LUMINY
WORKSHOP S7 VILLE NATURE - 4ÈME ÉDITION
L’ÉCOLE BUISSONNIÈRE
Encyclopédie tome 2
LA NATURE À LUMINY
CHÊNES, PIN D’ALEP, RIVIÈRES SOUTERRAINES, SANGLIERS, HUMAINS
Architecture, Ville et Territoires École Nationale Supérieure d’architecture de Marseille Parc National des Calanques 2016 - 2017
SOMMAIRE
Introduction au parc 4-9
Portes d’entrées autour de Luminy 10-11
Sentiers et points d’intérêts
Réglementation 14-17
Espaces publics 18-19
Paysage
Coupe NORD-SUD sur Luminy 24-25
Coupes EST-OUEST sur Luminy
Coupes territoriales 28-29
Forêts 30-33
12-13
20-23
26-27
Végétation et agriculture 34-41
Plantes envahissantes 42-43
Faune sauvage
44-45
Hydrologie 46-61
Conclusion 62
AUTOUR DU PARC NATUREL
Introduction au parc Une réglementation qui évolue
CALANQUE DE MARSEILLE
Selon la définition de l’Union Internationale de la Conservation de la nature, un parc national est une zone naturelle mise en réserve pour protéger des processus écologiques de grande échelle, ainsi que les espèces et les caractèristiques des écosystèmes de la région. Elles fournissent aussi une base pour des opportunités de visites de nature spirituelle, scienfitique, éducative et récréative, dans le respect de l’environnement et de la culture des communautés locales.
Coeur terrestre : 8 500 ha
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Coeur marin : 43 500 ha Aire d’adhésion Superficie : 2 630 ha
Depuis la loi de 2006, le territoire de chaque parc national est constitué d’un ou plusieurs cœurs de parc et d’une aire d’adhésion. Celle-ci regroupe les communes de l’aire optimale d’adhésion qui ont délibéré favorablement en faveur de la charte du parc national. Pour les parties marines des trois parc nationaux de PortCros, de la Guadeloupe et de Calanques, il existe deux zonages : le cœur marin et l’aire maritime adjacente. A l’exception du Parc amazonien de Guyane, des parcs nationaux des Calanques et de la Réunion, les aires optimales d’adhésion sont plus vastes que les cœurs terrestres. En revanche les aires maritimes adjacentes sont plus vastes que les cœurs marins. Les objectifs poursuivis dans ces différentes zones sont complémentaires : protection forte des patrimoines dans les cœurs, développement durable dans les aires optimales d’adhésion et les aires maritimes adjacentes. En France, nous comptons dix parcs nationaux : créés à partir de 1963, dans la partie sud de la France métropolitaine et à partir de 1989 dans les départements d’outremer. Le dernier né, les Calanques, étant à la fois terrestre et marin, est le premier parc national périurbain en France. Malgré sa petite superficie, le parc des Calanques est un des plus fréquenté de France.
P.N de Port-Cros
P.N. des Calanques
P.N. des Cévennes
P.N. des Écrins
P.N de Guadeloupe
P.N. de la Réunion
P.N. des Pyréenées
P.N. de la Vanoise
P.N. du Mercantour
P.N. Amazonien de Guyane
chiffres 2002
Emprise et fréquentation des 10 parcs nationaux français
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LA NATURE À LUMINY
Introduction au parc
Entre parc national et métropole : une interpénétration des tissus Le Parc national des Calanques figure aussi parmi les dix parcs urbains reconnus par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN). Les éléments qui les distinguent les uns des autres sont assurément nombreux mais le caractère urbain ou péri-urbain constitue, en soi, leur principal point commun. A Marseille, la facilité d’accès du parc et sa proximité avec la ville entraine une fréquentation intensive, même en dehors des vacances. A la frontière du parc nous pouvons distinguer trois zones : la lisière urbaine, le massif du parc et la frange littorale. Cette lisière urbaine est à la fois à l’origine de pression vers les zones naturelles mais aussi constitue en grande partie les portes sur le massif des calanques. Cette lisière urbaine est à l’origine d’une forte pression anthropique sur les zones naturelles mais constitue aussi les portes d’entrée sur le massif des calanques. Aujourd’hui certaines entrées ne sont pas clairement matérialisées car elles se fondent dans le tissu urbain existant.
Les 10 parcs nationaux périurbain
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Interaction entre ville et parc : pression urbaine et porositĂŠ
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LA NATURE À LUMINY
Introduction au parc
Avec une fréquentation allant jusqu’à deux millions de visiteurs par an, le Parc National des Calanques se pose comme un des parcs les plus fréquenté de France malgré une superficie moins importantes que les autres parcs nationaux. Des différentes porosités mises en exergue, se dégagent 7 accès principaux. Ces portes remarquables correspondent aux portes touristiques où la fréquentation est la plus importante. Sur Marseille, elles sont majoritairement localisées sur le partie nord ouest du massif, qui est la frange urbaine en liaison directe avec le massif. Ces portes permettent un accès facilité aux éléments remarquables du parc, tel que la calanque de Sugiton à Luminy, les îles du Frioul ou encore la Baie des Singes. Sur ce territoire, l’ensemble des portes d’accès aux Calanques est très accessible en voiture. Desservi par l’autoroute A50 et par un réseau de départementales, le secteur ne manque pas d’axes structurant. L’accès est caractérisé par de nombreuses voies traversant ou bordant le périmètre du cœur de parc : La Gineste, la route des Crêtes, l’autoroute A50, la départementale D1, la voie ferrée Marseille-Toulon.
