefois zone purement agricole, le quartier est devenu depuis les années 50 l’un des principaux pôles de la ville de Luxembourg, avec entre autres 3 institutions européennes.
Au Kirchberg, on trouve de nombreux espaces verts où l’on peut se ressourcer après une journée de travail ou pour évacuer l’agitation de la ville, que ce soit à la place de l’Europe avec la Philharmonie et le Mudam ou dans les centres commerciaux à proximité. Le grand parc abrite un arboretum, des terrains de pétanque et un kiosque (en été). La ville compte plusieurs magnifiques parcs verdoyants et souvent aménagés de manière surprenante, du Grund à la Cloche d’Or en passant par la vallée de la Pétrusse et la « Kinnekswiss », les quartiers Merl et Limpertsberg. www.luxembourg-city.com
Au coeur du quartier du Kirchberg se trouve le centre de loisirs et de natation Coque, un bâtiment en forme de coquillage à l’architecture impressionnante qui invite à faire quelques longueurs dans son bassin olympique avant de savourer un délicieux en-cas. www.coque.lu
Un bol d’air à la campagne
Se ressourcer entre champs, parterres et prairies ou mettre la main à la pâte : voilà comment les voyageurs peuvent découvrir la campagne luxembourgeoise, avec tous leurs sens.
Faire du yoga dans la forêt ou une prairie, révéler sa facette créative en composant des bouquets avec ses fleurs préférées et cueillies par ses soins, ou découvrir les vignobles de manière active au rythme des saisons et bien plus encore, c’est ce qui constitue l’expérience d’un séjour à la campagne.
Dans le cadre d’un projet inter-régional sur le tourisme rural, un appel à idées insolites a été lancé. Dans ce magazine, nous allons vous présenter les trois gagnants ainsi que leur « forfaits découverte ».
Kapenaker Blooms : une ferme florale et ses ateliers
Apprécier la beauté des fleurs avec tous ses sens
Dans la région Moselle, la ferme florale Kapenaker Blooms invite à savourer la délicate beauté de variétés bien particulières. Ce ne sont pas les habituelles divas horticoles mais des espèces locales et saisonnières , fragiles et rustiques, que l’on trouve chez Stefanie Hildebrand. Ici, les visiteurs peuvent cueillir eux-mêmes leurs fleurs, en faire des bouquets et même les dessiner. Une véritable expérience sensorielle.
C’est à la campagne, sur un terrain de 1000 m2 que Stefanie Hildebrand exploite sa ferme florale. À Kapenaker, dans les environs de Wormeldange, elle entretient et cultive différents champs et par-
terres de fleurs qui pour la plupart sont délicates, aux tons pastel, mais dont certaines ont des couleurs plus éclatantes . Elles sont multicolores, comme la nature.
Il y aura bientôt ici une offre variée autour des « slowflowers» : les visiteurs pourront cueillir euxmêmes les fleurs qu’ils préfèrent et en faire des bouquets dans des vases délicats et même les immortaliser sur la toile grâce aux conseils d’une artiste. Ils pourront aussi savourer un délicieux pique-nique à base de produits locaux sous le grand noyer. Qui a le droit de participer ? Tous ceux qui aiment les fleurs et la nature en général, grands et petits, en solo, en couple ou en famille, ou pourquoi pas en équipe avec son entreprise ?
L’essentiel est que les participants soient heureux, et que la nature le soit aussi, évidemment. Stefanie pratique la permaculture, elle ne retourne pas la terre, au contraire, elle leur ajoute sans cesse de nouvelles couches, notamment de compost bio. « Je travaille avec ce que j’ai sous la main ! », insiste-elle.
« miniWënzer » : jeunes explorateurs dans le vignoble
Soigner, couper, relier, récolter et plus encore
Que se passe-t-il dans les vignobles tout au long de l’année ? Et comment fabrique-t-on le vin et le
jus de raisin ? C’est ce que les enfants âgés de huit à dix ans peuvent découvrir chez les « miniWënzer » . Du soin à la récolte et jusqu’à la « Hunnefeier » qui célèbre la fin des vendanges.
Dans ce projet des « miniWënzer », la viticultrice, psychologue et pédagogue Laurence Duhr , née dans une célèbre famille de vignerons, et Jutta Kanstein, guide nature et tourisme, conduisent les visiteurs curieux à travers le vignoble. Cette fois, il s’agit d’enfants de huit à dix ans qui se retrouvent ici cinq fois par an.
Sous l’aile de ces deux passionnées de nature, les vignerons en herbe apprennent à entretenir la vigne et à comprendre l’environnement où elle pousse. Ils apprennent aussi à travailler la terre, prendre soin des ceps, récolter les raisins et presser le jus. Mais ils découvrent aussi tout ce qui pousse, rampe et vole dans le vignoble et le mur de pierres sèches. On leur montre aussi combien il est important de préserver la nature.
Le vignoble se situe dans la réserve naturelle « Manternacher Fiels » , à l’est du pays. Les participants sont invités et encouragés à mettre la main à la pâte et à vivre pleinement, avec
tous leurs sens, le processus de fabrication du vin et du jus de raisin. Plus encore, ils découvrent à quel point l’habitat de la vigne et de la forêt est riche en espèces et tout ce qui s’y déroule au cours d’une saison de croissance. Le projet vise à transmettre un savoir de manière ludique et à éveiller la curiosité pour la nature. Il favorise aussi la compréhension de la biodiversité et de la diversité des espèces.
À la fin des cours, en automne, au moment des vendanges, comme c’est la tradition chez les vignerons, il y a une véritable « Hunnefeier » durant laquelle tout le monde mange et boit du jus de raisin fraîchement pressé.
À long terme, le projet devrait s’étendre à d’autres groupes cibles et d’autres tranches d’âges, notamment avec des offres d’une journée pour les touristes.
Yoga Trails Luxembourg
Le chemin est la destination
Le yoga pour tous, le yoga sans pression de performance, le yoga pour le plaisir, le yoga pour se faire du bien et surtout, le yoga dans la splendide nature luxembourgeoise. Voici les Yoga Trails d’Isabel Schank
On associe souvent le yoga à des images Instagram montrant des jeunes gens sveltes qui semblent connaître un équilibre absolu. Et on se dit que l’on n’est pas assez fort, pas assez souple. Cela crée des inhibitions et freine les gens dans leur envie d’essayer le yoga.
C’est là qu’entre en jeu le concept d’Isabel, qui doit donner envie d’améliorer la vie grâce au yoga. Il ne s’agit pas d’avoir une posture parfaite, une tenue parfaite, un corps parfait.
Les Yoga Trails d’Isabel Schank offrent une expérience sensorielle en harmonie avec la nature . On est guidé tout en restant pleinement à l’écoute de soi-même, sans pression ni jugement. Le bien-être mental est la priorité.
Et ici, le chemin est la destination. On se rend à pied sur les lieux où l’on pratique le yoga . Pour citer Goethe de mémoire : « Tu n’as vraiment été que là où tu as fait le chemin à pied. »
La magnifique nature luxembourgeoise, celle du nord en particulier, où habite Isabel, est bien plus qu’une jolie toile de fond pour le yoga . Habitants comme visiteurs doivent
pouvoir apprécier la beauté de la région. Fouler le sol de la forêt, respirer profondément dans une clairière, tout cela fait partie de l’expérience. Explorer les trésors intérieurs et extérieurs, se connecter à soi et à la nature, se développer, se sentir inspiré, voilà les objectifs. Le corps, l’âme, l’esprit, l’énergie : tout est en harmonie.
Direction, la campagne :
À Kapenaker Blooms on peut participer à différents ateliers selon ses envies et la météo, avec ou sans repas. www.roomsblooms.lu
Pour contacter les « miniWënzer », écrire à l’adresse suivante : miniwenzer@pt.lu
Se connecter à la nature et essayer les Yoga Trails ? Plus d’infos sur www.anandaliving.lu
Pour encore plus d’expériences inspirantes en pleine nature, aller sur www.visitluxembourg.com
Le projet inter-régional LEADER « Tourisme Rural » a été lancé par l’Office Régional du Tourisme Région Moselle luxembourgeoise. Il soutient de futures start-ups, des entreprises actives dans le secteur du tourisme et autres organisations touristiques souhaitant développer des expériences insolites en zones rurales au Luxembourg. www.leader.lu
Où l’humanité et l’inclusion sont au rendez-vous
:
Camping Kaul
Pour les clients de notre camping qui est ouvert toute l‘année, cette philosophie est synonyme d‘expérience enrichissante. Ils profitent de l‘atmosphère unique de cohabitation et d‘interaction entre différentes personnes. En rencontrant des collaborateurs qui maîtrisent leurs propres défis, les hôtes font l‘expérience d‘un lien plus profond avec la communauté et d‘une plus grande appréciation de la diversité. Cela ne crée pas seulement une cohabitation harmonieuse, mais élargit aussi leur propre horizon et enrichit l‘expérience du camping par des rencontres humaines authentiques dans un environnement unique, la “Kaul” verte à Wiltz au pied des Ardennes. En compléments d’emplacements spacieux et ensoleillés, Camping Kaul propose également des expériences de glamping dans ses tentes safari, pods et chalets de différents types et tailles, entièrement équipés. Laissez-vous surprendre par notre service, des lits fraîchement faits, du savon local et offrez-vous un panier petit-déjeuner, qui vous sera apporté au chalet.
Tél. : (+352) 95 03 59 1
E-mail : info@kaul.lu www.kaul.lu
Le Camino du
Luxembourg
Si vous avez déjà rencontré une balise comportant une coquille jaune stylisée sur fond bleu, vous vous êtes déjà retrouvé sur le Camino de Santiago, ou le Chemin de Saint-Jacques.
Ce vaste réseau européen d’itinéraires compte environ 180 km de chemins au Luxembourg qui valent la peine d’être explorés.
Texte NATALIE A. GERHARDSTEIN Photos PANCAKE! PHOTOGRAPHIE
L’impressionnante stèle à Weilerbach sur la Sûre indique la distance jusqu’à Saint-Jacques. Le réseau du Camino s’étend sur plusieurs milliers de kilomètres, connectant au total plus de 440 000 visiteurs chaque année.