Fréquentation du parc toute porte confondues
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L’étude des écogardes, menée en 2012, nous révèle que le parc est fréquenté dans sa grande majorité par des personnes extérieures au département. Ainsi, seul un quart des visiteurs sont issus des Bouches-Du-Rhône. Les pics majeurs de fréquentation s’observent majoritairement lors des week-ends de mai et du 15 aout, avec 4 500 visiteurs par jour sur l’ensemble des 7 portes. Les autres weekends d’été, la fréquentation moyenne sur les 7 portes est de 2 800 visiteurs par jour. Pendant la semaine estivale, la fréquentation moyenne sur les 7 portes est de 1 800 visiteurs par jour. Les résultats ci-dessous restent à nuancer car les comptages ont étés réalisés entre 9h et 17h. En effet, d’autres pratiques connues sont recensées en dehors de ces plages horaires (pique-niques en soirée, etc.). De par son caractère périurbain développé, la fréquentation majeure des calanques ne s’effectue par seulement en été mais aussi sur les autres saisons de l’année. Il est donc nécessaire d’anticiper une politique de fréquentation adaptée à la période estivale mais aussi aux autres saisons qui ne sont pas à considérer comme de moindre importance.
WS 2015 Le Frioul
WS 2017 Luminy WS 2016 La Madrague
La Cayolle
La Gineste
Les Baumettes Cassis
Principales entrĂŠes dans le parc national
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Portes d’entrées autour de Luminy
Aire d’adhésion et quartiers adjacents, données sur les principales entrées
: Cœur du parc national des Calanques
Pour l’accès à Sormiou et Morgiou, les véhicules des visiteurs sont interdits de 8h à 19h30 uniquement :
: Aire optimale d’adhésion
- du 23 / 03 au 01 / 06 les week-ends - du 02 / 06 au 02 / 10 - toujours autorisés en cas de réservation aux restaurants
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Entrées principales et secondaires et connexions
: Entrées principales
: Chemins de randonnée principaux : Route goudronnée
: Entrées secondaires
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Sentiers et points d’intérêts Les Sentiers
: GR 51 (Grande Randonnée)
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: Sentiers principaux (empruntable par camion de pompiers)
: Sentiers secondaires : îlots habités en cœur de parc
Points d’intérets principaux
: principaux cols (convergence de sentiers)
: principaux spots d’escalade
: Sommets workshop ensam 2016
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Réglementation
Orientations et développement durable en aire d’adhésion En aire d’adhésion, il n’y a pas de transfert de compétence ou de pouvoir de police vers l’établissement public du Parc national. Les communes choisissent de faire partie ou non de l’aire d’adhésion par voie délibérative en conseil municipal. Adhérer à la charte permet d’offrir sur ce territoire particulier un cadre partenarial aux collectivités et aux acteurs locaux, dans le but de favoriser les initiatives économiques, culturelles, sociales et environnementales, qui profitent de la valorisation des cœurs, et qui la confortent en retour. Au delà des communes, c’est l’ensemble des acteurs du territoire, selon leur domaine de compétence, qui participera à la réalisation des orientations définies dans la charte du Parc national. Les acteurs de ce territoire peuvent ainsi développer leur dynamisme et la qualité du cadre de vie, tout en mettant en valeur l’approche du cœur, s’engageant à suivre les mesures proposées dans la charte. Des espaces de solidarité écologique L’adhésion à la charte permet d’inclure dans le Parc national des espaces proposés, en raison, notamment, de leur continuité géographique ou de leur solidarité écologique avec le cœur. La charte engage les communes à intégrer dans leurs politiques les 4 orientations proposées qui développent deux axes centraux : la solidarité envers les patrimoines du cœur et le développement durable, autour de 20 mesures partenariales.
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Orientation I
Orientation III
Concourir à la protection des patrimoines naturels du cœur
Préserver les paysages, la quiétude et la magie des lieux
Mesure n°1 : Maintenir les écosystèmes en bon état dans les espaces naturels Mesure n°2 : Acquérir et partager les connaissances pour optimiser les réponses Mesure n°3 : Mettre en œuvre les objectifs Natura 2000 Mesure n°4 : Soutenir une politique cynégétique durable et responsable
Mesure n° 13 : Maintenir le caractère architectural et paysager provençal méditerranéen Mesure n°14 : Aménager durablement - intégrer les aménagements au paysage Mesure n°15 : Préserver et restaurer les paysages de la Calanque de Port Miou Mesure n° 16 : Apaiser les circulations
Mesure n°5 : Protéger les espèces patrimoniales Mesure n°6 : Contribuer à améliorer la qualité environnementale des espaces et pratiques agricoles
Orientation II
Orientation IV
Apaiser les interactions Homme/nature
Préserver et valoriser un art de vivre méditerranéen, provençal et durable Mesure n°17 : Contribuer à la protection et la viabilité des espaces agricoles
Mesure n° 7 : Limiter les atteintes aux espèces et aux habitats naturels aux interfaces ville / nature Mesure n°8 : Limiter l’opportunisme de certaines espèces sauvages Mesure n°9 : Conserver ou restaurer les continuités écologiques Mesure n°10 : Mettre en œuvre une stratégie globale de prévention du risque d’incendie Mesure n°11 : Adapter les politiques de développement durable aux enjeux de solidarité écologique
Mesure n°18 : Connaître, faire connaître et conserver l’histoire du territoire, le patrimoine bâti et archéologique Mesure n°19 : Favoriser la solidarité sociale et économique avec les cœurs Mesure n°20 : Promouvoir de manière partenariale le territoire du parc national comme une destination de tourisme durable
Mesure n°12 Contribuer à améliorer la qualité de vie et la qualité environnementale des espaces habités
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Réglementation
La réglementation et ses limites Ces règles questionnent les usages du parc, tel que le camping, la pêche, les détritus laissés sur place ou encore l’écoute de musique amplifiée. Des interdictions prises au regard des conséquences de ces activités sur le patrimoine du parc. Aujourd’hui, plusieurs de ces règles sont encore outrepassées. Le bilan 2013 des écogardes nous montre différents témoignages de situations relevées dans le parc : « Les personnes acceptent d’éteindre leur cigarette, mais elles sont très souvent rallumés dès que les écogardes s’éloignent. La présence des paquets de cigarettes, des briquets près des serviettes le confirme, ainsi que les très nombreux mégots abandonnés sur les plages ». Toutefois à Figuerolles, les écogardes ont rencontré davantage de difficultés avec certains usagers refusant formellement d’éteindre leur cigarette. Se pose alors la question de la pédagogie ou du contrôle : quelles solutions trouver entre les comportements des usagers et la dynamique de protection du parc ? Comment protéger le patrimoine naturel sans glisser dans un dispositif de contrôle ? Quels outils de pédagogie mettre en place ? La liste détaillée des règles qui s’appliquent dans le parc des Calanques est disponible sur legifrance.gouv.fr. Elles sont également mentionnées à la plupart des entrées du parc.
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Espaces publics
De nombreux espaces publics ont été aménagés dans le cadre du plan campus. Ceux-ci se concentrent essentiellement autour de TPR2 et devant l’hexagone. L’esplanade devient parfois un lieu majeur de rassemblement.
Arrêt de bus de 24
En contrebas du TPR2 partie Est
Dans le parc des calanques, seulement deux espaces comportant des bancs sont repérables autour de Luminy. On peut apercevoir quelques plaquettes disposés sur le chemin de Sugiton.
Derrière le TPR2
L’esplanade devant l’hexagone
Au col de Sugion
Devant le TPR2
Plaquette explicative dans les calanques
Devant le TPR2 partie ouest
Devant le TPR2 partie ouest
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Espaces publics de Luminy et des calanques
: plaquettes explicatives
: Espaces publics Ă Luminy
: bancs publics dans le parc
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Paysage
Le paysage de Luminy est constitué de plusieurs éléments forts ; la mer, le relief avec le Mont Puget, le col de la Gineste et le col de Sugiton qui constituent des points de repères dans le paysage. Le paysage est aussi marqué par des sentiers qui le marquent. Ces sentiers formels ou informels forment une séquence, d’abord goudronné sur l’avenue de Luminy, une fois les premières barrières et la cabane des gardes forestiers passée, le sol naturel reprend le dessus. Aménagé jusqu’au belvédère, en porte à faux, le sol devient plus escarpé pour devenir juste un sentier tracé par les nombreuses allées et venues des marcheurs du parc.
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Paysage
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OCEANOMED
CINAM
TPR1
TPR2
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Coupe NORD-SUD sur Luminy
CROUS
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CROUS
TECHNOSPORT
HEXAGONE
RESTAU U
TPR2
BIBLIOTHÈQUE
HALLE DES SPORTS
AMPHI A
CINAM
LUMINY ENTREPRISES
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Coupes EST-OUEST sur Luminy
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Coupes territoriales
Coupe EST-OUEST
Coupe NORD-SUD
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Forêts
Forêts primaires de Marseille Le paysage naturel des calanques a subit de nombreuses transformations au fil des colonisations successives de l’humain. Des forêts de chênes dominaient autrefois les zones dégagées de Marseille, abritant des écosystèmes bien différents de ceux d’aujourd’hui. Depuis, l’expansion de la ville, la déforestation, et les incendies, n’ont laissé que très peu de traces de ces arbres qui peuvent atteindre jusqu’à plusieurs milliers d’années. Les premières photos aériennes historiques entourant Luminy montrent un environnement largement déforesté, en dehors de la bastide et des côtes de la route principale. Les nombreux four à chaux disséminés un peu partout dans les calanques, mentionnés sur la carte historique de 1830, témoignent des déforestations successives qu’ont connu le site. A partir de 1975, on peut observer des pans de montagne entièrement replantés de pins, notamment sur tout le côteau du mont Puget. Une partie de ces forêts en devenir n’ont pas survécu jusqu’à aujourd’hui, et ont parfois étés remplacées par une grande diversité d’autres végétaux. Le climax est le terme utilisé pour décrire le stade le plus avancé dans le développement d’une forêt. Il correspond, pour les zones de plaine de la région Marseillaise, aux forêt de chênes dont on peut avoir un échantillon autour de la bastide. Les forêts de pin d’Alep correspondent, dans les calanques, aux premiers stade du développement et de la recolonisation de la forêt. Cet arbre, adapté aux sols parfois pauvres et calcaires des calanques, rapide à pousser, est cependant relativement fragile. Sa faible longévité le voue à être peu à peu remplacé par d’autres essences d’arbres. Cependant, il est particulièrement sensible aux incendies, qui ont à la longue des effets globalement négatifs sur ces jeunes forêts aux premiers stades de leur développement. Il est estimé que ces forêts nécessitent un développement compris entre 500 et 800 ans pour atteindre leur climax.