Au Moyen Âge, la route de SaintJacques était l’un des pèlerinages chrétiens les plus populaires, qui empruntait des voies romaines bien établies. Traditionnellement, le voyage commençait dès qu’un pèlerin quittait sa maison et prenait la route pour Saint-Jacques-de-Compostelle, la cathédrale dans laquelle les reliques de Saint-Jacques sont supposées être enfouies.
Bien entendu, il est toujours possible de parcourir le chemin de Luxembourg à Santiago, bien que le voyage durerait quelques mois. Cependant, la route du Luxembourg offre quelques étapes et sites de pèlerinage historiques tout au long des 180 km, procurant aux marcheurs un sentiment unique d’accomplissement et de camaraderie.
L’esprit du Camino
Del Lloyd et Amanda Surbey, deux Américaines expatriées, se sont rencontrées dans un groupe de randonneurs local. Del travaillait dans la Silicon Valley. Elle a de longs cheveux bruns et un rire communicatif. Avec leur vivacité d’esprit et leur sens de l’humour aiguisé en commun, elles sont naturellement devenues très rapidement amies. Amanda se décrit elle-même comme une « serial expat» au « dynamisme sans fin ». Elle a appris l’apiculture après être arrivée au Luxembourg (elle aime s’occuper de ses ruches près de la Moselle).
En 2014, Amanda a parcouru le Camino Francés, ou Chemin Français, de Saint-Jean-Pied-de-Port, au pied des Pyrénées, à Saint-Jacques-deCompostelle, une marche qui lui a
pris environ 35 jours. Ses récits ont inspiré Del à faire trois chemins différents du Camino en Espagne, au Portugal, et plus tard au Luxembourg. Les deux étaient impatientes de se retrouver pour partager leurs anecdotes sur les portions du chemin parcourues au Luxembourg, l’esprit du Camino et les expériences vécues tout au long de ce voyage transformateur.
Ceux qui souhaitent obtenir la « credencial » ou carnet du pèlerin, un passeport qui peut être tamponné tout au long du chemin, peuvent la commander pour 5 € sur le site Internet de l’A.S.B.L. « Frënn vum Camino de Santiago de Compostela». Les tampons sont disponibles au siège de l’organisation à Grevenmacher, mais également à divers endroits sur le chemin : à l’abbaye d’Echternach, à la cathédrale NotreDame, ainsi qu’auprès de différents offices de tourisme et paroisses sur le chemin.
Bien que le chemin du Luxembourg puisse être divisé en plusieurs étapes,
l’organisation suggère huit étapes d’environ 18 à 24 km, avec des haltes à Rodershausen, Bettel, Echternach, Grevenmacher, Senningen, Leudelange, Hellange et Schengen.
Le chemin commence à Ouren/Lieler (voir la première photo en page 95+96), côtoie la frontière orientale du Luxembourg en suivant plus ou moins le GR européen E2. Longue de 18 km, la première partie jusqu’à Rodershausen est la plus difficile, car elle suit des sentiers étroits dans les collines rocheuses de l’Éislek, les Ardennes luxembourgeoises.
Bien que la flèche jaune n’ait été créée que relativement récemment, elle est devenue l’un des symboles les plus internationaux du Chemin de Compostelle. Avec la coquille historique que les pèlerins portent en souvenir au retour de leur voyage, ces deux symboles sont les plus importants du Camino.
Echternach est la plus ancienne ville du Luxembourg. Cette ville médiévale compte de nombreux monuments comme la basilique Saint Willibrord. En 2010, la célèbre procession dansante, qui se déroule chaque mardi de Pentecôte, a été inscrite au patrimoine culturel mondial immatériel de l’UNESCO.
Le sentier luxembourgeois culmine à 409 m, mais pour Amanda, ce n’est probablement rien comparé aux 1 140 km de dénivelé positif sur la première portion du traditionnel Chemin Français. « J’ai eu deux enfants sans péridurale, mais marcher à travers les Pyrénées était la chose la plus difficile que j’aie jamais faite! », raconte-t-elle en s’esclaffant.
Pour de nombreux randonneurs, les montées et descentes à travers les collines jonchées de forêts, pendant les premières étapes, offrent quelquesuns des panoramas les plus somptueux. Bien qu’Amanda ait choisi le Camino pour se lancer un nouveau défi, pour Del, les raisons sont souvent « plus spirituelles. L’une d’entre elles était le défi physique, mais aussi prendre du temps pour réfléchir.»
Elle adore faire un break sur un banc, réfléchir en prenant de la hauteur et en observant simplement le monde tourner.
Partir de l’Éislek
Le sentier longe l’Our, dépasse le moulin de Kalborn où se trouve une station d’élevage de moules d’eau douce protégée, et suit ensuite la N10 jusqu’à Roderhausen. Pour celles et ceux qui enchaînent les étapes et dorment en chemin, il est important de réserver à l’avance. Selon Del, la partie nord est un peu moins développée que les étapes suivantes du parcours.