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Extrait de la carte d’état major de 1830
Le couvert forestier était largement inférieur à celui d’aujourd’hui lors de la construction du campus
: étalement forestier en 1950
: La bastide
: étalement forestier en 1975 : zones replantées autour de 1975
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LA NATURE À LUMINY Forêts
Une forêt est dite «fermée» lorsque son couvert végétal est supérieur à 40%. Une forêt «ouverte» a son convert situé entre 10% et 40%.
Forêt fermée de pin d’Alep pur
Forêt fermée à mélange de pins purs
Forêt fermée à mélange de connifères
Forêt fermée de conifères purs en îlot
Forêt fermée à mélange de feuillus prépondérants
Forêt fermée à mélange de feuillus
Forêt ouverte à mélange de conifères purs
Forêt ouverte à mélange de feuillus et conifères
Garrigue et bruyères
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ForĂŞts actuel
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LA NATURE À LUMINY Végétation et agriculture Agriculture Le domaine de Luminy avait autrefois une vocation agricole jusqu’au début de la construction du campus en 1964. Le sol y était cultivé depuis des temps immémorables, probablement avant la construction de la chapelle au XIème siècle. En effet, la topographie en forme de bassin en fait un lieu favorable à l’accumulation de la terre et à une hydrographie élevée. Une grande partie de l’emprise du campus aujourd’hui est située sur ces zones fertiles anciennement cultivées. Une superposition avec le site actuel permet d’observer l’absence de corrélation entre le plan du campus et l’aménagement agricole ancien. On peut voir le tracé de l’ancienne route d’accès qui suivait le cours d’eau naturel, et qui diffère légèrement des voies actuelles, plus rectilignes. L’ancienne activité agricole du site renseigne sur la relative fertilité des sols de Luminy, et sur les aménagements successifs qui ont forgé son paysage.
Les calanques ont étés le lieu, depuis des temps également très anciens, d’élevage de chèvre. Les vestiges d’une ancienne bergerie, encore visibles, aux abords du col de Sugiton, témoignent de ces anciennes activités pastorales. Cette bergerie, dont il ne reste plus grand chose aujourd’hui, est déjà mentionnée en ruine dans les cartes de XIXème siècle. Les chèvres sont réputés pour avoir un effet dévastateur sur la végétation lorsque élevées de manière trop intensive. Leur présence au fil des siècles ont également influencé l’évolution des paysages des calanques.
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Superposition des zones cultivées à l’époque de la bastide sur le campus actuel
: anciennes agricoles : anciennes zoneszones agricoles
: Bastide : Bastide de l’ancienne : tracé: tracé de l’ancienne route route
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LA NATURE À LUMINY Végétation et agriculture Arbres et arbustes De nombreuses espèces végétales peuplent l’environnement de Luminy et des calanques. Chacune possède une histoire et des caractères particuliers, qui peuvent donner de précieuses informations sur les types de sol et les écosystèmes qu’ils abritent. En effet les arbres jouent un rôle important dans la chimie du sol, créant des conditions plus ou moins favorables pour tels ou tels développements naturels spécifiques. Les feuillus caducs (qui perdent leur feuilles en hiver) contribuent davantage à la création d’humus. Les conifères, notamment le pin d’Alep, acidifient le sol le rendant impropre à certains types de végétaux. Toutes les données relatives aux types d’arbres informent sur les richesses biologiques des espaces dans lesquels ils sont installés, et donc sur les précautions relatives aux éventuels aménagements de ces zones. Plusieurs espèces d’arbres fruitiers sont présents dans les alentours de Luminy. Certains comme les arbousiers, poussent naturellement et comptent près d’une centaines de spécimens disséminés un peu partout, notamment dans la partie Est du campus. D’autres datent de l’époque de la bastide. Il est question dans les témoignages de figuiers, d’amandiers ou de cerisiers qui formaient « une longue allée derrière le château ». On retrouve aujourd’hui deux mûriers datant de cette époque (arbres pouvant produire prés de 300 kilos de fruits par an), devant l’hexagone coté sud, et au milieu du futur terminus du BHNS au parking entre le CIRM et POLYTECH. D’autres arbres fruitier furent plantés lors de la construction de Luminy, comme les oliviers sous le bâtiment B du CROUS. On retrouve également un néfliers, et quelques pruniers. Ces arbres sont assez peu mis en valeur ou connus par les visiteurs de Luminy, bien qu’ils constituent une richesse naturelle et nutritive pour la faune, dont l’humain fait aussi partie.
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LA NATURE À LUMINY Végétation et agriculture
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LA NATURE À LUMINY Végétation et agriculture
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Débroussaillage Une obligation légale de débroussaillement est prise en charge par l’ONF (Office National des Forêts) dans le secteur de Luminy. Cela consiste à « tondre » l’intégralité du couvert végétal, hormis les arbres, à l’intérieur des limites administratives du campus, au moins deux fois par an. L’opération peut alors durer plusieurs semaines. Ce travail est effectué grâce à des tondeuses rotatives simples, mais très bruyantes, surtout à 8h du matin sous les chambres de cité universitaires. Cet élagage vise à lutter contre les incendies. La zone réglementaire est de 50 mètres autour de chaque construction, ce qui implique qu’il n’est pas possible de construire dans une zone de 50 mètres à partir des limites du parc national. Cette destruction systématique du couvert végétal pose le réel problème (en plus de réveiller les étudiants) d’empêcher la repousse d’une grande partie des jeunes arbres pour prendre le relaie des anciennes générations. Cela est d’autant plus important dans les zones où le pin d’Alep, ayant une courte durée de vie, est durablement installé. En réponse à ce problème collatéral, des étudiants ont placé des grillages autour de jeunes chênes pour empêcher les tondeuses d’atteindre les troncs en croissance. Ces interventions sont limitées aux abords nord du bâtiment C.
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LA NATURE À LUMINY Plantes envahissantes Présentation Une espèce envahissante ou invasive est une plante exotique capable de résister aux conditions de vie du milieu qu’elle a colonisé. Elles sont en l’occurrence adaptés à l’environnement difficile des calanques (vent, embruns, sécheresse). Celles-si se propagent rapidement et deviennent compétitives face aux plantes locales qui sont parfois rares et protégées comme l’Astragale de Marseille, avec lesquelles elles entrent en concurrence. « Après la destruction des milieux naturels, la prolifération d’espèces exotiques est considérée comme l’une des causes majeures de perte de biodiversité dans le monde. » Ces plantes invasives peuvent devenir un réel problème lorsqu’elles remplacent des plantes ayant un rôle important vis-à-vis d’autres espèces. Sur Luminy, la principale plante invasive que l’on retrouve est l’agave d’Amérique, sorte de cactus qui se développe en buisson, de manière relativement rapide. Bien qu’invasive, cette plante sert néanmoins à la concoction de miel végétal ou de tequila.
Agave d’Amérique, devant l’hexagone
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Dans le parc naturel Dans les calanques, les principales plantes invasives que l’on rencontre sont : - la griffe de sorcière, possède des fruits comestibles appelés «Figues des Hottentots» - la luzerne arborescente, - le figuier de barbarie, fruits également comestibles. Toutes ces plantes participent cependant aux écosystèmes dans lesquels elles s’inscrivent, grâce notamment à leurs fleurs et leurs fruits comestibles. Gilles Clément plaide pour une politique du « laisse-aller » vis-à-vis du développement de ces plantes, en évoquant la raison que cela fait partie de l’ordre naturel du vivant, que l’humain ne fait ici qu’accélérer. Si une plante s’installe durablement dans une zone, c’est qu’elle y est adaptée, et c’est pour lui le principal fait à considérer. Ces plantes invasives font pourtant l’objet d’une lutte importante par le parc national des calanques, pour les différentes menaces qu’elles représentent pour les espèces protégées ainsi que pour le paysage typique des calanques. Ces problématiques complexes sont à considérer et questionner. Les effets de ces plantes invasives sont observables in situ, et peuvent faire l’objet de sensibilisation diverses, notamment pour les visiteurs du parc.
Griffes de sorcières
Luzerne arborescente
Figuier de barbarie
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LA NATURE À LUMINY Faune sauvage Des écrits datant de 1850 témoignaient de la présence de gibier en abondance dans les alentours de Luminy. Lapins, lièvres, grives, perdreaux et cailles y étaient couramment chassés. Ces animaux semblent plus discrets aujourd’hui. L’étalement progressif des forêts de conifères peut être une des raisons de leurs très faibles apparitions. Aujourd’hui, ce sont les sangliers que l’on peut trouver en abondance autour de Luminy. Il est rare de ne pas croiser une horde de nuit. Ces animaux sont tout à fait habitués à l’humain, qu’ils ignorent souvent totalement. Ils se laissent davantage approcher que les chats sauvages qui sont près d’une centaine sur le campus. Il est estimé entre à peine 500 et 700 le nombre de sangliers dans les calanques. Ceux-ci semblent se concentrer autour de Luminy et des Baumettes. Ce sont des animaux opportunistes, ne dédaignant pas une poubelle laissée ouverte par mégarde, mais se nourrissent surtout des glands des chênes. La pie est le principal oiseau que l’on croise à sur le site de Luminy. En effet, il est connu pour détruire les nids des autres espèces. Cet oiseau intelligent à la robe noire et blanche est protégé, il fait partie des cohabitants bien installés dans le campus. On peut cependant constater la présence de quelques autres espèces. Les animaux tiennent un rôle important dans les dynamiques naturelles. Ils permettent la dégradation de la matière organique, et la retransmission des éléments nutritifs aux arbres par l’action combinée de la microfaune du sol et des champignons. Ils participent ainsi à la génération du sol. C’est également grâce a eux qu’est assurée la dissémination des graines d’une grande part des végétaux.
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Dans le parc national
Le parc des Calanques abritent de nombreux autres animaux, même si ceux-ci imposent plus de difficultés pour être vus. Il y est dénombré 16 habitats d’intérêt communautaire (considérés comme rares et fragiles par l’Union européenne), et 140 espèces terrestres animales et végétales protégées. On peut noter comme espèce remarquables : l’Aigle de Bonelli (1 seul couple à l’échelle du parc national, sur les 32 dénombrés en France), la chevêche d’Athéna (une chouette), la pie grièche (rien à voir avec la pie), le lézard ocellé (plus grand lézard d’Europe), des Chiroptères (chauves-souris), la tortue d’Hermann, des puffins et des faucon pèlerin. La grande fréquentation du parc à poussé la plupart de la faune sauvage à se développer dans les zones abritées des visiteurs. La sauvegarde de territoires isolés de la présence humaine est essentielle pour le maintien de ces populations. La prise en compte des nombreuses espèces remarquables et protégées, faisant partie des emblèmes du parc, est importante dans l’appréhension de ce territoire.