La prochaine étape vers Bettel (24 km) propose un détour passionnant pour qui veut s’imprégner de l’histoire du Camino : Bivels incarne le lieu de naissance du premier pèlerin moderne luxembourgeois, l’économiste et écrivain prolifique Adrien Ries. Ce dernier a marché de Luxembourg à Saint-Jacques-deCompostelle.
Sans le détour, le chemin continue après le splendide château de Vianden, de style roman, avant de serpenter jusqu’à Bettel. Il n’est pas rare de traverser des prairies avec des moutons ou des vaches. D’ailleurs, la faune est une chose que Del a beaucoup appréciée tout au long de sa route. Elle avoue fièrement avoir déjà
Après avoir profité du soleil sur une terrasse, Del et Amanda décident d’aller pique-niquer en dehors de la ville. Et bien entendu, un délicieux dessert est indispensable.
Tout le monde ne cherche pas à se faire des amis sur le Camino, mais certains s’y font des amis pour la vie. Comme le dit Del, « c’est aussi social que vous souhaitez le rendre. Mais il y a l’esprit du Camino : le sens de la communauté est ce que j’aime le plus. »
La Moselle n’est pas seulement une rivière tranquille. C’est aussi une région ensoleillée où il fait bon vivre.
Ses coteaux inondés de soleil produisent des vins de renommée internationale, des crémants et des vins issus de vendanges tardives à partir de ses cépages les plus célèbres.
La photo a été prise en été 2024. Depuis, le ponton a été supprimé. À cet endroit, vous verrez bientôt un nouveau quai pour le MS Princesse Marie-Astrid, bateau sur lequel a été signé l’accord de Schengen.
La dernière étape mène les randonneuses à Schengen.
L’itinéraire semble se terminer parfaitement, dans un sentiment de résonance avec le début du chemin où un monument est érigé à la sortie d’Ouren pour commémorer la fondation de la Communauté européenne en 1957.
rencontré un renard sur le Camino du Luxembourg. Cependant, il est fréquent de parcourir des tronçons sans rencontrer le moindre randonneur…
En route pour Echternach
Vient ensuite l’étape de 25 km jusqu’à Echternach. Sur cette portion, un petit détour emmène les randonneurs à Wallendorf, en Allemagne − où il est fréquent de voir des kayakistes s’éclabousser sur la Sûre – puis vers de petits villages, dont Bollendorf-Pont. Sur ce tronçon, Amanda a été surprise de découvrir le pont couvert à Weilerbach, ainsi qu’une impressionnante stèle en pierre indiquant la distance jusqu’à Saint-Jacques. Un rappel palpitant, qui montre « que nous sommes connectés à un réseau bien plus grand que nous tous ». En effet, le réseau du Camino en Europe s’étend sur plusieurs milliers de kilomètres, connectant au total plus de 440 000 visiteurs chaque année.
Amanda et Del sont toutes deux d’avis qu’Echternach, la plus ancienne ville du Grand-Duché est une étape idéale où passer la journée. À l’abbaye d’Echternach, située au cœur de la ville, il est facile d’entamer une conversation avec le personnel et d’échanger sur les pèlerinages. « Le Mullerthal est spécial pour moi », déclare Amanda. « Cela me rappelle le sud-est de l’Ohio, cela ressemble vraiment aux Hocking Hills, donc cela me touche un peu ». Un doux souvenir de l’État dont elle est originaire et d’un camp d’été où elle s’est fait des amis pour la vie.
Del et Amanda profitent du soleil sur une terrasse et décident ensuite d’aller pique-niquer en dehors de
Dans l’église de Grevenmacher, on peut trouver St Roch que les fidèles prient pour un pèlerinage sans embûches et qui est souvent représenté avec la croix de Saint-Jacques –ou, comme ici, avec le symbole de la coquille sur son couvre-chef et sur son sac.
la ville. À l’ombre d’un arbre, elles observent les chevaux non loin de là. Tout le monde ne cherche pas à se faire des amis sur le Camino, mais certains s’y font des amis pour la vie. Comme le dit Del, « c’est aussi social que vous souhaitez le rendre. Mais il y a l’esprit du Camino : le sens de la communauté est ce que j’aime le plus. » Même en partant seul, on peut facilement se faire de nouveaux amis en chemin, grâce à l’expérience partagée de la randonnée.
Moments de réflexion
À partir d’Echternach, le Camino du Luxembourg continue vers les coteaux parsemés de vignes de Grevenmacher (22 km), en longeant
une autre borne historique connue comme « Jokesbierg », où un ermitage et une chapelle de Saint-Jacques ont jadis existé. Au printemps, les champs en contrebas de cette colline arborent la couleur jaune du colza.
Le sentier continue vers les villages plus tranquilles de Berbourg et Manternach. Sur les hauteurs de Manternach, il est fréquent d’apercevoir des cerfs en train de brouter.
Amanda et Del habitent dans les alentours. Cela rappelle à Amanda que le chemin commence à la maison, dès que la porte est franchie. Del aime particulièrement les petites églises qui jalonnent le chemin et en apprendre davantage sur les statues qui s’y trouvent, comme Saint-Roch, que les fidèles priaient pour un pèlerinage sans embûches
et qui est souvent représenté avec la croix de Saint-Jacques, parfois avec la coquille. L’église de Grevenmacher n’est pas une exception, et les visiteurs peuvent faire une halte auprès du secrétariat de la paroisse pour un tampon. Les randonneurs peuvent savourer un verre de riesling ou d’elbling frais sur les rives de la Moselle.