Aigle de Bonelli
Grand Duc d’Europe
Phyllodactile
Quelques espèces remarquables
Puffin cendré
Molosse de Cestoni
Lezard Ocellé
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LA NATURE À LUMINY Hydrologie L’eau est la ressource principale de tout être vivant. La compréhension des comportements hydrologiques est importante en notre époque où l’eau devient de plus en plus une ressource rare et précieuse. Le site de Luminy et des calanques est largement concerné par cette rareté, avec une faible pluie annuelle et des périodes prolongées de sécheresse durant l’été. Les dynamiques hydrologiques se révèlent d’une grande complexité, et sont le lieu de liens étroits entre écosystèmes et environnement. Une étude approfondie est nécessaire pour appréhender les problématiques liées à l’eau, et leur prise en compte dans les différents aménagements possibles. La gestion de l’eau constitue un des principaux points de jonction entre les manières pour l’humain de s’installer sur un territoire, et les dynamiques naturelles qui le font vivre. L’eau est inhérente à la plupart des installations architecturales, que ce soit par l’eau potable acheminée jusqu’aux espaces intérieurs et les eaux grises et brunes évacuées dans les réseaux souterrains, que par la gestion des eaux de pluie, à l’échelle du bâtiment ou des aménagement extérieurs. Du point de vue architectural ou urbain, l’eau est souvent considéré comme un problème, alors que c’est avant tout une ressource naturellement gérée par divers écosystèmes. Il est possible et avantageux de créer des connexions entre ces gestions hydrauliques et la mise en valeur de l’eau par les dynamiques naturelles, notamment pour un territoire comme celui des calanques largement touché par la sécheresse. Luminy reste un aménagement urbain où des milliers de mètres cubes d’eau transitent chaque jour sans jamais être restitués au milieu naturel. L’eau peut ainsi constituer une des nouvelles problématiques architecturales contemporaines, qu’il est nécessaire d’étudier en profondeur pour pouvoir maîtriser et prendre en compte cette donnée dans les divers aménagements envisagés.
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Infiltration et perméabilité
Une couche terrestre pouvant absorber une certaine quantité d’eau est appelé aquifère. Lorsqu’elle reçoit une certaine quantité d’eau, différents phénomènes s’observent : - en premier lieu, le sol absorbe l’eau, celle ci s’écoule par la gravité et des phénomènes de succion, - à mesure que l’eau est absorbée, le taux d’infiltration diminue, - lorsque le débit pluvial est supérieur au taux d’infiltration, l’eau ruisselle à la surface, Chaque milieu terrestre possède une capacité d’infiltration propre, en relation, entre autres, avec sa porosité. Recharge et décharge
Différence de surplus d’eau de ruissellement entre hiver et été illustrant le niveau de remplissage d’une nappe phréatique
Le sol constitue donc une réserve d’eau, correspondant aux eaux de pluies absorbées, en transit jusqu’aux couches inférieures ou se rejetant dans la mer. La valeur Ks indique le taux d’infiltration maximal du milieu lorsqu’il est à saturation. Celui-ci nécessite pour être atteint une quantité d’eau d’autant plus grande que le milieu en est à défaut.
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LA NATURE À LUMINY Hydrologie Roche calcaire Le domaine de Luminy est situé au coeur d’un massif calcaire. Cette roche sédimentaire, dite karstique, a pour caractéristique : - un fort taux d’infiltration,
Une source karstique connue depuis l’antiquité se jette sous les eaux de Port-Miou. Elle est la 3ème source en France en terme de débit. Son exploitation est impossible en raison d’intrusion saline. Elle permettrait d’abreuver jusqu’à un million d’habitant soit environ la population de Marseille.
- de nombreuses grottes et conduits souterrains, - un niveau de nappe phréatique relativement bas. Les rivières souterraines constituent un véritable réseau faisant converger les eaux rapidement vers la mer. Des lacs souterrains peuvent également se former. L’eau de mer ne peut s’infiltrer complètement dans le soussol en raison de la présence de la nappe phréatique. Une intrusion peut néanmoins avoir lieu si le niveau de celle-ci est plus bas que celui de la mer. C’est le phénomène de biseau salé.
Débit en mètre cube par seconde, Exurgence de Port-Miou : 7 Huveaune : 10 Durance : 188
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Couche superficielle Le sol de Luminy n’est pas exclusivement composé de roche calcaire. La couche superficielle de terre se comporte de façon relativement différente et joue un rôle majeur visà-vis de l’hydrographie. En effet, celle-ci a un taux d’infiltration plus faible, et retient donc plus efficacement les pluies. Cela implique dans le rapport à l’eau : - un ruissellement élevé à la surface, - une percolation jusqu’aux couches inférieurs réduite.
Cette couche étant composée d’éléments de taille réduite et séparés entre eux, elle est plus sensible aux phénomènes d’érosion. La pluie et le vent peuvent en effet facilement emporter ces matières. La situation du Luminy au creux d’un bassin lui donne un statut privilégié en terme de resserve de terre. La topographie participe à son maintient et son accumulation dans le bas du bassin. Cette particularité fait de Luminy un lieu propice au aux développements naturels et à l’agriculture, au regard de son environnement proche. Des phénomènes de succion rapprochent la nappe phréatique des zones contenant ces grandes quantités de terre par la proportion d’eau qu’elles renferment.