La cinquième étape emmène les visiteurs à Senningen (22 km), en passant par le géant du satellite SES au château de Betzdorf. La prochaine étape vers Leudelange compte 22,6 km. Elle traverse le centre historique
Bons plans :
Les pèlerinages sont une tradition au Luxembourg. Vous pouvez en faire l’expérience à Echternach à la Pentecôte. Les pèlerins viennent de toutes parts pour participer à la procession dansante www.visitechternach.lu
Durant ce que l’on appelle l’Octave entre Pâques et la Pentecôte, les pèlerins de toutes les paroisses du pays se rassemblent à la cathédrale Notre-Dame de Luxembourg pour célébrer les services religieux après leur pèlerinage. https://www.visitluxembourg.com/fr/ attraction/cathedrale-notre-dame
Les informations sur le Camino au Luxembourg se trouvent sur le site Internet de « Frënn vum Camino de Santiago de Compostela ». www.caminosantiago.lu
de la ville de Luxembourg, ainsi que la cathédrale Notre-Dame où il est possible d’obtenir un autre tampon.
Un sentiment de connexion
La septième étape, longue de 23,8 km, se poursuit en direction de Hellange via Dudelange. Étant donné qu’une bonne partie de cette portion longe l’autoroute, Del rappelle que c’était également le cas pour de nombreux autres Caminos sur lesquels elle a randonné, mais comme le Chemin Français a tendance à être surpeuplé sur les 100 derniers kilomètres, les espaces ouverts sont les bienvenus.
La dernière étape mène les randonneurs 24,5 km plus loin, à Schengen. Avec son histoire liée à l’accord qui a établi l’espace de libre circulation en Europe et un segment du mur de Berlin qui se dresse à proximité de la Moselle, l’itinéraire semble se terminer parfaitement, dans un sentiment de résonnance avec le début du che-
min où un monument est érigé à la sortie d’Ouren pour commémorer la fondation de la Communauté européenne en 1957.
Le lien entre les pays et les personnes, les moments de réflexion tout au long du chemin… Del le résume ainsi : « Il y a tellement de choses au Luxembourg que j’ai découvertes en marchant et que je n’aurais peut-être pas découvertes autrement. La raison pour laquelle je fais le Camino est que je n’ai rien d’autre à faire que d’aller du point
A au point B. » Il suffit simplement de suivre les bornes avec la coquille! Del souhaiterait avoir un guide dédié au sentier luxembourgeois et envisage même d’en rédiger un elle-même… peut-être est-ce la prochaine étape de son voyage.
Avec leur vivacité d’esprit et leur sens de l’humour aiguisé en commun, Del et Amanda sont naturellement devenues très rapidement amies.
Ombre et Lumière
Dans la ville d’Esch-sur-Alzette, le musée national de la Résistance et des Droits humains est une nouvelle attraction pour les visiteurs.
Entièrement rénovée et repensée, l’exposition permanente donne vie à la sombre histoire de la Deuxième Guerre mondiale et de la Résistance, et ce de manière impressionnante. Tom, notre auteur, en a fait l’expérience.
Texte et photos TOM JUTZLER
La rénovation du bâtiment, qui a été construit initialement en 1956, respecte l’architecture d’origine et lui ajoute des éléments contemporains. Le résultat est un espace qui honore le passé mais qui sert aussi de piste de réflexion pour le présent et l’avenir.
Le musée national de la Résistance et des Droits humains est un témoin vivant de l’histoire. Il nous rappelle aussi avec insistance qu’il ne faut jamais abandonner la lutte pour la liberté et pour la dignité humaine.
Le musée accueille les visiteurs dans un imposant hall d’honneur où se trouvaient autrefois les urnes funéraires de victimes des camps de concentration. Le sentiment d’oppression qui ne me quittera pas de toute la visite commence ici. Chaque pas que je fais à travers le musée m’apparaît comme un profond hommage aux victimes et aux résistants de cette sombre période.
L’exposition permanente est organisée par thèmes et elle conduit les visiteurs à travers les structures et organisations complexes du national-socialisme, révélant les répercussions brutales de la dictature sur la population civile. Elle met en lumière les choix courageux de certains, qui ont rejoint la Résistance, et les dérives de ceux qui ont choisi la collaboration. Ce récit historique s’appuie sur des destins individuels et est complété par des informations biographiques placées dans des niches, rendant le vécu de chacun plus tangible et poignant.
Un lieu qui suscite l’émotion
Dès mes premiers pas à travers l’exposition, un épais silence m’enveloppe. Les sombres couloirs du musée ne sont pas seulement des passages au sens physique du terme, ils sont aussi des chemins
symboliques menant vers les profondeurs et les bas-fonds de l’histoire humaine et des expériences individuelles qui ont marqué la Résistance.
Chaque salle du musée raconte sa propre histoire. Les pièces sont soigneusement exposées, et que ce soit des photographies poignantes ou des objets provenant des camps de concentration qui provoquent un sentiment d’angoisse, elles parlent directement au cœur. La juxtaposition de textes imprimés, de documents et d’objets exposés dans les vitrines nous plonge dans une époque à la fois proche et lointaine.
Les voix du passé
Il y a de petits jouets en bois, un drôle de chien, un jeu de société taillé à la main. Dans un autre contexte, on s’émouvrait de voir avec quel amour un père a fabriqué un jouet pour ses enfants. Mais
là, dans ce musée, sachant que ces objets ont vu le jour dans les circonstances les plus atroces au camp de Hinzert, ma gorge se serre. Ces objets reposent là, innocents, dans les vitrines, comme s’ils avaient été fabriqués hier, tant ils ont l’air neufs.
Au rez-de-chaussée du grand hall se trouvent sept niches dans lesquelles est présentée la biographie de vingt-huit témoins de la Seconde Guerre mondiale. Ces récits individuels d’hommes, de femmes et d’enfants luxembourgeois permettent aux visiteurs de percevoir la diversité des destins de l’époque. Grâce à des photos, des documents et des objets d’origine, ainsi que par des témoignages audio, ces parcours de vie acquièrent une dimension vivante et touchante.
Ces niches biographiques me transportent vers une autre époque. J’ai presque l’impression de rencontrer
Le musée de la Résistance d’Esch-sur Alzette accueille les visiteurs dans un imposant hall d’honneur. Le sentiment d’oppression qui ne me quittera pas de toute la visite commence ici.
Chaque salle du musée raconte sa propre histoire. Les pièces sont soigneusement exposées, et que ce soit des photographies poignantes ou des objets provenant des camps de concentration qui provoquent un sentiment d’angoisse, elles parlent directement au cœur.
Les éléments architecturaux et scénographiques sont conçus de telle manière que les visiteurs aient toujours la possibilité de se confronter activement à l’histoire. L’usage de l’ombre et de la lumière est particulièrement impressionnant et souligne le caractère dramatique de l’exposition.
La façade contemporaine de la rue de l’Alzette se distingue délibérément de celles du quartier. Des éléments en pierre entassés symbolisent une société fissurée, qui porte souvent en elle des plaies profondes, longues à guérir.
les personnes dont les histoires sont racontées. Les voix des témoins, sortant des haut-parleurs en chuchotant, créent une atmosphère intime qui me hante. C’est comme si le passé entrait dans le présent et s’adressait directement à moi à travers ces voix.
L’histoire n’a pas de point final. Elle ne cesse de s’écouler. Ces pensées me traversent l’esprit alors que je découvre d’autres récits biogra-
phiques. Au premier étage sont présentées seize destinées contemporaines qui mettent en lumière le Luxemburg d’aujourd’hui et les défis auxquels sont confrontés les migrants et les victimes des violations des droits humains. Ces récits soulignent le fait que les leçons du passé sont toujours pertinentes et que la défense des droits humains est une mission continue.
La rénovation du bâtiment, qui a été construit initialement en 1956, respecte l’architecture d’origine et lui ajoute des éléments contemporains. Le résultat est un espace qui honore le passé mais qui sert aussi de piste de réflexion pour le présent et l’avenir. Les nouvelles façades en verre qui baignent le lieu de clarté et les panneaux du plafond qui absorbent les bruits améliorent grandement la qualité de la visite. L’usage de l’ombre et de la lumière souligne le caractère dramatique de l’exposition et oriente les émotions des visiteurs.
Architecture et changement
La nouvelle façade de la rue de l’Alzette est résolument contemporaine et se démarque délibérément de celles du quartier. Des éléments en pierre, entassés les uns sur les autres, qui dépassent au milieu de la rue et sont séparés par une fissure verticale, thématisent les situations conflictuelles complexes de l’histoire au sein de la société.
Le concept muséographique crée une structure narrative qui révèle les défis et les zones d’ombre du passé. L’exposition pose des questions fondamentales telles que « qu’est-ce que la Résistance ? » ou « comment
La juxtaposition de textes imprimés, de documents et d’objets exposés dans des vitrines nous fait entrer dans un temps à la fois proche et lointain.
Malgré l’interdiction, certains prisonniers dessinaient, le plus souvent avec du matériel fabriqué par leurs soins ou volé dans les ateliers. Certains objets étaient destinés à d’autres prisonniers. Ils témoignent de l’amitié et de la solidarité qui régnaient dans les camps.
un individu affronte-t-il les événements qui s’imposent à lui ? » et elle provoque chez les visiteurs une réflexion sur leurs propres positions. Les éléments architecturaux et scénographiques sont conçus de telle manière que les visiteurs aient toujours la possibilité de se confronter activement à l’histoire.
Un lieu de mémoire et d’éducation
Le musée de la Résistance d’Eschsur-Alzette n’est pas seulement un lieu du souvenir, c’est aussi un espace éducatif et de réflexion. Il permet de se confronter profondément aux thèmes de la Résistance et des droits humains et il nous rappelle que pour ne pas répéter les erreurs du passé, il est nécessaire d’entretenir le souvenir.