COUPE EST-OUEST sur l’avenue de Luminy - influence de la masse de terre sur le niveau de la nappe phréatique
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LA NATURE À LUMINY Hydrologie Composition du sol La terre est composée à la fois de matière organique et minérale. Sa génération et sa stabilité dépendent très étroitement de l’activité biologique.
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La terre, ou le sol, constitue une réserve d’eau, tendant à la maintenir durablement dans le milieu. Ce sol est le résultat de processus biologiques. dont la cohésion et la résistance à l’érosion dépendent étroitement. C’est aussi une réserve de d’éléments nutritifs, extraits à l’origine par les arbres.
Un incendie, en détruisant le couvert végétal, réduit considérablement la production d’humus de l’écosystème. Cette dégradation biologique fragilise la cohésion électrique de la terre, ce qui provoque la perte de matière avec le passage de l’eau. Mais l’écosystème peut se régénérer à partir des réserves du sol. Des incendies répétés peuvent à terme épuiser ces réserves en accélérant l’érosion du sol et en diminuant sa génération. Suivant les données climatiques et géologiques du milieu, cela entraîne un phénomène de désertification. La dégradation des sols, ayant ou non pour origine un incendie, implique : - une plus faible capacité de stockage de l’eau, donc un ruissellement plus rapide - une perte des matières avec l’eau, notamment d’argile (rivières boueuses) - à terme, une plus grande percolation par fuite de l’argile.
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LA NATURE À LUMINY Hydrologie Bassins versants Un bassin versant est une zone délimitée par des lignes de crête, faisant converger les eaux de pluie par un même réseau hydrographique et vers un même exutoire. Le bassin versant de Luminy alimente une rivière qui passe autour de l’école d’architecture. Elle passe ensuite le long de la route d’accès par une succession de réseaux souterrains et à ciel ouvert. Ce bassin comporte 4 sous bassins versant. Le campus de Luminy est situé devant les exutoires de chacun de ces sous-bassins. La question de la gestion des eaux de pluie est donc essentielle à prendre en compte dans l’aménagement de ce territoire.
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Pluviométrie Le climat Marseillais est caractérisé par une faible quantité de pluie, et des périodes de sécheresse durant l’été. Le milieu étant en général sec, une grande partie des eaux pluviales sont absorbées par les aquifères. On peut retenir hydrographiques :
comme
principales
données
Avec 515 mm de pluie par an en moyenne, le climat Marseillais est à la limite des zones dîtes semi-arides ou semi-désertiques, comprises entre 250 et 500 mm par an. Dans ce contexte, la protection des dynamiques naturelles maintenant l’eau dans les milieux superficiels est d’autant plus essentiel.
- les 20 mm/jour sont fréquemment dépassés (5 à 10 fois par an) - les quantités de pluies journalières maximales montent à 161,3 mm en 1973 et 146,0 mm en 1998.
Malgré une moyenne annuelle faible, de fortes pluies entraînant des ruissellements conséquents ponctuent la météo de Luminy.
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LA NATURE À LUMINY Hydrologie Relevé hydraulique Certaines zones de Luminy ont une hydrométrie plus élevée que d’autres. Ces zones se concentrent aux exutoires des bassins versants. Elles sont souvent caractérisées par un relief vallonné, creusé par le travail prolongé de l’eau. En effet, les eaux pluviales s’y rassemblent ou y transitent. Ces zones abritent des écosystèmes particuliers, se démarquant des paysages que l’on trouve habituellement dans le parc des calanques. Elles sont en général peuplées de feuillus divers, avec une plus forte densité que dans le reste du site. Ces caractéristiques induisent une considération particulière à l’égard de ces zones. Elles sont moins adaptés pour accueillir une construction. Si cela doit être néanmoins envisagé, des procédés architecturaux doivent être pensés en conséquence. Ceux-ci devront prendre en compte le comportement de l’eau et les richesses biologiques qui caractérisent ces milieux. On peut voir que malgré le climat sec propre aux calanques, Luminy possède un environnement propice au maintient d’une hydrologie relativement élevé. La présence de quelques sources, notamment celle alimentant la fontaine devant le TPR2, ou l’eau visible toute l’année au fond d’un des anciens puits, témoigne des ces données importantes pour les dynamiques naturelles du site.
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ÉlÊments hydrauliques importants
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LA NATURE À LUMINY Hydrologie Calcul des ruissellements
L’objectif est d’évaluer approximativement la quantité d’eau de ruissellement qui est susceptible d’aboutir aux exutoires de chacun des bassins et sous bassins versant, pour différents cas de pluie.
La méthode suivie consiste en plusieurs points : - le K moyen d’un bassin versant est estimé en fonction de la nature et des proportions de son couvert, - la valeur Ks est estimée au 1 / 4 de la valeur K - le seuil Ks est considéré comme atteint lorsque le sol a déjà absorbé 10 mm d’eau, sans considérer le taux d’infiltration K.
Les sous-bassins versants de Luminy déversent leur eau de ruissellement à travers le réseau hydraulique du bassin versant principal. Celui-ci est pris en charge par les aménagements urbains du campus. On peut donc négliger l’infiltration de l’eau durant son transit dans les canalisations, ce qui maximise la quantité d’eau totale débouchant à l’exutoire de Luminy.
Il est avantageux, autant pour les dynamiques naturelles que pour la gestion hydraulique d’un territoire, de maximiser l’infiltration de l’eau dans le sol. Celle-ci est d’autant plus efficace, à double égard, que la zone d’absorption possède une grande quantité de terre et de couvert végétal.