Je poursuis ma visite en suivant les frises chronologiques. Ici et là, je lis
des articles de journaux du passé et considère, en ne cessant de hocher la tête, les instruments des tortionnaires. L’exposition s’achève sur une impressionnante installation qui met en avant la signification des droits humains dans la société d’aujourd’hui. Cette installation incite les visiteurs à réfléchir aux défis actuels en lien avec la liberté et la justice et au rôle qu’ils peuvent jouer dans la défense de ces droits.
Ce musée est un lieu qui émeut profondément les visiteurs et qui leur montre combien il est important de se souvenir du passé afin de construire un futur meilleur.
Le musée de la Résistance d’Eschsur-Alzette n’est pas seulement un lieu du souvenir, c’est aussi un espace éducatif et de réflexion. Vous trouverez plus d’informations sur le site www.mnr.lu
Pour en savoir plus :
À Esch-sur-Alzette se trouve la place de la Résistance, en souvenir du mouvement contre l’occupation nazie. La place est un important lieu de mémoire et accueille différents monuments. www.esch.lu
L’ancien camp de concentration de Hinzert se situe en Allemagne, à environ 50 kilomètres d’Esch-sur-Alzette. Pendant la Deuxième Guerre mondiale, il servait de camp de détention pour les prisonniers politiques et les résistants luxembourgeois. www.gedenkstaette-hinzert-rlp.de
Le mémorial du Schumannseck est un site qui rappelle les rudes combats qui eurent lieu l’hiver 1944-45, durant l’offensive des Ardennes. www.landofmemory.eu
Le musée Dräi Eechelen de Luxembourg-ville offre un aperçu exhaustif de l’histoire militaire du Luxembourg et aborde bien sûr la thématique de la Deuxième Guerre mondiale ainsi que de la Résistance contre l’occupation nazie. www.m3e.public.lu
Le musée national d’Histoire militaire de Diekirch est consacré à l’histoire militaire du Luxembourg. Si l’accent est mis sur l’offensive des Ardennes, d’autres aspects de la Deuxième Guerre mondiale et de la Résistance luxembourgeoise sont également soulignés. www.mnhm.net
FACES OF LUXEMBOURG
CELEBRATING THE POWER OF FREEDOM, BOLDNESS & COMMITMENT.
En mettant à l’honneur un large éventail de personnes dévouées au développement du Luxembourg sur une série de thématiques contemporaines essentielles telles que l’inclusion, l’artisanat, l’économie circulaire ou la finance à impact, cet ouvrage entend célébrer le pouvoir de la liberté, de l’audace et de l’engagement.
Rencontrez les FACES à travers des films et des textes.
Tradition culinaire et modernité
Des
plats tels que les «Kniddelen» (quenelles de farine) ou le «Judd mat Gaardebounen» (collet de porc fumé aux fèves des marais) appartiennent au patrimoine culinaire luxembourgeois.
En partenariat avec le magazine KACHEN, découvrez comment des chefs locaux revisitent ces recettes avec raffinement.
« La cuisine luxembourgeoise actuelle est bien plus qu’une cuisine familiale de tradition. Le Luxembourgeois d’aujourd’hui cuisine avec des influences venues d’Italie, du Portugal, d’Amérique et d’Asie», explique Bibi Wintersdorf. Elle est la fondatrice et rédactrice en chef du magazine luxembourgeois KACHEN. Dans son temps libre, Bibi Wintersdorf est elle-même une cuisinière enthousiaste. En 2007, elle a notamment atteint la finale d’un prestigieux concours allemand de cuisine amateur avec sa meilleure amie.
La rubrique de KACHEN intitulée « Mon Luxembourg » est particulièrement appréciée. Deux recettes traditionnelles provenant de cette rubrique et réinterprétées par des chefs luxembourgeois, ont été mises à notre disposition.
Des influences de nombreuses nations
Ce qui rend le Luxembourg si attrayant, c’est que les choses sont sans cesse réinterprétées, alliant tradition et modernité. La culture, et en particulier la scène gastronomique du pays, sont très vivantes, notamment grâce à la coexistence de nombreuses nationalités. Les habitants du Luxembourg apportent sans cesse de nouvelles influences et inspirations culinaires de leur pays d’origine, enrichissant ainsi la diversité gastronomique du pays.
Une approche durable devient de plus en plus courante dans le choix et la préparation des ingrédients. En effet, au Luxembourg, privilégier les produits locaux est souvent la règle.
«Wëllkarkniddele mat Léifstackcrème a Fréijoersgeméis»
Après avoir décroché son diplôme de cuisinier à l’École d’Hôtellerie et de Tourisme du Luxembourg (EHTL) en 2009, Steve Lentz a enrichi son expérience professionnelle en travaillant au Luxembourg, en Suisse et en Allemagne. En 2017, il revient en tant qu’enseignant à l’école de Diekirch, avec un brevet de maîtrise en poche, et une double motivation : sa passion pour la cuisine et son goût de la transmission. « Il est important de former les jeunes au métier de cuisiner car la gastronomie manque cruellement de professionnels », explique Steve Lentz dont l’aventure culinaire avait débuté très tôt dans son enfance avec sa grand-mère.