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Bassins versants autour de Luminy
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LA NATURE À LUMINY Hydrologie
Retenues collinaires
Afin de limiter la saturation du réseau hydraulique de Luminy, un ensemble de retenues collinaires ont été aménagées autour des exutoires des principaux sous bassins versants. Ces retenues vont contenir un certains surplus d’eau afin qu’elle s’infiltre lentement dans le sol, et ne sature pas le réseau d’eaux pluviales. Le trop plein de ces retenues reste contenu à travers ce réseau.
Voici quelques données pour chacune des retenues collinaires A, B, C, D, E et F :
Un bassin de rétention de 5000 m³ fût construit près de la Bastide à but agricole. Celui-ci faisait converger les eaux de pluie du sous bassin versant A. Il est aujourd’hui comblé de terre, et est utilisé pour le jardin communautaire de Luminy.
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Carte des retenues collinaires avec leur bassins versants respectifs
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LA NATURE À LUMINY Hydrologie Réseau des eaux pluviales Dès qu’elles entrent dans le domaine de Luminy, en dehors des retenues collinaires, les eaux de surface sont systématiquement récupérées et contenues dans le réseau urbain. Les eaux convergent par les routes, puis continuent leurs écoulement à travers le réseau souterrain. Celuici comporte une canalisation principale de grande dimension, transportant les eaux pluviales des différents sous bassins versants. Les autres canalisations gèrent les eaux pluviales du bassin versant de Luminy. Les eaux usées passent par un réseau différencié.
Exutoire principale sous l’arrêt du 21, en grand jour de pluie
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Réseau des eaux pluviales
P.
y, e
uterale -
du
ncié.
Réseau principal - section de canalisation de 2 m² Réseau secondaire
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LA NATURE À LUMINY Conclusion La dimension naturelle d’un site n’est pas toujours pleinement considérée, sous tous ses aspects, dans les différentes interventions architecturales contemporaines. Envisager des installations dans un site comme celui des calanques et de Luminy souligne l’importance de chercher à composer avec les conditions environnementales en présence. En effet, le site de Luminy est une zone urbaine relativement préservée, où le végétal est omniprésent. Une large part des surfaces ne sont pas imperméabilisées, et il est possible d’observer certains arbres bicentenaire voire tricentenaires. Ces richesses naturelles offrent de multiples avantages, autant pour les dynamiques biologiques que pour leurs dimensions ornementales et décoratives auxquelles l’architecture peut être sensible. Travailler dans un site où la végétation et la biodiversité tiennent une place aussi importante offre l’opportunité de créer des architectures qui respectent et prennent pleinement en compte la composante naturelle d’un site. En deuxième lieu, nous avons vu comme les écosystèmes qui se développent dans les calanques peuvent avoir une dimension fragile et précieuse, qu’il nécessite de protéger autant que possible. Cette fragilité est liée à la forte fréquentation du parc et à l’enclave urbaine que représente Luminy. Également, les faibles pluies et les périodes prolongées de sécheresse estivales rendent le site des calanques exposé aux phénomènes de désertification, ce qui accentue l’importance des différents écosystèmes qui maintiennent les dynamiques biologiques. Ce besoin de protection se concrétise par les risques élevés d’incendie, auquel les forêts de pin d’Alep sont très sensibles, ou aux milliers de déchets qui s’agglutinent sur les bord des reliefs du campus, lorsqu’ils ne sont pas emportées plus loin par le vent. Il n’est pas toujours aisé, pour les usagers et les visiteurs du campus, d’être sensibilisés et confrontés aux réalités environnementales du site, ce qui peut être une des problématique de l’aménagement de ce territoire. La zone de Luminy est située en cœur de parc, au sein d’une zone d’adhésion enclavée à l’intérieure de ces limites. Cet aspect de porte d’entrée du parc national des calanques lui confère un rôle d’espace de sensibilisation et prise en compte, pour les usagers, des différentes problématiques d’ordre naturel qui caractérisent le site.
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La présence de l’être humain est souvent considérée, rarement à tort, comme une nuisance ou une menace pour les dynamiques naturelles et la biodiversité. L’architecture peut être un moyen de comprendre comment cela pourrait en être autrement, par le fonctionnement d’un bâtiment, ou par les modes de vie et d’habiter qu’il encourage. Il est possible de créer des installations qui prennent en compte et limitent les impacts négatifs de l’humain sur son environnement. La position à prendre peut se limiter à tenter de préserver et protéger les dynamiques naturelles, et assurer une cohabitation durable et équilibrée. Mais différentes interventions peuvent également contribuer positivement à ces dynamiques. L’eau, les déchets organiques, les aménagements extérieurs ou les cultures paysagères en générale, sont autant de thèmes porteurs de projets pouvant aller dans le sens des dynamiques naturelles. Une appréhension intelligente du monde, et des manière d’y vivre et d’y coexister avec les autres êtres vivant, peut, en se traduisant en architecture, contribuer à reconnecter l’être humain aux écosystèmes dans lesquels il est pourtant naturellement inscrit. La création d’un parc naturel est une opportunité pour cultiver et rendre compte de ces relations étroites entre espaces habités et espaces naturels. L’étude des possibilités d’aménagement des espaces qui confondent ces deux notions est essentielle pour comprendre les manières de construire un futur adapté aux réalités de notre époque.
NOTES
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