4 personnes
Temps de préparation 30 minutes
Temps de cuisson 30 minutes
600 g de légumes de printemps au choix : légumes-racines, radis ...
4 tranches de jambon cru
50 g de beurre
80 g de noix
100 g de crème aigre
herbes et/ou fleurs pour la décoration
Pour les « kniddelen »
150 g de pain rassis
50 g de farine de sarrasin
20 g de farine de blé
20 g de parmesan râpé 1/2 échalote
1 gousse d’ail
2 oeufs
150 g de lait
100 g de crème aigre
sel, poivre et noix de muscade
Pour la crème de livèche
150 g d’huile neutre
40 g de livèche fraîche
20 g de blancs d’oeufs
2 g de sel
8 g de vinaigre de riz
25 g de glaçons
Les « kniddelen »
1. Faire suer les échalotes et l’ail et les mélanger avec le reste des ingrédients dans un mixeur. Former des petites quenelles et les pocher dans de l’eau salée. On peut également verser la préparation dans des moules et la faire cuire au cuit-vapeur à 75 °C pendant 15 minutes.
2. Nettoyer et éplucher les légumes et les couper selon la forme souhaitée. Les blanchir ensuite dans une casserole d’eau bouillante, puis les rafraîchir.
3. Répartir le jambon cru sur une plaque avec du papier sulfurisé, recouvrir d’un deuxième papier et alourdir avec une autre plaque. Cuire le tout au four à 160 °C pendant 25 minutes. Faire griller légèrement les noix dans une poêle.
La crème de livèche
1. Broyer la livèche avec l’huile dans un mixeur jusqu’à ce que la masse atteigne +/- 65 °C sous l’effet de la friction. Filtrer à travers une passoire fine et laisser refroidir au réfrigérateur. Ajouter le reste des ingrédients dans le batteur sur socle. Mixer les ingrédients jusqu’à ce que les blancs d’oeufs forment de la mousse. Ajouter ensuite lentement 100 g d’huile de livèche, tout en continuant à mixer la crème. Puis verser dans une poche à douille. 2. Avant de servir, chauffer les « kniddelen » dans un peu de beurre fondu et faire revenir les légumes. Étaler un peu de crème de livèche sur l’assiette, poser les « kniddelen» et les légumes dessus. Garnir avec le jambon, les noix, la crème aigre, le reste de la crème de livèche et les herbes/fleurs.
Astuce: Pour une alternative végétarienne, il suffit de supprimer le jambon.
Steve Lentz
Risotto façon « Judd mat Gaardebounen»
Fränk Manes et Jeff Lux se connaissent depuis leur passage à l’EHTL. Ils gèrent désormais ensemble le restaurant WAX à Pétange. Fränk, élu meilleur jeune chef en 2013, ne fait aucun compromis en matière de goût. « Bien sûr, on mange avec les yeux », dit le chef, « mais il faut avant tout que ce soit bon ».
Les produits frais valorisés par leur savoir-faire artisanal, font des merveilles. Et les clients deviennent rapidement des fidèles du WAX. En attendant, pour nous aider à patienter encore un peu, Fränk a la gentillesse de partager avec nous, son interprétation du traditionnel « Judd mat Gaardebounen » luxembourgeois !
4 personnes
Temps de préparation 40 minutes
Temps de cuisson 25 minutes
400 g de riz à risotto
1 oignon
1 l de bouillon de poulet
120 ml de vin blanc sec
90 g de beurre
100 g de parmesan
200 g de fèves des marais (congelées)
200 g de « Judd » cuit
(collet de porc fumé)
8 tranches de bacon fumé
2 c. à s. de moutarde de Luxembourg
5 g de sarriette fraîche
1 feuille de laurier fraîche
huile d’olive pour la cuisson
sel et poivre au goût
1. Éplucher et couper l’oignon en dés et le faire revenir dans l’huile d’olive.
2. Ajouter le riz à risotto et la feuille de laurier, saler et poivrer et déglacer avec le vin blanc.
3. Lorsque le vin blanc a un peu diminué, ajouter progressivement le bouillon chaud et remuer vigoureusement.
4. Pendant ce temps, faire rôtir le lard au four jusqu’à ce qu’il soit doré et l’égoutter sur une serviette en papier.
5. Faire cuire les fèves dans de l’eau bouillante salée et les tremper dans de l’eau glacée.
6. Couper le « Judd » en petits morceaux et le faire frire légèrement dans de l’huile d’olive. Hacher ensuite finement la sarriette sans les tiges et l’ajouter. Incorporer le « Judd » cuit et les fèves dans le risotto.
7. Dès que le riz à risotto est cuit à point mais encore croquant, couper le beurre en cubes et le mélanger au risotto.
8. Enfin, ajouter le parmesan et assaisonner de sel et de poivre. Servir le risotto chaud dans un plat profond avec les tranches de lard rôti.
Nous avons éveillé votre curiosité ?
Vous trouverez encore plus de recettes sur www.kachen.lu, et de l’inspiration pour des voyages culinaires dans la rubrique « gastronomie & saveurs » de www.visitluxembourg.com